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25 juillet 2013

Retraites : Le Medef se fout de la gueule des salariés

Les dernières propositions du Medef sur la réforme des retraites sont une insulte aux millions de salariés qui font fonctionner au quotidien les entreprises. Mais, monsieur Gattaz et son organisation semblent assez satisfaits de leurs outrances !



La retraite à 70 ans, ça vous tente ? Hé bien c'est l'une des propositions du Medef pour assurer l'avenir des régimes de retraites.

Comment ça ? direz-vous.

Extrait du communiqué publié sur le site officiel du Medef : « (...) Seul un relèvement de l'âge légal de la retraite couplé à un allongement de la durée de cotisation est susceptible de rétablir durablement l'équilibre du système de retraite en respectant une solidarité intergénérationnelle. D'après les estimations du MEDEF, à horizon 2020, une durée de cotisation portée à 43 annuités et un relèvement de l'âge légal à 63 ans seraient un premier pas susceptible d'engager un redressement de la situation. Il est à noter que, même dans ce cas de figure, la France resterait en deçà de l'âge légal effectif dans les autres pays européens (65 ans, voire 67 ans déjà programmés dans plusieurs pays). A défaut d'agir sur l'âge légal, il conviendra que la durée de cotisation augmente très rapidement pour rétablir un équilibre financier, soit 44 annuités en 2020 » 

Faites un rapide calcul. A condition d'avoir une vie professionnelle linéaire : l'âge moyen pour un premier CDI étant de 27 ans + 44 ans de cotisation = 71 ans. Ce qui n'empêche par le Medef d'écrire : « (...) La pérennité de notre système de retraite par répartition est un enjeu majeur pour notre société. Il importe aujourd'hui que nos concitoyens, et notamment les salariés, aient confiance dans le système actuel et futur (...) »

C'est au nom de ce raisonnement que le même Medef écrit plus loin : « (...) La situation économique dégradée des entreprises françaises rend impossible toute solution visant à augmenter les charges qu'elles payent à moins de choisir délibérément d'augmenter le chômage à terme. Rappelons que les entreprises françaises ont un taux de marge de 28 % contre 40 % pour la moyenne européenne : une augmentation de 0,1 % des cotisations sociales des entreprises représente 2 000 à 6 000 postes détruits à court terme (2015) et 6 à 12 000 postes à long terme (5-10 ans) »

En clair, la solidarité ce n'est pas le problème des employeurs mais seulement celui des salariés. Belle mentalité ! Et le Medef d'ajouter : « (...) Il est donc indispensable, pour notre avenir et pour redonner confiance notamment aux salariés, que la réforme annoncée permette d'équilibrer notre régime de manière structurelle, lisible et transparente (...) » d'où le fameux : « (...) il conviendra que la durée de cotisation augmente très rapidement pour rétablir un équilibre financier, soit 44 annuités en 2020 » 

Mais ce n'est pas tout puisque dans ses propositions le Medef n'oublie pas ses adhérents bancassureurs : « (..) il convient de développer la retraite par capitalisation de manière complémentaire au «système cœur» par répartition (...) Dans le même temps, le taux de remplacement est plus bas chez les cadres que chez les non cadres. Encourager un complément de retraite par capitalisation, notamment chez les jeunes cadres, permettrait donc de leur assurer un meilleur taux de remplacement et donnerait une souplesse supplémentaire pour équilibrer le régime général »

Et Pierre Gattaz, de conclure : « Aujourd'hui, les Français sont inquiets pour leur avenir et celui de leurs enfants. L'incertitude qui pèse sur le système de retraite actuel participe à cette inquiétude. Il est de notre devoir et de celui du gouvernement de tenir un discours de vérité et de proposer des réformes courageuses et ambitieuses qui redonnent confiance à nos concitoyens (...) »

Clairement, monsieur Gattaz et son organisation se foutent de la gueule des salariés et semblent assez satisfaits de leurs outrances ! Car l'angoisse c'est le chômage et la peur de ne pas avoir une retraite suffisante pour survivre. Mais « que diable » aurait pu dire Ernest-Antoine Sellières, l'un des prédécesseurs de Pierre Gattaz : On peut être patron et avoir de l'humour !

D'autant que le Medef n'envisage à aucun moment de s'engager sur le maintien dans l'emploi ou l'embauche des salariés ou chômeurs de 55 ans et plus. Rappellons au passage que l'adaptation des postes de travail où la prise en compte de la pénibilité doit être un autre excellent sujet d'amusement au siège du Medef.

En gros le salarié et son « coût » seraient les seuls obstacles à une France plus compétitive. Mais on n'est pas à une insulte près vis à vis de salariés qui se battent pourtant tous les jours pour faire tourner les entreprises de ce pays. Salariés dont on n'hésite pas à se séparer avec l'aide de la rupture conventionnelle (invention du Medef), ce bel outil qui sert essentiellement à faire payer par l'UNEDIC les dernières années des seniors (58-60 ans) avant l'âge de la retraite !

D'après un reportage réalisé par Rue89 chez Radiall l'entreprise de Pierre Gattaz, celui-ci aurait dit à l'un de ses salariés : « la lutte des classes, c’est terminé » et qu'en termes de dialogue social dans cette entreprise : « Les gens peuvent s’exprimer. Mais ça n’est jamais sur des remises en cause profondes. C’est pour dire qu’Untel s’est mal garé sur la place de parking ». Les salariés français sont maintenant prévenus de la façon dont le Medef de monsieur Gattaz va les traiter ! 


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16 mai 2013

Le Medef prépare déja l'acte II de ... la flexisécurité !

Le projet ANI a peine validé par le parlement, les candidats à la présidence du Medef envisagent déjà un acte II de ce qu'ils qualifient de « flexisécurité ». La course au toujours plus de précarité pour les salariés continue !



La campagne pour l'élection à la tête du Medef bat son plein. le plus prolixe dans les média, est Geoffroy Roux de Bézieux qui vient de présenter son programme, repris par Le Figaro. On y trouve pêle mèle : « (...) un moratoire de trois mois sur les charges sociales (...) la fixation dans l'entreprise de la durée de travail (...) l'allégement du coût du travail, la baisse de la fiscalité des entreprises, la simplification administrative ou la limitation des délais de procédure (...) »

Sur les retraites et l'indemnisation chômage, pas de quartier puisqu'il propose : « (...) le recul de l'âge de départ à la retraite, l'allongement de la durée de cotisation ou encore la désindexation des pensions (...) » Et en ce qui concerne les chômeurs : « une profonde remise à plat du dispositif d'indemnisation: retour à la dégressivité des allocations, division par trois du plafond, réduction du délai(...)

Au delà de l'outrance de ces propositions destinées à rallier les patrons/électeurs les plus durs, on notera cette petite phrase : « (...) il faut aller plus loin que ce qui a été décidé dans l'accord national interprofessionnel du 11 janvier »

Donc, l'accord ANI que Laurence Parisot qualifiait, il y a quelques jours : « d'événement dans l'histoire économique et sociale de notre pays » et ajoutait que le texte donnera aux entreprises des outils pour une « adaptation rapide et sécurisée aux évolutions de leurs carnets de commande et de la conjoncture tout en renforçant la protection des salariés ». serait déja dans l'esprit de ses possibles successeurs, périmé ?

On est en droit de le penser en lisant le dernier billet publié par Patrick Bernasconi, l'ancien bras droit de Laurence Parisot, et autre candidat à sa succession.

Qu'écrit-il ?

« (...) Premièrement, il faut un acte II de la flexisécurité, après l’accord du 11 janvier. Ce nouvel accord devra traiter notamment de trois sujets :

- le temps de travail, qui doit être fixé dans l’entreprise en faisant disparaître la norme générale des 35 heures ;

- des accords compétitivité emploi offensifs – pour aller à la conquête d’un nouveau marché par exemple – et pas seulement défensifs ;

- et l’instauration du « contrat de projet », nouveau contrat dont la durée sera liée à l’accomplissement d’un projet (sur le modèle du « contrat de chantier » dans le BTP)
.

(...) Le gouvernement a annoncé son intention de donner toute sa place au dialogue social : je demande au Président de la République de s’engager clairement à laisser les partenaires sociaux prendre la main dans ces trois domaines. Nous aurons, alors, une véritable obligation de résultats »

Les moins avertis d'entre nous auront remarqué qu'aucune des propositions émises par MM Roux de Bézieux ou Bernasconi ne fait référence à la « sécurité » des salariés prévu dans l'ANI pourtant signé par le Medef.Et compte tenu des dates hypothétiques d'application des droits rechargeables des chômeurs et de la complémentaire santé pour tous les salariés, il est assez probable que c'est la partie « flexibilité » an I et an II que le nouveau boss du Medef essayera d'imposer le plus rapidement possible aux syndicats et au gouvernement !    

Gesticulations et surenchères de candidats ? Certainement. Néanmoins, ces écrits démontrent, si cela était nécessaire, que la vigilance des salariés ne doit surtout pas se relâcher !

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La Croix

13 mars 2013

Le droit du travail, ennemi public n°1 des ultra libéraux de tous poils !

Selon un économiste « libertarien » : le concept de  contrat de travail en France ne : « s’est jamais libéré d’une relation ambiguë avec celle de l’esclavage ». Une théorie bien fumeuse destinée à nous vendre ... la fin du droit du travail, au profit de la liberté de ... la jungle !

Vous avez sans doute entendu à de nombreuses reprises des responsables politiques ou patronaux remettre en cause de façon virulente le modèle économique et social français sans forcément vous demander d'où pouvaient venir leurs arguments.

Prenons un exemple qui fait fureur à l'UMP : Le big bang social défendu par Hervé Novelli et récemment repris par Jean-François Copé. Il consisterait en une réforme globale des contrats de travail et de certains pans du Code du travail, tout en supprimant toute référence légale de la durée du travail.

Et d'où vient cette idée de big bang appliquée à l'économie et au social ? Eh bien, en partie des idées professées par des libertariens économiques (ultra libéraux) qui ont, au travers de quelques think tanks, pignon sur rue auprès de pas mal d'élus de droite et de patrons.

Mais au fait, c'est quoi la doctrine libertarienne ?

D'inspiration américaine, elle s'est fait entendre lors de la présidentielle aux USA où Ron Paul s'était fait son apôtre. Quelques définitions :

André Teissier du Cros Président du Comité Bastille : « (...) Pour un libertarien pur et dur (... ) la seule bonne pression fiscale est de zéro pour cent. Le seul bon Etat est un état inexistant. La société est gérée uniquement par des contrats et par des lois minimales, fondées sur les droits de l’individu et sur la totale liberté d’entreprendre, et aussi figées que les Dix Commandements de Moïse. Dans cette société idéale, les fonctions de l’Etat sont devenues inutiles, ou sont déléguées à des firmes privées »


Wikilibéral : « Les libertariens sont des libéraux radicaux, opposés à l'État dans sa forme contemporaine. Pour eux, les pouvoirs de l'État devraient être extrêmement restreints (minarchisme), ou même supprimés (anarcho-capitalisme) Contrairement à l'idée libertaire, les libertariens ne sont pas pour une société gérée en commun, mais pour une société où les interactions entre les individus découlent de contrats librement consentis, conformément au Droit naturel et à l'axiome de non-agression. (...) »

En clair, si vous n'aviez pas compris : Détestation de l'état, donc, mort aux services publics, puisque le marché a toutes les vertus et, son auto régulation fonctionne à merveille. Et mort à tout ce qui peut ressembler à un assisté puisque : « les libertariens défendent le droit qu’ont ceux qui produisent de garder ce qu’ils gagnent, contre une nouvelle catégorie de politiciens et bureaucrates qui veulent s’emparer de leurs gains pour les redistribuer à ceux qui ne l’ont pas produite »

Si les libertariens ont comme principal ennemi l'état, ils ont aussi, en France, une bête noire : Le droit du travail, qui serait une bête nuisible, empêchant la création ou le développement d'entreprises et, surtout, entretiendrait le chômage de masse.

Prenons pour exemple Philippe Simonnot. Il est vrai qu'à moins de faire partie du petit monde des ultra libéraux addicts, vous ignorez son nom et son oeuvre. Et pourtant, il a fait une conférence à l'Assemblée Nationale le 21 février dernier où il présentait son opuscule : « Chômeurs ou esclaves ? Le dilemme français »



Tout d'abord, sachez que, selon monsieur Simonnot : de l'extrême gauche à l'extrême droite en passant par Charles de Gaulle et même Edouard Balladur, la totalité du monde politique français est anti capitaliste, ce qui les disqualifie à ses yeux.

Mais revenons en à son livre. Que dit-il ?

 Il explique que : « le concept de « contrat de travail » en France ne s’est jamais libéré d’une relation ambiguë avec celle de l’esclavage, ce qui a sans doute en partie légitimé que le marché du travail en France soit hyper-réglementé » Et l'auteur de nous expliquer que : (...)  le contrat de travail n’a pas su, à ce jour, se libérer d’une fiction juridique dans laquelle il s’est enfermé lors de la rédaction du code civil en 1804. La crainte à l’époque était de faire renaître la notion d’esclavage en même temps qu’on donnait au salariat ses lettres de noblesse (...) »

Au delà du concept un peu fumeux, on aura soin de lire les critiques dithyrambiques, publiées notamment par l'Institut Molinari ou le site ContrePoint, tous deux fervents défenseurs du libéralisme sans entraves, qui en ont publié les bon morceaux et qu'ils vous livrent ... avec délectation . Extraits 

Cécile Philippe directrice générale de l'Institut Molinari : « (...) La répugnance des Français a l’égard du travail a conduit à l’empêcher de fonctionner comme un marché où s’y confronterait librement des offres et des demandes, de sorte qu’émergent des niveaux de salaire propre à satisfaire demandeurs d’emplois et offreurs (...) la grande absente du marché du travail est l’approche économique alors que l’échange de travail a pour but premier de satisfaire les envies et besoins des consommateurs et que pour ce faire les échanges volontaires sont sans doute ce qu’il y a de mieux. Car ils permettent d’orienter les ressources, les talents, le travail là où il est le plus nécessaire (...) L'auteur s’attaque au tabou en France de l’existence d’un chômage volontaire. Il explique qu’il est lié notamment à l’existence d’un arsenal d’indemnités et allocations associées au statut de chômeur ou de sans-emploi qui rend d’autant plus dur le retour à une activité rémunérée qu’il faut renoncer à ces avantages qui peuvent représenter plusieurs centaines d’euros. Le calcul peut amener des personnes parfaitement rationnelles à renoncer à prendre un emploi »

Francis Richard sur Contrepoints : « Le salaire minimum, Smic, qui s'applique uniformément en France, "sans distinction d'âge, de lieu, d'activité ou de profession", se situe "au-dessus du salaire qui s'établirait à la suite d'une libre confrontation de l'offre et de la demande de travail non qualifié", avec pour résultats mirifiques une augmentation de l'offre et une baisse de la demande, en conséquence un chômage massif et une proportion toujours plus grande de smicards (...) Face au manque de flexibilité du marché du travail (...) Les entreprises françaises, pour ne pas sombrer, n'ont d'autres possibilités que d'embaucher des immigrés, notamment en provenance d'Europe centrale, de délocaliser ou de substituer du capital au travail (...) L'interdiction du licenciement économique pour améliorer la rentabilité d'une entreprise, a pour but de bloquer la destruction d'emplois et se traduit en fait par le blocage de la croissance et de la création d'emplois (...)  »

A noter également, ce morceau d'anthologie : « À préférer le chômage à l'esclavage, beaucoup de nos concitoyens [...] amplifient la terreur d'être virés dans le camp de ceux qui ont encore un emploi  (...) »

Dites donc braves gens, tout ça ne vous rappelle pas, entre autre, la manifestation autour du « vrai travail » du 1er mai 2012 organisée par Nicolas Sarkozy et l'UMP ?

Qu'y disait-on ?

« (...) le rassemblement sur le Champ-de-Mars s'adresse à "ceux qui travaillent dur, ceux qui sont exposés, qui souffrent, et qui ne veulent plus que quand on ne travaille pas on puisse gagner plus que quand on travaille". "Le vrai travail, ça veut dire les gens qui prennent leur voiture le matin pour se rendre dans leurs entreprises, leurs usines, leurs exploitations, qui travaillent toute la journée, rentrent le soir et ont encore mille choses à faire pour leur famille, pour eux-mêmes, pour gérer leur foyer. C'est la différence avec ceux qui vivent des revenus de l'assistance" à qui "nous voulons demander des contreparties (...) »

Ou le très célèbre : « L'amour est précaire. Le travail doit l'être aussi » sans oublier le non moins célèbre : « Si on libère le licenciement, on libèrera l'embauche » de Laurence Parisot

Alors, prêts pour le bing bang libéral ou prêts à vous battre pour conserver ce qui reste de vos droits ? C'est vous qui voyez ! 


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08 février 2013

Sécurisation de l'emploi : Il s'agissait bien d'un accord de dupes !

Ceux qui croyaient naïvement que l'accord sur la sécurisation de l'emploi signé notamment par la CFDT était du type « gagnant gagnant » vont tomber de haut. En effet, Laurence Parisot va s'opposer à ce que le texte qui doit être présenté aux parlementaires soit réécrit en droit. En clair, la CGT et FO avaient raison lorsqu'ils affirmaient qu'en fait de sécurité, c'était la seule flexibilité qui attendait les salariés.


Le 21 janvier dernier Maurad Rabhi, membre de la direction confédérale de la CGT,en charge des questions d’emploi et du chômage accordait une interview exclusive à Slovar les Nouvelles, où il déclarait : « Les patrons sont les grands gagnants de cette négociation. Les salariés dans leur grande majorité n'ont pas encore pris la mesure rélle de la portée de l’accord du 11 janvier 2013 (...) » Et ajoutait : « (...) Ainsi, on a parlé de formation, de complémentaire santé, de temps partiel, de droits rechargeables pour les chômeurs. Dont les modalités et le délai de mise en oeuvre sont particulièrement flous (...) »

Ce qui contredisait les propos des organisations signatrices de l'accord qui nous expliquaient qu'enfin la flexisécurité à la française était en marche et que, cet accord était « gagnant gagnant » pour les entreprises et les salariés. Or, hier soir, on apprenait que : « Laurence Parisot n'est pas satisfaite de la réécriture de plusieurs dispositions de l'accord, qui modifie l'équilibre général du texte »

C'est à dire ?

Laurence Parisot, qui essaye de faire modifier les statuts du Medef, pour refaire un autre mandat, est en campagne, et veut montrer à ses adhérents, qu'elle est capable de défier le gouvernement et la représentation parlementaire. 

Pour ce faire, elle refuse que le texte issu de l'accord que le gouvernement doit réécrire en droit, pour le soumettre aux parlementaires, intègre la mise en place immédiate de la généralisation des complémentaires santé, ainsi que celle des droits rechargeables (permettant aux chômeurs de conserver leur reliquat de droits à l'indemnisation en cas de retour à l'emploi). 

Comment le justifie t-elle ?

: « (...) Selon le camp patronal, le ministère du Travail a réintroduit la «clause de désignation» dans l'article 1, qui vise à généraliser les complémentaires santé. Exit dans ce cas la liberté de choix laissée aux entreprises, qui n'auraient donc d'autre liberté que de retenir le prestataire jusqu'ici simplement recommandé par la branche. « C'est un casus belli pour nous », martèle-t-on ce jeudi soir au Medef. 

Donc pas d'égalité de traitement des salariés par branches mais un traitement plus ou moins favorable en fonction de l'humeur des patrons de chaque entreprise ! 
 
Autre disposition litigieuse: la mise en place de droits rechargeables pour les chômeurs est à ce stade «obligatoire», alors qu'elle est conditionnée dans l'accord à la réalisation d'études d'impact préalables. «Cela contrevient à ce que nous avons signé», s'insurge-t-on au Medef (...) » nous dit Le Figaro

Mais, direz-vous, on n'est plus vraiment dans le « gagnant gagnant ». C'est exactement ce que nous expliquait Maurad Rhabi lorsqu'il déclarait : Les patrons sont les grands gagnants de cette négociation.

« Cela contrevient à ce que nous avons signé ».  Ce qui laisserait entendre que la CFDT, la CGC et la CFTC, les trois syndicats signataires étaient non seulement au courant mais ont validé ces dispositions. 

En résumé, la fléxibilité est immédiatement applicable mais la sécurité est remise aux calendes grecques ! Car, ne l'oublions pas, le Medef n'a pas caché il y a quelques jours son intention de mettre en place une réforme en profondeur de l'assurance chômage. Et même si la CFDT affirme qu'il n'est pas question de baisser les indemnités de chômage, on est en droit de penser que la sécurisation des salariés est bien mal partie ! Alors, les droits rechargeables ...

Pour donner la dernière touche à ce tableau, il faut noter que l'une des mesures tant vantée par Laurent Berger le secrétaire général de la CFDT : la représentation des élus dans les conseils d'administration des grandes entreprises, est ... également rejetée par le Medef.

Qu'en dit la CFDT ?

Est-elle en colère ? Hé bien non, puisqu'elle déclare un peu gênée : « Nous avions convenu avec le Medef que ces points seraient précisés au Parlement », avoue-t-on à la CFDT. Justement pour donner du grain à moudre aux députés et ne pas leur donner l'impression de n'être qu'une chambre enregistreuse »

Prendre les parlementaires pour des enfants en bas âge et se moquer ouvertement des salariés, il n'a pas à dire, c'est vraiment un accord « gagnant gagnant » qui ressemble furieusement à ... un marché de dupes !

Sources

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10 décembre 2012

Coût du travail : Les belles études ( tronquées) du Medef !

Pendant qu'il continue de trainer les pieds aux négociations sur la sécurisation de l'emploi, le Medef continue d'abreuver les français de ses données statistiques censées faire porter sur les salariés et l'Etat la responsabilité du manque de compétitivité.



Même si le Medef s'est félicité du cadeau, sans contre partie, du crédit d'impôt compétitivité, il continue à publier invariablement, des études destinées à prouver qu'il n'y a pas de patrons incompétents, mais seulement des salariés couteux. 

C'est le sens à peine caché de la dernière : " l'analyse de la compétitivité des entreprises françaises " publiée le 7 décembre et disponible sur son site, qui porte le nom de : " Les chiffres du Medef - Novembre 2012 "

La dite analyse de la compétitivité des entreprises françaises n'est en réalité une compilation, partiale, de schémas empruntés : au FMI, aux douanes, à la Banque de France, l'INSEE, Eurostat, et autre OCDE.

Certainement réalisé par le service communication du Medef, il se veut une démonstration de la perte de marché et de compétitivité des entreprises françaises.

Et je dois dire que c'est bougrement bien fait puisque qu'à partir de graphiques tous plus parlants les uns que les autres, on "voyage" du constat de perte de vitesse des exportations françaises, pour passer à la baisse des marges, pour en arriver aux " responsables ", qui sont, dans l'ordre :

1 - le coût de la main d'oeuvre

Peu importe que les salariés français soient considérés, étude après étude  parmi les plus efficaces du monde en termes de productivité, le Medef brandit ses tableaux à la façon de François Lenglet et affirme, graphiques Eurostat à l'appui, que les salariés et l'état coûtent trop cher !

1ere cause : Les " Charges annexes au salaire " !

Sachez que pour établir ce graphique, Eurostat définit le coût horaire de la main d'oeuvre de la façon suivante : " Comprend la rémunération des employés, avec les salaires et espèces et en nature, les cotisations patronales de sécurité sociales, les frais de formation professionnelle, les autres dépenses telles le coût de recrutement et le vêtements de travail, et les taxes sur l'emploi considérées comme coût de main d'oeuvre déduction faite des subventions reçues

Selon ce graphique, en intégrant tous les paramètres d'Eurostat, la France se trouve la plus onéreuse d'une sélection de pays de l'Union Européenne.

De quoi faire sourire plus d'un salarié qui n'a jamais obtenu la moindre heure de formation ni avantage en nature et qui n'a jamais croisé un recruteur professionnel de sa vie !

2eme cause : " Le partage de la valeur ajoutée des entreprises "

Et là, étonnamment, plus de comparaisons avec nos voisins européens mais uniquement des courbes montrant une forte augmentation, de 2007 à 2012, tout d'abord des rémunérations "chargées" soit 3,6%, puis des salaires, qui bien qu'impressionnante en termes de courbe, ne représente en fait que ... 2,6% en 5 ans !

On pourra donc s'étonner que dans le graphique suivant qui représente le : " Partage de la valeur ajoutée depuis le début de la crise ", l'évolution des rémunérations chargée soit de + 10,9% et pas + 3,6%, alors qu'il s'agit de la même période. Mais dans la mesure où aucune explication n'est donnée, il faudra s'en contenter.

On n'oubliera pas de rappeler aux petits génies de la communication du Medef ce qu'est la notion de "charges" si bien expliquée par mon ami Gérard Filoche : " (...) Regardez vos feuilles de paie : ce qu’il y a, c’est un « salaire brut » en haut et un « salaire net » en bas. Expliquez-le autour de vous : dans les deux cas, c’est du « salaire ». Un « salaire net » qu’on touche et que l’on consomme tout de suite. Et un « salaire brut » constitué d’une partie de « cotisations sociales » : c’est une part de salaire socialisé, mutualisé, mise dans un pot commun et redistribuée à chacun selon ses besoins. C’est-à-dire que chacun cotise pour celui qui est dans le besoin lorsqu’il est malade, en accident du travail ou maladie professionnelle, au chômage, en charge de famille nombreuse, en difficulté de logement, ou encore en retraite. C’est un prélèvement volontaire et progressif, avec redistribution égalitaire. Les libéraux haïssent cela (...)

Néanmoins, la conclusion du graphique est que si la part affectée aux salariés a considérablement augmenté, la marge brute des entreprises a chuté au point de faire baisser leur profit net de 3,6% !

Ce qui exclut de facto toute augmentation de salaires et permettrait de justifier les mesures de gel et de flexibilité salariale et horaire revendiquées par le Medef. Flexibilité horaire qui bien entendu permettrait de faire travailler les salariés sans leur payer la moindre heure supplémentaire !

S'ensuit des pages de graphiques sur les finances publiques où la France est la plus mauvaise en termes de dépenses publiques, prélèvements obligatoires et déficit public, l'Allemagne étant dans tous les cas de figure meilleure que le reste de l'Europe.

Par contre, ne cherchez pas, il n'existe pas dans l'empilement de statistiques, de données sur le coût du crédit impôt recherche, sur les baisses de cotisations sociales sur les bas salaires ou sur les commandes publiques dont les entreprises privés sont bénficiaires.

Il n'en existe pas non plus sur la responsabilité des dirigeants d'entreprises qui ont préféré choyer leurs actionnaires plutôt que d'investir dans la recherche et le développement, ceux qui ont laissé vieillir l'outil de travail, le rendant de moins en moins compétitif ou bien ceux qui ont délocalisé progressivement leur production dans des pays à très faible coût de main d'oeuvre.

Le Medef n'en a pas non plus trouvé sur l'utilisation des bénéfices records des grands groupe français qui en 2007 atteignaient 95 milliards d'euro, 50 milliards en 2009 , sans oublier les 80 milliards de 2010 et les petits 46 milliards de 2011 ? 

Pas un mot non plus sur l'endettement et la gestion des entreprises. Car, comme tout le monde le sait, la dette des entreprises est forcément une bonne dette et tous les patrons sont forcement des gestionnaires hors pair ! 

En résumé un parfait document de propagande qui ne trompe personne mais qui en dit long sur le niveau d'intox que le Medef est prêt à utiliser pour flexibiliser à outrance les salariés tout en leur proposant de travailler plus pour ... regonfler les marges des entreprises et continuer de choyer leurs très chers actionnaires !


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19 juin 2012

Activité économique : Le retour des chantages du Medef ?

Dépités par la défaite de Nicolas Sarkozy et de l'UMP, le Medef voit s'envoler ses rêves de « réforme du marché de l'emploi » et de baisse des cotisations patronales. Ce qu'il espère pourtant obtenir du nouveau gouvernement, plus par chantage que par négociation !




Lorsque les salaires sont bas et qu'on compte plus de 5 millions de personnes inscrites à Pôle Emploi, il n'est pas étonnant qu'on assiste à  : « (...) une chute des carnets de commandes, des tensions sur les trésoreries, un gel des projets d'embauche, la suppression des projets d'investissements (...) » Car, rappelons le, c'est la consommation et non l'investissement des entreprises, qui tire la croissance française depuis des années. 

Néanmoins, ce n'est pas l'analyse de Laurence Parisot qui expliquait, lors de sa conférence de presse mensuelle, que : « les projets de réformes économiques et sociales du gouvernement de Jean-Marc Ayrault se traduisent par « une angoisse palpable et une inquiétude immense chez tous les entrepreneurs »

Et comment le gouvernement peut-il lever « l'angoisse palpable et l'inquiétude immense » ? 

Hé bien en revenant aux fondamentaux du Medef qui ont été rappelés le même jour dans une tribune, publiée sur le site des Echos, par plusieurs grands patrons français. les signataires en sont : Philippe Varin, le président de PSA Peugeot-Citroën, Pierre-André de Chalendar, le PDG de Saint-Gobain, Jean-Yves Naouri (président exécutif de Publicis Worldwide),  Christel Bories (ex-PDG de Constellium), Pierre Gadonneix (ex-président d'EDF), Benoît Potier (PDG d'Air Liquide), Denis Ranque (ex-PDG de Thales)

Que réclament-ils ? 

Tout simplement ce que Nicolas Sarkozy et l'UMP avaient promis au Medef en cas de réélection !

« (...) une réforme du marché de l'emploi (...) Ces industriels souhaitent à moyen terme une flexibilité accrue du travail, à travers des accords de performance (...) »

En clair, ils demandent que soient mis en place les accords compétitivité-emploi défendus par le précédent gouvernement ainsi, bien entendu, qu'une réflexion sur les obligations en cas de licenciement économique, et peut être, même la mise en place progressive d'un contrat de travail unique à droits progressif, qui permettrait de licencier sans motif et à meilleur coût.  Le tout sans aucun engagement sur l'emploi !

On remarquera au passage que Philippe Varin, le président de PSA Peugeot-Citroën signataire de la tribune envisage de fermer son usine d'Aulnay sous Bois (plus de 3000 salariés). Ce qui ressemble à s'y méprendre à un habile chantage, sachant que la fermeture pourrait intervenir fin juillet. 

Il réclament également : « (...) un allègement des cotisations patronales, afin de favoriser une montée en gamme des produits des entreprises françaises (...) »

Traduction : Ils souhaitent que la TVA sociale soit maintenue. Or, comme l'expliquait il y a encore peu Laurence Parisot, nul ne devrait contrôler l'utilisation de cette baisse qui pourrait être affectée au libre choix des entreprises, à une baisse des prix publics, à l'investissement ou rétrocédée aux actionnaires. Alors la montée en gamme ...

C'est justement au sujet des actionnaires que la patronne du Medef est montée au créneau. Elle s'élève violemment contre un probable prélèvement à la source de 3% sur les dividendes versés par les entreprises à leurs actionnaires.

Quel est le problème de madame Parisot ?

Le nouveau gouvernement souhaite inciter les entreprises à réinvestir leurs profits plutôt qu'à rémunérer grassement leurs actionnaires, explique L'Expansion. Pour ce faire, il propose d'instaurer à partir de l'été un prélèvement à la source de 3% sur les dividendes versés par les sociétés à leurs actionnaires.

Or, il faut savoir que les entreprises qui seraient les plus touchées par ce prélèvement sont loin d'être des TPE-PME puisque les plus concernés seraient : « Total (coût de 170 millions d'euros), Sanofi (123 millions), GDF Suez (101 millions), France Télécom (94 millions), EDF (63 millions), Axa (53 millions), L'Oréal (44 millions), Vivendi (39 millions), Schneider (33 millions) et Danone (30 millions). Sachant qu'en 2011, les groupes du CAC 40 ont distribué 45 milliards d'euros sous forme de dividendes et de rachats d'actions. Un montant en hausse de 15 % par rapport à 2010 » Rappelons aussi que ce sont ces entreprises qui payent le moins d'impôts sur les sociétés.

Donc, madame Parisot a attribué au gouvernement des mauvais points : Sur le coup de pouce au Smic et, surtout, sur le projet de taxe sur les dividendes distribués aux actionnaires.

Conclusion : Afin de délivrer de « l'angoisse palpable et l'inquiétude immense » les entreprises (du CAC 40 ? ), il serait nécessaire de précariser (pardon, flexibiliser) beaucoup plus les salariés, augmenter à nouveau l'âge de départ à la retraite, tout en refusant toute augmentation de salaires qui mettrait en cause la compétitivité. 

Pas certain que cette démonstration fonctionne auprès du nouveau gouvernement et de la nouvelle assemblée, du moins pour l'instant. Mais comme Laurence Parisot est persuadée que la pédagogie est répétitive ... 


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07 juin 2012

M6 « Patron incognito » : Patron cherche à vivre le frisson de la vie de ses salariés

A mi chemin entre « Vis ma vie » et « Secret Story » : « Patron incognito » présentée ce soir sur M6 permet à un patron de découvrir la vie de ses salariés. Un grand frisson patronal qui ne l'a pas obligé à vivre avec le salaire de ses collaborateurs.



Verra t-on bientôt à la télévision, Martin Bouygues manier la truelle, Bernard Arnault penché sur une machine à coudre, Henri Proglio réparer une ligne électrique, Laurence Parisot téléphoner à des français pour connaître leur opinion, ou Nicolas de Tavernost le patron de M6 faire l'accueil des visiteurs ?

C'est la question qu'on peut se poser à l'annonce de la nouvelle émission de téléréalité de M6 : « Patron incognito »

Alors que les partenaires sociaux et le gouvernement sont pleinement investis dans la «  conférence sociale » voulue par François Hollande et que les organisation patronales sont toutes griffes dehors contre une augmentation du SMIC, M6 lance ce soir une nouvelle émission de téléréalité qui s'intéresse aux rapport entre patrons et salariés, adaptation d'une émission britannique « Undercover Boss »

En quoi consiste « Patron incognito » ?

Le concept est présenté sur le site web de M6, et ressemble comme l'écrit Libération à s'y méprendre au « Merci patron », le hit des Charlots dans les années 70. C'est le PDG de UCAR qui a accepté de jouer le rôle et qui a été présenté aux salariés comme : « (...) un chômeur de 53 ans en contrat de réinsertion avec Pôle Emploi, ce qui justifie ... la présence des caméras »

Extraits

« (...) Pour la première fois en France, un patron va tenter une expérience incroyable. Il va redescendre en bas de l’échelle et travailler une semaine dans son entreprise, incognito.

Il va abandonner son statut de PDG et son confort de vie pour redevenir un simple apprenti dans sa propre entreprise (...) Pendant cinq jours, le patron sera sous couverture et va apprendre un métier par jour  (...) À la fin de l’expérience, le patron va révéler sa véritable identité. Comment ses salariés vont-ils réagir en découvrant que c’était le grand patron ?(...) En cette période de crise, chaque patron se doit de connaître au mieux son entreprise et les conditions de travail de ses salariés. Pour s’immerger au coeur de sa société, notre patron incognito va travailler dans plusieurs services avec des équipes différentes (...) Au delà de son entreprise, le patron va pouvoir aller à la rencontre de ses salariés sans la barrière du lien hiérarchique. Quelles images se font-ils de l’entreprise ? Adhèrent-ils aux choix de la direction ? Arrivent-ils à concilier travail et vie privée ? ( ...) À la fin de l’expérience, les employés qui ont côtoyé le patron sans le savoir seront réunis au siège. L’heure pour le patron de leur dévoiler un à un sa véritable identité (...) Quelles leçons employés et patron vont-ils tirer de cette expérience ? »

Outre le fait que Jean-Claude Puerto-Salavert le PDG du loueur low cost UCAR s'offre une belle publicité gratuite pour son entreprise, on ne pourra qu'être choqué par la vulgarité d'un tel concept auquel a adhéré ce patron !

Tout d'abord, utiliser ses salariés à des fins de divertissement télévisuel est à notre sens, proprement inadmissible. Car, dans le cas de « Patron incognito » pas de plages de sable fin ou de tentatrices comme dans « l'île de la tentation » mais simplement un employeur qui s'amuse à découvrir le travail qu'effectuent ses salariés pour gagner leur vie. Et qui aura probablement de belles histoires à raconter à ses amis patrons ou DRH le soir au dîner !

De plus, quelle est la valeur de cette immersion pendant laquelle notre PDG a continué à toucher son salaire et au gré de ses déplacements n'a certainement pas eu à se poser la question de trouver un logement décent pour lui et sa famille !

Bien entendu, il n'est pas prévu que les salariés puissent à leur tour s'amuser à jouer au patron d'UCAR. La plaisanterie a ses limites !

Ce programme semble t-il cartonne aux Etats-Unis, et dans une trentaine de pays. Il ne tient qu'à vous de lui offrir un score d'audience déplorable afin de l'envoyer définitivement aux oubliettes de l'audiovisuel ... 



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03 mai 2012

Affaire Viveo : La justice refuse de condamner les « licenciements sans motif économique » !

Depuis plusieurs mois les salariés de Viveo veulent faire annuler un plan social non motivé par des difficultés économiques. S'ils avaient gagné la première manche, leur patron a gagné la seconde. La belle se jouera en Cour d'appel mais sans grand espoir pour les salariés ! 




Patrons, DRH, avocats et syndicats attendaient avec la plus grande impatience la réponse de la justice à une question : « Un juge peut-il revenir sur un plan social s’il considère que les difficultés économiques invoquées par l’entreprise sont insuffisantes ? » Cette question se référait à l'affaire Viveo dont Slovar vous avait longuement parlé

« (...) En mars 2010 les salariés de Viveo France manifestaient contre la mise en place d'un plan de restructuration par la société suisse Temenos qui était en train de les racheter. Le Comité d'Entreprise de Viveo mandatait un expert indépendant pour analyser la situation économique du groupe. Le rapport de l'expert concluait qu' « il n'y avait pas de motif économique au projet de restructuration présenté et visant à supprimer plus du tiers des effectifs de Viveo France. Fort de ces éléments le CE assignait la direction en justice, devant le Tribunal de Grande Instance de Paris, afin que soit prononcée la nullité du PSE (Plan de sauvegarde de l'emploi) en raison de l'absence de motif économique. La direction de Temenos France affirmant de son côté que le PSE était justifié par une perte de compétitivité des produits Viveo sur le marché domestique. Résultat des courses, le PSE de Temenos était annulé, ce qui était confirmé par la Cour d'Appel (...) »

Ce qui mettait en rage un des cabinets d'avocats préféré des DRH qui affichait clairement sa volonté de mettre hors jeu les juges qui vérifient la validité des plans sociaux et lançait ce chantage : « (...) si la Cour de Cassation devait donner raison aux salariés de Viveo, ce serait ouvrir : « la porte à l'interdiction de tout licenciement en France » et nuirait « à l'attractivité de la France et à sa capacité à retenir ou créer des emplois »

Et pourtant, depuis son début, cette affaire n'a quasiment pas été médiatisée. Ce qui est assez extraordinaire lorsqu'on sait qu'elle symbolise un modèle économique et un mode de management méprisants à l'encontre des salariés. 

Or, on apprend aujourd'hui que : « (...) la chambre sociale de la Cour de cassation a invalidé l'arrêt de la Cour d'appel de Paris annulant, pour absence de motif économique (...) »

Ce qui a fait dire au représentant CGT de Viveo que : « (...) cette décision de la Cour de cassation donnait carte blanche pour les licenciements après le 2ème tour de la présidentielle (...) » En effet, après la décison de la Cour de Cassation, les entreprises pourront continuer à alléger leurs effectifs même si elles affichent une excellente santé, dans la mesure où la justice ne s'opposera pas à des licenciements sans motif économique ! Et comme de nombreuses entreprises ont accepté à la demande de Xavier Bertrand de reporter les dégraissages après le résultat du 6 mai ...

L'affaire devra néanmoins être rejugée par la cour d'appel de Versailles qui statuera à nouveau « en conformité avec l'analyse de la Cour de cassation ». Ce qui laisse aux salariés de Viveo peu de chances et beaucoup d'amertume. Et pour tout les salariés français beaucoup d'inquiétude pour les mois et années à venir !

A 3 jours de la présidentielle, la balle est désormais dans le camp des politiques qui devront décider en cas de victoire, si un modèle économique et social qui méprise les salariés, au point d'exiger de ne pas avoir de raison à leur donner pour les licencier, mérite de l'indulgence ou une réelle sanction !   



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17 avril 2012

Même les DRH doutent des « accords compétitivité-emploi » du Medef !

Alors que Laurence Parisot se déclare impatiente de négocier avec le prochain gouvernement les accords-compétitivité emploi rebaptisés « employabilité compétitive », les DRH font part de leur réserve sur l'application d'une telle mesure !

Après avoir déclamé son amour au Président candidat pour son quinquennat, selon Reuters : Laurence Parisot serait « dans les starting-blocks pour la nouvelle législature » Le Medef étant : « impatient d'ouvrir les travaux de la prochaine législature, notamment la protection sociale et les réformes structurelles (...) »

Quelles sont-elles ?

Selon Laurence Parisot : « Quatre chantiers seront abordés : marché du travail et « employabilité compétitive », modernisation du dialogue social, qualité de vie au travail et égalité hommes-femmes, ainsi que protection sociale et grandes réformes structurelles liées à l'avenir de la protection sociale (...) »

« Employabilité compétitive » késako ?

Et bien, c'est semble t-il, une expression plus valorisante et surtout moins compréhensible des « accords compétitivité-emploi » qui se résument par : « baisse temporaire des salaires pour garder son emploi » et plus simplement : un chantage permanent à l'emploi !

En effet, comme nous vous l'avons déjà expliqué, la mise en place de tels accords consisterait à forcer les salariés à accepter un baisse temporaire de leurs salaires pour garder leur l'emploi. De plus : « (...) Ces accords s'imposeraient automatiquement aux salariés, sans nécessité de signer des avenants individuels au contrat de travail comme actuellement (...) »

Ce qui signifierait au passage que les réfractaires, seraient licenciés. Mais, selon le Medef, il ne s'agirait pas de licenciement pour faute ou de licenciement économique, une troisième voie, lui garantissant le versement d'indemnités et le droit à un préavis, restant à trouver ...

C'est dans ce contexte que les DRH de l'ANDRH ont publié leur baromètre « Défis RH», sur les propositions de réformes du marché du travail des principaux candidats à la présidentielle

Ils y évoquent les accords « compétitivité-emploi » qui figurent dans les propositions de Nicolas Sarkozy à l'initiative de l'UIMM et du Medef. Et là, surprise : « Ils sont réservés sur les accords « compétitivité-emploi » avec baisse de salaire, proposés par Nicolas Sarkozy : 19% seulement des DRH les jugent pertinents (...) Les DRH appréhendent de négocier ce type d'accord avec les syndicats, explique Jean-Christophe Sciberras, président de l'ANDRH et DRH France de Rhodia. Ils savent qu'en France il est très difficile de baisser les salaires sauf à passer par le chômage partiel. J'interprète donc leur réponse ainsi : ils trouvent que la mesure est intéressante mais ils savent par expérience qu'elle sera compliquée à mettre en œuvre »

Ce qui en clair signifie : Mesure inapplicable qui risque de déclencher des conflits sociaux ! Mais que les salariés ne se réjouissent pas trop vite, puisque les DRH de l’industrie automobile sont ... 63% à la plébisciter.

Au delà de ce désaccord, les DRH retrouvent le Medef sur un certain nombre de points comme : les exonérations de cotisations sociales, faisant toutefois la fine bouche (48%) sur les contrats de génération proposés par François Hollande, préférant utiliser intensivement les ruptures conventionnelles (81%) pour se séparer de leurs salariés seniors, tout en étant hostile (54%) à un retour à la retraite à 60 ans !

Salariés, vous êtes prévenus, il va falloir être vigilants et ... combatifs !


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Challenge

20 mars 2012

Bien être au travail : Y a encore du boulot !

Alors que Laurence Parisot ne cesse de vanter le bien être au travail, il est indispensable de prendre connaissance d'une étude de la DARES publiée le 16 mars indiquant que le travail en entreprise est toujours plus intense.

Les salariés vont être ravis : « Le 3 avril prochain Le Medef 44 organise et anime avec l'association Market Cadres une Table Ronde sur le thème : Le bien-être au travail : quand l’épanouissement du salarié devient un vrai levier de performance pour l’entreprise ! » Source Medef 44 et Market Cadres

Cette « bonne nouvelle » est à comparer avec l'étude de la Dares (ministère du Travail) publiée vendredi 16 mars dernier, qui montre le véritable état du bien être au travail.

Que dit l'un des passages les plus importants de l'étude ?

« L’intensité du travail est l’une des principales dimensions des facteurs psychosociaux de risque au travail (...) la mesure de ces risques repose sur différentes variables, comme les contraintes de rythme, l’exposition à des objectifs irréalistes ou flous, des instructions contradictoires ou encore des interruptions répétées d’activité (...) la demande psychologique, définie comme la charge mentale qu’engendre l’accomplissement des tâches tend à augmenter entre 2003 et 2010 pour toutes les catégories professionnelles Cette situation qui s’accompagne d’une baisse de la latitude décisionnelle des salariés engendre un net accroissement de la proportion de salariés en situation de « job strain », c’est à dire de « tension au travail »

Pour ceux qui mettraient en doute la valeur de cette étude, la CGT qui a publié l'information précise que : « Ces résultats sont issus du dernier volet de l’enquête SUMER (Surveillance médicale des expositions aux risques professionnels), réalisée en 2009-2010 par 2.400 médecins du travail auprès de 48.000 salariés représentatifs du privé et du public »

Il est à noter qu'en novembre 2009, François Fillon avait demandé à Henri Lachmann, président du Conseil de surveillance de Schneider Electric SA, Christian Larose, président de la section du travail du Conseil économique, social et environnemental, et Muriel Pénicaud, directrice générale des ressources humaines du groupe Danone, de lui proposer des mesures pour améliorer les conditions de santé psychologique au travail.

Ils remettait au Premier Ministre le 17 février 2010, leur rapport sur la prévention du stress au travail « Bien-être et efficacité au travail »

A cette occasion François Fillon a : « (...) insisté sur la priorité qu’il y a à mieux mobiliser les instances dirigeantes des entreprises dans la dimension sociale de l’entreprise en général et dans la politique de santé au travail en particulier. Il est de la responsabilité primordiale des dirigeants d’intégrer le facteur humain dans toutes leurs décisions. La responsabilité sociale des entreprises est d’abord celle de ses dirigeants (...) »

Et depuis, plus rien ! D'ailleurs, une recherche sur l'expression « stress au travail » sur le site du Premier Ministre vous confirmera que la dernière action sur le sujet remonte au 17 février ... 2010 !

Les plus enthousiastes diront qu'il reste encore quelques jours à François Fillon pour nous expliquer de quelle façon il compte s'occuper du bien être des salariés. Les autres pourraient en rire s'il ne s'agissait pas de leur santé !

12 mars 2012

Référendum Sarkozy : Outil de destruction massive des syndicats de salariés ?

Nicolas Sarkozy qui aura passé 5 ans à vanter les vertus du dialogue social alors que celui ci n'a cessé de se dégrader, propose d'utiliser le référendum pour neutraliser les syndicats de salariés. Bel exemple de démocratie sociale !

En octobre 2011 Slovar les Nouvelles vous expliquait comment les organisations patronales concevait le syndicalisme du futur : « (...) le Président de la CGPME régionale affirme : « Quand on a un syndicalisme décadent, il faut le réformer. Celui-ci est trop politique, trop partisan et c'est d'ailleurs pour cela que les salariés ne s'y retrouvent pas » La solution étant selon les organisations patronales : « (...) de favoriser le dialogue avec des personnes représentatives et non plus enfermées dans des bastions » En gros, ce syndicalisme « new look » se limiterait par exemple, à expliquer aux autres salariés pourquoi ils doivent accepter des modifications de leurs horaires ou durée du travail, sans bien entendu, revendiquer d'augmentations de salaires, au nom d'une : « certaine complicité entre l'économique et le social »

Or, à Villepinte, le Président candidat a confirmé qu'en cas de réélection, il aurait recours au référendum au fait que : « (...) les blocages auxquels il a été confronté venaient de certains syndicats (...) qui ont intérêt à l'immobilisme, au conservatisme par crainte d'un monde nouveau qui verrait diminuer leur influence (...) »

En fin de compte, pas de surprise, Nicolas Sarkozy qui n'a jamais voulu imposer quoi que ce soit au patronat est prêt à éliminer toute opposition même légitime à ses réformes en ce qui concerne les salariés !

Ce qui met un point final aux déclarations et engagements que Nicolas Sarkozy a pu distiller pendant son quinquennat !

En 2007, le tout nouveau Président recevant FO et de la CFTC déclarait : « Il n'y aura pas de passage en force sur les dossiers sociaux. Il y aura un respect du dialogue social (...) » Jean-Claude Mailly ajoutant que Nicolas Sarkozy avait : « confirmé qu'il n'avait pas l'intention de faire autrement que de passer par le dialogue social (...) »

La même année, répondant à la CGPME le Président déclarait : « Je souhaite que les cinq prochaines années soient celles d’une revitalisation profonde du dialogue social, parce que je suis convaincu que le temps de la démocratie sociale n’est pas un temps perdu… »

En 2008, il se félicitait d'avoir : « (...) en l’espace de quelques mois, trouvé avec les syndicats des solutions à des problèmes que personne n’avait su résoudre auparavant (...) » vantant son bilan en matière de dialogue social dans une tribune parue dans Le Monde, dont le Nouvel Obs reproduisait des extraits

« Le chef de l’Etat voit dans le récent accord sur la représentativité des syndicats l’annonce de la refondation complète de la démocratie sociale qu’il appelle de ses vœux. Le dialogue social engagé avec les partenaires sociaux depuis un an est un succès (...) Nicolas Sarkozy attribue ces succès à sa méthode consistant à construire un agenda social partagé avec les syndicats et le patronat (...) Le président dit son estime aux dirigeants syndicaux et patronaux, qu’il a pris l’habitude de rencontrer très régulièrement depuis son élection. Nous avons parfois des divergences, mais notre dialogue est toujours franc (...) Je crois à la nécessité des réformes. Je crois à la vertu et à la force du dialogue social. Je crois au rôle éminent de la convention collective à côté de la loi. Je crois à l’esprit de responsabilité des partenaires sociaux (...) »

Donc, en 2012, les syndicats sont devenus des empêcheurs de tourner en rond, et le dialogue social un handicap qu'il est urgent d'éliminer, en ayant recours à un référendum, dès que le gouvernement aura la certitude que les syndicats refuseront de signer ... ce qu'on leur présente !

Référendums qui porteront immanquablement sur la liquidation progressive des droits des salariés. Par contre, l'égalité salariale homme femmes, le respect du nombre de salariés handicapés ou âgés, l'abus de contrats de travail précaires qui relèvent des employeurs seront bien entendu, exclus de toute consultation référendaire !

Eh oui, la compétitivité de la France serait à ce prix ! Néanmoins, ce sera aux salariés de dire, dans 41 jours s'ils adhèrent à cette vision du dialogue et de la démocratie sociale ...


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Paris Match

05 mars 2012

Egalité hommes femmes : L'éternelle découverte de Laurence Parisot ?

Régulièrement, Laurence Parisot brandit son combat pour l'égalité professionnelle hommes femmes. Au point qu'on finit par se demander si elle dirige le Medef dont les adhérents ne semblent pas vraiment concernés !

Si Laurence Parisot est volontairement discrète sur le nombre de ruptures conventionnelles qui ont atteint un record, ou sur les accords de chantage à l'emploi que l'UMP essaye de faire passer avant les présidentielles, elle est volontiers diserte sur les discussions sur la « qualité de vie au travail » auxquelles vont participer syndicats de salariés et patronaux.

C'est au cours de ces discussions que sera évoqué un de chevaux de bataille de madame Parisot : L'égalité professionnelle hommes-femmes. Elle s'en explique : « (...) l'organisation patronale compte notamment mettre l'accent sur l'égalité des chances en matière de progression de carrière car c'est là la clef de l'inégalité des salaires (...) On propose moins d'opportunités aux femmes qu'aux hommes dans l'entreprise (...) dans le cadre de ces négociations, je proposerai de créer un indicateur de taux de promotion hommes-femmes (...) »

Le 27 juin dernier, nous avions consacré un article aux déclarations de Laurence Parisot qui lançait avec l'UMP, à l'époque un vibrant plaidoyer pour l'égalité hommes-femmes.

Nous écrivions : « (...) d’après le rapport du Forum économique mondial de Davos de 2010, la France est classée au 127ème rang sur 134 pays en matière d’égalité salariale entre les hommes et les femmes, derrière le Kenya ou le Kazakhstan ! Malgré la volonté du législateur, l’égalité professionnelle est rarement une orientation stratégique au sein de l’entreprise. On constate même aujourd’hui des signes de régression (...) Le constat actuel est implacable : les femmes représentent 51% de la population française, 47% de la population active mais 82,2% des travailleurs à temps partiel et les écarts de salaires entre les hommes et les femmes sont encore de 19% (...) » Ne cherchez pas, il est disponible sur le site Web Projet UMP 2012 !

Si le sujet de l'égalité hommes-femmes n'était pas si important, on pourrait, avec humour, déplorer, que la droite parlementaire et le Medef, ne soient pas aux commandes ... de la société française et de ses entreprises

En effet, qu'est ce qui a empêché Laurence Parisot, Présidente du Medef depuis 2005, d'imposer aux entreprises adhérentes au Medef, l'obligation d'une véritable égalité hommes-femmes ?

Car en ce qui concerne : le refus des augmentations de salaires, du partage de la valeur ajouté, du refus de quotas d'apprentis, ou de l'assouplissement des licenciements, elle a montré qu'elle savait traiter les salariés hommes et femmes de la même façon !

Que n'a t-elle mobilisé son mouvement contre la situation décrite par l'UMP : « (...) les femmes connaissent un risque accru d’être des « outsiders » sur le marché de l’emploi (...) Elles passent de plus ou moins longues périodes sur le versant « précaire » du marché de l’emploi et représentent 82,2 % des travailleurs à temps partiel (...) »

Et lorsqu'on lui demande s'il faut : En passer par une loi pour codifier les rapports hommes-femmes dans l’entreprise, pour mettre fin aux comportements anormaux et aux injustices flagrantes, elle n'hésite pas un instant : « (...) Les lois existent déjà. Sans une prise de conscience et une adhésion générale, elles ne seront pas appliquées. Oui, il faut normaliser mais plutôt par des codes, des principes, des chartes de bonne conduite dans les entreprises, petites et grandes, ou grâce à des formations qui expliquent ce qu’il convient de faire et d’éviter, y compris dans les administrations (...) »

Et oui, avec le Medef, c'est une habitude : Tout commence par un débat pour finir par ... un code de bonne conduite.

Ne reste plus qu'à attendre la fin des discussions pour savoir si les nouvelles « proposition innovantes » de Laurence Parisot se résument une fois de plus à éviter une intervention des élus de la nation et leurs éventuelles sanctions ou pénalités ...

22 février 2012

Plans sociaux : Les DRH veulent-ils interdire le contrôle des juges ?

Un des cabinets d'avocats préféré des DRH s'agace du rejet par la justice de certains plans sociaux appliqués par des entreprises florissantes à leurs filiales déficitaires. Sa proposition : Mettre hors jeu les juges qui vérifient la validité des plans sociaux !

Les plans de sauvegarde de l'emploi plus connus sous le nom de plans sociaux se sont succédés à cadence élevée ces derniers mois, faisant monter le chômage à son plus haut.

A tel point que, révélait François Chérèque sur Public Sénat les services de Xavier Bertrand : « (...) appelaient en ce moment les grandes entreprises pour leur enjoindre de reporter d’éventuels licenciements après l’élection présidentielle. Précisant : « Des chefs d'entreprise et DRH me disent que toutes les semaines, le ministère leur téléphone pour leur dire qu'ils reportent à plus tard leurs plans s'ils avaient des intentions de licencier (...) »

Même si le ministre a démenti ce matin sur Europe1, il est clair que le cauchemar des salariés n'est pas fini et que la dernière solution à l'annonce d'un plan social reste la justice, capable dans certains cas de l'interdire.

C'est justement cette particularité que le cabinet Avosial, présenté par Le Figaro comme le : « très influent syndicat des avocats en droit social » et qui se définit comme des : « spécialistes de droit du travail conseillant et défendant au quotidien les entreprises » voudrait bien voir disparaître.

En effet, le syndicat a écrit aux candidats à l’élection présidentielle, pour les alerter sur : « une tendance judiciaire qui remet en question la procédure de licenciements économiques en France ». Le syndicat considère en effet que l’affaire Viveo, qui sera examinée par la Cour de cassation le 28 février 2012, est emblématique de cette tendance récente qui vise à rendre impossibles les plans de sauvegarde de l’emploi.

Affaire Viveo ?

Le Monde Informatique nous l'expliquait : En mars 2010 les salariés de Viveo France manifestaient contre la mise en place d'un plan de restructuration par la société suisse Temenos qui était en train de les racheter. Le Comité d'Entreprise de Viveo mandatait un expert indépendant pour analyser la situation économique du groupe. Le rapport de l'expert concluait qu' « il n'y avait pas de motif économique au projet de restructuration présenté et visant à supprimer plus du tiers des effectifs de Viveo France» Fort de ces éléments le CE assignait la direction en justice, devant le Tribunal de Grande Instance de Paris, afin que soit prononcée la nullité du PSE (Plan de sauvegarde de l'emploi) en raison de l'absence de motif économique.

La direction de Temenos France affirmant de son côté que le PSE était justifié par une perte de compétitivité des produits Viveo sur le marché domestique.

Résultat des courses, le PSE de Temenos était annulé, ce qui était confirmé par la Cour d'Appel. Le dernier round doit avoir lieu à mi mars où la Cour de Cassation Sociale tranchera définitivement sur la validité ou non du PSE.

Et comme l'écrit Le Figaro les arrêts de la Cour de Cassation donnent régulièrement des sueurs froides à tous les DRH de France et au cabinet Avosial. Celui-ci vient d'écrire un lettre aux candidats à la présidentielle pour leur demander de se déterminer sur ce qu'il appelle : « une immense insécurité pour les employeurs, PME ou grands groupes, français ou étrangers »

Ses arguments pourraient faire sourire s'il ne s'agissait pas du sort de salariés : « L'immense majorité des restructurations vise à pérenniser une activité et non à faire des bénéfices pour augmenter la capitalisation » et ajoute que si la Cour de Cassation devait donner raison aux salariés de Viveo, ce serait ouvrir : « la porte à l'interdiction de tout licenciement en France » et nuirait « à l'attractivité de la France et à sa capacité à retenir ou créer des emplois »

Eh oui, ce qui ennuie le cabinet d'avocat de nombreux DRH, ce ne sont pas les décisions par lesquelles les tribunaux donnent raison à leurs clients, mais les cas où ils donnent raison aux salariés ! C'est pourquoi, ils pensent qu'il serait plus agréable d'être débarrassé de juges incapables de comprendre la formidable opportunité que représente : « Un plan social d'entreprise mondialisée dont la filiale française rencontrerait des difficultés »

Même s'il est assez improbable que les principaux candidats se penchent dans l'immédiat sur cette requête scandaleuse, rien de dit que cette proposition ne puisse pas figurer, à terme, dans un catalogue de mesures ... destinées à relancer l'emploi.

Salariés, la plus grande vigilance reste de mise !


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Nicolas Vial

17 février 2012

Contrat social ou Pacte social : Enjeu de société pour les salariés !

Les organisations patronales se sont engagés dans la campagne présidentielle. On ne compte plus leurs argumentaires justifiant la flexibilité ou la casse du code du travail. La CGT a décidé de leur répondre point par point. Attention choix de société !

Dopés par la proximité de la présidentielle les organisation patronales ne cessent directement ou par le canal des élus de l'UMP de nous expliquer que les maux des entreprises sont dus : Au coût du travail, au 35H00, à la rigidité du code du travail qui ne permet pas de licencier sans entrave, à l'impossibilité de moduler les salaires à la baisse en cas de moindre activité. Et en ce qui concerne les chômeurs : A la non dégressivité des allocations chômage.

Tout ceci, à l'UIMM porte le « joli » nom de « Pacte social pour une industrie compétitive »

On y apprend, entre autre que l'UIMM : « (...) réclame qu'on lui livre des salariés disposant au minimum d'un socle de connaissance de base. En gros savoir lire, écrire, compter, s'exprimer en anglais, maîtriser les TIC (...) » Qu'en ce qui concerne les licenciements, elle : « (...) réclame une sécurisation juridique et un allégement de ce qui relève du licenciement économique (...) » Et pour ces assistés de chômeurs, elle propose d'offrir : « Une prime à ceux qui se remettent en selle rapidement, avant épuisement de leur droit (...) » tout en réclamant une dégressivité des allocations afin de motiver les salariés à une reprise rapide !

Face à ces allégations et provocations, dont la plupart figureront au programme du Président candidat, il était nécessaire que les syndicats de salariés apportent leurs réponses à ces arguments. C'est la CGT qui a décidé de s'y coller au travers d'un questions/réponses fort intéressant

Le coût du travail en France est-il trop élevé ? : « Les chiffres sont têtus. La Cour des comptes affirme que le coût du travail en France, compte tenu de la productivité horaire, se situe en dessous de la moyenne de celui de l’Union européenne (...) »

Les Français ne travaillent-ils pas assez ? : « En 2009, un salarié français travaillait en moyenne 39,4 heures par semaine, un Italien 39 heures, un Danois 37,7 heures… la moyenne de l’Union européenne à 15 et à 27 étant fixée à 40,4 heures (...) »

Le droit du travail est-il trop rigide en France ? : « (...) Les études comparatives publiées par l’OCDE ont mis en évidence qu’un pays doté d’une législation protectrice pouvait avoir un taux de chômage plus faible qu’un pays doté d’une législation plus souple, et inversement (...) »

Faut-il baisser les salaires pour préserver l’emploi ? : « (...) l’expérience montre que les garanties sur l’emploi restent virtuelles, quand les sacrifices consentis par les salariés sont bien réels. Que sont devenues les promesses tenues lorsque l’entreprise a mis la clef sous la porte ? Les salariés de Continental à Compiègne en savent quelque chose : ils se sont serré la ceinture et ont été licenciés quand même (...) »

Les chômeurs sont-ils des assistés ? : « (...) Moins de la moitié seulement est indemnisée par le régime d’assurance chômage, moyennant une rémunération moyenne de 1 122 euros par mois. Les autres perçoivent, dans le meilleur des cas, les minima sociaux comme l’allocation spécifique de solidarité ou le revenu de solidarité active (...) »

Belles différences d'interprétations direz vous! Surtout que celles-ci définiront à cour terme l'avenir de notre modèle social. A vous d'être vigilants et de bien lire les programmes des candidats avant de déposer votre bulletin de vote dans l'urne !

29 janvier 2012

Travailler plus et gagner moins : Le nouveau slogan de « Sarkozy 2012 » ?

Ceux qui se lèvent tôt et avaient été séduits en 2007, par le travailler plus pour gagner plus, vont découvrir à leurs dépends qu'il vont bien travailler plus ... mais gagner moins. Du moins au cas où ils feraient confiance au président ... pas encore candidat !

Comme aurait dit Coluche, c'est l'histoire d'un mec qui après avoir expliqué aux salariés que les 35H00 les ont appauvris, va leur expliquer qu'ils pourraient travailler 37 ou 39 H00 payées 35 !

Traduction de Xavier Bertrand : sortir de l'esprit des 35 heures, sans faire payer à nouveau la facture aux ouvriers et aux salariés !

Traduction de l'Express : Il pourrait s'agir, dans les entreprises en difficulté, de mettre en place des mécanismes de baisse des salaires pour éviter les licenciements. Le temps de travail pourrait également dépasser les 35 heures hebdomadaires sans augmenter le salaire

Mais d'où vient cette idée saugrenue ?

Eh bien tout simplement de l'UIMM, premier contributeur au budget du Medef !

L'UIMM qui a ni plus ni moins rédigé pour le gouvernement ses préconisations dans : Le «Manifeste pour l'industrie» dont Slovar vous parlait en mai 2011.

A l'époque dans un document préparatoire, on pouvait lire : « (...) donner plus de marges de négociation aux partenaires sociaux dans l'entreprise, en permettant via un accord collectif d'«ajuster temporairement la durée du travail et les rémunérations des salariés, à la hausse comme à la baisse, en fonction de la conjoncture». Bref, pouvoir augmenter salaires et temps de travail quand l'entreprise fait face à une hausse temporaire de ses commandes… et les baisser en période de vaches maigres (...) »

A comparer avec les accords compétitivité-emploi dont devrait nous entretenir le Président ce soir et dont François Fillon faisait il y a peu la publicité aux députés UMP. Xavier Bertrand de son côté lançait publiquement : « (...) quand ça ne va pas bien [pour l'entreprise], on peut adapter le temps de travail, s'il y a une garantie pour l'emploi, et travailler par exemple 30 heures seulement, pas forcément payées 30 heures (...) »

Ce qui est expliqué par Jean-François Copé de la façon suivante : « La mondialisation oblige la France à plus de compétitivité, à plus d’innovation, à plus de solidarité, à plus de discipline budgétaire, à plus de réactivité internationale, et tout cela exige du courage, de la clairvoyance et de la fierté nationale (...) »

Nul doute que les salariés apprécieront le « courage » de ... dupliquer les demandes des organisations patronales ! Et d'apprendre par la même occasion que « président courageux qui protège » a d'ores et déjà choisit ceux qu'il souhaitait protéger en cas de deuxième mandat !


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Le Post