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05 février 2013

« Les français pour la retraite à 65 ans » : Une étude providentielle pour la bancassurance !

Une étude réalisée par le Cercle des épargnants affirme que les français seraient d'accord pour reporter l'âge légal de la retraite à 65 ans. Sauf que le Cercle des épargnants est un promoteur de l'épargne retraite par capitalisation et ami ... des bancassureurs.



Nombreux sont les média qui ont repris ou vont reprendre l'étude du Cercle des épargnants : « 11ème enquête du Cercle sur l’épargne et la retraite » publiée aujourd'hui sur son site web et disponible en intégralité sur leur blog. Et pourtant ! 

Que dit-elle ?

Extraits : « En 2013, plus des deux tiers des Français se déclarent inquiets en matière de retraite (67 %), soit le plus haut niveau enregistré depuis 2006. La proportion des « très inquiets » progresse de 8 points en un an (...) De ce fait, il n’est pas illogique que les sondés placent parmi les priorités le financement de la retraite (56 %) devant l’assurance-maladie (43 %) et l’aide au logement (26 %) (...)  Si le report à 65 ans n’est pas réellement souhaité, il s’impose, en revanche, dans les esprits. 60 % des Français considèrent ce report  comme nécessaire contre 37 % qui ne la jugent pas nécessaire (...) »

Pour ceux qui ignoreraient qui est le Cercle des épargnants, nous leur avions consacré un long billet lors de la publication du même rapport le 18 mai 2010.

Qui est le Cercle des épargnants ? écrivions nous le 18 mai 2010. Lors d'un de leurs rapports

« L'association est domiciliée 11, boulevard Haussmann 75009 Paris au beau milieu du "quartier des assureurs". Le Cercle des Epargnants, issu de l’Association Générale pour l’Assurance et la Prévoyance (AGAP) créée en 1950, est présidé par Jean-Pierre Gaillard, journaliste économique à LCI et à France Info. Le Cercle des Épargnants supervise plus de 210 contrats de groupe (essentiellement des contrats Madelin) et cinq plans d’épargne retraite populaire. A ce titre, le Cercle est enregistré auprès de l’Autorité de Contrôle des Assurances et des Mutuelles comme Groupement d’Épargne Retraite Populaire. Elle assure des fonctions de contrôle et d’information auprès de tous ses adhérents (...) peut-on lire sur leur site

Jean-Pierre Gaillard ? Mais si, vous savez, celui que Libération décrivait comme celui qui : " scande comme un métronome les cotations, sur les ondes et les écrans" et son célèbre : " En direct de la Bourse de Paris" qui eu un temps sa marionnette au Guignols de l'Info de Canal+

Il est à noter que le site du "Cercle des Epargnants" est également accessible par l'adresse "alias" : http://www.agirpourmaretraite.com/ dont il est propriétaire du nom de domaine. Et que "Agir pour ma retraite" est également le nom d'une "Lettre" et d'un blog édités par Philippe Crevel, le Secrétaire général du même "Cercle des Epargnants"

Il est d'ailleurs amusant de noter que Philippe Crevel, sur son site, indique habiter : 7, Bd HAUSSMANN 75009 PARIS. Adresse qui correspond à celle de la compagnie d'assurances GENERALI : "dont le siège social est situé au 7/9 Bd Haussmann 75009 Paris" comme l'indiquent les mentions légales de leur site (...)
»

Donc, il ne vous étonnera pas que le Cercle des épargnants porte le logo de GENERALI et  distribue cerains de ses contrats. Tout comme il ne vous étonnera pas d'apprendre que GENERALI ainsi que de nombreux assureurs ou institutions de prévoyance qui commercialisent des contrats de capitalisation retraite, sont sponsors du Medef.

En clair cette étude ne fait que promouvoir l'idée que Laurence Parisot avait lancée en ... mai 2010 et qui  préconisait de : «  rendre très incitatif, voire obligatoire une part de capitalisation dans la retraite des salariés français (...) »

Ajoutons à cela, que notre amie Laurence fait des pieds et des mains, pour que le gouvernement reporte une nouvelle fois l'âge de la retraite, souhaitant toujours arriver à terme à 67 ans, au fait que, comme elle l'expliquait : « quand on aura 67 ans en 2030, on sera dans un état de santé, un état physique comparable à 62 ans aujourd’hui ».

Sans oublier bien entendu que la Présidente du Medef est membre du conseil d'administration de BNP Paribas, l'un des plus grands bancassureurs français.

Foutage de gueule direz-vous ?

Non, il s'agit d'une opération parfaitement concertée destinée à imposer par l'angoisse et un jour par ... la loi l'obligation pour tous les français de souscrire un contrat retraite par capitalisation.

Car, il faut savoir que justement, les négociations sur les retraites auront lieu au printemps 2013, et qu'il ne fait nul doute que les négociateurs du Medef utiliseront l'enquête du Cercle des épargnants lors des ces négociations !

Alors, imaginez qu'on décide de reporter une fois de plus l'âge de la retraite et qu'on décide comme le préconise le COR, d' une remise en cause du principe des « 25 meilleures années » pour le calcul de celle-ci. Nombreux seront les salariés tentés par un contrat de capitalisation destiné à compléter une retraite dont le montant deviendra encore un peu plus hypothétique.

Dans ce cas, à terme, un énorme jackpot à se répartir entre les banques et les compagnies d'assurance sans aucune garantie de retour pour des épargnants qui confieront leur argent pour des durées supérieures à 40 ans !

Quand on vous disait qu'il s'agissait d'une opération parfaitement concertée ...


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Blog la retraite

23 mai 2012

Logement social : Lobbying et coups tordus du lobby bancaire contre le Livret A ?

La Fédération bancaire française vient de lancer une opération de lobbying contre l'engagement de François Hollande de doubler le plafond du Livret A en faveur du logement social . Il faut dire que cette mesure pénaliserait surtout leurs autres produits d'épargne !



Dans ses 60 engagements de son projet, François Hollande indiquait : « (...) J’agirai pour que soient construits au cours du quinquennat 2,5 millions de logements intermédiaires, sociaux et étudiants, soit 300 000 de plus que lors du quinquennat précédent, dont 150000 logements très sociaux, grâce au doublement du plafond du livret A (...) » Proposition 22

Ce que concède ... mais conteste la Fédération Française Bancaire : « l'organisme qui rassemble toutes les entreprises bancaires en France » en clair : le lobby bancaire français !

Quels sont les reproches de la Fédération Française Bancaire à cette mesure ?

Tout d'abord que : « Le doublement du plafond du Livret A est une mesure inadaptée » Et pourquoi donc ?

D'après un de leurs communiqués : « Le problème du logement social ne relève pas d'une insuffisance de financement - ce qu'une augmentation du plafond du Livret A chercherait à corriger - mais tient davantage de la rareté du foncier, des prix élevés et de la capacité à construire (...) »

Par ailleurs : « (...) Le doublement du plafond du Livret A représentera un coût supplémentaire pour les finances publiques (...) Les Français vont transférer de l'épargne qui est aujourd'hui fiscalisée sur un produit qui ne l'est pas (...) »

Et comme l'écrit Politis : « Pour conclure son communiqué, le patronat bancaire de la FBF n’a pas hésité à adopter un ton très gauchiste » En effet, la Fédération Française Bancaire n'hésite pas à écrire : « Le doublement du plafond du Livret A avantage les épargnants les plus aisés. En effet, le Livret A ne compte qu'une minorité seulement de détenteurs ayant atteint le plafond de 15300 euros (...)  »

On notera aussi une attaque en règle de François Pérol patron du groupe bancaire BPCE. Pérol qui rappelons le est un ancien secrétaire général adjoint de l'Elysée, nommé par Nicolas Sarkozy, directeur de la deuxième banque de France, issue de la fusion entre les Caisses d'Epargne et les Banques Populaires. Alors que la BPCE est historiquement un des plus gros collecteurs d'épargne de Livret A.

Or, l'argument sur la raretée du foncier est fallacieux dans la mesure où comme le rappelle  Jean-Baptiste Eyraud, de l'Association Droit au Logement (DAL) : « (...) Il a d'abord beaucoup de friches urbaines aux alentours des grandes agglomérations (...) ensuite, François Hollande s'est engagé à livrer des terrains qui appartiennent à l'Etat pour construire des logements sociaux (...) En outre, l'argent du livret A ne sert pas qu'à construire, il permet aussi aux organismes HLM d'acheter des immeubles et de les transformer en logements sociaux (...) »

Ce à quoi Jean-Philippe Gasparotto, le secrétaire général de la CGT Caisse des dépôts ajoute : « (...) Les prêts au logement social financés par le livret A, sont également destinés à la réhabilitation des bâtiments, et notamment à leur réhabilitation thermique (...) »

Mais, soyons sérieux deux minutes. Qu'est ce qui dérange vraiment les banques françaises dans la proposition du Président de la République ?

C'est Politis qui nous donne la version la plus simple et la plus concrète : « (...) la mesure de François Hollande (...) aurait aussi pour effet de réduire les dépôts bancaires et les bénéfices tirés d’une épargne logée dans des fonds, dont les assurances vie (...) Même si elles disposent d’une partie de l’épargne du Livret A (35 à 40 %, environ 40 milliards sans contrepartie et utilisée à des fins spéculatives) et du LDD, les banques seraient ainsi privées d’une partie de leurs ressources, tandis que les assureurs pourraient être déstabilisés par une baisse de leurs encours d’assurance-vie (...) L’enjeu est donc important pour le lobby bancaire et des compagnies d’assurance, de plus opposé au retour à la centralisation de cette gigantesque épargne gérée la Caisse des dépôts (...) le gouverneur de la Banque de France et président de l’Autorité de contrôle prudentiel, Christian Noyer (...) soutient l’idée que le logement n’a pas de problème de financement. Le même gouverneur avait préconisé de ne pas relever le taux de rémunération du Livret A ni du Livret de développement durable en février, alors que l’évolution des prix à la consommation aurait dû le faire grimper à 2,5 %. On voit de quel côté se situe les recommandations de Christian Noyer, lequel préfère soutenir les marchés financiers (...) »

Politis qui conclue par : « (...) Peu importe que plus de 10 millions de personnes éprouvent de graves difficultés à faire face aux dépenses de logement et craignent de le perdre, qu’elles soient accédantes ou locataires (...) »

Effectivement, pour la Fédération Bancaire Française, peu importe ...  


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23 janvier 2012

Modèle social français : Choix de société ou entrave pour les bancassureurs ?

Le modèle social français est une entrave pour les banquiers et assureurs qui lorgnent sur un pactole pour l'instant inaccessible. Denis Kessler l'un de leurs meilleurs porte parole ne désespère pas de liquider cet héritage du Conseil National de la Résistance pour leur plus grand profit.

Il est probable que peu de gens auront lu ce matin l'interview de Denis Kessler, l'actuel PDG du réassureur SCOR dans laquelle il déclare : « notre modèle social n'est pas tenable ». Et pourtant elle est importante. En effet, dans cette interview, l'ex-numéro deux du Medef et ex patron de la Fédération française des sociétés d'assurances, explique qu'au nom de la compétitivité, il est nécessaire de : « réinventer un modèle social adapté à notre temps »

Les initiés diront que ces propos ne sont pas nouveaux dans la mesure où Denis Kessler s'est juré d'avoir la peau d'un système qu'il exècre, et qui est issu du Conseil National de la Résistance. Pour s'en convaincre, il suffit de relire la tribune publiée sur le magazine Challenge en 2007

Extraits : « Le modèle social français est le pur produit du Conseil national de la Résistance. Un compromis entre gaullistes et communistes. Il est grand temps de le réformer (...) La liste des réformes ? C’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ! (...) Ce compromis, forgé aune période très chaude et particulière de notre histoire contemporaine, se traduit par la création des caisses de Sécurité sociale, le statut de la fonction publique, l’importance du secteur public productif (...) le conventionnement du marché du travail, la représentativité syndicale, les régimes complémentaires de retraite (...) »

On pourra répondre à monsieur Kessler que la baisse des remboursements des frais de santé qui a profité aux mutuelles et compagnies d'assurances ont aboutit à ce que : « (...) plus d'1 Français sur 4 (27%) avoue avoir déjà reporté des dépenses de santé, faute de moyens financiers suffisants en 2011 (...) » Ce qui n'est malheureusement qu'un début, puisque, en novembre 2011, on apprenait que : « ( ... ) 32% des Français sont prêts à renoncer à leur mutuelle santé, si elle devient trop chère (...) Pour ceux qui résisteraient encore, ils reverraient les garanties à la baisse mais favoriseraient à 42% la couverture des frais d’hospitalisation, devant les frais de soins courants (...) » Et comme 2012 sera une année exceptionnelle en matière d'augmentations de tarifs !

Tout comme la brillante idée qui a consisté à « privatiser » une partie du travail de Pôle Emploi en ayant recours à des entreprises prestataires, pour s'apercevoir un peu plus tard, que le taux de retour à l'emploi était plus élevé dans le service public que chez un opérateur privé !

Mais ceci ne pose aucun problème à Denis Kessler pour qui la cible ultime est la retraite. Il est d'ailleurs clair dans son interview : « (...) l'absence de fonds de pension dans notre pays est une erreur historique... que l'on n'a toujours pas corrigée » point de vue qu'il partage avec Laurence Parisot qui proposait en mai 2010 de rendre obligatoire la capitalisation individuelle.

Pour en revenir à Denis Kessler, il expliquait dans Challenges, comment équilibrer durablement le système des retraites. A savoir faire assumer par le budget de l'état une retraite de base minimale dont les conditions d'accès seraient drastiques (durée de cotisation, âge légal de départ ) et maintenir une partie de répartition classique. Notons au passage que les deux premiers piliers seraient interdits de déficit. Pour le troisième pilier, la capitalisation ferait le reste, à répartir ... entre les assureurs et banquiers !

Si en période économique faste, cette démonstration peut éventuellement se défendre, en période de crise et de chômage très élevé, la mise en place d'un tel système ne bénéficierait qu'aux revenus les plus élevés qui pourraient ainsi librement choisir la date de leur départ à la retraite. Pour les autres ....

Autre problème : Quelle pérennité des fonds de pensions et quelles garanties de service d'une pension correcte sur des durées de versement pouvant excéder 25 ou 30 ans ?

A priori aucune, dans la mesure où l'état n'est pas censé garantir les fonds de pensions privés.

Des exemples ?

20Minutes nous expliquait en juin 2009 : « (...) L'Irlande, l'Australie, le Danemark, les États-Unis, les Pays-Bas et le Royaume-Uni, où les fonds de pensions ont un poids important, sont les plus affectés. Dans ces pays, cette perte de revenus met les salariés les plus âgés dans la plus mauvaise posture. Ils n’ont guère le temps de reconstituer leur épargne avant de devoir commencer à puiser dans leurs actifs pour financer leur retraite (...) »

En fin de compte, les seuls vrais bénéficiaires d'une rente seraient les assureurs et les banquiers qui disposeraient d'une épargne captive de longue durée leur permettant d'engranger des frais de gestion et des revenus issus du placement de l'argent des futurs retraités sans réel engagement vis à vis des épargnants retraite.

Mais Denis Kessler est formel : « (...) un modèle social financé à crédit n'est pas durable. Il faut réinventer un modèle social adapté à notre temps (...) Nous sortirons de l'ère du désendettement qui s'annonce d'autant plus rapidement que notre pays acceptera les réformes indispensables de son organisation collective pour renforcer sa compétitivité (...) »

Eh oui, capter une partie plus ou moins grande des quelques 100 milliards d’euros de la retraite par répartition est à ce prix ...


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L'Express

26 août 2011

La santé des français principale victime du plan d'austérité gouvernemental ?

L'annonce « tonitruante » de taxe exceptionnelle sur les plus riches a permis au gouvernement de ne pas s'étendre sur le relèvement important de la taxe sur les contrats santé des mutuelles et compagnies d'assurances. Décryptage d'une décision lourde de conséquences !

En termes de solidarité face à la dette, François Fillon s'avère être le digne héritier de Joseph Caillaux ministre des finances de Clémenceau qui déclarait : « Faites payer les pauvres ! Bien sûr, les riches ont la capacité de supporter des impôts plus lourds, mais les pauvres sont tellement plus nombreux »

Et oui, entre créer une nouvelle tranche d'impôts sur les plus riches d'entre nous et taxer un peu plus la santé de tous les français, le gouvernement n'a pas eu la moindre hésitation. En effet, écrit Viva Presse : « (...) La « taxe sur les riches » rapportera 200 millions d’euros, alors que la nouvelle taxation brutale des garanties santé qui touchera l’ensemble des Français, s’élèvera à 1,2 milliards d’euros (...) »

On peut trouver trace de cette décision dans le communiqué publié sur le portail du gouvernement sous forme de deux petites lignes : « Suppression de l'exonération partielle de taxe spéciale sur les conventions d'assurance pour les contrats solidaires et responsables »

C'est à dire ?

Jusqu'à présent, l'état appliquait : « une fiscalité différente en fonction des caractéristiques de la complémentaires santé afin de rendre cohérente sa politique de maitrise des dépenses de santé (...) » Cette fiscalité s"appliquait aux : contrats de complémentaire santé solidaires et responsables

Définition : « L'organisme assureur ne doit recueillir aucune information médicale auprès de l'assuré, les cotisations ou les primes ne sont pas fixées en fonction de l'état de santé de l'assuré l'assureur doit respecter l'esprit du parcours de soin, notamment en ne remboursant pas les franchises, la part du ticket modérateur majoré ou les dépassements d'honoraires des spécialistes consultés en dehors du parcours de soin. le contrat doit intégrer certains remboursements minimum tels que le Ticket Modérateur sur les consultations, la pharmacie, les actes techniques ou le forfait hospitalier. il doit prendre en charge deux actes de prévention parmi une liste définie le 8 juin 2006 (conformément à l'article R 871-2 du code de la Sécurité sociale) » Définition complète sur le site Devis Mutuelle

Ce type de contrat qui couvre aujourd'hui plus de 90% des assurés avait déjà subit le 1 janvier 2011, un prélèvement de 3,5%. Ce qui avait permis à l'état d'empocher 1,1 milliard d'euros. Or, le gouvernement vient de décider de le porter à ... 7% !

Coût de l'opération chiffré par la Mutualité Française : « (...) Tous comptes faits, cette nouvelle taxe coûtera donc 2,2 milliards aux complémentaires santés dès 2012 et donc aux ménages (...) » qui précise que : « (...) la simple augmentation de cette taxation et l'évolution que l'on connait des dépenses de santé laissent présager des augmentations au minimum de l'ordre de 5% (...) »

De son côté, L’Unocam, qui réunit toutes les familles de l’assurance ( mutuelles d’assurance, compagnies, bancassureurs, institutions de prévoyance) intervenant dans le domaine de la santé, on explique clairement l'impact de cette mesure sur les assurés : « (...) Compte tenu de l’ampleur de la hausse, les assureurs n’auront, en effet, pas d’autres choix que de la répercuter sur leurs tarifs (...) Et l'Unocam de préciser : Cette mesure (...) a été prise sans concertation, ni même information préalable et va ainsi renchérir considérablement le coût de la santé, peser sur le pouvoir d’achat des familles et des classes moyennes, et donc constituer pour certains un frein supplémentaire à l’accès aux soins. »

On notera au passage que la taxation et donc le renchérissement des complémentaires santé est une spécialité du gouvernement puisque : Avec la taxe CMU portée à 6,27% en 2010 et une TSCA (taxe sur les cotisations d’assurance) à 7%, la fiscalité des contrats responsables va atteindre… 13,27% !

Plus grave, nous dit La Mutualité Française : « (...) La taxation quasi uniforme des garanties complémentaire santé ne permettra plus de valoriser les contrats solidaires et responsables, accentuant ainsi la dérégulation et l’exclusion par la sélection des risques (...) »

Traduction : En perdant cet avantage fiscal, les assureurs et mutualistes vont progressivement se remettre à sélectionner les « bon profils » au travers de questionnaires de santé qui élimineront impitoyablement les plus fragiles d'entre nous. Ceux-ci n'ayant plus, comme seul recours que les urgences des hôpitaux, tout en présentant des pathologies beaucoup plus lourdes !

Pour les autres, entre les franchises médicales, les dépassements d'honoraires et les déremboursements, et la taxation accrue des complémentaires santé, la seule question qui mérite d'être posée, est celle de Philippe Mixe, le président de la Fédération nationale indépendante des mutuelles (FNIM), « la santé ne serait-elle donc plus un produit de première nécessité ? » Avec ce gouvernement, il est clair que la réponse est non !

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Gala

08 mars 2011

Financement de la dépendance : Les jeux sont (déja) faits. Vous payerez !

Promesse de 2007, le fameux « 5eme risque qui serait géré par la Sécurité sociale et les départements » va simplement devenir une rente pour les assureurs. Il faut dire que ceux-ci n'auront pas ménagé leur peine !

Retour en juin 2007 : Nicolas Sarkozy annonçait à Tours : « (...) Nous créerons, à partir de la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA) et en concertation avec tous les acteurs du secteur, un organisme dont le but sera de préparer notre pays au défi de la dépendance (...) Je veux que la France soit un modèle dans la prise en charge de toutes les personnes dépendantes (...) » - Archive Les Echos

Rendons nous, à présent, le 23 juin 2010 à l'Assemblée Nationale pour y écouter les députés discuter du rapport « sur la prise en charge des personnes âgées dépendantes " présenté à la commission des affaires sociales, par la députée UMP Valérie Rosso-Debord et intéressons nous à la proposition 12 : « Rendre obligatoire dès l’âge de cinquante ans, la souscription d’une assurance perte d’autonomie liée à l’âge et assurer son universalité progressive par la mutualisation des cotisations et la création d’un fonds de garantie »

Danièle Hoffman-Rispal ( groupe socialiste, citoyen et divers gauche ) : « (...) quelle surprise de constater que la promesse de la création d’un cinquième risque soit en fait remplacée, trois ans après l’élection présidentielle, par un recours à l’assurance privée. Non seulement il conviendra de payer, mais en plus sans garantie de résultat ! Le rapport précise même que le système d’assurance privée se substituerait à l’APA (...) J’ajoute que l’âge de cinquante ans est celui où les compagnies d’assurance privées commencent à s’inquiéter des risques de santé des assurés au point de refuser la prise en charge de certains d’entre eux (...) »

M. le président Pierre Méhaignerie UMP : « Il n’y a pas que les compagnies d’assurance privées. Les mutuelles pourraient également jouer un rôle important »

Dominique Dord UMP : « Ce n’est pas le cas et je vous félicite de proposer la souscription obligatoire d’une assurance personnelle. Cette préconisation n’a rien de choquant à mes yeux : alors que les Français sont obligés d’assurer leur voiture, souscrivent même des assurances tout risque et privilégient l’assurance vie comme placement financier, ils n’assurent pas leur personne ni leur santé ! Pourquoi ne pas éviter grâce à un système d’assurance personnelle obligatoire les difficultés et les drames véritables engendrés par la dépendance d’une personne âgée dans les familles modestes comme aisées ? (...) »

Yves Bur UMP : « Je souhaiterais donc savoir si la proposition qui est faite de créer une assurance dépendance obligatoire bénéficierait d’une aide fiscale ou non

Valérie Rosso-Debord : « La proposition d’assurance obligatoire formulée dans le rapport ne prévoit pas d’aide fiscale »

Martine Pinville SRC : « (...) Je crois que la question du financement de la prise en charge de la dépendance doit être appréhendée comme relevant du champ de la protection sociale et donc de la solidarité nationale (...) la solution finalement retenue est de ne créer qu’un dispositif d’assurance. Il risque d’aboutir à l’absence d’assurance de la part de certaines personnes. Comment pourra-t-on alors prendre en charge leur situation ?»

Denis Jacquat UMP : « (...) Une telle crainte ne doit pas cependant nous empêcher d’envisager l’institution d’une assurance obligatoire qui constituerait une avancée sociale importante. Je suis d’ailleurs personnellement partisan d’avancer l’âge de la souscription obligatoire à quarante ans, car cela permettrait d’accroître les rentrées de cotisations ; en outre, il est plus facile d’être accepté à cet âge par les compagnies d’assurance (...) »

Et maintenant, rendons-nous au 17 février 2011 date du : Point de presse mensuel de février 2011, présenté par Laurence Parisot - En réponse à une question posée sur les pistes de réflexions du financement de la dépendance, Laurence Parisot a précisé :

« (...) Comment peut-on financer tout cela ? Comment peut-on faire ? (...) Est-ce que je dois rajouter un étage à un édifice qui est déjà branlant ? (...) C’est pour cela que nous disons qu’il faut penser, là encore, comme si on partait d’une page blanche.

Si nous n’avions pas le système de sécurité sociale, qu’est-ce que nous ferions aujourd’hui pour financer la dépendance ? C’est comme cela qu’il faut réfléchir. C’est pour cela que j’ai mis en débat la question de l’assurance privée (...) Penser l’assurance privé ça ne veut pas dire forcement, dire que la prime d’assurance qu’il faudrait payer serait la même pour tout le monde. Imaginez un mécanisme d’assurance privée ne veut surtout pas dire que nous ne devons pas également imaginer un mécanisme collectif, solidaire pour les moins favorisés d’entre nous (...) »

Une assurance «low cost» sous forme de «CMU» financée par la solidarité nationale et payée aux assureurs ? Chapeau bas madame Parisot !

Au fait, il est utile de préciser que dans la « liste des personnes auditionnées par la mission parlementaire » un certain nombre de ceux-ci étaient des fournisseurs actuels ou potentiels de ... « solutions dépendance »

A tout seigneur tout honneur : La Fédération française des sociétés d’assurances (FFSA) qui outre la présence de son président de la commission plénière des assurances de personnes et du directeur des assurances de personnes disposait de son « conseiller parlementaire ».

Conseiller parlementaire ? : Il s'agit du représentant officiel de la FFSA auprès de l'Assemblée Nationale reconnu par la « Liste des représentants d'intérêts ". Traduction : la liste des lobbies officiels. Liste sur laquelle figure également ... Le Medef

Au même titre d'ailleurs que la Mutualité sociale agricole MSA qui prône : « (...) une part d’assurance complémentaire obligatoire pour limiter le reste à charge des bénéficiaires. Pour une bonne efficacité du système, le dispositif de prévoyance devrait être obligatoire (avec aide à l’acquisition du contrat pour les plus démunis) : il pourrait concerner – comme c’est le cas actuellement dans les systèmes d’assurance dépendance – les seniors de 50 à 70 ans ou s’appliquer à des catégories plus jeunes d’actifs (...) » ou la Mutulaité Française qui propose sur son site de « découvrir et comparer tous les contrats d'assurance dépendance distribués " par elle

Et même s'ils ne figurent pas sur la liste des représentants d'intérêts, ne pas oublier la présence du Groupe Reunica ou la MACSF qui disposent de leur propre offre. Quant au Crédit Foncier qui appartient au Groupe BPCE, il est, selon ses termes : « (...) n°2 de la banque commerciale et assurance en France (...) » nul doute que son intérêt sur le sujet est majeur !

En résumé : Un projet bien ficelé, défendu par des entreprises totalement désintéressées et des parlementaires UMP bien réceptifs. Un grand moment de démocratie en quelque sorte !

02 décembre 2010

La crise économique cheval de troie de la privatisation de la sécu ?

On doit avoir, en ce moment, les naseaux qui frémissent dans le monde de la bancassurance. En effet, sur fond de crise économique et financière, on recommence à parler de la sécu et évoquant la : "logique assurantielle vs. logique universelle"

Ne cherchez pas, il n'y a tout au plus que 2 ou 3 articles de presse récents, évoquant la possibilité de voir se concrétiser un système concurrentiel à la sécu. Celui publié par Le Point et daté du 1 décembre, résume assez bien, la situation

" ... / ... la majorité pourrait bien amorcer discrètement le débat sur un système concurrentiel. Et alors que la dette française atteindra le record de 87,4 % du PIB en 2012, certains estiment même que le gouvernement est bel et bien en train de préparer le terrain pour une réforme en profondeur. Le 24 novembre, en lançant une "vaste concertation nationale" sur le thème de la dépendance, François Fillon déclarait ainsi que les discussions seraient "élargies à toute protection sociale", notamment dans le but de "fixer la part des régimes obligatoires et complémentaires et diversifier les modes de financement" - sans soulever de vague de protestations particulière. Quelques jours plus tard, la ministre en charge du dossier, Roselyne Bachelot, s'interrogeait dans les colonnes du Figaro sur ce que "pourrait être la part de l'assurance (privée) par rapport à la solidarité". "Les Français devront s'exprimer..."

Oui diront certains mais nous n'en sommes qu'à l'idée d'un débat. Ensuite il faudra émettre des propositions ... Dans ce cas, vous feriez preuve de naïveté ! Car, ces propositions existent déja et sont développées par l'Institut Montaigne depuis bien des années. Notamment dans une étude portant le joli nom de : " Proposition issue de la note "TVA, CSG, IR, cotisations... Comment financer la protection sociale" (Jacques Bichot)- Mai 2006 "

Extraits : " ... / ... L’ère du rationnement approche – à moins, justement, que l’on ne se décide à construire un moteur moderne, adapté à ce qu’est devenue la protection sociale : une production de services, qui relèvent un peu de la redistribution, et beaucoup de l’assurance et de la finance ... / ... " - Institut Montaigne

Seulement, jusqu'à présent, les gouvernements successifs, bien que soumis à un lobbying effréné des compagnies d'assurances, des banques et de leurs Think tanks amis, n'avaient pas cédé sur le tabou, que représente la remise en cause, du "monopole" de la sécu .

Ils n'ont d'ailleurs pas donné suite à ce fameux hoax qui expliquait que la loi européenne mettait fin à ce "monopole". En 2007, comme l'écrivait la Sécurité Sociale sur son site, dans une longue mise au point : " ... / ... Depuis un certain temps, des voix s’élèvent pour soutenir que des textes européens « imposeraient la fin du monopole français de la sécurité sociale ». Sur la base d’arguments fallacieux, ces mouvements incitent les assurés sociaux à quitter la sécurité sociale et souscrire des assurances privées, auprès d’organismes assureurs établis dans d’autres Etats de l’Union européenne ... / ... "

Et la Sécurité Sociale de rappeler les fondements du système d'assurance santé français sur son site

Préambule de 1946 à la Constitution : “ Elle garantit à tous, notamment à l’enfant, à la mère et aux vieux travailleurs, la protection de la santé, la sécurité matérielle, le repos et les loisirs. Tout être humain qui, en raison de son âge, de son état physique ou mental, de la situation économique, se trouve dans l’incapacité de travailler a le droit d’obtenir de la collectivité les moyens convenables d’existence.”

Aussi, le premier article du Code de la Sécurité sociale rappelle le principe de solidarité sur lequel s’appuie la sécurité sociale et proclame l’obligation de s’affilier à la sécurité sociale pour les personnes qui travaillent en France : Article L111-1 du Code de la Sécurité sociale : L'organisation de la sécurité sociale est fondée sur le principe de solidarité nationale. Elle garantit les travailleurs et leur famille contre les risques de toute nature susceptibles de réduire ou de supprimer leur capacité de gain. Elle couvre également les charges de maternité, de paternité et les charges de famille. Elle assure, pour toute autre personne et pour les membres de sa famille résidant sur le territoire français, la couverture des charges de maladie, de maternité et de paternité ainsi que des charges de famille. Cette garantie s'exerce par l'affiliation des intéressés et le rattachement de leurs ayants droit à un (ou plusieurs) régime(s) obligatoire(s). Elle assure le service des prestations d'assurances sociales, d'accidents du travail et maladies professionnelles, des allocations de vieillesse ainsi que le service des prestations familiales dans le cadre des dispositions fixées par le présent code ... / ... "

Alors, où en est-on ?

Un certain Jean-François Copé, aujourd'hui à la tête de l'UMP ne cachait pas son intérêt pour une notion de mise en concurrence en avril 2010 dans une chronique sur Slate : " Nous devons faire le point régulièrement sur ce qui doit relever de la solidarité nationale et donc de l'assurance maladie d'une part, et ce qui relève de la responsabilité individuelle et des complémentaires santé d'autre part ... / ... la solidarité nationale ne peut pas tout financer..."

A rapprocher d'une phrase trouvée dans le document de l'Institut Montaigne : "Sauver l'assurance maladie" : " ... / ... Il s’agit tout à la fois de repenser les principes de prise en charge (logique assurantielle vs. logique universelle) ... / ... réinventer l’assurance maladie, en pérennisant son financement, en redonnant tout son sens au concept de solidarité et en sortant de la confusion entretenue avec celui de la mutualisation (qui est simplement une technique d’assurance) ... / ... "

Quelques exemples de système "repensé" ?

" ... / ... la création d’une franchise de base annuelle en-deçà de laquelle la dépense de santé serait supportée par l’assuré – ou son assurance complémentaire – tandis que l’assurance maladie obligatoire couvrirait toutes les dépenses supérieures au montant de la franchise ... / ... "

Et de mettre en cause : " le caractère inéquitable et financièrement insoutenable du système de prise en charge des affections de longue durée (ALD)10, qui concerne 1/7e des assurés sociaux mais représente les deux tiers des dépenses d’assurance maladie obligatoire et près de 90 % de leur croissance annuelle "

Il faut noter dans le document de l'Institut Montaigne, quelques questions qui devraient permettre aux parlementaires de la majorité présidentielle, de se distinguer, lors de débats dans les assemblées, dans la cas où une réforme de la Sécu viendrait à l'ordre du jour.

" ... / ... quelles évolutions du partage entre régime obligatoire et régime complémentaire sont envisageables, afin de mettre un terme aux situations sous-optimales de « payeur aveugle » ? Faut-il par exemple transférer intégralement au régime complémentaire la prise en charge des soins dentaires et optiques, pour lesquels le régime obligatoire n’intervient plus que de façon marginale ? Faut-il abandonner le système des ALD au profit d’un système de gestion des « restes à charge » voire d’un « bouclier sanitaire » ville/hôpital qui serait fonction des revenus ? A défaut, comment réformer ce système pour garantir sa soutenabilité ? ... / ... " - Institut Montaigne

En gros, le débat qui vous est proposé est le suivant : Echangeriez-vous un vieux système solidaire et "peu efficace" qui coûte une fortune contre un système de plus plus individualisé bien plus économique et surtout "plus performant" ... qui ferait le bonheur durable des assureurs et banquiers ? Pour lesquels : " 4.589 milliards d'euros d'aides publiques ont été mises à disposition du secteur financier en Europe depuis octobre 2008 ... / ... "- AFP/Google Mais ça c'est un détail !

22 novembre 2010

Retraites par capitalisation : Une transparence, parfois bien ... opaque ?

Aléa ou conséquence de la "réforme" des retraites, les assureurs et banquiers bien aidés par les sénateurs UMP, vont pouvoir enfin gérer des fonds de pension à grande échelle. Pourtant, les derniers rebondissements politico juridiques de " l'Association française d’épargne et de retraite" n'ont rien de rassurants ...

L’intersyndicale a appelé à : " une nouvelle « journée nationale de mobilisation » contre la réforme des retraites, le mardi 23 novembre. ... / ... D’après l’intersyndicale, - qui regroupe la CFDT, la CGT, la FSU, Solidaires et Unsa , cette nouvelle journée d’action sera marquée « par des actions multiformes" - Evous

Connaissant la détermination du gouvernement à ne pas revenir en arrière (Note AAA oblige) il est assez peu probable que ce dernier mouvement annoncé puisse le faire plier.

Si beaucoup de gens s'accordent à penser que cette "réforme" est injuste, elle ne l'est pas pour tout le monde, comme l'expliquait Ownipolitique le 1er novembre dernier : " quatre amendements consacrent la nouvelle place de la retraite par capitalisation dans le système français d’assurance vieillesse. En un vote, la porte a été entrouverte aux banques, assurances et instituts de prévoyance pour se servir dans les 7,983 milliards d’euros de participation distribués en France ... / ... " Intégralité de l'article

Ce qui signifie qu'à court terme, de plus en plus de salariés vont découvrir les "joies" et ... désillusions des fonds de pension.

Désillusions et imbroglio que connaissent, actuellement, les épargnants de l’Afer (Association française d’épargne et de retraite).

C'est quoi l'Afer ?

Selon son site c'est : " ... / ... une association d'épargnants vraiment libre et indépendante dont l'objectif est de permettre à ses adhérents de se constituer une épargne dans le meilleur cadre fiscal, juridique et financier possible. L'AFER est une force de proposition vis-à-vis des parlementaires et des pouvoirs publics. Sa puissance lui permet de faire entendre sa voix, y compris par des campagnes de presse, chaque fois que l'intérêt de ses adhérents et de l'épargne retraite le rend nécessaire ... / ... " Ou, comme le dit joliment le site : "' ... / ... un concept original et unique, au carrefour du mutualisme et du capitalisme" et "une vie associative conviviale"

Sauf qu'a y regarder de plus près, la "vie associative conviviale " et le " carrefour du mutualisme et du capitalisme " ont été largement mis à mal ces dernières années !

En effet, comme l'écrit Mediapart : " ... / ... Jugeant qu’il était normal de récompenser leur mérite, les fondateurs se firent octroyer des primes occultes calculées en pourcentage des sommes récoltées chaque année. L’assureur Abeille-vie, devenue Aviva, chargé de gérer les fonds récoltés, ferma les yeux sur ces petits arrangements ... / ... " Voir la saga et les démêlés de AFER sur le site de "SOS PRINCIPES AFER"

Petits arrangements qui ont finit par être condamnés !

Dans le Figaro du 11/06/2008, on pouvait lire : " ... / ... La cour d'appel de Paris a confirmé la peine de prison de deux ans avec sursis à l'encontre de deux anciens dirigeants de l'Association française d'épargne et de retraite pour détournement de fonds ... / ... Les deux fondateurs de l'Afer sont accusés d'avoir perçu entre 1987 et 1997, des sommes considérables ... / ... "

Alors, direz-vous tout est bien qui finit bien ... confiance en moins ?

Et bien non, puisque, nous apprend Libération : " Une cagnotte de 250 millions d’euros est à la disposition de 400 000 épargnants. Il suffirait de les fédérer en partageant les frais de procédure pour que chacun puisse réclamer près de 1 000 euros auprès de la cour d’appel de Paris. Mais rien ne se passe, car les pouvoirs publics et le microcosme financier freinent tout ce qui pourrait favoriser une class action à la française ... / ... " De plus : " l’actuelle direction de l’Afer persiste à négliger le pactole. Dans une lettre à ses adhérents, elle fait état d’une "affaire judiciaire d’une extrême complexité dont les résultats sont aléatoires"

Des class actions ?

Pas de ça lisette ! En effet, Christine Lagarde et le Medef ont clairement indiqué leur opposition aux "class actions"

Opposition que la ministre entend gérer au plus vite suivant un technique peu soucieuse de l'intérêt des assurés, nous dit Libération : " Christine Lagarde est sur le point de signer un décret qui devrait chambouler le déroulement de certaines assemblées générales. Il est rédigé, ne manque plus que sa publication au Journal officiel. Modifiant l’article du code des assurances concernant les associations d’épargnants, il relève considérablement le seuil à partir duquel des opposants peuvent soumettre une résolution au vote des adhérents. Ils devront justifier de représenter 1% des membres " Ce qui signifierait, dans le cas de l'AFER, que : "alors qu’il suffisait jusqu’à présent de recueillir une centaine de signatures, il en faudrait ... 7 000" ... Et même si à Bercy on affirme que : "Aucune décision n’est prise, on a juste ouvert une consultation" - Libération ... on est tenté de penser qu'il n'y a pas de fumée sans feu.

Ce décret serait le bienvenu puisqu'il mettrait fin aux poursuites de l'association SOS PRINCIPES AFER qui a porté plainte en ... 1999 et aimerait avoir des réponses et actions précises.

Bien que l'actuel Président de l'AFER : Gérard Bekerman affirme : "Je ne suis pas l’auteur du décret, mais j’y suis favorable", Mediapart, repris par SOS PRINCIPES AFER, nous signale qu'il était présent à : "fameuse réunion de l’hôtel Bristol, fin décembre 2009, au cours de laquelle Nicolas Sarkozy accueillait les membres les plus influents du Premier cercle", il en a profité pour devenir lui même : " ... / ... membre du Premier cercle... / ... " Il : " ... / ... reconnaît sans peine son appartenance à cette structure de financement de l’UMP et s’en explique. "Ainsi, j’espère mieux défendre l’Afer ... / ... " Tout en démentant être membre de l'UMP : " ... / ... j’ai coché la case disant que ce n’était pas une adhésion UMP "

Donc, un simple coup de lobby qui aurait porté ses fruits ?

Pas vraiment rassurant, comme exemple, pour ceux qui vont découvrir les "joies" des fonds de pension à la française ....


Crédit image
Libraire Lavoisier - Les fonds de pension en question

16 septembre 2010

Vous avez aimé la réforme des retraites ? Vous adorerez les économies de l'assurance maladie !

Le débat sur les retraites n'est pas encore finit que le gouvernement, toujours angoissé par sa note AAA, va s'en prendre à l'assurance maladie. Et c'est chaud !

"Nous ne payerons pas pour une crise qui n'est pas la notre" disaient les slogans des manifestations en 2009" Et bien sachez que si nos dirigeants n'ont pas su ou voulu faire payer les vrais responsables, ils ont décidé de faire payer ceux qu'ils ont sous la main et ... ne se révoltent pas : VOUS !

La très injuste réforme des retraites qui ne prend en compte que la demande des agences de notation était un hors d'oeuvre puisque comme l'écrivent Les Echos : "Le gouvernement finalise plus de 2,5 milliards d'euros d'économies pour limiter à 12 milliards le déficit de la branche maladie l'an prochain. Les laboratoires, les hôpitaux et les professionnels de santé seront les plus concernés. Mais les assurés ne seront pas exemptés de l'effort ... / ...."

Quelles en sont les grandes lignes ? Elles tienent essentiellement en 3 mesures

La première concerne le taux de remboursement des médicaments dont le service médical est considéré comme modéré (vignette bleue). Il passerait de 35 % à 30 %.

La deuxième relèverait de 0,5 point le ticket modérateur qui reste à la charge du patient pour les consultations de médecins, les actes de kinésithérapie ou encore d'infirmières.

Troisième décision, plus technique : la Sécurité sociale remboursera un peu moins bien certains actes réalisés à l'hôpital (ceux tarifés entre 91 et 120 euros).

Et même si Les Echos précisent que : "Tous ceux qui ont une complémentaire santé verront en effet leur mutuelle ou leur assurance rembourser la différence " il ne faut pas être grand clerc pour comprendre que les assureurs et mutuelles sauront ajuster leurs tarifs en conséquence !

D'ailleurs, La Mutualité Française n'a pas attendu très longtemps pour faire le communiqué suivant. Elle : " tient à faire savoir qu'elle n'a été nullement informée, et encore moins associée, au projet de baisse des remboursements de l'assurance maladie obligatoire paru dans Les Echos ce jeudi 16 septembre 2010. Si ces mesures étaient confirmées, elles représenteraient une dépense supplémentaire de 500 millions d'euros pour les ménages, s'ajoutant au 1,100 milliard d'euros de taxe nouvelle annoncé il y a quinze jours. Il est clair que la Mutualité Française ne saurait approuver et accepter ces mesures qui pénaliseraient nos concitoyens et rendraient plus difficile l'accès aux soins ... / ... "

Il serait peut être temps de remémorer à Nicolas Sarkozy ses fortes paroles sur la santé dans une Interview au journal Le Monde du 23 janvier 2007 : "... / ... Je veux que nous préservions l’excellence de notre système de santé, qui est l’un des meilleurs du monde. ... / ... Pour moi, la santé n’est pas un coût, c’est un investissement, une richesse, des emplois, de la croissance, et surtout un bien-être qui n’a aucun prix ... / ... Les remboursements pour les lunettes et les prothèses, les Français ont un remboursement qui ne doit pas être supérieur à 30 %, alors que le problème d’hygiène dentaire, c’est un problème de santé publique, on ne peut pas dire que c’est du confort, on ne peut pas se trimballer avec une dent qui manque, et pareil pour les lunettes, ce n’est pas une question de mode, c’est une question de nécessité ... / ... " - Abécédaire des propositions de Nicolas Sarkozy

Sans commentaire ! Mais ça mériterait bien une petite révolte non ?

24 mai 2010

Hervé Novelli : Sur les retraites, le MEDEF m'a dit ....

"Hervé Novelli, secrétaire d’Etat au Commerce, s’apprête à publier une tribune potentiellement explosive sur les retraites. Dans le droit fil du Medef de Laurence Parisot, il préconise que la piste des plans d’épargne retraite privés ne soit pas négligée" Nous apprend Libération

Nul n'ignore le credo ultra libéral d'Hervé Novelli le Secrétaire d’Etat chargé du Commerce, de l’Artisanat, des Petites et Moyennes Entreprises, du Tourisme, des Services et de la Consommation et sa constante proximité avec le patronat !

Cette proximité nous ayant d'ailleurs coûté plusieurs millions d'Euro en baisse de la TVA sur la restauration. Celle ci, prévue initialement pour faire baisser les prix s'est petit à petit transformée en une : "baisse des prix modique et des embauches timides" Source Metro France

Mais, cela fait longtemps qu'aux côtés de ses amis Madelin et Longuet, il essaye de mettre en place les idées défendues par les tenants du laisser faire économique. Ce faisant, il n'oublie jamais de s'entourer de précieux collaborateurs.

En effet, il y a quelques mois, il missionnait Brigitte Longuet l'épouse de Gérard, pour la rédaction d'un rapport sur la redynamisation des professions libérales.

Le Figaro souhaitait tout de suite nous oter un doute en écrivant : "Ce n'est pas parce que son époux, Gérard Longuet, sénateur et ancien ministre, est un vieux compagnon de route d'Hervé Novelli, ou que sa fille Aurore orchestre les relations presse du ministre, qu'elle s'est vu confier par ce dernier, à l'automne, une mission (non rémunérée) sur la redynamisation des professions libérales… Mais parce qu'elle en avait la légitimité ... / ... "

En clair, parce qu'elle le valent bien !

Il faut dire, que comme on peut le lire sur la page Facebook d'Hervé Novelli il avait été en 1997 : "Chargé d’une mission interministérielle sur la création d’emplois dans les PME par messieurs Longuet et Madelin, Hervé Novelli rédigera un rapport sur le développement économique local et l’emploi au sein des PME" ce qui explique et justifie probablement ces retours d'ascenseur ... social

C'est probablement au titre de compétences particulières que le 11mai dernier, dans une indifférence quasi générale qu'on apprenait que : Michel Guilbaud le directeur de cabinet d'Hervé Novelli au secrétariat d'Etat aux PME était nommé directeur général du Medef. Celui-ci succédait à Jean-Charles Simon, qui avait claqué la porte en janvier, jugeant qu'il ne pouvait «plus travailler convenablement».

Pour le recrutement de son remplaçant : " Laurence Parisot, avait indiqué que l'organisation patronale recherchait un profil de haut-fonctionnaire passé par les cabinets ministériels mais ayant une expérience de l'entreprise " - Source Les Echos

Expérience dont nous vous laissons juger, puisque Michel Guibaud, a entre autre pantouflé chez OSEO comme directeur général délégué et comme le précisent Les Echos : "avait auparavant occupé diverses fonctions au ministère de l'Industrie, et, pendant deux ans au début de sa carrière, chez Elf et EDF"

Ce qui fait que notre Secrétaire d'Etat vient d'opérer une liaison directe entre le MEDEF et le Gouvernement ... pour apparement le plus grand profit des idées du MEDEF !

Bien que le 18 mai dernier sur France24, il se contentait de répéter le discours mis au point par les communicants de l'Elysée : " ... / ... la concertation engagée par Eric Woerth se déroule bien. Tout le monde y assiste, tout le monde propose un certain nombre de choses. Donc il y a cette concertation qui s'est engagée. Vous connaissez le calendrier. C'est un calendrier qui laisse la place à la concertation, qui laisse la place au débat au Parlement puisque le texte d'Eric Woerth sera proposé vers la mi-juin au Conseil des ministres .. /... "

il glissait négligemment : " ... / ... il faut aussi regarder comment on pourrait améliorer les mécanismes d'épargne salariale parce qu'il y a un dernier point qui n'est pas souvent abordé, c'est celui de se constituer un capital ou une rente pour sa retraite. Tous les autres pays le font. Nous avons commencé de le faire. Il faudrait peut-être regarder aussi de ce côté-là"

et lorsque la journaliste lui faisait remarquer que : " La retraite par capitalisation. Mais ça peut être dangereux" il répondait sereinement : "L'épargne retraite qui existe aujourd'hui en France, qui n'est pas assez développée." - Source France24

Résultat du transfert de son directeur de Cabinet ou lobbying bien relayé du MEDEF oblige, comme nous en informe Libération : " Hervé Novelli, secrétaire d’Etat au Commerce, s’apprête à publier une tribune potentiellement explosive sur les retraites. Dans le droit fil du Medef de Laurence Parisot, il préconise que la piste des plans d’épargne retraite privés ne soit pas négligée"

Ce qui signifie qu'un Ministre de la République a décidé de s'impliquer directement pour donner satisfaction au entrepreneurs banquiers et assureurs ! Après tout, n'est-il pas, avant tout, comme il le revendique, un : "chef d'entreprise passé en politique " !

Dans sa biographie publiée sur son site, le ministre écrit : Hervé Novelli oriente une grande partie de son action politique sur développement et la simplification de l’environnement des entrepreneurs "

Ce développement qui aurait l'avantage de permettre aux entreprises du CAC40 de récupérer une partie des salaires, versés à leur employés, pour les diriger ...vers des fonds de pension où ils feraient la loi !

Décidément, la réforme du capitalisme est en marche ... pour quelques uns ...




18 mai 2010

Retraites : Comment les assureurs "préparent" les français aux fonds de pensions !

Même si les assureurs assument depuis très longtemps leurs actions de lobbying, il en est qui paraissent plus insidieuses que d'autres.

Ainsi ce matin on peut prendre connaissance d'un sondage commandé par le "Cercle des épargnants" concernant : "Les Français et la Retraite"

Ce sondage affirme, entre autre, que : "... / ... Concernant le financement, les deux tiers (66 %) estiment que "le risque de faillite du système est réel dans les années à venir" et surtout : " ... / ... 53 % des Français déclarent épargner pour financer leur retraite. ... / ... Parmi les Français qui n’épargnent pas en vue de la retraite, 56 % souhaiteraient le faire contre 60 % en 2009 "

En clair : Les français seraient prêts à accepter le principe d'un pilier de capitalisation pour s"assurer une retraite convenable !

Et même s'il ne faut pas oublier que la capitalisation individuelle est liée à la capacité d'épargne de chacun et permet essentiellement aux plus aisés de ne pas se soucier de la minoration de sa retraite en cas de départ avant d'avoir le total de ses annuités. Il est vrai que le catastrophisme dont font part gouvernement et économistes, ces dernières semaines, donne à penser qu'il va falloir épargner individuellement.

Et dans la mesure où le Président de la République refuse toute augmentation des cotisations ou impôts ... On commence à rêver tout éveillé chez les assureurs !

C'est justement le moment que vient de choisir "Le cercle des Epargnants" pour sortir son sondage : "Les Français et la Retraite (CSA-CECOP)" Avec Generali, le Cercle des Epargnants a présenté sa huitième étude, les Français et la Retraite"réalisée par CSA et le CECOP dans le cadre d’une conférence de presse le 18 mai 2010"

Que dit ce sondage, repris par Le Monde

" ... / ... D'après cette enquête, 54 % des Français pensent qu'il faudra, "d'ici une dizaine d'années", reculer l'âge légal de la retraite de 60 à 65 ans, 43 % y étant hostiles et 3 % ne se prononçant pas ... / ... Concernant le financement, les deux tiers (66 %) estiment que "le risque de faillite du système est réel dans les années à venir", alors que 28 % trouvent qu'on "exagère les difficultés" (6 % ne se prononcent pas). Sur le plan des mesures à prendre, le recul de l'âge légal de la retraite de 60 à 62, ans sauf pour les métiers pénibles, est jugé nécessaire par 64 % des personnes interrogées (contre 34 %).

57% se résignent à l'allongement de 41 ans à 43 ans et demi de la durée des cotisations (contre 41 %). Une augmentation des cotisations patronales et salariales n'est jugée nécessaire que par une petite majorité (50 % contre 43 %) ... / ... "

Mais au fait, qui est : "Le Cercle des Epargnants" ?

L'association est domiciliée 11, boulevard Haussmann 75009 Paris au beau milieu du "quartier des assureurs"

" Le Cercle des Epargnants, issu de l’Association Générale pour l’Assurance et la Prévoyance (AGAP) créée en 1950, est présidé par Jean-Pierre Gaillard, journaliste économique à LCI et à France Info. Le Cercle des Épargnants supervise plus de 210 contrats de groupe (essentiellement des contrats Madelin) et cinq plans d’épargne retraite populaire. A ce titre, le Cercle est enregistré auprès de l’Autorité de Contrôle des Assurances et des Mutuelles comme Groupement d’Épargne Retraite Populaire. Elle assure des fonctions de contrôle et d’information auprès de tous ses adhérents ... / ... " peut-on lire sur leur site

Jean-Pierre Gaillard ? Mais si, vous savez, celui que Libération décrivait comme celui qui : " scande comme un métronome les cotations, sur les ondes et les écrans" et son célèbre : " En direct de la Bourse de Paris" qui eu un temps sa marionnette au Guignols de l'Info de Canal+

Il est à noter que le site du "Cercle des Epargnants" est également accessible par l'adresse "alias" : http://www.agirpourmaretraite.com/ dont il est propriétaire du nom de domaine. Et que "Agir pour ma retraite" est également le nom d'une "Lettre" et d'un blog édités par Philippe Crevel, le Secrétaire général du même "Cercle des Epargnants"

Il est d'ailleurs amusant de noter que Philippe Crevel, sur son site, indique habiter : 7, Bd HAUSSMANN 75009 PARIS. Adresse qui correspond à celle de la compagnie d'assurances GENERALI : "dont le siège social est situé au 7/9 Bd Haussmann 75009 Paris" comme l'indiquent les mentions légales de leur site

Sur le Blog "Agir pour ma retraite", on peut lire un copier/coller d'un article du Figaro du lundi 10 mai 2010, sous le titre suivant : " Xavier Betrand ne condamne pas la capitalisation "

"Le mot «capitalisation» fait sursauter, mais chez nous, il n'y a pas un système de fonds de pensions à l'anglo-saxonne. L'épargne-retraite existe en France depuis longtemps. Elle s'appelle l'assurance-vie. Le problème, c'est qu'elle n'est pas forcément affectée à la retraite. Les produits peuvent-ils être plus simples et plus attractifs ? Je le crois. On ne doit pas avoir peur d'aborder la question de l'épargne-retraite à l'occasion de cette réforme"

Et découvrir un lien vers la lettre "Génération Responsable" éditée par le "Cercle des Epargnants" (mai 2010) et dont l'édito est signé Philippe Crevel, le texte suivant (en page 2) :

"Halte à la désinformation" : Il est fréquemment écrit et dit que les bénéficiaires de retraite par capitalisation ont été les principales victimes de la chute des cours des actions et heureusement que la France a maintenu son régime par répartition. Or, c’est oublier un peu vite que les gestionnaires de pensions par capitalisation sécurisent progressivement, en fonction de l’âge des bénéficiaires, l’actif en privilégiant les valeurs obligataires et monétaires. En outre, sans la garantie de l’Etat avec plus de 10 milliards d’euros de déficits, les régimes par répartition ne pourraient pas verser les pensions calculées au moment de la liquidation. Preuve que la répartition n’est pas à l’abri, le plan de rigueur de la Grèce ne prévoit-il pas un report de l’âge légal et une diminution de certaines retraites ?

Si ça ne s'appelle pas de la propagande pour la capitalisation et les fonds de pension, que les assureurs sont tout prêts à mettre ne place, nous voyons pas comment ça s'appelle !

Au fait, il faut savoir que Philippe Crevel du "Cercle des Epargnants, a : " ... / ... publié, en février 2009, un guide sur la retraite chez Solar qui présente tout à la fois les grands enjeux auxquels est confronté notre système d’assurance-vieillesse et qui comporte des solutions pratiques pour améliorer le montant de sa pension"

Et : "Depuis 2007, est conseiller auprès de la direction générale de Generali et " représentant de Generali au sein de la Commission "développement durable" de l’Association Française de l’Assurance (AFA) " CV de Philippe Crevel

Mais, il n'y aura probablement que des "malfaisants " et les spécialistes de la "théorie du complot" pour penser qu'un sondage commandé par une association "faux nez" d'un assureur ne soit pas impartial ...


Crédit illustration
Stoon




04 juin 2009

L'avenir des retraites en France vu par ... l'Institut Montaigne

Bien que le capitalisme et le libéralisme économique soient dans la plus mauvaise passe de leur histoire et que les dirigeants des pays laudateurs de ces système soient en train de vanter le modèle social français (qui sert actuellement d'amortisseur à la crise financière et économique, dixit le Premier Ministre).

Il existe toujours en France un petit village d'irréductibles qui pense, contre vents et marrées, qu'il faut continuer à privatiser à tour de bras et que la notion de solidarité, notamment dans les domaines de la santé et de la retraite, est dépassée et qu'il faut tout remettre tout en question.

Ces irréductibles continuent à porter, qui qu'il arrive, un message : Le système économique actuel est le meilleur et ne doit pas céder un pouce de terrain. La crise financière n'est pour eux qu'un simple avatar et la crise économique permettra de faire disparaître du marché les entreprises qui ne sont pas assez fortes ou ne pourront s'adapter.

Afin de permettre au système de perdurer, malgré les "monstruosités" qu'il a généré, il n'existe qu'une seule variable d'ajustement : Les hommes

Attention, pas tous les hommes. Non, uniquement ceux qui existent par leur force de travail : Les salariés.

Les salariés vous avez du le remarquer, sont toujours, la première variable d'ajustement. Que l'entreprise ait fait de mauvais choix : financiers, technologiques ou commerciaux ce sont eux qui sont montrés du doigt (salaires, avantages sociaux, congés) et payent les premiers.

Dans un premier temps, on licencie pour préserver l'emploi de ceux qui restent, puis on ferme ou on délocalise pour préserver ... l'outil de travail.

Autre problème de nos irréductibles : Les cotisations retraites des salariés français qui échappent aux entreprises financières. Et oui, en France, la capitalisation est facultative puisque le régime est basé sur la répartition (solidarité inter générationnelle)

L'un des membres les important du fameux"village d'irréductibles" se nomme : L'Institut Montaigne

Peu connue de la majorité des français, l'Institut Montaigne est un "Think tank" libéral dirigé par Claude BEBEAR.

Ce nom vous dit quelque chose ?

Mais oui, le fondateur du Groupe AXA et depuis peu le Président de la commission des sages AFEP-MEDEF qui doit vérifier si les rémunérations des patrons sont conformes à l'éthique ... du patronat.

Claude BEBEAR dont les revenus et le patrimoine (rendus publics) sont les suivants :

- sa retraite annuelle AXA s’élève à 438 000 € (2008),
- ses jetons de présence Mutuelles AXA, BNP-Paribas, Schneider et Vivendi représentent 360 000 € (2008),
- son patrimoine s’élève à 106 millions d’euros (déclaration ISF 2007),
Par ailleurs, il détient 3 340 000 stocks options AXA dont la plus-value potentielle au cours d’aujourd’hui (13 €) est de 660 000 €. Source Blog Le Monde

ça y est, ça vous revient ? Mais oui, c'est lui qu'on surnomme le "parrain du capitalisme français" !!!

Pour en revenir à l'Institut Montaigne, lisons leur présentation sur leur site

Influencer utilement le débat public en apportant des idées pragmatiques et originales

Le débat public étant souvent le monopole des partis politiques et de l'administration, nous voulons donner la parole à des acteurs de la société civile venus de divers horizons et qui cherchent à s'affranchir des schémas de pensée préexistants. Ils formulent leurs propositions en toute indépendance en s'appuyant sur leur recherche personnelle, mais aussi en s'inspirant d'exemples étrangers pertinents.

Aider à la définition des politiques publiques dans le but d'améliorer l'environnement économique et social français

En aval de la phase de recherche, nous faisons une promotion active des résultats de nos travaux en cherchant à faire endosser par les décideurs publics les prescriptions opérationnelles sur lesquelles se concluent toutes nos publications. Nous entretenons à cette fin des relations régulières avec les pouvoirs publics (gouvernement, parlement…) quelle que soit la couleur politique de l'équipe en place.

Ceux qui ont lu notre article d'hier sur les lobbies reconnaîtront aisément dans cette présentation l'approche du "groupe de pression" qui compte nombre d'amis dans les assemblées et lui fournit du "grain à moudre"

Pour faire court, l'Institut Montaigne est LE Think tank libéral français qui fournit à une grande majorité d'élus de droite et au gouvernement leurs projets de "réformes".

Pour être honnête, dans un pays démocratique, toutes les idées ont droit de cité. Mais, lorsque l'Institut Montaigne, dont le Président, qui n'a pas coupé les liens avec AXA, son ex entreprise (voir description du patrimoine), propose d'instaurer la retraite par points (capitalisation) on se dit que des idées au tiroir caisse ... il n'y a pas loin !

En effet, AXA fait partie des assureurs qui lorgnent depuis des décennies sur le "marché" de la retraite. S'il est possible pour chacun de nous de souscrire un contrat individuel de capitalisation retraite (juteux marché de l'assurance vie) les versements des clients sont une goutte d'eau à côté de l'ensemble des cotisants à la retraite par répartition en France.

Nul n'ignore que depuis le début de la crise financière, beaucoup de retraités américains (régime par capitalisation) sont en grande difficulté. Et pour cause, le montant de leurs pensions est lié aux performances des marchés financiers. Pour ceux qui ont suivit l'affaire ENRON qui a précédé de quelques années la crise, il ont pu constater qu'une faillite pouvait priver totalement de retraite des gens qui ont économisé pendant toute leur vie de travail.

Fort de tous ces éléments, que propose l'Institut Montaigne au travers d'une publication de Jacques Bichot : Mathématicien devenu économiste comme l'indique la courte biographie de fin du résumé de la publication.

Inéquitable, complexe, morcelé, chroniquement déficitaire, le système de retraite français souffre depuis longtemps de nombreux maux. Une remise à plat et une restructuration en profondeur, autrement dit un "big-bang", sont nécessaires pour y remédier. Dans quel sens et suivant quelle méthode ?

L’examen des réalisations à l'étranger permet de mieux répondre à cette question. Des pays aussi différents que l’Allemagne, la Suède, l’Italie ou le Chili se sont emparés du sujet avec détermination. Autant de cas dont la France pourrait s’inspirer afin de mettre en œuvre "la" réforme tant attendue.

Réforme des retraites : vers un big-bang ?

Dans cette nouvelle étude publiée par l’Institut Montaigne, Jacques Bichot s'appuie sur ces expériences pour formuler six principes directeurs propres à inspirer une profonde réforme des retraites, adaptée à notre pays. Parmi ceux-ci figurent l’instauration d’un système franchement contributif et l’adoption d’un fonctionnement "à cotisations définies".

L’enjeu est crucial : garantir l’équilibre et, partant, la pérennité de notre système de retraite, tout en assurant à travers lui l’équité entre les cotisants et entre les générations.

L'auteur : Jacques Bichot est un mathématicien devenu économiste. Professeur des Universités, il enseigne à l'Institut d'administration des entreprises de l'Université Jean Moulin (Lyon 3). Ses spécialités sont l'organisation monétaire et financière de la vie en société, et la protection sociale. Son Économie de la protection sociale (Armand Colin, 1992) a posé les bases d'une problématique nouvelle. Il a rédigé le chapitre "retraites" de l'ouvrage collectif dirigé par Claude Bébéar : Le courage de réformer (Odile Jacob, 2002) ainsi que la note Comment financer la protection sociale (Institut Montaigne, mai 2006). - Intégralité du document

En ne se contentant pas de ce simple résumé, qu'apprend t-on, à la lecture de ce document de "complaisance", qui serait un prélude à l'arrivée des acteurs de la finance sur ce marché ?

Comme l'explique l'UFAL

Selon l’auteur, la réforme des retraites devrait donner naissance à un système contributif : les pensions sont attribuées « en proportion des efforts réalisés ». L’équilibre budgétaire des retraites est un principe de base. C’est -à-dire que chacun reçoit en fonction de ce qu’il a cotisé. Ceux qui n’ont pas assez cotisé recevront « les secours requis pour échapper à la grande pauvreté ». Le tout serait organisé en un système unique par points remplaçant les régimes par répartition. A la mise en place du système les droits acquis seront convertis en points du nouveau système avec basculement immédiat de tous les salariés.

Ces propositions de réformes tendent à en finir avec la solidarité nationale qui compense de fait les accidents de la vie et permet à chacun de toucher une pension minimum dès lors qu’il a cotisé suffisamment longtemps. Avec les "réformes" ainsi dessinées, le calcul des pensions se ferait en fait sur la durée d’une vie et chaque accident de la vie (chômage, accidents du travail...) ou chaque période hors travail (étude, grossesse...) ne rapporterait pas de point, abaissant ainsi la pension finale.

En clair un succédané du système américain pour le plus grand profit des assureurs, banquiers et organismes financiers qui pourraient engranger des sommes colossales. En voila une bonne idée "durable" pour renflouer les caisses vides pour cause de spéculation et de bricolage financier.

Car, pour continuer à verser des dividendes à deux chiffres aux actionnaires et retrouver le bonheur de l'argent à flots, il est nécessaire de mettre la main sur un magot quasi éternel : l'argent des salariés cotisant en vue d'une retraite

Pour ceux qui seraient tentés par cette expérience, que dit en ce moment de le retraite des salariés aux Etats Unis ?

Les Etats-Unis disposent depuis 1935 d'un régime général de retraites, qui constitue la source principale de pensions pour la plupart de la population. Ce régime est financé par les cotisations salariales et patronales. Mais, comme le précise Lucy apRoberts, auteure d'un livre sur les retraites aux Etats-Unis et experte auprès du Conseil d'Orientation des Retraites, ces pensions ne procurent pas un revenu suffisant. La pension moyenne équivaut ainsi à environ 37% du salaire moyen tous secteurs confondus. C'est pourquoi les salariés qui le peuvent complètent par une assurance.

Une partie seulement des salariés bénéficie d'un régime employeur, qui n'est pas obligatoire (mais néanmoins encadré par une réglementation fédérale). Cette proportion a reculé dans le secteur privé depuis les années 80, les entreprises fermant leurs programmes petit à petit. « Entre 1975 et aujourd'hui, le pourcentage de salariés du privé couverts par un régime employeur à prestations définies est passé de 40% à 20% », explique Lucy apRoberts. L'économie américaine ayant subi les assauts de plusieurs crises, les régimes à prestations définies (l'employeur promet une certaine pension) sont devenus plus difficiles à assumer pour les entreprises, qui ont préféré s'en remettre aux plans d'épargne retraite, basés sur un abondement de l'employeur et qui versent un capital, non des pensions. Beaucoup de salariés ont aussi investi dans l'immobilier.

Chômage, crise financière et crise de l'immobilier ont donc touché de plein fouet l'écosystème des retraites.

Un cas d'école : GM

Si GM met la clé sous la porte (ce qui vient d'arriver), un instance fédérale, la Pension Benefit Guaranty Corporation (PBGC), prendrait le relais. A hauteur d'un certain plafond seulement, assez élevé cependant pour couvrir les engagements vis à vis des salaires bas et moyens. La PBGC est financée par des prélèvements obligatoires sur les régimes de retraite privés. Pour l'instant, elle peut encore faire face aux défaillances d'entreprises, mais si la crise perdure, elle pourrait dégonfler cette bouée de sauvetage. « L'Etat ne veut pas augmenter les cotisations malgré les menaces liées au nombre de faillites, pour ne pas pénaliser davantage les entreprises. Par conséquent, il est possible de voir augmenter les impôts pour financer les retraites », analyse Lucy apRoberts.

Cette même instance, la PBGC, a évalué récemment le déficit de financement du fonds de pension de General Motors à 20 milliards de dollars à la fin 2008 (12,4 milliards selon GM). Alors que le système disposait de 20 milliards de surplus un an plus tôt ! Mais la crise financière, qui est passée par là, aurait effacé à elle seule plus de 10 milliards de disponibilités. En outre, GM avait pris la mauvaise habitude de piocher dans ce fonds pour financer ses plans de départs volontaires. 2,3 milliards de dollars ont ainsi été engloutis dans ces programmes l'année dernière.

Aujourd'hui, de nombreux salariés qui ont cru leur retraite protégée sont écœurés. Même s'ils bénéficient de la garantie de la PBGC, la crise a en fait éclater une autre, une crise de confiance envers le système. - Source l'Usine Nouvelle du 26/05/2009

Après les tentatives de contrôler notre alimentation ou notre santé en brevetant le vivant (génétique), quoi de plus naturel que d'envisager d'asservir des générations de salariés en récupérant leur argent sans pour autant leur promettre ... la moindre garantie de versement.

Il ne fait nul aucun doute que plusieurs députés et sénateurs se feront dans les mois qui viennent l'écho de de document et le brandiront bien haut en nous expliquant qu'il s'agit d'une étude particulièrement documentée. Le MEDEF, dont la présidente siège, comme Monsieur BEBEAR au conseil d'administration de BNP Paribas trouvera le trouvera "intéressant" et probablement que Frédéric Lefebvre proposera de le mettre en place le plus vite possible pour "le plus grand profit" des français ....

Vous laisserez-vous faire cette fois-ci ?