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30 octobre 2008

Revenus du travail : Vers des salaires de plus en plus ... conditionnels

Pendant que le Chef de l'Etat continue à jouer au "super héro" qui va terrasser la crise et "refonder" le capitalisme en un outil à "visage humain", officiellement quelques ministres importants se lâchent.

Eric Woerth déclare : "La réalité des choses, c'est qu'il y a un ralentissement extraordinairement fort de l'économie et qu'il faut surtout combattre contre ça", "On est en train d'essayer d'agir puissamment pour essayer (...) de faire en sorte que le choc de la crise soit le moins fort possible pour les Français et en même temps qu'il y ait une réponse mondiale"

Cool !!!

Christine Lagarde de son côté est une fois de plus ... contente ! : "Je suis contente de voir que pendant la crise, le crédit continue"... / ... "Le gouvernement souhaitait soutenir toute l'économie", a-t-elle rappelé. "La seule façon de le faire (...), c'était de permettre aux banques de continuer à faire leur métier", a-t-elle ajouté, avant de déclarer : "Je suis heureuse de voir (...) que tout le monde joue le jeu". "Aujourd'hui, les prêts sont disponibles aux guichets", a-t-elle affirmé. "Par ailleurs, je me réjouis qu'il n'y ait pas plus d'exigences, qu'on ne demande pas plus de cautions, (...) de garanties" Toutefois, du côté de la CGPME et de l'Association française des usagers de banque (AFUB), on faisait néanmoins état de difficultés à obtenir des prêts.

Oui, mais elle est heureuse ! C'est dommage que ce ne soit pas communicatif.

C'est dans ce contexte de plus en plus néfaste que les sénateurs ont voté le texte sur les "revenus du travail" Le vote a été précédé d'une intervention de Xavier BERTRAND.

Discours de Xavier BERTRAND

Parce que pour partager des richesses, il faut d'abord les créer, et que c'est par le travail que l'on crée des richesses et donc du pouvoir d'achat. C'est par le travail que l'on prépare mieux l'avenir de la société et c'est par le travail qu'on peut améliorer sa situation professionnelle et personnelle ... / ...

Il est évident que le capital et le travail sont tous les deux indispensables au développement économique et à la vitalité d'une entreprise : l'un ne va pas sans l'autre et les opposer n'a jamais rien produit de positif.

La participation, ce sont 5 millions de salariés qui ont touché un peu plus de 7 milliards d'euros en 2006. L'intéressement, ce sont 4,3 millions de salariés, qui ont bénéficié de 7 milliards d'euros. Voilà des outils importants pour continuer à améliorer les revenus des Français.

L'intéressement et la participation donnent donc déjà des résultats, mais nous devons faire plus et mieux. Car aujourd'hui ce dispositif reste essentiellement limité aux grandes entreprises : seul 1 salarié sur 10 dans les PME de moins de 50 salariés bénéficie de ces dispositifs ... / ...

Alors que nous traversons une conjoncture économique difficile, il est d'autant plus crucial d'élargir les marges de manœuvre des entreprises et d'offrir davantage de possibilités pour augmenter les revenus.

6 millions de salariés aujourd'hui ne bénéficient ni de l'intéressement ni de la participation. C'est cela qu'il nous faut changer ! ... / ...

Je veux maintenant vous présenter les détails qui concernent l'intéressement, la participation et le SMIC, avant que Laurent Wauquiez vous présente plus précisément la conditionnalité des allégements de charge pour les entreprises et les branches ... / ...

Nous voulons développer l'intéressement. Et pour cela, nous mettons en place un crédit d'impôt de 20% sur les sommes versées en plus : c'est simple et c'est immédiat. Si un chef d'entreprise distribue en plus 1 000 euros d'intéressement à ses salariés, il bénéficiera de 200 euros de crédit d'impôts.

Pour inciter les entreprises à jouer le jeu sans attendre, et pour que les salariés puissent percevoir immédiatement une prime, le projet de loi permet aux entreprises qui auront signé un accord d'intéressement avant la mi-2009 de verser aux salariés une prime de 1 500 euros exonérée de charges et d'impôt ... / ...

Et vas-y dans le déficit !!! au point où on en est. Il n'est qu'à lire le sénateur DASSAULT (et oui) qui déclarait en commission le 22 octobre 2008 : "le crédit d'impôt en faveur de l'intéressement, prévu à l'article 1er du projet de loi, représentait une perte de recettes pour l'Etat évaluée entre 800 millions d'euros et 1,2 milliard d'euros .... / ... A l'appui de sa position, il a mis en exergue l'aggravation du déficit du budget de l'Etat, lequel pourrait dépasser 60 milliards d'euros en 2009, et de creusement de la dette publique, sur le point de franchir le seuil de 1.300 milliards d'euros en 2009, soit plus de 65 % du produit intérieur brut (PIB). A cet égard, il a précisé que la charge de la dette avoisinerait les 50 milliards d'euros, soit un montant équivalent aux recettes provenant de l'impôt sur le revenu. Enfin, il a regretté la progression constante depuis 1993 des allègements de charges, dont le montant actuel est actuellement évalué à 23 milliards d'euros ... / ...

Il n'a pas communiqué par contre sur l'augmentation du budget de la défense dont il sera sans nul doute un des bénéficiaire. Allons, allons ne mélangeons pas la politique de défense de la nation avec les aides 35H00 qu'évoque en partie M. DASSAULT dans la dernière partie de son intervention et dont son entreprise n'a certainement jamais bénéficié.

Notre deuxième objectif est de faire confiance aux salariés en leur laissant la liberté de choix : au moment où ils percevront leur participation, ils pourront soit disposer de leur épargne tout de suite, soit la bloquer. Il est temps de sortir d'une conception qui consistait à choisir à la place du salarié, pour lui constituer une épargne automatique sans prendre en compte sa situation, ses projets ou même ses besoins ... / ...

Permettre le déblocage systématique de la participation est particulièrement inadapté. Les salaires n'augmentant plus alors pour relancer la consommation on remet dans le circuit l'argent de la participation. Or, il est notoire que pour beaucoup de salariés le déblocage de la participation permettra de simplement payer leurs charges fixes. Au bout du compte, les sénateurs avalisent un système dans lequel le salarié n'aura quasiment rien capitalisé et ne pourra pas (comme c'était le cas jusqu'à présent) bâtir avec la somme accumulé des projets de vie ou de retraite) Compte tenu de la faiblesse des salaires, comme pour les heures supplémentaires, les français approuveront (de toute façon que peuvent-ils faire ?)

J'ai bien dit « ajouter », car l'intéressement et la participation ne remplacent pas les salaires. C'est en plus des salaires ! C'est d'ailleurs pourquoi ce projet de loi est un tout : il dynamise également la politique salariale, l'échelle des salaires et la négociation sur les salaires ... / ...

On se demande bien pourquoi et comment ? Mais puisque Monsieur BERTRAND le dit, ça doit être vrai

Nous pensons aussi à ceux dont la rémunération se situe en bas de l'échelle des salaires et c'est pourquoi nous voulons moderniser la manière de fixer le SMIC. Depuis trop longtemps, la fixation du SMIC est devenue un rendez-vous politique de plus en plus déconnecté de la réalité économique et sociale.

Les coups de pouce gouvernementaux, les multiples SMIC liés aux 35 heures, le rendez-vous annuel autour de partenaires sociaux, qui plaident les uns pour une augmentation significative, les autres pour un statu quo, n'ont pas vraiment conduit à améliorer la situation des salariés et des entreprises. Ils n'ont pas davantage permis de disposer d'une rémunération plancher dynamique tant pour la croissance des entreprises que pour l'échelle des salaires. Il faut donc que l'évolution du SMIC soit davantage en phase avec les conditions économiques et le rythme des négociations salariales, et qu'on sorte d'un jeu de rôle. En avançant la date de la revalorisation annuelle au 1er janvier, nous voulons donner enfin de la visibilité aux négociations salariales annuelles dans les entreprises et les branches.

Le SMIC : Dernier rempart avant la pauvreté. Il est la cible des organisations patronales depuis longtemps. Les mesures votées préparent "en douceur" sa disparition au profit de salaires négociés de gré à gré. On aura donc un SMIC par activités professionnelles ou branches ou entreprises. Malheur à ceux qui travailleront dans des branches à "faible rentabilité" ou qui se déclareront en trop forte concurrence avec des pays à faible coût de main d'oeuvre.

Devront-ils à terme "donner" un bout de leurs salaires pour continuer à travailler ? Seront-ils tous à termes de titulaires d'un RSA bis en attendant de connaître le vrai RSA ?

Nous proposons que des experts indépendants soient consultés et remettent chaque année à la Commission nationale de la négociation collective et au Gouvernement un rapport sur les évolutions souhaitables du SMIC. Il s'agit de faire en sorte que la fixation du SMIC soit l'objet d'une analyse sereine, objective et indépendante, comme chez nos voisins européens. L'Assemblée Nationale a voulu qu'il s'agisse d'un groupe d'experts indépendants et non d'une commission supplémentaire et je veux vous assurer que ces moyens seront mutualisés avec ceux d'une instance existante.

Nous vous donnons ci-dessous un extrait de l'intervention de Nicole PRINZ Sénatrice PS au cours des débats sur ce sujet

En avançant au 1er janvier de chaque année la fixation annuelle du SMIC, on se dirige vers un lissage annuel depuis longtemps revendiqué par le MEDEF. Nous n'y sommes pas favorables. De plus, ce texte vise à confier à un groupe d'experts un avis annuel sur l'évolution du SMIC et de l'ensemble des revenus. Un décret devra fixer les conditions de leur désignation afin de garantir leur indépendance.

Il y a de quoi se poser des questions sur les intentions réelles du Gouvernement, d'autant que, selon certains experts, le SMIC serait trop élevé par rapport à la productivité des salariés peu qualifiés et que, dans son rapport du 23 juillet 2008, le Conseil d'analyse économique émet de vives critiques sur l'efficacité du SMIC et propose de modifier les règles actuelles : « une commission d'experts pourrait être créée, les membres en étant nommés dans des conditions garantissant leur indépendance


Xavier BERTRAND - Enfin, nous allons conditionner les allègements de charges, pour qu'ils soient versés à ceux qui jouent le jeu de la négociation salariale ... / ... Est-il normal que presque le quart des entreprises qui ont l'obligation légale de négocier chaque année sur les salaires n'en fasse rien ? Bien sûr que non !

Il ne s'agit pas d'augmenter les salaires par la loi. Mais l'État peut en revanche choisir de retirer des allégements de charges sociales à ceux qui ne respectent pas un engagement minimal, à savoir dialoguer et échanger avec les représentants des salariés sur les possibilités de revalorisations salariales. Les entreprises qui ne respecteront pas leur obligation de négociations salariales se verront retirer 10 % des allégements de charges dont elles bénéficient. En outre, il n'est pas admissible que des minima de salaires fixés par la négociation de branche soient encore inférieurs au SMIC ... / ...

Tout d'abord, qui viendra vérifier ? Et, de toutes façon, le ministre parle "d'un engagement minimal, à savoir dialoguer et échanger avec les représentants des salariés sur les possibilités de revalorisations salariales" qui pourront aboutir à un constat de non revalorisation. ça coute pas cher mais ... ça a de la gueule.

Source Discours intégral : Ministère du Travail

Nous ajouterons le commentaire suivant :

Pourquoi le gouvernement et la majorité présidentielle proposent-ils ces projets au moment ou comme le dit Eric Woerth : "il y a un ralentissement extraordinairement fort de l'économie" ? Les français qui ne sont pas sot (même si on leur prépare des émissions de propagande économique) savent parfaitement qu'en fait de participation, d'intéressement ou de primes de fin d'année, il seront contents si leur emploi est maintenu. Ce texte est donc pratiquement caduc pour les salariés dans le contexte actuel.

Il n'en reste pas moins que le mécanisme voté induit pour les salariés la fin des augmentations de salaires. On viendra un jour au bout de la crise et là, en fonctions des accords et des taux de rentabilité de chaque entreprise, on observera des disparités plus qu'importantes.

Pas d'inquitéude puisque Xavier BERTRAND a également déclaré dans son discours : "Avec ce texte, comme l'a rappelé le Président de la République, il s'agit de donner au travail la juste part des richesses qu'il contribue à produire et dans le cadre du dialogue social" Comme disait Coluche : "Certains ont l'air honnête, mais quand ils te serrent la main, tu as intérêt à recompter tes doigts" c'est exactement la sensation que nous avons.


16 novembre 2007

Mort du CNE : Nostalgie d'entrepreneurs ?

Vous souvenez vous de l'adoption du CNE ce contrat resté orphelin lorsque sous la pression des étudiants son petit frère le CNE a été retiré.

Potion déclarée magique par certaines organisations patronales et réservée aux entreprises de moins de 20 personnes (un certain nombre de voix libérales s'étaient d'ailleurs élevées pour que ce contrat soit étendu à toutes les entreprises)

Et bien cette panacée contre le chômage et ... les recours devant la justice prud'homale vient d'être définitivement recalé par L'Organisation internationale du travail mercredi 14 novembre 2007.

Nous rappellerons à ceux qui l'avaient oublié que le contrat nouvelle embauche (CNE), CDI institué en août 2005 en France et comportait une période d'essai de deux ans durant laquelle le salarié pouvait être licencié sans justification.

Les recours devant la justice prud'hommale ?

La CGMPE ne s'en cache pas puisque dans "Le Figaro" du 23 octobre Jean-Francois Roubaud son leader déclare: "On ne peut pas tout remettre à plat en même temps », même s'il reconnaît qu'il est toujours utile de discuter, y compris de la sécurisation des parcours professionnels, si "on se préoccupe aussi de sécuriser les entreprises face à la justice prud'homale et sans imposer de nouvelles obligations aux PME"

Bien que le gouvernement français puisse ne pas tenir compte des recommandation de l'OIT, la décision de celle-ci servira de base à celles des tribunaux nationaux.

Cathy Kopp (Medef) a indiqué la semaine dernière que le patronat était prêt à "renoncer au CNE" en contrepartie d'un accord modernisant le marché du travail. Jean-François Veysset, le vice-président de la CGPME, de son côté réaffirme son "attachement" au Contrat nouvelles embauches.

Rappelant que "près d'un million de femmes et d'hommes" avaient signé un CNE depuis sa création, le vice-président de la CGPME appelle le gouvernement à trouver un "substitutif" à ce contrat pour "adapter la réglementation française au droit international" en cas de condamnation du CNE. Il insiste pour que, dans cette hypothèse, les salariés en CNE puissent tout de même "aller au bout de leur deux ans de période d'essai puis passer en CDI"

Jean-François Veysset souhaiterait instaurer à la place du CNE, si nécessaire, et du CDI classique, "un CDI avec une période d'essai plus longue correspondant mieux à la validation des compétences de la personne et à son adaptabilité au poste de travail", qui inclurait aussi "un risque de pénalisation maîtrisée", c'est-à-dire "un plafonnement de la pénalité qui pourrait être imputée à l'entreprise" en cas de condamnation suite à une rupture de contrat.

Outre la précarité qui empêche tout projet de vie et le manque de respect du salarié licenciable sans aucune justification, nous souhaiterions savoir d'où M. Vaysset tient ses chiffres.

JF ROUBAUD interviewé par le journal "Les Echos" en Juin 2006 déclarait ""44 000 emplois créés, c'est déjà beaucoup !"

Extraits de l'interview :

Challenges : "Selon l'étude publiée par Les Echos, un CNE sur trois a été rompu dans les six mois. Ce nouveau contrat a-t-il permis aux PME de licencier plus facilement ?"

Jean-François Roubaud : "Oui, le CNE avait été créé dans cette optique. Il permet de licencier sans qu'il y ait un risque de poursuites judiciaires contre l'entreprise. Pour les PME et les TPE, c'est un nouvel outil formidable. Le CNE a amené de la souplesse aux entreprises mais aussi de l'emploi à la société: 44.000 emplois nets ont été créés! Les critiques dont il avait fait l'objet n'ont pas lieu d'être puisqu'il n'a pas remplacé les autres contrats ... / ..." Source site Web de la CGPME

Donc : 1 000 000 - 44 000 = 956 000 CNE à signer de juin 2006 à Octobre 2007

Pourtant le 2 août 2007 pour le deuxième anniversaire du CNE Jean-François Roubaud déclarait : "Répondant aux besoins de souplesse de l’employeur tout en apportant des garanties au salarié, le CNE a permis, depuis août 2005, la création de plusieurs dizaines de milliers d’emplois dans les entreprises de moins de 20 salariés, sans pour autant « tuer » le CDI comme certains le prédisaient ... / ..." Source site Web de la CGPME

On a peine à croire que M. Roubaud n'ait pas profité de cette interview pour lancer un chiffre proche du million si cela avait été le cas. Bon, à moins que les 956 000 emplois en CNE créés ne l'ai été qu'au travers de salariés virtuels sur "Second Life", il serait peut être intéressant de communiquer les VRAIS chiffres.

Trêve de plaisanterie. M.M. Roubaud et Veysset nous souhaiterions plutôt connaître votre opinion sur les salariés en général.

Sont-ce ceux qui se rendent par tous les moyens possibles et imaginables à leur travail pendant l'une des grèves de transports parmi les plus dures qui soit ou bien des profiteurs, suceurs de bénéfices avides de procédures prud'homales ?

Les syndicats et confédérations d'employeurs peuvent se jeter à bars le corps sur tous les media pour fustiger les grévistes qui empêchent les entreprises de fonctionner et s'émouvoir de la baisse du pouvoir d'achat contre laquelle il ne peuvent "malheureusement" rien, il n'en reste pas moins que les salariés de leurs entreprises méritent mieux que la "jetabilité" expliquée plus haut !!!

Alors, puisqu'il est question de la modernisation du patronat (Transparence et modernisation des organisations professionnelles - MEDEF 10/2007 )

Pourquoi ne pas proposer la généralisation à tous les salariés (sans effet de seuil) de la participation aux bénéfices ?

Et pourquoi pas, à l'issue de la grève des transports ne pas allouer une prime à tous ceux qui contre vents et marées seront venus faire fonctionner vos entreprises ?

C'est pas moderne ça ?

Sources, crédits et copyrights
CGPME
MEDEF
Les Echos
Challenge
Le Figaro
AFP
OIT/BIT

29 juin 2007

2ème forum national de l’emploi dans l’Economie sociale et solidaire

L'économie sociale et solidaire est en France un des secteurs économiques les plus dynamiques. C'est même le premier secteur en matière de création d'emplois si l'on cumule les emplois créés dans les mutuelles, les coopératives et les associations, avec les initiatives d'entrepreneuriat social sous forme d'Eurl ou de Sarl.

C'est dire si ce secteur, qui regroupe déjà plus de deux millions de salariés, est intéressant à découvrir pour les personnes en recherche d'emploi. D'autant que dans ce secteur, trouver un travail est aussi lui donner du sens en participant à des projets de toute nature au service de l'intérêt général. Ce qui n'empêche, contrairement aux idées reçues, ni de pouvoir y gagner correctement sa vie, ni de construire des carrières professionnelles solides et d'occuper des fonctions de responsabilités.

C'est pour permettre aux nombreuses personnes en recherche d'emploi ou de reconversion professionnelle de découvrir ce secteur que s'est créé le « Forum national de l'emploi dans l'économie sociale et solidaire ». Sa première édition en Octobre 2006, a été un vrai succès puisque plus de 3500 visiteurs sont venus découvrir les différentes offres d'emploi disponibles. La seconde s'annonce encore plus prometteuse. De nombreux partenaires, qui n'avaient pu se mobiliser l'année dernière, ont rejoint le projet. L'offre d'emplois disponibles au sein du forum sera de ce fait encore plus diversifiée et couvrira aussi le secteur des offres d'emploi aidés.

Pour compléter l'offre , une section « créateur d'entreprise dans l'ESS » sera proposée aux visiteurs. Animée par l'Avise (agence de valorisation des initiatives d'entrepreuneriat social), elle présentera les très nombreux dispositifs destinés aux entrepreneurs sociaux pour leur permettre d'élaborer, consolider et financer leurs projets, en particulier dans le cadre d'une démarche collective. Et, comme l'année précédente, de nombreuses conférences permettront aux visiteurs de se familiariser avec les différents secteurs, avec cette année une attention toute particulière portée aux discriminations à l'embauche et aux méthodes mises en place par l'ESS pour les combattre.

2ème forum national de l’emploi dans l’Economie sociale et solidaire
4 et 5 octobre 2007 - Inscription en ligne

Organisation

Le CJDES (Centre des Jeunes Dirigeants et acteurs de l'Economie Sociale) est un lieu d'échanges, de réflexion et d'expériences qui permet à ses membres d'agir plus efficacement dans leurs activités et d'en anticiper les évolutions. Le recrutement étant un enjeu important pour les structures de notre secteur, le CJDES a souhaité, après le succès de la première édition du forum de l'emploi dans l'ESS, continuer à participer pleinement à l'organisation de cet événement dont la deuxième édition aura lieu en octobre prochain. Une occasion de promouvoir le secteur et de recruter de nouvelles forces et de nouveaux enthousiasmes.

L’AFIJ (Association pour faciliter l’insertion professionnelle des jeunes diplômés) propose ses services, gratuits, aux jeunes issus de l’enseignement supérieur en recherche d’un premier emploi : étudiants, jeunes diplômés à partir de Bac + 2, mais aussi aux jeunes quittant l’enseignement supérieur sans avoir validé un premier cycle.

Un sondage réalisé en 2003, révélait que 53 % des jeunes ayant répondu étaient intéressés par le secteur de l’économie sociale et solidaire, mais un sondage de cette année montre que si plus de la moitié d’entre eux souhaitent travailler dans une association, ils connaissent mal les autres structures de l’ESS.

Pour répondre à cette préoccupation l’AFIJ a développé un service spécifique autour des offres d’emploi dans l’ESS, avec un site dédié à l’information des jeunes : www.jd-economiesociale.info . Il est donc naturel qu’elle soit, comme l’an dernier, coorganisatrice de ce salon qui s’inscrit au cœur de sa mission et de ses valeurs.

26 avril 2007

Présidentielle : Les employeurs posent leurs conditions ?

Dans un communiqué publié ce jour, les confédérations et syndicats d’employeurs la CGMPE, le MEDEF et l’UPA posent leurs conditions aux 2 derniers candidats en lice pour la présidence de la république.

Bien que plusieurs études ait montré que plus de 75% des employeurs privilégiaient Nicolas SARKOZY comme candidat idéal, les syndicats et organisations d’employeurs cherchent à montrer qu’ils restent ouverts quant au choix du meilleur pour diriger notre pays.

Quelle sont les revendications exprimées dans ce communiqué ?

Le coût du travail, bien que limité du fait des allègements de charges, reste supérieur de 10% au coût moyen du travail européen. Il s’agit là d’un frein majeur à l’emploi et au développement de nos entreprises. Le financement actuel de la protection sociale, essentiellement assis sur les revenus du travail, confisque, pour partie, la création de richesses, au détriment de l’évolution du pouvoir d’achat.

Baisser les charges sociales est donc la première priorité des entreprises.

Et revoilà l’éternel couplet des charges sociales. Depuis Yvon GATTAZ, c’est le serpent de mer qui pénalise la France. Les gouvernants qui se sont succédées ont systématiquement baissé ces charges tout d’abord en échange de création d’emplois qui ne sont jamais venues, puis depuis quelques années au nom de la compétitivité.

Il faut noter au passage que la demande de diminution des charges sociales n’est pas revendiquée pour les salariés.

Il faut donc conclure qu’une nouvelle baisse se répercutera immédiatement sur la protection sociale, les retraites et l’assurance chômage qui sont financées par les charges . Ce qui permettra de remettre sur « le tapis » l’introduction de la concurrence des assurances privées et caisses de capitalisation avec les régimes obligatoires.

Il ne fait nul doute que les plus chauds partisans de cette refonte du modèle social français concerne au premier chef des adhérents des organismes signataires du communiqué.

Dans un contexte d’économie globale, les 35 heures ont nui gravement à la compétitivité de nos entreprises et ont bridé les salaires en rendant difficiles les heures supplémentaires.

Laisser les branches professionnelles ou les entreprises organiser le temps de travail par la négociation, est la deuxième priorité des entreprises.

Qui sait que la grande majorité des TPE n’ont jamais appliqué les 35H00 et que pourtant la modération salariale y a été appliquée comme dans les entreprises ayant signé des accords ?

Les lois FILLON ont permis aux entreprises la plus grande souplesse dans les heures supplémentaires mais n’en ont pratiquement pas fait usage compte tenu de la faible activité et de la mauvaise santé des carnets de commandes.

Qui peut croire que l’abolition des 35H00 donnerait tout à coup une relance à l’économie française au point de faire appel aux heures supplémentaires ?

Ernest-Antoine SELLIERES qualifiait les 35H00 "d’idéologiques". La demande de leur suppression est également une revendication idéologique.

On aurait toutefois que CGPME, MEDEF et UPA nous signalent que dans ce cas, ils acceptent de discuter de la remise en cause des aménagements horaires concédés par beaucoup de salariés et bien entendu de la fin de la modération salariale.

Suivent deux autres revendications sur :

La formation qui passe par un droit d’ingérence dans l’éducation nationale (création d’un service indépendant de l’orientation)

Le maintien du tissu économique en zone rurale


Ne cherchez pas dans ce communiqué un mot ou une déclaration sur la participation des salariés aux bénéfices ou la mise en application du DIF . C’est d’autant plus dommage que les français ont de plus en plus une mauvaise image de l’entreprise et qu’il est indispensable que les salariés cadres comme non cadres soient associés à la marche des leurs entreprises.

Source

Communiqué de presse commun MEDEF CGPME UPA