28 juin 2021

Retraite à 64 ans : vers une galère sans fin pour les salariés seniors

 Alors que seuls 31% des plus de 60 ans sont encore en poste, gouvernement et patronat veulent pourtant reporter l'âge de départ à la retraite à 64 ans. Galère en vue pour tous les salariés seniors.

C'est selon de nombreux analystes LE sujet des mois à venir. Ce pourrait être même un des thèmes de la prochaine campagne présidentielle. C'est d'ailleurs ce que pense le MEDEF , favorable au report à 64 ans, puisque son Président a déclaré dans un entretien aux Echos : "... Pour moi c'est un débat de la présidentielle, il faut que tous les candidats se positionnent ..."


Source Nouvel Obs 14 janvier 2020

 Du côté de la Présidence de la République et du gouvernement, on s'appuie sur le dernier rapport des économistes Olivier Blanchard et Jean Tirole qui propose : "d'inciter les seniors à travailler plus longtemps "en renforçant la prévention et le traitement des maladies chroniques, en améliorant la qualité de la formation continue et en assouplissant leurs conditions de travail"

Comment, devant de telles déclarations ne pas se rappeler de ce disait Noam Chomsky : " Comment détruire un service public ? ... Commencez par baisser son financement. Il ne fonctionnera plus. Les gens s’énerveront. Ils voudront autre chose ...". ce raisonnement est parfaitement applicable à nos retraites. Pour le financement c'est déjà fait au travers des baisses et exonérations de cotisations qui plombent le système. Pour le reste, que demanderons les gens, à terme ? Tout simplement la mise en place de fonds de retraites par capitalisation.

Cela faisait, d'ailleurs, l'affaire d'un article entier du projet de loi sur la réforme des retraites. Soutenu, bien entendu par les bancassureurs adhérents au MEDEF.

Au delà de tout cela, que comptent faire nos gouvernants et les organisations patronales pour conserver dans l'emploi les salariés de plus de 60 ans ?

Si du côté des économistes missionnés par le gouvernement, on compte faire, comme cité plus haut, de la prévention contre les maladies chroniques et de la formation, ce qui demandera, au passage, de nombreuses années de mise en place, compte tenu, qu'il est, pour nos dirigeants, impossible de contraindre les employeurs.

Du côté du MEDEF on porte haut le cynisme en proposant, il y a peu : " de verser aux seniors qui acceptent un emploi moins bien payé que leur travail précédent, une aide compensatoire prise en charge par Pôle emploi ou l’assurance chômage " par ici la bonne aubaine !

Au gouvernement comme dans les sphères patronales, la réponse est toujours la même : Il n'y a pas d'autre solution. Oubliant, bien entendu, d'évoquer  la proposition d'ATTAC qui consiste à : " créer des cotisations sur les revenus financiers ... malgré la formidable productivité des salariés français, le partage de la valeur ajoutée est de plus en plus favorable au capital par rapport au travail. Il serait donc logique que les revenus financiers (largement préservés par E. Macron - cf la flat tax et la suppression de l’ISF) soient aussi taxés pour financer notre système social "

La réalité, tout le monde la connaît. Le bien vieillir au travail est une imposture. Les premières victimes des licenciements économiques classiques, des ruptures conventionnelles collectives et individuelles ce seront les salariés les plus âgés à qui on ne proposera rien d'autre que des formations sans issue permettant de les supprimer provisoirement des chiffres du chômage.

Alors, que fera t-on de ces seniors dont personne ne voudra ?

Une fois leurs droits aux indemnités chômage épuisés, il devront se tourner vers les aides sociales (s'ils peuvent y prétendre). Travailler au noir pour trois sous ? Se mettre en concurrence avec les jeunes générations sur les petits boulots en acceptant des salaires toujours plus bas ? Ou bien essayer de prouver une invalidité au travail leur permettant d'attendre l'âge de départ officiel ?

Nous sommes devant un choix de société qui devrait, sans nul doute, faire partie des programmes des candidats à la présidentielle. Une fois de plus, nombreux seront ceux qui nous rejoueront la belle légende du : travailler plus et plus longtemps". A tous les salariés d'être particulièrement attentifs ...