14 avril 2009

Elections Européennes : Le désintêret avant la colère ?

Gros temps sur l'Europe !!!

En effet, après avoir été l'un des moteurs de l'avenir de nos pays lors de sa création, elle ne fait plus rêver. Pire elle indiffère !!!

Un sondage nous donne la cote d'amour de l'Union auprès de ses habitants en âge et capacité de voter :

Un sondage Eurobaromètre crédite à 34% le taux de participation aux élections européennes de juin prochain. Si cela ce confirme les jours de vote, le taux d’abstention de 66% serait un record. En juin 2004, l’abstention avait atteint 54,3%. La France fait un peu mieux, puisque ce sondage crédite les intentions de vote à 47%. La Pologne est la mauvaise élève de l’Europe car seul 17% des Polonais sont certains d’aller voter, suivis des Autrichiens et des Britanniques

Dans le détail : Sont certains d’aller voter (Source Libération)

- la Pologne (17 %)
- l’Autriche (21 %),
- la Grande-Bretagne (22 %),
- le Portugal (24 %),
- la Slovaquie (25 %),
- la République tchèque (26 %),
- la Hongrie et l’Espagne (toutes deux à 27 %),
- l’Italie (30 %) et
- la Bulgarie (31 %).

Parmi les très bons élèves
- la Belgique (70 %) et
- le Luxembourg (62 %)… où le vote est obligatoire.

Suivis par
Malte et le Danemark (56 %),
la Suède (49 %),
Chypre et la Grèce (48 %),
la France et les Pays-Bas (47 %)
L’Allemagne pointe à 43 %.

Suite sur Libération

Le sondage révèle également la méconnaissance du rôle des députés européens dans l’ensemble des 27 pays membres. 64% des sondés ignorent le rôle du député au parlement européen- (Street Reporter)

Un bien sombre pronostic pour un Parlement européen qui revendique haut et fort sa légitimité démocratique comme le fait remarquer Euronews mais il y a pire : "lorsqu’on les interroge sur les thèmes qu’ils souhaitent voir développés durant la campagne, les Européens répondent en premier lieu chômage et croissance. Mais ils manifestent aussi massivement leur perte de confiance. 62% des sondés estiment que leur vote ne changera rien."

Nous ajouterons que ces résultats provisoires correspondent à la frénésie d'intégration de nouveaux pays dans l'Union sans aucune ressources financières dignes de ce nom. En effet, les efforts consentis en leur temps pour l'Espagne ou le Portugal ne l'ont pas été pour les nouveaux entrants qui ont du privatiser et surtout jouer la carte de la fiscalité avantageuse pour attirer entreprises et capitaux. En fin de compte, tout ce qui était services publics a été bradé et le chômage est devenu une réalité endémique pour ces nouveaux entrants.

Cet échec est d'autant plus cuisants que la majorité des anciens pays de l'Est considèrent qu'ils s'en sortiraient mieux en s'alliant directement aux Etats Unis !!!

La possible reconduction de José Manuel Barrosso et la nomination de commissaires thuriféraires du libéralisme et du libre échange ne devrait rien arranger. Car en effet, si l'élection des députés européens reste démocratique, l'élection de la commission et de son président échappent toujours aux citoyens. Et lorsqu'on connaît la toute puissance des commissaires, on se demande bien en quoi élire un député européen aux pouvoir limités a la moindre valeur pour l'avenir.

C'est dommage, mais c'est comme ça !!!

Attention quand même à ce que le rêve des fondateurs ne devienne un repoussoir pour les citoyens d'Europe qui pourraient bien à court terme en faire l'objet de toutes ... leurs colères ...

3 commentaires:

Mancioday a dit…

Beaucoup d’hommes politiques ont utilisé l’Europe comme bouc-émissaire de tous les maux frappant leurs pays. Ils ont opposé l'intérêt étatique à l’intérêt européen. Dès lors il ne faut pas s’étonner de ce désamour croissant.

Dans les médias c'est pareil, on ne parle d’Europe qu’à travers les "restrictions" venant de Bruxelles…

b.mode a dit…

Les post-européennes risquent d'être très très chaudes ! Et pas simplement en France !

Etiam Rides a dit…

Les électeurs prennent surtout acte que l'UE est une entité très peu démocratique et totalement acquise à l'ultralibéralisme, ce qui les fait douter du poids de leur vote.

En outre, l'organisation d'un scrutin par pays fait perdre de vue les enjeux européens au profit des enjeux nationaux.