09 décembre 2008

Retour du chômage : Le bénévolat comme alternative ?

La situation de l'emploi en Europe et particulièrement en France est mauvaise. Moins que celle de 2009 selon tous les experts.

Cette situation est d'ailleurs actée par les membres du Gouvernement. D'ailleurs peu de français croient que le dernier plan de sauvetage de notre Président va pouvoir mettre fin aux plans de licenciements ou de gel des embauches.

Une petite remarque au passage : Les très nombreux plans sociaux ou fermetures d'usines ont lieu à titre préventif. Il est "remarquable" de constater (et contrairement au discours rassurant sur l'avenir des banques) que les phrases : "Aucune faillite de banque en vue", "Les français n'ont pas à s'inquiéter sur le sort de leur épargne" et "l'Etat sera garant quoi qu'il arrive" laissent place à des fatalistes : "ça va être très dur", "2009 devrait être une mauvaise année pour l'emploi" lorsqu'on aborde le domaine de l'emploi.

En gros d'un côté on essaye de pérenniser un système moribond et de l'autre, on va sortir les mouchoirs à chaque "charrette" Le plan de relance de Nicolas SARKOZY en apporte la preuve puisque le "président du pouvoir d'achat" n'a rien prévu ... pour le pouvoir d'achat.

Lorsqu'on interroge nos responsables, la réponse est aussi stupéfiante que cynique : "Relancer le pouvoir d'achat, c'est augmenter les achats des particuliers, donc les produits d'importation" Mais bordel, est ce que les français ont réclamé années après années qu'on délocalise la quasi totalité de la production dans d'autres pays ?

Nous avions des savoir faire dans : La sidérurgie, le textile, l'électronique, les jouets, les automobiles économiques, les deux roues, les arts de la table, l'informatique, Etc ...

Tant de savoir faire, produits aujourd'hui à "meilleur coût", dans les nouveaux pays de l'Union Européenne ou les pays d'Asie.

Tous ceux qui ont osé tirer la sonnette d'alarme se sont vu répondre que les pays "industrialisés" devaient changer de voie et s'impliquer dans le services à forte valeur ajoutée.

En Grande Bretagne ça a donné les services financiers (dans quel état aujourd'hui) En France, un dénommé Jean-Louis Borloo, en guise de forte valeur ajoutée, nous a asséné les services à la personne. Ces services qui sont au demeurant générateurs d'une nouvelle domesticité et d'un nouveau prolétariat.

Comme visiblement, c'est la seule piste que nos élites ont trouvé pour palier à la disparition d'emplois qualifiés, nous devrions nous satisfaire de pouvoir travailler de 1 à 20 heures par semaine auprès de personnes âgées ou d'enfants en difficultés scolaires voir d'aider à l'insertion. Travaux nobles s'il en est, mais accompagnateurs du statut de ... travailleurs pauvres.

C'est dans ce contexte que nous avons appris le 5 décembre 2008 que : Paris veut mettre à l'honneur l'engagement solidaire : un passeport bénévole est désormais accessible gratuitement à ceux qui donnent de leur temps dans les associations, ONG, auprès de la réserve communale de sécurité civile... Découvrez les témoignages de quelques uns d'entre eux à l'occasion de la journée du bénévolat. Avec une vidéo de l'ancien résistant Stéphane Hessel sur l'importance de l'engagement solidaire.

" Mettre à l'honneur l'engagement solidaire" : Gisèle Stievenard, adjointe au maire, chargée de la politique de la ville et de l'engagement solidaire, résume d'une phrase l'esprit du passeport bénévole, lancé par la Mairie de Paris, avec l'appui de France Bénévolat. Ils sont des milliers, souvent sans statut ni reconnaissance sociale. Le livret du passeport bénévole, disponible gratuitement auprès des maisons des associations , pose par écrit la nature de leur engagement et les compétences acquises. Un soutien de la collectivité au mouvement associatif, qui a "parfois du mal à trouver la relève" dans ses structures, reconnaît Brigitte Duault, secrétaire générale de France bénévolat.

Mais à quoi servira concrètement ce passeport ?

A faire valoir une validation des acquis professionnels pour un demandeur d'emploi après une activité de bénévolat.

Génial, vous ne trouvez pas ? Madame Stievenard sait-elle qu'il existe une économie dite solidaire qui emploie des salariés qui vont être en concurrence avec ces bénévoles ? Quant à la validation des acquis professionnels pour un demandeur d'emploi "gratuit" nous ne trouvons pas nos mots

A quoi ressemble et sert ce passeport bénévole ?

Le Passeport Bénévole permet :

- De décrire précisément chacune des missions réalisées bénévolement
- De faire certifier par chacune des associations que la mission a bien été réalisée
- De décrire les démarches de formation suivies grâce aux associations bénéficiaires
- Et de lier tous ces éléments au profil du bénévole

Le Passeport Bénévole bénéficie de l’appui de l’ANPE, du Ministère de l’Education Nationale, du Ministère de la Santé, de la Jeunesse et des Sports, ainsi que de l’AFPA. Il est reconnu comme pièce justificative pour les dossiers VAE du Ministère de l’Education Nationale et de l’AFPA. Il rentre dans le cadre des démarches d’accompagnement à la VAE de l’ANPE. Vous pouvez obtenir le Passeport Bénévole pour 1 euro dans le réseau France Bénévolat et dans les associations partenaires.

Parce qu'en plus il faudra le payer pour pouvoir travailler ... gratuitement.

Le Passeport Bénévole a été initié par France Bénévolat , qui a notamment travaillé sur la base des outils mis en place dans les associations Eclaireurs et Eclaireuses de France et CNOSF (Comité National Olympique et Sportif Français), et a bénéficié des expériences de la DDVA Bretagne et du Dossier Bénévolat Suisse. Il a bénéficié du soutien de la Direction de la Vie Associative (Ministère de la Santé, de la Jeunesse et des Sports) et de la Caisse des Dépôts et Consignations.

Ce qui signifie que l'initiative n'est pas qu'une expérience parisienne mais vise bien une extension nationale (voir le texte ci-dessous)

La France compte aujourd’hui plus de 14 millions de bénévoles qui donnent généreusement de leur temps et de leur énergie au service de l’intérêt général. Les bénévoles qui s’engagent intensément pour une cause ou un projet ont un rôle irremplaçable pour notre pays. Cet engagement au service des autres est le reflet d’une France dynamique et volontaire pour bâtir une société unie et solidaire. Plus que jamais, nous devons tout faire pour préserver cette richesse, encourager et faciliter l’activité bénévole.

Telle est la volonté du Président de la République qui entend valoriser le bénévolat à travers la création d’un livret d'épargne civique qui donnera aux bénévoles des avantages concrets
tels que des points supplémentaires aux examens pour les étudiants, des stages de formation gratuits, une exonération fiscale pour le don de temps et une majoration des droits à la retraite.

L’initiative de France Bénévolat va, dans le même sens, proposer à l’ensemble des bénévoles un instrument unique leur permettant de faire reconnaître leurs expériences et leurs compétences acquises au sein des associations notamment dans le cadre de la valorisation des acquis de l’expérience pour leur avenir professionnel. Cet outil contribuera ainsi à promouvoir le bénévolat.

Gérard SARRACANIE
Directeur de la vie associative, de l’emploi et des formations
Ministère de la santé, de la jeunesse et des sports

En fin de compte, nous avions mal interprété l'expression "travailler plus ..." Pour vous donner une idée plus précise, vous trouverez ci-dessous un témoignage trouvé sur le site Web de la Ville de Paris qui vous aidera à mieux comprendre comment l'avenir devient radieux lorsqu'on participe à cette expérience

"Une sacrée expérience"

Elle se destine à être travailleur social. A 23 ans, Amandine Hotz poursuit son parcours de volontaire du service civil. Elle assure des visites de travail pour des personnes âgées, et est rattachée au Point Emeraude du 10e arrondissement. "C'est une sacrée expérience, confie la jeune femme. J'ai découvert un public que je ne connaissais pas". Une réalité nouvelle : " Beaucoup de personnes âgées sont seules à leur domicile, elles n'ont plus de famille, ou leurs proches sont loin". Pour ses 26 heures hebdomadaires, Amandine reçoit une indemnité (et non un salaire) de 660 euros. Une expérience concluante : elle prolonge de trois mois dans le 10e arrondissement. Avant de rechercher un emploi.

Ce serait donc du bénévolat indemnisé et non rémunéré. Les puristes apprécieront la nuance. Nous n'avons trouvé nulle part d'indication sur la comptabilisation ou non de ces nouveaux "emplois" dans les statistiques actuelles ou à venir du chômage. Mais en ayant l'esprit mal tourné, on serait tenté de penser qu'en ajoutant cette mesure au projet de tutorats des plus de 50 ans (dont la définition est des plus floue) , on pourrait de façon artificielle, renverser les chiffres du nombre de sans emploi disons entre ... fin 2011 et début 2012.

Pour ceux qui souhaiteraient savoir comment obtenir ce passeport, une dernière indication :

Le passeport peut ainsi être retiré gratuitement dans un premier temps dans les maisons des associations, puis, dans les prochaines semaines, dans les mairies d’arrondissement, les maisons du développement économique et de l’emploi, à la maison des initiatives étudiantes et auprès des équipes de développement local implantées dans les quartiers en Politique de la Ville. Films, conférences, rencontres ... Les maisons des associations organisent des événements autour de l'engagement bénévole.

Mettre en concurrence des précaires avec des bénévoles. Il suffisait d'y penser. C'est fait !!!



3 commentaires:

Anonyme a dit…

Votre façon de voir les choses est négative et encourage juste à ne rien faire.

Slovar a dit…

Bonjour,

C'est votre vision et je la respecte. Néanmoins vous avouerez que ce genre d'initiatives est assez étonnante en pleine période d'accélération du chômage.

Vouloir proposer le bénévolat comme avenir aux jeunes pourrait bien aboutir à une situation à la "grecque" si nos dirigeants continuent dans cette voie.

Otium a dit…

C’est un raisonnement un peu binaire,

Je ne suis pas certain qu’il faille faire un parallèle entre bénévolat (donc librement choisi) et travail précaire (donc subi).

Dans les asso on trouve beaucoup de personnes qui donnent de leur temps en plus de leur boulot.
Il ne me semble pas illogique de leur permettre de valoriser les expériences acquises dans le secteur mon marchand.
Votre analyse tourne un peu au procès d’intention contre la ville de Paris.

Dans mon asso de quartier, il y des infirmières, des banquiers, des auxiliaires de vie, des employés de bureau, des ouvriers de brasserie : ensemble on a développé de varies capacités pour organiser un projet, chercher des sous et communiquer.
On y a mis de notre temps libre, ça nous a demandé de faire des compromis, de renoncer à qq soirées télé : cet engagement ne devrait être valorisé ? Il est au moins aussi important que nos heures de boulot.

Je ne crois pas que les atteintes aux 35 ou que le travail du dimanche encourage l’engament associatif (apres tout l’engament associatif est cousin de l’engament militant tout cela c’est dangereux. Mieux vaut une France de consommateurs/téléspectateurs).

Par contre je suis assez d’accord : la proposition sakosyste citée dans l’article de donner des « bons points fiscaux » ou des avantages aux exam paraît assez ridicule. On est dans la condescendance et l’utilitarisme. Cela me fait penser à une proposition lue dans une contribution du congrès du PS (je ne dirais pas laquelle): obliger les bénéficiaires de logement HLM à faire du bénévolat dans leur cage d’escalier.

NON du bénévolat j’en fais parce que j’aime ça, pas en contrepartie d’un avantage.
PAR CONTRE quand je fais du bénévolat, j’apprends des trucs, c’est normal que je puisse les faire reconnaître !
Si cela m’aide à trouver du boulot ce n’est que justice