26 avril 2013

Le concours Lépine de l'emploi du Medef et de l'UMP a commencé !

Alors que le nombre de chômeurs progresse impitoyablement, le Medef et l'UMP se lancent dans un véritable concours Lépine des solutions anti-chômage. Leurs réponses : Flexibilité et insécurité totales, le tout sur fond de chômeurs fainéants et irresponsables qu'il faut stigmatiser !


Créer de l'emploi, voilà donc la nouvelle croisade du Medef et de l'UMP ! Si du côté du Medef, Laurence Parisot, la Présidente sortante, on essaye mollement de persuader le bon peuple que l'ANI suffira à stopper l'hémorragie, à l'UMP, on ressort les vieilles recettes libérales qu'on n'a toutefois pas appliqué entre 2007 et 2012 !

Que dit le Medef ?

Laurence Parisot, à qui il ne reste que deux mois de mandat, et qui partage son temps entre l'expédition des affaires courantes et le surf à St Barth, essaye surtout de valoriser le texte ANI voulu et négociée par elle : « (...) ces mauvaises chiffres ne sont pas une fatalité : Je crois profondément qu'il est à la portée de la France de redevenir prospère, d'inverser cette terrible tendance, de réduire les déficits (...) l'accord permettra aux entreprises d'adapter (leur) organisation à la conjoncture (...) C'est un accord qui va fondamentalement réduire la peur de l'embauche qui existe aujourd'hui chez les chefs d'entreprise (...) »

Elle en profite, au passage pour brandir des chiffres invérifiables, en provenance du nouvel outil du Medef, dont Slovar vous parlait le 16 avril dernier : Le baromètre Tendance emploi compétence (TEC), qui montre que :  « (...) Au dernière trimestre 2012, 100.000 offres d'emploi proposées par les entreprises n'ont pas été pourvus (...) » 

Plus sérieusement, c'est aux déclarations des deux candidats les mieux placés à sa succession qu'il faut s'intéresser.

Du côté de Pierre Gattaz, on peut lire ceci : « (...) tous les chefs d’entreprises de France ont six problèmes majeurs : le coût du travail, la peur de l’embauche, le financement du développement de leur entreprise, la fiscalité et l’environnement réglementaire, la transmission. Sur tous ces sujets, nous devons aller plus loin. Si nous les réglons, nous serons les rois du monde ! (...) »

Dans son programme, on trouve pêle-mêle, des idées que n'aurait pas renié son père, Yvon Gattaz, ex président du CNPF, (l'ancêtre du Medef), lui qui assurait dans les années 80, que : « si on facilitait les licenciements, il y aurait un pic d’embauche de 400 000 emplois » 

On trouve également dans ses proches conseils Denis Kessler, dont le premier but dans la vie est, la destruction du programme du Conseil National de la Résistance

Quelques extraits du programme de Gattaz fils: 

« Il faut que nos concitoyens comprennent que les entrepreneurs installés en France sont des héros
L’accord (ANI) de janvier dernier est un premier pas, mais il nous faut aller largement au-delà.
Il faut transférer 50 milliards (de cotisations) vers l'impôt
Le fléau du chômage, qui affecte la société française, s’analyse d’abord comme un symptôme,le fruit d’une maladie provoquée par un terrible système d’entraves administratives et fiscales
»

Auquel il faut ajouter bien entendu le report de l'âge légal de la retraite à 65 ans, tout comme Roux de Bézieux son concurrent.

Le même de Bézieux dont les propositions raviront les salariés. En effet, il pointe : « (...) les Prud'hommes, juridiction lente et inégalitaire (...) » Remet en cause : « (...) les contrats de travail, qui sont parfois un frein à l'embauche (...) » et surtout insiste sur le fait que : « (...) La première négociation test du président élu sera la renégociation de l'assurance-chômage (...) il faudra revoir le plafonnement des indemnités et mettre en oeuvre leur dégressivité (...) »

Face à ce festival de recettes, l'UMP n'a pas voulu être en reste. Première remarque : Pourquoi l'UMP qui a disposé de 5 ans pendant lesquels elle avait une confortable majorité n'a t-elle pas mis en place les mesures qu'elle préconise aujourd'hui ?

Directement issues des réflexions des libéraux de l'UMP (Chatel, Longuet et Novelli) les propositions du Mouvement Populaire ne sont qu'un catalogue des pires solutions face à la situation actuelle de l'emploi. Néanmoins, elles sont une parfaite compilations des demandes les plus folles réclamées depuis la nuit des temps par les organisations patronales. Elles portent le « joli » nom de :  Libérer le travail !

Hervé Mariton délégué général chargé du projet de l'UMP, nous explique : . « (...) Nous refusons la fatalité du chômage et croyons que la France peut revenir au plein emploi(...) On a besoin pour cela d'une politique économique plus dynamique qui inspire davantage confiance, mais aussi de corriger vigoureusement certaines règles du travail qui, aujourd'hui, empêchent le développement de l'emploi et aggravent la situation du chômage (...) défendant une logique d'assouplissement du marché du travail (...) »

On trouve dans le catalogue :

Suppression des 35 heures,
contrat de travail unique,
réforme de l'indemnisation du chômage


Amis du copié/collé patronal bonjour ! Sachez toutefois que l'ensemble de ces mesures devrait selon ses auteurs nous ramener au plein emploi !

On notera au passage que pour l'UMP, Pôle Emploi qui était, pourtant pour eux, l'une des plus brillantes réussite de Nicolas Sarkozy disparaitrait et se verrait remplacé par une : Agence pour le travail qui regrouperait Pôle emploi, des missions locales de Cap emploi et de l'Apec, des services d'orientation et de formation professionnelle. Et selon l'UMP : « cette agence aura pour mission d'accompagner du mieux possible les salariés, quand ils ont un emploi et quand ils n'en ont pas (...) » Avec quels moyens financiers diront certains esprits chagrins ?

Hé bien l'UMP va une fois de plus vous étonner ! En effet écrit L'Express : « (...) l'UMP propose de renforcer les moyens humains d'intervention et de suivi de cette agence en les finançant par ... une plus grande dégressivité de l'indemnisation chômage des demandeurs d'emploi» 

En résumé : la flexibilité la plus totale en toute insécurité ! Quand aux chômeurs de longue durée, ou non indemnisés, ou seniors dont personne ne veut ? Là dessus, Medef et UMP ne sont pas très loquaces ...

Et dire que le concours Lépine de l'emploi du Medef et de l'UMP ne fait que commencer ....

3 commentaires:

Gérard DuChmoll a dit…

Sauf que. j'aurais aimé t'entendre sur l'ANI. Et jusqu'à preuve du contraire, cette flexibilité là, ce n'est pas la droite qui l'a inventée... Et le symbole d'une démarche tellement anti démocratique que c'en est une honte pour la gauche. Nous n'oublierons jamais que seul des syndicats minoritaires l'ont signée.

DJM de Cambrai a dit…

Fort heureusement, nous avons un gouvernement de gauche (waouf, waouf)!
A l’occasion, l’ennemi de la finance pourrait faire un effort supplémentaire : vingt milliaires c’est peu pour aider les (actionnaires) entreprises…

Slovar a dit…

@Gérard

Sauf que j'ai été un des premiers à parler de l'ANI notamment au travers d'une interview de Maurad Rhabi de la CGT.

Cordialement

Slovar