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05 mars 2013

Les belles légendes du Medef : L'égalité hommes femmes en entreprise est en marche !

Selon Laurence Parisot, les femmes ont progressé ces dernières années, tout en regrettant que : Pas une seule femme ne soit à la tête des entreprises du Cac 40. Les employées et ouvrières qui connaissent le temps partiel imposé et des salaires toujours inférieurs à leur homologues masculins apprécieront !


Evoquant la journée du 8 mars prochain, journée internationale de la femme, Laurence Parisot, invitée d'Europe1, a souhaité envoyer un message à toutes les femmes qui travaillent : « Longtemps on a pensé que pour exercer des responsabilités, les femmes devaient avoir un comportement masculin. Je récuse cette idée (...) les femmes ont progressé ces dernières années. Mais, nous n’avons pas encore engrangé tous les dividendes de cette progression ( …) Pas une seule femme à la tête des entreprises du Cac 40. Ce n’est pas normal »

Lu tel quel, ça pourrait à la limite faire sourire les millions de femmes qui se rendent quotidiennement au boulot, sans le moindre espoir de voir leur nombre d'heures ou leur salaire augmenter. Sauf que, madame Parisot est la représentante officielle d'entreprises qui se moquent de toute notion d'égalité salariale. Et ça ce n'est pas normal !

Car, au delà de la présidence d'une entreprise du CAC40, nous aurions aimé que notre amie Laurence s'exprime sur le constat, réalisé par le Conseil Economique et Social. Extraits : « En France, en 2009, 4,4 millions de femmes avaient un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté estimé à 60 % du revenu médian (...) on constate parallèlement une bipolarisation croissante entre emplois féminins qualifiés et peu qualifiés. Dans cette dernière catégorie, liée au développement des activités tertiaires, la surreprésentation féminine est manifeste (61 %). Les intéressées y sont en outre particulièrement concernées par le sous-emploi (5,9 % d’actifs occupés dans cette situation dont plus des trois-quarts sont des femmes), les situations professionnelles instables (10,8 % de femmes sont en CDD contre 6,5 % des hommes, tous secteurs confondus) et le travail à temps partiel dont le taux de féminisation atteint 82 % (...) d’une manière générale, les femmes sont proportionnellement plus nombreuses que les hommes à n’être qu’en activité courte, de moins de 78 h par mois. Dans tous ces emplois faiblement qualifiés, les intéressées sont le plus souvent confrontées à des conditions de travail (pénibilité, horaires atypiques…) préjudiciables à leur santé, leur vie personnelle, familiale et perçoivent une faible rémunération : les deux-tiers des salariés à bas salaires sont des femmes. Les répercussions sur le niveau de leurs pensions de retraite sont dès lors inéluctables (...) il existe ainsi un risque fort de basculement dans la pauvreté d’une partie de la population féminine au grand âge (...) »

Alors, que propose le Medef pour aider ces femmes ?

On peut trouver une liste de propositions faites par le « Comité égalité hommes femmes » du Medef.

« Le comité Egalité hommes/femmes au sein de la Commission Respect de l’Homme invite aujourd’hui la société et les entreprises à s’emparer de ce sujet et propose les quatre grandes actions suivantes

1. Faire évoluer les mentalités en cassant les stéréotypes
2. Favoriser une meilleure conciliation vie privée vie professionnelle et un meilleur partage des tâches familiales
3. Mettre en place une politique managériale favorisant une meilleure égalité de carrière et de salaire entre les hommes et les femmes
4. Inciter les acteurs de la société civile, les partenaires sociaux et les politiques à s’engager d’avantage en faveur de l’égalité homme-femme
»

D'accord, mais plus concrètement ?

Nous passerons rapidement sur l'idée qui consiste à : « Revoir les manuels scolaires en profondeur pour montrer une image non stéréotypée des femmes mais aussi des hommes dans la société comme dans le monde du travail » et qui ne coûte pas bien cher au Medef et à ses adhérents, pour nous focaliser sur celles consacrées à l'entreprise.

« Dans les entreprises, nous proposons de :

Mettre à l’honneur des femmes de l’entreprise qui ont un beau parcours professionnel et dans lesquelles les autres salariées peuvent se reconnaître pour faire évoluer les mentalités et donner envie aux autres femmes de les imiter.
Inciter les entreprises à mettre fin aux communications pouvant être discriminantes pour la femme (ex image de la femme utilisée dans les publicités)
Sensibiliser l’ensemble des entreprises aux bonnes pratiques notamment par le biais des Medef Territoriaux et des branches professionnelles en diffusant des outils pratiques
»

Et les salaires, et les conditions de travail direz-vous ?

Hé bien, il est résumé par ces quelques lignes dont la prose typiquement patronale ne vous étonnera pas : « A partir du rapport de situation comparée, réaliser un diagnostic chiffré des écarts de rémunération et une évaluation des carrières mettant en exergue les effets de structures, de secteur, de classifications et prenant en compte le temps partiel permet aux entreprises d’établir des marges de progrès et de mettre en place des objectifs chiffrés réalistes de réduction des écarts »

Quant aux problèmes de retraites des femmes, Laurence Parisot s'était exprimée en juin 2011 sur le sujet. Elle déclarait : « (...) Baisser l’âge légal de départ à la retraite des femmes par rapport aux hommes, cela équivaut à entériner cette inégalité de fait (...) Puisque les femmes vont travailler moins longtemps, celà veut dire moins de belles carrières que les hommes (...) il n’est pas question non plus que les entreprises soient les seules responsables de cette situation scandaleuse alors que bien souvent cela commence ailleurs dès l’école ou dans le foyer (...) »

Ce qui n'empêchait pas Laurence Parisot d'écrire, dans un éditorial, publié sur le site de l'égalité professionnelle : « (...) le combat pour l’égalité entre les hommes et les femmes doit nous animer à chaque instant. Parce que la misogynie est un racisme. Parce que l’inégalité est contraire à nos valeurs républicaines les plus fondamentales (...) »

En langage de la rue, tout ça porte un nom : « faire du bruit avec la bouche » et un peu aussi se foutre de la gueule du monde. Mais, il n'y a pas à dire, pour la création de belles légendes, le Medef n'a pas d'équivalent !

03 avril 2012

Pour le SAMU Social : Un « cauchemar de femmes » ... sans issue ?

Le dernier centre d'hébergement d'urgences pour femmes d'Ile de France va t-il fermer ses portes ? Le SAMU social qui en a la responsabilité ne veut pas y croire. Et pourtant à quelques jours de la présidentielle aucune solution ne se fait jour !

Le 30 mars dernier, l'épouse du Président candidat évoquant son rôle dans la campagne présidentielle, déclarait au JDD que : Si Nicolas Sarkozy n'est pas réinvesti dans ses fonctions de président, elle s'occupera de sa fondation. Et de confier vouloir « aider Stefania Parigi, la directrice du Samu social, qui crée des Maisons des femmes pour héberger les plus fragiles »

Faisait-elle référence au fait qu'en 2011 : « 4.086 femmes sans abri isolées ont appelé au moins une fois le 115 de Paris et 16.082 nuitées ont été attribuées à des femmes en centre d'hébergement d'urgence, précise le Samusocial de Paris, dont les équipes de maraude ont rencontré 601 femmes au moins une fois dans la rue » ?

Que n'en a t-elle parlé à son Président de mari direz-vous ?

Elle l'aurait probablement fait, mais, affirme t-elle : « On m’a prêté une influence que je n’ai pas, que je ne veux pas avoir, qui ne me correspond en rien »

C'est dommage car Stefania Parigi, la directrice générale du Samu social de Paris, dont on trouve une interview sur le site de la Fondation Carla Bruni Sarkozy, tirait le signal d'alarme en juillet 2011 sur Marianne2 où elle déplorait le projet du gouvernement de réduire de 25 % le budget du Samu social !

Comble d'ironie, le dernier centre d'hébergement d'urgence dédié aux femmes en Ile-de-France, est menacé de fermeture le 31 mai prochain !

Etant visiblement abandonné par le gouvernement, le SAMU Social vient en désespoir de cause de mettre en ligne un court métrage : « Cauchemar de femmes », réalisé par le cinéaste Frédéric Schoendoerffer ( en même temps qu'une pétition) montrant que les femmes SDF, isolées et en situation de grande précarité, sont souvent victimes d'agressions.

Notons au passage que l'initiative de ce film revient à Publicis partenaire de longue date du SAMU Social et dont le patron, Maurice Levy, soutien de Nicolas Sarkozy connaît quelques turbulences à cause de sa rémunération pour 2012.

Néanmoins, la détermination de ces proches du Président n'aura pas permis dans l'immédiat de sauver du centre d'hébergement d'urgence pour femmes dont la fermeture est malheureusement programmée pour le 31 mai prochain.

Mais ne doutons pas que le Président Candidat profitera des derniers jours de campagne pour trouver, à défaut de l'avoir fait pendant son quinquennat, une petite enveloppe financière destinée à sauver les 52 places dédiées aux femmes en détresse ...

28 juin 2011

Les divorcés financeront-ils l'allègement de l'ISF ?

L'UMP est l'affût de tout ce qui pourrait compenser les allègement de l'ISF. Si les résidences secondaires des français résidant à l'étranger sont passées au travers, les résidences principales des divorcées n'ont pas eu cette chance !

Question : Connaissez-vous la différence entre un français vivant à l'étranger et possédant une résidence secondaire en France et un français divorcé qui souhaite racheter à son ex-conjoint ses parts du logement principal situé en France ?

Réponse : Le premier ne sera pas soumis à une taxe destinée à financer les allègements de l'ISF. Par contre, l'autre verra augmenter la taxe sur les droits de partage de ... 150 %, pour : « compenser le manque à gagner fiscal dû à l’allégement de l’impôt sur les grandes fortunes »

Décryptage

Le 20 juin, nous apprenaient Les Echos : « (...) Nicolas Sarkozy renonçait à taxer les résidences secondaires des non-résidents (...) » Cette idée avait pourtant l'aval du Président qui a pourtant fait marche arrière, et renoncé à cette taxe, qui devait rapporter environ 176 millions d'euros, selon les estimations de Bercy.

Explication donnée par L'Express : « (...) On connaît la prédilection des Anglais pour le Périgord et la Provence, l'attirance des Belges, des Hollandais et des Allemands pour la Côte d'Azur, le goût des Italiens pour les appartements de charme des vieux quartiers de Paris (...) » Sans compter, précise L'Express : « (...) tous les Français, exilés fiscaux mais surtout expatriés pour le travail, qui gardent en France un pied à terre (...) »

Afin de ne pas contrarier les riches esthètes européens et français : « A l'unanimité des présents, le Sénat a donc adopté la suppression de cette surtaxe adoptée à l'Assemblée nationale »

Oui, mais où trouver l'équivalent de 176 millions ou même plus ?

Et bien, les sénateurs on décidé que : « (...) le manque à gagner financier sera compensé par une hausse de la taxe sur le droit de partage. En la faisant passer de 1,1% à 2,5% (...) »

Droit de partage ?

Le « droit de partage », nous explique Libération est : « (...) une taxe prélevée quand, en cas de divorce notamment, lorsqu'un conjoint rachète la part du logement de l’autre (...) » Et cette sur-taxation est prometteuse puisque : (...) Au regard des 130 000 divorces annuels, la manne serait de 323 millions par an (...) »

Ce qu'omettent de dire les parlementaires, c'est que : « (...) Sur les 130 000 divorces enregistrés chaque année, 57% des couples ont des enfants mineurs, qui, dans la majorité des cas, resteront sous la garde de la mère, qui se voit contrainte de garder le logement (...) »

Benoît Renaud, président du Conseil supérieur du notariat, n'y va pas par quatre chemins : « (...) C'est une catastrophe (...) C'est une hausse de 150 % à un moment de la vie où les gens sont déjà dans des difficultés financières (...) Pour un appartement de 800.000 euros, par exemple, le droit de partage passera de 8.800 euros à 20.000 euros (...) »

Ce qui signifie une énorme augmentation, dont les mères divorcées qui veulent conserver la propriété de leur logement principal, vont être prioritairement, les victimes au nom de « l'équité fiscale » revendiquée par l'UMP !

Ce tour de « passe passe budgétaire » n'a pas, dans l'immédiat, fait réagir Laurence Parisot notre nouvelle passionaria de l'égalité hommes-femmes pour qui : « Le sexisme est un racisme ».

En effet, savoir que l'allègement de l'ISF serait financé par une contribution, majoritairement féminine, devrait lui donner autant d'audace, que celle dont elle fait preuve, en lançant une grande opération de lobbying auprès des députés et sénateurs pour avoir la peau de ... la prime aux salariés !

Elle pourrait d'ailleurs en parler à Jean-François Copé, cet autre grand défenseur de « La place des femmes dans la société » qui n'a pas hésité à déclarer : « Il faut que les hommes s'occupent des mêmes questions que les femmes » !

27 juin 2011

Egalité hommes-femmes : Le Medef et l'UMP se moquent-ils des femmes ?

A quelques mois de la présidentielle, le Medef et l'UMP lancent un vibrant plaidoyer pour l'égalité hommes-femmes. Question : Pourquoi ont-ils attendu si longtemps et quelles sont leurs propositions ?

De qui ce constat pessimiste et alarmant ?

« (...) d’après le rapport du Forum économique mondial de Davos de 2010, la France est classée au 127ème rang sur 134 pays en matière d’égalité salariale entre les hommes et les femmes, derrière le Kenya ou le Kazakhstan ! Malgré la volonté du législateur, l’égalité professionnelle est rarement une orientation stratégique au sein de l’entreprise. On constate même aujourd’hui des signes de régression (...) Le constat actuel est implacable : les femmes représentent 51% de la population française, 47% de la population active mais 82,2% des travailleurs à temps partiel et les écarts de salaires entre les hommes et les femmes sont encore de 19% (...) » Ne cherchez pas, il est disponible sur le site Web Projet UMP 2012 !

Si le sujet de l'égalité hommes-femmes n'était pas si important, on pourrait, avec humour, déplorer, que la droite parlementaire et le Medef, ne soient pas aux commandes ... de la société française et de ses entreprises.

Du côté du Medef, on a pourtant connu Laurence Parisot plus déterminée, en ce qui concerne les femmes. Notamment, lors de la réforme des retraites, ou elle déclarait : « (...) Baisser l’âge légal de départ à la retraite des femmes par rapport aux hommes, cela équivaut à entériner cette inégalité de fait (...) Puisque les femmes vont travailler moins longtemps, celà veut dire moins de belles carrières que les hommes (...) il n’est pas question non plus que les entreprises soient les seules responsables de cette situation scandaleuse alors que bien souvent cela commence ailleurs dès l’école ou dans le foyer (...) »



Et indiquait : S'opposer à toute modification du projet de loi sur les retraites qui permettrait aux femmes ayant élevé trois enfants de ne pas attendre d'avoir 65 et 67 ans pour percevoir leur pension à taux plein - N'hésitant pas à déclarer : « Les entreprises ne sont pas seules responsables des inégalité de carrières hommes/femmes »

Néanmoins, on pourra s'étonner, en examinant les derniers textes de l'UMP et les dernières déclarations de Laurence Parisot que : la véritable égalité salariale est curieusement absente de leurs propositions !

Si du côté de l'UMP, on écrit : « (...) Les entreprises de plus 50 salariés non couvertes par un accord, ou à défaut, par un plan relatif à l’égalité professionnelle, risquent désormais une pénalité financière pouvant aller jusqu’à 1% de la masse salariale. Votée dans la loi de réforme des retraites, cette disposition était plus qu’urgente, quand on sait qu’en 2008, seulement 7,5% des entreprises avaient signé un accord sur l’égalité… Le décret d’application de cette disposition est actuellement examiné au Conseil d’Etat (...) »

Cela signifie, que le texte n'est toujours pas applicable, et que quoi qu'il arrive, les femmes travaillant dans des entreprises de moins de 50 personnes, qui représentent plus de 97% du parc français, ne seront absolument pas concernées par les pénalités et continueront à subir, légalement, une discrimination salariale !

Du côté du Medef, on préfère évoquer : « Un code de bonne conduite dans les entreprises (...) les choses avancent, notamment dans les grandes entreprises, où nous avons fixé un quota de femmes de 40% dans les conseils d’administration. Je revendique d’ailleurs, pour une large part, la maternité de cette mesure. Les entreprises sont aussi en train de multiplier les accords internes d’égalité salariale et de bonne gestion des carrières (...) »

Multiplier les accords ?

Comme l'indiquait le site Question(s) sociale(s) : En ce qui concerne les accords sur l'égalité salariale, Laurence Parisot reconnaît que : « (...) il n'y a aujourd'hui que 82 accords sur l'égalité salariale entre hommes et femmes pour plus de 200 branches professionnelles. « Je souhaite que toutes celles qui n'ont pas encore signé un accord se dépêchent de le faire, ajoute-t-elle (...) » et de préciser : « Pour réaliser cela à l’avantage de toutes les parties, il faut un consensus réel »

Par contre, en ce qui concerne : le sexisme, le machisme et la misogynie, Laurence Parisot n'a pas assez de mots pour condamner la « DSK attitude » (épargnant au passage le réflexologue Georges Tron) et fustige dans Le Parisien : « (...) les pubs sexistes (...) » produites par les agences de publicités, dont un grand nombre sont ... adhérentes au Medef et : « (...) dénonce le silence des intellectuels (...) » Sans oublier de lancer : « (...) un appel aux candidats à l’élection présidentielle pour faire enfin de l’égalité homme-femme LE thème majeur de 2012 (...) »

Bon : « tout cela est bel et beau », comme dirait un de mes amis, mais, se résume à « faire du bruit avec la bouche » !

En effet, qu'est ce qui a empêché Laurence Parisot, Présidente du Medef depuis 2005, d'imposer aux entreprises adhérentes au Medef, l'obligation d'une véritable égalité hommes-femmes ?

Car en ce qui concerne : le refus des augmentations de salaires, du partage de la valeur ajouté, du refus de quotas d'apprentis, ou de l'assouplissement des licenciements, elle a montré qu'elle savait traiter les salariés hommes et femmes de la même façon !

Que n'a t-elle mobilisé son mouvement contre la situation décrite par l'UMP : « (...) les femmes connaissent un risque accru d’être des « outsiders » sur le marché de l’emploi (...) Elles passent de plus ou moins longues périodes sur le versant « précaire » du marché de l’emploi et représentent 82,2 % des travailleurs à temps partiel (...) »

Au lieu de cela, Laurence Parisot préfère se focaliser sur : l'allongement du congé paternité, dont elle propose, que le financement ... ne soit pas assuré par les entreprises ! : « (...) Je vais écrire en juillet à tous les syndicats pour leur proposer d’ouvrir les discussions dès septembre. Il faudra bien sûr réfléchir au financement de cette mesure qui coûte cher. Il serait souhaitable que certains dispositifs actuels de soutien à la famille soient supprimés et redéployés vers l’allongement du congé paternité (...) »

Et lorsqu'on lui demande s'il faut : En passer par une loi pour codifier les rapports hommes-femmes dans l’entreprise, pour mettre fin aux comportements anormaux et aux injustices flagrantes, elle n'hésite pas un instant : « (...) Les lois existent déjà. Sans une prise de conscience et une adhésion générale, elles ne seront pas appliquées. Oui, il faut normaliser mais plutôt par des codes, des principes, des chartes de bonne conduite dans les entreprises, petites et grandes, ou grâce à des formations qui expliquent ce qu’il convient de faire et d’éviter, y compris dans les administrations (...) »

Et oui, avec le Medef, c'est une habitude : Tout commence par un débat pour finir par ... un code de bonne conduite. Evitant, de fait, l'intervention des élus de la nation et leurs éventuelles sanctions ou pénalités !

En attendant, les salariées n'apprendront rien sur la détermination du Medef ou de l'UMP sur la stricte application de l'égalité salariale. Mais seront certainement ravies d'apprendre que : « (...) Roselyne Bachelot, ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale , fait sienne les propositions de l’UMP. C'est à dire : étendre la parité aux organisations syndicales, aux Conseils de prud’hommes, Chambres de commerce et d’industrie, Chambres de métiers (...) »

Sans commentaire ...


Crédit et copyright photo
France24

17 janvier 2011

Parisot : "L'année 2011 commence bien pour les femmes " oui mais lesquelles ?

Laurence Parisot exulte : Le texte prévoyant l'instauration de quotas de femmes dans les conseils d'administration a été votée. Elle ajoute : " L'année 2011 commence bien pour les femmes " la seule question est : Oui mais lesquelles ?

" C'est une belle nouvelle pour la parité et la valorisation des femmes dans les entreprises. Il existe des moments où seul le coup de pouce, tel que le quota, peut débloquer des situations injustes. L'année 2011 commence bien pour les femmes ", a déclaré Laurence Parisot, sur le site du MEDEF, elle aurait même précisé selon La tribune : "Il existe des moments où seul le coup de pouce, tel que le quota, peut débloquer des situations injustes"

Mais quelle injustice est réparée ?

" (...) La proposition de loi prévoyant l'instauration progressive de quotas de femmes dans les conseils d'administration et les conseils de surveillance, a été votée ce jeudi en deuxième lecture à l'Assemblée nationale. Le texte porté par les députés UMP, Marie-Jo Zimmermann et Jean-François Copé, prévoit deux paliers : un premier quota de 20 % de femmes dans ces instances dans les 18 mois suivant la promulgation de la loi et de 40 % dans les quatre ans.

Cette obligation concerne toutes les sociétés anonymes cotées, celles du secteur public et celles de plus de 500 salariés et dont le chiffre d'affaires net ou le total du bilan dépasse 50 millions d'euros et ce durant trois exercices consécutifs. Un délai supplémentaire pourrait être accordé aux entreprises familiales non cotées. Le texte prévoit également que les conseils d'administration ou les conseils de surveillance, dépourvus actuellement de femmes, en nomment impérativement au moins une dans les six mois suivant la promulgation de la loi (...) " - La Tribune

Et pour réparer des injustices, Laurence Parisot s'y connaît puisque lors du débat sur la réforme des retraites, elle déclarait au sujet de la pension des femmes : " (...) sur la question des retraites des femmes, beaucoup de contre-vérités sont dites. Il est inexact de dire que le texte de loi est discriminatoire à l’égard des femmes (...) Baisser l’âge légal de départ à la retraite des femmes par rapport aux hommes, cela équivaut à entériner cette inégalité de fait (...) Les injustices dont sont victimes les femmes y compris dans la vie professionnelle et dans le foyer", ne doivent pas être entérinées par cette réforme " - Slovar Marianne2

Autres injustices mais probablement moins prioritaires pour Laurence Parisot : Le sort des femmes dans les entreprises

Temps partiel

" (...) 5,5 % des actifs sont employés en temps partiel et souhaiteraient travailler davantage, soit 1,25 million de personnes. Il s’agit à 75 % de femmes (...) Au total, 9 % des femmes salariées sont en situation de temps partiel subi, contre 2,5 % des hommes. Le taux atteint 13,9 % pour les femmes non-diplômées, 12,9 % pour celles de moins de 29 ans, 13,1 % pour les employées (...)

Inégalité salariale

" Les femmes gagnent 27 % de moins que les hommes. L’écart est de 19 % pour des temps complets et 10 % à poste et expérience équivalents (...) " nous dit l'observatoire des inégalités

Précarité

" (...) les 2 tiers des travailleurs à bas salaires sont des femmes et elles sont 2 fois plus souvent au Smic que les hommes (...) " Brigitte Grés Inspectrice générale des affaires sociales - Egalité professionnelle de juillet 2009

Des chiffres et des faits qui n'honorent pas la "féministe" Parisot !

Mais après tout, dans une période aussi difficile en termes d'emploi ou de pouvoir d'achat, comment les femmes françaises ne pourraient pas se réjouir du fait que : " (...) Selon l'association Action de femme.fr (...) la nouvelle loi (...) conduirait à nommer 181 femmes dans les conseils d'administration et les conseils de surveillance pour atteindre dans les 18 mois les 20 % de femmes dans ces instances (...) "

Car, que voulez-vous, au MEDEF on a toujours eu beaucoup de mal à faire rêver sur la vie d'une caissière ou d'une employée de bureau ...


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11 janvier 2011

Précarité des femmes : Quand Pôle Emploi s'inspire de la téléréalité !

S'il suffisait aux femmes touchées par la précarité ou le chômage d'une " journée relooking" de haut de gamme pour en sortir, ça se saurait ! C'est pourtant ce que Pôle Emploi entend faire avec une fondation dont l'épouse du premier ministre est la marraine.

Alors qu'on se gargarise au gouvernement sur l'égalité des chances et la parité, le Secours Catholique fait un constat : les femmes sont les " premières victimes de la pauvreté " ! Ils l'indiquaient dans un rapport publié par le Journal La Croix : " (...) Les femmes représentent 54,4 % des personnes accueillies en 2008 alors qu’elles n’étaient que 51 % en 1989. Surtout, leur vulnérabilité augmente : près de six femmes sur dix vivent seules, 7,6 % travaillent à temps partiel contre 2,5 % des hommes rencontrés et, à l’âge de 35 ans, 83 % d’entre elles ont des enfants à charge contre seulement 53 % des hommes (...) "

A ces difficultés s'ajoutent les mesures de baisse de plusieurs aides sociales annoncées par François Baroin et ... un nombre officiel de chômeurs de 4,019 millions

Comment dans ces conditions retrouver, durablement, sa place dans le monde du travail ?

Faute d'apporter des réponses en créant des emplois, il existe un discours droito-libéral qui consiste à expliquer à ces femmes que ce n'est pas le travail qui manque mais ... leur apparence qui est un frein à leur emploi !

C'est semble t-il la voie qu'a choisit Pôle Emploi qui s'est associé à la fondation EREEl, en recyclant le concept de l'émission de M6 : "Nouveau look pour une nouvelle vie " Emission dans laquelle, des femmes ont décidé de changer leur image et leur look. Et présentée par l'inénarrable Cristina Cordula ( ma chériiiie) qui dirige une agence de conseil en image

En effet, c'est par un communiqué du 10 janvier, baptisé : "1ère journée Action Relooking" que Pôle Emploi présente l'opération

" (...) A l'initiative de sa Présidente, Christine Salaün, le Fonds de dotation EREEL s'est associé à Pôle emploi pour organiser des journées « Relooking » dédiées aux femmes à faible revenu, bénéficiaires du RSA ou des minima sociaux ainsi qu'aux personnes en handicap rencontrant des difficultés à retrouver un travail après une longue période d'inactivité.

Tous les mois à partir du mardi 11 janvier 2011 et pendant une année complète, un petit groupe de femmes se retrouvera dans le cadre feutré des shows rooms du « Bureau d'image by Cynthia Cohen Peres » 71 avenue de Wagram Paris 17ème (...) De 10 heures à 17 heures avec une pause déjeuner organisée et financée par le Fonds de dotation EREEL, elles participeront à divers ateliers coaching destinés à leur donner les bons « réflexes » à reproduire facilement chez elles :

Les ateliers coaching beauté 1/ Atelier soin de la peau : bien préparer sa peau avant le maquillage - conseils.
2/ Atelier maquillage (mise en beauté pour un entretien) - conseils et cours de maquillage.

3/ Atelier mains et ongles (importance des mains pendant un entretien) - conseils, soins des mains et des ongles.
4/ Atelier coiffure (coupe et brushing)
Mise en beauté, relooking coiffure - Conseils pour bien se coiffer.
5/ Atelier Image de soi :
Test de couleurs (quelle couleur choisir pour mettre en valeur son teint, ses cheveux ?).

Essayage de vêtements et conseils suivant sa morphologie et adaptés au poste recherché.
Conseils pratiques sur l'importance de l'allure, de la gestuelle, de la démarche, de la diction et des intonations de voix en entretien professionnel. (...) lors de la première journée d'inauguration, Bernard Debré Président d'honneur d'EREEL, Penelope Fillon Marraine de coeur d' EREEL et Marie-Anne Chazel Marraine d'EREEL tous très touchés par cette initiative, seront présents (...) Un reportage photo sera réalisé et chaque participante sera photographiée avant et après la séance de Relooking. Elle repartira avec des cadeaux (produits de maquillage, échantillons soins de beauté, vêtements) et sera suivie individuellement tout au long de l'année par Pôle emploi et EREEL(...) "

Le communiqué n'indique, toutefois pas, si des vidéos de la transformation de "souillons" en princesses, seront disponibles sur Youtube ou Daily Motion. Ni si celles-ci deviendront ambassadrices de la cosmétique française auprès des autres femmes précaires ...

Sans commentaire !


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L'internaute