03 février 2010

Chômeurs en fin de droit : Qu'ils crèvent ?

Les chômeurs en fin de droit et sans aucune ressource ? Qu'il crèvent !

C'est la sensation que j'ai eu hier soir en participant à l'émission "ça vous regarde" sur LCP : Chômage : un million de laissés-pour-compte ?

En effet : Amaury Eloy de Croissance Plus et Jean-Michel Fourgous de l'UMP ont été clairs : Le gouvernement ne peut pas augmenter les déficits et le patronat considère que l'indemnisation des ces fins de droits ne relève par leurs compétence !

La patate "humaine" chaude continue donc de s'échanger alors que 600 000 français vont se retrouver sans revenu ni protection !

Je m'étais porté volontaire pour participer à cette émission tout d'abord parce que je suis au chômage depuis presque un an sans aucun contact sérieux pour un emploi à temps complet ou partiel. Et parce que LCP nous avait annoncé la présence de Laurent Wauquiez le Secrétaire d'Etat chargé de l'Emploi, auprès de la ministre de l'Economie, de l'Industrie et de l'Emploi et probablement celle de Geoffroy Roux de Bezieux qui vient d'assumer la présidence de l'UNEDIC (remplacé par Gaby Bonand de la CFDT)

Quel ne fut pas mon étonnement d'apprendre tout d'abord que Laurent Wauquiez qui avait donné son accord pour participer à l'émission avait annulé sa participation. Au lieu de venir discuter avec les citoyens que nous sommes, il était à : Saint Mandé dans le Val-de-Marne, pour célébrer les 10 ans de la mission locale. - Source Edubourse

Quant à monsieur Roux de Bezieux, il était remplacé par un membre de Croissance Plus, mouvement patronal dont il est le un des fondateurs et Président.

En ce qui concerne monsieur Wauquiez, il a probablement du se dire, en lisant la présentation de l'émission que celle-ci risquait de lui réserver des surprises :

La catastrophe est annoncée. Avant fin 2010, en France, c’est un million de demandeurs d’emploi qui se trouveront en situation de fin de droits. 60 % d’entre eux ne bénéficieront plus d’aucune indemnité. Seuls 38 % devraient être éligibles aux minima sociaux, comme le RSA ou l’Allocation spécifique de solidarité (environ équivalente à 460 euros par mois).

Et, pourtant, le chef de l’état annonçait lundi dernier, devant la France entière, la baisse du chômage à venir. Le lendemain à la radio, Monsieur Wauquiez, secrétaire d’état chargé de l’emploi, renchérissait en ces termes: « la tendance a été bonne en décembre 2009 ». Il s’appuie en effet sur la baisse du nombre de chômeurs en catégorie A de 18 000 personnes en décembre.

Entre effet d’annonce et guerre des chiffres, le gouvernement s’enlise. Nicolas Sarkozy évoque sans crainte une relative baisse du chômage, certainement parce que les personnes en fin de droit ne seront donc plus comptabilisées dans les chiffres du chômage. Il n’empêche que le problème reste entier. Quelles solutions le gouvernement peut-il proposer à tous ces Français qui ne bénéficieront plus d’aucune aide ? Qui pourra alors les subventionner ? Le patronat ? L’Etat ? L’affluence de personnes à la recherche d’emploi ne va-t-elle pas contraindre les Français à accepter des emplois pour lesquels ils ne sont absolument pas qualifiés ? Et plus globalement, comment favoriser l’emploi en France ?

En ce qui concerne monsieur Roux de Bezieux, il est dommage qu'il n'ait pas été présent, car quelqu'un qui explique n'avoir : "Aucun sénior chez Virgin Mobile" l'entreprise qu'il dirige actuellement :

Invité vendredi 23 mai, Geoffroy Roux de Bézieux, président de l'Unedic et PDG de Virgin Mobile France, est revenu sur l'emploi des séniors au lendemain des manifestations contre l'allongement de la durée de cotisation : « Je vais vous le dire très directement, il y a zéro personne de plus de 55 ans chez Virgin Mobile. Ce n'est pas du tout du racisme antivieux, c'est que je ne peux pas recruter des gens de plus de 50 ans dans un métier qui a 10 ans comme la téléphonie, car ils ont travaillé dans des métiers qui étaient les métiers qui recrutaient à leur époque ».

« Dans les métiers qui recrutent, les métiers des nouvelles technologies, on en trouve pas de gens âgés qui soient formés. D'où le risque de quotas de séniors. On pourrait me dire qu'il faut les former. C'est vrai qu'il est plus facile pour un chef d'entreprise de prendre des gens déjà formés, qui connaissent le marché et le métier. - Source RMC

Les invités de l'émission étaient donc

Thierry Bailly de l'APEIS (association pour l'emploi l'information et la solidarité des chômeurs et travailleurs précaires)
Amaury Eloy : Vice Président de Croissance Plus
Jean-Michel Fourgous : député UMP très libéral de la 11ecirconscription des Yvelines et maire d'Élancourt (Yvelines)
Gaëtan Gorce député PS de la deuxième circonscription de la Nièvre

Dans la mesure où la vidéo n'est pas encore disponible sur le site de l'émission, je suis obligé de vous apprendre que, si nous pouvions avoir encore quelques illusions, Amaury Eloy et Jean-Michel Fourgous ont été clairs : Le gouvernement ne peut pas augmenter les déficits et le patronat considère que l'indemnisation des ces fins de droits ne relève pas de sa compétence !

Mise à jour du 4 février 2009 - Vidéo disponible ci-dessous


Chômage : un million de laissés-pour-compte ?
envoyé par LCP-AN. - L'info internationale vidéo.


En conclusion : Ceux qui ne pourront pas obtenir le RSA ou l'ASS sont des sortes de "sous hommes" (chers à Georges FRECHES) qui disparaissant de toutes statistiques, disparaîtront également des préoccupations économique ou sociale !

Notre ressenti d'hier soir est confirmé ce matin par le journal Les Echos qui écrit

" On ne laissera personne abandonné, mais la solution n'est pas dans la multiplication des aides de toutes sortes », avait déclaré la semaine dernière le chef de l'Etat concernant le million de chômeurs en fin de droits qu'escompte Pôle emploi cette année. La conciliation de ces deux exigences risque d'être difficile, si l'on se réfère aux estimations transmises hier par le service public de l'emploi aux partenaires sociaux et que « Les Echos » se sont procurés.

Le service statistique de Pôle emploi, qui estime à 9 % le nombre de chômeurs en fin de droits « créés » à la suite du nouveau droit à indemnisation dès 4 mois de cotisations, a évalué le devenir des demandeurs qui épuiseront leurs droits à allocation-chômage cette année (dans les six mois suivant leur fin de droits) en extrapolant le passé.

Selon ces travaux, près de 170.000 d'entre eux deviendraient bénéficiaires de l'Allocation de solidarité spécifique (ASS), financée par l'Etat, et 220.000 deviendraient bénéficiaires du « RSA socle » (l'ex-RMI), financé par les départements. Environ 10.000 partiraient en retraite. Par ailleurs, 190.000 retrouveraient un emploi (dont 100.000 reviendraient à Pôle emploi après un CDD ou contrat d'intérim). « A ce stade, il y aurait environ 400.000 demandeurs d'emploi pour lesquels il n'est pas possible d'envisager le devenir par l'extrapolation des données actuelles », note Pôle emploi.

En clair, ils n'auraient droit à rien soit parce qu'ils ont moins de 25 ans (pas de droit au RSA), soit parce que leur conjoint perçoit des revenus. Cela va donner matière à discussion aux partenaires sociaux, qui se penchent sur la question des chômeurs en fin de droits, vendredi.

Alors, probablement va t-on nous expliquer en haut lieu qu'on : "ne fait pas d'omelette sans casser d'oeufs" ou que dans chaque guerre : "il y a des victimes collatérales" ... et oui, c'est ça aussi la refondation du capitalisme !

Crédit image
Solidarité chômage Marseille
Couleur geek




3 commentaires:

Mad_Dog a dit…

Dire qu'en Belgique, ils ont eu une réponse : "ok, a situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle : on ne met plus personne en fin de droit jusqu'à la fin de la crise."

Aussi simple que ça.

Marredescons a dit…

oui Mad_Dog nous sommes en France, gere par les Grandes Ecoles. JAMAIS peut-on penser a une solution/repoonse simple. Sinon on ne peut pas justifier l'existance des Grandes Ecole et la concentration de pouvoir!

toff a dit…

vous connaissez ce film, "soleil vert"? à mon avis, un jour où l'autre on passera par cette 'case' là..de la chair à canon, où des bêtes de boucherie, voilà ce qui nous attend