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25 mai 2012

Et si vous essayiez de vivre avec le SMIC Monsieur Le Maire ?

Selon l'ancien ministre le l'Agriculture, ces sont les augmentations du SMIC qui sont responsables de l'augmentation ... du chômage. Lorsqu'on connaît le bilan du gouvernement auquel il appartenait en termes d'emploi on pourrait presque en rire !





Comme on dit chez moi : Si les salariés acceptaient d'être bénévoles, c'est certain qu'il y aurait beaucoup moins de chômage. A rapprocher de ce qu'a déclaré Bruno Le Maire chez  iTELE : « Les augmentations du Smic depuis plusieurs années ont contribué à l'augmentation du chômage »

Même si Bruno Le Maire n'était pas l'un des ministres les plus médiatiques du gouvernement Fillon, il ne faut pas oublier qu'il était le rédacteur du très droitier projet 2012 de l'UMP. Dans lequel, au passage, il préconisait : La mise en place d'un code pénal spécifique pour les mineurs, avec sanctions dès 12 ans !

C'est lui qui mercredi dernier encore nous rejouait le couplet du vrai travail contre l'assistanat : « (...) Le vrai travail, ça veut dire les gens qui prennent leur voiture le matin pour se rendre dans leur entreprise, leur usine, leur exploitation, qui travaillent toute la journée, rentrent le soir et ont encore mille choses à faire pour leur famille, pour eux-mêmes, pour gérer leur foyer. C'est la différence avec ceux qui vivent des revenus de l'assistance (...) »

Le problème, c'est qu'un nombre de plus en plus important des salariés français : « qui prennent leur voiture le matin pour se rendre dans leur entreprise, leur usine, leur exploitation, qui travaillent toute la journée, rentrent le soir .... » touchent le SMIC et n'arrivent pas à joindre les deux bouts !

C'est donc en pensant à eux que monsieur Le Maire a déclaré : « Les augmentations systématiques du Smic depuis plusieurs années ont participé à l'augmentation du chômage dans notre pays (...) Pour moi, la priorité, c'est la défense de l'emploi et la défense de notre production (...) »

Référence aux accords compétitivité-emploi et au transfert des cotisations patronales vers l'impôt réclamés à cor et à cri par le Medef qui, celà ne vous étonnera pas, fait une crise de nerfs dès qu'il est question d'augmenter le SMIC au fait que : « Si on continue d'étrangler les entreprises, on se prive du surplus de création de richesses qui vous apporterait le surplus de recettes » et exerce une fois de plus son chantage habituel : « Tout mouvement au-delà de la simple valorisation économique du smic, tout coup de pouce trop généreux aurait un impact considérable et négatif sur l'emploi »

Oubliant de préciser comme le fait remarquer le blog Dans le collimateur : « (...) que la France produit, à euros constant, le double de richesse par rapport à 1981 (prés de 2000 milliards) pour seulement 10% de population en plus (...) » Ce dont les actionnaires se félicitent d'ailleurs !

Néanmoins, les Smicard seront contents d'apprendre que Bruno Le Maire trouve que la taxe exceptionnelle sur l'SF sur laquelle réfléchit le gouvernement relève : « toujours de la même logique... qui mènera la France dans le mur »

Même si ces salariés pourront grincer des dents en apprenant que le Président Sarkozy cher à Bruno Lemaire a pu gaspiller pour 9,4 millions euros de sondages et études sur : DSK, Le Pen, les écologistes et l'islam ou sur l'avis des français sur : « son mariage possible avec Carla Bruni »

Mais que ces mêmes Smicards se rassurent puisque le candidat à la députation dans l'Eure qui même en cas de défaite, ne connaîtrait pas les affres du salaire minimum, reconnaît : « qu'il n'est pas facile de vivre en France aujourd'hui avec un Smic »

Mais que ne ferait-on à l'UMP pour : «  les gens qui prennent leur voiture le matin pour se rendre dans leur entreprise, leur usine, leur exploitation, qui travaillent toute la journée, rentrent le soir et ont encore mille choses à faire pour leur famille, pour eux-mêmes, pour gérer leur foyer » et ... qui touchent le SMIC  !


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01 décembre 2010

Pouvoir d'achat : Il n'y aura pas de "coup de pouce" au SMIC !

Selon la DARES, environ 2,3 millions de salariés étaient rémunérés au SMIC au 1 er janvier 2010. Pourtant à peine suffisant, pour s'en sortir, le SMIC ne connaitra pas de "coup de pouce" et son augmentation se limitera au minimum légal !

" ... / ... Les salaires sont trop bas, les revenus sont trop faibles, je veux parler à la France qui travaille ... / ... qui travaille dur et qui trouve pourtant trouve qu'on arrive pas à joindre les deux bouts ... / ... " déclarait le candidat Sarkozy en 2007



Il s'adressait aussi, à tous ceux qui travaillant dur, et ne touchant que le SMIC, n'arrivent toujours pas à joindre les deux bouts. Selon les chiffres de la DARES, ils sont 2,3 millions - Rapport DARES (page 8)

Extrait : " ... / ... résultats des enquêtes Acemo ... / ... Ces enquêtes constituent le seul dispositif permettant d’estimer la proportion et le nombre de salariés des entreprises non agricoles bénéficiant de la revalorisation du Smic, au moment de son relèvement ... / ... et la DARES d'ajouter : " Compte-tenu de la fragilité de la méthode d’estimation, ainsi que de la volatilité importante sur le salaire horaire tel qu’il est estimé à partir des réponses des salariés aux questions posées dans l’enquête Emploi, ces estimations sont à considérer avec prudence. Elles permettent surtout de comparer les différents secteurs entre eux ... / ... ."

Dans quels secteurs trouve t-on le plus de salariés payés au SMIC ?

Les secteurs de l'hôtellerie, de la restauration (deuxième plus grosse niche fiscale - 3 milliards d'euros par an) et du tourisme sont les principaux employeurs de salariés rémunérés au SMIC. Viennent ensuite les secteurs de l’habillement (21 %), du commerce (17 %) ... / ... " - Editions Tissot A noter que les "autres activités de services" qui incluent les services à la personne y figurent de bonne façon Dares (page 5)

Il faut savoir que le taux horaire du SMIC n'est plus revalorisé qu'au 1er janvier depuis janvier 2010. En clair, finie l’augmentation annuelle obligatoire au 1er juillet - Editions Tissot Voir aussi : Augmentation du SMIC horaire en 2010 et depuis 2007 en France

La prochaine revalorisation au 1er janvier 2011 d'après des calculs des Echos : " ... / ... basés sur les chiffres récents du Ministère du Travail et sur l'extrapolation des données d'octobre : la hausse minimale du SMIC se situerait aux alentours de 1,65 % ... / ... " le faisant passer de 8,86 euros à 9 euros brut. Ce qui devrait donner un : " SMIC mensuel net, porté à environ 1072 € " - 365 euros

Devant une telle progression (14 centimes), il ne restait plus, pour ces salariés qu'à espérer que le "Président du Pouvoir d'Achat " dans un élan social, annonce un "coup de pouce" exceptionnel.

Et bien, ce cadeau de Noël avant la date n'aura pas lieu puisque : " Le groupe d'experts chargé de rendre un avis avant que le gouvernement prenne sa décision sur l'évolution du SMIC a remis mardi 30 novembre son rapport au ministre du Travail, Xavier Bertrand. Cette structure ... / ... préconise de s'abstenir de tout coup de pouce, comme l'an dernier ... / ... "

Mais, ce n'est pas tout !

Le rapport des experts ... / ... réaffirme que le SMIC n'est « pas un outil efficace de redistribution du revenu et de lutte contre la pauvreté » et il préconise « d'éviter des évolutions trop rapides du SMIC qui, en faisant peser un risque important sur l'emploi, se retournent contre ceux que le salaire minimum doit protéger ». « Mieux ciblées, les prestations liées au travail sont plus efficaces pour lutter contre la pauvreté au travail », jugent les six économistes ... / ... " - Les Echos


Etonnant non ?

Néanmoins, afin d'améliorer la qualité de leur prochain rapport, nous proposons à : Paul Champsaur (ancien directeur général de l'Insee, président de l'Autorité de la statistique publique) Président du groupe d'experts, Gilbert Cette (Economiste), Martine Durand (OCDE), Francis Kramarz (Chercheur au Crest), Etienne Wasmer (économiste du travail) -Voir Slovar - de renoncer pour une durée d'un an à leurs émoluments. Et de vivre avec 1072 € Net par mois.

Nul doute qu'à l'issue, ils auront une perception différente, sur : " les prestations liées au travail qui sont plus efficaces pour lutter contre la pauvreté au travail "

23 juin 2009

SMIC : "de solides constatations empiriques convergent" pour ne justifier que ... 11 centimes de l'heure d'augmentation !

Le ministre du Travail a expliqué que la hausse du SMIC "garantit le maintien du pouvoir d'achat alors que l'on est dans une inflation nulle ou quasiment négative". En clair : C'est déjà pas mal et n'y revenez-pas !!!

Les français ne se font plus aucune illusion sur le train de vie de nos élites et leur vision de l'équité. Nous avons évoqué très récemment les travaux de René Dosières sur le train de vie de l'Elysée et le coût exorbitant du congrès de Versailles.

Le "faites ce que je dis mais pas de que je fais" est bien illustré par les propos de Rober Badinter : "Si le discours de Nicolas Sarkozy dure 50 minutes", cela "coûtera près de 5 000 euros la minute" "C'est certainement l'éloquence la plus chère que je connaisse..."

Les annonces du Chef de l'Etat, dont, l'emprunt national que Xavier Bertrand, était incapable de donner les modalités, chiffrer et même de donner une date de lancement ce matin sur Europe1 n'ont pu occulter l'annonce de la très faible hausse du SMIC.

Et pourtant cette annonce est fondamentale puisqu'elle concerne environ 3,4 millions personnes qui représentent à elles seules 14% des salariés.

Le Smic sera augmenté de 1,3 % le 1er juillet, ce qui représente une augmentation de 11 centimes de l’heure (8,82 euros, contre 8,71 actuellement). Le montant du Smic mensuel en Brut est donc fixé à 1321,02 euros à temps plein.

Pour déterminer le niveau de cette hausse, Brice Hortefeux a expliqué que le gouvernement s'était appuyé sur un rapport d'experts indépendants qui mettait en garde contre "les conséquences graves sur l'emploi" qu'aurait pu avoir un effort supplémentaire. Le groupe de cinq économistes, choisis par le gouvernement pour quatre ans, estime que "les hausses du Smic ont été particulièrement soutenues depuis une quinzaine d'années", avec "des conséquences incontestablement défavorables".

Mais qui sont ces économistes choisis par le gouvernement ?

Liste complète des membres :

Paul Champsaur, ancien directeur général de l'Insee, président de l'Autorité de la statistique publique, est nommé président du groupe d'experts, et les économistes Gilbert Cette, MartineDurand (OCDE), Francis Kramarz, Etienne Wasmer sont nommés membres du groupe d'experts sur le salaire minimum de croissance, sur proposition de la ministre de l'Economie, de l'industrie et de l'emploi et du ministre du Travail, des relations sociales, de la famille, de la solidarité et de la ville. Ce groupe devra chaque année se prononcer sur l'évolution du Smic.- Arrêté du Premier ministre en date du 23 mai 2009, paru au JORF n° 0119 du 24 mai 2009.

Il est à noter que Gilbert Cette, est coauteur avec Pierre Cahuc et André Zylberbergen 2008 d'un autre rapport critiquant le niveau "élevé" du Smic et son application "uniforme" quel que soit la branche d'activité, l'âge ou la région du salarié.

Il est aussi à noter que la décision prise en 2009 par le groupe d'experts est absolument conforme ... au rapport de 2008 rédigé par MM Cette, Cahuc et Zylberbergen. Preuve que le groupe d'expert applique une stratégie de "liquidation " du SMIC dans sa forme actuelle en nous faisant croire que le résultat de sa décision est lié à la période de crise économique !!

Explications du gouvernement :

Dans un contexte de fort accroissement du taux de chômage, qui a atteint 8,7% au premier trimestre de 2009, le gouvernement estime qu'une hausse exceptionnelle du smic risquait d'avoir un "effet boomerang" sur l'emploi dans les PME. - Le Point

Quelle est la situation des salariés aux SMIC dans les PME ?

Les salariés payés au minimum légal travaillent majoritairement dans des petites entreprises : dans les sociétés de moins de 10 salariés, la part des salariés au Smic atteint 30%, et près de 60% des "smicards" travaillent dans une entreprise de moins de 50 salariés, selon le ministère de l'Emploi. Ils sont nombreux dans les hôtels, cafés et restaurants, secteur dont près de la moitié des 517.000 salariés (46,1%) sont payés le minimum légal. Mais la palme revient à la restauration rapide et aux entreprises de propreté, où respectivement 66,5% et 60,9% des employés sont au Smic horaire (8,71 euros brut), et pour la plupart à temps partiel.- Europe1

La CGPME est d'ailleurs particulièrement sensible sur le sujet et pousse des hauts cris dès que le mot SMIC est évoqué. C'est elle notamment qui est censée représenter le mieux les TPE/PME et qui ne cesse de clamer sa représentativité et le manque de moyens financiers de ses adhérents.

La CGPME de Jean-François Roubaud a publié ses comptes 2008 sur Internet. Le document, très court, ne présente qu'un bilan et un compte de résultat simplifiés, non consolidés.

Les cotisations des adhérents progressent de 2,3 %, à 1,5 million d'euros. Mais elles ne représentent que 17 % des recettes (sur un total de 9 millions), contre 62 % au Medef. Le plus gros des ressources de la CGPME (80 %, contre 32 % au Medef) provient du financement du paritarisme par les fonds de la formation professionnelle (Agefos et Fongefor) et du 1 % logement. Les actifs de la CGPME sont constitués, pour l'essentiel, du siège de la Défense, évalué à 1,4 million d'euros, et d'un portefeuille financier valorisé à 0,9 million d'euros.- Les Echos

En réaffectant certaines sommes de la formation professionnelle et du 1% logement perçus pour le fonctionnement de la CGPME, on pourrait probablement donner un coup de pouce aux petits salaires Monsieur Roubaud ! Surtout que la TVA à 5,5% devrait permettre de mieux payer les salariés des adhérents restaurateurs et hotelliers de la CGPME ...

Du côté du MEDEF, Madame Parisot continue de clamer que l'augmentation des bas salaires en France fait fuir les entreprises et qu'un SMIC par branches ou pas de SMIC du tout serait favorable à l'emploi ! Mais on affiche toujours le plus grand silence sur l'échéance de : l'affaire UIMM qui mettait à jour les quelques 19 millions d'euros en liquide ont été retirés des caisses de l'UIMM entre 2000 et 2007. Car depuis mars 2009, on sait que la présidente du Medef, Laurence Parisot, a été déboutée de ses poursuites en diffamation contre Daniel Dewavrin, un ancien président de l'Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM affirmait que ). Ce-dernierLaurence Parisot était au courant «depuis longtemps» de l'existence de retraits de fonds suspects au sein du patronat de la métallurgie. - Rue89

Et si on retrouvait les 19 millions d'Euro "égarés, ça pourrait être un bon début pour financer quelques augmentations de salaires, Madame Parisot !!!

Deux bonnes pistes pour améliorer les relations sociales et le pouvoir d'achat qui n'ont pourtant pas été étudiées par le gouvernement.

Par contre, les experts nommés par le gouvernement ont tranché : Ils jugent également que "le coût du travail au niveau du Smic est aujourd'hui l'un des plus élevés des pays de l'OCDE" et que "de solides constatations empiriques convergent pour affirmer qu'un coût du Smic élevé évince du marché du travail les travailleurs les plus fragiles". En outre, les politiques de soutien au revenu du travail à travers la PPE (Prime pour l'emploi) et le RSA (Revenu de solidarité active) leur "apparaissent plus appropriées pour réduire les inégalités des revenus du travail (...)".

Il est à noter que MM Champsaur, Cette, Wasmer et Mme Martine Durand n'ont jamais essayé de vivre avec 1321,02 euros mensuel brut. Mais puisqu'ils recommandent la piste du RSA, c'est qu'ils considèrent que le SMIC est encore un "avantage scandaleux" réservé à des privilégiés qui refusent le changement et les règles incontournables de la mondialisation ...

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Lasserpe



30 octobre 2008

Revenus du travail : Vers des salaires de plus en plus ... conditionnels

Pendant que le Chef de l'Etat continue à jouer au "super héro" qui va terrasser la crise et "refonder" le capitalisme en un outil à "visage humain", officiellement quelques ministres importants se lâchent.

Eric Woerth déclare : "La réalité des choses, c'est qu'il y a un ralentissement extraordinairement fort de l'économie et qu'il faut surtout combattre contre ça", "On est en train d'essayer d'agir puissamment pour essayer (...) de faire en sorte que le choc de la crise soit le moins fort possible pour les Français et en même temps qu'il y ait une réponse mondiale"

Cool !!!

Christine Lagarde de son côté est une fois de plus ... contente ! : "Je suis contente de voir que pendant la crise, le crédit continue"... / ... "Le gouvernement souhaitait soutenir toute l'économie", a-t-elle rappelé. "La seule façon de le faire (...), c'était de permettre aux banques de continuer à faire leur métier", a-t-elle ajouté, avant de déclarer : "Je suis heureuse de voir (...) que tout le monde joue le jeu". "Aujourd'hui, les prêts sont disponibles aux guichets", a-t-elle affirmé. "Par ailleurs, je me réjouis qu'il n'y ait pas plus d'exigences, qu'on ne demande pas plus de cautions, (...) de garanties" Toutefois, du côté de la CGPME et de l'Association française des usagers de banque (AFUB), on faisait néanmoins état de difficultés à obtenir des prêts.

Oui, mais elle est heureuse ! C'est dommage que ce ne soit pas communicatif.

C'est dans ce contexte de plus en plus néfaste que les sénateurs ont voté le texte sur les "revenus du travail" Le vote a été précédé d'une intervention de Xavier BERTRAND.

Discours de Xavier BERTRAND

Parce que pour partager des richesses, il faut d'abord les créer, et que c'est par le travail que l'on crée des richesses et donc du pouvoir d'achat. C'est par le travail que l'on prépare mieux l'avenir de la société et c'est par le travail qu'on peut améliorer sa situation professionnelle et personnelle ... / ...

Il est évident que le capital et le travail sont tous les deux indispensables au développement économique et à la vitalité d'une entreprise : l'un ne va pas sans l'autre et les opposer n'a jamais rien produit de positif.

La participation, ce sont 5 millions de salariés qui ont touché un peu plus de 7 milliards d'euros en 2006. L'intéressement, ce sont 4,3 millions de salariés, qui ont bénéficié de 7 milliards d'euros. Voilà des outils importants pour continuer à améliorer les revenus des Français.

L'intéressement et la participation donnent donc déjà des résultats, mais nous devons faire plus et mieux. Car aujourd'hui ce dispositif reste essentiellement limité aux grandes entreprises : seul 1 salarié sur 10 dans les PME de moins de 50 salariés bénéficie de ces dispositifs ... / ...

Alors que nous traversons une conjoncture économique difficile, il est d'autant plus crucial d'élargir les marges de manœuvre des entreprises et d'offrir davantage de possibilités pour augmenter les revenus.

6 millions de salariés aujourd'hui ne bénéficient ni de l'intéressement ni de la participation. C'est cela qu'il nous faut changer ! ... / ...

Je veux maintenant vous présenter les détails qui concernent l'intéressement, la participation et le SMIC, avant que Laurent Wauquiez vous présente plus précisément la conditionnalité des allégements de charge pour les entreprises et les branches ... / ...

Nous voulons développer l'intéressement. Et pour cela, nous mettons en place un crédit d'impôt de 20% sur les sommes versées en plus : c'est simple et c'est immédiat. Si un chef d'entreprise distribue en plus 1 000 euros d'intéressement à ses salariés, il bénéficiera de 200 euros de crédit d'impôts.

Pour inciter les entreprises à jouer le jeu sans attendre, et pour que les salariés puissent percevoir immédiatement une prime, le projet de loi permet aux entreprises qui auront signé un accord d'intéressement avant la mi-2009 de verser aux salariés une prime de 1 500 euros exonérée de charges et d'impôt ... / ...

Et vas-y dans le déficit !!! au point où on en est. Il n'est qu'à lire le sénateur DASSAULT (et oui) qui déclarait en commission le 22 octobre 2008 : "le crédit d'impôt en faveur de l'intéressement, prévu à l'article 1er du projet de loi, représentait une perte de recettes pour l'Etat évaluée entre 800 millions d'euros et 1,2 milliard d'euros .... / ... A l'appui de sa position, il a mis en exergue l'aggravation du déficit du budget de l'Etat, lequel pourrait dépasser 60 milliards d'euros en 2009, et de creusement de la dette publique, sur le point de franchir le seuil de 1.300 milliards d'euros en 2009, soit plus de 65 % du produit intérieur brut (PIB). A cet égard, il a précisé que la charge de la dette avoisinerait les 50 milliards d'euros, soit un montant équivalent aux recettes provenant de l'impôt sur le revenu. Enfin, il a regretté la progression constante depuis 1993 des allègements de charges, dont le montant actuel est actuellement évalué à 23 milliards d'euros ... / ...

Il n'a pas communiqué par contre sur l'augmentation du budget de la défense dont il sera sans nul doute un des bénéficiaire. Allons, allons ne mélangeons pas la politique de défense de la nation avec les aides 35H00 qu'évoque en partie M. DASSAULT dans la dernière partie de son intervention et dont son entreprise n'a certainement jamais bénéficié.

Notre deuxième objectif est de faire confiance aux salariés en leur laissant la liberté de choix : au moment où ils percevront leur participation, ils pourront soit disposer de leur épargne tout de suite, soit la bloquer. Il est temps de sortir d'une conception qui consistait à choisir à la place du salarié, pour lui constituer une épargne automatique sans prendre en compte sa situation, ses projets ou même ses besoins ... / ...

Permettre le déblocage systématique de la participation est particulièrement inadapté. Les salaires n'augmentant plus alors pour relancer la consommation on remet dans le circuit l'argent de la participation. Or, il est notoire que pour beaucoup de salariés le déblocage de la participation permettra de simplement payer leurs charges fixes. Au bout du compte, les sénateurs avalisent un système dans lequel le salarié n'aura quasiment rien capitalisé et ne pourra pas (comme c'était le cas jusqu'à présent) bâtir avec la somme accumulé des projets de vie ou de retraite) Compte tenu de la faiblesse des salaires, comme pour les heures supplémentaires, les français approuveront (de toute façon que peuvent-ils faire ?)

J'ai bien dit « ajouter », car l'intéressement et la participation ne remplacent pas les salaires. C'est en plus des salaires ! C'est d'ailleurs pourquoi ce projet de loi est un tout : il dynamise également la politique salariale, l'échelle des salaires et la négociation sur les salaires ... / ...

On se demande bien pourquoi et comment ? Mais puisque Monsieur BERTRAND le dit, ça doit être vrai

Nous pensons aussi à ceux dont la rémunération se situe en bas de l'échelle des salaires et c'est pourquoi nous voulons moderniser la manière de fixer le SMIC. Depuis trop longtemps, la fixation du SMIC est devenue un rendez-vous politique de plus en plus déconnecté de la réalité économique et sociale.

Les coups de pouce gouvernementaux, les multiples SMIC liés aux 35 heures, le rendez-vous annuel autour de partenaires sociaux, qui plaident les uns pour une augmentation significative, les autres pour un statu quo, n'ont pas vraiment conduit à améliorer la situation des salariés et des entreprises. Ils n'ont pas davantage permis de disposer d'une rémunération plancher dynamique tant pour la croissance des entreprises que pour l'échelle des salaires. Il faut donc que l'évolution du SMIC soit davantage en phase avec les conditions économiques et le rythme des négociations salariales, et qu'on sorte d'un jeu de rôle. En avançant la date de la revalorisation annuelle au 1er janvier, nous voulons donner enfin de la visibilité aux négociations salariales annuelles dans les entreprises et les branches.

Le SMIC : Dernier rempart avant la pauvreté. Il est la cible des organisations patronales depuis longtemps. Les mesures votées préparent "en douceur" sa disparition au profit de salaires négociés de gré à gré. On aura donc un SMIC par activités professionnelles ou branches ou entreprises. Malheur à ceux qui travailleront dans des branches à "faible rentabilité" ou qui se déclareront en trop forte concurrence avec des pays à faible coût de main d'oeuvre.

Devront-ils à terme "donner" un bout de leurs salaires pour continuer à travailler ? Seront-ils tous à termes de titulaires d'un RSA bis en attendant de connaître le vrai RSA ?

Nous proposons que des experts indépendants soient consultés et remettent chaque année à la Commission nationale de la négociation collective et au Gouvernement un rapport sur les évolutions souhaitables du SMIC. Il s'agit de faire en sorte que la fixation du SMIC soit l'objet d'une analyse sereine, objective et indépendante, comme chez nos voisins européens. L'Assemblée Nationale a voulu qu'il s'agisse d'un groupe d'experts indépendants et non d'une commission supplémentaire et je veux vous assurer que ces moyens seront mutualisés avec ceux d'une instance existante.

Nous vous donnons ci-dessous un extrait de l'intervention de Nicole PRINZ Sénatrice PS au cours des débats sur ce sujet

En avançant au 1er janvier de chaque année la fixation annuelle du SMIC, on se dirige vers un lissage annuel depuis longtemps revendiqué par le MEDEF. Nous n'y sommes pas favorables. De plus, ce texte vise à confier à un groupe d'experts un avis annuel sur l'évolution du SMIC et de l'ensemble des revenus. Un décret devra fixer les conditions de leur désignation afin de garantir leur indépendance.

Il y a de quoi se poser des questions sur les intentions réelles du Gouvernement, d'autant que, selon certains experts, le SMIC serait trop élevé par rapport à la productivité des salariés peu qualifiés et que, dans son rapport du 23 juillet 2008, le Conseil d'analyse économique émet de vives critiques sur l'efficacité du SMIC et propose de modifier les règles actuelles : « une commission d'experts pourrait être créée, les membres en étant nommés dans des conditions garantissant leur indépendance


Xavier BERTRAND - Enfin, nous allons conditionner les allègements de charges, pour qu'ils soient versés à ceux qui jouent le jeu de la négociation salariale ... / ... Est-il normal que presque le quart des entreprises qui ont l'obligation légale de négocier chaque année sur les salaires n'en fasse rien ? Bien sûr que non !

Il ne s'agit pas d'augmenter les salaires par la loi. Mais l'État peut en revanche choisir de retirer des allégements de charges sociales à ceux qui ne respectent pas un engagement minimal, à savoir dialoguer et échanger avec les représentants des salariés sur les possibilités de revalorisations salariales. Les entreprises qui ne respecteront pas leur obligation de négociations salariales se verront retirer 10 % des allégements de charges dont elles bénéficient. En outre, il n'est pas admissible que des minima de salaires fixés par la négociation de branche soient encore inférieurs au SMIC ... / ...

Tout d'abord, qui viendra vérifier ? Et, de toutes façon, le ministre parle "d'un engagement minimal, à savoir dialoguer et échanger avec les représentants des salariés sur les possibilités de revalorisations salariales" qui pourront aboutir à un constat de non revalorisation. ça coute pas cher mais ... ça a de la gueule.

Source Discours intégral : Ministère du Travail

Nous ajouterons le commentaire suivant :

Pourquoi le gouvernement et la majorité présidentielle proposent-ils ces projets au moment ou comme le dit Eric Woerth : "il y a un ralentissement extraordinairement fort de l'économie" ? Les français qui ne sont pas sot (même si on leur prépare des émissions de propagande économique) savent parfaitement qu'en fait de participation, d'intéressement ou de primes de fin d'année, il seront contents si leur emploi est maintenu. Ce texte est donc pratiquement caduc pour les salariés dans le contexte actuel.

Il n'en reste pas moins que le mécanisme voté induit pour les salariés la fin des augmentations de salaires. On viendra un jour au bout de la crise et là, en fonctions des accords et des taux de rentabilité de chaque entreprise, on observera des disparités plus qu'importantes.

Pas d'inquitéude puisque Xavier BERTRAND a également déclaré dans son discours : "Avec ce texte, comme l'a rappelé le Président de la République, il s'agit de donner au travail la juste part des richesses qu'il contribue à produire et dans le cadre du dialogue social" Comme disait Coluche : "Certains ont l'air honnête, mais quand ils te serrent la main, tu as intérêt à recompter tes doigts" c'est exactement la sensation que nous avons.