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06 juillet 2012

Primaires : A l'UMP, la confiance règne ... assez peu !

Roselyne Bachelot n'aurait-elle pas confiance dans les instances de l'UMP qui devraient se charger de la future primaire. En effet, elle vient de lancer un appel au ministre l'intérieur pour organiser et surveiller le futur déroulement de primaires ! 




Dans la bataille générale qui règne à l'UMP pour savoir qui en sera le président et le prochain candidat en 2017, on ne compte plus les déclarations fracassantes ni les menaces de candidature. Néanmoins, le combat final devrait se jouer entre les pro Fillon et les pro Copé.

Si François Fillon a attaqué Jean-François Copé sur son bilan, les accusations de mollesse du second par rapport au premier n'ont pas tardé à fuser ! Rachida Dati continue de son côté à pilonner Fillon, tandis que Xavier Bertrand, NKM, Laurent Wauquiez ou Roselyne Bachelot défendent toutes griffes dehors l'ancien Premier Ministre.

Le dernier coup d'éclat nous vient de Roselyne Bachelot qui, rappelons le, a publié un livre sur la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, ce qui lui a valut les foudres et la grossiereté d'Henri Guaino. Contre toute attente, elle vient d'adresser une lettre ouverte à Manuel Valls, le ministre de l'intérieur, pour lui demander de mettre en place un cadre réglementaire pour l'organisation de primaires par les partis politiques.

Question : Après avoir critiqué la primaire socialiste, aurait-elle à présent des doutes sur l'honnêteté des instances de l'UMP qui seraient en charge d'organiser la leur ?

Sans doute pour ne pas froisser Manuel Valls, après avoir concédée que l'organisation de la primaire socialiste : « (...) s'est effectuée de façon digne (...) Et ajoute : (...) Son succès est d'ailleurs significatif de l'appétit des Français pour un fonctionnement plus participatif des partis et une rénovation en profondeur de la vie démocratique (...) » Ce qui est assez amusant lorsqu'on sait qu'elle condamnait vertement l'organisation de la primaire socialiste sur Canal Plus le 23 juin 201, elle demande pas moins que :  « (...) la création d'une commission de réflexion composée notamment des présidents du Conseil constitutionnel, du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) et de l'association des maires de France, de représentants des partis ou de juristes et personnalités qualifiées (...) » Cette commission devant définir les critères d'organisation de primaires qui s'appliqueraint bien entendu à celles de l'UMP !

Les mauvaises langues diront qu'en fait Roselyne Bachelot aurait quelques doutes sur la sincérité du scrutin si la seule UMP devrait s'en charger. Se pourrait-il qu'à l'UMP, «  parti des droits et des devoirs »,  certains puissent avoir la tentation de ne pas respecter les temps de parole des autres ou essayent d'influencer le vote d'une façon ou d'une autre ?

Car dans le camp Fillon on n'a pas oublié la défaite sans appel de Xavier Bertrand face à Christian Jacob (bras droit de Copé ) et on mise sur une primaire ouverte selon les sondages placerait Fillon en tête comme l'indique le dernier  publié par Le Figaro

« (...) A la question "selon vous, laquelle de ces personnalités politiques incarne le mieux l'opposition face au gouvernement aujourd'hui", 29% des personnes interrogées répondent François Fillon, devant Marine Le Pen (23%), Alain Juppé (16%), et Jean-François Copé (12%) (...) Pour les seuls sympathisants UMP, François Fillon est également en tête (49%), devant Jean-François Copé (24%), Alain Juppé (22%) »

Dernier problème, une primaire coûte cher et comme l'UMP a perdu un tiers de son financement et doit rembourser le coûteux nouveau siège, Roselyne Bachelot suggère que les contribuables pourraient peut être participer aux primaires : « (...) l'organisation de primaires peut-elle justifier une aide spécifique ? (...) »

Ben voyons ! Pourquoi ne pas proposer à madame Bachelot et à l'UMP de faire appel à la générosité publique, ce qui ne devrait pas leur poser de problème, dans la mesure où c'est le parti politique qui reçoit autant de dons de personnes physiques que de cotisations des élus et adhérents réunis ! (rapport de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques - page 6) Toute la difficulté restant de savoir quel candidat les contributeurs, notamment ceux du premier cercle auront envie de soutenir, et voir gagner ...

Et Roselyne Bachelot de conclure, dans sa lettre ouverte à Manuel Valls : «  (...) La période actuelle est propice à la sérénité nécessaire et laisse le temps de mettre en place un système qui assure à nos concitoyens une parfaite transparence et l'équité indispensable (...) » Il nous tarde de connaître les réflexions et positions de l'équipe Copé qui appréciera certainement ... cette marque de confiance !

A suivre ... rapidement ...


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21 juin 2012

Pour sa primaire de 2017, l'UMP dira t-elle « non au fichage politique » ?

Jean-François Copé et une bonne partie des caciques de l'UMP sont pour l'organisation de primaires pour la désignation de son futur candidat en 2017. Ce qui rend encore plus amusant la relecture de ce qu'ils disaient de la primaire socialiste ! 




Jean-François Copé déclarait récemment au sujet de l'idée d'une primaire à l'UMP : « Personnellement, je suis pour un système très ouvert » et Roselyne Bachelot, soutenue par plusieurs cadres du mouvement, vient de lui emboiter le pas en lançant : « Je milite d'ores et déjà pour des primaires ouvertes pour la candidature de 2017 ».

Donc, sauf contre ordre majeur, l'ancien parti majoritaire devrait se livrer à l'exercice qui a permis au PS de désigner François Hollande comme candidat officiel.

Bon, voilà qui est bel et bon, mais qui pourrait prêter à rire si on relit le texte d'une pétition lancée par l'UMP, au sujet de la primaire socialiste, et qui est d'ailleurs encore disponible sur son site. Nous vous livrons ci-dessous en intégralité

« Non au fichage politique des électeurs par le PS

 Pour l’organisation de ses primaires à l’élection présidentielle, le PS envisage d’utiliser prochainement les fichiers électoraux disponibles dans chacune des mairies de France, mais également, pour les opérations de vote, des salles municipales, salles de classe…

L’UMP s’interroge sur la légalité constitutionnelle d’une telle organisation parce que l’utilisation des listes électorales par le PS créera de fait un fichier politique des Français. Il serait de plus impossible d’assurer sa confidentialité ce qui pourrait se révéler gravissime pour nos compatriotes.

Nous nous opposons à octroyer de fait au Parti socialiste les adresses de tous les électeurs français, lequel parti aurait ensuite toute latitude pour solliciter tous les Françaises et Français sans apporter la certitude qu’il détruirait par la suite ce fichier.

De même en permettant à un Parti politique d’utiliser sur l’ensemble du territoire des salles publiques pour bureaux de vote, l’UMP constate que l’on passe mécaniquement à une élection présidentielle à trois tours. Et cela n’est pas inscrit dans la Constitution.

L’aspect financier n’est pas neutre non plus car toute cette organisation qui pèserait sur les collectivités locales ne serait pas comptabilisée dans le compte de campagne du candidat élu par les militants socialistes.

Si comme nous, vous vous opposez à l’utilisation des listes électorales par le PS pour l’organisation de ses primaires, signez cette pétition pour demander à la Commission nationale informatique et liberté (CNIL) et au Ministère de l’Intérieur de protéger les libertés publiques des Français »

Il ne reste donc plus à Jean-François Copé et aux responsables de l'UMP qu'à utiliser des arguments contraires à ceux utilisés plus haut pour nous expliquer en quoi cette procédure jugée scandaleuse, deviendrait subitement, une bonne démarche pour le « Mouvement Populaire ». On s'en régale d'avance ! 


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18 avril 2012

Frédéric Lefebvre : Ministre/aspirant député et propagandiste ?

Un ministre en exercice, candidat aux législatives pour les français de l'étranger doit-il dénigrer un des adversaires du Président candidat sortant dans les média étrangers ? En principe non. Sauf Frédéric Lefebvre.

Ne cherchez pas sur l'agenda officiel de Frédéric Lefebvre pour savoir où il se trouvait lundi. En effet, la dernière parution disponible sur le site du Ministère de l'économie, des finances et de l'industrie ne signale que l'agenda du 10 au 11 avril 2012.

Pour le savoir, il suffit de se rendre sur le site French Morning. Celui-ci nous apprend que celui-ci était interviewé lundi par Charlie Rose, un des journalistes stars de New York

Etant reçu, si l'on en croît la vidéo de Bloomberg au titre de : « French Minister of Commerce » , on pourra s'étonner que celui-ci se soit conduit comme ... un simple candidat aux législatives, ce qu'il est au demeurant.

En effet, s'éloignant comme le dit French Morning de la tradition qui consistait à ne pas faire de politique intérieure française à l'étranger, il a expliqué à Charlie Rose le célèbre intervieweur new-yorkais : « (...) à quel point François Hollande est le candidat du passé (the candidate of the past dit-il en anglais). Il assure que le candidat socialiste veut augmenter les impôts ou encore qu’il n’a aucune expérience et que la France risque le crash avec lui (...) »

Cliquez sur l'image pour visualiser la vidéo

Il a profité de l'interview pour affirmer qu'il était : « (...) un supporter de de Barack Obama et qu’il devrait être réélu, avant de se lancer dans un long parallèle entre les deux présidents (...) »

Etonné par l'indécence de la démarche et s'apercevant du coup tordu : « (...) Charlie Rose a lancé tout à coup que tout partisan de François Hollande qui voudrait venir ici avant l’élection est bienvenu (...) »

Transmis à l'équipe de François Hollande qui pourrait, outre faire remarquer que la ficelle de propagande est assez grosse, pourrait bien demander si les contribuables électeurs n'ont pas contribué à l'escapade New yorkaise du ministre ... candidat ... propagandiste !


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Pure People

10 avril 2012

Pour Sarkozy, le problème des banlieues se résumerait-il au fait religieux ?

François Hollande ayant dédié ses dernières visites à des quartiers en difficulté, le Président candidat a décidé de se rendre à Drancy, dans le 93. Mais pourquoi a t-il choisi ce département pour mettre en valeur le fait religieux ?

Depuis le début de la campagne présidentielle, Le Président candidat n'avait effectué aucun déplacement dans des quartiers défavorisés. Pourtant, piqué au vif par les déplacements de François Hollande, il n'a pas hésité à déclarer : « Je suis très impliqué dans la vie des quartiers, depuis longtemps (...) »

Faisait-il référence au plan Marshall des banlieues promis en 2007, devenu « Plan Espoirs Banlieue » qui, comme le faisait remarquer le Bondy Blog : « Adresse introuvable ». Voilà ce que votre moteur de recherche vous indique lorsque vous tentez de vous connecter à l’adresse : http://wwww.espoir-banlieues.fr/ » était enterré en grande pompe en 2011 par Maurice Leroy son ministre de la ville ?

Mais dans la mesure où son principal concurrent l'avait devancé, il était nécessaire de montrer que « le Président qui protège » s'intéressait même vaguement aux résultats de sa politique de la ville !

Donc aujourd'hui Nicolas Sarkozy était à Drancy. Et quels sont les thèmes que le Président candidat : « très impliqué dans la vie des quartiers (...) » a souhaité aborder ?

Education, emploi, sécurité des habitants, services publics ? Allez, ne cherchez pas, le Président candidat a plaidé pour ... un « islam de France »


Il a, nous dit BFM : « (...) réitéré sa proposition de former les imams en partie dans les universités, notamment pour tout ce qui relève de l'instruction civique et des valeurs de la République (...) »

Tout d'abord, avoir choisi la Seine Saint Denis pour y distiller ce genre de message est contraire à la diversité de ce département ou une très grande majorité n'adhère pas aux valeurs religieuses ?

Mais surtout, c'est un retour à peine voilé au discours du Latran où le Président/chanoine d'une république laïque déclarait : « dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé »

Ou : « (...) un homme qui croit, c’est un homme qui espère. Et l’intérêt de la République, c’est qu’il y ait beaucoup d’hommes et de femmes qui espèrent. La désaffection progressive des paroisses rurales, le désert spirituel des banlieues, la disparition des patronages, la pénurie de prêtres, n’ont pas rendu les Français plus heureux (...) »

Cette intéressante visite, selon le Blog Elysée Jardin aurait été : « (...) tenue secrète jusqu'au bout, mais annoncée sur Twitter par Salima Saa (...) la secrétaire nationale de l'UMP au développement urbain (...) » Ce qui permettait aux journalistes d'être présent pour le show présidentiel !

En ce cas, monsieur le Président pourquoi jouer au fanfaron en affirmant que François Hollande n'a : « pas une seule idée pour les banlieues » alors que votre visite était opportuniste et surtout choquante sur le fond ?

Mais, n'ayez aucun doute, celle-ci ne trompera personne. Et surtout prouvera, si celà était nécessaire, la qualité de votre implication, vis à vis des quartiers et de leurs habitants !

05 avril 2012

Les marcheurs d'ArcelorMittal demain à Paris : Bienvenue les gars !

Accusés par le Président candidat de faire de la politique, les ouvriers marcheurs d'ArcelorMittal Florange partis le 28 mars arrivent demain à Paris avec pour seul slogan : « L'acier lorrain vivra »

Le 29 mars dernier, Slovar s'associait, au travers d'un billet, à la marche d'une vingtaine de salariés d'ArcelorMittal de Florange.

Pour ceux qui l'auraient oublié, confrontés à une possible fermeture de leur aciérie, les ouvriers sont mobilisés et en lutte pour conserver leur outil de travail et leurs emplois.

Mais, le 9 mars, les négociations avec la direction était dans l'impasse : « (...) La réunion de facilitation organisée vendredi sous l'égide de l'État entre la direction et les syndicats pour mettre fin au blocage de l'usine ArcelorMittal de Florange (Moselle) s'est terminée sur un constat d'échec, ont annoncé les syndicats (...) Ils ne nous ont même pas garanti par écrit une poursuite de l'exploitation jusqu'au 31 mars 2013, a regretté le responsable de la CFDT, Édouard Martin (...) »

Signalons au passage que contrairement à l'usine Lejaby à Yssingeaux, les ministres en charge du travail et de l'industrie avaient d'autres priorités !

Excédés, les ouvriers montaient à Paris le 15 mars pour se rendre au QG de campagne du Président candidat où ils furent reçus par les gendarmes mobiles et aspergés de gaz lacrymogène.

Refusant d'abandonner, une vingtaine d'ouvriers décidait le 28 mars de marcher de Florange à Paris : « (...) Vêtus de survêtements bleus sur lesquels on pouvait lire « L'acier lorrain vivra », une vingtaine de métallos ont entamé vers 9 h mercredi matin une marche de l'acier sur Paris » Leur démarche était simple mais concrête : « Nous marchons dans l'espoir de pouvoir sauver les 5.000 emplois de Florange en expliquant aux populations la situation de notre usine (...) »

Or, demain après 340 kilomètres qui n'ont pas brisé leur détermination, ils ont choisit d'arrêter leur marche place du Trocadéro à Paris. Un concert de soutien, place de Varsovie, auquel participeront : Zebda, Didier Porte, Pascal Douane, RIC et Bernard Lavilliers.

Probablement que le Président candidat « qui aime les usines » et vantait « la France qui se lêve tôt » fustigera ces salariés et syndicalistes qui font de la politique.

Nous, nous préférons leur dire : Votre marche et votre combat sont nôtres. Et surtout : « Bienvenue à Paris les gars ! »


En savoir plus sur le combat et la marche des ArcelorMittal de Florange


03 avril 2012

Pour le SAMU Social : Un « cauchemar de femmes » ... sans issue ?

Le dernier centre d'hébergement d'urgences pour femmes d'Ile de France va t-il fermer ses portes ? Le SAMU social qui en a la responsabilité ne veut pas y croire. Et pourtant à quelques jours de la présidentielle aucune solution ne se fait jour !

Le 30 mars dernier, l'épouse du Président candidat évoquant son rôle dans la campagne présidentielle, déclarait au JDD que : Si Nicolas Sarkozy n'est pas réinvesti dans ses fonctions de président, elle s'occupera de sa fondation. Et de confier vouloir « aider Stefania Parigi, la directrice du Samu social, qui crée des Maisons des femmes pour héberger les plus fragiles »

Faisait-elle référence au fait qu'en 2011 : « 4.086 femmes sans abri isolées ont appelé au moins une fois le 115 de Paris et 16.082 nuitées ont été attribuées à des femmes en centre d'hébergement d'urgence, précise le Samusocial de Paris, dont les équipes de maraude ont rencontré 601 femmes au moins une fois dans la rue » ?

Que n'en a t-elle parlé à son Président de mari direz-vous ?

Elle l'aurait probablement fait, mais, affirme t-elle : « On m’a prêté une influence que je n’ai pas, que je ne veux pas avoir, qui ne me correspond en rien »

C'est dommage car Stefania Parigi, la directrice générale du Samu social de Paris, dont on trouve une interview sur le site de la Fondation Carla Bruni Sarkozy, tirait le signal d'alarme en juillet 2011 sur Marianne2 où elle déplorait le projet du gouvernement de réduire de 25 % le budget du Samu social !

Comble d'ironie, le dernier centre d'hébergement d'urgence dédié aux femmes en Ile-de-France, est menacé de fermeture le 31 mai prochain !

Etant visiblement abandonné par le gouvernement, le SAMU Social vient en désespoir de cause de mettre en ligne un court métrage : « Cauchemar de femmes », réalisé par le cinéaste Frédéric Schoendoerffer ( en même temps qu'une pétition) montrant que les femmes SDF, isolées et en situation de grande précarité, sont souvent victimes d'agressions.

Notons au passage que l'initiative de ce film revient à Publicis partenaire de longue date du SAMU Social et dont le patron, Maurice Levy, soutien de Nicolas Sarkozy connaît quelques turbulences à cause de sa rémunération pour 2012.

Néanmoins, la détermination de ces proches du Président n'aura pas permis dans l'immédiat de sauver du centre d'hébergement d'urgence pour femmes dont la fermeture est malheureusement programmée pour le 31 mai prochain.

Mais ne doutons pas que le Président Candidat profitera des derniers jours de campagne pour trouver, à défaut de l'avoir fait pendant son quinquennat, une petite enveloppe financière destinée à sauver les 52 places dédiées aux femmes en détresse ...

02 avril 2012

Présidentielle : Laurence Parisot réinvente la menace ... soviétique ?

Laurence Parisot qui craint une victoire de la gauche à la présidentielle, essaye d'affoler le bon peuple avec la menace de ministres communistes au gouvernement. Et pourquoi pas les chars soviétiques à Paris ?

Gênée aux entournures par l'affaire Maurice Levy, du nom du patron de Publicis qui va toucher 16 millions d'€ de rémunération en 2012, Laurence Parisot a suggéré « une refonte du code Afep - Medef en matière de rémunération » Proposition hautement humoristique, vous en conviendrez, puisque l'actuel président de l'Afep est ... Maurice Levy !

Donc, selon la patronne du Medef, il n'y a pas lieu à polémique, sachant qu'elle a expliqué qu'en termes de rémunérations outrancières il y avait : « de nouvelles idées et de nouvelles pratiques à trouver » en clair sujet clos !

Non, ce qui préoccupe au plus haut point, Laurence Parisot c'est la possible défaite de son champion, Nicolas Sarkozy, à la présidentielle !

Champion qu'elle encensait dans une récente interview aux journal Les Echos : « (...) Il a été un leader remarquable dans les moments de crise les plus dramatiques que nous avons traversés. Il a également accompli un travail décisif pour renforcer la compétitivité hors prix de la France, avec les réformes de l'université, du crédit impôt-recherche, de la taxe professionnelle, les investissements d'avenir et les pôles de compétitivité. La suppression de la taxe professionnelle et le relèvement de l'âge de départ à la retraite sont aussi des mesures essentielles que nous appelions de nos voeux (...) »

Jugeant toutefois que ce cri d'amour était insuffisant, elle a décidé de ressusciter les vieux discours anti gauche du CNPF, l'ancêtre du Medef, en demandant : « Est ce que ça veut dire qu'on aura des ministres communistes si François Hollande était élu ? »

Pour mémoire, François Ceyrac, président du CNPF, à l'issue du premier tour de l'élection présidentielle de 1981, appelait les chefs d'entreprise à rejeter le programme commun : « (...) M. Ceyrac appelle les chefs d'entreprise, placés devant un choix fondamental de société, à rejeter le programme commun pour choisir de libérer le dynamisme des entreprises (...) »

On notera au passage qu'en 1981, le CNPF soulignait : « (...) la nécessité de conduire un politique de l'emploi plus dynamique, de desserrer les contraintes qui paralysent les entreprises et d'alléger leurs charges fiscales et sociales (...) » comme quoi, le patronat a de la suite dans les idées ...

Pour en revenir à notre amie Laurence, elle se déclare effrayée à l'idée du programme de Jean-Luc Mélenchon qui, selon ses dires : « (...) installerait une modalité de contrôle de l'économie et pas seulement de l'économie, peut-être comme on n'en a jamais vu » ajoutant, au passage : « qu'elle a remarqué lors de la manifestation de la Bastille que certains manifestants qui avaient des piques et des visages dessus ! »

Et de conclure que la France risque l'asphyxie si le candidat socialiste, allié à celui du Front de gauche, est élu.

Pas mal essayé, mais peut mieux faire !

En effet, pourquoi ne pas avoir proposé une libre interprétation des dix plaies d'Égypte qui pourraient frapper les français, au cas où, ils oseraient ne pas réélire Nicolas Sarkozy ? A savoir :

Les eaux des fleuves de France changées en sang,
Une invastion de grenouilles, de moustiques, de mouches et de bêtes sauvages dans toutes les régions socialistes
La mort des troupeaux
L'apparition d'ulcères sur les bêtes et les gens
la grêle et les sauterelles
Puis les ténèbres qui recouvriront le pays !

Si après ça, le candidat de son coeur n'est pas réélu ...

30 mars 2012

Et il est où le président qui promettait de réduire la pauvreté ?

En 2007, le Président Sarkozy déclarait intolérable que 7 millions de français vivent sous le seuil de pauvreté. En 2012, ils sont 11,2 millions ! Alors, il est où le Président qui promettait de réduire la pauvreté ?


Si le Président de 2007 qui déclarait : « (...) J'ai voulu prendre un risque : fixer un objectif de réduction de la pauvreté (...) J'ai en effet fixé au gouvernement l'objectif de réduire d'au moins un tiers en cinq ans la pauvreté dans notre pays (...) J'ai voulu nous mettre dos au mur pour rendre des comptes aux Français (...) » et ajoutait : « Je ne veux pas gérer la pauvreté, je veux la combattre » A laissé place au candidat qui fustige les assistés et des profiteurs qui ne font rien pour sortir de leur condition, il est assez peu probable qu'il s'explique dans un meeting sur le fait que de 2007 à 2012, le nombre de français touchés par la pauvreté sont passés de 7 millions à 11,2 millions !

D'où viennent ces chiffres ?

Ils proviennent du rapport de l’Observatoire National de la Pauvreté et de l'Exclusion Sociale (ONPES), qui a été publié le 29 mars 2012.

Que dit il ?

Extrait : « (...) Ce rapport souligne une lente tendance à l’augmentation de la pauvreté en France depuis 2004, qui touche en 2009 près de 8,2 millions de personnes, soit 13,5 % de la population (...) accentuation de la précarité en emploi, réévaluation partielle des minima sociaux, laissent présager une poursuite de l’augmentation de la pauvreté (...) »

La crise actuelle ne doit cependant pas être un motif pour réduire l’effort mené par la France en matière de lutte contre l’exclusion (...) Prévenir le basculement ou la persistance dans la grande pauvreté est possible (...) Dans le contexte actuel de crise économique qui perdure, le système d’observation devra être particulièrement attentif aux risques de décrochage des personnes les plus en difficulté (...) Il faudra aussi porter remède aux situations fréquentes de non-recours aux droits, indice de découragement et de repli des plus vulnérables (...) »

Si travailler suffisait pour sortir de la misère ça se saurait !

« (...) l'Onpes s'inquiète des « transitions fragiles » entre RSA socle, RSA activité et situation d'emploi autonome qui ne garantit pas pour autant une sortie de la pauvreté. « Il vaut mieux avoir un emploi pour éviter la pauvreté, mais il n'en prémunit plus autant qu'avant », souligne l'Onpes. En 2009, 6,7 % de la population en emploi est pauvre, un phénomène très marqué chez les femmes seules chargées de famille (15,5 %) (...) » indiquent Les Echos

« Je ne veux pas gérer la pauvreté, je veux la combattre »

A vous entendre rapidement, Monsieur le président, sur le résultat de cinq ans de combat contre la pauvreté !



Sources
Rapport de l'ONPES
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Urtikan.net

27 mars 2012

Paroles des Sans Voix : La réponse des « assistés » à l'UMP et à son candidat ?

Offrir une tribune aux personnes vivant la précarité, Amnesty International, le Secours Catholique et ATD Quart-Monde renouvellent l'expérience de 2007. Une occasion pour les plus démunis d'expliquer une réalité bien éloignée de celle de profiteurs décrite par l'UMP et son candidat.


La précarité, tout le monde en parle mais jamais ceux qui la vivent. C'est le constat que font Amnesty International, le Secours Catholique et d'ATD Quart-Monde. C'est pourquoi comme lors de la présidentielle de 2007, ils ont renouvelé l'opération « Paroles des Sans Voix », un supplément réalisé à leur initiative. Celui ci sera diffusé à sept millions d'exemplaires par la quasi totalité des quotidiens français.

A noter qu'un site web a été lancé : « pour recueillir des réactions des lecteurs du journal (...) et partager des expériences positives d'insertion »

Mais qui sont-ils ces précaires que l'on livre trop souvent à la vindicte publique en les accusant de se satisfaire des aides sociales ?

On peut lire un formidable témoignage sur le site du Secours Catholique

« On n’est pas des sans voix. Ce sont les autres qui n’ont pas d’oreilles ». Paulette Liard est émue quand elle prend la parole. Conseillère municipale de Loos, commune de 21.000 habitants près de Lille, elle a connu les épreuves de la pauvreté et la difficulté de pouvoir la dire. Cette mère de 5 enfants, grand-mère et arrière-grand-mère, est « heureuse aujourd’hui de pouvoir payer le loyer, l’assurance et de quoi manger »

Le Magazine La Vie qui soutien l'opération donne à cette occasion la parole à François Soulage, le président du Secours catholique. Celui-ci résume clairement les revendications bien modestes de ceux qu'on a pris l'habitude de nommer : Pauvres, précaires ou exclus : « (...) les Sans Voix ne réclament pas de nouveaux droits mais tout simplement l'application des droits existants comme ceux à l'emploi, au logement, à la santé et à l'éducation (...) »

Le but de l'opération ?

Tout simplement se faire entendre des candidats à la présidentielle. Si des rendez-vous ont été déja été pris avec Eva Joly, François Bayrou et d'autres programmés avec Jean-Luc Mélenchon et François Hollande, La Vie nous apprend que Nicolas Sarkozy, se fera remplacer par un de ses représentant !

Si du côté de la presse, quasiment tout les journaux ont accepté de jouer le jeu, de l'Humanité à La Croix en passant par Le Monde, Ouest-France à La Provence, il semblerait que deux groupes de presse on refusé de s'associer à l'opération. Selon La Vie : « Le Figaro et les journaux de l'Est appartenant au Crédit Mutuel (Le Républicain Lorrain, l'Alsace...) n'auraient pas souhaité relayer cette initiative, considérée comme "anti-sarkozyste" »

Pas de surprise dira t-on en ce qui concerne Le Figaro qui est depuis longtemps à la pointe du combat contre : « les assistés fraudeurs qui ne veulent pas travailler pour s'en sortir ». Par contre, on pourra s'étonner que le Crédit Mutuel, un des porte drapeaux de l'économie sociale et solidaire, puisse avoir décidé de se mettre à l'écart d'une telle opération.

Mais, peu importe puisque tous les autres journaux vous permettront de retrouver les articles réalisés par des reporters citoyens, dont la première réaction devrait vous donner envie de lire leur travail : « Nous partions juste réaliser une interview, et nous en revenions avec le sentiment que la personne nous avait apporté quelque chose d’essentiel. Ils nous ont transmis leur courage, leur énergie. Nous avons vu qu’ils se sentaient porte-parole des autres, qu’ils avaient une mission à mener (...) »


Paroles de sans voix
Et supplément de 8 pages distribué ce mardi 27 mars par la presse nationale et régionale

12 mars 2012

Référendum Sarkozy : Outil de destruction massive des syndicats de salariés ?

Nicolas Sarkozy qui aura passé 5 ans à vanter les vertus du dialogue social alors que celui ci n'a cessé de se dégrader, propose d'utiliser le référendum pour neutraliser les syndicats de salariés. Bel exemple de démocratie sociale !

En octobre 2011 Slovar les Nouvelles vous expliquait comment les organisations patronales concevait le syndicalisme du futur : « (...) le Président de la CGPME régionale affirme : « Quand on a un syndicalisme décadent, il faut le réformer. Celui-ci est trop politique, trop partisan et c'est d'ailleurs pour cela que les salariés ne s'y retrouvent pas » La solution étant selon les organisations patronales : « (...) de favoriser le dialogue avec des personnes représentatives et non plus enfermées dans des bastions » En gros, ce syndicalisme « new look » se limiterait par exemple, à expliquer aux autres salariés pourquoi ils doivent accepter des modifications de leurs horaires ou durée du travail, sans bien entendu, revendiquer d'augmentations de salaires, au nom d'une : « certaine complicité entre l'économique et le social »

Or, à Villepinte, le Président candidat a confirmé qu'en cas de réélection, il aurait recours au référendum au fait que : « (...) les blocages auxquels il a été confronté venaient de certains syndicats (...) qui ont intérêt à l'immobilisme, au conservatisme par crainte d'un monde nouveau qui verrait diminuer leur influence (...) »

En fin de compte, pas de surprise, Nicolas Sarkozy qui n'a jamais voulu imposer quoi que ce soit au patronat est prêt à éliminer toute opposition même légitime à ses réformes en ce qui concerne les salariés !

Ce qui met un point final aux déclarations et engagements que Nicolas Sarkozy a pu distiller pendant son quinquennat !

En 2007, le tout nouveau Président recevant FO et de la CFTC déclarait : « Il n'y aura pas de passage en force sur les dossiers sociaux. Il y aura un respect du dialogue social (...) » Jean-Claude Mailly ajoutant que Nicolas Sarkozy avait : « confirmé qu'il n'avait pas l'intention de faire autrement que de passer par le dialogue social (...) »

La même année, répondant à la CGPME le Président déclarait : « Je souhaite que les cinq prochaines années soient celles d’une revitalisation profonde du dialogue social, parce que je suis convaincu que le temps de la démocratie sociale n’est pas un temps perdu… »

En 2008, il se félicitait d'avoir : « (...) en l’espace de quelques mois, trouvé avec les syndicats des solutions à des problèmes que personne n’avait su résoudre auparavant (...) » vantant son bilan en matière de dialogue social dans une tribune parue dans Le Monde, dont le Nouvel Obs reproduisait des extraits

« Le chef de l’Etat voit dans le récent accord sur la représentativité des syndicats l’annonce de la refondation complète de la démocratie sociale qu’il appelle de ses vœux. Le dialogue social engagé avec les partenaires sociaux depuis un an est un succès (...) Nicolas Sarkozy attribue ces succès à sa méthode consistant à construire un agenda social partagé avec les syndicats et le patronat (...) Le président dit son estime aux dirigeants syndicaux et patronaux, qu’il a pris l’habitude de rencontrer très régulièrement depuis son élection. Nous avons parfois des divergences, mais notre dialogue est toujours franc (...) Je crois à la nécessité des réformes. Je crois à la vertu et à la force du dialogue social. Je crois au rôle éminent de la convention collective à côté de la loi. Je crois à l’esprit de responsabilité des partenaires sociaux (...) »

Donc, en 2012, les syndicats sont devenus des empêcheurs de tourner en rond, et le dialogue social un handicap qu'il est urgent d'éliminer, en ayant recours à un référendum, dès que le gouvernement aura la certitude que les syndicats refuseront de signer ... ce qu'on leur présente !

Référendums qui porteront immanquablement sur la liquidation progressive des droits des salariés. Par contre, l'égalité salariale homme femmes, le respect du nombre de salariés handicapés ou âgés, l'abus de contrats de travail précaires qui relèvent des employeurs seront bien entendu, exclus de toute consultation référendaire !

Eh oui, la compétitivité de la France serait à ce prix ! Néanmoins, ce sera aux salariés de dire, dans 41 jours s'ils adhèrent à cette vision du dialogue et de la démocratie sociale ...


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Paris Match

01 mars 2012

Formation des chômeurs : Outil illusoire du retour vers l'emploi ?

La formation des chômeurs serait la panacée pour leur faire réintégrer le marché du travail. Or, la réalité est toute autre, puisqu'une étude publiée par Pôle Emploi montre que moins d'un chômeur sur deux accède à un emploi dit « durable »

Au moment où le Président candidat continue de nous proposer de travailler plus, mais sans gagner plus : « Quand la durée de la vie s'allonge, quand la crise détruit des emplois, si l'on ne veut pas que les salaires baissent, que les retraites baissent, que les allocations diminuent, il faut travailler plus », l'INSEE indiquait que le taux de chômage en catégorie A a atteint, en incluant les départements d'Outre-mer, le taux de 9,8%. Eurostat de son côté affirmant que le taux de chômage harmonisé est de 10 % pour la France fin janvier 2011!

Ce taux particulièrement élevé ne devrait malheureusement pas diminuer dans la mesure où chaque jour des projets de restructurations et de réductions d'effectifs sont annoncés par les entreprises françaises.

Alors que faire des chômeurs dont le nombre s'accroît au fil des plans sociaux et des ruptures conventionnelles ? Ces dernières représentant : Plus de 288.000 en 2011 contre 255.000 en 2010 (soit 770 000 depuis 2008 et 2 fois plus utilisées que le licenciement économique )

Si l'on en croît notre Président candidat, la solution pour renverser la solution consisterait à former tous ces salariés privés d'emploi.

Nous ne reviendrons pas sur la fumeuse idée de référendum, pour obliger les chômeurs ayant obtenu une formation, d'accepter le premier emploi correspondant proposé, pour nous concentrer sur la situation actuelle des formations, permettant aux chômeurs d'augmenter leurs compétences, ou se recycler par des formations.

Dans ce domaine, Pôle Emploi a toute légitimité pour les proposer. Néanmoins, on ignorait jusqu'à présent quel pouvait être l'impact de ces formations sur la reprise d'emploi.

C'est chose faite depuis le 29 février. La Gazette des Communes nous apprend que Pôle Emploi a fait réaliser une enquête, en octobre 2011 auprès de 3 500 demandeurs d’emploi sortis de formation (financée ou non par Pôle emploi).

Quels sont les résultats ?

« Un chômeur sur deux ayant suivi une formation déclarait en 2011 être en activité six mois après (...) »

En activité ?

« Si la majorité des reclassements à six mois (74 %) se font sur des emplois dits durables (au moins un CDD de six mois), plus d’un quart le sont sur des emplois précaires (intérim, CDD inférieur à 6 mois .... (...) Ce sont les hommes ainsi que les demandeurs d’emploi les plus expérimentés qui retrouvent plus fréquemment un emploi à l’issue des 6 mois qui ont suivi la fin de leur formation (...) le passé professionnel est déterminant pour retrouver un emploi (...) »

Ce qui signifie clairement que les entreprises continuent à réintégrer les plus employables et que pour tous les autres, les formations ne sont d'aucune utilité à court, moyen ou long terme !

Ce que savait parfaitement Nicolas Sarkozy lorsqu'il a lancé son idée de référendum sur la formation et l'indemnisation des chômeurs. Mais dans la mesure où le Président candidat est persuadé que sa réélection repose sur le combat contre « les assistés » où est le problème ?


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Institut Montaigne

24 février 2012

Valeur travail : Les heures supplémentaires plombent l'embauche !

Nicolas Sarkozy ne cesse ces derniers jours, comme en 2007 d'essayer de nous vendre la valeur travail. Or selon l'Acoss les embauches sont en chute libre tandis que les heures supplémentaires sont au plus haut !

Selon notre Président candidat : « (...) Il faut travailler davantage pour réduire les dettes. C'est la ligne que j'ai fixée. Je ne m'en suis pas départie pendant ces cinq années (...) Il ne faut pas travailler moins, il faut travailler davantage (...) »

En gros, le même discours qu'en 2007, sauf qu'en incluant les accords compétitivité-emploi, que Xavier Bertrand veut absolument faire accepter par les syndicats de salariés, on aboutirait à : Travailler plus et ... gagner moins !

Pour en revenir au travailler plus, les moins observateurs auront relevé l'aspect le plus pervers des propos du Président candidat : Essayer de faire croire aux électeurs que les entreprises peinent à recruter du fait que les chômeurs refusent leurs offres.

Qu'en est-il vraiment ?

Justement l'Agence centrale des organismes de Sécurité sociale (Acoss) vient de publier son baromètre pour janvier 2012. Celui-ci indique une nette dégradation des embauches, et une forte augmentation ... des heures supplémentaires.

« (...) En janvier 2012, les déclarations d’embauche de plus d’un mois (hors intérim) diminuent de 2,7 %, revenant au niveau de novembre 2011, qui est également le même que celui constaté en janvier 2011 (...) »

Le baromètre est commenté par BFM Business qui écrit : « (...) La situation est plus ou moins la même qu'en janvier de l'année dernière. En effet, 2011 avait bien commencé, mais la tendance s'est retournée à partir du quatrième trimestre. Les embauches dans le secteur privé avaient reculé de 3,9 %. Et, avec un nouveau repli de 2,7 % au premier mois de 2012, la progression de 2011 s'en trouve finalement totalement effacée (...) »

Dans le même temps, les entreprises ont joué à fond la carte des heures supplémentaires : « (...) L'année 2011 a été marquée par un belle reprise des heures supplémentaires, surtout au premier semestre. Elles ont même dépassé le niveau de l'année 2008, avant la crise. Sur l'année, la progression a été de 4,5 % (...) »

Résultat : Un formidable effet d'aubaine pour les entreprises qui ont su utiliser les heures supplémentaires défiscalisées comme l'expliquait la CFDT au détriment des embauches, alors que 5 millions de français sont inscrits à Pôle Emploi !

Devant une telle situation les français affichent le plus grand pessimisme puisque : « 63% en activité professionnelle estiment qu'il leur serait difficile de retrouver un emploi s'ils se retrouvaient au chômage (...) 30% pensent qu'elles décrocheraient assez facilement un nouveau poste et 7% très facilement (...) » selon une étude Ifop publiée par Atlantico.

Face à tout cela, le Président candidat « courageux qui protège » et qui veut une « France forte » propose un référendum sur la formation des chômeurs. Cherchez l'erreur !


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Direct Matin

16 février 2012

Salariés : Voterez-vous Medef ... à la présidentielle ?

Même si les accords chantage compétitivité-emploi n'ont aucune chance de voir le jour avant la fin du quinquennat, ils pourraient être imposés, comme d'autres « douceurs », aux salariés si Nicolas Sarkozy et sa majorité étaient reconduits pour 5 ans !

Pressés par les organisations patronales, le gouvernement a obligé les partenaires sociaux à se réunir pour discuter des accords compétitivité-emploi qui consistent à : « (...) déroger à la durée légale de travail, à la hausse comme à la baisse, en échange de la promesse d'un maintien des emplois, sans l'accord express du salarié (...) »

Alors que Laurence Parisot fait semblant d'être optimiste sur la négociation qui commence vendredi, et que, comme d'habitude, la CFDT, la CFTC et la CGC se bercent d'illusions sur leurs capacité à impressionner le Medef, il existe une certitude : Il n'y aura pas d'accord et le gouvernement, pour cause d'élections présidentielle ne pourra pas les imposer.

C'est une bonne nouvelle pour tous les salariés, surtout ceux des petites entreprises, où il n'existe pas de représentation syndicale, puisque expliquait la CGPME : « (... ) le patron parle beaucoup avec ses salariés qui voient tout de suite s'il y a des commandes ou pas (...) » Et proposait que ces accords soient validés, après référendum dans l'entreprise.

Référendum à bulletins secrets ou à main levée, suivant la majorité absolue ou relative, quel vérificateur pour le scrutin ? Et quel avenir dans l'entreprise pour celui ou ceux qui auront ... « mal voté » ? Nul ne le sait !

Néanmoins, le Medef qui a dicté la majeure partie des sujets soumis par le Président lors du sommet social espère bien que celui-ci sera reconduit pour un nouveau mandat.

C'est pourquoi, l'organisation patronale vient de publier Besoin d'aire, sorte de manifeste, dans lequel au milieu d'une brassée de chiffres plus ou moins sourcés, et de vielles antiennes comme le coût du travail ou des nouveautés comme la « softlaw » ( destinée à enterrer de façon définitive les class actions), on découvre à quoi pourrait ressembler le futur des salariés en cas de réélection du Président sortant

Le chômage - Constat du Medef

Selon l'organisation patronale : Les employeurs interrogés en 2010 sur leurs intentions d'embauches pour 2011 auraient qualifié leurs projets de recrutement (580 000) de difficile. Dans le même temps, il y aurait 300 000 offres d'emploi non satisfaites.

Propositions du Medef

Pour faire baisser le chômage, il serait donc nécessaire d'aller vers encore plus de flexibilité de mobilité et de souplesse en termes de séparabilité. Ce qui affirme le Medef : Permettrait de lutter contre le chômage et la précarité !

Et le Medef de brandir, à titre d'exemple, ce qu'il qualifie de fleuron de la flexisécurité : La rupture conventionnelle. Et de se réjouir du fait que : « Depuis 2008, plus de 20 000 ruptures sont homologuées chaque mois sans quasiment aucun contentieux » Ajoutant : « (...) C'est la démonstration qu'un contrat de travail peut se terminer sans conflit pour laisser place de part et d'autre à de nouveaux projets professionnels (...) »

Ruptures conventionnelles qui ont surtout servi à se séparer à bon compte des seniors. Alors qu’en moyenne seulement près de 10 % des entrée à Pôle Emploi font suite à une rupture conventionnelle, ce pourcentage passe à 17% pour les 55-60 ans et 12,9% pour les plus de 60 ans. Une habile façon de camoufler des mises en préretraites ... financées par l'Unedic martèle Le Figaro !

La retraite

Le Medef indique qu'il est indispensable de repousser encore l'âge de départ à la retraite. Avec comme argument le fait que : « (...) Augmenter la durée de cotisation sans augmenter l'âge de départ à la retraite n'aura qu'un faible impact sur les importants besoins en financement du système (...) » Et le Medef de dégainer son fameux pilier de capitalisation.

Une convergence de plus avec le gouvernement Sarkozy puisqu'en septembre 2011, François Fillon proposait tout simplement de repousser l'âge légal de la retraite à 67 ans, sous les applaudissements nourris de ... Laurence Parisot !

Mais pourquoi, puisqu'à ce jour, plus de 800 000 seniors sont au chômage, et qu'il est quasiment impossible passé 55 ans de retrouver un emploi !

Tout simplement pour forcer les salariés à se tourner vers la capitalisation afin de ne pas être obligé d'attendre l'âge légal pour partir en retraite. Cette nouvelle donne remplirait les caisses des banques comme Paribas dont madame Parisot est administratrice ou celle des compagnies d'assurances adhérentes au Medef au travers de la FFSA.

De quoi permettre aux établissements financiers de se refaire des pertes inhérentes à la crise ... sans offrir la moindre garantie sur le long terme. Et dans la mesure où l'état n'apporterait pas sa garantie en cas de faible rendement ou de nouveau krach financier ...

Ces propositions, aussi provocantes ou choquantes qu'elles puissent paraître ont été pourtant validées par l'UMP et feront, selon toute probabilité, partie du programme du candidat Sarkozy. Maintenenant, c'est à vous de savoir, si vous souhaitez, dans quelques jours, confier au Medef, le sort de l'économie, du travail, de l’emploi et de la santé ...

Sources
Les Echos
La Tribune
Le Figaro

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20Minutes

14 février 2012

Le candidat Sarkozy ira t-il vanter son bilan aux aciéries Arcelor-Mittal ?

En 2008, le Président se rendait en urgence au chevet de l'usine ArcelorMittal de Grandange pour y faire des promesses ... non tenues. En 2012 il est assez improbable qu'il renouvelle l'opération à Florange où gronde la colère !

En février 2008, Nicolas Sarkozy se rendait en Lorraine pour rassurer les salariés d'ArcelorMittal, inquiets pour leur avenir. Sur de lui, Il y prononçait le célèbre : « Gandrange comme voyage de noces, y a pas mieux ». Résultat : En février 2009, la CFDT faisait symboliquement installer une stèle en granit sur laquelle on pouvait lire : « Ici reposent les promesses de N. Sarkozy faites le 4 février 2008 à Grandange : Avec ou sans Mittal, l’Etat investira dans Grandange »

Et pourtant, c'était l'époque du travailler plus, des heures supplémentaires, de la mondialisation heureuse et du capitalisme que notre Président allait réformer. Avec les résultats exécrables que nous connaissons en termes de fermetures d'entreprises et de chômeurs.

Or, le mandat de Nicolas Sarkozy étant quasiment à son terme, selon les média, il devrait annoncer sa candidature demain vers 20H00 sur une grande chaîne de télévision propriété du témoin d'un précédent mariage et parrain de son fils Louis.

Dans les jours qui suivent ils devrait enchaîner les meetings. Sont annoncés Annecy (Haute-Savoie), puis Marseille (Bouches-du-Rhône) le point d'orgues étant la grande réunion prévue à Villepinte prévue pour le 11 mars.

Il est peu probable par contre qu'il tienne meeting près de l'usine ArcelorMittal de Florange où les salariés viennent d'apprendre que la mise en sommeil des deux hauts fourneaux lorrains sera prolongée au moins jusqu'à l'été

On ne va pas se laisser tuer en silence. On a une fenêtre d'opportunité jusqu'en mai. Après, c'est rideau, estime un des syndicalistes, pour qui les politiques doivent mouiller leur chemise comme pour le fabricant de lingerie Lejaby. En attendant : « L'intersyndicale, qui comprend la CFDT, la CGT, FO et la CFE-CGC, réunira les salariés jeudi en assemblée générale pour définir des actions dures (...) Nous ne serons pas les Grecs de la métallurgie française », a prévenu Edouard Martin de la CFDT, en annonçant une mobilisation « tous azimuts »

Une bonne occasion pour le président « qui aime les usines », « courageux et qui protège » pour adapter son programme et venir annoncer aux salariés d'ArcelorMittal de Florange la même bonne nouvelle qu' ceux de Photowatt. A savoir que leurs emplois sont sauvés.

Mais dans la mesure où il semble improbable que LVMH ou EDF se montrent intéressés, il va falloir faire preuve d'imagination, ou bien éviter de venir vanter cinq ans de bilan dans ce qui reste du bassin sidérurgique Lorrain ...

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L'Express

13 février 2012

Droite populaire et Medef : Les inspirateurs du programme du candidat Sarkozy ?

On apprend par petites touches à quoi devrait ressembler le programme du Président pas encore candidat mais qui devrait l'être cette semaine. Au menu, chasse aux émigrés et aux chômeurs et ... report de l'âge de la retraite.

Dans les salles de rédaction de tous les média de France, si on ne se pose plus la question de la candidature du Président pour un nouveau mandat, les paris sont ouverts sur le jour qu'il choisira pour officialiser celle-ci.

Par contre, depuis l'interview accordée au Figaro, on commence à connaître les inspirateurs de son futur projet.

Le JDD décrit à merveille l'influence de la droite populaire dans plusieurs thèmes. Indiquant au passage, la satisfaction de ces élus UMP, à droite de la droite parlementaire, pour qui : « on revient aux fondamentaux ! »

Donc, exit le mariage homosexuel que la droite populaire trouve dangereux, au fait qu'il pourrait faire fuir les électeurs vers le FN, réaffirmation des racines chrétiennes. Et poursuite de la chasse à de nouveaux assistés ... les chômeurs !

Sur ce dernier sujet, Lionnel Luca le spécialiste des apéros saucisson vin rouge n'a pas assez de mots exprimer sa joie, à l'idée d'un référendum qui permettrait de taper sur ces fainéants de français, qui n'ont pas d'emploi : « (...) Cela permet de dépasser les pesanteurs sociologiques du pays (...) »

Sans oublier bien entendu l'idée d'un référendum sur l’immigration.

Florilège :

« (...) En matière de droit des étrangers, donner la compétence au seul tribunal administratif comme l'avance Nicolas Sarkozy, c'est simplifier le processus de raccompagnement aux frontières d'immigrés illégaux, se réjouit Jacques Myard, député et maire de Maisons-Lafitte (Yvelines). Dans les années à venir, la gestion des flux migratoires sera un enjeu majeur de notre société et parallèlement nous assistons dans notre pays à une judiciarisation des procédures de reconduite. C'est donc du bon sens de se doter d'un outil efficace (...) »

Bon, ça c'était pour le sociétal, mais quid du programme économique ?

Les lecteurs de Slovar les Nouvelles ne seront pas surpris d'apprendre qu'après avoir fourni clés en mains, ses désidérata à l'UMP, Laurence Parisot révélera 20 propositions pour les présidentielles, qui devraient enchanter le : « pas encore candidat mais qui devrait l'être cette semaine.

Challenge, qui a pu les lire, indique que les propositions 2012 ne devraient pas contrarier le programme du futur candidat de l’UMP. En effet, on y retrouve la TVA sociale pour laquelle le Medef avait rédigé une opportune étude, un éloge des ruineux partenariats public privé et propose de rouvrir le débat pour repousser l’age légal de la retraite ...

Confirmation des intentions sociétales, économiques et sociales par le « Président courageux qui protège » dans les jours ou heures à venir ... A vous de voir si ça vous tente !

03 février 2012

Sernam : Une nationalisation à peine déguisée, mais ... opportune ?

Après le sauvetage « miraculeux » de l'usine Lejaby, le gouvernement va devoir trouver rapidement une solution pour la Sernam qui emploie 1 600 salariés. Le candidat préféré du gouvernement pour la reprise serait la SNCF dont la Sernam était une filiale ... avant sa privatisation en 2005.

Nicolas Sarkozy grand amateur de privatisations, comme celle de GDF, décidera t-il de procéder à une renationalisation ? C'est ce qu'on est droit de se poser, en apprenant que l'état souhaiterait que la SNCF, qui avait vendu sa filiale le Sernam en 2005, au fonds d'investissement Butler Capital, en redevienne le principal actionnaire.

Il faut dire qu'entre temps, contrairement à l'article élogieux rédigé en 2007 par Le Figaro, les nouveaux actionnaires n'ont pas fait de miracle et que l'entreprise vient d'être placée en redressement judiciaire !

Eh oui, la situation économique a changé et le Président et son gouvernement sont confrontés à deux problèmes : l'accélération des mises en redressement judiciaire et des plans sociaux et la proximité des élections présidentielles. Or, nul ne peut contester que les électeurs seront particulièrement attentifs au taux de chômage lors des prochaines élections.

Jean-Christophe Féraud, du service économie de «Libération» nous donne pour mémoire les récents cas les plus médiatisés : 5 000 suppressions de postes annoncés chez PSA pour 2012, 800 chez Areva, la faillite de SeaFrance (800 emplois), celle de Lejaby et de Petroplus, ... Ce à il faut ajouter ... le dossier Sernam !

Et la Sernam, avec tout le respect du aux 98 ouvrières de Lejaby, c'est une toute autre dimension. En effet, le groupe emploie 1 600 salariés, mais avec les sous-traitants, ce sont 3 000 emplois au total qui pourraient être menacés par une faillite explique un syndicaliste interrogé par Libération

Panique à bord du bateau gouvernemental et mobilisation de pas moins de quatre ministres François Baroin (Economie), Xavier Bertrand (Travail), Eric Besson (Industrie) et Thierry Mariani (Transports) pour trouver une solution avant l'échéance fatidique de la présidentielle. Et dans la mesure ou Bernard Arnault n'envisage pas de reconvertir 1600 personnes dans l'industrie du luxe, c'est tout naturellement vers un des opérateurs publics, à savoir la SNCF que les yeux gouvernementaux se sont tournés.

Geodis, filiale de la SNCF a miraculeusement manifesté dès lundi son intérêt : « Nous allons nous inscrire dans la perspective du redressement judiciaire et faire des propositions » , a annoncé son directeur général Pierre Blayau (accésoirement ancien PDG et liquidateur de Moulinex)

Ce qui est autant étonnant qu'amusant, c'est que la Sernam a été créé par la SNCF en 1970 pour gérer le transport des colis et des bagages, en France et à l'étranger. Et privatisée en 2005 par le gouvernement Villepin dans lequel on trouvait, entre autre, Nicolas Sarkozy, François Baroin et Xavier Bertrand.

Ce sont donc eux qui vont devoir essayer d'arbitrer entre l'offre du groupe Caravelle, spécialisé dans la reprise d'entreprises en difficulté (et qui a déja mis la main sur deux autres entreprises de transport moribondes) et Geodis, branche de la SNCF.

Ajoutons à celà, nous dit l'Expansion que Pierre Blayau : « Dans une interview à L'officiel des transporteurs, en mars (...) avait pourtant déclaré qu'en aucune manière Geodis ne rachèterait Sernam » Et ajoute : « Il semble toutefois que l'intérêt de Geodis pour Sernam réponde plutôt à un souhait du gouvernement qui, dans une période stratégique, tient à sauvegarder des emplois non délocalisables »

Après tout, direz-vous si cette opération de nationalisation à peine déguisée permets aux salariés de conserver leur emploi, pourquoi pas ? Il faut savoir de temps en temps manger son chapeau et reconnaître que le marché et la concurrence peuvent être parfois être les pires ennemis de l'emploi.

Nous espérons que cette nouvelle « opération commando » du gouvernement aboutira et qu'elle pourra rassurer les salariés. Mais, rappelons que le Sernam a été privatisé sur décision de la Commission européenne. On donc peut imaginer aisément, la réaction de la même Commission, dans le cas où une filiale de la SNCF reprendrait le contrôle de la Sernam. D'autant que compte tenu de sa grave situation financière, la SNCF devrait réinjecter des fonds, ce qui sera immédiatement condamné par la Commission Européenne.

Verra t-on dans les jours qui viennent plusieurs ministres faire l'aller et retour entre Paris et Bruxelles pour infléchir les membres de la Commission et essayer de gagner quelques précieux mois entre le rachat et une intervention de la Commission européenne ?

C'est assez probable et ça éviterait au Président et à son gouvernement de trouver un peu de temps avant d'être obligé d'expliquer aux 1600 salariés qu'ils sont victimes de l'incohérence du dogme européen sur la concurrence !

Affaire à suivre ...


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Passion Trains

29 janvier 2012

Travailler plus et gagner moins : Le nouveau slogan de « Sarkozy 2012 » ?

Ceux qui se lèvent tôt et avaient été séduits en 2007, par le travailler plus pour gagner plus, vont découvrir à leurs dépends qu'il vont bien travailler plus ... mais gagner moins. Du moins au cas où ils feraient confiance au président ... pas encore candidat !

Comme aurait dit Coluche, c'est l'histoire d'un mec qui après avoir expliqué aux salariés que les 35H00 les ont appauvris, va leur expliquer qu'ils pourraient travailler 37 ou 39 H00 payées 35 !

Traduction de Xavier Bertrand : sortir de l'esprit des 35 heures, sans faire payer à nouveau la facture aux ouvriers et aux salariés !

Traduction de l'Express : Il pourrait s'agir, dans les entreprises en difficulté, de mettre en place des mécanismes de baisse des salaires pour éviter les licenciements. Le temps de travail pourrait également dépasser les 35 heures hebdomadaires sans augmenter le salaire

Mais d'où vient cette idée saugrenue ?

Eh bien tout simplement de l'UIMM, premier contributeur au budget du Medef !

L'UIMM qui a ni plus ni moins rédigé pour le gouvernement ses préconisations dans : Le «Manifeste pour l'industrie» dont Slovar vous parlait en mai 2011.

A l'époque dans un document préparatoire, on pouvait lire : « (...) donner plus de marges de négociation aux partenaires sociaux dans l'entreprise, en permettant via un accord collectif d'«ajuster temporairement la durée du travail et les rémunérations des salariés, à la hausse comme à la baisse, en fonction de la conjoncture». Bref, pouvoir augmenter salaires et temps de travail quand l'entreprise fait face à une hausse temporaire de ses commandes… et les baisser en période de vaches maigres (...) »

A comparer avec les accords compétitivité-emploi dont devrait nous entretenir le Président ce soir et dont François Fillon faisait il y a peu la publicité aux députés UMP. Xavier Bertrand de son côté lançait publiquement : « (...) quand ça ne va pas bien [pour l'entreprise], on peut adapter le temps de travail, s'il y a une garantie pour l'emploi, et travailler par exemple 30 heures seulement, pas forcément payées 30 heures (...) »

Ce qui est expliqué par Jean-François Copé de la façon suivante : « La mondialisation oblige la France à plus de compétitivité, à plus d’innovation, à plus de solidarité, à plus de discipline budgétaire, à plus de réactivité internationale, et tout cela exige du courage, de la clairvoyance et de la fierté nationale (...) »

Nul doute que les salariés apprécieront le « courage » de ... dupliquer les demandes des organisations patronales ! Et d'apprendre par la même occasion que « président courageux qui protège » a d'ores et déjà choisit ceux qu'il souhaitait protéger en cas de deuxième mandat !


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Le Post

08 décembre 2011

Un déplacement de Président « pas encore candidat » combien ça coûte ?

800 membres des services de l'ordre et une voiture blindée envoyée spécialement par avion, le tout pour deux heures de visite à Marseille. Il n'y a pas à dire, notre Président s'y connaît en rigueur budgétaire !

Selon l'agenda de l'Elysée, le Président se rend aujourd'hui à un déjeuner avec les dirigeants européens du Congrès du Parti populaire européen (PPE) parainné par l'UMP. Il devrait également y intervenir.

Il en profitera pour effectuer : « (...) une visite à l'hôtel de police, alors que la cité phocéenne a été le théâtre de fusillades à la kalachnikov ayant fait trois morts en une semaine, a-t-on appris de sources syndicales policières (...) » nous dit 20Minutes.

Nous ne reviendrons pas sur le mélange des genres qui consiste à profiter des moyens de l'état pour se montrer aux côté d'Angela Merkel, au congrès d'un mouvement politique dont les deux sont membres.

Ni sur celui qui consiste à utiliser les moyens de l'état pour préparer sa candidature qui pourrait être annoncée en janvier 2012. René Dosière le fait mille fois mieux. Les curieux pourront à cet effet regarder ou prendre connaissance de sa dernière intervention, concernant l'appropriation des crédits du Ministère de l'Intérieur, au profit de l'Elysée.

Ce qui a retenu notre attention, c'est un article du journal La Marseillaise : « Sarkozy à Marseille : le coût du p’tit coucou » qui nous donne quelques informations sur l'organisation de ce déplacement.

Tout d'abord, le dispositif

« (...) Le dispositif de sécurité relève du secret d’Etat. Du côté de la préfecture, on essuie un refus ferme. Du côté du Parc Chanot, la journée de lundi a été consacrée à la répétition générale du ballet des voitures officielles. « Il y aura des snipers partout, indique-t-on du côté du Parc Chanot. Ils sont sur les dents. Autant ça s’est réglé en quelques mails avec le côté allemand, autant, avec l’Elysée, c’est très compliqué »

En lisant un communiqué de SGP Police, on apprend toutefois que : « 60 motocyclistes (...) venant des Zones CRS de Marseille, Lyon et Bordeaux, sont dans la capitale Phocéenne pour assurer la sécurité et les escortes des personnes participant au 20ème congrès du Parti Populaire Européen des 8 et 9 décembre 2011 (...) »

Mais c'est quoi le « compliqué » côté français ?

« (...) le chef de l’Etat fait venir sa propre voiture blindée en avion cargo pour les deux heures de visite (...) Ce qui serait une mesure d'économie, puisque indique René Dosière : (...) Il y en a même souvent deux (...) »

Et combien ça coûte ?

Redonnons la parole à l'expert Dosière cité par La Marseillaise : « (...) La plus grande part est réglée par l’Elysée (...) Il prend à sa charge les déplacements en avion et le transports de la ou des voitures. J’ai évalué ce coût à une moyenne de 93 000 euros (...) Pour le congrès du Parti populaire européen, la facture est payée par le groupe parlementaire et ne relève pas d’une collectivité (...) la part la plus chère est payée par le ministère de l’Intérieur (...) J’interroge systématiquement le ministre de l’Intérieur à ce propos et il refuse de répondre (...) j'évalue à 800 le nombre de policiers mobilisés par déplacement pour un chiffre moyen de 330 000 euros (...) L’addition de ces sommes amène à une facture de 423 000 euros pour un déplacement très partisan (...) » sans compter, le déplacement avec l'Airbus présidentiel et bien entendu le rapatriement de la voiture blindée !

Certains argueront que ces montants sont sans commune mesure avec la dette de la France ! Certes, mais en regardant la carte des déplacements en France du Président, qui ne dépassent en général que quelques heures, et en s'appuyant sur les calculs de René Dosière, il n'y a pas pire symbole pour des français à qui on explique quotidiennement, qu'il est nécessaire de leur appliquer des mesures de restriction budgétaires draconiennes !

Néanmoins, ces déplacements qui permettent au Président, d'attaquer ses futurs adversaires sans que ceux-ci soient imputés sur des frais de campagne, dans la mesure où il n'est pas encore candidat, devraient prendre fin dès l'annonce de celle-ci. Reste juste à connaître la date et ... régler l'addition !


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Ouest France

06 octobre 2011

L'UMP grand spécialiste de la démocratie par ... asphyxie financière ?

Selon Borloo, son refus de se présenter à la présidentielle serait du au manque de cohésion de l’Alliance républicaine, écologiste et sociale. Ne serais ce pas plutôt le résultat de la fermeture du robinet financier opérée par l'UMP qui vient justement ... de le rouvrir ?

Sur le site du Parti Radical, on peut lire le texte dans lequel Jean-Louis Borloo explique pourquoi il renonce à être candidat à la présidentielle de 2012, on peut lire, l'extrait suivant : « (...) À aucun moment, je ne me suis inscrit dans les schémas traditionnels des petites phrases, des négociations secrètes et des rapports de force. Quelle est la situation aujourd’hui ? Quelle est mon analyse ? Tout d’abord, force est de constater que la dynamique des centres ne s’est pas créée : ni sur le projet, ni sur les hommes. Les raisons en sont multiples : manque de temps, malentendus, incompréhensions (...) » Et peut être un peu à cause du manque d'argent, ce nerf de la guerre électorale ?

Tous les partis politiques vous le diront : Une campagne présidentielle coûte cher. Ainsi pour la campagne de 2007, le coût de la campagne des principaux candidats s'élevait selon les chiffres publiés par le Sénat à :

Nicolas Sarkozy : 21 175 141 €
Ségolène Royal : 20 815 003 €
François Bayrou : 9 745 197 €
Jean-Marie Le Pen : 9 360 632 €

Or, comme nous l'écrivions le 30 mars 2011 dans : « Candidatures centristes en 2012 : Question de convictions ou ...de trésorerie ? », le parti de Jean-Louis Borloo, compte tenu de son faible nombre d'élus et d'adhérents, ne dispose d'aucune indépendance financière. A cette époque, nous donnions les chiffres publiés par la Commission de Contrôle des Comptes de Campagne et des financements publics, concernant le Parti Radical

Page 45 : Parti Radical

Cotisations des adhérents : 149 130
Contributions des élus : 11 521
Contributions reçues d’autres formations politiques : 1 000 000

L'autre « formation politique » étant l'UMP qui le reconnaissait sans problème puisque un de ses responsables déclarait à l'époque au Canard Enchaîné : « (...) Copé pense tenir Borloo avec le million d'euros que donne l'UMP aux radicaux (...) » Or, outre que cet argent est vital pour le fonctionnement du Parti Radical, il participe au financement des campagnes électorales des candidats aux diverses élections. Et donc, pouvait servir pour celle de Borloo à la présidentielle de 2012.

Mais le 21 juillet 2011, le trésorier de l'UMP, Dominique Dord, afin de montrer son agacement, indiquait qu'il : « (...) pourrait refuser de verser au Parti radical de Jean-Louis Borloo la dotation annuelle d'un million d'euro (...) Nous considérons que le départ du Parti radical de l'UMP équivaut à une rupture unilatérale du contrat (...) »

Et même si au Parti Radical on brandissait la menace d'un recours en justice : « (...) S'il faut, nous irons jusqu'au bout (...) Mais, au-delà des polémiques, il y a la loi (...) On ne peut assumer une compétition électorale si on ne respecte pas les règles républicaines (...) » L'UMP savait parfaitement que l'asphyxie financière paniquerait les parlementaires du Parti Radical, qui pourraient se retrouver sans soutien financier, pour les prochaines législatives.

Alors, quid de : « la dynamique des centres ne s’est pas créée : ni sur le projet, ni sur les hommes » ?

Elle est résumée par un article du Monde du 5 octobre 2011 : « (...) L'UMP vient de verser 500 000 euros au Parti radical valoisien (PRV), soit le prorata – jusqu'en mai, moment du départ du parti de Jean-Louis Borloo de l'UMP – de la dotation annuelle de 1,2 million due par le parti présidentiel aux radicaux, a fait savoir, mercredi 5 octobre, l'UMP (...) » Permettant aux députés du Parti Radical d'éviter de galérer pour trouver les fonds nécessaires à leur prochaine campagne et surtout de ne pas avoir à affronter un candidat ... investi par L'UMP !

Qu'en sera t-il d'Hervé Morin qui compte bien être le candidat de l’Alliance républicaine, écologiste et sociale pour 2012 ?

Si nous reprenons les données la Commission de Contrôle des Comptes de Campagne et des financements publics, on constate que le Nouveau Centre, parti créé avec l'aide de l'UMP pour contrer le Modem de François Bayrou, même s'il possède un peu plus d'élus, est également très dépendant des : Contributions reçues d’autres formations politiques

Page 88 : Nouveau Centre

Cotisations des adhérents : 164 985
Contributions des élus : 68 047
Contributions reçues d’autres formations politiques : 1 379 553

La leçon administrée par l'UMP au Parti radical aura t-elle valeur d'exemple ?

On peut le penser puisque : « (...) Trois jours après le renoncement de Jean-Louis Borloo, le bureau politique du Nouveau centre a approuvé le principe d'une candidat centriste à la présidentielle tout en renvoyant le soutien du parti à une éventuelle candidature d'Hervé Morin à un vote du congrès fin décembre (...) » nous dit l'AFP qui ajoute : « (...) Mais le principe de cette candidature est encore loin de faire l'unanimité au sein de son parti et de l'Alliance (ARES), confédération regroupant des partis de centre-droit : Parti radical, Nouveau centre, Gauche Moderne et Convention démocrate (...) »

Courageux mais pas téméraires !

Jusque là, les dirigeants du Parti radical, du Nouveau centre, de la Gauche Moderne et et de la Convention démocrate, auront eu le temps de négocier quelques beaux portefeuilles ministériels (comme celui de premier ministre ? ), et autres hochets de prestige, en cas de victoire du candidat Sarkozy. Et oui, mesdames et messieurs les électeurs, si « la démocratie à un prix », les convictions centristes ont le leur !

C'est probablement à ça qu'on reconnaît une « démocratie exemplaire » !


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