22 février 2010

L'arme anti chômage des politiques : Le pantouflage !

Pendant que les ministres sont occupés par les élections régionales et que les français manifestent une grogne de plus en plus importante vis à vis du Président et de son gouvernement, les petits arrangements entre amis continuent !

Dernier en date : "L'ancien ministre français de la Culture et de la communication, Christine Albanel, va officiellement rejoindre jeudi l'équipe de direction de France Télécom et sera chargée de la communication interne et externe du groupe, selon le numéro deux du groupe cité par le Journal du Dimanche (JDD)" nous apprenait l'AFP.

"Ensemble tout deviendra possible" disait le candidat Sarkozy ! Il ajoutait d'ailleurs dans une vidéo de campagne publiée par OVNI : " Je veux des nominations irréprochables" © Nicolas Sarkozy (18e seconde)


Oui mais, diront certains, France Télécom c'est une entreprise qui a été privatisée !

Certes, mais : "L’Etat détient 9,94 % du capital (plus 3,49 % via l’Erap) de France Télécom et le Fonds stratégique d’investissement créé par l’Etat (présidé par Gilles Michel) est aussi présent à hauteur de 13,49 %" (source Politis ) ce qui lui permets d'influencer certains recrutements. Comme par exemple celui de : "Stéphane Richard, auparavant chef de Veolia Transport, qui est devenu en 2007 directeur de cabinet au ministère de l´économie et des finances" (Source Anticor) puis N°1 de France Télécom !

Pour les amateurs de belles histoires, Stéphane Richard a déclaré au Journal du Dimanche : "nous nous sommes vus à plusieurs reprises et l'idée est née. Christine Albanel avait envie de participer à la vie d'une grande entreprise. Il n'y a rien de politique dans cette arrivée. C'est une femme intelligente, cultivée et courageuse qui peut nous apporter beaucoup" il ne précise toutefois pas si les rencontres datent de l'époque où Stéphane et Christine se croisaient dans les couloirs des ministères ...

Cet nouvelle nomination, est un très bel exemple de "pantouflage", que la République, bonne fille, continue à perpétrer pour le plus grand bonheur de ceux qui en sont les bénéficiaires !

Définition du pantouflage : "Fait pour un haut fonctionnaire, généralement un ancien élève de l'École polytechnique ou de l'École nationale d'administration, d'aller travailler dans une entreprise privée. Par extension, ce terme peut s'appliquer désormais à tous les fonctionnaires. Le terme « pantouflage » s'applique aussi aux hommes politiques qui, suite à un échec électoral ou à la perte d'un portefeuille ministériel, occupent un poste grassement rémunéré dans une entreprise privée, sans réelles responsabilités, en attendant l'occasion de revenir sur la scène politique.

Que dit le droit à ce sujet ?

Challenge nous apprend que : "L'article 432-13 du Code pénal punit de deux ans d'emprisonnement et de 30.000 Euros d'amende le fait pour un agent de l'Etat de travailler, dans les trois ans suivant la cessation de ses fonctions, pour une entreprise privées dont il a eu à assurer la surveillance ou le contrôle, avec laquelle il a conclu des contrats ou sur laquelle il a émis des avis ou des décisions.

En clair, la personne concernée doit avoir un véritable pouvoir administratif, la jurisprudence considérant que ce n'est pas le cas des membres des cabinets ministériels. A l'origine, le délai exigé était même de cinq ans, mais il a été réduit par la loi de modernisation de la fonction publique de février 2007. ... / ... En 2007, sur environ 3.900 dossiers, la commission a rendu un avis favorable dans plus de 90% des cas.

Quels ont été les cas les plus célèbres?

Quelques dossiers ont défrayé la chronique ces dernières années. A l'automne 2004, Jean-Pierre Jouyet avait ainsi dû renoncer à devenir numéro deux d'EDF car il venait de quitter la direction du Trésor. L'ancien ministre de la Culture Jean-Jacques Aillagon a lui dû faire face à une plainte du SNJ et de la CFDT quand il a pris la tête de TV5 après en avoir assuré la tutelle. Du côté des Caisses d'Epargne, les syndicats avaient contesté, sans obtenir satisfaction, la présence au directoire de Bruno Mettling, un ancien membre du cabinet de Dominique Strauss-Kahn à Bercy ; plus récemment, plusieurs plaintes ont été déposées concernant la très contestée nomination de François Pérol, conseiller de Nicolas Sarkozy, à la tête du pôle bancaire mutualiste ... / ... "

Les retrouvailles entre Stéphane Richard et Christine Alabanel sont apparemment plaisantes pour la seconde puisqu'elle déclare : "Je suis heureuse d’entrer à France Télécom à un moment où ce groupe connaît un nouveau départ avec un patron de grande qualité" ... / ... " Le JDD nous livre au passage un commentaire éloquent d'un proche de Stéphane Richard : "Cette fonction est forcément un masque vénitien. Christine Albanel connaît bien tous les dossiers audiovisuels, a un superbe carnet d’adresses et ses anciennes fonctions ne seront pas sans effet en termes d’affichage"

Selon le JDD, l'intitulé exact de son poste sera: directrice exécutive chargée de la communication interne, externe, du mécénat et de la stratégie contenus ! Il n'y aura que les grincheux pour faire remarquer que : " La loi Hadopi avait été soutenue par France Télécom en tant que fournisseur d’accès"

Allez, soyons positifs, le gouvernement aura su se donner les moyens de permettre à une précaire de retrouver le chemin de l'emploi ! Il faut que j'aille vite voir si Laurent Wauquiez a publié quelque chose sur son Twitter pour s'en féliciter ...

Crédit photo Christine Alabanel
Nice Matin