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19 juin 2012

Activité économique : Le retour des chantages du Medef ?

Dépités par la défaite de Nicolas Sarkozy et de l'UMP, le Medef voit s'envoler ses rêves de « réforme du marché de l'emploi » et de baisse des cotisations patronales. Ce qu'il espère pourtant obtenir du nouveau gouvernement, plus par chantage que par négociation !




Lorsque les salaires sont bas et qu'on compte plus de 5 millions de personnes inscrites à Pôle Emploi, il n'est pas étonnant qu'on assiste à  : « (...) une chute des carnets de commandes, des tensions sur les trésoreries, un gel des projets d'embauche, la suppression des projets d'investissements (...) » Car, rappelons le, c'est la consommation et non l'investissement des entreprises, qui tire la croissance française depuis des années. 

Néanmoins, ce n'est pas l'analyse de Laurence Parisot qui expliquait, lors de sa conférence de presse mensuelle, que : « les projets de réformes économiques et sociales du gouvernement de Jean-Marc Ayrault se traduisent par « une angoisse palpable et une inquiétude immense chez tous les entrepreneurs »

Et comment le gouvernement peut-il lever « l'angoisse palpable et l'inquiétude immense » ? 

Hé bien en revenant aux fondamentaux du Medef qui ont été rappelés le même jour dans une tribune, publiée sur le site des Echos, par plusieurs grands patrons français. les signataires en sont : Philippe Varin, le président de PSA Peugeot-Citroën, Pierre-André de Chalendar, le PDG de Saint-Gobain, Jean-Yves Naouri (président exécutif de Publicis Worldwide),  Christel Bories (ex-PDG de Constellium), Pierre Gadonneix (ex-président d'EDF), Benoît Potier (PDG d'Air Liquide), Denis Ranque (ex-PDG de Thales)

Que réclament-ils ? 

Tout simplement ce que Nicolas Sarkozy et l'UMP avaient promis au Medef en cas de réélection !

« (...) une réforme du marché de l'emploi (...) Ces industriels souhaitent à moyen terme une flexibilité accrue du travail, à travers des accords de performance (...) »

En clair, ils demandent que soient mis en place les accords compétitivité-emploi défendus par le précédent gouvernement ainsi, bien entendu, qu'une réflexion sur les obligations en cas de licenciement économique, et peut être, même la mise en place progressive d'un contrat de travail unique à droits progressif, qui permettrait de licencier sans motif et à meilleur coût.  Le tout sans aucun engagement sur l'emploi !

On remarquera au passage que Philippe Varin, le président de PSA Peugeot-Citroën signataire de la tribune envisage de fermer son usine d'Aulnay sous Bois (plus de 3000 salariés). Ce qui ressemble à s'y méprendre à un habile chantage, sachant que la fermeture pourrait intervenir fin juillet. 

Il réclament également : « (...) un allègement des cotisations patronales, afin de favoriser une montée en gamme des produits des entreprises françaises (...) »

Traduction : Ils souhaitent que la TVA sociale soit maintenue. Or, comme l'expliquait il y a encore peu Laurence Parisot, nul ne devrait contrôler l'utilisation de cette baisse qui pourrait être affectée au libre choix des entreprises, à une baisse des prix publics, à l'investissement ou rétrocédée aux actionnaires. Alors la montée en gamme ...

C'est justement au sujet des actionnaires que la patronne du Medef est montée au créneau. Elle s'élève violemment contre un probable prélèvement à la source de 3% sur les dividendes versés par les entreprises à leurs actionnaires.

Quel est le problème de madame Parisot ?

Le nouveau gouvernement souhaite inciter les entreprises à réinvestir leurs profits plutôt qu'à rémunérer grassement leurs actionnaires, explique L'Expansion. Pour ce faire, il propose d'instaurer à partir de l'été un prélèvement à la source de 3% sur les dividendes versés par les sociétés à leurs actionnaires.

Or, il faut savoir que les entreprises qui seraient les plus touchées par ce prélèvement sont loin d'être des TPE-PME puisque les plus concernés seraient : « Total (coût de 170 millions d'euros), Sanofi (123 millions), GDF Suez (101 millions), France Télécom (94 millions), EDF (63 millions), Axa (53 millions), L'Oréal (44 millions), Vivendi (39 millions), Schneider (33 millions) et Danone (30 millions). Sachant qu'en 2011, les groupes du CAC 40 ont distribué 45 milliards d'euros sous forme de dividendes et de rachats d'actions. Un montant en hausse de 15 % par rapport à 2010 » Rappelons aussi que ce sont ces entreprises qui payent le moins d'impôts sur les sociétés.

Donc, madame Parisot a attribué au gouvernement des mauvais points : Sur le coup de pouce au Smic et, surtout, sur le projet de taxe sur les dividendes distribués aux actionnaires.

Conclusion : Afin de délivrer de « l'angoisse palpable et l'inquiétude immense » les entreprises (du CAC 40 ? ), il serait nécessaire de précariser (pardon, flexibiliser) beaucoup plus les salariés, augmenter à nouveau l'âge de départ à la retraite, tout en refusant toute augmentation de salaires qui mettrait en cause la compétitivité. 

Pas certain que cette démonstration fonctionne auprès du nouveau gouvernement et de la nouvelle assemblée, du moins pour l'instant. Mais comme Laurence Parisot est persuadée que la pédagogie est répétitive ... 


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29 octobre 2010

Laurence Parisot : Les entreprises n'ont aucune responsabilité dans le chômage des jeunes !

François Chérèque a t-il pu croire une seconde à la validité de l'offre de Laurence Parisot d'une : " délibération sociale " sur le chômage des jeunes et seniors ? En tous cas, celle-ci est formelle : Il n’y a pas de responsabilité des entreprises dans le fait que le taux de chômage des jeunes soit très élevé !

Le leader de la CFDT aurait du lors de l'émission "Mots croisés" lundi soir, se rappeller de cette phrase de Nicolas Sarkozy : " pour négocier il faut avoir quelque chose à négocier" avant de lancer son : ... / ... Il faut absolument maintenant entrer dans les négociations sur l'emploi des jeunes, l'emploi des seniors, c'est une urgence"

Car, si cette offre de négociation immédiatement reprise au vol par Laurence Parisot : " ... / ... qualifiant cette proposition de "scoop" ... / ... " et affirmant " Je suis d'accord pour qu'on ouvre une délibération sociale, pour voir si on peut, sur ces sujets évoqués par François Chérèque commencer à travailler ensemble" ... / ..." - Slovar

Néanmoins, il semble bien, qu'on se soit un peu payé la tête des français, car ce joli dialogue, digne d'une pièce de Feydau, était dépourvue de spontanéité, comme le faisait remarquer le Canard Enchaîné, puisque " Raymond Soubie, le conseiller "social" de l'Elysée avait annoncé la veille sur Europe 1, le principe de telles négociations, quasiment dans les mêmes termes" - Le Monde

Au delà de ce constat, ce que nous regrettons, c'est que madame Parisot n'ait pas eu le courage de profiter de l'émission Mots croisés, pour expliquer sa perception du chômage des jeunes, qui tourne autour de 25 %

Elle a préféré se confier à Paris Match, (repris par Le Monde) où elle répond d'une façon aussi creuse que surréaliste !

Paris Match : Le taux de chômage des jeunes tourne autour de 25 %. N’y a-t-il pas une responsabilité des entreprises dans ce mal français ?

Laurence Parisot “Non, car embaucher coûte si cher que nos entreprises doivent se restreindre pour recruter. Restaurons le zéro charge pour toute embauche dans les TPE, elles sont le gisement de l’emploi futur ! " et de nous brandir : " l’Allemagne où le coût du travail est moins élevé, quoique les salaires y soient supérieurs"

Ce qui est parfaitement faux comme l'écrit Intox2007, se référant à un article du Monde du 24 mars 2010, où Mathilde Lemoine, directrice des études économiques de la banque HSBC France expliquait : " Le coût du travail est plus élevé au Royaume-Uni ou en Allemagne qu'en France"

Mais qu'à celà ne tienne puisque, Laurence Parisot a sa vision du "modèle social français "

Paris Match : Vous suggérez que le modèle social français est à revoir ?

Laurence Parisot : " ... / ... Notre modèle social doit évoluer pour intégrer une autre échelle, celle du monde, et ce fait majeur que la France est en perte de compétitivité ... / ... La ­Corée du sud va nous ravir la cinquième place des exportateurs mondiaux. C’était inimaginable il y a dix ans. Lorsque nos entreprises ne sont pas compétitives, elles doivent fermer, délocaliser, supprimer des emploi ... / ... "

Alors monsieur Chérèque, toujours persuadé de l'opportunité d'une "... / ... négociation entre le patronat et les organisations syndicales sur l'emploi des jeunes et des seniors ... / ... " ou sur ... le modèle social français du futur vu par le MEDEF ?

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Le Figaro

22 avril 2010

Tout, tout, tout, vous saurez (peut être) tout sur le MEDEF !

Le MEDEF serait-il un endroit où préfère coopter le président : plutôt qu'en menant campagne entre plusieurs candidatures qui apparaîtraient comme la manifestation de dissensions internes" ?

Non, selon ses dirigeants, le MEDEF est un mouvement sérieux où l'on parle calmement de la mondialisation, où l'on créé des comités d'éthique sur le libéralisme ou un code de de gouvernement d'entreprise et où on s'autorise à lancer des débats sur : "Etre ou ne pas être politiquement correct ? "

Bref, rien que du feutré ! Néanmoins, après l'affaire de l'UIMM, il semble qu'on on "ressort les couteaux" dans la vénérable institution.

La cause : La prochaine élection à la tête du MEDEF !

Pour beaucoup de français, l'élection à la présidence du MEDEF ne représente pas un grand intérêt. Et pourtant, cette élection est encore plus importante qu'une élection politique puisqu'elle va directement impacter la vie de millions de salariés. En effet, le MEDEF est le principal interlocuteur des syndicats de salariés et du gouvernement.

Autant dire la puissance de l'organisation qui au fil des années, au travers tout d'abord d'Ernest Antoine Sellières, puis de Laurence Parisot a cultivé le lobbying comme arme de combat.

Roland Muzeau l'évoque sur son blog : "LE LOBBYING DU MEDEF" dans lequel il fait référence à un article publié par le magazine Marianne sur : " les amendements défendus depuis 2002 par des sénateurs et des députés, inspirés par le patronat de la métallurgie" qui devrait vous donner quelques exemples significatifs.

Pour en revenir à la future élection, celle-ci, ne se passerait, selon l'une des candidate de façon démocratique !

Sophie de Menthon, à ce jour, la seule à avoir fait acte de candidature à la présidence du MEDEF contre Laurence Parisot ne sait toujours pas si elle peut être candidate.

Et pourtant, comme elle le déclarait sur Europe1 : "J'ai eu beaucoup de pressions pour ne pas me présenter et ça m'a beaucoup motivée, parce que ce sont des pressions amicales qui disent qu'il ne faut pas rompre l'unité patronale. Justement, j'ai vu un patronat qui avait peur et il ne faut pas que les patrons aient peur, il faut qu'ils soient fiers d'eux-mêmes ... / ... "

Du côté de Laurence Parisot on joue l'agacement poli : " Sophie ne m'a pas prévenue. On a été un peu surpris, c'est tout", s'est contenté de réagir Laurence Parisot mardi lors de sa conférence de presse mensuelle, soulignant ne pas encore avoir pris connaissance "des motivations" de sa concurrente.

Et pourtant sur BFM TV Sophie de Menthon expliquait que : " ce qui la motive, c'est la concurrence" !

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Alors, quel sont les arguments des deux concurrentes ?

Au niveau du Web, on ne trouve pas grand chose, à vrai dire.

Laurence Parisot, la sortante a lancé un blog sur lequel on peut lire à ce jour un seul et unique billet publié le 11mars 2011et quelques discours puisés sur le site du MEDEF. A noter l'achat de mots clés sur Google pointant sur l'adresse du blog : MEDEF, Parisot, Laurence Parisot

Du côté de Sophie de Menthon, on en saura pas plus puisque la dernière mise à jour du blog dont elle dispose sur la plate forme de RMC où elle participe à l'émission "Les grandes gueules" remonte au ... 09/10/07

Mais c'est surtout dans les medias que Sophie de Menthon se répand, notamment sur les obstacles qu'on mettrait en travers de sa candidature !

Ainsi, dans Le Parisien on peut lire : "La présidente du mouvement patronal Ethic, Sophie de Menthon, qui souhaite briguer la présidence du Medef national, attend toujours de savoir si sa société est reconnue membre du Medef Paris, condition pour qu'elle puisse officiellement déposer sa candidature. "

Et que disent les statuts du MEDEF au sujet des candidatures ?

ARTICLE 16 - CANDIDATURES Les candidats à la présidence ne doivent pas être âgés de plus de 65 ans au jour de l’élection. Ils doivent appartenir à une organisation membre actif du MEDEF ou à l’une de ses composantes et présenter les signatures de 50 membres de l’Assemblée Générale ayant voix délibérative, signatures qui seront annexées au dossier de candidature dont le contenu est déterminé par le règlement intérieur. Les dossiers de candidature à la Présidence doivent être envoyées au Président du Comité statutaire par lettre recommandée avec demande d'accusé de réception reçue au plus tard deux mois avant la date prévue pour l'élection. ... / ... "

Sophie de Menthon avance une excuse : " Comme je travaillais au Medef, je ne payais pas mes cotisations" et met en cause l'impartialité et les méthodes du MEDEF : " ... / ... J'ai voulu régler toutes mes cotisations en retard, mais au Medef Paris, on ne me prend même pas au téléphone!" Si la présidente d'Ethic parvient à adhérer au Medef, il lui faudra ensuite obtenir 50 signatures avant qu'elle puisse officiellement déposer son dossier de candidature. "Plus la réponse du Medef Paris tarde à arriver, moins j'ai de chances d'obtenir les 50 signatures"- Source Le Parisien

Or, Le Figaro nous explique que : " Lorsqu'une entreprise cherche à devenir adhérente, le Medef Paris enclenche une procédure très balisée et complexe qui peut durer plusieurs semaines et qui doit se conclure obligatoirement par un "agrément du conseil d'administration". Or la dernière réunion du CA du Medef Paris a eu lieu le 8 avril et la prochaine n'est pas programmée avant... le 22 juin, soit près de deux mois après la date limite du dépôt des candidatures (fixée au 1er mai) pour la présidence du Medef ... / ... "

Devant cet obstacle le ton se durcit puisque Léonidas Kalogeropoulos le vice-président d'Ethic a signé un article dans la Tribune au titre prometteur : "Salutaire démocratie patronale" dans lequel il écrit, entre autre :

"Il semble nécessaire de souligner en quoi faire vivre la démocratie au sein du patronat constitue une plus-value pour l'image de l'entreprise auprès des Français, alors que certaines voix voudraient au contraire favoriser une candidature unique.

En effet, selon une jurisprudence établie par Yvon Gattaz en 1981, il faudrait afficher une unité patronale sans faille en cooptant un président, plutôt qu'en menant campagne entre plusieurs candidatures qui apparaîtraient comme la manifestation de dissensions internes.

En son temps, cette posture se comprenait face à un gouvernement élu pour mener un vaste programme de nationalisation. Mais le patronat serait-il donc la seule enclave de la société française où ce qui fut décidé en 1981 devrait demeurer immuable plus de vingt-cinq ans après ? ... / ... "

Ah bon ! Mais alors, cette campagne serait-elle celle qui va enfin nous permettre de tout savoir sans avoir osé le demander sur le MEDEF et ses méthodes ?

La suite, vite ...

23 février 2010

Découvrez le "jeu des auto-entrepreneurs" qui ... ne fonctionne pas !

" Après avoir joué à Ma cyber Auto-Entreprise, vous aurez toutes les clés en main pour éviter les pièges et réussir dans votre activité. En 3D, ma cyber Auto-Entreprise est un jeu de simulation et d’apprentissage ... / ... " Ecrivaient les sites Aide création d'entreprises et Fédération auto entrepreneurs le 5 février 2010.

Le seul problème, c'est qu'aujourd'hui, 23 février, le site indique toujours : inscrivez-vous pour être prévenu du lancement du jeu !

Manque de moyens ou précipitation électorale due à la proximité des régionales ?

Ah, l'auto entrepreneur ! Celui qui va selon les dires de François Fillon et Hervé Novelli sauver la France et transformer les chômeurs et précaires en patrons et les salariés en ... sous traitants !

Le 17 février dernier, je participais avec ma webcam au débat organisé par LCP AN sur les auto entrepreneurs : "Demain, tous patrons ?"


Demain, tous patrons ?
envoyé par LCP-AN. - L'actualité du moment en vidéo.


Il faut dire que même Catherine Vautrin (Membre du Conseil municipal de Reims, Députée UMP de la Marne, Membre de la commission des affaires économiques, de l'environnement et du territoire) avait du mal à être enthousiaste compte tenu des nombreuses entorses et dérives constatées sur le terrain

En effet, on ne compte plus les CDD, missions et offres d'emplois retoqués en statut d'auto entrepreneurs. Le tout bien entendu sans contrôle (ce que reconnais madame Vautrin). Si sur le plateau a été évoquée la piste de l'inspection du travail, il faut savoir que ses attributions et la faiblesse des effectifs ne lui permettrait pas d'arbitrer les situations les plus litigieuses.

Pour en revenir à "Ma cyber Auto-Entreprise", à défaut d'être opérationnel, le site vous propose une vidéo : "Découvrez Ma cyber Auto-Entreprise, un jeu sérieux en 3D qui vous permet de tester vos compétences d'auto-entrepreneur. Après avoir joué à Ma cyber Auto-Entreprise, vous aurez toutes les clés en main pour éviter les pièges et réussir dans votre activité"



Et Formanoo (informé, par un dossier presse ?) d'ajouter au sujet de ce site :

" Ma cyber auto-entreprise est un jeu en 3D destiné à toute personne souhaitant se lancer dans l'aventure de l'auto-entrepreneuriat. Composé de 4 modules, "ce jeu doit permettre à l'auto-entrepreneur :
- d'assimiler les compétences nécessaires pour devenir un patron performant,
- d'être sensibilisé aux bonnes pratiques de l'entrepreneuriat,
- de progresser dans le pilotage de son activité, [...]
- d'être mieux guidé vers les réseaux d'acteurs de l'accompagnement à la création d'entreprise"

Un peu limite, vous ne trouvez pas, face au grave problème d'emplois que connaît notre pays ? Et surtout, crédibiliser (ou décribiliser) des projets au travers d'une sorte de jeu vidéo, n'est-il pas un énorme "foutage de gueule" !

Car, il faut rappeler que l'auto entrepreneur est en réalité un fourre tout, dans lequel, on trouve : des étudiants, salariés, retraités, fonctionnaires qui peuvent comme l'écrit le Ministère des finances : " créer leur entreprise individuelle et exercer une activité commerciale, artisanale ou libérale, à titre principal ou complémentaire ... / ... "

Il est vrai que confrontés à la montée inexorable du chômage, le gouvernement fait feu de tout bois et essaye de persuader les salariés que leur avenir est entre leurs mains ... une fois licenciés . Et que les seniors sans emploi ou les chômeurs en fin de droits peuvent y tester un hypothétique projet !

Terrible aveu d'impuissance de la part de politiciens, chantres du plus pur libéralisme économique, qui dans le même temps, sont obligés de se renier. Tel Christian Estrosi qui ne cesse de clamer son indignation, sur les plans sociaux organisés par ses "amis" patrons, qui continuent à dégraisser !

Mais comme le rappellent le Président, ses ministres et sa majorité : l'emploi est aujourd'hui clairement orienté vers les TPE. TPE qui sont citées à tout bout de champs par le MEDEF, la CGPME et les pouvoirs publics, comme l'avenir économique du pays.

Seulement, comme on le reconnaît en haut lieu, ces TPE ne grandissent pas et ne viennent pas compenser en termes d'emplois les suppressions organisées par les entreprises du CAC 40 défendues par Madame Parisot (vous savez, celle de la "PME attitude" !)

C'est pour cela que le gouvernement se focalise sur les auto entrepreneurs et annonce à grand renfort de discours des mesures pour aider les TPE. Ces annonces et aides proclamées sont elles à la hauteur des difficultés rencontrées au quotidien par les entreprises de moins de 20 personnes ?

Il faut croire que non puisque : "Les patrons des très petites entreprises se sentent lâchés par l'Etat. Une majorité de patrons d'entreprise de moins de 20 salariés s'estiment effectivement délaissés par l'exécutif, tant au niveau de l'Etat que des conseils régionaux, selon un sondage Fiducial-Ifop publié lundi 22 février. Interrogés pour désigner le type d'entreprises auquel le président Nicolas Sarkozy et le gouvernement accordent la plus grande attention, 62% des patrons de TPE citent les très grandes entreprises et celles du CAC 40, 24% les grandes entreprises de 250 à 1.000 salariés et 9% les PME. Seuls 3% des sondés citent les TPE et 18% seulement estiment avoir réellement bénéficié des réformes engagées depuis 2007 (3% "beaucoup, 15% "assez").

58% des patrons de TPE estiment d'autre part qu'il n'y a pas de "ligne directrice forte de nature à restaurer la confiance et la croissance" et donc de contenir le chômage ou d'améliorer les finances de l'Etat dans l'action et les discours du président Sarkozy
... / ... " - Source Challenges

Mais, cette situation et ce sentiment, les futurs auto entrepreneurs ne les découvriront que lorsqu'ils auront réussit au : " jeu sérieux en 3D qui vous permet de tester vos compétences d'auto-entrepreneur" Pour ce faire, il devront dans l'immédiat suivre la procédure suivante : "Entrez votre adresse électronique et nous vous tiendrons au courant du lancement du jeu ! " ...

Sources et copyright
Ma cyber auto entreprise

11 septembre 2009

Auto-entrepreneurs : Un succès ... pas vraiment impressionnant !

C'est le journal les Echos qui donne l'information : "Mis en place au début de l'année, le régime de l'auto-entrepreneur séduit les Français. Mais les premières déclarations de chiffre d'affaires font état d'une faible proportion d'auto-entrepreneurs ayant déclaré une activité réelle pour le deuxième trimestre "

Alors fin d'un mythe ou révélation d'un bluff ?

Souvenez-vous, c'était en en juillet 2009, c'est à dire hier. Christine Lagarde et Hervé Novelli étaient tout sourire :

" Selon les statistiques publiées par l'Insee, le nombre mensuel de créations d'entreprise a atteint en juin un record historique pour franchir le seuil symbolique des 50.000 et s'établir à 51.247. Pour Christine Lagarde, ministre de l'Économie, et Hervé Novelli, secrétaire d'État chargé du Commerce et des PME, ce succès reflète la vigueur du dispositif de l'auto-entrepreneur mis en place en janvier.

Ils font en effet remarquer dans un communiqué que "271.896 entreprises ont déjà été créées sur les six premiers mois de l'année 2009, soit 60 % de plus que sur la même période en 2008 et malgré un contexte économique beaucoup plus dégradé". Au 15 juillet, le nombre d'auto-entrepreneurs s'établissait à 182.000, dont 165.000 nouveaux créateurs d'entreprise et 17.000 micro-entrepreneurs qui ont opté pour l'auto-entreprise ... /... "

Au gouvernement, on exultait et on parlait d'un "succès impressionnant"

"Le dispositif de l'auto-entrepreneur est un succès impressionnant, bien au-delà de ce que nous avions escompté", se réjouissait Hervé Novelli.

" ... / ... Les secteurs comptant le plus grand nombre d'inscrits sont la construction (12%), les activités commerciales de détail (19%) et les "autres activités commerciales et de service" (21%) ; mais il faut aussi noter la présence des secteurs de l'enseignement (5%), des activités informatiques (6%), du secteur "design, photographie, traduction..." (6%), des arts et spectacles (5%) ... / ... " - Source La Tribune

Du côté de l'opposition et des organisations patronales de l'artisanat, on agitait la concurrence déloyale entre les artisans et ces nouveaux entrepreneurs

" ... / ... « Les auto-entrepreneurs étant par ailleurs salariés ou retraités, ils ne prendront qu’un faible risque et l’on verra ainsi apparaître des marchés sans référence de prix. » ... / ... « Comment un client pourra-t-il vérifier que celui à qui il va confier une prestation sera capable de la mener à terme ? Sans registre, comment pourra-t-il vérifier sa qualification ? » Des questions qui restent pour le moment sans réponse" - Source Création d'entreprise

Au point qu'Hervé Novelli a du faire marche arrière lors de la Journée des présidents des Unions professionnelles artisanales (UPA) à fin juin :

" .../ ... Tout d'abord, la qualification professionnelle va évoluer, car source d'«incohérence». «Il n'est à aucun moment demandé au créateur d'entreprise d'attester qu'il possède (les) qualifications professionnelles (exigibles) avant de démarrer», a expliqué Hervé Novelli. Ainsi, il souhaite désormais «qu'avant toute création d'entreprise dans le domaine artisanal soumise à qualification professionnelle, le créateur atteste de sa qualification», comme l'obtention d'un diplôme, trois ans d'expérience professionnelle ou encore une validation des acquis d'expérience. Cette mesure s'appliquera selon le secrétaire d'Etat «à tous, auto-entrepreneurs comme artisans de droit commun "

De plus, Hervé Novelli souhaite que «les auto-entrepreneurs qui ont une activité artisanale à titre principal soient désormais tenus de s'inscrire au répertoire des métiers». Cette immatriculation sera «gratuite et sans taxe pendant les trois premières années à compter de leur création d'activité», a-t-il ajouté ... / ... " - Source Le Figaro

Ce qui a réduit l'impact de la mesure qui était basée sur l'entière liberté d'entreprendre. Car, ne l'oublions pas, permettre à n'importe qui de cumuler un emploi avec une activité parallèle officielle est une simple extension du "travailler plus" et un moyen détourné pour expliquer au gens qu'on ne peut rien faire en termes d'augmentation de salaires et de pouvoir d'achat.

D'ailleurs Hervé Novelli ne s'en cachait pas en Novembre 2008 dans le Figaro : "... / ... Fondamentalement, cela consiste à offrir à chacun la possibilité de bénéficier d'un gain de revenus supplémentaires, ce qui, en cette période de ralentissement économique, répond à un vrai besoin. Cela devient même une arme anticrise ... / .. "

A tel point que la restriction qui concernait les fonctionnaires a évolué, bien que le gouvernement se fasse discret sur le sujet. En effet, même si : "Eric Woerth, ministre du Budget et de la Fonction publique, et Matignon ont eu le souci de ne pas dégrader l'image des fonctionnaires dans l'opinion publique, avec des agents qui délaisseraient trop leur mission pour leur activité privée "

On peut lire sur La Gazette des Communes

" Les fonctionnaires qui souhaitent ouvrir une chambre d'hôtes ou faire du dépannage informatique devraient pouvoir en avoir bientôt le droit, selon un projet de décret en préparation, a-t-on indiqué de source gouvernementale, confirmant une information parue dans les Echos du 10 septembre.

"Il y a bien un projet de décret pour la fonction publique dans les tuyaux, pour tenir compte du nouveau statut d'auto-entrepreneur, mais tant qu'il n'est pas signé par le premier ministre, il ne s'agit que d'un projet" a-t-on indiqué dans l'entourage du ministre du Budget et de la Fonction publique Eric Woerth. Le projet envoyé au Conseil d'Etat va élargir les possibilités d'activités accessoires, dont "la mise en valeur d'un patrimoine personnel y compris la restauration et l'hébergement", a précisé la même source. Jusqu'à présent, il était impossible à un fonctionnaire d'ouvrir des chambres d'hôtes .../ ....

Le texte ajoute également à la liste des activités possibles la "vente de biens fabriqués personnellement par l'agent" (peinture, bijoux, poteries). "Il s'agit de changements plutôt à la marge" par rapport au décret du 2 mai 2007 (2007-158) relatif au cumul d'activité des fonctionnaires des agents non titulaires de droit public, et des ouvriers des établissements industriels de l'Etat", a précisé l'entourage d’Eric Woerth. Selon la même source, ce cumul est soumis à autorisation du chef de service, et "cela restera le cas". Néanmoins, : "Le statut général de la fonction publique pose le principe qu'un agent public doit consacrer l'intégralité de son activité professionnelle aux tâches qui lui sont confiées, mais "depuis toujours" ceux qui le souhaitent peuvent exercer, en sus de leur activité principale, des activités accessoires, grâce à des dérogations, avait alors expliqué le ministère." -

Voir aussi l'article publié sur le site auto-entrepreneur.com

Preuve s'il en est qu'il s'agit bien dans l'esprit des pouvoirs publics de privilégier une forme de paix sociale en passant des dérogations au cumul légal.

Oui, mais pour ceux qui ne sont ni retraité, ni titulaire d'un emploi dans le public ou le privé, le choix du statut d'auto entrepreneur est-il toujours volontaire ?

Tubbydev sur son blog nous donne quelques exemples "pervers" que le système pouvait générer et qui, nous en sommes témoins sont appliqués à ce jour dans l'informatique et les métiers du Web.

" .../ ... Il est en effet très facile et extrêmement tentant pour un patron de changer ses salariés en auto-entrepreneurs. Cela lui permet de passer ses charges fixes en charges variables et surtout de ne plus avoir à gérer l’incroyable paperasse que nécessite la gestion de salariés.

... / ... Le transfert des salariés en “entrepreneurs forcés” existe depuis longtemps; de grosses entreprises y ont souvent eu recours notamment dans le domaine informatique.

Le calcul est simple. Plutôt que d’avoir des salariés, vous pouvez passer par une SSII qui vous propose des gens en régie ... / ... mais c’est cher. C’est notamment très cher par rapport à ce que touche la personne qui travaille chez vous et qui s’en contente.

... / ... Par exemple, un développeur payé 300 euros ht la journée dans une SSII, vous coûte 6000 euros par mois en moyenne et en touche lui au maximum 3000.

Vous le payez 4000 euros par mois après qu’il ait monté sa société ou soit devenu auto-entrepreneur et vous économisez 2000 euros par mois avec en bonus la possibilité de rompre le contrat beaucoup plus facilement qu’un contrat de SSII.

par ailleurs, l’inspection du travail aura plus de difficultés à montrer que le contrat avec la SSII est une sorte d’embauche déguisée puisque les gens que vous louent ... / ... travaillent chez vous depuis 2 ans, tout le temps.

Autre idée : vous licenciez les gens qui travaillent chez vous en les changeant ensuite en auto-entrepreneurs. le statut est compatible avec le chômage; résultat: l’ex employé touche le chômage + un petit qqch en continuant à travailler chez vous.

Dans quelques mois, y aura-t-il des statistiques sur les “nouveaux chômeurs” qui ont des contrats avec leur ancienne société en tant qu’auto-entrepreneurs ?... / ... " Intégralité de l'article sur le site de Tubbydev

Nota : Le rédacteur de cet article et plusieurs de ses amis se sont vus proposer les montages expliqué par Tubbydev. Sans oublier le faux stage qui remplace la période d'essai (payée par pôle emploi) pendant lequel le "stagiaire" effectue des prestations normales sans l'ombre d'une formation quelconque.

Au delà du traditionnel cirque médiatique auquel se sont livrés Hervé Novelli et Christine Lagarde, nous n'avons pas trouvé de "statistiques sur les nouveaux chômeurs qui ont des contrats avec leur ancienne société en tant qu’auto-entrepreneurs " mais, on en sait plus depuis ce matin sur le "succès impressionnant".

C'est le site du journal La Tribune qui donne les premiers éléments

" Mis en place au début de l'année, le régime de l'auto-entrepreneur séduit les Français. Mais les premières déclarations de chiffre d'affaires font état d'une faible proportion d'auto-entrepreneurs ayant déclaré une activité réelle pour le deuxième trimestre (seulement 4.400 recensés par l'Urssaf de Paris, qui recouvre un tiers des cotisations nationales).

La moyenne de chiffre d'affaires est de 4.700 euros par trimestre. Le secrétaire d'État au Commerce et aux PME, Hervé Novelli, à l'origine de ce statut, attend des statistiques complètes, que devrait lui fournir, prochainement l'Acoss, qui fédère les Urssaf "

Au fait, l'Acoss profitera t-elle de cette occasion puis lui transmettre ses derniers chiffres sur les pertes nettes d'emploi ?

" ... / ... l'Acoss (banque de la Sécu), qui fédère les Urssaf chargées de collecter les cotisations sociales des entreprises, a enregistré 207.000 pertes nettes d'emplois (- 1,2 %) au deuxième trimestre, autant qu'au premier trimestre, et 563.000 sur un an (- 3,1 %)" - Source Le Point

De même, notre ministre pourrait-il prendre connaissance des derniers chiffres des défaillances d'entreprises :

" ... / ... Le premier semestre 2009 a été marqué par une hausse de 17% des défaillances d'entreprises en France (33 200 jugements prononcés) et atteint le niveau semestriel le plus élevé depuis 1990, selon l'étude semestrielle d'Euler Hermes SFAC " - Source Les Echos

De quoi se réjouir ... modérément !

Décidément, Hervé Novelli continue sa "success story" commencée par le franc succès de la baisse de l'ensemble des prix de la restauration ....

Il ne faut toutefois pas désespérer de l'homme puisqu'il a été capable de stopper un plan social :

" Après avoir enregistré de nouvelles commandes providentielles, l'entreprise va remettre à plat son plan social qui prévoyait 163 suppressions de postes. Mardi, les salariés de Plastivaloire ont ainsi été reçus par le directeur de cabinet du ministre de l'Industrie, Christian Estrosi, lors de son déplacement à Châtellerault (Vienne). Tout porte à croire que le secrétaire d'État aux PME (et ancien député du Chinonais) Hervé Novelli s'est aussi fortement impliqué dans le dossier. L'intéressé a d'ailleurs annoncé qu'il devrait se rendre aujourd'hui à Langeais (siège du groupe) pour rencontrer le PDG de Plastivaloire, Patrick Findeling, en présence des responsables de la chambre de commerce et d'industrie. Il tiendra ensuite une réunion avec les représentants des salariés de l'entreprise. Hervé Novelli ne souhaitait pas en dire plus hier soir, se contentant d'indiquer que les informations qu'il apportera au personnel seront « positives ».

Il est vrai qu'Hervé Novelli connait un peu l'Indre et Loire puisqu'il a été : "Député d’Indre-et-Loire, de 1993 à 1997, de 2002 à 2007" et qu'il n'a jamais cessé de parcourir, depuis, son ancienne circonscription et surtout qu'il a été investit officiellement par l'UMP pour les régionales de 2010 dans la région centre.


C'est vraiment dommage pour les plans sociaux qui touchent les salariés des autres régions de France ...


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Salon des micro entreprises




23 juin 2009

SMIC : "de solides constatations empiriques convergent" pour ne justifier que ... 11 centimes de l'heure d'augmentation !

Le ministre du Travail a expliqué que la hausse du SMIC "garantit le maintien du pouvoir d'achat alors que l'on est dans une inflation nulle ou quasiment négative". En clair : C'est déjà pas mal et n'y revenez-pas !!!

Les français ne se font plus aucune illusion sur le train de vie de nos élites et leur vision de l'équité. Nous avons évoqué très récemment les travaux de René Dosières sur le train de vie de l'Elysée et le coût exorbitant du congrès de Versailles.

Le "faites ce que je dis mais pas de que je fais" est bien illustré par les propos de Rober Badinter : "Si le discours de Nicolas Sarkozy dure 50 minutes", cela "coûtera près de 5 000 euros la minute" "C'est certainement l'éloquence la plus chère que je connaisse..."

Les annonces du Chef de l'Etat, dont, l'emprunt national que Xavier Bertrand, était incapable de donner les modalités, chiffrer et même de donner une date de lancement ce matin sur Europe1 n'ont pu occulter l'annonce de la très faible hausse du SMIC.

Et pourtant cette annonce est fondamentale puisqu'elle concerne environ 3,4 millions personnes qui représentent à elles seules 14% des salariés.

Le Smic sera augmenté de 1,3 % le 1er juillet, ce qui représente une augmentation de 11 centimes de l’heure (8,82 euros, contre 8,71 actuellement). Le montant du Smic mensuel en Brut est donc fixé à 1321,02 euros à temps plein.

Pour déterminer le niveau de cette hausse, Brice Hortefeux a expliqué que le gouvernement s'était appuyé sur un rapport d'experts indépendants qui mettait en garde contre "les conséquences graves sur l'emploi" qu'aurait pu avoir un effort supplémentaire. Le groupe de cinq économistes, choisis par le gouvernement pour quatre ans, estime que "les hausses du Smic ont été particulièrement soutenues depuis une quinzaine d'années", avec "des conséquences incontestablement défavorables".

Mais qui sont ces économistes choisis par le gouvernement ?

Liste complète des membres :

Paul Champsaur, ancien directeur général de l'Insee, président de l'Autorité de la statistique publique, est nommé président du groupe d'experts, et les économistes Gilbert Cette, MartineDurand (OCDE), Francis Kramarz, Etienne Wasmer sont nommés membres du groupe d'experts sur le salaire minimum de croissance, sur proposition de la ministre de l'Economie, de l'industrie et de l'emploi et du ministre du Travail, des relations sociales, de la famille, de la solidarité et de la ville. Ce groupe devra chaque année se prononcer sur l'évolution du Smic.- Arrêté du Premier ministre en date du 23 mai 2009, paru au JORF n° 0119 du 24 mai 2009.

Il est à noter que Gilbert Cette, est coauteur avec Pierre Cahuc et André Zylberbergen 2008 d'un autre rapport critiquant le niveau "élevé" du Smic et son application "uniforme" quel que soit la branche d'activité, l'âge ou la région du salarié.

Il est aussi à noter que la décision prise en 2009 par le groupe d'experts est absolument conforme ... au rapport de 2008 rédigé par MM Cette, Cahuc et Zylberbergen. Preuve que le groupe d'expert applique une stratégie de "liquidation " du SMIC dans sa forme actuelle en nous faisant croire que le résultat de sa décision est lié à la période de crise économique !!

Explications du gouvernement :

Dans un contexte de fort accroissement du taux de chômage, qui a atteint 8,7% au premier trimestre de 2009, le gouvernement estime qu'une hausse exceptionnelle du smic risquait d'avoir un "effet boomerang" sur l'emploi dans les PME. - Le Point

Quelle est la situation des salariés aux SMIC dans les PME ?

Les salariés payés au minimum légal travaillent majoritairement dans des petites entreprises : dans les sociétés de moins de 10 salariés, la part des salariés au Smic atteint 30%, et près de 60% des "smicards" travaillent dans une entreprise de moins de 50 salariés, selon le ministère de l'Emploi. Ils sont nombreux dans les hôtels, cafés et restaurants, secteur dont près de la moitié des 517.000 salariés (46,1%) sont payés le minimum légal. Mais la palme revient à la restauration rapide et aux entreprises de propreté, où respectivement 66,5% et 60,9% des employés sont au Smic horaire (8,71 euros brut), et pour la plupart à temps partiel.- Europe1

La CGPME est d'ailleurs particulièrement sensible sur le sujet et pousse des hauts cris dès que le mot SMIC est évoqué. C'est elle notamment qui est censée représenter le mieux les TPE/PME et qui ne cesse de clamer sa représentativité et le manque de moyens financiers de ses adhérents.

La CGPME de Jean-François Roubaud a publié ses comptes 2008 sur Internet. Le document, très court, ne présente qu'un bilan et un compte de résultat simplifiés, non consolidés.

Les cotisations des adhérents progressent de 2,3 %, à 1,5 million d'euros. Mais elles ne représentent que 17 % des recettes (sur un total de 9 millions), contre 62 % au Medef. Le plus gros des ressources de la CGPME (80 %, contre 32 % au Medef) provient du financement du paritarisme par les fonds de la formation professionnelle (Agefos et Fongefor) et du 1 % logement. Les actifs de la CGPME sont constitués, pour l'essentiel, du siège de la Défense, évalué à 1,4 million d'euros, et d'un portefeuille financier valorisé à 0,9 million d'euros.- Les Echos

En réaffectant certaines sommes de la formation professionnelle et du 1% logement perçus pour le fonctionnement de la CGPME, on pourrait probablement donner un coup de pouce aux petits salaires Monsieur Roubaud ! Surtout que la TVA à 5,5% devrait permettre de mieux payer les salariés des adhérents restaurateurs et hotelliers de la CGPME ...

Du côté du MEDEF, Madame Parisot continue de clamer que l'augmentation des bas salaires en France fait fuir les entreprises et qu'un SMIC par branches ou pas de SMIC du tout serait favorable à l'emploi ! Mais on affiche toujours le plus grand silence sur l'échéance de : l'affaire UIMM qui mettait à jour les quelques 19 millions d'euros en liquide ont été retirés des caisses de l'UIMM entre 2000 et 2007. Car depuis mars 2009, on sait que la présidente du Medef, Laurence Parisot, a été déboutée de ses poursuites en diffamation contre Daniel Dewavrin, un ancien président de l'Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM affirmait que ). Ce-dernierLaurence Parisot était au courant «depuis longtemps» de l'existence de retraits de fonds suspects au sein du patronat de la métallurgie. - Rue89

Et si on retrouvait les 19 millions d'Euro "égarés, ça pourrait être un bon début pour financer quelques augmentations de salaires, Madame Parisot !!!

Deux bonnes pistes pour améliorer les relations sociales et le pouvoir d'achat qui n'ont pourtant pas été étudiées par le gouvernement.

Par contre, les experts nommés par le gouvernement ont tranché : Ils jugent également que "le coût du travail au niveau du Smic est aujourd'hui l'un des plus élevés des pays de l'OCDE" et que "de solides constatations empiriques convergent pour affirmer qu'un coût du Smic élevé évince du marché du travail les travailleurs les plus fragiles". En outre, les politiques de soutien au revenu du travail à travers la PPE (Prime pour l'emploi) et le RSA (Revenu de solidarité active) leur "apparaissent plus appropriées pour réduire les inégalités des revenus du travail (...)".

Il est à noter que MM Champsaur, Cette, Wasmer et Mme Martine Durand n'ont jamais essayé de vivre avec 1321,02 euros mensuel brut. Mais puisqu'ils recommandent la piste du RSA, c'est qu'ils considèrent que le SMIC est encore un "avantage scandaleux" réservé à des privilégiés qui refusent le changement et les règles incontournables de la mondialisation ...

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Lasserpe



07 août 2008

Pouvoir d'achat ... des actionnaires

En 2007 le groupe HENKEL qui fabrique (entre autres) les produits suivants : Loctite, Le Chat, Scharzkopf et Persil avait fait un bénéfice net de 234 millions d'€.

En 2008, celui-ci ne sera que de 38 millions d'€ avec néanmoins un chiffre d'affaires en hausse de 11,4% à 3,7 milliards d'€.

Inquiétude pour le groupe ? Il semble que non.


HENKEL sur la partie presse de son site s'en explique

Bonne croissance organique pour Henkel.

* Forte croissance des ventes de 11,4 %
* Croissance organique des ventes : plus 6,1 %
* Résultat d’exploitation (EBIT) après ajustement : plus 7,8 %
* Ventes dans les régions de croissance : 19,5 % d’accroissement des ventes

« En dépit d’un contexte économique difficile, toujours autant marqué par des prix de matières premières en forte hausse et un faible dollar américain, nous sommes parvenus à une croissance organique des ventes particulièrement encourageante » ... / ... Malgré un environnement difficile, nous avons confiance dans le développement pour le reste de l’année. » ... / ...

La rentabilité des ventes (EBIT) s’est élevée à 3,1 %, les rentabilités des ventes ajustées (« marge EBIT ajustée ») étant retombées de 10,5 % à 10,1 %. Ceci est dû avant tout aux secteurs d’activité Détergents & Produits d’Entretien et Adhesive Technologies fortement touchés par les augmentations du prix des matières premières. Le résultat des participations, principalement dû à la participation Ecolab, est resté constant à 24 millions d’EUR malgré un dollar américain plus faible ... / ...

Le bénéfice par action préférentielle a baisse à 0,09 EUR. Après ajustement, il est tombé de 5,5 % à 0,52 EUR.

Développement des secteurs d’activité

... / ... Cette diminution reflète avant tout la hausse persistante des matières premières, ayant entraîné une hausse significative des coûts des matériaux. Cette hausse n’a pas encore pu être compensée par les augmentations de prix appliquées jusque-là et par les mesures déployées pour réduire les coûts et augmenter l’efficacité. Dans le segment des lessives, la croissance organique a avant tout été portée par l’Europe de l’Est. .. / ...

Dans le secteur d’activité Cosmétiques, la tendance particulièrement positive des derniers trimestres s’est poursuivie avec une forte croissance organique des ventes de 5,9 %. Toutes les régions ont contribué à cette croissance organique. En plus d’un développement extrêmement positif en Amérique du Nord, l’activité en Europe de l’Est et en Amérique latine a également enregistré une forte croissance. ... / ...

Evolution par région

La région Europe/Afrique/Proche-Orient a enregistré une augmentation encourageante de la croissance organique de ses ventes de 6,2 %. Tous les secteurs d’activité ont contribué à cette croissance. Après ajustement des effets liés aux opérations de change, les ventes ont augmenté de 10,4 %. Au total, elles s’élevaient à 2.283 millions d’EUR, soit 8,2 % de plus que le niveau de l’année précédente. En Europe de l’Est et en Afrique/Proche-Orient, des taux de croissance organique à deux chiffres ont pu être nettement atteints alors que l’évolution en Europe occidentale, Allemagne comprise, s’est avérée légèrement négative. Au total, la part des ventes de la région s’élevait à 62 %. Les ventes organiques dans la région Amérique du Nord ont augmenté d’un bon 3,8 % ... / ... Les activités dans la région Asie/Pacifique se sont aussi développées de manière positive. Les ventes ont augmenté de 44,9 % à 432 millions d’EUR.

Dans les régions de croissance Europe de l’Est, Afrique, Proche-Orient, Amérique latine et Asie (sans le Japon), les ventes se sont accrues de 19,5 % pour passer à 1.336 millions d’EUR. Ceci correspond à une part sur les ventes globales de 36 %. Après ajustement des effets liés aux opérations de change, les ventes ont augmenté de 27,0 %, la croissance organique a atteint 15,7 % et a été générée par tous les secteurs d’activité.

Prévisions des ventes et des résultats actualisés pour 2008

Nous comptons sur une croissance organique des ventes (après ajustement des effets liés aux opérations de change et aux acquisitions/désinvestissements) de l’ordre de 3 à 5 %.

Pour le résultat d’exploitation, après ajustement des dépenses uniques et des produits ainsi que des dépenses pour restructuration (« EBIT ajusté »), nous prévoyons une croissance dans la fourchette basse d’une quinzaine de % (base 2007 : 1.370 millions d’EUR).

En ce qui concerne le résultat par action préférentielle et après ajustement des dépenses uniques et des produits ainsi que des dépenses pour restructuration (« EPS ajusté »), nous comptons sur une croissance dans la fourchette basse des cinq % (base 2007 : 2,19 EUR).

Donc, tout va bien ?

Oui semble t-il, sauf pour les 3 000 emplois supprimés par la restructuration en cours. Cette restructuration n'ayant pas eu les effets escomptés, le groupe HENKEL va donc augmenter ses prix de 5 à 10% au cours du second semestre 2008.

Cette annonce a réjoui les investisseurs puisque l'action Henkel s'adjugait plus de 3% à 27 euros en fin de matinée à la Bourse de Francfort, sur l'annonce d'une augmentation de ses prix. Source La Tribune

Quelle est la situation de son concurrent Procter & Gamble le N°1 mondial ?

Le chiffre d'affaires a crû de 10% à 21,27 milliards de dollars, dépassant le consensus d'analystes de 21,04 milliards, porté par les ventes dans les pays émergents, des hausses de prix et l'impact du dollar faible, qui accroît la valeur des ventes dans les pays hors des Etats-Unis.

"Nous avons vu des consommateurs se tourner vers des marques moins chères (dans les détergents) qui sont encore des marques Procter & Gamble", a déclaré le directeur financier du groupe Clayton Daley lors d'une conférence téléphonique avec des analystes, à propos des conséquences des hausses de prix opérées par P&G.

Il a ajouté que les consommateurs pouvaient aussi monter en gamme si le produit le justifiait comme par exemple dans certains shampooings. Source La Tribune

Procter & Gamble qui avait récemment augmenté ses prix de 3% au printemps promet pour certains de ses produits une hausse de 16% dès la rentrée.

Mardi, le titre Procter & Gamble gagnait 2,84% à 67,69 dollars sur le Nyse vers 14h30 GMT. On ignore pour l'instant si l'entreprise diminuera ses effectifs.

ça c'est du pouvoir d'achat ... pour actionnaires !!!! Quant aux consommateurs qu'ils suivent les conseils de Clayton Dayley et se fasse plaisir de temps en temps avec ... un shampooing à prix d'or.

03 mars 2008

Rions un peu (mais pas trop) avec L'UIMM

Pierre DESPROGES disait "qu'on peut rire de tout mais pas avec tout le monde" Et bien pourtant, prise dans la tourmente de "l'affaire GAUTIER SAUVAGNAC", l'UIMM se lance dans la communication de crise en proposant aux français de rire de ... n'importe quoi.

Fédéric Saint Geours qui a succédé à DGS vient en effet de faire des déclarations qui pourraient être amusantes dans un autre contexte :

"L'UIMM se veut exemplaire tant en matière de gestion, de finance que de fonctionnement interne" "Il (FSG) souligne l'importance des compétences de l'UIMM tant en matière sociale que de formation et son expérience avérée en matière de relations et de négociations sociales pour les entreprises industrielles de la métallurgie, et plus largement pour l'ensemble des entreprises françaises ... / ..." Frédéric Saint-Geours

Quant aux salariés de Smoby, Berchet et Ecoiffier, le repreneur prévoit de licencier 597 personnes en France sur un effectif total de 1.080.

No comment

19 septembre 2007

Préparez vos mouchoirs ®

La dernière intervention du chef de l'Etat a fait des heureux : Les organisations d'entrepreneurs. La CGPME est la première à faire sauter les bouchons de champagne dans son dernier communiqué. Extraits :

La CGPME approuve le discours de vérité du Président de la République sur la nécessité de remettre travail et emploi au cœur des politiques sociales. La stratégie du partage du temps de travail était une erreur, il est bon que cette page se tourne.

En ce sens, les mesures annoncées d'assouplissement des 35 heures ouvrent de nouvelles perspectives aux entreprises, en particulier en ce qui concerne les heures choisies.

Si on prend au pied de la lettre le communiqué de la CGPME, la production de biens et de services est donc déficitaire face à la demande et augmenter le nombre d'heures travaillées permettrait de relancer durablement la croissance ! Dans le domaine, on n'en a jamais fait autant en termes idéologiques.

Interrogez individuellement les employeurs, il vous diront qu'ils pensent plutôt à maintenir les effectifs plus qu'à augmenter le temps de travail tant la demande actuelle est faible.

Le seul moteur possible de l’activité auraient pu être l’Etat et les collectivités territoriales mais dans la mesure ou la France a des impératifs de désendettement …

Les "heures choisies", le Ministère de l'emploi en donne la définition suivante :

"Le salarié qui le souhaite peut dans le cadre prévu par une convention ou un accord collectif, effectuer des « heures choisies » au-delà du contingent d'heures supplémentaires applicable dans l'entreprise ou dans l'établissement.

Ces « heures choisies » reposent sur un accord entre le salarié et son employeur ; bien qu'elles soient effectuées au-delà du contingent d'heures supplémentaires, elles ne sont pas soumises à l'autorisation de l'inspecteur du travail et n'ouvrent pas droit au repos compensateur obligatoire.

Une telle possibilité d'effectuer des « heures choisies » doit être prévue et encadrée par une convention ou un accord collectif de branche, de groupe, d'entreprise ou d'établissement.
Cette convention ou cet accord doit en outre :

- préciser les conditions dans lesquelles ces heures choisies sont effectuées,
- fixer la majoration de salaire à laquelle elles donnent lieu et, le cas échéant, les contreparties, notamment en termes de repos.

Le taux de la majoration ne peut être inférieur au taux applicable pour la rémunération des heures supplémentaires dans l'entreprise ou dans l'établissement .../ ..."

Qu'en pense un avocat spécialisé en droit du travail ?

Il y a longtemps que les employeurs ont des outils pour allonger la durée hebdomadaire du travail au-delà de 35 heures. La loi du 31 mars 2005 notamment autorise les « heures choisies ». Il suffit d’un accord entre le salarié et son employeur pour effectuer des heures au-delà de la durée légale sans l'autorisation de l'inspecteur du travail et sans qu’un repos compensateur soit obligatoire moyennant bien sûr une majoration de salaire au moins équivalente à celle d’une heure supplémentaire. Les entreprises n’ont quasiment pas eu recours à ce texte ... / ... Source L'Entreprise

Alors que signifient les propos de la CGPME ?

"De même, il est heureux de donner davantage de cohérence aux mesures en faveur de l'emploi des seniors en envisageant, par exemple, la suppression progressive de la dispense de recherche d'emploi ... / ..."

Qui sont ces seniors dispensés de recherche d'emploi :

Sont dispensés, à leur demande, de la condition de recherche d’emploi, les bénéficiaires de l’Are et de l'ASS qui satisfont à une condition d’âge. Celle-ci est fixée à :

- 57 ans et 6 mois ou plus pour les bénéficiaires de l’allocation d’aide au retour à l’emploi qui ne justifient pas d’au moins 160 trimestres validés d’assurance vieillesse,
- 55 ans ou plus pour les bénéficiaires des allocations d’assurance chômage justifiant d’au moins 160 trimestres validés d’assurance vieillesse, les bénéficiaires de l’allocation de solidarité spécifique ainsi que pour les chômeurs non indemnisés.

Mais puisque la CGPME se veut un vertueux défenseur des seniors, peut elle nous expliquer son acharnement à voir disparaître la "contribution Delalande" Contribution qui était due par tout employeur qui se séparait d'un salarié de 50 ans et plus sous CDI ?

Nous espérons partager la joie de la CGPME en apprenant dans les semaines qui viennent qu'elle lance un plan d'embauche massif des quelques 63% de salariés de plus de 55 à 64 ans qui sont au chômage et qui ne demandent qu'à travailler.

"De même, il convient de souligner que le chef d'entreprise doit impérativement conserver la possibilité de former librement son personnel, sous peine de s'engager dans une démarche éloignant la formation de l'entreprise ... / ..."

Jean Pierre RAFFARIN a fait voter la loi sur le DIF qui il me semble s'applique à TOUS les salariés et qui a été ratifié par TOUS les syndicats.

Extrait du site du ministère du travail

Le droit individuel à la formation (DIF) a pour objectif de permettre à tout salarié de se constituer un crédit d'heures de formation de 20 heures par an, cumulable sur six ans dans la limite de 120 heures. L'initiative d'utiliser les droits à formation ainsi acquis appartient au salarié, mais la mise en oeuvre du DIF requiert l'accord de l'employeur sur le choix de l'action de formation. La formation a lieu hors du temps de travail sauf disposition conventionnelle contraire ; elle est prise en charge par l'employeur selon des modalités particulières .../ ...

Des actions de formation prioritaires peuvent être définies par accord collectif d'entreprise ou de branche ou par accord interprofessionnel. Le salarié peut alors choisir une formation parmi celles-ci, bien que ce ne soit pas une obligation.

La déclaration de la CGPME consisterait-elle à demander une dérogation ou une modification de la loi ? De même, combien de salariés d'entreprises de moins de 20 personnes ont-ils pu faire valoir ce droit à la formation depuis la publication du texte de loi ?

Le MEDEF de son côté est plus sobre dans ses déclarations. la raison en est probablement liée à la promulgation quasi intégrale de ses propositions par le Président de la République

Que déclarait Laurence PARISOT au media il y a quelques mois et durant la campagne des présidentielles ?

"Pourquoi faut-il se retenir d’embaucher pour éviter le pire au cas où les choses tourneraient mal ? Pourquoi rendre le pire ingérable et le faire redouter parce qu’il serait ingérable ? Pourquoi faudrait-il absolument que l’un des deux soit en faute lorsqu’un salarié et un chef d’entreprise se séparent ?"

"Trente-deux ans après l’invention en France du divorce par consentement mutuel, quelle audace, je propose que nous commencions à définir dans le monde du travail une séparabilité à l’amiable et aux conditions honorables pour les deux parties."

"On nous fait d’ailleurs bien des reproches à ce sujet. Je répondrai seulement que les mêmes reproches ont été adressés en leur temps au divorce à l’amiable. Ceux qui aujourd’hui nous accusent de penser que les salariés sont jetables, ce qui n’est jamais notre façon de voir, c’est une autre démagogie que de l’insinuer, ceux- là me rappellent les traditionalistes d’autrefois qui s’opposaient au divorce à l’amiable sous prétexte qu’il allait favoriser les caprices !"

"La séparabilité, j’en suis sûre, ce serait une révolution qui permettrait immédiatement nombre d’embauches. Mille embauches peut-être d’un côté pour un litige de l’autre. Car c’est clair, ce que nous cherchons à éviter en inventant la séparabilité à l’amiable, c’est une judiciarisation dont le coût en temps, en argent, en liberté, en confiance en l’autre est incalculable !"

Ou encore cette citation qui ira droit au coeur des salariés

"La vie, la santé, l'amour sont précaires, pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ?" (Le Figaro Economie, 30 août 2005)

Lorsque le chef de l'état annonce la création d'une commission idépendante sur le SMIC, c'est à rapprocher d'une déclaration de Laurence PARISOT du 25 janvier 2007 : " Elle préconise encore de supprimer les 35 heures, et toute référence à une durée légale du travail, ou encore de modifier les règles du Smic pour qu`il soit fixé par une commission indépendante et non par le gouvernement" ... / ..."

Ce qui justifie certainement une joie "modérée" puisque le "'copié/collé" a bien fonctionné. Il reste juste à convaincre les salariés du bien fondé de l'union libre vue par les entrepreneurs !!!

La représentativité syndicale

Nicolas Sarkozy a souhaité que soit engagée dès 2008 la réforme des critères de représentativité et de financement des syndicats. Les règles de validation des accords doivent être également revues pour élargir le champ de la négociation par rapport à celui de la loi.

Si du côté des syndicats de salariés, les chiffres sont accablants puisqu'il n'y a que 8 % de salariés syndiqués, trois fois moins que la moyenne européenne et pratiquement dix fois moins que dans les pays scandinaves. Dans le secteur privé, la syndicalisation est encore plus faible : elle touche un actif sur vingt. Aucune centrale française n'atteint le million d'adhérents.
La CFDT pointe en tête avec 800.000 adhérents,
suivie de la CGT, qui en déclare 700.000,
et FO, 300.000.

Mais que dire alors de la représentativité des organisations et syndicats d'entrepreneurs ?

71% des patrons de TPE ne sont pas syndiqués et ils ne sont que 38% à considérer que les syndicats patronaux défendent bien les intérêts des entreprises

Si on se réfère au classement de satisfaction chez les syndiqués :
45% plébiscitent les syndicats de branche
42% le MEDEF
27% l’UPA
26% la CGPME
19% l’UNAPL

Il faut ajouter à ce résultat que ces fédérations patronales sont inconnues de plus d’un dirigeant sur quatre. Ils sont d’ailleurs 57% à ne pas reconnaître la représentativité des syndicats patronaux pas plus qu’ils ne croient à leur capacité à influencer les prochains débats électoraux, y compris parmi leurs adhérents.

Quelle est la situation des syndicats dans ces entreprises ?

2% des patrons de TPE affirment employer au moins un salarié syndiqué. Lorsqu’on les interroge sur l’obligation des salariés d’adhérer à un syndicat, ils sont :

Défavorables à 71% (plutôt pas favorables 27% - Pas du tout favorables 44%)
Favorables à 29%

Baromètre Fiducial - IFOP


Emploi et chômage

En France, c’est bien connu, les chômeurs refusent massivement le travail qu’on leur propose. Selon Nicoals Sarkozy, il est grand temps de mettre en œuvre un « gigantesque plan contre la fraude ». N'oublions pas le célèbre « À la fin du mois, celui qui travaille ne peut pas avoir la même situation que celui qui ne travaille pas ».

Quelques chiffres pour contredire les propos de notre Président :

Plus d'un chômeur sur deux n'est pas indemnisé

Ils n'ont pas cotisé assez pour ouvrir des droits (jeunes, précaires…), ou ils sont en fin de droits et survivent aux minima sociaux (20%) mais si leur conjoint travaille ils n'ont droit à rien non plus (l'ASS ou le RMI sont attribués par foyer fiscal). Ceux qui ne peuvent prétendre à aucune allocation ne voient pas l'intérêt de s'inscrire et de pointer à l'ANPE (notamment les moins de 25 ans qui n'ont même pas accès au RMI) : ils sont donc occultés des statistiques.

• Seuls 47,5% des chômeurs sont indemnisés (contre 41% en 2003)
A noter que 80% de ces "exclus" de l'assurance-chômage ne perçoivent RIEN.
• Baisse constante des chômeurs indemnisés
Pour limiter son déficit, l'Unedic a fait en sorte de durcir toujours plus les conditions d'accès à l'assurance-chômage :
• Assedic : 10% d'allocataires en moins sur un an - Actuchomage


TVA sociale

On se demande pourquoi il fallait absolument que M. BESSON ait remit son rapport début septembre 2007 sur la TVA sociale ?

En effet, même en cherchant bien, on n'en trouve pas trace dans le discours du président. C'est en lisant la récente déclaration de Christine LAGARDE qu'on y voit plus clair :

La TVA sociale ne serait "pas propice" actuellement en raison de la faiblesse de la croissance, a déclaré ce mardi le ministre de l'Economie, Christine Lagarde, reprenant l'argument du rapport remis ce mardi au Premier ministre, sur "la faisabilité juridique et technique aussi bien que financière" de la mesure, "en vue de permettre une mise en oeuvre rapide". "

"En tant que telle, en l'état de la croissance et sans un accompagnement ferme en matière de maintien des prix, (la TVA sociale) ne serait pas propice en ce qu'elle serait facteur d'inflation et probablement peu créatrice d'emplois", a-t-elle expliqué, avant d'ajouter que la TVA sociale restait toutefois "une piste opportune". La tribune 11 septembre 2007

La proximité des élections municipales nous aura exonéré de cette nouvelle mesure mais pour combien de temps ?

Néanmoins, Bernard ACOYER aurait de son côté une idée lumineuse : Le président du groupe UMP de l'Assemblée Nationale, déclarait préférer à la TVA sociale une « contribution sociale sur la distribution », expliquant que, grâce à la mondialisation de leurs approvisionnements, les grandes enseignes n'auraient pas besoin de la répercuter sur leurs prix.

Réaction presque immédiate de la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution qui s'élève, par la voix de son président Jérôme Bédier, contre cette nouvelle « taxe sur la consommation ».
Ce dernier a rappelé que les marges des distributeurs ne sont pas particulièrement élevées et a invité M. Accoyer à venir dans les entreprises de la distribution pour voir la réalité sur le terrain.

Un nouveau débat semble lancé... pour savoir qui payera l'addition.

Nul doute que les changements souhaités par notre Président de la République seront suivis attentivement par les ministères concernés et que les dérapages seront durement sanctionnés et pas uniquement pour les salariés, seniors et autres chômeurs. Il va s'en dire ....


Crédit images
Blog de OPC
Sources, bibliographie et copyrights
La Tribune
CGPME
Ministère du travail
L'entreprise
Infotravail
Copyright titre
Préparez vos mouchoirs - Bertrand BLIER
Crédit et copyright photo
Europe1


14 mai 2007

Merci patron

Nicolas SARKOZY bien que pas encore investit recevait aujourd'hui les syndicats de salariés. C'était sans compter une réaction de la très progressiste CGPME qui vient de publier le communiqué suivant :

A l'heure de l'examen du bilan d'étape de la "délibération sociale", la CGPME reste ouverte à la discussion et aux échanges entre partenaires sociaux. Mais elle tient à rappeler qu'elle ne saurait accepter que quiconque impose de nouvelles contraintes ou supprime des facultés actuellement offertes aux TPE / PME.

En clair : Surtout, tu ne touche à rien !!!!

Les salariés des entreprises adhérentes à la CGPME n'auront qu'à trouver une autre place s'ils n'apprécient pas cette position. De plus cette phrase montre bien comment la CGPME entend se positionner vis à vis du pouvoir politique.

La CGPME ira t-elle jusqu'à refuser toutes les aides publiques par acquis de conscience ?

Rendre plus lisible et donner davantage de cohérence aux politiques en faveur de la recherche d'emploi est évidemment souhaitable. Mais tout rapprochement entre l'ANPE et l'UNEDIC ne pourrait être envisageable que dans le cadre d'une stricte gestion paritaire à même de garantir un pragmatisme répondant aux besoins des entreprises, et ce bien loin d'une simple étatisation du régime.

Belle preuve de rigidité que cette "stricte gestion paritaire à même de garantir un pragmatisme répondant aux besoins des entreprises" Il semblerait que la CGPME ai décidé unilatéralement de s'opposer à l'une des mesures phares de M.M. SARKOZY et BORLOO ?

De même, l'harmonisation, la simplification et la clarification des règles applicables en matière de contrat de travail seraient utiles. Pour autant, il est indispensable que les petites entreprises conservent le bénéfice de contrats (CDD, CNE, intérim, contrats de projets…) adaptés à leur situation et à leurs besoins.

Nous aimerions rapeller qu'il s'agit de salariés lorsque la CGPME parle de "conserver le bénéfice de contrats adaptés à leur situation et à leurs besoins"

L'entreprise serait donc exonérée de toute participation à la dynamique nationale ?

La logique serait-elle que ce soit exclusivement les salariés qui fournissent l'effort ?

Enfin, la sécurisation des parcours professionnels, dans le prolongement des systèmes déjà existants, doit permettre, à coût constant, de mieux coupler emploi et formation, l'objectif premier restant l'accélération du retour à l'emploi.

En clair, on ne bouge surtout rien et la vie est belle.

C'était notre série : Le dialogue social en France est en marche et les problèmes du Président SARKOZY commencent !!!

Crédit image
FAUJOUR
Source
CGPME

11 mai 2007

Rencontres avec le Groupe SOS

Communiqué de presse du Groupe SOS

En cette année d’échéance présidentielle, les thématiques sociales ont été et sont plus que jamais au cœur des débats. Derrière les discours, agissent des organisations comme le Groupe SOS, un acteur important de l’économie sociale et solidaire.

Avec près de 2000 collaborateurs en 2007, des domaines d’intervention riches et variés, il gère un budget qui a quadruplé en 6 ans et dépasse 100 millions d’euros…

Constitué de 9 associations et de 7 entreprises d’insertion, il développe ses activités dans les champs du sanitaire et social, de l’éducation, de l’insertion, du logement, du développement durable et de la solidarité internationale, mises en œuvres par près de 150 structures présentes sur tout le territoire national

En juin, il ouvre les portes de ses structures aux médias et au grand public.

Une approche globale de la lutte contre l’exclusion
Le Groupe SOS lutte depuis plus de 20 ans contre toutes les formes d’exclusion. Les problématiques sociales, facteurs de précarité, étant extrêmement complexes et souvent liées, il fait le choix d’une action pluridisciplinaire combinant à la fois l’approche sociale, l’approche sanitaire, mais aussi l’insertion et, l’éducation.

Il crée ainsi des synergies entre ses différents domaines d’expertise : santé, logement, toxicomanie, droits sociaux, emploi, protection de l’enfance, protection judiciaire de la jeunesse.

C’est la complémentarité et la richesse de son dispositif qui font l’originalité du Groupe SOS. Indépendant et laïc, il s’attache à proposer une approche professionnelle pour répondre au plus près aux besoins des personnes.

Il refuse toute vision misérabiliste de l’action sociale. En 2005, plus de 30 000 personnes ont bénéficié d’au moins une prestation, parmi lesquelles plus de 5 000 ont pu avoir accès à un toit (hébergement d’urgence, maisons relais, appartements de coordination thérapeutique…)

De l’accueil d’urgence à la sortie de la précarité, le Groupe SOS est un acteur important du secteur social français.

Les Rencontres avec le Groupe SOS

Les journées portes ouvertes sont l’occasion de découvrir et de comprendre le fonctionnement concret et la pertinence de ce mode d’organisation atypique.

Au programme : des visites de structures sanitaires, d’hébergement ou encore d’insertion, pour illustrer le travail au quotidien des équipes sur le terrain ; mais aussi des débats, des animations et diverses expositions.

Les évènements se dérouleront sur l’ensemble du territoire : PACA, Ile-de-France, Languedoc-Roussillon, Midi-Pyrénées, Aquitaine, Picardie, Centre, Lorraine, Bretagne, Nord-Pas-de-Calais, Guyane.

Infos pratiques

Pour connaître le programme complet des journées portes ouvertes

Contact presse
Guillaume Guitton
01 55 87 55 34