08 février 2023

Pôle Emploi : jouer au ballon pour postuler à un emploi ?

 A Vannes, en Bretagne, les équipes de Pôle Emploi ont organisé une rencontre de basket entre chômeurs et recruteurs. Nom de cette initiative : « du stade à l'emploi ». Enjeu : trouver du personnel pour des entreprises de burgers ou de bricolage.

C'est le supplément économique du journal du Parisien du 8 février qui nous l'explique : : « le jeudi 26 janvier, sur le terrain de basket, sept équipes d'une petite dizaine de joueurs qui ne se sont jamais vus ... Leur particularité ? Les trois quarts sont des demandeurs d'emplois et le reste des recruteurs … mais personne ne sait qui est qui »

 


En lisant ce matin cet article, j'avoue avoir manqué de lâcher ma tasse de café.

Pour avoir connu au cours de ma carrière professionnelle quelques passages par Pôle Emploi et avoir été ballotté d'un stage de recherche d'emploi dont le but était de « rechercher au fond de soi les raisons de son échec. » à un stage de motivation au cours duquel un « formateur » nous expliquait que : « la recherche d'un emploi est un métier à plein temps », que nous n'avions « aucune méthodologie » et que nous étions « responsables de notre sort ». Le tout ponctué par un coup de téléphone par an, sachant que ma conseillère attitrée suivant environ 400 personnes. Je me demandais si les méthodes de Pôle Emploi avaient changé, du moins évolué. Oui et de quelle façon !

La réforme de l'assurance chômage ayant diminué les droits de tous les chômeurs de 25 % depuis le 1er février et les radiations à Pôle Emploi ayant atteint un record en 2022 il faut donc comme l'explique le gouvernement mettre en place rapidement des solutions pour arriver au « plein emploi ». 

Mais revenons à Vannes ou des postes étaient à pourvoir. 80 très exactement selon l'article du Parisien. Quelles étaient les entreprises qui proposaient des postes : le CCAS de Vannes, Burger King, Leroy-Merlin, E. Leclerc, Mc Donald's et l'Armée de terre.

Dans cette situation, on pourrait penser qu'il suffisait à Pôle Emploi de croiser ses fichiers de demandeurs avec les offres et d'adresser des candidats pour entretien aux entreprises. Or, comme l'explique le Parisien, l'équipe locale de Pôle Emploi a préféré organiser une journée du type « patron incognito ».

Extrait du programme de la journée : « 10H30 : après avoir revêtu des maillots de différentes couleurs et des petites pancartes avec leurs prénoms, les joueurs procèdent à un petit échauffement avant d'alterner … différents ateliers. Dans celui-ci, ballon en main, on doit fermer les yeux et et réaliser un parcours d'obstacles guidé par son binôme » du côté des recruteurs on trouve ce jeu : «  … d'observation et de communication très sympa » Une autre recruteuse indique : « on voit rapidement qui a l'esprit d'équipe, qui est moins à l'aise pour prendre le lead ...c'est une belle façon de rencontrer des postulants à mon sens »

L'article indique que les recruteurs ont pris beaucoup de plaisir au cours de cette rencontre mais n'indique pas le niveau d'humiliation auquel les demandeurs d'emploi ont été soumis en fonction de leur adresse ou de leurs capacités physiques. Il n'indique pas non plus combien ont obtenu un des postes proposés ni ce qu'on ressenti ceux qui, à l'issue de cette pitrerie, ont échoué à cet exercice.

Pour ceux-là ce sera le stage de motivation au cours duquel on mettra en avant leur manque d'implication ? Les motivera t-on pour la prochaine initiative qui pourrait être basée sur une course en sac, du tir à la corde et pourquoi pas de la boxe Thaï ? Et pourquoi pas, puisque c'est à la mode une journée de survie en forêt ?  Enfin sachez que ce nouveau genre de job-dating existe depuis 2020, en Rhône-Alpes, basé lui, sur ... l'athlétisme.

 Le bilan ? On l'ignore. Mais visiblement les équipes de Pôle Emploi et les recruteurs prennent beaucoup de plaisir. Quant aux demandeurs d'emploi ....


Crédit et copyright photo

Opération le 22 novembre à Lannion 

Le Télégramme  

03 février 2023

Emploi des seniors : Poker menteur entre le gouvernement et le patronat

L'index senior du gouvernement dans le cadre de la réforme des retraites met en fureur les organisations patronales. Auraient-elles peur de voir révéler que les seniors font de moins en moins partie de leurs effectifs et que l'argument du sauvetage du système des retraites n'est qu'une parfaite hypocrisie ?

Perdre son emploi au delà de 55 ans est la pire des choses qui puisse arriver à un salarié. En effet, c'est l'âge où les entreprises brandissent leurs habituels arguments sur le manque de formation, d'adaptabilité, de risque de maladies et de prétentions salariales trop élevées. Pour vendre sa réforme, le gouvernement insiste sur les moyens de maintenir les seniors dans l'emploi jusqu'à 64 ans et plus. Problème, les entreprises qui soutiennent la réforme se défilent. 

 


Le 24 janvier dernier, nous évoquions l'unique solution proposée par le gouvernement : un index seniors. Cet index, applicable dans un premier temps aux entreprises de 1000 salariés devait être étendu à celles de 300. Rappelons que cet index est une mesurette cosmétique et qu'une éventuelle sanction serait appliquée aux seules entreprises qui refuseraient de le publier. Les PME qui représentent la majorité des entreprises se trouvaient majoritairement exclues du dispositif et n'avaient donc aucun compte à rendre sur leurs effectifs.

Les syndicats de salariés ainsi que nombre d'élus de tous bords se sont élevés contre le peu d'impact de cette mesure ce qui a poussé plusieurs ministres dont la Première à envisager d'élargir l'index en dessous de 300 salariés et hier soir à évoquer, éventuellement, le chiffre de 50 salariés.

Fureur du président de la CPME dans un communiqué de presse : « Placer les PME sous surveillance en brandissant la menace de sanctions ne résoudrait en rien le problème. Et ne ferait qu’instituer de la défiance au lieu de rétablir de la confiance. Les petites entreprises ne peuvent ni ne doivent servir de variable d’ajustement dans le débat parlementaire en cours »

Le même président égratignant au passage les grandes entreprises adhérentes au concurrent MEDEF : « Et ce, d’autant plus qu’il est évident que les « plans de départs volontaires » incitant les seniors à quitter l’entreprise, ne les concernent pas  (les PME)» 

A notre connaissance, pour l'instant, la seule variable d'ajustement ce sont les salariés à qui on veut imposer deux ans de travail supplémentaires. De plus, les sanctions concerneraient le refus de publication de l'index. Alors pourquoi cette réaction ?

Tout simplement parce que la CPME, comme le MEDEF, craint que l'index ne révèle le fait que les entreprises quelle que soit leur taille, ne jouent pas le jeu du maintien de l'emploi des seniors. Dans ce cas, à quoi aura servi cette réforme si ce n'est pousser un peu plus de seniors vers la précarité ?

La réalité c'est que les entreprises adhérentes ou non au MEDEF ou à la CPME n'ont absolument aucune envie de prolonger les seniors à l'effectif ou d'en recruter. Et les organisations patronales le savent. C'est pourquoi elles jouent les vierges effarouchées et promettent monts et merveilles à condition de les laisser faire et de percevoir de nouveaux subsides de l'état.

La CPME parle de "pragmatisme" en opposition au "dogmatisme" qui animerait le gouvernement.

C'est au nom de ce fameux pragmatisme que moins de 35% des salariés à partir de 60 ans ont encore un emploi. C'est au nom de ce pragmatisme que la plupart des seniors proches de la retraite pointent à Pôle Emploi ou perçoivent les minima sociaux en attendant le départ à la retraite.

La technique du : « c'est pas moi c'est l'autre » et celle du : «nous avons un travail important à faire pour améliorer les choses à condition que l'état nous verse des subsides » ont des limites. Celles du respect des salariés qui ont donné 30 ou 40 ans de leur vie à des entreprises et se retrouvent dans un no man's land.

Si le maintien des seniors dans l'emploi demande autant de temps aux entreprises pourquoi n'ont t-elles pas travaillé sur le sujet depuis longtemps ? Si un senior remplit parfaitement sa tâche sur la durée pourquoi l'état diminuerait- il leurs cotisations sociales ?

Le Président de la République et son gouvernement savent parfaitement, chiffres à l'appui, que les entreprises ne feront aucun effort en contrepartie du report de l'âge de départ à la retraite. L'index senior fera long feu, les entreprises satisfaites expliqueront qu'elles ont encore besoin de plus de temps pour mettre en place des dispositifs seniors et en appelleront à l'état pour les financer … CQFD !

 

Autres sources

Interview Vidéo  du Président de la CPME


01 février 2023

Nouvelles règles d'indemnisation du chômage : la machine à fabriquer des précaires !

 

C'est à partir d'aujourd'hui que s'appliquent les nouvelles règles de l'assurance chômage. Au menu : baisse de la durée d'indemnisation pour tous et précarité à la clé.

L'argument du gouvernement pour justifier les nouvelles règles d'indemnisation du chômage est le suivant : « faire face aux difficultés de recrutement des entreprises et atteindre le plein emploi d'ici 2027 » nous explique Europe1

J'expliquais, dans un précédent billet que la « pénurie de candidats » évoquée par les organisations patronales et le gouvernement qui est sans commune mesure avec le nombre de chômeurs (catégories A, B, C) est liée, en grande partie, au fait que la majorité des emplois dits en tension sont proposés par des secteurs qui ne trouvent pas preneurs depuis des décennies ou qui proposent des conditions de travail peu attrayantes (horaires décalés, délirants ou partiels ) et surtout mal rémunérées.

Qu'à cela ne tienne. Le gouvernement, sous la pression des organisations patronales, qui affirme atteindre le plein emploi à court terme a décidé de s'en prendre aux chômeurs. Si la machines à radiation a fonctionné a plein régime, c'est maintenant au tour de la durée d'indemnisation d'entrer dans la danse.

Que se passe t-il concrètement à partir de ce 1er février 2023 ?

La réponse se trouve sur le site du ministère du travail : « À compter du 1er février 2023, à l’ouverture du droit en métropole, la durée d’indemnisation des demandeurs d’emploi sera réduite de 25 % par rapport aux règles applicables antérieurement, tout en restant toujours supérieure à 6 mois. A l’expiration de son droit, le demandeur d’emploi pourra bénéficier d’un complément de fin de droit prolongeant sa durée d’indemnisation en cas de dégradation de l’état du marché du travail, c’est-à-dire lorsque le taux de chômage dépasse 9 % ou en cas de dégradation très rapide de la situation du marché du travail »

En clair : la fin de droits va intervenir plus vite pour tous les chômeurs! Mais quid des chômeurs seniors qui risquent en plus d'être d'être impactés par le report de l'âge de la retraite  ?

Denis Gravouil, négociateur pour la CGT de l’assurance-chômage en expliquait dans le journal La Marseillaise les conséquences : « Parmi les plus touchés : les seniors qui, à plus de 55 ans, avaient 36 mois d’allocation-chômage, cela va se réduire de 25 % et donc passer à 27 … Des gens qui ont 55 ans au 1er février qui auront été licenciés ... n’auront que 27 mois ... »

Le MEDEF comme la CPME promoteurs de ces nouvelles règles ainsi que celle du report de l'âge de la retraite à 64 ans sont peu prolixes sur le sujet avec, toutefois, quelques propositions carrément outrancières.

Du côté du MEDEF on propose : « …  le versement par Pôle emploi (ou l’assurance chômage) d’une “aide compensatoire” aux seniors (jusqu’au moment du départ en retraite) qui acceptent un emploi moins bien payé que leur travail précédent »

La CPME de son côté, propose, entre autre : « … une exonération des cotisations patronales au régime d’assurance chômage durant la période d’emploi d’un senior ... »

Ces propositions sont particulièrement insultantes envers ceux qui ont 55 ans ou plus et ont perdu leur emploi, très souvent pour des raison indépendantes de leur volonté mais dont les entreprise ne veulent pas pour des raisons de « manque de compétence » de « risque de pathologies » et bien entendu de salaires « trop élevés » En fin de compte, les organisations patronales se comportent dans cette affaires comme de vulgaires chasseurs de primes.

Mais il est vrai que les entreprises y ont pris goût. Il n'y a qu'a regarder le dévoiement de la formation en alternance (apprentissage) montré du doigt par la Cour des comptes : « Favorisé par les aides exceptionnelles versées aux employeurs d’alternants depuis l’été 2020, l’essor sans précédent des entrées en apprentissage - + 98 % depuis 2019 - a surtout concerné les formations après le baccalauréat, destinées à des étudiants pourtant moins concernés par les difficultés d’insertion sur le marché du travail que les jeunes de niveau CAP ou baccalauréat. Cet essor a entraîné plus qu’un doublement des dépenses associées, qui devraient atteindre 11,3 Md€ en 2021, en grande partie à l’origine de l’impasse financière que connaît actuellement le système d’alternance et de formation professionnelle »

Vous conviendrez qu'avec une telle opportunité, embaucher un chômeur qui n'apporte pas de subsides a beaucoup moins d'intérêt.

Et que deviendront-ils les chômeurs qui n'apportent pas de « dot » ?

Eh bien, ce sera pour beaucoup, la précarité des petits boulots sans lendemain avec, pour horizon le RSA qui sera, bien entendu, à court terme, conditionné à 15 ou 20h d’activités hebdomadaires. Sachant qu'en cas de non-respect de cette condition d’activité, les bénéficiaires pourront voir leurs allocations diminuer voire disparaître en attendant, peut être d'avoir 64, 65, 66 ou 67 ans pour partir en retraite

La machine à fabriquer des précaires est en marche, à nous de l'arrêter !

 

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BERTH Dessinateur

27 janvier 2023

Pénuries de candidats : aux entreprises de se remettre en question !

Le gouvernement et les organisations patronales hurlent à la pénurie de candidats dans certains métiers ou branches d'activité en oubliant de reconnaître que celle-ci est directement liée à des conditions de travail difficiles ou de faible rémunération. 

 

Souvenez-vous, il y a encore peu de temps, vous aviez beau envoyer des tonnes de CV aux entreprises, vous ne receviez au mieux qu'un message laconique de refus et le plus souvent aucune réponse. À la même période, les CDD de courte durée étaient légion et le montant des salaires à son plus bas niveau. Aujourd'hui, si vous écoutez nos gouvernants et les organisations patronales, ceux-ci ne parlent plus que de pénurie de candidats. 

 


Pénurie à comparer toutefois avec les chiffres du chômage au quatrième trimestre 2022 : « … le nombre de personnes inscrites à Pôle emploi et tenues de rechercher un emploi (catégories A, B, C) s’établit à 5 113 400... »

Si nous excluons les éternels moutons à cinq pattes du type : data scientists, analystes des données ou plus exotique : les métiers du metavers, quels sont les secteurs les plus demandeurs ?

Prenons comme référence un dossier réalisé en 2022 par France Bleu et France 3. Extraits : « En dehors des emplois saisonniers, les métiers les plus recherchés sont les métiers des services aux entreprises, comme les agents d’entretiens de locaux, les ouvriers non qualifiés de l’emballage et les manutentionnaires. Les métiers de l’hôtellerie-restauration ainsi que ceux du soin et de l’accompagnement, notamment les aides à  domicile et aides ménagères, sont également très recherchés  »

Pour mémoire, France Info publiait en 2013 l'article suivant : « Les métiers en tension d'ici 2015 »

Quels étaient-ils ?

« Hôtellerie, restauration, aide à domicile, commerce : cette France qui recrute ... En tête : les assistantes maternelles et aides à domicile, les agents de service et d'entretien … » Ce à quoi on peut ajouter : les transports et le BTP

En résumé, le temps passe mais certains métiers continuent d'être fuis. Les raisons ? Elles sont connues : horaires décalés, délirants ou partiels, accélération des cadences, manque de respect et salaires trop faibles. Ajoutons à cela les difficultés de vieillir dans ces métiers où plus qu'ailleurs l'usure professionnelle est la règle. Et bien que notre Président n'aime pas le mot pénibilité, c'est pourtant bien ce mot qu'il faut utiliser le tout sur fond de report de l'âge de la retraite à 64 ans.

Pénurie de candidats ? Oui, vous répondront les entreprises mais surtout de candidats : « jeunes, flexibles, mobiles et bien formés ». Et les seniors expérimentés dont les entreprises se sont séparés en utilisant des ruptures conventionnelles individuelles puis collectives ? Il sont encore nombreux ces 55 ans à 60 ans à galérer pour trouver un emploi.

Car ne nous voilons pas la face, si les entreprises pleurent misère, on ne peut pas dire qu'elles sont très motivées à l'idée conserver ou d'intégrer des seniors à l'effectif. Nous en avons pour preuve la dernière intervention de Dominique CARLARC'H la porte parole du MEDEF qui déclarait  : « Nous savons qu'il faut que nous nous attelions à la question de l’emploi des seniors, parce que, mise à part la crise de l'énergie, un de nos principaux problèmes c'est le recrutement » Comme par hasard, cette déclaration fait suite à des menaces de sanctions sur l'emploi des seniors dans le cadre du passage à 64 ans que le MEDEF, notamment, a soutenu.

Bref, en attendant que les organisations patronales et leurs adhérents veuillent bien se pencher sur l'avenir professionnel des seniors, une certitude : la pénurie de candidats va continuer de façon durable, quel que soit le contexte économique. Le monde a changé. Le dialogue social façon : « mon bureau vous est toujours ouvert … mais là j'ai pas le temps » n'est plus une réponse. Les conditions de travail et la considération sont aujourd'hui, pour les salariés, aussi importantes que la rémunération.


24 janvier 2023

Retraite et index seniors  : cynisme ou foutage de gueule  ? Les deux mon capitaine !

 L'emploi des seniors en France est parmi les plus faibles des pays de l'OCDE. Alors que le chômage fait rage dans cette partie de la population en fin de carrière le gouvernement vient de dégainer sa solution  : un index seniors.

C'est un chiffre que plus personne ne conteste  : 65 % des travailleurs âgés de 60 à 64 ans ne sont plus dans l'emploi. La très grande majorité est au chômage avec, pour les mieux lotis les indemnités de l'assurance chômage et pour un certain nombre d'autres le RSA.



Lorsqu'on évoque la situation de l'emploi des 50 ans et plus avec les organisations patronales, favorables, rappelons-le, au report de de l'âge de départ à la retraite à 64 ans on obtient en général un florilège de lieux communs que j'ai déjà évoqué dans un billet de 2014

Ils sont plus sujets que les autres aux maladies : Cet argument est aussi sordide que celui qui consiste à éliminer des femmes jeunes au fait qu'elles ont des enfants en bas âge ou qu'elles pourraient être enceintes. En gros un plus de 50 ans ça risque plus de pathologies lourdes qu'un jeune. C'est, nous l'ont affirmé des employeurs ou DRH, sous le sceau du secret, un critère d'élimination fréquent.

Ils ont des prétentions salariales trop importantes : C'est dommage pour les employeurs, mais jeune avec 20 ans d'expérience, ça n'existe pas encore. Et l'expérience, ça a un prix. Toutefois, essayez si vous êtes un senior au chômage de proposer de travailler au SMIC (ça été mon cas) pour redémarrer, vous verrez vite que l'objection du salaire élevé n'était qu'une allégation mensongère.

Ils ne maîtrisent pas les outils de communication modernes : C'est de moins en moins vrai ! En effet, l'utilisation des nouvelles technologies est de plus en plus répandue en entreprise et les 50 ans et plus les utilisent aussi bien à titre professionnel que personnel (ordinateurs, tablettes, smartphones). En admettant que certains employés ne soient pas parfaitement familiers des nouveaux outils de communication, rien n'empêche de les former ! Encore une fois, il s'agit d'une allégation mensongère

Face à ce blocage, que propose le gouvernement  ?

Un "index senior" qui calculerait par entreprise le taux d'emploi des plus de 60 ans comme nous l'explique le site de BFM. Comment cela fonctionnerait-il  ?

«  ...Cet index mesurerait l'évolution des embauches et de l'emploi des seniors dans l'entreprise, mais sans être contraignant comme l'index de l'égalité professionnelle, qui peut donner lieu à des pénalités financières allant jusqu'à 1% de la masse salariale. Une manière de pointer les bons et les mauvais élèves sans les sanctionner en bonne et due forme. La locataire de Matignon demande tout de même aux "entreprises, de se saisir (du) sujet" de l'emploi des seniors et demande aux employeurs redonner de "toute leur place aux seniors" dans leurs entreprises … » Ajoutons que cet index ne serait applicable qu'aux entreprises de plus de trois cent salariés ce qui exclut la très grande majorité des entreprises.

En résumé : un machin pour lequel les plus grandes entreprises obtiendront des dérogations auprès de Bercy dans la mesure où le MEDEF a d'ores et déjà hurlé à la mort à l'annonce de la création de l'index. La CPME de son côté rayonne de bonheur puisque les TPE/PME seront exclues du dispositif.

Devant un tel gadget, les syndicats de salariés ainsi que nombre d'économistes sont montés au créneau pour expliquer qu'on ne pouvait pas se contenter d'une telle mesurette face à un problème qui touche et va toucher ceux à qui on va demander de travailler jusqu'à 64 ans et plus.

Devant le tollé, le gouvernement a communiqué sur le sujet indiquant : ouvrir « ...la porte dimanche à des mesures plus « coercitives » afin de favoriser l’emploi des seniors dans les entreprises ... »

Ok, quand et de quel ordre ?

C'est l’inénarrable porte parole du gouvernement, Olivier VERAN qui a apporté les premières réponses : « Mais pourquoi pas », a répondu dimanche le porte-parole du gouvernement Olivier Véran sur BFMTV. « Vous savez que nous ne sommes pas sur une ligne coercitive de but en blanc, on a plutôt tendance à faire confiance aux gens. Mais s’il faut qu’on mette en place des garde-fous pour assurer que les seniors ont toute leur place dans l’entreprise ... »

De son côté, Gabriel Attal a fait les gros yeux : « C’est quand même fort de café que la France soit un pays dans lequel on ne reconnaîtrait pas à des gens qui ont de l’expertise, de l’expérience, du savoir faire et ont envie de bosser cette capacité à le faire valoir »

Et ? Réponse rien ! Les entreprises si promptes à défendre le « travailler plus longtemps » vont donc pouvoir continuer à tourner le dos aux salariés et chômeurs âgés sans aucune obligation ou sanction. Les organisations patronales vont pouvoir continuer à nous parler de la « valeur travail » et des restrictions qu'il faut apporter à l'indemnisation des chômeurs compte tenu de la pénurie de candidats dans des emplois ... où les seniors n'ont pas leur place.

Du cynisme ou du foutage de gueule ? Les deux mon capitaine.


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Man Dessinateur

22 novembre 2022

Assurance chômage et « réforme » des retraites : on achève bien les seniors !

 Le Ministre du travail et les organisations patronales affichent leur contentement sur la future baisse des droits au chômage. Elle devrait principalement affecter les seniors qui proches de la retraite se retrouveront plus nombreux en fin de droits.

«Patronat heureux, syndicats furieux» écrit le site Info-RH qui ajoute : « ... côté syndical, on dénonce unanimement une réforme « punitive » qui ne réglera pas les problèmes des tensions sur l’emploi; tandis que dans le camp des employeurs, on salue une réforme qui permettra aux entreprises de trouver les compétences dont elles manquent cruellement ... » et d'ajouter : « ... il n'y a pas de dispositif spécifique concernant les seniors, qui seront donc soumis aux mêmes règles que les autres demandeurs d'emploi, alors qu’ils appartiennent à une catégorie particulièrement touchée par le chômage de longue durée ... »

 


Car, c'est bien cette catégorie de salariés qui va prendre de plein fouet cette «innovation» sociale. En effet, s'il est difficile de conserver son emploi au delà de 55 ans, en trouver un lorsqu'on est chômeur au même âge tient de la gageure. Le rédacteur de ces lignes qui a connu pour cause de licenciement économique le chômage à 56 ans peut en témoigner. C'est encore le cas aujourd'hui pour de nombreux seniors qui même en étant hyper actifs dans leur recherches d'emploi n'obtiennent aucune réponse positive, ne serais ce pour un entretien.

Ceci étant confirmé par les conseillers de Pôle Emploi qui après s'être assuré d'une «recherche dynamique» concèdent qu'au delà d'un «certain âge» retrouver quelque chose est assez ...hypothétique.

N'oublions que cette baisse des droits va s'accompagner rapidement d'une remise en cause des conditions de départ à la retraite. En effet, il est plus que probable que l'âge de départ sera reporté à 64 ou 65 ans ce qui va impacter une fois de plus les seniors dont on sait que la plupart ne sont plus en activité lors de leur départ à la retraite, pour l'instant fixé à 62 ans.

Mais revenons en aux organisations patronales si promptes à se réjouir de la réduction des droits au chômage et du report de l'âge de départ à la retraite. Leur première réaction a été, en ce qui concerne les seniors, de refuser toute contrainte en termes de maintien dans l'emploi ou de recrutement de chômeurs âgés.

Quelles conséquences à terme de cette politique de gribouille ?

Un peu plus de seniors en fin de droits à qui on imposera, pourquoi pas, en échange du RSA, de 10 à 20 heures de travail par semaine ? Où est la dignité dans tout ça ? Qu'on puisse se féliciter d'une régression social est une insulte à tous ceux qui rament pour trouver un boulot qu'on leur refuse parce que les entreprises leur reprochent d'avoir à court terme une pathologie handicapante, de vouloir être payés trop cher, de ne pas être adaptables ou flexibles et autres arguments pourris qui relèguent une partie des travailleurs dans la plus grande des précarité.

Nous avons tous été, sommes ou seront des travailleurs seniors. A nous tous de faire savoir au duo gouvernement/organisations patronales que nous ne sommes pas et ne serons jamais de simples variables d'ajustement au gré d'une période «rouge» ou «verte» !


Sources

Info-RH

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Le Petit Bleu

09 octobre 2022

Travailler plus longtemps ? L'imposture continue !

 

Comment tenter de convaincre les salariés de travailler plus longtemps alors qu'un peu plus de 30% sont encore en activité à partir de 60 ans ? C'est à quoi s'est essayé Olivier Dussopt dans une interview au JDD avec des arguments bien minces.

Pour ceux qui l'ignoreraient encore, Olivier Dussopt est le ministre du travail. Il est responsable de la mise en place de l'obsession élyséenne sur les retraites et l'assurance chômage.

Et pourtant, il n'y a pas si longtemps, Olivier Dussopt alors député socialiste interpellait Eric Woerth ministre du travail sur le report de l'âge de la retraite en ces mots : «Cette volonté de reculer l'âge de la retraite est doublement injuste … Elle écarte d'emblée la recherche d'autres recettes, notamment la mise à contribution de l'ensemble des revenus et en particulier de ceux issus du capital ... » 

Notons au passage que c'est le même Dussopt qui dans son interview de 2022 au JDD déclare : « Si certains connaissent d’autres moyens pour équilibrer et améliorer notre système sans peser sur le niveau des pensions ou sur le coût du travail, je les invite à nous dire lesquels ! »

Oui mais, aujourd'hui remettre en cause les choix économiques du Président pour qui le ruissellement de la StartUp nation et le fait de traverser la rue pour trouver un emploi suffisent.


 Que dit Olivier Dussopt sur le faible taux d'emploi des seniors ?

« Nos mauvais résultats s’expliquent par plusieurs causes. D’abord, des dispositifs qui peuvent être perçus comme des encouragements, pour les employeurs, à se séparer des seniors. C’est le cas par exemple de la durée maximale d’indemnisation chômage, qui, à partir de 55 ans, passe de vingt-quatre à trente-six mois. S’il est légitime d’avoir des règles spécifiques, cette perspective peut être vue comme une voie de délestage ... »

Ah bon ? Depuis quand 55+3=62 ?

Ce propos est une insulte à tous ceux qui ont perdu leur emploi à cause de réductions d'effectifs ou par liquidation de leur entreprise. Lorsqu'on sait la difficulté pour retrouver quelque chose entre 55 et 58 ans, comment peut on dire des énormités de cet ordre. Venez, Monsieur le ministre rencontrer des « fin de droits » et leur tenir les mêmes propos avant de pérorer !

«  … notre système économique n’a pas la culture de l’emploi des seniors. On considère trop souvent que le temps de travail restant à un salarié de plus de 55 ans ne justifie pas un investissement dans sa formation. Cette question rejoint d’ailleurs la lutte contre l’usure professionnelle. Les seniors disposent de compétences qu’il leur faut transmettre aux plus jeunes... »

Peut être peut-on rappeler à Olivier Dussopt le "contrat de génération" créé à l'époque où il était député de la majorité de gauche dont le but était : « favoriser l’emploi des jeunes en CDI, maintenir dans l’emploi ou recruter des seniors, transmettre les compétences et les savoir-faire » que les entreprises ont sabordé préférant aujourd'hui les contrats d'apprentissage qui ne concernent que les populations jeunes.

Nous passerons vite sur les propositions qui ne coûtent pas cher puisque personne n'est en mesure de les faire appliquer

« investir massivement dans la prévention, en améliorant les conditions de travail et en renforçant la formation et les reconversions car certains métiers resteront toujours pénibles. On pourrait aussi renforcer les droits à la formation de ces salariés afin qu’ils puissent se réorienter... »

Pour enfin arriver au cœur du sujet au travers d'une excellente question de la journaliste du JDD : « Et pour favoriser leur retour à l’emploi ? »

Réponse du ministre ?

« Une des pistes pourrait être de permettre à un senior qui accepte un emploi moins bien payé de conserver une partie de son indemnité chômage afin de compenser le manque à gagner .. » On doit jubiler au MEDEF dont c'est l'une des propositions phare. Car comme effet d'aubaine on n'a jamais trouvé mieux !

Quant aux critères de pénibilité, la réponse au JDD est un chef d’œuvre de mauvaise foi : « Ils étaient extrêmement compliqués à mettre en œuvre. Les chefs d’entreprise parlaient d’un Everest administratif. Il faut trouver d’autres solutions »

En clair, on va contraindre les salariés et les chômeurs seniors sans engager de la moindre façon les employeurs à les conserver à l'effectif ou à les recruter. On va voir fleurir à nouveau des formations ou des stages de reconversion qui ne serviront qu'à améliorer les statistiques. 

Les futurs dégâts tout le monde les connaît. Mais qu'à cela ne tienne puisqu' Edouard Philippe Ce matin dans Le Parisien considère que 67 ans comme âge de départ serait encore mieux.

En fin de compte, tout ce beau monde se moque de l'avenir du modèle social français. Ce qui leur importe c'est de lasser les populations afin que celles-ci sollicitent un autre système. Les marchés financiers et leurs opérateurs bancassureurs piaffent d'impatience de mettre la main sur le colossal trésor que représentent le système de santé et les retraites par capitalisation.

A nous tous d'être vigilants et de refuser un avenir que certains rêvent déjà de nous imposer.

Sources

JDD Interview d' Emmanuelle Souffi

Crédit photo : Depositphotos






28 juin 2021

Retraite à 64 ans (ou 65 ans) : vers une galère sans fin pour les salariés seniors

 Alors que seuls 31% des plus de 60 ans sont encore en poste, gouvernement et patronat veulent pourtant reporter l'âge de départ à la retraite à 64 ans. Galère en vue pour tous les salariés seniors.

C'est selon de nombreux analystes LE sujet des mois à venir. Ce pourrait être même un des thèmes de la prochaine campagne présidentielle. C'est d'ailleurs ce que pense le MEDEF , favorable au report à 64 ans, puisque son Président a déclaré dans un entretien aux Echos : "... Pour moi c'est un débat de la présidentielle, il faut que tous les candidats se positionnent ..."


Source Nouvel Obs 14 janvier 2020

 Du côté de la Présidence de la République et du gouvernement, on s'appuie sur le dernier rapport des économistes Olivier Blanchard et Jean Tirole qui propose : "d'inciter les seniors à travailler plus longtemps "en renforçant la prévention et le traitement des maladies chroniques, en améliorant la qualité de la formation continue et en assouplissant leurs conditions de travail"

Comment, devant de telles déclarations ne pas se rappeler de ce disait Noam Chomsky : " Comment détruire un service public ? ... Commencez par baisser son financement. Il ne fonctionnera plus. Les gens s’énerveront. Ils voudront autre chose ...". ce raisonnement est parfaitement applicable à nos retraites. Pour le financement c'est déjà fait au travers des baisses et exonérations de cotisations qui plombent le système. Pour le reste, que demanderons les gens, à terme ? Tout simplement la mise en place de fonds de retraites par capitalisation.

Cela faisait, d'ailleurs, l'affaire d'un article entier du projet de loi sur la réforme des retraites. Soutenu, bien entendu par les bancassureurs adhérents au MEDEF.

Au delà de tout cela, que comptent faire nos gouvernants et les organisations patronales pour conserver dans l'emploi les salariés de plus de 60 ans ?

Si du côté des économistes missionnés par le gouvernement, on compte faire, comme cité plus haut, de la prévention contre les maladies chroniques et de la formation, ce qui demandera, au passage, de nombreuses années de mise en place, compte tenu, qu'il est, pour nos dirigeants, impossible de contraindre les employeurs.

Du côté du MEDEF on porte haut le cynisme en proposant, il y a peu : " de verser aux seniors qui acceptent un emploi moins bien payé que leur travail précédent, une aide compensatoire prise en charge par Pôle emploi ou l’assurance chômage " par ici la bonne aubaine !

Au gouvernement comme dans les sphères patronales, la réponse est toujours la même : Il n'y a pas d'autre solution. Oubliant, bien entendu, d'évoquer  la proposition d'ATTAC qui consiste à : " créer des cotisations sur les revenus financiers ... malgré la formidable productivité des salariés français, le partage de la valeur ajoutée est de plus en plus favorable au capital par rapport au travail. Il serait donc logique que les revenus financiers (largement préservés par E. Macron - cf la flat tax et la suppression de l’ISF) soient aussi taxés pour financer notre système social "

La réalité, tout le monde la connaît. Le bien vieillir au travail est une imposture. Les premières victimes des licenciements économiques classiques, des ruptures conventionnelles collectives et individuelles ce seront les salariés les plus âgés à qui on ne proposera rien d'autre que des formations sans issue permettant de les supprimer provisoirement des chiffres du chômage.

Alors, que fera t-on de ces seniors dont personne ne voudra ?

Une fois leurs droits aux indemnités chômage épuisés, il devront se tourner vers les aides sociales (s'ils peuvent y prétendre). Travailler au noir pour trois sous ? Se mettre en concurrence avec les jeunes générations sur les petits boulots en acceptant des salaires toujours plus bas ? Ou bien essayer de prouver une invalidité au travail leur permettant d'attendre l'âge de départ officiel ?

Nous sommes devant un choix de société qui devrait, sans nul doute, faire partie des programmes des candidats à la présidentielle. Une fois de plus, nombreux seront ceux qui nous rejoueront la belle légende du : travailler plus et plus longtemps". A tous les salariés d'être particulièrement attentifs ...


 

 

23 juin 2021

Elections : la grève du vote ne fait que commencer !

 La panique est en train de gagner dans les partis et mouvements politiques depuis le premier tour des élections régionales et départementales. Visiblement, les abstentionnistes ou les grévistes du vote ne croient plus que la politique puisse changer leurs vies.


  Il n'y avait qu'à regarder, dimanche soir, la mine déconfite et l'étonnement des politiques et des spécialistes sondagiers présents sur les plateaux de télévision à l'annonce de la participation aux régionales et départementales pour comprendre que le ciel leur était tombé sur la tête.

Leurs réponses étaient à quelque chose près identiques : mauvais choix de la date de ces élections, manque de pédagogie des pouvoirs publics, manque d'intérêt des deux consultations. L'argument le plus drôle, si on peut dire, étant ... la fête des père comme motif d'abstention !

Aucun responsable politique ce soir là pour évoquer l'impuissance des partis et mouvements politiques élus face au libre échange économique qui met les salariés de tous les pays ou régions en compétition et pousse au moins disant social tout en créant d'immense profits captés par un tout petit nombre d'individus.

Vendre l'alternance aux français comme moyen de "changer leur vie" ne suffit plus. A chaque fois, le "réalisme" économique a repris le dessus. Ces alternances se font et se feront toujours dans le respect des accords et traités économiques signés par la France qui pour la grande majorité ont une orientation libérale.

 Pendant ce temps là, années après années on a réduit les avantages sociaux, flexibilisé les salariés, simplifié les licenciements, augmenté l'âge de départ à la retraite. Toujours, bien entendu, au nom de la sacro-sainte règle de la COMPETITIVITE. La réalité, c'est que ce ne ce ne sont plus les élus des pays qui décident de la gestion et de l'avenir de leurs populations mais les économistes des grands organismes internationaux : OCDE, FMI, BCE, Union européenne, etc ...

Le seul problème, c'est que le nombre de ceux qui restent au bord de la route est de plus en plus nombreux. Jeunes à qui on explique qu'ils manquent d'expérience et dont l'avenir est fait de CDD de courte durée, seniors à qui on explique qu'ils sont "trop chers" et plus adaptés à un environnement économique moderne. Et les autres à qui on explique que pour rester compétitifs par rapport à des pays aux salaires et conditions de travail médiocres il va falloir faire profils bas.

Que valent aujourd'hui les professions de foi des candidats face à l'usine qui ferme et laisse sur le carreau des centaines de personnes qui n'ont que peu de chance de retrouver un emploi digne ?

Que valent les professions de foi des candidats face à des services publics réduits au minimum parce que : "Il faut être moderne" et que la numérisation c'est l'avenir ?

Que valent les professions de foi des candidats face aux baisses de cotisations ou de fiscalité des entreprises sans la moindre contrepartie d'emploi ? 

 La réalité c'est que la mondialisation qu'on nous vendait comme "heureuse" a gagné et que nos élus se cantonnent aujourd'hui dans le "sociétal" ou le "régalien" tout en essayant de nous faire croire qu'ils peuvent avoir la moindre influence sur celle-ci. Tout le monde sait que les relocalisations industrielles promises par nos gouvernants ou par les organisations patronales seront insignifiantes. L'intelligence artificielle ou les "emplois verts" ne suffiront pas à compenser les futures réductions d'effectifs qui s'annoncent à court, moyen ou long terme. 

Ce n'est pas la démocratie qui est en danger comme aiment à le répéter tous les politiques. C'est leur crédibilité face au quotidien et au futur des gens qui l'est ! 

 

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François OUGEN

07 décembre 2018

Salaires : jeu de la patate chaude entre le gouvernement et le patronat !

Les salaires qui ne permettent plus de vivre sont au centre des nombreuses manifestations des gilets jaunes. Pris de panique, le gouvernement envisagerait de faire un cadeau fiscal de plus aux entreprises en échange d'une "prime exceptionnelle" ... hypothétique. 


Aujourd'hui, pour beaucoup de salariés, demander une augmentation alors que, beaucoup d'entreprises leur proposent de ne pas fermer sous 3 à 5 ans en échange d'un gel de salaire ou d'une augmentation non rémunérée du temps de travail, semble totalement illusoire. 

Or, qui dit salaires qui n'augmentent pas dit pouvoir d'achat en danger. Comment l'exécutif peut-il permettre à ceux qui travaillent de vivre dignement de leurs salaires ? C'est le jeu de la patate chaude auquel se livrent le gouvernement et le patronat.

Qui se souvient de la «prime Sarkozy»  ? Créée en 2011 par Nicolas Sarkozy dans le but de «partager avec les salariés les bénéfices des entreprises». Elle devait permettre d'augmenter le pouvoir d'achat des salariés. 

Annoncée à près de 1000 €, elle s'est révélée être un magistral flop ! Nous citions quelques exemples dans un billet de 2011 : " ... On pourra citer « l'humour » des patrons de Sécuritas qui ont proposé à leurs salariés 3, 50 €. Ou celui des patrons d'IPSOS, plus généreux qui leur proposent ... 24 € ... Xavier Bertrand a quand même reconnu ... quelques disparités : « (...) Pour certaines c'est 150 euros, d'autres 200, d'autres 600 ..." Il faut dire qu'à l'époque, le Medef avait largement contribué au torpillage de cette mesure

Et, savez-vous le nom du ministre de l'économie qui a mis fin à cette "prime" ? Un certain Emmanuel Macron.

Or, devenu Président de la République, il est à son tour confronté aux questions de pouvoir d'achat et de bas salaires. Paniqué par le mouvement des gilets jaunes et de la sympathie que lui accorde les français, le gouvernement vient par l'intermédiaire de la ministre du travail d'émettre l'idée d'octroyer une "prime exceptionnelle" pour les salariés. Sous quelle forme ?

Contrairement à la "prime Sarkozy" qui s'appuyait (naïvement) sur les dividendes des entreprises, l'idée serait de faire financer celle-ci en grande partie par les impôts des salariés. Là, on frise le grandiose jupitérien !

" Muriel Pénicaud, en a appelé vendredi aux entreprises, soulignant que "tout le monde doit faire sa part" face à l'"urgence sociale absolue" dont témoigne la crise des "gilets jaunes". Muriel Pénicaud reçoit vendredi matin à son ministère les organisations syndicales et patronales avec cinq autres membres du gouvernement. Elle a confirmé que seraient sur la table des discussions, le sujet de la prime transport et le versement d'une prime exceptionnelle défiscalisée et exonérée de charges ..." - Source BFM https://urlz.fr/8oB4

Il est inutile de préciser que le Medef s'est montré très intéressé par ce montage. Il a simplement indiqué dans un communiqué de presse comment il concevait la distribution de cette "prime exceptionnelle". Extrait : "... l’annonce par le gouvernement de la possibilité de mettre en place une prime volontaire exonérée de charges sociales et d’impôt serait une réponse urgente à une situation d’urgence, dont pourront se saisir les entreprises selon leurs capacités "

Traduction : Aucune obligation et un montant parfaitement hypothétique !

Le Medef ajoutant : " On ne peut pas considérer les entreprises comme responsables de cette situation, elles en sont les victimes. Nous sommes d’abord dans une crise de sur-fiscalité, qui doit être résolue par une baisse de la fiscalité, des ménages comme des entreprises "

On serait tenté de dire : "chiche", au Medef, sur la baisse de la fiscalité dans la mesure où une partie de celle-ci bénéficie très largement aux entreprises. Témoin, l'article publié par L'humanité, le 5 février 2018 dans lequel on apprend que le montant des aides publiques aux entreprises privées se monte chaque année à environ 200 milliards d’euros !

Choquant ? Pas pour la ministre du travail qui préfère déclarer : " On ne va pas imposer par la loi une augmentation générale des salaires, ça n'a pas de sens, on détruirait de la compétitivité et de l'emploi

Le jeu de la patate chaude continue ...

03 décembre 2018

Gilets Jaunes : l'exécutif dans la nasse ?


 AFP - 3 décembre 2018

" ... La crise politique est manifeste après ce troisième samedi de mobilisation des "gilets jaunes" et ses nombreuses scènes de débordements et de dégradations, les 263 blessés dont 133 à Paris. "La France sous le choc attend des réponses", titre Le Figaro, tandis que Libération affiche un Emmanuel Macron "submergé" dans le jaune.

Y aura-t-il une quatrième manifestation samedi à Paris, alors que des appels en ce sens circulent déjà sur les réseaux sociaux ? "On verra dans quel état sera l'exécutif", a cinglé dimanche Gérard Larcher ..." Lire la suite


"Gillets jaunes" et Emmanuel Macron : Dessin d'Allan Barte


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