09 mars 2010

Déplacements "électoraux" du Président de la République : Qui paye quoi ?

" Le rôle d'un président n'est pas de faire campagne pour les présidents de région ", déclarait Nicolas Sarkozy, fin janvier, sur TF1, écrivait l'Express en février 2010

Afin de faire croire à une forme de neutralité, le Président avait laissé, jusqu'à peu, à son Premier Ministre le rôle de chef de parti. Celui-ci continue d'ailleurs à enchaîner meetings et visites sur le terrain aux côtés des candidats.

Ainsi apprend t-on que : "le premier ministre ne regarde plus les sondages. car "Ils sont sujets à caution surtout pour les régionales !" nous apprend Le Figaro et de préciser : "Un dirigeant de l'UMP assure pourtant que Fillon redoute la débâcle et craint d'être «viré» en cas de grand chelem de la gauche"

C'est vrai que ça motive !

Néanmoins, il semble que l'activisme de François Fillon ne suffise pas au Président qui a décidé de s'impliquer personnellement dans la campagne des régionales et de transformer cette élection en un bras de fer entre lui et l'opposition !

Cet abandon de la neutralité, pourtant prévisible, compte tenu du profil du Président, le transforme donc en candidat des candidats et pose une question intéressante : Qui paie les dépenses du chef de l'Etat lorsqu'il se déplace pour soutenir un candidat et sa liste ?

L'Express nous donne quelques réponses sur le sujet

" ... / ... Ces voyages stratégiques tranchent avec les simples allers-retours en province, organisés habituellement au rythme d'un par semaine. Le 8 décembre, Nicolas Sarkozy rendait ainsi visite aux Alsaciens. Puis, il était dans le Loir-et-Cher avec Hervé Novelli. Entre-temps, il s'était déplacé en Corse le 2 février. Et le 18 février, il était en Guyane. Ces régions ont pour point commun d'être gérées par la droite ou de pouvoir basculer, à l'issue du second tour des régionales, le 21 mars prochain.

La Corse

" ... / ... C'était un voyage répondant à ses prérogatives de chef de l'Etat, où il a annoncé des mesures nationales concernant le développement durable. En marge de ce déplacement, il a eu un déjeuner privé et une réunion privée. Qu'il reste une heure de plus ou de moins en Corse, cela ne change strictement rien au coût de son déplacement", se défend l'Elysée.

L'UMP estime ne pas avoir à payer le déplacement

Selon un responsable UMP de Corse-du-Sud, la location de la salle pour la réunion privée (1000 euros), le cocktail (1500 euros) et le matériel de sonorisation (900 euros) ont été pris en charge par les deux fédérations UMP insulaires et par l'UMP nationale, à hauteur d'un tiers chacune. En revanche, ni l'Elysée ni l'UMP ne revendiquent d'avoir réglé la note du déjeuner avec les têtes de liste corses. Joint par LEXPRESS.fr, le gérant du restaurant traditionnel A Casetta indique avoir envoyé la facture à l'intendant de l'Elysée.

... / ... Le trésorier de l'UMP de Corse du Sud, François Ristorcelli, comme le secrétaire général Franck Giovanucci l'affirment: "La totalité des frais de déplacements revient à l'Elysée. La fédération n'a financé que le meeting à l'hôtel Campo Dell'Oro, puisque Nicolas Sarkozy y était à titre personnel."

Certaines mauvaises langues (dont nous sommes ) signaleront l'opportun déplacement des "voeux à l'Outremer" qui se tenait en janvier 2010 à la Réunion et qui était une "mise en jambe" pré électorale en vue des régionales.

24H00 pour un coût de 1 600 000 €

Transport : 815 000 euros
Invitations : 17 000 euros
Location de salle : 10 000 euros
Climatisation : 50 000 euros
Frais de bouche : 23 000 euros
Hébergement : 13 000 euros

Source Le Post et CLICANOO


Si l'on en croit les ministres concernés, la sécurité coûte cher ! D'ailleurs : "... / .. plusieurs syndicats de police dénoncent un projet visant "à masquer la réduction drastique de leurs effectifs". 9000 postes de policiers et de gendarmes devraient en effet être supprimés d'ici à 2011 ... / ... " - Source JDD

Ce qui n'empêche pas le Chef de l'Etat d'avoir recours de façon impressionnante au forces de l'ordre à chacun de ses déplacements et ce, sans limitation apparente de budget !

Saint Quentin dans l'Aisne

" ... / ... Quelques 1.300 policiers et gendarmes ont été mobilisés mardi soir pour assurer la sécurité du président de la République Nicolas Sarkozy lors son déplacement à Saint-Quentin. Le député PS René Dosière estime ce déplacement à environ 400.000 euros. «C'est un ordre de grandeur», précise-t-il. Pour arriver à cette somme, le député a additionné les coûts du déploiement de 1.300 policiers, CRS et gendarmes (environ 300.000 euros), du déplacement en avion puis en hélicoptère de Nicolas Sarkozy mais également les « frais annexes » tel que le cocktail offert à l'issue du discours et les invitations envoyées à plusieurs milliers de militant UMP" - Source Actualité Française

Daumeray dans le Maine et Loire

" ... / ... Pas moins de 700 policiers et gendarmes ont été mobilisés pour assurer la sécurité du président de la République jeudi 19 février à Daumeray lors d’un déplacement sur la réforme de l’Agriculture. Le petit village de Daumeray, 1 600 habitants a été totalement sécurisé ... / ... Quatre escadrons de gendarmes mobiles venus de Pontivy, Châteauroux, Le Havre et Vanne, un escadron de CRS mais également des hommes du Raid (Unité d'élite de la police nationale), du GIPN (Groupement d'intervention de la police nationale, des fonctionnaire en civil, les hommes du GSPR (Groupe de Sécurité du Président de la République) et un hélicoptère ont assuré le bon déroulement de la visite présidentielle ... / ... " Source Actualité Française

Dernier déplacement en date : Le Haut Doubs, où il vient soutenir Alain Joyandet le candidat de la majorité présidentielle

" ... / ... La durée de cette visite présidentielle est estimée à environ 2h30. Il sera accompagné de Laurent Wauquiez, secrétaire d’État chargé de l’Emploi et d’Alain Joyandet, secrétaire d’État chargé de la Coopération et de la Francophonie. Nicolas Sarkozy se rendra à 11h au lycée technique Edgar Faure à Morteau. Il visitera des sections de formation en horlogerie, métiers d’arts et micro-techniques. A 12h, le Président de la République visitera l’entreprise Schrader, spécialisée dans la fabrication de valves pour les pneumatiques.

A 12h30, le Chef de l’Etat animera une table ronde sur le thème du soutien à l’emploi et à la formation professionnelle à la salle Pourny de Pontarlier. Près d’un millier de gendarmes et de policiers sont mobilisés pour l’occasion ... / .. " - Source Plein Air

Devant le mélange des genres financiers, le PS : "demande que la totalité des dépenses de ces déplacements du chef de l'Etat soit imputée aux comptes de campagne de l'UMP".

Ce qui à notre avis à peu de chances d'aboutir puisque l'UMP, grande donneuse de leçon d'économies budgétaire et gérée par le très pointilleux Eric Woreth a de gros problèmes de trésorerie : " ... / ... Eric Woerth a prévu un nouveau plan de rigueur d’envergure en 2010. Et l’UMP doit aussi compter avec la baisse de ses adhérents depuis 2007. De 370.000, ils sont passés à 253.645 en 2009. Une donnée importante, lorsque l’on sait que les cotisations plus de 5 millions d’euros en 2008 – représentent 10% des sources de financement du parti ... /... " - Source Le Figaro

Allez, les français, soyez beaux joueurs. Et soyez plutôt content de savoir qu'en France la solidarité n'est pas un vain mot ... Du moins en politique !

Et puis de toute façon, le nouveau Président de la Cour des Comptes ne manquera certainement pas de nous donner, dans quelques temps, son avis ... consultatif sur les tenants et aboutissants de ce flou "électoralo financier" ...


Crédit photo Nicolas Sarkozy
UMP

1 commentaire:

HERMES a dit…

Vider le caisses et dire qu'il n'y a plus d'autre choix que de tout vendre, c'est un grand classique de l'ultra libéralisme!