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30 décembre 2023

Je refuse que mon Livret A finance les industries de l'armement !

Le Conseil Constitutionnel vient de retoquer l'affectation de l'épargne réglementée (Livret A, LDDS...) au financement de l'industrie de défense sans toutefois exclure que cette mesure puisse revenir sous une autre forme.

Comme beaucoup de français qui en ont la possibilité, je dispose d'un Livret A et un LDDS (livret de développement durable et solidaire). En ce qui concerne le Livret A, on m'a toujours expliqué qu'il était la principale source de financement du logement social. Ce qui n'est pas exact explique le site MoneyVox : « sur 100 euros placés, seuls 31 euros (31,25% précisément) sont prêtés aux bailleurs sociaux. Soit 174,3 milliards d'euros, sur les près de 558 milliards déposés, fin 2022 »

Pour le LDDS c'est encore un peu plus flou puisque comme l'indiquait Libération  : « 80% des fonds doivent aller à des prêts pour les PME, et 10% à des travaux d'économies d'énergie dans les bâtiments anciens» précisant que : « rien ne garantit que ces PME œuvrent pour l'environnement »

Le graphique ci-dessous devraient vous faire mieux comprendre la répartition de cette épargne

 Nos dirigeants fustigent régulièrement le manque de prise de risque financier des placements des français et souhaiteraient réorienter ou puiser dans cette épargne pour financer des projets n'ayant aucun rapport avec la destination première de l'épargne réglementée (Livret A, LDDS ou du Livret d'épargne Populaire).

Quelques députés proches de la majorité présidentielle ont bien essayé de le faire, il y a peu. En effet, un discret amendement à la loi de finance 2024 (adoptée par article 49.3) consistait à : « autoriser un fléchage d'une partie de l'épargne réglementée vers l'industrie de la défense »

Cette « astuce » a toutefois été rejetée par le Conseil Constitutionnel. Que pensent les français de l'idée de voir leur Livret A financer les industries de l'armement ?

Dans une étude Yougov pour MoneyVox on apprend que  : « ... 54% des Français ne sont pas favorables à cette mesure. Un pourcentage qui grimpe à 58% chez les femmes, contre 49% pour les hommes. Au final, à peine un tiers des personnes interrogées (29%) sont pour l'utilisation d'une partie de l'épargne réglementée pour soutenir la défense »

Après tout, direz-vous, c'est le boulot des banques de financer l'industrie de l'armement.

Hé bien, de moins en moins, nous explique La Tribune. Elles : « … ne montrent pas un enthousiasme débordant pour financer les PME et les startups de l'industrie de défense … Les banques et les établissements financiers sont de plus en plus réticents à financer la BITD (1) (base industrielle et technologique de défense) par peur des sanctions extraterritoriales américaines et par peur des ONG et de voir leur réputation entachée »

En gros, sur le sujet, les banques se convertissent à l'investissement socialement responsable (ISR) contraintes et forcées.Donc, si les banques ont des pudeurs sur le sujet, pourquoi ne pas les remplacer le plus discrètement possible par l'épargne réglementée des français ?

Cette tentative de détournement de l'épargne des français au profit de l'industrie de l'armement est un pur scandale. Parce que si les banques pourraient continuer à choisir de financer ou non cette industrie, cela deviendrait une obligation pour les épargnants français détenteurs de Livret A.

Les épargnants doivent avoir leur mot à dire et pouvoir refuser que leur argent finance des entreprises qui produisent, entre autres, des systèmes d'armes et équipements létaux. Si les députés porteurs de cet amendement persistent, il faudrait en ce cas permettre aux titulaires de l'épargne réglementée d'activer une clause d'exclusion sectorielle comme le pratiquent certains fonds ISR.

Mais plus vraisemblablement, on s'achemine vers une toute autre solution puisque Bruno Le Maire serait plutôt partant pour un « produit d'épargne dédié à la défense nationale ». 

Ceci dit, lorsqu'on connaît le faible engouement des français pour le financement de la défense nationale, rien ne dit que l'idée originelle des députés porteurs de l'amendement à la loi de finance ne revienne sur devant de la scène plus ou moins discrètement. Car si le Conseil Constitutionnel a retoqué la manière, il ne rejette pas le principe sur le fond ...

 

(1) Base industrielle et technologique de défense

 Autres sources : Capital - La Tribune

10 décembre 2012

Coût du travail : Les belles études ( tronquées) du Medef !

Pendant qu'il continue de trainer les pieds aux négociations sur la sécurisation de l'emploi, le Medef continue d'abreuver les français de ses données statistiques censées faire porter sur les salariés et l'Etat la responsabilité du manque de compétitivité.



Même si le Medef s'est félicité du cadeau, sans contre partie, du crédit d'impôt compétitivité, il continue à publier invariablement, des études destinées à prouver qu'il n'y a pas de patrons incompétents, mais seulement des salariés couteux. 

C'est le sens à peine caché de la dernière : " l'analyse de la compétitivité des entreprises françaises " publiée le 7 décembre et disponible sur son site, qui porte le nom de : " Les chiffres du Medef - Novembre 2012 "

La dite analyse de la compétitivité des entreprises françaises n'est en réalité une compilation, partiale, de schémas empruntés : au FMI, aux douanes, à la Banque de France, l'INSEE, Eurostat, et autre OCDE.

Certainement réalisé par le service communication du Medef, il se veut une démonstration de la perte de marché et de compétitivité des entreprises françaises.

Et je dois dire que c'est bougrement bien fait puisque qu'à partir de graphiques tous plus parlants les uns que les autres, on "voyage" du constat de perte de vitesse des exportations françaises, pour passer à la baisse des marges, pour en arriver aux " responsables ", qui sont, dans l'ordre :

1 - le coût de la main d'oeuvre

Peu importe que les salariés français soient considérés, étude après étude  parmi les plus efficaces du monde en termes de productivité, le Medef brandit ses tableaux à la façon de François Lenglet et affirme, graphiques Eurostat à l'appui, que les salariés et l'état coûtent trop cher !

1ere cause : Les " Charges annexes au salaire " !

Sachez que pour établir ce graphique, Eurostat définit le coût horaire de la main d'oeuvre de la façon suivante : " Comprend la rémunération des employés, avec les salaires et espèces et en nature, les cotisations patronales de sécurité sociales, les frais de formation professionnelle, les autres dépenses telles le coût de recrutement et le vêtements de travail, et les taxes sur l'emploi considérées comme coût de main d'oeuvre déduction faite des subventions reçues

Selon ce graphique, en intégrant tous les paramètres d'Eurostat, la France se trouve la plus onéreuse d'une sélection de pays de l'Union Européenne.

De quoi faire sourire plus d'un salarié qui n'a jamais obtenu la moindre heure de formation ni avantage en nature et qui n'a jamais croisé un recruteur professionnel de sa vie !

2eme cause : " Le partage de la valeur ajoutée des entreprises "

Et là, étonnamment, plus de comparaisons avec nos voisins européens mais uniquement des courbes montrant une forte augmentation, de 2007 à 2012, tout d'abord des rémunérations "chargées" soit 3,6%, puis des salaires, qui bien qu'impressionnante en termes de courbe, ne représente en fait que ... 2,6% en 5 ans !

On pourra donc s'étonner que dans le graphique suivant qui représente le : " Partage de la valeur ajoutée depuis le début de la crise ", l'évolution des rémunérations chargée soit de + 10,9% et pas + 3,6%, alors qu'il s'agit de la même période. Mais dans la mesure où aucune explication n'est donnée, il faudra s'en contenter.

On n'oubliera pas de rappeler aux petits génies de la communication du Medef ce qu'est la notion de "charges" si bien expliquée par mon ami Gérard Filoche : " (...) Regardez vos feuilles de paie : ce qu’il y a, c’est un « salaire brut » en haut et un « salaire net » en bas. Expliquez-le autour de vous : dans les deux cas, c’est du « salaire ». Un « salaire net » qu’on touche et que l’on consomme tout de suite. Et un « salaire brut » constitué d’une partie de « cotisations sociales » : c’est une part de salaire socialisé, mutualisé, mise dans un pot commun et redistribuée à chacun selon ses besoins. C’est-à-dire que chacun cotise pour celui qui est dans le besoin lorsqu’il est malade, en accident du travail ou maladie professionnelle, au chômage, en charge de famille nombreuse, en difficulté de logement, ou encore en retraite. C’est un prélèvement volontaire et progressif, avec redistribution égalitaire. Les libéraux haïssent cela (...)

Néanmoins, la conclusion du graphique est que si la part affectée aux salariés a considérablement augmenté, la marge brute des entreprises a chuté au point de faire baisser leur profit net de 3,6% !

Ce qui exclut de facto toute augmentation de salaires et permettrait de justifier les mesures de gel et de flexibilité salariale et horaire revendiquées par le Medef. Flexibilité horaire qui bien entendu permettrait de faire travailler les salariés sans leur payer la moindre heure supplémentaire !

S'ensuit des pages de graphiques sur les finances publiques où la France est la plus mauvaise en termes de dépenses publiques, prélèvements obligatoires et déficit public, l'Allemagne étant dans tous les cas de figure meilleure que le reste de l'Europe.

Par contre, ne cherchez pas, il n'existe pas dans l'empilement de statistiques, de données sur le coût du crédit impôt recherche, sur les baisses de cotisations sociales sur les bas salaires ou sur les commandes publiques dont les entreprises privés sont bénficiaires.

Il n'en existe pas non plus sur la responsabilité des dirigeants d'entreprises qui ont préféré choyer leurs actionnaires plutôt que d'investir dans la recherche et le développement, ceux qui ont laissé vieillir l'outil de travail, le rendant de moins en moins compétitif ou bien ceux qui ont délocalisé progressivement leur production dans des pays à très faible coût de main d'oeuvre.

Le Medef n'en a pas non plus trouvé sur l'utilisation des bénéfices records des grands groupe français qui en 2007 atteignaient 95 milliards d'euro, 50 milliards en 2009 , sans oublier les 80 milliards de 2010 et les petits 46 milliards de 2011 ? 

Pas un mot non plus sur l'endettement et la gestion des entreprises. Car, comme tout le monde le sait, la dette des entreprises est forcément une bonne dette et tous les patrons sont forcement des gestionnaires hors pair ! 

En résumé un parfait document de propagande qui ne trompe personne mais qui en dit long sur le niveau d'intox que le Medef est prêt à utiliser pour flexibiliser à outrance les salariés tout en leur proposant de travailler plus pour ... regonfler les marges des entreprises et continuer de choyer leurs très chers actionnaires !


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03 octobre 2012

Flexibilité et précarité : Jean-François Copé persiste et signe !

Alors que la négociation sur la sécurisation de l'emploi commence demain au siège du Medef, Jean-François Copé indique dans son dernier opuscule, sa vision du monde du travail et du traitement du chômage. Elle ressemble à s'y méprendre aux propositions de campagne de Nicolas Sarkozy qui étaient inspirées ... des demandes du Medef !


Nombreux sont les politiques à réfuter le « contre le chômage on a tout essayé » de François Mitterrand. Force est pourtant de constater que face à des organisations patronales qui se sont de plus en plus radicalisées et dont les adhérents n'ont plus qu'une lointaine ressemblance avec le capitalisme familial qui prévalait il y a quarante ou cinquante ans, il est de plus en plus difficile d'imposer quoi que soit en termes d'emploi.

C'est pourtant ce que tente le gouvernement en poussant les partenaires sociaux à travailler ensemble pour essayer d'aboutir, si ce n'est à un compromis, du moins à un accord sur : d'avantage de souplesse aux entreprises en échange de plus de sécurité pour les salariés

C'est au même moment que Jean-François Copé, le candidat à la présidence de l'UMP, publie son dernier opuscule : « Manifeste pour une droite décomplexée » dont le volet emploi est décalqué sur les demandes du Medef que Nicolas Sarkozy et l'UMP avaient intégrés dans leurs programme.

A savoir :

Instauration de la TVA sociale, pudiquement rebaptisée TVA antidélocalisation, qui ne devrait pas empêcher de dormir ceux qui souhaitent délocaliser leurs productions, mais permettrait un certain nombre de variantes, comme l'expliquait Laurence Parisot : « (...) l'entreprise pourra profiter des baisses de cotisations pour baisser son prix hors taxes, investir, augmenter les salaires... ou conserver sa marge. Pas question de négocier des engagements (...) Il faut laisser la liberté d'utiliser les marges de manoeuvre »

Traduction : Maintien des prix, pas d'augmentation des salaires et une meilleure rémunération pour les actionnaires. Vous noterez au passage qu'il n'est fait aucune référence à l'emploi. Donc la TVA antidélocalisation est un leurre en termes d'emploi ! 

L'instauration d'un contrat de travail unique : Cette mesure figurait au programme présidentiel de 2007 de Nicolas Sarkozy, mais n'a jamais été appliquée. En quoi consiste t-elle ? Eh bien, comme nous l'écrivions en novembre 2010 : « A partager le chômage entre tous ». En gros, l'idée serait de nous reproposer les fameux CPE et CNE. Mais en les réunissant, cette fois, en une même formule ! Et surtout de faire baisser considérablement ... le montant des indemnités dues en cas de licenciement

Traduction : Permettre aux patrons de licencier à leur guise, quasiment sans préavis ! Vous noterez au passage que le volet de sécurisation professionnelle à la mode danoise qui consiste à « recycler » dans les meilleures conditions, les salariés licenciés, à étonnement disparu. Il faudra par conséquent se contenter du séjour plus ou moins long à Pôle Emploi qui, comme tout le monde le sait, a les plus grandes difficultés à faire face à l'afflux de chômeurs.

Mais direz-vous, si licencier devient une simple formalité, le nombre de chômeurs devrait s'accroître, ce qui mettrait rapidement l'UNEDIC en difficulté !

Vous avez raison. C'est pourquoi, Jean-François Copé a décidé de recycler une autre proposition de l'ancien Président candidat : Il prône une formation obligatoire et ... une indemnisation moins longue.

Traduction : Obliger les chômeurs à accepter les emplois qui ne trouvent pas preneurs pour cause de très bas salaires et/ou de temps partiel imposé. En fait nous ressortir la loi n°2008-758 du 1er août 2008 et le décret n°2008-1056 du 13 octobre 2008, qui concerne la procédure de radiation de la liste des demandeurs d’emploi. Dans laquelle on peut lire : Tout demandeur d'emploi qui refuserait, sans motif légitime, et à deux reprises, une offre d'emploi raisonnable. Mesure qui n'a que peu été appliquée par Pôle Emploi dans la mesure où il aurait fallut être capable d'en proposer au moins une !

Formation obligatoire ? Si ce n'était pas aussi pathétique, ça pourrait amuser les salariés qui ont fait un passage par Pôle Emploi et qui ont essayé d'obtenir une formation qualifiante. Mais cette fois-ci, changement de ton, et retour de la belle légende des emplois non pourvus !

En fait, la formation pourrait se résumer aux quelques jours nécessaires pour devenir vendeuse à domicile en lingerie ou vendeur de portes et fenêtres et tout un tas de boulots payés au lance pierre ne durant en général que quelques semaines ou même jours, et qui sont la spécialité d'un certain nombre d'entreprises qui se lamentent de ne pas trouver de candidats.

Quant à savoir si celà permettra aux salariés de se loger ou se nourrir correctement, ça n'est, évidemment pas le problème de M. Copé !  

Et enfin, le (seul) slogan fédérateur de l'UMP : La fin des 35H00, qui est en général suivi de : « Nous ne travaillons pas assez ! » qui fait irrésistiblement penser au : « S'ils n'ont pas de pain, qu'ils mangent de la brioche ! » attribué à Marie-Antionette

C'est d'ailleurs le seul point sur lequel les quelques 5 millions d'inscrits à Pôle Emploi sont d'accord avec Jean-François Copé ! Mais comme nous l'avons déjà expliqué à plusieurs reprises, l'objectif n'est pas d'avoir plus de salariés travaillant 35H00. Mais bien de supprimer toute référence à l'horaire légal de travail pour le remplacer par un temps de travail négocié entreprises par entreprises, dans la limite maximale de 48H00 par semaine. Ce qui permettrait de faire travailler plus longtemps les salariés sans aucune heure supplémentaire. Et bien entendu de limiter les embauches au strict minimum !

Par chance pour les salariés, monsieur Copé et ses amis de l'UMP sont pour cinq ans dans l'opposition et réduits, lorsqu'ils auront terminé leurs primaires pour la présidence de l'UMP et pour la candidature à la présidentielle de 2017, à porter les revendications les plus extrêmes de certains milieux patronaux.

Ce qui, toutefois n'exonère pas le gouvernement et son actuelle majorité de suivre avec la plus grande attention le déroulement de la négociation sur la sécurisation de l'emploi, dans la mesure où le Medef y exigera la mise en place de la flexibilité. Gouvernement et actuelle majorité qui nous l'espérons a fait siens les propos de Michel Sapin, qui a déclaré , il y a peu, qu'il réfutait le terme de flexibilité qui était pour les salariés synonyme de « courber l'échine ».

Pour les salariés, le match ne fait que commencer ...


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22 juin 2012

Pôle Emploi : Déshabiller les uns pour à peine habiller les autres ?

Le plan stratégique de la direction de Pôle Emploi ne satisfait quasiment personne. Il prévoit de différencier le suivi des chômeurs, mais pas d'augmenter des effectifs de conseillers. Devra t-on être obligatoirement chômeur de longue durée pour bénéficier d'un suivi qualitatif ?




Nous avons a plusieurs reprises écrit sur l'impossibilité de faire fonctionner le « grand service de l'emploi » voulut par Nicolas Sarkozy avec un sous effectif chronique. De fait, on ne compte plus les conseillers qui ont a gérer au delà de 250 chômeurs.Cette situation qui désole le personnel de Pôle Emploi et tétanise les chômeurs n'a jusqu'à présent pas trouvé de solution.

Or, le conseil d'administration de Pôle Emploi vient d'adopter jeudi son plan stratégique 2015 dévoilé par le site La Fusion pour les Nuls.

Quelles sont les principales innovations ? 

Au delà du fait que Pôle Emploi pourrait passer des accords avec des sites de petites annonces (Monster). Et utiliser son site comme kiosque permettant aux entreprises de rentrer directement en contact avec les demandeurs d'emploi, la principale innovation serait : « (...) un suivi différencié des demandeurs d'emplois. Les chômeurs de longue durée bénéficieront désormais d'un accompagnement renforcé (...) » la direction de Pôle Emploi indiquant que c'est : « une manière d'alléger le portefeuille des conseillers, qui dans certains cas pouvaient suivre jusqu'à plus de 100 demandeurs d'emploi par mois »

Selon les propres termes François Nogué, le Président du conseil d'administration de Pôle Emploi : « (...) Il nous faut d'abord faire plus pour ceux qui en ont le plus besoin (...) » quant aux autres, ils devront se convertir progressivement d'un accompagnement Web avec : « si nécessaire, un contact physique »

Pour ceux qui sont inscrits à Pôle Emploi, ce discours n'augure, à vrai dire rien de bon ! En effet, après la dématérialisation des courriers qui oblige les chômeurs à disposer ou trouver une connexion internet pour savoir s'ils sont convoqués, et la saturation plus que fréquente et la déhumanisation du 3949, s'ils ne sont pas chômeurs de longue durée, leur isolement risque d'augmenter encore. 

En résumé, on propose de continuer sur la logique du précédent gouvernement : Faire plus avec moins !

C'est d'ailleurs le sentiment des syndicats de Pôle Emploi à qui la direction leur a demandé de se prononcer sur le nouveau plan stratégique.

Et ce n'est pas un franc succès nous dit Libération puisque  : « (...) Consultés sur la partie organisationnelle du plan, qui préconise notamment de différencier le suivi des chômeurs en fonction de leur capacité à trouver un emploi, quatre syndicats ont voté contre : SNU, FO, CGT et SUD, et cinq se sont abstenus : CFDT, CFTC, Unsa, CFE-CGC et Snap (...) »

Que reprochent-ils ?

Majoritairement ils reprochent, comme l'explique la CGT, un manque cruel de personnel : « (...) A défaut d'embaucher massivement des agents pour assurer l'objectif d'un agent pour 60 demandeurs d'emploi, comme cela était prévu à la création de Pôle Emploi, les signataires ont préféré modifier l'offre de service (...) » La CFDT de son côté réclamant : « 5.000 embauches dont 2.000 immédiatement »

De notre côté, nous ajouterons que cette décision est particulièrement perverse. Car, dans l'hypothèse ou les choix de la direction de Pôle Emploi seraient toutefois appliqués, il est clair que pour obtenir un suivi efficace, il faudrait attendre d'être classé chômeur de longue durée.

Mais en termes de suivi efficace, comme l'indique FO rien de rassurant pour ceux qui sont les plus éloigéns de l'emploi puisque semble t-il le projet de la direction de Pôle Emploi est floue sur : « le nombre de demandeurs d'emploi que devra suivre chaque conseiller »

Lorsqu'on connaît la difficulté de remettre dans l'emploi des chômeurs de longue durée, n'est-il pas préférable d'éviter que ceux qui sont inscrits à Pôle Emploi depuis quelques mois se retrouvent en longue durée ? En fait, nous pensons comme le représentant du SNU que ce projet est avant tout : « plus comptable que social »

Il ressemble d'ailleurs aux choix faits par le précédent gouvernement dans le domaine de la santé. Pour des raisons d'économies et d'optimisation, on a diminué de plus en plus les remboursements. Beaucoup de français ont décidé de faire l'impasse sur certains soins, ce qui aboutira pour un certain nombre d'eux, à des pathologies lourdes, plus difficiles à guérir et mille fois plus coûteuses.

Doit-on appliquer cette logique aux chômeurs ?

La balle est donc dans le camps du gouvernement qui pourrait peut être se poser la question du coût (le double) et de la qualité du service des opérateurs privés dont les résultats sont moins bons que ceux du service public de l'emploi. Ce qui permettrait dans ce cas de recruter de nouveaux personnels qui font actuellement défaut à Pôle Emploi.

A suivre ...   

23 mai 2012

Logement social : Lobbying et coups tordus du lobby bancaire contre le Livret A ?

La Fédération bancaire française vient de lancer une opération de lobbying contre l'engagement de François Hollande de doubler le plafond du Livret A en faveur du logement social . Il faut dire que cette mesure pénaliserait surtout leurs autres produits d'épargne !



Dans ses 60 engagements de son projet, François Hollande indiquait : « (...) J’agirai pour que soient construits au cours du quinquennat 2,5 millions de logements intermédiaires, sociaux et étudiants, soit 300 000 de plus que lors du quinquennat précédent, dont 150000 logements très sociaux, grâce au doublement du plafond du livret A (...) » Proposition 22

Ce que concède ... mais conteste la Fédération Française Bancaire : « l'organisme qui rassemble toutes les entreprises bancaires en France » en clair : le lobby bancaire français !

Quels sont les reproches de la Fédération Française Bancaire à cette mesure ?

Tout d'abord que : « Le doublement du plafond du Livret A est une mesure inadaptée » Et pourquoi donc ?

D'après un de leurs communiqués : « Le problème du logement social ne relève pas d'une insuffisance de financement - ce qu'une augmentation du plafond du Livret A chercherait à corriger - mais tient davantage de la rareté du foncier, des prix élevés et de la capacité à construire (...) »

Par ailleurs : « (...) Le doublement du plafond du Livret A représentera un coût supplémentaire pour les finances publiques (...) Les Français vont transférer de l'épargne qui est aujourd'hui fiscalisée sur un produit qui ne l'est pas (...) »

Et comme l'écrit Politis : « Pour conclure son communiqué, le patronat bancaire de la FBF n’a pas hésité à adopter un ton très gauchiste » En effet, la Fédération Française Bancaire n'hésite pas à écrire : « Le doublement du plafond du Livret A avantage les épargnants les plus aisés. En effet, le Livret A ne compte qu'une minorité seulement de détenteurs ayant atteint le plafond de 15300 euros (...)  »

On notera aussi une attaque en règle de François Pérol patron du groupe bancaire BPCE. Pérol qui rappelons le est un ancien secrétaire général adjoint de l'Elysée, nommé par Nicolas Sarkozy, directeur de la deuxième banque de France, issue de la fusion entre les Caisses d'Epargne et les Banques Populaires. Alors que la BPCE est historiquement un des plus gros collecteurs d'épargne de Livret A.

Or, l'argument sur la raretée du foncier est fallacieux dans la mesure où comme le rappelle  Jean-Baptiste Eyraud, de l'Association Droit au Logement (DAL) : « (...) Il a d'abord beaucoup de friches urbaines aux alentours des grandes agglomérations (...) ensuite, François Hollande s'est engagé à livrer des terrains qui appartiennent à l'Etat pour construire des logements sociaux (...) En outre, l'argent du livret A ne sert pas qu'à construire, il permet aussi aux organismes HLM d'acheter des immeubles et de les transformer en logements sociaux (...) »

Ce à quoi Jean-Philippe Gasparotto, le secrétaire général de la CGT Caisse des dépôts ajoute : « (...) Les prêts au logement social financés par le livret A, sont également destinés à la réhabilitation des bâtiments, et notamment à leur réhabilitation thermique (...) »

Mais, soyons sérieux deux minutes. Qu'est ce qui dérange vraiment les banques françaises dans la proposition du Président de la République ?

C'est Politis qui nous donne la version la plus simple et la plus concrète : « (...) la mesure de François Hollande (...) aurait aussi pour effet de réduire les dépôts bancaires et les bénéfices tirés d’une épargne logée dans des fonds, dont les assurances vie (...) Même si elles disposent d’une partie de l’épargne du Livret A (35 à 40 %, environ 40 milliards sans contrepartie et utilisée à des fins spéculatives) et du LDD, les banques seraient ainsi privées d’une partie de leurs ressources, tandis que les assureurs pourraient être déstabilisés par une baisse de leurs encours d’assurance-vie (...) L’enjeu est donc important pour le lobby bancaire et des compagnies d’assurance, de plus opposé au retour à la centralisation de cette gigantesque épargne gérée la Caisse des dépôts (...) le gouverneur de la Banque de France et président de l’Autorité de contrôle prudentiel, Christian Noyer (...) soutient l’idée que le logement n’a pas de problème de financement. Le même gouverneur avait préconisé de ne pas relever le taux de rémunération du Livret A ni du Livret de développement durable en février, alors que l’évolution des prix à la consommation aurait dû le faire grimper à 2,5 %. On voit de quel côté se situe les recommandations de Christian Noyer, lequel préfère soutenir les marchés financiers (...) »

Politis qui conclue par : « (...) Peu importe que plus de 10 millions de personnes éprouvent de graves difficultés à faire face aux dépenses de logement et craignent de le perdre, qu’elles soient accédantes ou locataires (...) »

Effectivement, pour la Fédération Bancaire Française, peu importe ...  


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26 avril 2012

Xavier Bertrand ministre du chômage mais promoteur du « vrai travail » !

Les chiffres du chômage de mars seront mauvais prévient Xavier Bertrand qui, du haut de son incapacité, se fait le chantre du « vrai travail » et préconise des réformes d'envergure ...  à 10 jours du 2eme tour de la présidentielle !





Terminée la « baisse tendancielle de la hausse du chômage » inventée par le Président candidat pour les chiffres du mois de février. Cette fois-ci Xavier Bertrand annonce la couleur : « (...) On aura une situation qui restera difficile, chacun s'en doute, vu la conjoncture économique (...) la situation reste difficile (...) »

En clair, le ministre du travail confirme que la politique de l'emploi du gouvernement est un échec cuisant qui succède à celui de l'engagement pris par Xavier Bertrand le 28 juillet dernier de refaire passer le taux de chômage sous la barre des 9% avant fin 2011

Devant un tel bilan, la plupart feraient profil bas. Ce n'est pourtant pas le cas du Ministre qui appelle à des réformes d'envergures. Expliquant au passage que : « Nicolas Sarkozy est le seul à proposer des mesures puissantes pour faire reculer le chômage » ce qui pourrait faire sourire, si le nombre de demandeurs d'emplois inscrits à Pôle Emploi, n'avait pas dépassé les 5 millions de personnes !

Néanmoins, Xavier Bertrand a souhaité promouvoir la fête du « vrai travail » en opposition avec « l'assistanat » lancée par le Président candidat et qui se déroulera le 1er mai. Attention, déclarations d'anthologie !

« Certains font mine aujourd’hui de s'étonner que nous voulions un rassemblement pour fêter la valeur travail (...) Ni la gauche, ni l’extrême gauche ne nous imposeront un couvre-feu pour nous empêcher de nous mobiliser pour la valeur travail le 1er mai (...) Nous on veut mettre en avant la valeur travail et la différence avec l’assistanat (...) »

Or, il y a quelques heures, Henri Guaino, se rendant compte de l'impact négatif auprès des français, de l'expression « vrai travail », lâchait : « Laissons tomber cette formule du vrai travail (...) Je ne reprends pas le terme » Ce qui nous donnait un réjouissant numéro d'amnésie au Président candidat sur TF1





"Vrai travail" : l'amnésie du candidat Sarkozy


Transmis à Xavier Bertrand qui pourra quand même essayer de tester la formule du « vrai travail » lundi, lors de sa visite à La Réunion où le taux de chômage local en 2011, atteignait 29,5% de la population active !



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Nice Matin

18 avril 2012

Frédéric Lefebvre : Ministre/aspirant député et propagandiste ?

Un ministre en exercice, candidat aux législatives pour les français de l'étranger doit-il dénigrer un des adversaires du Président candidat sortant dans les média étrangers ? En principe non. Sauf Frédéric Lefebvre.

Ne cherchez pas sur l'agenda officiel de Frédéric Lefebvre pour savoir où il se trouvait lundi. En effet, la dernière parution disponible sur le site du Ministère de l'économie, des finances et de l'industrie ne signale que l'agenda du 10 au 11 avril 2012.

Pour le savoir, il suffit de se rendre sur le site French Morning. Celui-ci nous apprend que celui-ci était interviewé lundi par Charlie Rose, un des journalistes stars de New York

Etant reçu, si l'on en croît la vidéo de Bloomberg au titre de : « French Minister of Commerce » , on pourra s'étonner que celui-ci se soit conduit comme ... un simple candidat aux législatives, ce qu'il est au demeurant.

En effet, s'éloignant comme le dit French Morning de la tradition qui consistait à ne pas faire de politique intérieure française à l'étranger, il a expliqué à Charlie Rose le célèbre intervieweur new-yorkais : « (...) à quel point François Hollande est le candidat du passé (the candidate of the past dit-il en anglais). Il assure que le candidat socialiste veut augmenter les impôts ou encore qu’il n’a aucune expérience et que la France risque le crash avec lui (...) »

Cliquez sur l'image pour visualiser la vidéo

Il a profité de l'interview pour affirmer qu'il était : « (...) un supporter de de Barack Obama et qu’il devrait être réélu, avant de se lancer dans un long parallèle entre les deux présidents (...) »

Etonné par l'indécence de la démarche et s'apercevant du coup tordu : « (...) Charlie Rose a lancé tout à coup que tout partisan de François Hollande qui voudrait venir ici avant l’élection est bienvenu (...) »

Transmis à l'équipe de François Hollande qui pourrait, outre faire remarquer que la ficelle de propagande est assez grosse, pourrait bien demander si les contribuables électeurs n'ont pas contribué à l'escapade New yorkaise du ministre ... candidat ... propagandiste !


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Pure People

11 avril 2012

La situation de Pôle Emploi continue de se dégrader un peu plus !

Il y a encore peu, le Président considérait la fusion de l"ANPE et de l'ASSEDIC comme une des plus belles réussites. Une enquête réalisée auprès du personnel de Pôle Emploi montre que loin de s'arranger la situation continue de se dégrader !

Le 18 février 2009, le gouvernement publiait sur son site un communiqué relatif à la fusion de l'ANPE et des Assedic. On pouvait y lire : « (...) La loi du 13 février 2008 relative à la réforme de l'organisation du service public de l'emploi crée un nouvel organisme chargé d'assurer l'accueil, l'inscription, l'indemnisation et l'accompagnement des chômeurs. Chacun d'eux aura un interlocuteur unique et, à terme, les agents s'occuperont en moyenne de 30 demandeurs d'emploi contre 60 actuellement (...) »

Ce tableau idyllique était présenté par un clip toujours disponible sur le portail du gouvernement.

Or devant l'accroissement brutal du nombre de chômeurs à temps complet ou partiel, on est très vite passé à 50, 70 et largement plus de 100 demandeurs d'emplois par agent, pour en arriver comme la conseillère de votre serviteur à plus de 350 dossiers en 2010 !

On ajoutera à cette situation catastrophique une politique du chiffre qui a conduit Pôle Emploi à radier nombre d'inscrits pour des raisons parfois limites comme nous l'expliquions sur Marianne2 et dont le site Recours radiation donne de nombreux exemples.

Sans oublier bien entendu la dématérialisation des courriers envoyés aux inscrits qui dans un premier temps avait déclenché une explosion des radiations administratives

Alors, quelle est vraiment la situation de Pôle Emploi à quelques semaines de l'élection présidentielle ?

Pour le savoir il est nécessaire de prendre connaissance de la consultation nationale Pôle Emploi effectuée auprès du personnel entre le 21 février et le 9 mars 2012 d'où il ressort que : « 63% des agents pensent que la situation de Pôle emploi va plutôt en se dégradant »

Quelques chiffres extraits de l'étude disponible sur le site La Fusion pour les Nuls

Quatre agents Pôle emploi sur dix (39%) seulement estiment disposer des outils pour bien faire leur travail
La motivation au travail a diminué chez 48% des sondés
Pour qualifier leur état d'esprit, l'adjectif confiant arrive en dernière position (7%), loin derrière partagé (27%) et "sceptique" (23%)
45% des sondés réclament d'abord du temps pour gérer les dossiers complexes

Ce à quoi s'ajoute des difficultés en termes d'outil informatique, de documentation, d'objectifs, ...

Sans compter, indique Le Point : « Depuis une enquête sur les risques psycho-sociaux de janvier 2010 menée par le cabinet Isast, dans laquelle près des trois quarts des répondants déclaraient être en situation de travail tendue, il n'y a pas eu d'enseignement tiré, selon Colette Pronost, secrétaire générale du SNU-Pôle emploi »

Alors, que faire au moment où plus de 5 millions de français sont inscrits et que le chômage devrait continuer à augmenter du fait des ruptures conventionnelles toujours plus nombreuses et des plans sociaux retardés par Xavier Bertrand ... pour des raisons électorales ?

Il est clair que ce ne sont pas les 1000 embauches en CDD d'un an promises par le Ministre du Travail, sachant que les premiers recrutements ont commencé en février, qui vont améliorer la situation !

Il est donc plus qu'urgent de redéfinir les missions et l'action de Pôle Emploi. et de changer certaines méthodes comme le propose Michel Abhervé. Tout d'abord mettre fin à certaines méthodes : « (...) les salariés de cette institution qui sont, dans leur très grande majorité, motivés par leur travail soient écoutés, respectés alors qu’ils sont devenus, de plus en plus, des éxécutants, stackhanovistes du reporting, au service d’une hiérarchie hypertrophiée bien peu fonctionnelle (...) Une forme d’”Etats généraux” des salariés devrait être rapidement organisée (...) »

Mais aussi : « (...) permettre une réelle expression des usagers de Pôle emploi, ne prenant pas la forme d’une consultation biaisée pour tenter de démontrer à tout prix leur satisfaction majoritaire (...) »

Nous ajouterons : Que les actuels pouvoirs publics cessent de répéter à l'envie que les demandeurs d'emploi ne font pas assez d'efforts pour sortir de leur condition, afin de récolter quelques voix dans les urnes !

Etude IPSOS/Pôle Emploi

03 février 2012

Sernam : Une nationalisation à peine déguisée, mais ... opportune ?

Après le sauvetage « miraculeux » de l'usine Lejaby, le gouvernement va devoir trouver rapidement une solution pour la Sernam qui emploie 1 600 salariés. Le candidat préféré du gouvernement pour la reprise serait la SNCF dont la Sernam était une filiale ... avant sa privatisation en 2005.

Nicolas Sarkozy grand amateur de privatisations, comme celle de GDF, décidera t-il de procéder à une renationalisation ? C'est ce qu'on est droit de se poser, en apprenant que l'état souhaiterait que la SNCF, qui avait vendu sa filiale le Sernam en 2005, au fonds d'investissement Butler Capital, en redevienne le principal actionnaire.

Il faut dire qu'entre temps, contrairement à l'article élogieux rédigé en 2007 par Le Figaro, les nouveaux actionnaires n'ont pas fait de miracle et que l'entreprise vient d'être placée en redressement judiciaire !

Eh oui, la situation économique a changé et le Président et son gouvernement sont confrontés à deux problèmes : l'accélération des mises en redressement judiciaire et des plans sociaux et la proximité des élections présidentielles. Or, nul ne peut contester que les électeurs seront particulièrement attentifs au taux de chômage lors des prochaines élections.

Jean-Christophe Féraud, du service économie de «Libération» nous donne pour mémoire les récents cas les plus médiatisés : 5 000 suppressions de postes annoncés chez PSA pour 2012, 800 chez Areva, la faillite de SeaFrance (800 emplois), celle de Lejaby et de Petroplus, ... Ce à il faut ajouter ... le dossier Sernam !

Et la Sernam, avec tout le respect du aux 98 ouvrières de Lejaby, c'est une toute autre dimension. En effet, le groupe emploie 1 600 salariés, mais avec les sous-traitants, ce sont 3 000 emplois au total qui pourraient être menacés par une faillite explique un syndicaliste interrogé par Libération

Panique à bord du bateau gouvernemental et mobilisation de pas moins de quatre ministres François Baroin (Economie), Xavier Bertrand (Travail), Eric Besson (Industrie) et Thierry Mariani (Transports) pour trouver une solution avant l'échéance fatidique de la présidentielle. Et dans la mesure ou Bernard Arnault n'envisage pas de reconvertir 1600 personnes dans l'industrie du luxe, c'est tout naturellement vers un des opérateurs publics, à savoir la SNCF que les yeux gouvernementaux se sont tournés.

Geodis, filiale de la SNCF a miraculeusement manifesté dès lundi son intérêt : « Nous allons nous inscrire dans la perspective du redressement judiciaire et faire des propositions » , a annoncé son directeur général Pierre Blayau (accésoirement ancien PDG et liquidateur de Moulinex)

Ce qui est autant étonnant qu'amusant, c'est que la Sernam a été créé par la SNCF en 1970 pour gérer le transport des colis et des bagages, en France et à l'étranger. Et privatisée en 2005 par le gouvernement Villepin dans lequel on trouvait, entre autre, Nicolas Sarkozy, François Baroin et Xavier Bertrand.

Ce sont donc eux qui vont devoir essayer d'arbitrer entre l'offre du groupe Caravelle, spécialisé dans la reprise d'entreprises en difficulté (et qui a déja mis la main sur deux autres entreprises de transport moribondes) et Geodis, branche de la SNCF.

Ajoutons à celà, nous dit l'Expansion que Pierre Blayau : « Dans une interview à L'officiel des transporteurs, en mars (...) avait pourtant déclaré qu'en aucune manière Geodis ne rachèterait Sernam » Et ajoute : « Il semble toutefois que l'intérêt de Geodis pour Sernam réponde plutôt à un souhait du gouvernement qui, dans une période stratégique, tient à sauvegarder des emplois non délocalisables »

Après tout, direz-vous si cette opération de nationalisation à peine déguisée permets aux salariés de conserver leur emploi, pourquoi pas ? Il faut savoir de temps en temps manger son chapeau et reconnaître que le marché et la concurrence peuvent être parfois être les pires ennemis de l'emploi.

Nous espérons que cette nouvelle « opération commando » du gouvernement aboutira et qu'elle pourra rassurer les salariés. Mais, rappelons que le Sernam a été privatisé sur décision de la Commission européenne. On donc peut imaginer aisément, la réaction de la même Commission, dans le cas où une filiale de la SNCF reprendrait le contrôle de la Sernam. D'autant que compte tenu de sa grave situation financière, la SNCF devrait réinjecter des fonds, ce qui sera immédiatement condamné par la Commission Européenne.

Verra t-on dans les jours qui viennent plusieurs ministres faire l'aller et retour entre Paris et Bruxelles pour infléchir les membres de la Commission et essayer de gagner quelques précieux mois entre le rachat et une intervention de la Commission européenne ?

C'est assez probable et ça éviterait au Président et à son gouvernement de trouver un peu de temps avant d'être obligé d'expliquer aux 1600 salariés qu'ils sont victimes de l'incohérence du dogme européen sur la concurrence !

Affaire à suivre ...


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Passion Trains

02 février 2012

Evasion fiscale : Les brillants résultats ... catastrophiques d'Eric Woerth

Qui ne se souvient d'Eric Woerth brandissant rageusement un listing de fraudeurs fiscaux qu'on allait frapper vite et fort ! Résultat, 3 ans plus tard, la Cour de cassation vient d'annuler les perquisitions fiscales dans la mesure où le fichier était volé !

En mars 2009, Eric Woerth annonçait qu'il allait traquer et terroriser les fraudeurs. Pour ce faire, il recevait à Bercy 600 des 23 000 contrôleurs (fisc, douanes, organismes sociaux) exerçant en France pour leur assigner diverses missions dont la chasse aux évadés fiscaux.

A la fin de l'été 2009, Eric Woerth déclarait détenir une liste de 3 000 noms de ressortissants français, possédant des comptes bancaires en Suisse non déclarés à l’administration fiscale française. Puis, on apprenait que les informations avaient été volées par un ancien informaticien de la filiale genevoise de la banque HSBC, réfugié depuis dans le Midi de la France.

Si une majorité de spécialistes émettaient des doutes sur l'utilisation de données dérobées, Eric Woerth était de son côté persuadé de son « bon coup ». Ce qui nous valut à l'époque un savoureux échange entre lui et Jean-François Copé : « (...) Le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale a déclaré dimanche avoir refusé, lors de son passage au ministère du Budget entre 2005 et 2007, de donner suite à une affaire similaire. Eric Woerth a qualifié de navrante la réaction de Jean-François Copé, qui s'est étonné à son tour mardi de l'agressivité du ministre du Budget. Le secrétaire d'Etat au Budget a dénoncé mercredi les réactions d'oie blanche effarouchée de son prédécesseur (...) »

Entre temps, Eric Woerth embourbé dans diverses affaires quittait le gouvernement, et on entendait plus parler de ce listing miraculeux, dont les plus naïfs auraient pu croire à l'efficacité.

Sauf qu'un arrêté de la Cour de Cassation du 31 janvier dernier vient de mettre un point final à l'opération initiée par Eric Woerth. C'est le site Legalis qui nous l'explique : « Un fichier volé ne peut fonder une autorisation de perquisition fiscale, a rappelé la Cour de cassation (...) L’administration ne peut donc pas se servir d’une source illicite, à savoir la liste volée à la banque suisse HSBC de 3 000 clients français, pour opérer des visites au domicile de ces personnes soupçonnées de fraude fiscale (...) »

Au delà de la performance de celui qui fut trésorier de l'UMP et ministre du budget, Libération précise que notre brillant ex ministre, a ouvert une nouvelle porte à certains fraudeurs fiscaux : « Cet arrêt pourrait également être utilisé devant un tribunal administratif pour faire tomber un contrôle fiscal qui a déjà eu lieu. « A partir du moment où un juge a décidé que les fichiers HSBC étaient des preuves illicites pour une perquisition fiscale, rien n’empêche d’autres magistrats de considérer que ces preuves n’ont pas plus de valeur pour un contrôle fiscal ! » remarque un avocat.

Devant un tel professionnalisme, Libération a contacté hier soir Valérie Pecresse qui ... n’a pas donné suite à leur appel ! C'est dommage, car elle aurait peut être pu leur expliquer comment, à défaut de lutter contre l'évasion fiscale, on va constituer un fichier sur la fraude sociale bien plus facile à traquer. C'est vrai, qu'il est assez rare que ceux qui perçoivent les minima sociaux placent leur argent en Suisse et disposent d'avocats talentueux ...


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Le Figaro

01 février 2012

Usine Lejaby : Un sauvetage un peu trop providentiel ?

Il est dommage que toutes les usines qui ont fermé leurs portes n'aient pas été situées dans la circonscription de Laurent Wauquiez. Tout comme il est dommage que le groupe LVMH n'ait pas eu à chaque fois un sous-traitant situé à proximité.

Les Lejaby d'Yssingeaux ne connaîtront pas le chômage ... dans l'immédiat. Ce qui est reconnaissons le une bonne nouvelle pour les ouvrières. La solution de sauvetage a été trouvée par Laurent Wauquiez qui nous dit Le Parisien : « s'est rendu mercredi après-midi à l'usine Lejaby d'Yssingeaux pour annoncer que le site avait un repreneur, un maroquinier originaire d'Issingeaux, qui dirige une entreprise en Auvergne (...) »

Magnifique histoire que celle d'un enfant du pays, parti chercher la réussite à 263 kilomètres, résumée par Wauquiez : « Vincent Rabérin est quelqu'un de chez nous » ayant eu un coup de coeur pour l'usine Lejaby et son personnel puisqu'il : « reprendra l'intégralité du personnel de Lejaby, soit les 93 salariées (...) qui changeront de métier dans la mesure où l'entreprise de Vincent Rabérin fabrique de la maroquinerie de luxe.

Ce qui a permis à Laurent Wauquiez de lancer aux ouvrières de Lejaby : « Aujourd'hui, vous êtes toutes sauvées, c'est une réussite collective »

Bon, ça c'est le beau conte de fées dans lequel le gentil député maire UMP a, grâce à son courage permis à des salariés de conserver leur emploi et de continuer à produire en France !

La réalité est beaucoup plus simple. En effet, Vincent Rabérin, le président de la société SOFAMA n'avait probablement pas imaginé une seconde reprendre l'usine Lejaby. Tout d'abord parce que ses productions sont aux antipodes de la lingerie et peut être aussi parce que les résultats, de SOFAMA ne le prédisposait pas à faire de la croissance externe.

Or, SOFAMA qui indique sur son site Web avoir : « vocation de sous-traitant de l’industrie du luxe » travaille notamment pour un client : Louis Vuitton. Et comme par miracle, pour aider SOFAMA à reprendre l'usine d'Yssingeaux : « (...) Louis Vuitton, s'est engagé à un carnet de commandes sur la durée (...) »

On pourra faire remarquer que Louis Vuitton est une filiale de LVMH dont la branche américaine est dirigée par Renaud Dutreil ancien ministre de 2005 à 2007. Epoque où il croisait régulièrement son collègue ministre de l'intérieur, un certain Nicolas Sarkozy. Certains feront aussi remarquer que LVMH appartient à Bernard Arnault qui n'a jamais caché sa proximité avec Nicolas Sarkozy.

Mais ce serait médire puisque LVMH a publié le communiqué suivant : « Nous sommes fiers de faciliter le sauvetage des emplois et de participer à la bataille pour l'emploi »

Alors, définitivement sauvées les salariées de Lejaby ?

Pas encore, si l'on en croît le Président de SOFAMA qui a déclaré aux ouvrières : « Ce n'est pas de la corsetterie, il faudra vous remettre en question » et le fait que Laurent Wauquiez a obtenu pour l'instant le report de la date du licenciement des salariés d'Yssingeaux à fin février. L'activité devant reprendre au 1er mars (...) »

Pourrons t-elles toutes s'adapter à un nouveau métier, le plus rapidement possible, pour honorer les commandes sur lesquelles Louis Vuitton s'est engagé ? Dans l'immédiat si la question ne se pose pas, que se passera t-il dans 4 mois, c'est à dire après le deuxième tour de l'élection présidentielle ...

Mais pour l'instant, une seule chose compte : « Nicolas Sarkozy avait assuré dimanche, lors de son allocution télévisée, qu'il ne laisserait pas tomber les gens de Lejaby » Alors, du fond du coeur, bonne chance aux ouvrières d'Yssingeaux !

Néanmoins, à la lecture des trop nombreuses annonces de liquidation d'entreprises, il ne reste plus qu'à espérer que le Chef de l'Etat se mobilise de la même façon et que le groupe LVMH ait très souvent envie de : « faciliter le sauvetage des emplois et de participer à la bataille pour l'emploi » ...


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Alvinet

31 janvier 2012

François Fillon et Xavier Bertrand : Parler plus pour ... embrouiller plus ?

Xavier Bertrand reçoit aujourd'hui les syndicats pour évoquer avec eux les accords compétitivité-emploi. Quel intérêt, puisque pour cause d'agenda électoral, le texte ne verra pas le jour avant la présidentielle ?

Xavier Bertrand est vraiment un type extraordinaire. Ce matin sur RTL : « (...) Interrogé sur les accords compétitivité-emploi, M. Bertrand a assuré que c'est une bonne idée qui permet d'adapter dans les entreprises le droit du travail avec des garanties, à la souplesse et à la réalité de l'activité de l'entreprise (...) »

Ajoutant sans la moindre vergogne : « (...) Il y a deux verrous: la loi et l'accord majoritaire dans l'entreprise. Cela fait de sacrés garanties pour les salariés, cela engagera le processus qui est une logique protectrice des salariés (...) »

Peut-on appeler garanties le fait d'accepter une modification unilatérale de son contrat de travail qui va donner lieu à une baisse de salaire sans aucune garantie d'un simple retour à la normale dans le cas ou l'entreprise fait des bénéfices ? A vous de juger !

Alors, parler plus pour embrouiller plus ? Certainement puisque les accords compétitivité-emploi vantés par le Président et son ministre du travail, n'ont ... aucune chance de voir le jour, dans la mesure où, nous explique Le Figaro : « (...) le texte « ne serait pas soumis au Parlement », a reconnu le premier ministre. Les accords compétitivité-emploi ne verront donc pas le jour avant la fin du quinquennat (...) »

Le même Premier Ministre qui lançait le 30 janvier : « (...) Nous pourrions nous en contenter et renvoyer à l'après-campagne les mesures supplémentaires mais la violence de la crise, les engagements que nous avons collectivement pris au sein de la zone euro, la dégradation de la situation économique rendent impossible l'idée d'une pause dans la mise en oeuvre des réformes (...) »

Ce qui signifie également que la lettre que François Fillon doit : « (...) écrire aux partenaires sociaux « pour leur demander de négocier dans les deux mois qui viennent » sur les accords dits « compétitivité-emploi » est une imposture médiatique !

Ce qui devrait provisoirement rassurer les salariés, à qui on annonçait déjà la possibilité de les faire travailler au delà de 35H00 ... gratuitement !

Néanmoins, nos ministres ne s'arrêtent pas en si bon chemin puisque ce matin, Xavier Bertrand se félicitait du «succès instantané » des recrutements de jeunes (jusqu'à 26 ans) dans les petites entreprises ( 0 % de charges). Prouvant clairement qu'on se moque des français ou qu'on les prend pour des enfants en bas âge !

Donc, à défaut de pouvoir faire « travailler plus et gagner moins», les salariés ou de faire passer la moindre réforme, avant la présidentielle, le gouvernement a décidé de : « Parler plus pour embrouiller plus » les électeurs !

Le chef d'oeuvre du premier ministre restant : « (... ) les Français se priveront de mesures extrêmement efficaces pour la compétitivité de l'économie si la gauche l'emporte lors des élections (...) »

Ce qui ne devrait probablement pas angoisser des français, las de ce gouvernement, qui prendront sans nul doute, le risque de refuser les « mesures extrêmement efficaces », suggérée par le Président et ses ministres ... dans 82 jours !


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Le JDD

27 janvier 2012

Lejaby : Symbole du naufrage industriel du gouvernement !

Laurent Wauquiez est mobilisé sur le sort de l'usine Lejaby abandonnée par le repreneur de la marque. Normal, l'affaire se passe dans sa propre circonscription ! Sauf que jusqu'à présent, déclarent les ouvrières : « Wauquiez ? On ne l'a jamais vu ici » !


Bien qu'on puisse lire tous les jours l'annonce plans sociaux en France, l'affaire Lejaby est devenue le symbole de l'échec du gouvernement face à la désindustrialisation. En effet, elle cumule les problèmes du fabriqué en France avec celui de l'âge de salariés qui sauf coup de chance devront survivre en attendant d'obtenir le départ à la retraite !

L'histoire de Lejaby, contée par Le Nouvel Obs est édifiante

« (...) Le fabricant de lingerie Lejaby, tout juste repris par un consortium associant son sous-traitant tunisien, a commencé à délocaliser sa production dès 1992 (...) les délocalisations dans la lingerie avaient démarré dès les années 1970 (...) Il emploie 15 personnes au départ en Tunisie, la montée en charge est rapide (...) Lejaby, qui compte près de 1.200 salariés sur huit sites en Rhône-Alpes et Auvergne, est cédée en 1996 à l'Américain Warnaco. Quatre usines ferment en 2003, avec 250 suppressions d'emplois à la clé. La part de la production réalisée en France descend à 40%. Le groupe autrichien Palmers rachète la société en 2008 et ferme trois usines Lejaby en France en 2010 pour fabriquer dans les pays à bas coûts. Au total, 197 salariés sont alors licenciés. Depuis, 93% de la production était fabriquée à l'étranger, dont 83% au Maghreb et 10% en Asie (...) Restait en France l'usine d'assemblage d'Yssingeaux et ses 93 salariés (...) » jusqu'à l'annonce par le dernier repreneur de la fermeture définitive du dernier atelier français !

Cette fermeture est tombée au plus mauvais moment, pour le Président pas encore candidat, qui « aime les usines » et le gouvernement qui nous avaient boursouflé le cortex avec le retour de la production en France. Ajoutons à celà que l'usine Lejaby est située dans la circonscription de Laurent Wauquiez le défenseur « autoproclamé » des classes moyennes !

Or, si Wauquiez est député de la circonscription depuis 2004, et a donc pu suivre une grande partie des déboires successifs de la marque, les ouvrières de l'usine d' d'Yssingeaux sont formelles, jusqu'à l'annonce officielle de la fermeture : « Wauquiez ? On ne l'a jamais vu ici » C'est d'autant plus remarquable que notre homme a été secrétaire d'Etat à l'Emploi, mais a préféré fustiger les assistés du RSA. Que voulez-vous, on a les priorités qu'on peut !

Mais, présidentielle et législatives obligent, notre député maire ministre a trouvé en très peu de jours : « (...) des contacts avec neuf repreneurs industriels et des contacts très sérieux avec trois (...) »

Que valent ces gesticulations face quatre-vingt-dix femmes et trois hommes qui expriment amertume et colère ? Salariés, à qui on a demandé de réaliser les plus beaux produits, tout en respectant des rendements hallucinants, leur permettant en cas de dépassement, de toucher des primes de ... 2 à 3 euros par semaine. Comme le raconte une ouvrière de la marque au Nouvel Obs

A vrai dire rien, si ce n'est permettre au ministre de plaider pour : la production française et brandir : un protectionnisme européen. Oubliant au passage de préciser que Jean-François Copé le secrétaire général de l'UMP l'a publiquement désavoué indiquant qu'il s'agissait : d'une idée obsolète !

Même si le réveil de Laurent Wauquiez est tardif et opportuniste, il est clair que nous espérons que les salariés obtiendront une solution pour conserver leur emploi et leur dignité. Espérant au passage que ceux-ci ne seront pas soumis ... dans la foulée, à un accord « chantage » compétitivité-emploi, que devrait probablement vanter dimanche, le Président de la République, et qui consiste à travailler plus ... pour le même prix !

Eh oui, ça se passe comme ça chez : « le Président courageux qui protège » et « aime les usines »


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La Montagne

25 janvier 2012

Accords compétitivité-emploi : L'envers du décor du « chantage à l'emploi » !

La TVA sociale que le président essayera de nous vendre dimanche soir, n'est en fait qu'un écran de fumée destiné à masquer les accords-compétitivité-emploi qui vont modifier en profondeur le code du travail au seul profit des entreprises !


Comme vous avez du le remarquer, le dernier élément de langage du gouvernement et de l'UMP, pour faire oublier les chiffres cauchemardesques du chômage est : Restaurer notre compétitivité ! Problème pour les salariés, ils vont le payer lourdement !

Que les salariés ne s'y trompent pas ! La discrétion du gouvernement et l'UMP sur le fonctionnement des accords compétitivité-emploi, est volontaire. En effet, expliquer clairement à quelques semaines de la présidentielle et des législatives que : « (...) cette mesure doit permettre aux entreprises de négocier le temps de travail des salariés en fonction de l'activité du moment (...) En échange d'une garantie de maintien des emplois (...) »

Après négociation avec les représentants des salariés : « (...) trois décisions peuvent être prises : soit augmenter le temps de travail en gardant le même salaire, soit maintenir le temps de travail en baissant le salaire, soit baisser à la fois le temps de travail et le salaire (...) » est assez suicidaire électoralement !

En résumé, le président, le gouvernement et l'UMP vous proposent de : travailler plus ou moins sans toutefois jamais gagner plus !

Belle escroquerie direz-vous ? Et vous aurez raison ! D'autant qu'il existe une face cachée que détaillent 3 avocats en droit social interrogés par L'Express. Ils sont unanimes : Cette mesure suppose de modifier le code du travail en profondeur.

Nous vous conseillons vivement la lecture intégrale et édifiante de l'article de L'Express, dont vous donnons ci-dessous quelques extraits.

« (...) Aujourd'hui encore, l'article L.1222-7 du code du travail autorise la diminution du nombre d'heures dans le cadre d'un accord de réduction de la durée du travail sans que cela ne soit une modification du contrat de travail (...) La seule différence de taille (...) c'est qu'il n'y a pas de baisse de salaire (...) »

« (...) Aujourd'hui le socle contractuel est défini par la loi et la jurisprudence (rémunération, horaires de travail,...). Toute modification contractuelle suppose l'accord du salarié (...) L'idée serait donc de rendre sa force obligatoire aux conventions collectives et aux accords d'entreprise (...) Ils s'imposeraient ainsi aux contrats de travail (...) »

« (...) il faudra fixer avec précision les contreparties possibles : pour les salariés d'une part (maintien de l'emploi ? des contrats de travail ?) (...) Il faudra aussi s'interroger sur le système de surveillance mis en place car le vrai problème est là (...) il faudra des garde-fous, notamment pour savoir jusqu'où il sera possible de baisser les salaires (...) » Et surtout : « (...) à quel niveau pourront être signés ces accords : celui de la branche, de l'entreprise ? (...) »

Mais il y a encore plus grave à notre sens. Il s'agit de la possible requalification du motif de licenciement, en cas de refus d'un salarié de voir modifier son contrat de travail : « (...) Aujourd'hui lorsqu'un salarié refuse une telle modification de son contrat de travail, il s'agit d'un licenciement économique. Ce n'est pas le refus du salarié qui est la cause du licenciement mais le motif de la modification proposée. Il pourrait être décidé que dans ce cas il ne s'agit plus d'un motif économique mais un motif personnel (...) »

En résumé le président, le gouvernement et l'UMP vous proposent de : travailler plus ou moins sans toutefois jamais gagner plus, sans réelles garanties !

Ce qui signifie que l'aventure subie par les salariés de Continental à Clairoix (Oise), dont le site a été fermé en 2010, malgré un accord fin 2007, pourrait devenir une hypothèse courante si les accords compétitivité-emploi étaient généralisés. Car comme le dit avec amertume le secrétaire national de la CGT, Maurad Rabhi : « ces accords n'ont jamais empêché une usine de fermer »

Alors séduits par cette version de la compétitivité qui sachez le, n'est en réalité ... qu'une commande passée au gouvernement par l'UIMM, et le Medef ? En tous cas, c'est bien ce qui pourrait arriver aux salariés au cas ou « le président courageux qui protège » était réélu ! Maintenant, c'est vous qui voyez ...

17 janvier 2012

Sommet social : 73% des français mettent en doute son efficacité !

Si 73% des français interrogés considèrent que le sommet social du 18 n'apportera aucune solution au problème de l'emploi en France, il semblerait que l'état envisagerait de mettre encore plus de pression sur les chômeurs, histoire d'améliorer les chiffres ...

Près des 2/3 des français pensent que le sommet social décrété par Nicolas Sarkozy ne permettra pas de trouver des solutions efficaces pour améliorer la situation de l’emploi en France nous dit une étude CSA / L’HUMANITÉ réalisé du 10 au 12 janvier 2012.

Extraits

A la question : « Vous personnellement, pensez-vous que ce sommet permettra de trouver des solutions efficaces pour améliorer la situation de l’emploi en France ? »

Les résultats sont sans appel

Non pas du tout : 29%
Non pas vraiment : 44%
Total : 73%

Oui tout à fait : 4%
Oui plutôt : 18%
Total : 22%

A noter que si le oui l'emporte à une petite majorité de 50% chez les sympathisants de l'UMP, le non varie de 81 à 96% chez les sympathisants de Gauche, du Front de Gauche, du PS, d'EELV, du MODEM et du FN.

En ce qui concerne les salariés, chômeurs et retraités

« (...) Les actifs, et particulièrement les chômeurs, directement concernés par le sommet manifestent davantage leur scepticisme que la moyenne: seuls 18% d'entre eux pensent que le sommet social aboutira à des mesures efficaces. L’homogénéité de ce doute parmi les salariés est remarquable, et ce qu’ils soient employés par l’Etat ou une collectivité locale (16%), dans le privé (17%) ou encore dans une entreprise publique (20%). A contrario les inactifs y croient un peu plus (28%), et notamment les retraités (29%) »

Ce qui conforte la position de Bernard Thibault le secrétaire général de la CGT qui estimait lundi que le sommet social : « relevait d'un affichage politique pré-électoral (...) Je suis presque convaincu qu'il (Nicolas Sarkozy) a programmé une rencontre avec les organisations syndicales plus pour l'affichage, dans une séquence électorale, que dans une véritable volonté de tirer les enseignements de la situation (...) »

Par contre, du côté du Medef, la « love story » continue avec le Président, puisque Laurence Parisot, se réjouit des idées lancées par le chef de l'état. En effet, quel bonheur pour l'organisation patronale que d'envisager l'application de la TVA sociale, des « accords de chantage à l'emploi » ou de la suppression de l'horaire légal du travail !

Au delà des propositions ou idées déja dévoilées par le gouvernement, un sujet devrait pourtant peser lourd, durant la rencontre du 18 : Celui des plus de 4,5 millions de chômeurs à temps complet ou partiel. Car, si les mesures de chômage partiel ou de « chantage à l'emploi » ont pour but de limiter le nombre de nouveaux demandeurs d'emploi, rien n'indique que la situation de ceux qui sont déja inscrits à Pôle Emploi puisse s'améliorer à court ou moyen terme.

En effet, comme l'indique ce matin Le Parisien, Pôle Emploi, une des réalisations dont notre Président est le plus fier, est au bord de l'asphyxie. Parisien qui indique dans son édition papier que l'état, histoire d'améliorer les chiffres, pourrait essayer de reprendre en main la gestion de l'UNEDIC.

« Ce que Nicolas Sarkozy se gardera bien de dire demain mais qu'il n'écarte plus désormais, c'est la possibilité que l'état reprenne la main sur la gestion de l'UNEDIC (...) la tentation est d'autant plus forte que le gouvernement souhaite avoir les mains libres pour réformer en profondeur et mettre un peu plus la pression sur les demandeurs d'emploi. Notamment en durcissant les conditions d'indemnisation chômage. Une recette impopulaire que plusieurs pays, dont l'Allemagne on déjà mise en oeuvre (...) »

Information à prendre au sérieux dans la mesure où Xavier Bertrand déclarait en septembre 2011 : « (...) notre système d'indemnisation n'encourage pas forcément le retour à l'emploi (...) » et ne se cachait pas de vouloir réintroduire : « (...) une dégressivité des allocations chômage, incitative à la reprise d'emploi (...) »

Plus que jamais, comme nous l'écrivions hier : A vous d’être vigilants et de ne jamais oublier que le slogan de 2007 : « ensemble tout est possible » reste toujours à l’ordre du jour, pour notre plus grand malheur !


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