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13 mars 2013

Le droit du travail, ennemi public n°1 des ultra libéraux de tous poils !

Selon un économiste « libertarien » : le concept de  contrat de travail en France ne : « s’est jamais libéré d’une relation ambiguë avec celle de l’esclavage ». Une théorie bien fumeuse destinée à nous vendre ... la fin du droit du travail, au profit de la liberté de ... la jungle !

Vous avez sans doute entendu à de nombreuses reprises des responsables politiques ou patronaux remettre en cause de façon virulente le modèle économique et social français sans forcément vous demander d'où pouvaient venir leurs arguments.

Prenons un exemple qui fait fureur à l'UMP : Le big bang social défendu par Hervé Novelli et récemment repris par Jean-François Copé. Il consisterait en une réforme globale des contrats de travail et de certains pans du Code du travail, tout en supprimant toute référence légale de la durée du travail.

Et d'où vient cette idée de big bang appliquée à l'économie et au social ? Eh bien, en partie des idées professées par des libertariens économiques (ultra libéraux) qui ont, au travers de quelques think tanks, pignon sur rue auprès de pas mal d'élus de droite et de patrons.

Mais au fait, c'est quoi la doctrine libertarienne ?

D'inspiration américaine, elle s'est fait entendre lors de la présidentielle aux USA où Ron Paul s'était fait son apôtre. Quelques définitions :

André Teissier du Cros Président du Comité Bastille : « (...) Pour un libertarien pur et dur (... ) la seule bonne pression fiscale est de zéro pour cent. Le seul bon Etat est un état inexistant. La société est gérée uniquement par des contrats et par des lois minimales, fondées sur les droits de l’individu et sur la totale liberté d’entreprendre, et aussi figées que les Dix Commandements de Moïse. Dans cette société idéale, les fonctions de l’Etat sont devenues inutiles, ou sont déléguées à des firmes privées »


Wikilibéral : « Les libertariens sont des libéraux radicaux, opposés à l'État dans sa forme contemporaine. Pour eux, les pouvoirs de l'État devraient être extrêmement restreints (minarchisme), ou même supprimés (anarcho-capitalisme) Contrairement à l'idée libertaire, les libertariens ne sont pas pour une société gérée en commun, mais pour une société où les interactions entre les individus découlent de contrats librement consentis, conformément au Droit naturel et à l'axiome de non-agression. (...) »

En clair, si vous n'aviez pas compris : Détestation de l'état, donc, mort aux services publics, puisque le marché a toutes les vertus et, son auto régulation fonctionne à merveille. Et mort à tout ce qui peut ressembler à un assisté puisque : « les libertariens défendent le droit qu’ont ceux qui produisent de garder ce qu’ils gagnent, contre une nouvelle catégorie de politiciens et bureaucrates qui veulent s’emparer de leurs gains pour les redistribuer à ceux qui ne l’ont pas produite »

Si les libertariens ont comme principal ennemi l'état, ils ont aussi, en France, une bête noire : Le droit du travail, qui serait une bête nuisible, empêchant la création ou le développement d'entreprises et, surtout, entretiendrait le chômage de masse.

Prenons pour exemple Philippe Simonnot. Il est vrai qu'à moins de faire partie du petit monde des ultra libéraux addicts, vous ignorez son nom et son oeuvre. Et pourtant, il a fait une conférence à l'Assemblée Nationale le 21 février dernier où il présentait son opuscule : « Chômeurs ou esclaves ? Le dilemme français »



Tout d'abord, sachez que, selon monsieur Simonnot : de l'extrême gauche à l'extrême droite en passant par Charles de Gaulle et même Edouard Balladur, la totalité du monde politique français est anti capitaliste, ce qui les disqualifie à ses yeux.

Mais revenons en à son livre. Que dit-il ?

 Il explique que : « le concept de « contrat de travail » en France ne s’est jamais libéré d’une relation ambiguë avec celle de l’esclavage, ce qui a sans doute en partie légitimé que le marché du travail en France soit hyper-réglementé » Et l'auteur de nous expliquer que : (...)  le contrat de travail n’a pas su, à ce jour, se libérer d’une fiction juridique dans laquelle il s’est enfermé lors de la rédaction du code civil en 1804. La crainte à l’époque était de faire renaître la notion d’esclavage en même temps qu’on donnait au salariat ses lettres de noblesse (...) »

Au delà du concept un peu fumeux, on aura soin de lire les critiques dithyrambiques, publiées notamment par l'Institut Molinari ou le site ContrePoint, tous deux fervents défenseurs du libéralisme sans entraves, qui en ont publié les bon morceaux et qu'ils vous livrent ... avec délectation . Extraits 

Cécile Philippe directrice générale de l'Institut Molinari : « (...) La répugnance des Français a l’égard du travail a conduit à l’empêcher de fonctionner comme un marché où s’y confronterait librement des offres et des demandes, de sorte qu’émergent des niveaux de salaire propre à satisfaire demandeurs d’emplois et offreurs (...) la grande absente du marché du travail est l’approche économique alors que l’échange de travail a pour but premier de satisfaire les envies et besoins des consommateurs et que pour ce faire les échanges volontaires sont sans doute ce qu’il y a de mieux. Car ils permettent d’orienter les ressources, les talents, le travail là où il est le plus nécessaire (...) L'auteur s’attaque au tabou en France de l’existence d’un chômage volontaire. Il explique qu’il est lié notamment à l’existence d’un arsenal d’indemnités et allocations associées au statut de chômeur ou de sans-emploi qui rend d’autant plus dur le retour à une activité rémunérée qu’il faut renoncer à ces avantages qui peuvent représenter plusieurs centaines d’euros. Le calcul peut amener des personnes parfaitement rationnelles à renoncer à prendre un emploi »

Francis Richard sur Contrepoints : « Le salaire minimum, Smic, qui s'applique uniformément en France, "sans distinction d'âge, de lieu, d'activité ou de profession", se situe "au-dessus du salaire qui s'établirait à la suite d'une libre confrontation de l'offre et de la demande de travail non qualifié", avec pour résultats mirifiques une augmentation de l'offre et une baisse de la demande, en conséquence un chômage massif et une proportion toujours plus grande de smicards (...) Face au manque de flexibilité du marché du travail (...) Les entreprises françaises, pour ne pas sombrer, n'ont d'autres possibilités que d'embaucher des immigrés, notamment en provenance d'Europe centrale, de délocaliser ou de substituer du capital au travail (...) L'interdiction du licenciement économique pour améliorer la rentabilité d'une entreprise, a pour but de bloquer la destruction d'emplois et se traduit en fait par le blocage de la croissance et de la création d'emplois (...)  »

A noter également, ce morceau d'anthologie : « À préférer le chômage à l'esclavage, beaucoup de nos concitoyens [...] amplifient la terreur d'être virés dans le camp de ceux qui ont encore un emploi  (...) »

Dites donc braves gens, tout ça ne vous rappelle pas, entre autre, la manifestation autour du « vrai travail » du 1er mai 2012 organisée par Nicolas Sarkozy et l'UMP ?

Qu'y disait-on ?

« (...) le rassemblement sur le Champ-de-Mars s'adresse à "ceux qui travaillent dur, ceux qui sont exposés, qui souffrent, et qui ne veulent plus que quand on ne travaille pas on puisse gagner plus que quand on travaille". "Le vrai travail, ça veut dire les gens qui prennent leur voiture le matin pour se rendre dans leurs entreprises, leurs usines, leurs exploitations, qui travaillent toute la journée, rentrent le soir et ont encore mille choses à faire pour leur famille, pour eux-mêmes, pour gérer leur foyer. C'est la différence avec ceux qui vivent des revenus de l'assistance" à qui "nous voulons demander des contreparties (...) »

Ou le très célèbre : « L'amour est précaire. Le travail doit l'être aussi » sans oublier le non moins célèbre : « Si on libère le licenciement, on libèrera l'embauche » de Laurence Parisot

Alors, prêts pour le bing bang libéral ou prêts à vous battre pour conserver ce qui reste de vos droits ? C'est vous qui voyez ! 


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28 août 2012

Laurence Parisot : Sauvons les revenus et les rentiers du capital !

Laurence Parisot monte au créneau pour défendre les revenus du capital que le gouvernement souhaite aligner sur les revenus du travail. Elle aurait mieux fait de lire Alternatives économiques, avant de se proclamer défenseure des rentiers du capital !


A quelques heures de l'ouverture de l'université d'été du Medef, Laurence Parisot vient de lancer un anathème contre le gouvernement. Elle estime : « (...) qu'aligner les impôts sur les revenus du capital et ceux du travail comme le veut le gouvernement limiterait l'accès aux capitaux, plus personne n'ayant, par exemple, intérêt à placer son épargne en actions si la taxation des plus-values de cession est alourdie (...) »

En clair, si elle conçoit parfaitement qu'on puisse taxer à loisir les revenus du travail, pas touche aux revenus des actionnaires et autre rentiers des affaires. Cette déclaration tombe en même temps qu'un article fort intéressant sur : « Les inégalités en France », publié par Alternatives économiques dont l'Observatoire des inégalités a publié des extraits

Qu'y apprend t-on ?

Les riches n'ont cessé de s'enrichir depuis les années 90

« Dans les années 1990 et 2000, les riches se sont enrichis beaucoup plus vite que les autres et dans des proportions spectaculaires. Entre 2004 et 2007, tandis que les 90 % les plus modestes de la population voyaient leurs revenus déclarés augmenter de 9 % en moyenne, les 1 % les plus aisés connaissaient, eux, une hausse de 16 %, et les 0,01 % de 40 % (...) En pratique, l’essor des riches pendant cette période aura bien davantage consisté à garantir des gains considérables aux détenteurs de capital dans un contexte de croissance molle (...) »

Et Thierry Pech, directeur de la rédaction d’Alternatives économiques d'expliquer : « (...) aujourd’hui, à la faveur d’une crise qui met durement à l’épreuve les finances publiques, nombre d’États européens en reviennent. C’est notamment le cas en France où l’élection de François Hollande devrait marquer une rupture dans la politique fiscale à l’égard des plus fortunés : alignement de l’imposition des revenus du capital sur l’imposition des autres revenus, relèvement du seuil de la tranche marginale supérieure de l’impôt sur le revenu de 41 % à 45 %, création annoncée d’un taux d’imposition à 75 % pour la part des revenus excédant un million d’euros par an (...) »

Ce qui a le don de faire sortir de ses gonds dame Parisot  : « (...) Elle s'en prend également au projet de taxer à 75% la part des revenus annuels supérieure à un million d'euros, qui comporte de sérieux risques selon elle (...) » Désolé, mais on ne saura pas de quels risques il s'agit. Néanmoins, on peut imaginer que ces « victimes » soient nombreuses parmi ... les adhérents du Medef.

Quant aux millions de salariés qui ne vivent que leur travail, Laurence Parisot n'a pas eu un mot pour eux. Il faut dire qu'elle avait annoncé la couleur des licenciements massifs avant de partir en vacances. Pourquoi perdre son temps à parler des salariés variables d'ajustement, alors que de nombreux rentiers du capital vivent d'ores et déjà dans l'angoisse du lendemain ?


Extrait de Alternatives Economiques Poche "Les inégalités en France" n° 056- septembre 2012. En vente en kiosque et sur le site du magazine Alternatives Economiques

27 août 2012

Unilever, ou le capitalisme adapté aux pauvres !

Crise économique aidant, les plus grandes multinationales voient leurs chiffres d'affaires décliner. Unilever a une solution : Vendre les mêmes produits mais, en plus petite quantité. Une belle leçon de cynisme commercial !  


Unilever fait partie de ces géants de l'agroalimentaire dont on connaît plus les marques que le nom. Et pourtant, ces derniers mois, les français ont pu découvrir ses méthodes, notamment au travers de l'affaire Fralib.

Affaire Fralib ?

Pour ceux qui l'auraient oublié, Fralib est une filiale française à 100%d'Unilever qui fabrique les infusion des marques Lipton et Elephant. Or, depuis septembre 2010, pour d'obscures raisons de rentabilité, Unilever a annoncé la fermeture de l’usine Fralib de Gémenos (Bouches-du-Rhône), afin de délocaliser la production à l’étranger.

Outre que le plan de sauvegarde de l'emploi a été rejeté par l'inspection du travail, Paul POLMAN, le PDG d'Unilever refuse mordicus de céder la marque aux employés qui envisagent de reprendre l’activité sous forme de société coopérative de production.

Il s'en est expliqué au Figaro dans une interview où il menace le gouvernement français, et nous gratifie d'une logorrhée bien patronale, par laquelle il réclame pèle mêle : La réduction des dépenses de l'état, la compétitivité qui serait obtenue, bien entendu, en augmentant la flexibilité des salariés, ... Et d'ajouter : « En Europe, les charges sur les salaires sont trop élevées »

Mais encore ?

« (...) L'Europe doit aussi s'attaquer au défi de la compétitivité de l'emploi, avec des charges sur les salaires souvent trop élevées. La crise monétaire est un symptôme des problèmes de l'Europe, elle n'en est pas la cause… La pression des charges sur le travail nous fait perdre du terrain en matière de compétitivité par rapport aux fabricants de marques de distributeurs (...) »

On notera au passage que monsieur POLMAN a une vision bien particulière de la concurrence ! Et une mauvaise foi totale, dans la mesure où les charges qu'il incrimine sont strictement les mêmes pour les industriels qui fabriquent les produits de marques des distributeurs.

Au passage ce grand humaniste explique : « (...) Notre défi, c'est l'Europe, où les coûts augmentent et où les consommateurs ont moins d'argent (...) » D'où cette idée de génie lancée aujourd'hui et reprise, entre autre par le Nouvel Obs : Tout simplement diminuer la taille des contenants ! 

Alors comment continuer à vendre aux pauvres tout en conservant des marges confortables ?

Jan Zijderveld  : « Si un Espagnol ne dépense plus en moyenne que 17 euros quand il fait les courses, je ne vais pas lui proposer un paquet de lessive qui coûte la moitié de son budget » Donc pourquoi ne pas proposer comme dans les pays asiatiques : « (...) des produits meilleur marché car en plus petit conditionnement (...) » Et Zijderveld de nous expliquer : « (...) En Indonésie nous vendons des échantillons individuels de shampoing pour 2 à 3 centimes pièce et pourtant nous gagnons de l'argent (...) »

Le Financial Times Deutschland qui l'a interviewé nous explique d'ailleurs : « (...) qu'Unilever a par exemple commencé à vendre en Espagne de petits paquets de lessive ne permettant de faire que cinq machines »

Belle démonstration de cynisme que les consommateurs des produits et marques d'Unilever devraient apprécier à sa juste valeur ... 


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12 août 2011

Monsieur le Président : Et si vous nous reparliez du « capitalisme familial » ?

La France a décidé de restreindre les ventes à découvert, l'un des outils financier préféré des spéculateurs. Elle sera limitée à 15 jours. Un coup d'épée dans l'eau qui ne mettra pas fin à l'hégémonie du « capitalisme financier » sur le « capitalisme familial » cher à notre Président !

En septembre 2007, alors qu'on ignorait l'impact réel de la crise des subprimes, Nicolas Sarkozy et Angela Merckel s'affirmaient : « partisans de la moralisation des marchés» Notre Président très en verve ajoutait : « (...) Il faut moraliser le capitalisme financier (...) On ne peut plus laisser quelques dizaines de spéculateurs mettre par terre tout un système international, emprunter dans n'importe quelles conditions, acheter à n'importe quel prix, ne pas savoir qui prête (...) »

Auparavant, le 30 août 2007, devant un parterre de chefs d'entreprises réunis pour l'Université d'été du Medef, Nicolas Sarkozy déclarait, sous les ovations être : « (...) Favorable à « un capitalisme d’entrepreneurs » plutôt qu’à un « capitalisme purement financier »

Or, on apprenait hier que : « L'Autorité des marchés financiers (AMF) a décidé d'interdire la vente à découvert de onze valeurs financières pour quinze jours ». Il s'agit de : Axa, April Group, BNP Paribas, CIC, CNP Assurances, Crédit Agricole, Euler Hermès, Natixis, Paris Ré, Scor et Société Générale

Pour mémoire : « la vente à découvert avait été interdite le 19 septembre 2008 sur le marché parisien par l'Autorité des marchés financiers (AMF) » cette mesure s'appliquait uniquement pour : « quatorze actions du secteur financier comme Axa, BNP Paribas, Crédit Agricole, Scor, NYSE Euronext et Société Générale (...) » et autorisée à nouveau ... le 1er Février 2011.

Et, bien que l'AMF avait expliqué avoir instauré un régime d'encadrement plus strict, force est de constater que l'utilisation de cet outil hautement spéculatif a montré entre temps, à nouveau, sa nuisance !

Mais au fait, c'est quoi la « vente à découvert » que les gouvernements sont incapables d'interdire définitivement ?

« S’il est une technique qui laisse toujours très impressionnés les observateurs amateurs de la Bourse c’est bien la technique de la vente à découvert, aussi qualifiée de « Short Sale », qu’on retrouve dans les stratégies de gestion d’actifs (long/short strategy). S’il est une technique emblématique de toutes les déviances, les errements et les maléfices de la Finance c’est bien cette technique ! » écrit le banquier Pascal Ordonneau qui précise : « Vendre à découvert, c’est fondamentalement vendre une chose qu’on n’a pas (...) Comment une telle opération est-elle possible (...) Très simple, Docteur Watson ! emprunter cette chose à quelqu’un qui en possède (...) »

Un exemple ancien ?

« (...) la fois où George Soros a " fait sauter la Banque d'Angleterre " en 1992. Il a risqué 10 milliards $ sur une chute éventuelle de la livre anglaise et il a gagné. La nuit suivante, Soros empochait 1 milliard $ grâce à cette opération. Il a finalement réalisé un bénéfice de presque 2 milliards $ (...) » - Orientation Finance

Un exemple plus récent ?

Les conseils donnés par ABC Bourse pour devenir un utilisateur avertit « (...) La valeur Alcatel est cotée 6 euros fin janvier 2011. Vous pensez que la conjoncture est mauvaise et que le titre va baisser. Dans ce cas, vous n'allez surtout pas en acheter mais vous allez faire une vente à découvert pour parier sur la baisse de cette action. En mai 2011, l'avenir vous a donné raison et l'action Alcatel est cotée 3,5 €. Votre scénario s'est donc réalisé, la valeur a baissé. A ce moment, vous souhaitez prendre vos bénéfices et pour cela il vous suffit d'acheter Alcatel afin de solder votre position de vente à découvert. Dans cet exemple, vous avez encaissé : 6 euros - 3,5 euros = 2,5 euros par action (...) »

A noter au passage les conseils avisés d'Axa, provisoirement protégé par l'AMF, pour vous lancer dans la vente à découvert si : « (...) détenez pas encore les liquidités nécessaires (...) »

Mais ce qui est le plus grave dans cette affaire, c'est que les analystes sont unanimes. Le Monde nous explique que : « (...) en limitant la spéculation à la baisse, elle maintient artificiellement le cours d'un titre et risque de provoquer sa sous-évaluation. Sans compter le signal qu'elles envoient aux opérateurs de marché, qui risquent d'en déduire que la situation est grave (...) » Christian Parisot, chef économiste chez Aurel BGC indique : « (...) il n'est pas sûr que ce type de mesure résolve tous les problèmes. Ca peut limiter un petit peu les mouvements, mais il y a d'autres techniques pour spéculer à la baisse (...) »

Vous avouerez qu'on est bien loin du capitalisme familial tant vanté par notre Président sur le plateau de TF1 en février dernier ou lors du rendez_vous OSEO de mars de 2011 où il expliquait : « avoir fait ce choix »


La réalité, c'est que l'économie de marché dérégulée dont notre président fut un farouche défenseur, est en train de manger ceux qui l'ont nourrie et aider à croître. Et que tous les propos et déclarations sur la moralisation ou la régulation ne sont que des leurres !

Durant des années, les marchés financiers ont salué les états qui saccageaient leur fonction publique et les entreprises qui licenciaient ou délocalisaient massivement pour améliorer leurs bénéfices. Aujourd'hui plus que jamais libres de toute contrainte, ils peuvent exiger : le report de l'âge de la retraite, des coupes dans les budgets sociaux ou de santé, la flexibilité du marché du travail, et la libéralisation de l'ensemble des services publics, sans que les dirigeants des pays ne puissent s'y opposer.

Car le but final, c'est bien de récupérer des rentes que les pays leur concèderont sous peine de subir les assauts de la spéculation. Et oui, c'est ça la mondialisation Coco !

Alors, Monsieur le Président : Et si vous nous reparliez du « capitalisme familial » ?

Crédite et copyright photo
Daily Bourse

29 janvier 2010

Les banquiers au Forum de Davos : La refondation du capitalisme ... ne passera pas par nous !

Ah ! ils sont beaux nos chefs d'Etat et de gouvernement avec leurs déclarations sur : "plus jamais ça" et le capitalisme à visage humain !

Comment expliquer à leurs concitoyens qu'après avoir remis en selle les banques et institutions financières, celles-ci reprennent tout naturellement leurs habitudes ?

Et surtout comment justifier que : "Le chômage mondial, mis à mal par la crise, a explosé en 2009 atteignant 6,6% à l'échelle mondiale soit un nombre record de 212 millions de personnes, indique mercredi le Bureau international du travail (BIT) mettant en garde contre "une reprise sans emplois". "Le nombre de sans-emploi dans le monde a atteint près de 212 millions en 2009, en raison d'une hausse sans précédent de 34 millions par rapport à 2007, à la veille de la crise économique mondiale", prévient le BIT dans son rapport annuel sur les Tendances mondiales de l'emploi ... / ... " - Source France24

Même si le directeur général du BIT, Juan Somavia déclare qu'il est indispensable que les états doivent avoir : "La même volonté politique qui a sauvé les banques doit être appliquée pour sauver et créer les emplois ... / ... " - Source JDN

"A Davos, on ne refait pas le monde. On cherche juste à en améliorer l'état, selon la devise faussement modeste du forum. La séance du 28 janvier intitulée « repenser le capitalisme de marché » fait partie de ces sessions qu'affectionne la rencontre annuelle ... / ... " Ecrit le Journal La Croix

"... /... Les participants conviennent tous que ce court-termisme ne peut pas durer -ce qui n'est pas qu'une lapalissade. Il faut investir long terme, ne pas satisfaire les seuls actionnaires mais toutes les parties prenantes de l'entreprise : ses employés, ses clients, ses fournisseurs, les ressources qu'elle utilise (environnement), la vie locale où elle est implantée. ... / ... Oui, mais comment ? Silence alors embarrassé des intervenants ... / ... " Source La Croix

Oui mais, diront les aficionados de notre Président de la République : Nicolas Sarkozy s'est montré ferme et convaincant sur la "refondation du capitalisme" !

Pas vraiment répondent ceux qui ont assisté à son intervention

" ... / ... Qu’il soit dans la France profonde ou devant les décideurs industriels et financiers de la planète, Sarkozy fait du Sarkozy. Des blagues, des mimiques, des adresses directes au public, et un discours assez vague. Parfois ça marche. Parfois, ça tombe à plat. Hier, à Davos, pour le premier jour du forum économique mondial, dont le thème est la définition d’un nouveau capitalisme post-crise, le président français était invité à prononcer le discours d’ouverture. Devant une assemblée très partagée sur sa prestation, ce qui l’a particulièrement énervé, Sarkozy en a profité pour adresser le même message qu’il déclame depuis son discours de Toulon, à l’automne 2008 : le capitalisme a besoin de morale. Mais il a été avare en propositions concrètes ... / ...

" ... / ... Sarkozy y va franco. «La mondialisation a engendré un monde où tout était donné au capitalisme financier, presque rien au travail, où l’entrepreneur passait après le spéculateur», déclare-t-il, le doigt levé. Ou encore, en regardant la salle avec un sourire menaçant : «Il y a des profits excessifs qui ne seront plus acceptés parce qu’ils sont sans commune mesure avec la capacité à créer des richesses et des emplois.» ... / ...

Qu’on se rassure, le président n’est pas devenu gauchiste. Il modère son propos, en rappelant qu’il ne condamne pas tout le capitalisme, seulement celui qui a été «dénaturé». Mais la salle ne réagit pas. Et Sarkozy essaie un truc. Il sort du discours préparé pour se lancer dans une longue diatribe contre un président de banque dont il a demandé la démission car un de ses employés avait fait perdre des milliards à l’établissement. ... / ... Elle arrache des applaudissements à deux Indiens au fond de la salle. Sarkozy saute dessus. «Merci aux deux personnes qui applaudissent» ... / ... Malgré tout, à la fin du discours, seule une partie de la salle applaudit, et la grande majorité reste assise. Du coup, Sarkozy revient prendre la parole. Bafouille, en essayant de faire une nouvelle blague sur cette réaction en demi-teinte. Puis il se sauve jusqu’à son hélicoptère avec sa délégation" Source Libération

Il faut dire que son épouse l'a rejoint et qu'il devait vite rentrer pour fêter son anniversaire. Sauver la planète et le capitalisme à ses limites !

D'ailleurs, cette année : " la Première dame n'a pas participé la 8e édition de ce très beau dîner qui se tient habituellement après la semaine de la mode Haute-Couture. Et pour cause, son époux Nicolas Sarkozy fête ce soir ses 55 ans à l'Elysée ! Si tous les proches du couple sont attendus dans leurs habits de lumière, Carla, elle aussi, sera certainement de toute beauté. L'ambassadrice du Fonds mondial pour le sida n'en oublie pas pour autant sa mission puisqu'elle adressera un message vidéo lors de cette soirée." Source AFP/Yahoo

C'est beau comme du Gala et du Paris Match réunis !

On prend nettement mieux conscience de ce qui est en train de se jouer lorsqu'on regarde le duel qui se déroule entre Barack Obama aux Etats Unis et les banques qui ont décidé de jouer le bras de fer depuis Davos.

" Dans son premier discours sur l'état de l'Union prononcé mercredi soir à Washington, Barack Obama a choisi de mettre en avant la lutte contre le chômage et a réaffirmé sa volonté de réformer le système de santé américain. Critiquant une nouvelle fois les "mauvais comportements" de Wall Street, qu'il accuse d'avoir provoqué la crise, Barack Obama a appelé le Congrès à adopter de nouvelles lois sur la régulation financière en dépit des efforts de lobbying du secteur ... / ... "

Réponse des banquiers : A Davos, Howard Lutnick, directeur général de la banque d'investissement Cantor Fitzgerald, a déclaré à Reuters que le président des Etats-Unis s'engageait dans "une bataille populiste contre les banques". "C'est facile de s'en prendre aux banques quand on n'arrive pas à progresser sur la santé", a-t-il ajouté.

... / ... Interrogé sur les projets de la Maison blanche, Howard Lutnick a répondu: "Comme tout ce qui touche à la régulation, c'est préoccupant parce qu'on ne sait pas s'il ne s'agit pas d'un char qui tire dans toutes les directions." "C'est simple: c'est très populaire de taper sur les banques, mais cela revient à ignorer que les banques sont le principal moteur de l'économie, qu'elles apportent des liquidités et des financements pour que les gens puissent faire croître leur activité, et si l'on passe son temps à les embêter, elles vont être handicapées", a-t-il ajouté ... / ... " Source Yahoo

En clair, la théorie capitaliste qui veut qu'il soit nécessaire de : "mutualiser les pertes" et de "privatiser les profits" va s'imposer !

Les chefs d'état et de gouvernement, se trouvant dans l'impossibilité de trouver un accord mondial, vont nous expliquer que l'on ne peut "sanctionner" ses propres banques. Ne trouvant par conséquent aucune possibilité de contrainte, ils vont appliquer à la lettre des réformes "structurelles" conduisant, par exemple : à repousser l'âge de la retraite à 67, 68, 70 voir 75 ans !

Il se trouvera d'ailleurs des banques et des compagnies d'assurances qui sortiront de leurs cartons de magnifiques plans retraites individuels (capitalisation) basé sur des valeurs boursières ...

Les plus grandes entreprises réclameront la disparition ou une forte diminution (là où cela existe) des salaires minimum, du droit du travail, du droit syndical, des indemnisations chômage ... Tout cela bien entendu au nom de l'efficacité économique !

En clair : Vous n'avez pas su faire payer les gros, mais vous saurez faire payer les petits qui sont tellement plus nombreux ! Ah ! ils sont beaux nos chefs d'Etat et de gouvernement avec leurs déclarations sur : "plus jamais ça" et le "capitalisme à visage humain" !

Crédit dessin
Chapatte
Crédit photo
Le Figaro
E24

23 janvier 2010

Avec Le Figaro, deviens toi aussi, un spéculateur avisé !

Tu es français et tu t'inquiètes de la situation de l'économie européenne, surtout celle de la zone euro ?

"Après cinq trimestres consécutifs de contraction, la zone euro est sortie de récession au troisième trimestre 2009 avec un PIB en hausse de 0,4% et les économistes attendent un chiffre du même ordre pour le quatrième trimestre. Le retrait progressif des mesures de soutien devrait cependant entraîner un ralentissement de la croissance en 2010, ajoutent-ils.

Avec la stabilisation de la conjoncture se pose en effet la question des stratégies de sortie de crise : retirer les mesures de soutien pour soulager les finances publiques mais sans prendre le risque d'une rechute de l'activité" - Source Reuters

Tes placements te dépriment car ils rapportent peu ?

Et bien, viens vite découvrir de nouvelles pistes, proposées par Le Figaro, qui vont te permettre de gagner beaucoup d'argent !

Tout ceci est à découvrir dans un dossier spécial concocté par Le Figaro : "Nos conseils pour investir dans les pays émergents"

"C'est la maxime du moment : « Pour gagner de l'argent, investissez dans les pays émergents ». Cela semble une évidence et ceux qui émettent des réserves passent pour des ringards. Le thème n'étant pas nouveau, pour obtenir de bonnes performances, il peut être intelligent de faire des paris qui sortent des sentiers battus ... /... Pour prendre les exemples les plus frappants, la Chine et l'Inde annoncent des chiffres à faire pâlir d'envie les pays occidentaux. Ainsi, la Chine devrait afficher une croissance de 10 % de son produit intérieur brut en 2010. L'Inde serait quant à elle sur un rythme de 8 %, d'après les éléments fournis par l'assureur-crédit Coface. Alors que les pays occidentaux se débattent avec des dettes colossales, les pays émergents arborent des finances saines ... / ...

Il y a ensuite les trackers . Ces fonds cotés en Bourse suivent la performance d'un indice de référence. Ils peuvent être achetés ou vendus comme de simples actions. Les émetteurs comme Lyxor, iShares, Casam ou EasyETF peuvent même les proposer, alors que le marché sous-jacent est fermé. Avantage certain, de nombreux trackers sur les pays émergents sont éligibles au plan d'épargne en actions, une spécificité française ... / ...

"Plébiscités par les investisseurs, qui apprécient leur grande liquidité, ils ont vu leurs encours dépasser la barre symbolique des 1.000 milliards de dollars dans le monde, selon Blackrock. En France, ce succès inspire les gestionnaires, qui en lancent régulièrement de nouveaux. Lyxor (Groupe Société générale) vient ainsi d'enrichir sa gamme en proposant à Paris quatre nouveaux ETF, pour jouer l'immobilier côté. De son côté, Amundi (Crédit agricole/Société générale), après en avoir lancé 41 l'an dernier, vient d'en lister 13, aussi bien sur les obligations, les actions européennes que les matières premières ou encore la bourse brésilienne" - Le Figaro

La deuxième idée est de miser sur des nations à fort potentiel, à savoir le Brésil et l'Inde. Puissances régionales incontournables, ces pays vont afficher une croissance économique significative en 2010 et bénéficient de finances publiques saines. Les trackers sur ces pays sont performants et liquides.

La troisième idée est de miser sur des zones sous-estimées. A savoir le Mexique et l'Afrique. Si l'on prend le cas particulier de l'Afrique, l'année 2010 sera historique pour ce continent, qui accueille sa première Coupe du monde de football. Ce continent, le plus en retard en termes économiques, affiche des promesses qui ne peuvent être sous-estimées ... /...

L'année 2010 placée sous le signe de l'Afrique

Certaines régions d'Afrique sont de plus en plus dynamiques ! Dans le nord, le Maroc tire parti de sa proximité avec l'Espagne. La Tunisie profite du dynamisme de son industrie textile, qui représente 22 % de ses exportations. L'Egypte bénéficie d'une manne touristique liée à ses trésors archéologiques. Le pays dispose aussi de ressources en devises diversifiées, selon la Coface (Canal de Suez, exportations de pétrole et de gaz...). A l'ouest, la Côte d'Ivoire profite de l'envolée du cours du cacao et le Sénégal du boum touristique. Le Sénégal a d'ailleurs été en croissance en 2009, relève la Coface, et le rythme devrait s'accélérer en 2010 ... / ... "

C'est lumineux ! Les meilleurs placements du moment sont à faire dans les pays où les populations sont, au choix : Dans la misère ou soumises à une exploitation outrancière de leurs capacité de travail. Enfin, du vrai capitalisme mondialisé au service de l'épargne du particulier !

Mais pourquoi perdre du temps avec une Europe qui ne présente à priori plus d'intérêt (à part la Pologne selon Le Figaro) puisqu'elle devient de plus en plus une zone de consommation !

Pourquoi perdre son temps avec les approches de l'épargne solidaire qui proposent : "une bonne sécurité du capital investi, une liquidité variable selon le type de produits et un potentiel de rendement moyen. Néanmoins, concernant le segment des fonds (qu’ils soient classiques ou d’épargne salariale), certains supports affichent sur longue période, dans leurs catégories respectives, de bonnes performances ... / ..." - Source Exonération fiscale

Alors, qu'attends tu pour vider ton Livret A et cesser d'acheter des tickets à gratter pour te lancer sur ces eldorados ! Qui risquent une fois de plus de se transformer ... en jolie bulle !

Qui comme de bien entendu sera intégralement payée par l'ensemble des contribuables ... spéculateurs ou non !

Car comme l'explique Le Figaro : "Enfin, il y a, comme pour d'autres actifs financiers, le risque de formation d'une bulle sur les émergents. C'est la prise en compte de cet élément qui nous rend prudents sur la Chine à court terme. Le consensus en faveur des actions chinoises nous paraît exagéré. Il existe tout de même des questions sans réponse sur l'économie chinoise. Il est difficile de savoir quelles sont les surcapacités des usines sur place. De même, des crédits ont été accordés de manière très laxiste par les banques et cela ne nous semble pas pris en compte par les marchés ... / ... "

Mais dans la mesure ou la "refondation d'un capitalisme" à visage humain est une des priorité de l'Elysée ...


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Bourse investir
L'Express




18 juillet 2009

Transport aérien low cost : Raynair a ENCORE trouvé comment faire des économies !!!

La compagnie Low cost Ryanair n'en finit plus d'avoir des idées pour éviter de disparaître.

Montrée comme un modèle par les milieux financiers et les économistes libéraux qui voyait en elle le prototype de la future façon de visiter le monde. Raynair connaît des soucis importants de rentabilité.

La recette Ryanair pour réussir et afficher des bénéfices quasiment indécents pendant des années a surtout reposé sur le démantèlement des droits sociaux et des pratiques déplorables en termes de conditions de travail. Oui mais les milieux financiers et les chantres du libéralisme économique "hurlaient au miracle" et affirmaient que Ryanair allait pousser les autres compagnies à utiliser les même moyens et mettre fin au "corporatisme" des salariés trop payés !

Car Ryanair est un véritable contre modèle social. Des exemples ?

Nous vous donnons ci-dessous le témoignage d'un syndicaliste Belge

"La situation du personnel navigant de Ryanair (environ 90 personnes) est abominable » explique Tony Demonte. « Ryanair gère l’engagement de son personnel à travers une sorte d’agence d’intérim du nom de Crewlink LTD. Dans cette société irlandaise, les périodes d’essai vont de 1 à 3 ans, selon le contrat. Mais chez Ryanair, la durée moyenne de vie d’un contrat est de 2 ans… La déréglementation en matière d’emploi est encore plus grave qu’auparavant. Je ne parle pas des pilotes mais des autres. Les hôtesses, les stewards, ... Payés selon le nombre de sandwiches vendus

Les conditions sont devenues tellement graves que les travailleurs d’origine belge ou italienne s’en vont pour laisser leur place à des Polonais. Comme ces derniers sont soumis à des conditions de travail encore plus dingues chez eux, ce sont les seuls qui acceptent les conditions imposées par la direction de Ryanair. Ils sont payés entre 900 et 1 200 euros pour environ 24 longues journées de travail par mois, plus les jours de garde. Le nombre d’heures de vol est presque le double de ce qui se pratique dans d’autres compagnies. Leur rémunération est aussi liée au nombre de vols effectués et de sandwichs vendus. Ils doivent en plus louer leur uniforme de travail.

Ils n’ont pas réellement d’assurance maladie. En fait, ils sont assurés par une compagnie irlandaise. S’ils veulent que leur assurance intervienne, ils doivent d’abord aller en Irlande pour signer des papiers. Une manière de s’assurer qu’ils n’y feront jamais appel. Ils n’ont pas non plus de cotisation pour la pension. Ils n’ont pas de revenus de remplacement en cas de maladie.

Une fois qu’ils arrivent en Belgique, ils sont pratiquement bloqués. Ils vivent dans des studios qu’ils payent fort chers. Logement organisé directement par un collaborateur de Ryanair, d’après nos sources. Ils viennent déjà ici avec très peu d’argent. En plus ils sont obligés de payer une formation qui leur coûte 1 500 euros. On retient une mensualité sur leur salaire pour ça. »

La compagnie irlandaise profite d’un vide juridique au niveau européen et applique le droit social irlandais à ses employés résidant en Belgique. Bolkestein1 avant la lettre, en quelque sorte. En 2001, la CSC-CNE a saisi le Tribunal du Travail de Charleroi et a réclamé à Ryanair des indemnisations pour 3 employés licenciés. En moins d’un an de travail, chacun de ces employés a subi des dommages dont le coût est estimé à plus de 15 000 euros. Le tribunal a donné raison à la CSC, mais Ryanair a fait appel auprès de la cour d’appel de Mons ... / ... " Source AGC Automotive

Ou celui de l’association des pilotes britanniques British Air Line Pilots Association (BALPA) : "En agissant ainsi, on peut facilement monter des gens les uns contre les autres. Nous admettons que les pilotes débutants aient un salaire différent de ceux qui ont beaucoup d’expérience, mais ils ne devraient quand même pas être exploités comme ils le sont parfois chez Ryanair.

Ceux qui sont dans les meilleures positions sont très bien payés, mais les salaires sont vraiment maigres en bas de l’échelle. » Un ex-pilote irlandais dénonce lui aussi ce système : « Le modèle américain est très présent dans Ryanair. O’Leary a cassé toutes les barrières, il ignore toute règle et forme de comportement acceptée dans la société.

Dans son système, les gens sont sans cesse en concurrence. Si quelqu’un proteste, il sera comparé à ceux qui subissent tout sans rien dire, il sera mis sous pression et comprendra que s’il persiste, il pourrait avoir des problèmes, perdre son emploi. L’absence de tout contrepoids syndical dans une compagnie aérienne comme celle-là amène toutes les choses qui sont mauvaises dans le capitalisme ... / ..." Source Amnesty international

Crise économique aidant, le rêve d'une compagnie "décomplexée" vis à vis des droits sociaux est en train de tourner au cauchemar pour son fondateur.

En juin dernier, Reuters (02/06/2009) donnait les chiffres publiés par Ryanair

"Ryanair publie un bénéfice net annuel ajusté en baisse de 78% à 105 millions d'euros et dit s'attendre à un résultat de 200 à 300 millions sur l'exercice 2009-2010. Le bénéfice publié pour 2008-2009 est près de trois fois supérieur à celui attendu en moyenne par les 13 analystes interrogés par Reuters Estimates, le consensus le donnant à 35,7 millions d'euros. Le compte de résultats inclut toutefois une charge de dépréciation de 222,5 millions d'euros liée à la chute de la valeur de la participation du groupe dans Aer Lingus et une autre de 51,6 millions liée à la dépréciation accélérée d'avions. Après prise en compte de ces charges, Ryanair affiche une perte de 169 millions d'euros"

Alors, comment s'en sortir ?

Slovar les Nouvelles vous a raconté, il y a peu, (Salariés de tous les pays, unissez-vous pour sauvez le capitalisme : Travaillez gratuitement ! ) comment le patron de British Airways avait demandé à ses salariés de travailler gratuitement pendant un mois. Chez Ryanair, on en est plus là. On invente tous les jours des solutions pour diminuer encore un peu plus les frais en faisant contribuer les passagers, puisqu'on ne peut plus pressurer les salariés. Ainsi, très recemment, la compagnie proposait des "idées" :

Après avoir finalement renoncé à faire payer plus cher les passagers obèses, puis il a mis à l’étude la possibilité de faire payer l’usage des toilettes à bord. Et voici maintenant qu’il envisage de faire voyager les passagers debout.

Et pour une fois, l’idée n’est pas de lui. Il affirme avoir été inspiré par la compagnie chinoise Spring qui envisagerait la même formule. Dans cette formule, le passager aurait tout de même comme un tabouret sur lequel s’appuyer et il serait évidemment tenu par une ceinture de sécurité autour de la taille.

Evidemment, l’espace vital du passager étant réduit, les avions de Ryanair pourraient transporter jusqu’à 50% de passagers supplémentaires. Et la compagnie économiserait ainsi environ 20% sur les coûts. - Source Tour Magazine

Pas mal. Oui, mais on pouvait encore faire mieux : Demander aux passagers de porter leurs valises jusqu'à l'avion !

C'est le site Zigonet qui nous l'explique : ... / ... " Aujourd'hui, le directeur de la compagnie aérienne Ryanair propose aux voyageurs de porter eux-mêmes leurs valises sur le tarmac, afin de supprimer l'enregistrement des bagages et ainsi baisser le coût des billets d'avion. Il confie : "Mon rêve, c'est que tous nos passagers voyagent gratuitement". Et d'ajouter : "En quoi l'enregistrement des bagages est-il utile ? A part pour faire perdre leur temps aux passagers ? On pourrait très bien les laisser porter eux-mêmes leurs valises jusqu'à l'avion". Michael O'Leary tient néanmoins à préciser qu'aucune économie ne sera faite au détriment de la sécurité des voyageurs " - Source Zigonet

Prochaine étape : Pousser l'avion pour diminuer le coût du carburant ?

Néamoins, Michael O'Leary, pour trouver de nouveaux filons, pourrait peut être s'inspirer d'une "formidable" idée américaine : Une compagnie aérienne dédiée aux animaux

" Les compagnies aériennes classiques ne permettent pas le transport de tous les animaux et les services offerts sont très limités. C’est face à ce constat que Binder et Wiesel ont eu l’idée en 2005 de créer des lignes aériennes consacrées aux animaux de compagnie. Aujourd’hui, ils possèdent un parc de 5 appareils et leurs vols sont complets deux mois à l’avance. Pet Airways assure la liaison entre 5 grandes villes américaines (New York, Washington, Chicago, Denver et Los Angeles) pour 175 €.



Pour ce prix, les animaux (50 par vol) sont escortés jusqu’à l’avion, et sont surveillés toutes les 15 minutes par le personnel de bord. Ils ont également droit à une balade de pré-embarquement et des pauses « toilettes ». Dans chaque aéroport, les animaux disposent d’un « Pet Lounge » où ils peuvent se reposer avant de voyager. Tout est pensé pour le bien-être des passagers. Par exemple, pendant un trajet New York - Los Angeles qui dure 24h, les bêtes s’arrêtent à Chicago pour une promenade, un temps de jeu et un dîner. Ils disposent même d’une couchette pour la nuit. La compagnie espère bien s’agrandir dans les années à venir " - Source Zigonet

Sans commentaire ...

17 juin 2009

Salariés de tous les pays, unissez-vous pour sauvez le capitalisme : Travaillez gratuitement !

La compagnie aérienne britannique British Airways (BA) a appelé ses employés à suivre l'exemple de leur patron Willie Walsh et de travailler gratuitement une semaine à un mois, afin d'aider leur entreprise "à survivre", a rapporté mardi la BBC

Décidément les britanniques auront tout connu ! Après avoir été célébré par la totalité des dirigeants conservateurs d'Europe, le Royaume Uni est au bord du gouffre. En France, l'UMP qui avait accueillit Tony Blair à son congrès et le Président qui considérait que le Parti Socialiste français aurait du s'inspirer de cette "forme originale de socialisme" que représentait la gestion du New Labour, sont muets sur ce qui est en train de se passer.

Laminée par la crise financière dont elle porte une assez large responsabilité avec les Etats Unis, la Grande Bretagne joue au sauve qui peut !

Hérault du "tout services" au point de laisser son industrie disparaître ou se faire rachetter par le premier venu, la Grande Bretagne risque désormais de ne plus figurer au rang de puissance mondiale. Même "magic" Gordon Brown ne sait plus où il habite ! : Le New Labour est devenu tellement impopulaire que les syndicats qui le finançaient, ont décidé de le lâcher.

Autre mauvaise nouvelle pour le New Labour : Unison menace de ne plus contribuer à ses campagnes électorales s'il poursuit sa politique de privatisation des services publics. Il n'y aura plus de chèques en blanc", a dit son secrétaire général, Dave Prentis, lors d'une réunion du syndicat à Brighton.

Unison, la plus importante organisation du secteur public du pays née de la fusion de trois anciens syndicats professionnels en 1993 et forte de plus de 1,3 million de membres, a déjà décidé de supprimer le versement annuel de 100.000 livres (119.000 euros) destinées aux sections du Labour à travers le pays ... / ...

Les temps sont décidément durs pour Gordon Brown, premier ministre britannique et chef de file du Labour. Selon une étude réalisée à l'issue des élections européennes, 40% des personnes sondées se sont prononcées en faveur du Parti conservateur, contre 24% pour le Labour. Cet écart de 16 points est le même que dans le sondage précédent, mais les deux partis ont reculé depuis le mois dernier, les conservateurs recueillant alors 43% et les travaillistes 27%. Source France2

C'est dans ce contexte que Willie Walsh le patron de British Airways vient de proposer à ses salariés de travailler ... gratuitement !

LONDRES (AFP) — Selon le site internet de la radio-télévision publique, le groupe a lancé cet appel dans un courrier électronique adressé à plus de 30.000 salariés au Royaume-Uni. Cette proposition s'ajoute à une batterie de mesures d'économies déjà proposées par BA à ses employés. Depuis le mois dernier, le groupe leur propose, là aussi sur une base volontaire, de prendre des congés non payés ou de travailler à temps partiel, afin d'aider à réduire la masse salariale.

Cette nouvelle suggestion s'inspire directement de la décision du directeur général du groupe Willie Walsh et du directeur financier Keith Williams, qui avaient montré l'exemple en mai en annonçant qu'ils travailleraient pour rien pendant un mois. Selon la BBC, M. Walsh a défendu ces propositions en expliquant que chaque employé de BA devait apporter sa pierre à la "lutte pour la survie" que mène selon lui la compagnie.

BA a essuyé une perte nette part du groupe de 375 millions de livres (425 millions d'euros) sur l'année achevée le 31 mars, contre un bénéfice de 712 millions un an plus tôt. La compagnie a énormément souffert de la crise économique, qui a fait s'effondrer le trafic de ses très lucratives classes supérieures (-17,2% en mai sur un an). Source AFP/Google

Ce que ne dit pas le communiqué c'est que : Le directeur général de British Airways Willie Walsh, et le directeur financier Keith Williams, travailleront pour rien ... en juillet. Ce qui ne devrait pas être trop dramatique compte tenu des salaires perçus en temps normal par ces deux dirigeants. Car M. Walsh est payé 735.000 livres par an (831.000 euros) et M. Williams 440.000 livres - Source Les Echos

Une chroniqueuse du Journal The independent, nous donne sa vision de ce "geste" et de ses conséquences actuelles et futures (Intégralité du texte en anglais) Nous vous en donnons ci-dessous un extrait/adaptation :

L'annonce de Walsh est "remarquable" à cause du nombre de gens qu'il affecte, mais dans tout le pays, les employeurs font des demandes semblables à leur personnel. L'acceptation d'un gel des salaires ou le renoncement aux primes en sont les premiers étapes. Alors, on pourrait demander aux salariés de travailler une semaine de quatre jours (souvent demandé : un jour de congé bénévole). Puis ensuite leur demander de prendre des congés ... non payés. ... / ...

La vérité est que BA est en situation presque critique. Willie Walsh joue un jeu dangereux avec un personnel qu'il a contraint à accepter la situation . Il a écrit à ses 40,000 salariés, leur demandant pour se porter volontaire pour travailler gratuitement jusqu'à quatre semaines, espérant qu'ils mesureront l'horreur d'avoir un salaire réduit, calculé sur 11 mois de leur dur labeur, à côté de celle de n'avoir aucune paie du tout ... / ...

J'ai réfléchi à l'idée que Walsh était en train de tenter une expérience sociale "fascinante" avec son personnel. Un ultimatum de cet ordre : Travaillerions-nous plutôt gratuitement, ou pas du tout ?, appelle à se poser une question : Les salariés vont-ils bientôt penser à leur employeur comme "une cause" ? Beaucoup de personnes qui se portent volontaire admettent qu'ils en tirent autant d'expérience que des bienfaiteurs d'une oeuvre de charité ...

Ce que Walsh omet, c'est qu'une grande partie de son personnel intègre déjà la notion d'heures gratuites. En effet, par exemple, 89 % des managers travaillent déjà gratuitement 40 jours par an (heures supplémentaires bénévoles). Et que, c'est déjà 50 % de plus que les quatre semaines proposées par BA ... / ...

La question est bien posée : Les salariés vont-ils devenir des permanents bénévoles d'une grande cause ? A savoir : leur entreprise

Nul doute que les dirigeants et les actionnaires y trouveront leur compte, pendant la crise et surtout ... lorsque celle-ci aura pris fin. Car tout le monde sait qu'il ne faudra surtout pas compter sur des rattrapages ou des augmentations de salaires. En économie de marché, ce qui est pris est pris !

Il n'en reste pas moins qu'appauvrir les salariés joue contre l'économie de marché puisque voyant leur pouvoir d'achat diminuer, il achèteront moins. De facto, on jouera sur les salariés variables d'ajustement perpétuel, jusqu'au moment où ?

Comment disait notre Président, il y a peu : "refonder un capitalisme plus respectueux de l'Homme". C'est certain que ça en prend le chemin ...



04 juin 2009

L'avenir des retraites en France vu par ... l'Institut Montaigne

Bien que le capitalisme et le libéralisme économique soient dans la plus mauvaise passe de leur histoire et que les dirigeants des pays laudateurs de ces système soient en train de vanter le modèle social français (qui sert actuellement d'amortisseur à la crise financière et économique, dixit le Premier Ministre).

Il existe toujours en France un petit village d'irréductibles qui pense, contre vents et marrées, qu'il faut continuer à privatiser à tour de bras et que la notion de solidarité, notamment dans les domaines de la santé et de la retraite, est dépassée et qu'il faut tout remettre tout en question.

Ces irréductibles continuent à porter, qui qu'il arrive, un message : Le système économique actuel est le meilleur et ne doit pas céder un pouce de terrain. La crise financière n'est pour eux qu'un simple avatar et la crise économique permettra de faire disparaître du marché les entreprises qui ne sont pas assez fortes ou ne pourront s'adapter.

Afin de permettre au système de perdurer, malgré les "monstruosités" qu'il a généré, il n'existe qu'une seule variable d'ajustement : Les hommes

Attention, pas tous les hommes. Non, uniquement ceux qui existent par leur force de travail : Les salariés.

Les salariés vous avez du le remarquer, sont toujours, la première variable d'ajustement. Que l'entreprise ait fait de mauvais choix : financiers, technologiques ou commerciaux ce sont eux qui sont montrés du doigt (salaires, avantages sociaux, congés) et payent les premiers.

Dans un premier temps, on licencie pour préserver l'emploi de ceux qui restent, puis on ferme ou on délocalise pour préserver ... l'outil de travail.

Autre problème de nos irréductibles : Les cotisations retraites des salariés français qui échappent aux entreprises financières. Et oui, en France, la capitalisation est facultative puisque le régime est basé sur la répartition (solidarité inter générationnelle)

L'un des membres les important du fameux"village d'irréductibles" se nomme : L'Institut Montaigne

Peu connue de la majorité des français, l'Institut Montaigne est un "Think tank" libéral dirigé par Claude BEBEAR.

Ce nom vous dit quelque chose ?

Mais oui, le fondateur du Groupe AXA et depuis peu le Président de la commission des sages AFEP-MEDEF qui doit vérifier si les rémunérations des patrons sont conformes à l'éthique ... du patronat.

Claude BEBEAR dont les revenus et le patrimoine (rendus publics) sont les suivants :

- sa retraite annuelle AXA s’élève à 438 000 € (2008),
- ses jetons de présence Mutuelles AXA, BNP-Paribas, Schneider et Vivendi représentent 360 000 € (2008),
- son patrimoine s’élève à 106 millions d’euros (déclaration ISF 2007),
Par ailleurs, il détient 3 340 000 stocks options AXA dont la plus-value potentielle au cours d’aujourd’hui (13 €) est de 660 000 €. Source Blog Le Monde

ça y est, ça vous revient ? Mais oui, c'est lui qu'on surnomme le "parrain du capitalisme français" !!!

Pour en revenir à l'Institut Montaigne, lisons leur présentation sur leur site

Influencer utilement le débat public en apportant des idées pragmatiques et originales

Le débat public étant souvent le monopole des partis politiques et de l'administration, nous voulons donner la parole à des acteurs de la société civile venus de divers horizons et qui cherchent à s'affranchir des schémas de pensée préexistants. Ils formulent leurs propositions en toute indépendance en s'appuyant sur leur recherche personnelle, mais aussi en s'inspirant d'exemples étrangers pertinents.

Aider à la définition des politiques publiques dans le but d'améliorer l'environnement économique et social français

En aval de la phase de recherche, nous faisons une promotion active des résultats de nos travaux en cherchant à faire endosser par les décideurs publics les prescriptions opérationnelles sur lesquelles se concluent toutes nos publications. Nous entretenons à cette fin des relations régulières avec les pouvoirs publics (gouvernement, parlement…) quelle que soit la couleur politique de l'équipe en place.

Ceux qui ont lu notre article d'hier sur les lobbies reconnaîtront aisément dans cette présentation l'approche du "groupe de pression" qui compte nombre d'amis dans les assemblées et lui fournit du "grain à moudre"

Pour faire court, l'Institut Montaigne est LE Think tank libéral français qui fournit à une grande majorité d'élus de droite et au gouvernement leurs projets de "réformes".

Pour être honnête, dans un pays démocratique, toutes les idées ont droit de cité. Mais, lorsque l'Institut Montaigne, dont le Président, qui n'a pas coupé les liens avec AXA, son ex entreprise (voir description du patrimoine), propose d'instaurer la retraite par points (capitalisation) on se dit que des idées au tiroir caisse ... il n'y a pas loin !

En effet, AXA fait partie des assureurs qui lorgnent depuis des décennies sur le "marché" de la retraite. S'il est possible pour chacun de nous de souscrire un contrat individuel de capitalisation retraite (juteux marché de l'assurance vie) les versements des clients sont une goutte d'eau à côté de l'ensemble des cotisants à la retraite par répartition en France.

Nul n'ignore que depuis le début de la crise financière, beaucoup de retraités américains (régime par capitalisation) sont en grande difficulté. Et pour cause, le montant de leurs pensions est lié aux performances des marchés financiers. Pour ceux qui ont suivit l'affaire ENRON qui a précédé de quelques années la crise, il ont pu constater qu'une faillite pouvait priver totalement de retraite des gens qui ont économisé pendant toute leur vie de travail.

Fort de tous ces éléments, que propose l'Institut Montaigne au travers d'une publication de Jacques Bichot : Mathématicien devenu économiste comme l'indique la courte biographie de fin du résumé de la publication.

Inéquitable, complexe, morcelé, chroniquement déficitaire, le système de retraite français souffre depuis longtemps de nombreux maux. Une remise à plat et une restructuration en profondeur, autrement dit un "big-bang", sont nécessaires pour y remédier. Dans quel sens et suivant quelle méthode ?

L’examen des réalisations à l'étranger permet de mieux répondre à cette question. Des pays aussi différents que l’Allemagne, la Suède, l’Italie ou le Chili se sont emparés du sujet avec détermination. Autant de cas dont la France pourrait s’inspirer afin de mettre en œuvre "la" réforme tant attendue.

Réforme des retraites : vers un big-bang ?

Dans cette nouvelle étude publiée par l’Institut Montaigne, Jacques Bichot s'appuie sur ces expériences pour formuler six principes directeurs propres à inspirer une profonde réforme des retraites, adaptée à notre pays. Parmi ceux-ci figurent l’instauration d’un système franchement contributif et l’adoption d’un fonctionnement "à cotisations définies".

L’enjeu est crucial : garantir l’équilibre et, partant, la pérennité de notre système de retraite, tout en assurant à travers lui l’équité entre les cotisants et entre les générations.

L'auteur : Jacques Bichot est un mathématicien devenu économiste. Professeur des Universités, il enseigne à l'Institut d'administration des entreprises de l'Université Jean Moulin (Lyon 3). Ses spécialités sont l'organisation monétaire et financière de la vie en société, et la protection sociale. Son Économie de la protection sociale (Armand Colin, 1992) a posé les bases d'une problématique nouvelle. Il a rédigé le chapitre "retraites" de l'ouvrage collectif dirigé par Claude Bébéar : Le courage de réformer (Odile Jacob, 2002) ainsi que la note Comment financer la protection sociale (Institut Montaigne, mai 2006). - Intégralité du document

En ne se contentant pas de ce simple résumé, qu'apprend t-on, à la lecture de ce document de "complaisance", qui serait un prélude à l'arrivée des acteurs de la finance sur ce marché ?

Comme l'explique l'UFAL

Selon l’auteur, la réforme des retraites devrait donner naissance à un système contributif : les pensions sont attribuées « en proportion des efforts réalisés ». L’équilibre budgétaire des retraites est un principe de base. C’est -à-dire que chacun reçoit en fonction de ce qu’il a cotisé. Ceux qui n’ont pas assez cotisé recevront « les secours requis pour échapper à la grande pauvreté ». Le tout serait organisé en un système unique par points remplaçant les régimes par répartition. A la mise en place du système les droits acquis seront convertis en points du nouveau système avec basculement immédiat de tous les salariés.

Ces propositions de réformes tendent à en finir avec la solidarité nationale qui compense de fait les accidents de la vie et permet à chacun de toucher une pension minimum dès lors qu’il a cotisé suffisamment longtemps. Avec les "réformes" ainsi dessinées, le calcul des pensions se ferait en fait sur la durée d’une vie et chaque accident de la vie (chômage, accidents du travail...) ou chaque période hors travail (étude, grossesse...) ne rapporterait pas de point, abaissant ainsi la pension finale.

En clair un succédané du système américain pour le plus grand profit des assureurs, banquiers et organismes financiers qui pourraient engranger des sommes colossales. En voila une bonne idée "durable" pour renflouer les caisses vides pour cause de spéculation et de bricolage financier.

Car, pour continuer à verser des dividendes à deux chiffres aux actionnaires et retrouver le bonheur de l'argent à flots, il est nécessaire de mettre la main sur un magot quasi éternel : l'argent des salariés cotisant en vue d'une retraite

Pour ceux qui seraient tentés par cette expérience, que dit en ce moment de le retraite des salariés aux Etats Unis ?

Les Etats-Unis disposent depuis 1935 d'un régime général de retraites, qui constitue la source principale de pensions pour la plupart de la population. Ce régime est financé par les cotisations salariales et patronales. Mais, comme le précise Lucy apRoberts, auteure d'un livre sur les retraites aux Etats-Unis et experte auprès du Conseil d'Orientation des Retraites, ces pensions ne procurent pas un revenu suffisant. La pension moyenne équivaut ainsi à environ 37% du salaire moyen tous secteurs confondus. C'est pourquoi les salariés qui le peuvent complètent par une assurance.

Une partie seulement des salariés bénéficie d'un régime employeur, qui n'est pas obligatoire (mais néanmoins encadré par une réglementation fédérale). Cette proportion a reculé dans le secteur privé depuis les années 80, les entreprises fermant leurs programmes petit à petit. « Entre 1975 et aujourd'hui, le pourcentage de salariés du privé couverts par un régime employeur à prestations définies est passé de 40% à 20% », explique Lucy apRoberts. L'économie américaine ayant subi les assauts de plusieurs crises, les régimes à prestations définies (l'employeur promet une certaine pension) sont devenus plus difficiles à assumer pour les entreprises, qui ont préféré s'en remettre aux plans d'épargne retraite, basés sur un abondement de l'employeur et qui versent un capital, non des pensions. Beaucoup de salariés ont aussi investi dans l'immobilier.

Chômage, crise financière et crise de l'immobilier ont donc touché de plein fouet l'écosystème des retraites.

Un cas d'école : GM

Si GM met la clé sous la porte (ce qui vient d'arriver), un instance fédérale, la Pension Benefit Guaranty Corporation (PBGC), prendrait le relais. A hauteur d'un certain plafond seulement, assez élevé cependant pour couvrir les engagements vis à vis des salaires bas et moyens. La PBGC est financée par des prélèvements obligatoires sur les régimes de retraite privés. Pour l'instant, elle peut encore faire face aux défaillances d'entreprises, mais si la crise perdure, elle pourrait dégonfler cette bouée de sauvetage. « L'Etat ne veut pas augmenter les cotisations malgré les menaces liées au nombre de faillites, pour ne pas pénaliser davantage les entreprises. Par conséquent, il est possible de voir augmenter les impôts pour financer les retraites », analyse Lucy apRoberts.

Cette même instance, la PBGC, a évalué récemment le déficit de financement du fonds de pension de General Motors à 20 milliards de dollars à la fin 2008 (12,4 milliards selon GM). Alors que le système disposait de 20 milliards de surplus un an plus tôt ! Mais la crise financière, qui est passée par là, aurait effacé à elle seule plus de 10 milliards de disponibilités. En outre, GM avait pris la mauvaise habitude de piocher dans ce fonds pour financer ses plans de départs volontaires. 2,3 milliards de dollars ont ainsi été engloutis dans ces programmes l'année dernière.

Aujourd'hui, de nombreux salariés qui ont cru leur retraite protégée sont écœurés. Même s'ils bénéficient de la garantie de la PBGC, la crise a en fait éclater une autre, une crise de confiance envers le système. - Source l'Usine Nouvelle du 26/05/2009

Après les tentatives de contrôler notre alimentation ou notre santé en brevetant le vivant (génétique), quoi de plus naturel que d'envisager d'asservir des générations de salariés en récupérant leur argent sans pour autant leur promettre ... la moindre garantie de versement.

Il ne fait nul aucun doute que plusieurs députés et sénateurs se feront dans les mois qui viennent l'écho de de document et le brandiront bien haut en nous expliquant qu'il s'agit d'une étude particulièrement documentée. Le MEDEF, dont la présidente siège, comme Monsieur BEBEAR au conseil d'administration de BNP Paribas trouvera le trouvera "intéressant" et probablement que Frédéric Lefebvre proposera de le mettre en place le plus vite possible pour "le plus grand profit" des français ....

Vous laisserez-vous faire cette fois-ci ?



27 février 2009

Capitalisme urinaire

La crise qui frappe durement les salariés de toute l'Europe a des implications dans toutes les activités des entreprises. Il est néanmoins qui survivent très confortablement. C'est notamment le cas de la compagnie discount Ryanair. Pour ceux qui ne connaissent pas cette compagnie aérienne, il faut savoir qu'elle s'est développée en offrant des vols discounts économisant sur le personnel et en supprimant toutes les prestations gratuites à bord (boissons notamment) allant jusqu'à facturer un simple verre d'eau.

Il faut également savoir que les hôtesses de la compagnie se dénudent dans un calendrier "plutôt épicé" dont les gains sont reversés ... à un œuvre de charité.

En clair, les passagers peuvent fantasmer en se disant que la demoiselle peu vêtue sur le calendrier va peut être venir leur vendre leur canette de Coke ... Ne jamais confondre business et salaires !!!!

En parlant de business, c'est par un communiqué que la compagnie a annoncé ses résultats et ses prévisions :

02/02/2009 - La compagnie irlandaise à bas coûts a enregistré une perte nette ajustée de 101,5 millions d'euros au troisième trimestre. Mais la perte du quatrième trimestre sera réduite en raison de la chute des prix du carburant. Elle table désormais sur un bénéfice net annuel compris entre 50 et 80 millions d'euros.

Le groupe anticipe désormais une perte moins importante que prévu au quatrième trimestre en raison de la baisse du prix du carburant, ce qui lui a permis de relever sa prévision pour l'exercice à un bénéfice net compris dans une fourchette de 50 à 80 millions d'euros. "

Ryanair s'attend à ce que le prix des billets baisse de plus de 10% l'an prochain, voire plus si la récession venait à s'aggraver. Le groupe ne pense pas donner de prévision précise pour l'exercice 2009-2010 tant que les perspectives en la matière ne se seront pas éclaircies.

"Plus longue et plus forte sera cette récession, le mieux ce sera pour les producteurs à bas coûts dans tous les secteurs", a déclaré le directeur général de Ryanair Michael O'Leary.

Ryanair est le producteur à plus bas coûts, et de loin, dans le secteur aérien européen. Nous sommes partis pour une forte croissance du trafic et des profits pour l'année qui vient parce que la récession contraint des millions de passagers à se centrer sur les prix", a-t-il ajouté. Le directeur financier du groupe a toutefois précisé que le bénéfice 2009-2010 serait plus élevé que celui de 2008-2009.

Si on comprend bien, la pingrerie à de l'avenir. Mais revenons sur la phrase de Michael O'Leary :
"Plus longue et plus forte sera cette récession, le mieux ce sera pour les producteurs à bas coûts dans tous les secteurs" certes, mais comment faire encore des économies alors que Ryanair est déjà celui qui est le plus dur dans la gestion des coûts ?

Et bien en faisant participer un peu plus les passagers.

27/09/2009 - La compagnie aérienne irlandaise Ryanair n'exclut pas de faire payer l'utilisation des toilettes à bord de ses avions, déclare son directeur général, Michael O'Leary."C'est une idée que nous étudions depuis un certain temps - rendre les toilettes payantes. Les gens pourraient payer une livre" (1,12 euro), a-t-il dit la BBC.- Reuters

Ce qui signifie que les imprévoyants qui auraient eu la mauvaise idée de se payer à bord un verre d'eau ou un café ou qui souffriraient de fuites urinaires devront participer financièrement à l'amélioration des résultats de Ryanair.

Dites Monsieur O'Leary, se soulager sur le train d'atterrissage avant de monter à bord, ça reste gratuit ?

Décidément, le capitalisme est d'un dégueulasserie inépuisable .....