28 novembre 2011

Flexibilité et dégressivité : Les recettes de Xavier Bertrand contre le chômage ?

Xavier Bertrand le reconnaît, l'objectif de 9% de chômeurs à fin 2011 est caduc. Selon lui les solutions passent par une plus grande flexibilité des salariés, et le retour de la dégressivité des indemnités des chômeurs !

Xavier Bertrand vient-il de reconnaître que le : « Je sais que dans le temps, on a dit qu'on avait tout essayé contre le chômage et qu'il n'y avait plus rien à tenter. Je ne partage pas ce fatalisme » lancé par Nicolas Sarkozy lors de son discours de Bobigny en mars 2011, n'était qu'un élément de langage ?

C'est ce qu'on est en droit de penser en lisant ses dernières déclarations sur les chiffres du chômage du mois d'octobre : « (...) Les chiffres ne seront pas bons et chacun sait qu'ils ne peuvent pas être bons à cause d'une crise dont on ne sort pas encore et qui parfois même sur le terrain s'intensifie (...) »

Ce qui signifierait que : « les mesures concrètes pour l'emploi, adoptées par le parlement début juillet 2011 » dont parlait le même Bertrand dans un communiqué ont été, soit sous dimensionnés, soit inadaptées à la situation !

De quoi écorner l'image du « Président qui protège » qui, selon le JDD, mise sur un « rally around the flag » (rassemblement autour du drapeau) pour assurer sa réélection ! Seulement que vaut ce concept, au moment où chaque salarié peut être concerné par une réduction d'effectif, ou une fermeture de son entreprise ? A vrai dire pas grand chose !

D'où la publication envisagée d'un décrêt de remise en place des mesures de chômage partiel. Et une plus grande flexibilité des salariés : « (...) Si l'activité va bien, (il s'agit de) faire travailler davantage et si à un moment donné, l'activité n'est pas bonne, de diminuer le temps de travail (...) »

Par contre, si le ministre admet que l'activité est au plus bas, il n'hésite pas à retrouver le discours habituel de l'UMP sur les « assistés profiteurs passifs d'allocations » pour ... les chômeurs !

En effet, Xavier Bertrand, écrit Le Figaro, se pose la question : « des freins au retour à l'emploi » avec comme exemple : « la réintroduction d'une dégressivité des allocations chômage, incitative à la reprise d'emploi (...) »

Ah bon ! Alors que les entreprises si elles ne licencient pas, ne recrutent plus et que l'état remettrait en place le dispositif de chômage partiel, il y aurait donc pléthore d'emplois disponibles, à condition de réduire le montant de l'indemnisation des chômeurs ?

Cette reprise d'emploi évoquée par Xavier Bertrand ne concerne bien entendu, que des emplois précaires, de courte durée et/ou très mal rémunérés, mais qui auraient l'avantage de faire passer des chômeurs actuellement de la catégorie A vers la catégorie B.

Et dans la mesure où, le gouvernement ne communique que sur la catégorie A, pousser les chômeurs à accepter quelques heures de travail par mois, lui permettrait d'afficher des résultats « encourageants » dans la lutte contre le chômage !

Alors à quand un petit discours, fignolé par exemple, par Laurent Wauquiez sur ces : « assistés qui touchent des indemnités de chômage confortables et probablement supérieures à quelqu'un qui travaille » Prélude à une remise en place de la dégressivité ?

Compte tenu des résultats, prévus par Xavier Bertrand, pour les mois à venir et de la proximité des présidentielles, ça ne saurait tarder ...

3 commentaires:

dominominus a dit…

Pour créer des emplois, il ne faut pas créer de l'activité. Il faut couper les vivres aux prolos.

DJM de Cambrai a dit…

Conséquemment à la misère qui progresse fortement dans ce « beau pays », les truands qui le dirigent (démocratiquement !!!), ne vont-ils pas devoir recruter massivement des gardes du corps ?
Bientôt la privatisation de Pôle emploi, avec pour slogan : « Le travail rend libre » !

Un partageux a dit…

Voilà qui va créer des emplois — bénévoles faut pas déconner — dans les associations caritatives...


http://partageux.blogspot.com