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24 janvier 2012

« Notation sociale » des entreprises : Le pouvoir aux consomm'acteurs ?

Chez Novethic et Vigeo, on ne doit pas bouder son plaisir. En effet, François Hollande a décidé d'ajouter la notion de « notation sociale des entreprises » à ses propositions. Si les salariés et les consommateurs devraient apprécier, il ne devrait pas en être de même des organisations patronales !

Et si les consommateurs et les épargnants avaient la possibilité de connaître la situation sociale des entreprises avant d'acheter un produit ou un service ou investir leur argent ? C'est l'une des propositions de François Hollande : « (...) On note tout aujourd'hui, moi je propose une idée audacieuse : une notation sociale des entreprises (...) »

Qu'a t-il exactement proposé ?

On peut le lire sur son site officiel « (...) Ce dispositif obligerait toutes les entreprises à faire certifier annuellement la qualité de leur gestion des ressources humaines au regard de criteres officiels de qualité de l’emploi qui seront définis avec les partenaires sociaux. Les résultats de cette notation seront rendus publics afin que les salariés, mais aussi les consommateurs aient connaissance de la qualité sociale des entreprises (...) »

Les concepts de responsabilité sociale des entreprises et de l'investissement socialement responsable ne sont pas nouveaux, mais jusqu'à présent, ils étaient observés avec plus ou moins d'attention ou ... d'indifférence par les partis politiques.

La nouveauté dans la proposition de François Hollande, c'est de passer du volontariat actuel à l'obligation.

Si du côté des syndicats, François Chérèque a déclaré : « (...) J'avoue que c'est la première fois que j'entends un responsable politique évoquer la notation sociale (...) » les organisations d'employeurs n'ont pas encore réagit au fait que, des représentants des salariés, puissent un jour : « sièger dans les conseils d'administration et les comités de rémunération »

Mais il ne faut pas être un grand expert pour prévoir que les syndicats patronaux ne vont pas tarder à faire connaître leur opposition et leur hostilité à de telles propositions.

Hostilité qu'ils ont déja manifestée en février 2010, lorsque Xavier Darcos décidait de mettre en place un site web qui visait à « favoriser l’exemplarité des entreprises en matière sociale » Au lancement du site : Les pages publiées distribuaient des codes couleur comme des bons ou des mauvais points. Ils indiquaient le degré d’avancement des entreprises dans la mise en œuvre d’une politique de « prévention du stress professionnel »

Panique immédiate des entreprises qui se voyaient appliquer un « feu orange » ou un « feu rouge » A tel point que : « (...) Lorsque les premiers noms sortent en rouge le 18 février, une avalanche de coup de fil tombe au ministère du travail. Peu d’entreprises tiennent absolument à être classées en vert car elles craignent un retour de bâton de leurs partenaires s’ils jugent le dispositif insuffisant, mais elles veulent absolument éviter le rouge. La méthode choque car elle n’est pas habituelle et les entreprises appellent le MEDEF à la rescousse pour éviter d’être jetées en pâture qu’elles aient de bonne ou mauvaise fois initié des actions (...) » - Usine Nouvelle

Résultat, le 19 février, les listes orange et rouges des entreprises en matière de prévention du stress, disparaissaient du site Travailler Mieux ... tout comme le problème des salariés malades du stress !

On devrait savoir jeudi si François Hollande intègre la notation sociale dans son programme présidentiel et connaître le niveau d'opposition des organisations patronales et de l'UMP.

Néanmoins, en cas de victoire, il est évident que la mise en place d'un tel projet ne sera pas facile. Mais qu'ont à craindre les entreprises : « (...) qui font un effort pour former leurs salariés et limiter la souffrance au travail (...) » ? Si ce n'est de voir consommateurs et épargnants récompenser leurs efforts !


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Le Monde

03 novembre 2011

Responsabilité sociale des entreprises : De qui se moque Laurence Parisot ?

Le Medef l'affirme, il va coordonner des réflexions croisées sur la responsabilité sociétale de l’entreprise au B20, version patronale du G20. Or, c'est lui qui a réussit avec l'aide des députés à vider de sa substance le contenu du texte de loi français sur la RSE !

Faites ce que je dis, pas ce que je fais ! Cette expression populaire correspond bien à l'action du Medef, en ce qui concerne la responsabilité sociale des entreprises.

En effet, il faut une sacré dose de mauvaise foi pour écrire : « (...) Bien que le gouvernement français n’ait pas inscrit la RSE à l’ordre du jour du prochain G20, le MEDEF a jugé indispensable d’aborder la question dans le cadre du B20, opportunité exceptionnelle de débattre ensemble de ce sujet à forte dimension mondiale (...) Et le Medef, d'évoquer les ateliers suivants : Régulations financières, Développement, Dimension sociale de la RSE et Anti-corruption.

C'est d'autant plus amusant que, depuis plusieurs mois, le Tandem AFEP/Medef, n'a cessé de faire du lobbying, auprès des députés de la majorité, pour vider de son contenu l'article 225 de la loi Grenelle 2, qui définit les termes de la responsabilité sociale des entreprises.

Ce qui est confirmé par Bertrand Pancher, député UMP de la Meuse, qui a déclaré : « (...) ces mêmes organisations ont réussi à mobiliser la partie la plus conservatrice de la majorité, laquelle, malgré des appels à la sagesse du gouvernement et du président de la commission des lois, met au pilori cet important dispositif (...) »

Chronique d'un détricotage !

Tout d'abord, le Medef et l'AFEP, suivit en cela par le gouvernement avaient obtenu de larges assouplissements, à la liste des obligations applicables aux entreprises non cotées, par rapport à celles des sociétés cotées. La CGT citée par Ressources solidaires donne comme exemple : Auchan qui, dans ce cas, n'aurait aucune obligation de communiquer : « les informations concernant les CDD et l’intérim, celles relatives aux plans de réduction des effectifs et plans de sauvegarde de l’emploi, le temps partiel, l’intéressement, la participation et l’épargne salariale »

Novethic explique de son côté : « (...) L’objectif des lobbyistes coté entreprises était ouvertement de limiter le (...) l’obligation de faire évaluer par un tiers les données environnementales et sociales de l’entreprise (...) Un premier coup de butoir avait été porté à l’article 225 avec la suppression de la possibilité pour les institutions représentatives du personnel et les parties prenantes participant à des dialogues avec les entreprises de présenter leur avis sur les démarches de responsabilité sociale, environnementale et sociétale (...) »

Et pour conclure : « (...) Les députés ont voté dans la nuit du 11 au 12 octobre un amendement qui repousse d'un an l'obligation de reporting environnemental et social des entreprises, prévue par l'article 225 de la loi Grenelle 2 (...) » Et bien entendu établit : « (...) la distinction entre entreprises cotées et non cotées pour les obligations de rapport annuel sociétal (...) » et ce, malgré l'avis défavorable du Conseil d'Etat. - Actu Environnement

Et de quelle façon ! Puisque, cet amendement a été adopté lors de l'examen en séance publique à l'Assemblée de l'article 10 de la proposition de loi fourre-tout sur la simplification administrative présentée par le député UMP Warsmann.

En clair, un sabotage en règle qui vide de toute sa substance la notion de responsabilité sociale dont le Medef se targue d'être un des plus fervents défenseur et promoteur !

Jean Pierre Bompard, économiste, et négociateur des « Grenelle » de l'environnement, écrit pour sa part : « (...) Pendant ce temps, rien ne se fait, et la RSE n’avance pas. La stratégie de lobbying du Medef détricote le Grenelle de l’environnement. Après les menaces de délocalisation liée au prix du CO2 (...) les lois Grenelles qui représentaient une réelle avancée risque de devenir une coquille en partie vide. Vide dans le domaine des nouveaux droits sociaux »

C'est donc forte de cette stratégie de « nettoyage par le vide » que Laurence Parisot va apporter son expertise pour coordonner : « des réflexions croisées sur la responsabilité sociétale de l’entreprise » au B20/G20.

Une preuve de cette expertise ?

Les patrons du B20 ont indiqué qu'ils insisteront fortement sur les efforts que le G20 doit faire : « (...) au niveau international pour améliorer le fonctionnement des marchés du travail et stimuler la création d’emplois, en favorisant la souplesse et les formes de travail flexibles (...) » On se disait aussi ...


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20Minutes

29 juin 2007

2ème forum national de l’emploi dans l’Economie sociale et solidaire

L'économie sociale et solidaire est en France un des secteurs économiques les plus dynamiques. C'est même le premier secteur en matière de création d'emplois si l'on cumule les emplois créés dans les mutuelles, les coopératives et les associations, avec les initiatives d'entrepreneuriat social sous forme d'Eurl ou de Sarl.

C'est dire si ce secteur, qui regroupe déjà plus de deux millions de salariés, est intéressant à découvrir pour les personnes en recherche d'emploi. D'autant que dans ce secteur, trouver un travail est aussi lui donner du sens en participant à des projets de toute nature au service de l'intérêt général. Ce qui n'empêche, contrairement aux idées reçues, ni de pouvoir y gagner correctement sa vie, ni de construire des carrières professionnelles solides et d'occuper des fonctions de responsabilités.

C'est pour permettre aux nombreuses personnes en recherche d'emploi ou de reconversion professionnelle de découvrir ce secteur que s'est créé le « Forum national de l'emploi dans l'économie sociale et solidaire ». Sa première édition en Octobre 2006, a été un vrai succès puisque plus de 3500 visiteurs sont venus découvrir les différentes offres d'emploi disponibles. La seconde s'annonce encore plus prometteuse. De nombreux partenaires, qui n'avaient pu se mobiliser l'année dernière, ont rejoint le projet. L'offre d'emplois disponibles au sein du forum sera de ce fait encore plus diversifiée et couvrira aussi le secteur des offres d'emploi aidés.

Pour compléter l'offre , une section « créateur d'entreprise dans l'ESS » sera proposée aux visiteurs. Animée par l'Avise (agence de valorisation des initiatives d'entrepreuneriat social), elle présentera les très nombreux dispositifs destinés aux entrepreneurs sociaux pour leur permettre d'élaborer, consolider et financer leurs projets, en particulier dans le cadre d'une démarche collective. Et, comme l'année précédente, de nombreuses conférences permettront aux visiteurs de se familiariser avec les différents secteurs, avec cette année une attention toute particulière portée aux discriminations à l'embauche et aux méthodes mises en place par l'ESS pour les combattre.

2ème forum national de l’emploi dans l’Economie sociale et solidaire
4 et 5 octobre 2007 - Inscription en ligne

Organisation

Le CJDES (Centre des Jeunes Dirigeants et acteurs de l'Economie Sociale) est un lieu d'échanges, de réflexion et d'expériences qui permet à ses membres d'agir plus efficacement dans leurs activités et d'en anticiper les évolutions. Le recrutement étant un enjeu important pour les structures de notre secteur, le CJDES a souhaité, après le succès de la première édition du forum de l'emploi dans l'ESS, continuer à participer pleinement à l'organisation de cet événement dont la deuxième édition aura lieu en octobre prochain. Une occasion de promouvoir le secteur et de recruter de nouvelles forces et de nouveaux enthousiasmes.

L’AFIJ (Association pour faciliter l’insertion professionnelle des jeunes diplômés) propose ses services, gratuits, aux jeunes issus de l’enseignement supérieur en recherche d’un premier emploi : étudiants, jeunes diplômés à partir de Bac + 2, mais aussi aux jeunes quittant l’enseignement supérieur sans avoir validé un premier cycle.

Un sondage réalisé en 2003, révélait que 53 % des jeunes ayant répondu étaient intéressés par le secteur de l’économie sociale et solidaire, mais un sondage de cette année montre que si plus de la moitié d’entre eux souhaitent travailler dans une association, ils connaissent mal les autres structures de l’ESS.

Pour répondre à cette préoccupation l’AFIJ a développé un service spécifique autour des offres d’emploi dans l’ESS, avec un site dédié à l’information des jeunes : www.jd-economiesociale.info . Il est donc naturel qu’elle soit, comme l’an dernier, coorganisatrice de ce salon qui s’inscrit au cœur de sa mission et de ses valeurs.

19 juin 2007

Epargne responsable ?

Epuisement des matières premières, surproduction, perte de créativité, environnement et conditions de vie mis en cause pour le simple profit, tout cela ne relève plus depuis un certain temps d’un discours militant mais d’une prise de conscience globale.

S’il aura fallut des décennies aux politiques pour en comprendre les enjeux, il ne fait nul doute que le mouvement est irréversible et va s’accélérer.

Si dans certains domaines, la machine est lancée (parfois très doucement)

Energies fossiles (travaux sur les bio carburants, le solaire et l’éolien)
Recyclage des matériaux (composants automobiles, emballages, …)
Diminution de la pollution automobile dans les centres urbains
Prise en compte des ressources en eau potable
Développement des transports en commun peu polluants

Cette machine a un nom : Le développement durable

« le développement durable est un développement qui répond aux besoins des générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs. Deux concepts sont inhérents à cette notion : le concept de " besoins ", et plus particulièrement des besoins essentiels des plus démunis, à qui il convient d’accorder la plus grande priorité, et l’idée des limitations que l’état de nos techniques et de notre organisation sociale impose sur la capacité de l’environnement à répondre aux besoins actuels et à venir. »

Définition proposée en 1987 par la Commission mondiale sur l’environnement et le développement dans le Rapport Brundtland

Si l’on s’en tient aux nombreuses déclarations qui pullulent dans les media, seuls nos dirigeants seraient en mesure de prendre en compte tous les problèmes au nom des citoyens. C’est vrai qu’on note de temps en temps des annonces de financement de nouveaux secteurs technologiques plus respectueux de l’avenir de la planète et de ses habitants mais, dans l’ensemble, rien de bien fondamental.

Pourtant, on s’aperçoit que les citoyens cherchent de plus en plus à peser sur l’avenir et pas seulement en donnant des mandats électoraux. Les nouveaux modèles économiques mis en avant par la mondialisation ont mis à mal les repères et donnent souvent une « prime » à la délocalisation dans des pays ne respectant pas les droits des salariés définis par le BIT

Mais comment peser sur des choix économiques et stratégiques aux antipodes de l’éthique et de l’avenir de notre vieux monde ?

Si les groupements de défense des consommateurs comme Public Citizen (le mouvement créé par Ralph NADER ) aux Etats Unis ont pu peser sur les entreprises, on a malheureusement constaté avec le temps des dérives consuméristes et un effet limité sur les pratiques et habitudes de production.

La suite logique consistait donc pour les citoyens consommateurs à s’intéresser à l’utilisation et à la destination de l’argent qu’ils confient au système bancaire. En effet, quelle meilleure façon d’agir que de refuser que son épargne permette à des prédateurs économiques de s’exonérer des règles d’éthique ?

Premiers pas de l’investissement socialement responsable en France

Le Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD) a lancé en 1983, le premier fonds commun de placement de partage « Faim et développement

Dans le même temps, naissait le premier fonds commun de placement éthique « Nouvelle stratégie 50 », à l'instigation de Soeur Nicole Reille . Son objet était de proposer aux investisseurs, particuliers ou institutionnels, des placements boursiers « respectueux de la place de l'homme »

1997 : Création de la première agence de notation sociale et environnementale française, AreSe (devenue VIGEO )

2001 : Création de l'EuroSIF et lancement de Novethic , le premier portail Grand Public sur la responsabilité sociale et l'ISR

Ainsi, grâce à la présence de ces agences de notation, il est possible de « donner un sens » à son épargne et de privilégier des critères de développement durable, environnementaux, sociaux, de gouvernement d’entreprise ou de droits de l’homme, …

Si la quasi totalité des établissements bancaires ont ajouté à leur gamme des fonds socialement responsables, la communication qu’ils en font auprès du grand public reste limitée. Sur le Web, il n’y a guère que chez l’assureur ISR Vie (dont les Unités de Compte sont exclusivement issues de fonds ISR) on l’ont fait preuve de pédagogie et de spécialisation.

Il n’en reste pas moins que : « Selon une étude publiée par Eurosif en 2006, l’encours total des fonds disponibles sur le marché français serait de 8,2 milliards d’euros fin 2005 contre 30,5 milliards d’euros au Royaume-Uni, leader en Europe»

Alors, les français seraient-ils moins concernés par la responsabilité sociale et le développement durable ? A mon avis c’est une question de … très peu de temps.

Sources et crédits
Forum de l’investissement responsable
Novethic
WIKIPEDIA