22 juillet 2008

Réforme des institutions : Victoire à la Pyrrhus ?

C'est de la plus courte des façons que la réforme des institutions a été votée par l'Assemblée Nationale et le Sénat réunis en congrès à Versailles. Si beaucoup de militants et de sympathisants de gauche (dont nous) on focalisé sur la décision de Jack LANG, sa seule voix n'aurait pu suffire à faire basculer le résultat vers un refus.

Jack LANG n'a pu se satisfaire de son poste de député du Nord et se morfond depuis les deux défaites de la gauche aux élections présidentielels dans l'attente d'une mission si possible prestigieuse. Il y a eu la commission Balladur, il y aura, en toute certitude, une autre mission. En ce qui nous concerne, nous considérons que voter un texte qui fait perdurer le cumul des mandats et l'incroyable mode d'élection des sénateurs est une imposture. Le message est simple : Que le Président donne à Jack son "plat de lentilles" et qu'il disparaisse à tout jamais des projets de la gauche.

Nous attirons par contre l'attention du lecteur sur les autres élus de gauche (enfin, avant le vote) qui ont aidé la majorité présidentielle à obtenir la victoire (aussi courte soit-elle)

Liste officielle des députés de gauche ayant apporté leur voix à la réforme des institutions

Pour : GROUPE SOCIALISTE, RADICAL, CITOYEN ET DIVERS GAUCHE (204)

Mme Chantal Berthelot (Apparenté Socialiste), MM. Gérard Charasse (PRG), Paul Giacobbi (PRG), Mme Annick Girardin (PRG), MM. Joël Giraud (PRG), Jack Lang (PS), Albert Likuvalu (Apparenté Socialiste), Mmes Jeanny Marc (Apparentée Socialiste) , Dominique Orliac (PRG) et Sylvia Pinel (PRG).

Les sénateurs de gauche ou apparentés ayant apporté leur voix pour la réforme de la constitution

Si la totalité des Sénateurs socialistes, communistes ete Verts ont votés contre, le groupe RDSE (dans lequel on trouve des élus de gauche) ont pesé particulièrement lourd.

Mais, c'est quoi le RDSE ?

Descriptif issu de leur site Web

Héritier de la gauche démocratique (fondée en 1892) le Rassemblement Démocratique et Social Européen est un groupe attaché aux libertés fondamentales de notre République, tolérant, humaniste, charnière entre la droite et la gauche du Sénat.

La liberté de vote y est totale, conformément à la Constitution, le groupe est uni par ses valeurs de liberté, solidarité et tolérance :
- Sa volonté de faire progresser l’espace européen dans tous les domaines
- Son souci de développement durable et de protection de l’environnement grâce au progrès, à la recherche et à l’innovation.

Liberté d’expression, respect d’autrui nous facilitent l’écoute des besoins de nos contemporains.
Riche de sa diversité et uni dans sa volonté de défendre l’intérêt général et la dignité de la condition humaine, notre groupe, au centre actif de l’échiquier, a foi en l’avenir de la France et de l’Europe - Source Sénat

En étant plus prosaïque, nous dirons qu'il s'agit d'un groupe dans lequel on trouve des Radicaux de gauche (PRG) et des Radicaux Valoisiens (Parti Radical) Le Président du RDSE, Pierre LAFFITTE est par ailleurs membre du Parti Radical.

Si on évoque de plus en plus l'idée d'un rapprochement entre le Parti Radical de Jean-Louis Borloo et le PRG de Jean-Michel Baylet (Bernard TAPIE ayant été mis à contribution du côté PRG), quels ont été les arguments du Chef de l'Etat pour influencer favorablement la majorité des élus PRG ?

Extrait d'un article du Nouvel Obs

Lors d'une conférence de presse au siège de son parti, M. Baylet a nié avoir été "acheté" par Nicolas Sarkozy, assurant avoir pris sa décision "par conviction". "Cette Constitution fait la part trop belle à l'exécutif et marginalise le législatif. A partir du moment où nous avons une proposition qui va dans le bon sens, un rééquilibrage entre le pouvoir exécutif et le législatif, nous considérons qu'il est de notre responsabilité de répondre favorablement", a expliqué le sénateur du Tarn-et-Garonne.

Pour M. Baylet, favorable à l'instauration d'une VIe République et à un régime présidentiel, "ce texte, même s'il est imparfait, va dans le bon sens", avec l'ordre du jour du Parlement partagé entre le gouvernement et les assemblées, la limitation de l'article 49-3, le droit de veto parlementaire sur les nominations de l'exécutif.

Le président du PRG a salué les gestes faits mercredi par M. Sarkozy sur le droit de réponse pour l'opposition aux propos du président dans les médias et l'abaissement de 20 à 15 du nombre minimum de députés requis pour créer un groupe, "une très vieille demande" des radicaux de gauche, faite lors de la précédente législature et réitérée après les législatives de 2007. Après avoir envisagé de s'allier avec les Verts et les communistes, ils se sont apparentés au groupe socialiste. "Le moment venu, nous essaierons de constituer un groupe tant à l'Assemblée nationale qu'au Sénat", a assuré M. Baylet.

Pour autant, la décision du PRG, prise "bien avant", n'est "pas liée" aux annonces de Nicolas Sarkozy, selon lui. D'ailleurs, "je n'ai rencontré personne ces jours-ci", a juré la main sur le coeur le sénateur du Tarn-et-Garonne. S'il a bien été reçu à l'Elysée, il ne se souvient pas de la date. Simplement, "il y a des gens aussi dans la majorité qui savent faire de la politique et qui ont considéré que c'était opportun".

Le président du PRG a assuré qu'il ne fallait pas voir dans son vote "quelque ralliement que ce soit à Nicolas Sarkozy", dont il "combat" la politique. Le PRG restera dans l'opposition et "il n'y aura pas" de ministres radicaux de gauche. Faut voir ...

Groupe RDSE (Rassemblement démocratique et social européen)

Pour : MM. Gilbert Barbier(Ex UDF), Jean-Michel Baylet (Président du PRG), André Boyer (PRG), Mme Nathalie Goulet (Div droite), MM. Pierre Laffitte (PR), Daniel Marsin (Gauche moderne de JM BOCKEL), Aymeri de Montesquiou (PR), Georges Mouly (PR), Georges Othily (Gauche moderne de JM BOCKEL), Michel Thiollière (PR) et François Vendasi. (PRG)

Abstentions : Michel Charasse (Ex PS) et François Fortassin (PRG)

Alors, que penser de cette réforme dont les français ne perçoivent pas l'immense intérêt sur leur vie quotidienne ? Qu'elle permettra surtout au Président de la République de pouvoir venir monologuer devant les deux assemblées afin de leur montrer qu'en plus du droit de dissolution, plus aucun endroit ne lui est interdit. Seulement, 24H00 après ce vote à haut risque, on en perçoit encore mal le prix à payer ...

Il semblerait que cette victoire à la Pyrrhus permette à notre Président et à sa majorité (ancienne et nouvelle) de prendre des congés d'été. Qu'ils en profitent car nous pensons que les citoyens français risquent de leur faire connaître une rentrée à caractère ... "caniculaire"

Détail complet des votes sur le site de l'Assemblée Nationale

Image : Pyrrhus (Wikipedia)

2 commentaires:

Niko a dit…

Pourquoi à la Pyrrhus? Je pense pas que Sarkozy l'est chèrement acquise sa victoire. Je dirais même qu'il a plus de soldats qu'avant : la majortié présidentielle resoudée (Merci Ségo pour les 5 ou 6 basculements de dernières minutes et plus largement le PS tout entier), des radicaux qui se détachent de l'opposition frontale (cela permet d'affaiblir et le PS et Bayrou) et surtout, le PS ressort encore plus divisé que jamais après cette réforme et ridicule d'avoir voté non à uen réforme qu'il apparouve pour infliger une défaite qui aurait fait plaisir aux militants et de ne même pas avoir réussi l'objectif (comme si la droite votait non à une réforme de démantelement des 35 heures pour voter contre le PS mais que la réforme passe quand meme, stupide hein?).

En tout cas, je vous souhaite une bonne chasse à l'homme et un bon lynchage. A la gauche, si vous n'êtiez pas, il faudrait vous inventer...

Slovar a dit…

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