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24 novembre 2011

Troubles musculo-squelettiques : Les futurs « bon chiffres » du gouvernement ?

Contrepartie de la réforme des retraites, la lutte contre les TMS se résume essentiellement à des campagnes d'information. Mais comment prouver que le gouvernement a obtenu des résultats ? Eh bien en publiant un décret modifiant la désignation des maladies !

Lors de la récente réforme des retraites, allongeant de deux l'âge légal, le gouvernement par la voix d'Eric Woerth avait expliqué avoir pris en compte la pénibilité, permettant à certains salariés de continuer à partir à 60 ans.

Quelles en sont les règles ?

Les assurés qui pourront bénéficier du dispositif de départ anticipé sont :

« (...) les personnes justifiant d’une incapacité permanente d’au moins 20 % au titre d’une maladie professionnelle ou d’un accident du travail ayant entraîné des lésions identiques à celles d’une maladie professionnelle

les personnes justifiant d’une incapacité permanente comprise entre 10 et 20 % (au titre d’une maladie professionnelle ou d’un accident du travail comme précédemment) à condition de pouvoir justifier qu’elles ont été exposées, pendant une durée minimum qui est fixée à 17 ans à un ou plusieurs facteurs de risques professionnels (...) »

Dans la mesure où, nous dit la FNATH : « (...) les troubles musculo-squelettiques continuent d’exploser et constituent la première maladie professionnelle (...) » Ce dispositif était assorti d'un volet prévention essentiellement représenté par des campagnes : « (...) pluri-annuelle de sensibilisation et de prévention (...) » dont la dernière a été lancée le 18 octobre.

Elle s'adresse : « (...) plus particulièrement aux employeurs et aux cadres dirigeants. Ces actions de communication ont pour objectif de les inciter à se poser les bonnes questions et à mettre en place des actions de prévention (...) »

Un cautère sur une jambe de bois, direz-vous, puisque d'après le blog Polyarthrite- Rumatoide : « (...) Les TMS représentent un problème majeur de santé au travail (...) Leur expression la plus fréquente affecte le poignet et la main (45 %), l’épaule (32 %), le coude (19 %) (...) » A noter que : « (...) lombalgies et cervicalgies ne sont pas comptées dans les statistiques de TMS… »

Il faut donc compter sur le bon vouloir des employeurs pour : « (...) proposer à leurs salariés exposés à des facteurs de pénibilité un aménagement pour la fin de leur carrière (...) » ce qui, en termes de baisse de handicaps issus des TMS, est beaucoup trop long, pour le Président (pas encore pas candidat), qui aspire à garder le pouvoir, après les présidentielles de 2012 !

Alors, en ce cas, comment éviter le courroux des salariés électeurs grugés par le volet pénibilité de la réforme des retraites ?

Eh bien, nous explique Arnaud de Broca, Secrétaire général de la FNATH, en se livrant à une discrète manipulation, permettant de prouver que la politique du gouvernement a fait baisser le nombre de TMS !

Un décret publié au Journal Officiel opère : « une refonte du tableau de maladies professionnelles n°57 (...) » Il apporte : « (...) des modifications notables : en premier lieu, il modifie la désignation des maladies qui, pour certaines d’entre elles, devront être objectivées par un IRM. Cela va obliger les victimes à réaliser un tel examen et à consulter des médecins spécialistes en secteur 2 et pas toujours enclin à réaliser des certificats médicaux (...) »

Mais, il y a beaucoup plus pernicieux !

« (...) c’est surtout l’établissement d’une liste de travaux très restrictive, qui va entraîner une diminution des TMS reconnus : en effet, il faut dorénavant pouvoir mesurer des angles d'abduction, mais aussi des durées moyennes minimales quotidiennes... Pour entrer dans les conditions de ce nouveau tableau de maladie professionnelle, il faudra, par exemple, avoir effectué des « travaux comportant des mouvements ou le maintien de l'épaule sans soutien en abduction avec un angle supérieur ou égal à 60° pendant au moins 3 h 30 par jour en cumulé »

Ce qu'il faudra, bien entendu, prouver devant une : « une commission spécifique qui examinera le lien entre l’incapacité et l’exposition aux risques professionnels »

Il est clair que ce nouveau « parcours du combattant » devrait diminuer encore un peu plus le nombre de salariés éligibles à un départ anticipé à la retraite. Mais aussi plomber un peu plus la branche maladie que l'UMP à la demande du Medef propose de faire financer par l'impôt. Merci qui ?

Ce tour de passe passe devrait donc permettre au gouvernement, comme l'écrit Arnaud de Broca de : « (...) se targuer d’avoir limité l’explosion des TMS et se gargariser de l’efficacité des campagnes de prévention ou des actions menées par les entreprises (...) »

Xavier Bertrand répondrait que : « Pour le moment ne sont concernés par ce décret que les TMS de l’épaule (...) » Mais indique Arnaud de Broca : « (...) le Gouvernement ne va pas s’arrêter en si bon chemin. La suite est déjà en préparation avec la refonte des conditions concernant le coude (...) »

Après tout, les éclopés du travail actuel et à venir, n'ont qu'à serrer les dents et se réjouir, en pensant qu'ils contribuent ainsi, au maintien (provisoire ?) de la note AAA de la France, indispensable selon Nicolas Sarkozy pour sa réélection en 2012 !


Crédit image
CFTC

18 novembre 2011

France du XXIeme siècle : 1 français sur 2 renonce à se soigner !

Alors que l'UMP brandit dans ses argumentaires électoraux, l'image du : « Président courageux qui protège la France et les Français », on apprend que plus d'un français sur 2 renoncerait à se soigner pour raisons économiques. De qui se moque t-on ?

En effet, aussi hallucinant que cela puisse paraître, selon les professions libérales de santé, plus d'un patient sur deux repousse certains soins pour des raisons économiques. Et dans la mesure où un Français sur trois est prêt à se passer de complémentaire santé si les cotisations deviennent trop chères ...

Alors, ils sont où les engagements de 2007 ?

« Je prendrai donc mes responsabilités. Je pense en particulier au problème de la santé. Et je parle très sérieusement de ces questions. Nous le savons tous, de nouvelles dépenses sont inévitables. Je ne serai pas celui qui ira raconter aux Français que l'on ne dépensera pas plus pour la santé des Français. On dépensera davantage »

Qui se sont transformés en 2011 en : « (...) Je comprends parfaitement le côté inépuisable des besoins (...) Je suis persuadé que les Français comprennent cela, qu'ils savent que le monde est dur et qu'on ne peut pas s'exonérer de la réalité (...) » Oui, mais comme le répètent en boucle ministres et élus de l'UMP : C'est la criiiiiiiiiise !

Les français sont tellement conscients de la situation, qu'ils sont 53% à repousser certains soins pour de simples mais concrètes raisons économiques !

En effet, les résultats de l'étude commandée par la société financière CMV Médiforce (groupe BNP Paribas) menée auprès de 450 professionnels de santé travaillant en libéral : médecins généralistes et spécialistes, chirurgiens-dentistes, infirmiers, kinésithérapeutes et vétérinaires parlent d'eux même.

Concernant la santé humaine : « (...) ce sont les pharmaciens (75%) et les chirurgiens-dentistes (63%) qui constatent le report des soins ou des achats de produits de santé (...) Seulement 23% des professionnels estiment que les patients acceptent comme avant les traitements et les soins proposés (...) »

la Mutuelle AG2R La Mondiale qui avait commandé un sondage à LH2 nous apprend que : « (...) 19% des sondés craignent de ne pas disposer de suffisamment d'argent pour leur santé (...) près de la moitié des Français (47%) affirment avoir peur de tomber gravement malade et d'être conduit à un état de dépendance (...) En revanche, pas question pour eux de verser plus d'argent aux mutuelles (...) un tiers des Français seraient d'ailleurs prêts à lâcher leur complémentaire santé, si celle-ci devenait trop chère (...) Nous observons de façon assez nette une évolution chez nos clients de plus de 55 ans, explique Jean-Francois Ropelewski, directeur marketing d'AG2R La Mondiale. Jusqu'à présent, ils recherchaient avant tout un certain niveau de garantie. Désormais, il ont un budget maximum et voient ensuite les garanties qu'ils peuvent obtenir pour ce prix » - Le Figaro

Ce qui va s'accélérer rapidement, puisque la nouvelle taxation sur les contrats de complémentaire santé, que le Sénat vient pourtant d'annuler, sera sans nul doute votée finalement, comme un seul homme, par les députés de la majorité présidentielle !

Les Français, sur cette taxe santé comme l'appelle la Mutualité française, interrogés par Harris Interactive sont unanimes : 3 Français sur 4 (76%) sont défavorables à cette taxe. 86 % pensent que cette mesure « va entraîner une nouvelle baisse du pouvoir d’achat »

Mais qu'importe, puisque l'objectif est de désengager de plus en plus l'état, et de transférer sur l'impôt la santé de millions de français. C'est d'ailleurs la justification du Haut-Conseil du financement de la protection sociale, qui devrait permettre au privé de prendre une part de plus en plus significative, du budget de la santé.

Ce qui est confirmé par le communiqué de Jean-Loup Durousset, le président de la FHP, qui regroupe quelque 1.100 cliniques et hôpitaux privés qui, lors de l'annonce de la création du Haut-Conseil du financement de la protection sociale, a déclaré dans un communiqué : « (...) Nous souhaitons donc que l'hospitalisation soit aussi représentée dans ce Haut-Conseil (...) il est essentiel que l'hospitalisation privée puisse présenter ses positions au sein de ce nouvel organisme et que celui-ci soit le plus ouvert et le plus représentatif (...) »

Ce qui pourrait, à terme, aboutir à de plus en plus de partenariats public-privé, dans le secteur hospitalier réclamés par Laurence Parisot, et dont on peut voir les résultats désastreux à l'hôpital d'Evry-Corbeil !

Et oui, que voulez-vous la santé est une marchandise lucrative comme les autres au pays du : président courageux qui protège la France et les Français !

18 octobre 2011

Victimes de l'amiante : Le vilain jeu du gouvernement ?

Obnubilée par la primaire socialiste, L'UMP n'a pas trouvé le temps de s'exprimer sur la manifestation des victimes de l'amiante qui a eu lieu le 15 octobre à Saint-Quentin, la ville dont Xavier Bertrand est le maire !

Si l'on en croit Xavier Bertrand : « La France n'a pas besoin aujourd'hui d'un magicien, mais de quelqu'un de solide et courageux qui protège les Français »

Cette protection préconisée par le Ministre de la santé ne semble pas concerner les victimes de l'amiante qui étaient entre 2 500 et 4 000 (chiffres presse) à s'être déplacés jusqu'à Saint-Quentin dans l'Aisne pour manifester leur colère, devant les tentatives du Ministre (maire) de freiner l'éradication de l'amiante dans certains locaux et de modifier la gouvernance du Fonds d'Indemnisation des Victimes de l'Amiante (FIVA)

Depuis 2004, il y aurait eu en France, 25 360 morts imputables à l'amiante. « Chaque jour, l'amiante fait 10 morts et on estime que 100 000 personnes vont décéder sur les deux prochaines décennies » affirmait Pierre Pluta, le président de l’Association régionale de défense des victimes de l’amiante (Andeva), lui même atteint d’une maladie reconnue liée à une exposition à l’amiante, au journal L'Union Presse

Depuis le 23 octobre 2001, c'est le Fonds d'indemnisation des victimes de l'amiante (FIVA), qui est chargé d'examiner les demandes d'indemnisation. Qu'elles soient : « professionnelle » ou « environnementale ».

Pourquoi les associations de défense des victimes de l'amiante manifestaient-elles ?

Pour faire annuler deux décrets pris par Xavier Bertrand.

Le premier : « (...) Xavier Bertrand a signé un (...) décret (...) le 3 juin 2011 sur l’amiante dans les bâtiments, qui donne une prime aux propriétaires délinquants : ils avaient 9 ans pour engager des travaux de désamiantage en particulier dans les immeubles de grande hauteur et n’ont pas respecté ces délais. Au lieu de les sanctionner, le décret leur accorde une dérogation sans date de fin (...) »

Le Second : « (...) un décret modifiant la gouvernance du Fonds d'indemnisation (...) » Selon Jean-Pierre Decods, un ancien de la construction navale, lui même victime, bien que la gestion de la FIVA soit paritaire, Xavier Bertrand, en pleine été, aurait : « (...) essayé de donner deux sièges de plus aux patrons » et surtout tenté de :« nommer un magistrat de la cour des comptes, nommé par l'État, plutôt que la cour de cassation, nommé par ses pairs, à la présidence (...) »

Ce qui aurait sans nul doute eu une influence, en ces temps de rigueur budgétaire, dans la mesure où : Le FIVA est financé par une contribution de l’Etat dont le montant est fixé chaque année par la loi de finances et par une contribution de la branche accidents du travail et maladies professionnelles du régime général de la Sécurité sociale - Source FIVA

Devant la levée de bouclier des associations, Xavier Bertrand a désigné par un premier décret, Claire FAVRE, la présidente de chambre à la Cour de cassation, à la présidence de la FIVA pour trois ans.

En même temps qu'il en faisait publier un autre modifiant les conditions d’élection du président du Fiva qui lui succédera, dans lequel il est clairement indiqué qu'il serait : Article 1 - « (...) choisi parmi les présidents de chambre ou les conseillers à la Cour de cassation en exercice ou honoraires, les présidents de tribunal administratif ou de cour administrative d'appel en exercice ou honoraires, les présidents de chambre de la Cour des comptes ou les conseillers maîtres de ces chambres en exercice ou honoraires (...) »

D'où cette inquiétude des victimes et parents de victimes

C'est donc à Saint Quentin, ville de Xavier Bertrand, semble t-il prodigieusement agacé, qu'ils ont essayé de défiler, dans le silence. Se voyant toutefois, canaliser, au point que le parcours : « choisi par les autorités permettait d'éviter soigneusement tous les axes principaux privilégiant les petites rues étroites et l'interdiction d'accès à l'hôtel de ville (...) »

Quelle a été la réaction de celui qui se revendique, membre du courant gaulliste social, et qui affirme que : « le sort des personnes exposées à l'amiante et de leurs proches est une préoccupation constante du gouvernement » ?

Et bien, selon le Courrier Picard qui était présent sur les lieux : « (...) au départ du cortège, Xavier Bertrand prenait le soleil en terrasse de la pizzeria Mario et à son terme, inaugurait une salle de musique au Palais de Fervaques, protégé par six camionnettes de gendarmes mobiles... »

Une étrange vision du : « solide et courageux qui protège les Français »


Crédit photo
Linternaute

03 octobre 2011

Xavier Bertrand : Comment gagner 220 millions sur le dos des salariés malades !

Décidément, au gouvernement comme à l'UMP, si on rechigne à supprimer certaines niches fiscales, on ne se pose pas de question lorsqu'il s'agit de faire payer aux salariés, les conséquences d'un arrêt de travail !

Pour ceux qui l'auraient oublié, nous devons à Jean-François Copé, soutenu par Nicolas Sarkozy, et aux parlementaires de l'UMP, la mise en place en 2009 de : La fiscalisation des indemnités journalières versées en cas d'arrêt de travail pour accident du travail ou maladie professionnelle.

Cette fiscalisation avait pour but, selon JF Copé de rétablir l'équité avec les arrêts maladie et congés maternité, qui eux étaient taxés. Cerise sur le gâteau, précisait en 2010 le site Legavox : « (...) Contrairement à ce qui avait été annoncé en septembre 2009 par Jean-François Copé, la mesure adoptée en début d'année ( Loi de Finance 2010 ) ne concerne pas que les arrêts courts de moins de 29 jours mais inclut également les arrêts de longue durée (...) »

Mais pourquoi s'arrêter en si bon chemin alors que les comptes de la sécurité sociale subissent encore un lourd déficit ? C'est probablement ce qu'à du se dire Xavier Bertrand, qui a discrètement glissé dans le PLFS de 2012, une mesure qui consiste à modifier le calcul des indemnités, en cas d'arrêt maladie.

La FNATH, association dont la vocation est de défendre les droits des victimes d’accidents au travail, a été une des premières à révéler le pot aux roses dans un communiqué publié le 22 septembre. Extrait

« (...) la FNATH ne peut que dénoncer la nouvelle ponction de 220 millions d’euros qui est envisagée sur les indemnités journalières maladie au motif que ce poste de dépenses serait en augmentation par rapport à 2010 - L'exécutif justifie ce choix en soulignant la « dynamique » des arrêts maladie - (...) La FNATH rappelle que les salariés ne sont pas les prescripteurs des arrêts de travail, qu’ils ne sont pas responsables de conditions de travail qui bien souvent usent les organismes ou encore de l’absence d’un véritable dispositif de pénibilité (...) »

Quelle va être l'implication de cette mesure ?

C'est simple et assez sournois : « (...) Les indemnités sont actuellement égales à 50% du salaire brut. Elles seraient désormais égales à 60% du salaire net (...) Pour les salariés, en arrêt maladie ou en congé maternité, cela représenterait une perte d’environ 10%, qui accentuerait encore les difficultés d’accès au soin, à moins que les entreprises décident de compenser cette perte d’indemnités (...) » nous dit Jacques Voisin Président Confédéral de la CFTC

Sauf que, explique la CGT , pour ceux : « (...) souvent employés des plus petites entreprises, le droit du travail ne prévoit un complément de l'employeur pour atteindre 90 % du salaire brut qu'au-delà de huit jours d'arrêt maladie, et uniquement pour les salariés qui ont plus d'un an d'ancienneté (...) »

Ce qui est confirmé par Le Monde : « (...) au cabinet du ministre de la santé, on admet que ce sont les salariés les plus jeunes et les plus précaires qui verront le plus leurs indemnités baisser. Les salariés en arrêt longue maladie sans accord d'entreprise seront aussi lourdement touchés (...) »

Mais, diront certains, le Sénat passé à gauche devrait pouvoir s'opposer vigoureusement à cette mesure inique ?

Et bien non, puisque, si pour la taxation des hauts revenus, nous avons eu une bataille homérique entre les parlementaires et le gouvernement. Pour amputer les indemnités journalières des salariés, il n' y aura pas de débat, dans la mesure où : « (...) elle sera mise en œuvre par décret, annonce le ministère de la santé (...) » Merci qui ?


Crédit et copyright photo
Le Monde

26 juillet 2011

Obésité en France : L'industrie alimentaire ni responsable ni coupable ?

Sans communication excessive, le ministère de la Santé a lancé, son Plan obésité 2010-2013. Programme de bonnes intentions, il fait totalement l'impasse sur les produits industriels trop gras, trop sucrés ou trop salés pourtant premiers responsables de l'obésité !

Les slogans : « Evitez de manger trop gras, trop sucré, trop salé », « Evitez de grignoter entre les repas » et « mangez bougez » ne donnent pas les résultats escomptés par les pouvoirs publics qui reconnaissent que : « (...) En France, près de 15 % de la population adulte est obèse. La prévalence était de l’ordre de 8,5 %, il y a douze ans. Un enfant sur six présente un excès de poids (...) Les conséquences sur la santé sont dominées par le diabète et l’hypertension, les maladies cardiovasculaires et respiratoires, les atteintes articulaires sources de handicap et certains cancers (...) - Site du Premier Ministre

En clair, même si le gouvernement refuse de le dire : L'autodiscipline que devaient s'appliquer les industriels de l'agroalimentaire, validée par ce même gouvernement, est un désastre !

Il est amusant de noter que le plan précédent datant de 2006 avait été été présenté par ... Xavier Bertrand qui indiquait à l'époque que : « (...) avec le PNNS 2, nous demandons aux industriels de mieux élaborer leurs produits (...) Le PNNS 2 reprend les dix principes généraux du PNNS 1 mais en les élargissant. On y retrouve des principes fondamentaux et auxquels les professionnels de l’alimentation, en particulier ceux des métiers de bouche, sont attachés : aucun message émanant du PNNS ne saurait interdire ou bannir la consommation d’un quelconque aliment (...) » pouvait-on lire sur le site de la Confédération générale de l'alimentation de détail

Au delà du fait, qu'aucun progrès n'a semble t-il, été réalisé, pour diminuer le trop gras, le trop sucré et le trop salé, comme le souhaite le Programme Nutrition santé sur son site :

« (...) Réduction de la contribution moyenne des apports lipidiques totaux à moins de 35% des apports énergétiques journaliers, avec une réduction d’un quart de la consommation des acides gras saturés au niveau de la moyenne de la population.
Réduction de 25% la consommation actuelle en sucres simples, et augmentation de 50% la consommation de fibres.
Réduction de la consommation moyenne de chlorure de sodium (sel) à moins de 8g par personne et par jour (...) »

On notera aussi que, l'une des propositions (Page 5) émise dans la : Synthèse des propositions des Sociétés savantes et d’experts en nutrition, publiées à l'automne 2010, et concernant le PNNS 2011-2015 : « (...) La régulation de la publicité télévisée aux heures de grande écoute des enfants et le développement en volume horaire des campagnes nationales nutrition santé (...) » et qui proposait :

« - de réguler la publicité aux heures de grande écoute des enfants pour les produits particulièrement gras, sucrés ou salés sur la base de normes élaborées par des spécialistes de la nutrition et par le PNNS ;
- d’imposer un volume horaire minimal de campagnes nutrition INPES ou du PNNS à ces heures à des tarifs préférentiels et ceci quel que soit le volume horaire ;
- initier la réflexion en vue de réduire la pression publicitaire qui s’exerce sur les enfants via les autres canaux de communications très largement utilisés par les industriels : Internet, merchandising, placement de produits dans les films, etc »

Ne figure en aucune place dans le document officiel disponible sur le site du gouvernement.

Rappelons pour mémoire qu'en 2009 : « (...) les députés de l'Assemblée Nationale ont voté contre un amendement qui souhaitait interdire les publicités pour les produits sucrés ou gras à la télévision « dans les quinze minutes qui précèdent et suivent » des programmes pour la jeunesse, principale cible de l’obésité. La ministre de la Santé, de l'époque, Roselyne Bachelot, s'était opposée à cet amendement, estimant qu’il n’était pas nécessaire puisque les publicitaires et professionnels de l'audiovisuel ont signé une charte de bonne conduite contre l'obésité chez les enfants (...) »

La seule référence à l'implication d'entreprises est à découvrir en page 38 du nouveau Plan Obésité. Il concerne : « (...) La vente de compléments alimentaires, d’appareils, de méthodes ou produits divers, faisant état d’une action sur l’amaigrissement dans différents médias (...) » et même si les rédacteurs du document reconnaissent que leur efficacité : (...) ne repose, dans la majorité des cas, sur aucun argument justifiant ces allégations (...) » Hors de question de les interdire à la vente, puisque : L’objectif est d’engager les opérateurs concernés à s’assurer de la conformité à la réglementation en vigueur des produits (...) via des mesures d’autodisciplines (...) » qui seront élaborés ... en 2012 pour une finalisation en ... 2013. Jusqu'à là ....

Néanmoins, le gouvernement a trouvé un responsable : Les consommateurs !

En effet, on peut lire sur le site du Premier Ministre : « (...) L'obésité ne saurait se résumer à une alimentation déséquilibrée ou à un apport hypercalorique. Elle est la résultante de nombreux facteurs tels que le mode de vie, les impacts environnementaux, les déterminants sociaux, les contraintes économiques, les facteurs biologiques, les prédispositions génétiques (...) les pouvoirs publics s’engagent résolument dans la prévention de l’obésité, l’amélioration de sa prise en charge, la coordination des soins au niveau national et territorial, tout en accroissant l’effort de recherche (...) »

On pourrait en rire, si ce n'était pas si grave ! Au delà du fait qu'une alimentation saine est hors de prix et que les campagnes de prévention ont prouvé leur inefficacité, il est ahurissant de constater qu'on préfère consacrer des sommes qui seront de plus en plus astronomiques à la recherche sur l'obésité plutôt qu'interdire la vente de produits qui la provoque !

Constat étayé par le refus de Xavier Bertrand, ministre de la santé, de légiférer sur le sujet comme il l'a prouvé lors de son voyage express aux Antilles où : « De nombreux produits commercialisés en Outre Mer présentent une teneur en sucre supérieure à celle que l’on retrouve dans des mets similaires en hexagone (...) Autant d’éléments qui font le lit de l’obésité dans des départements déjà fortement touchés (...) » Et où il a préféré : « (...) mandater pendant l'été les directeurs d'ARS (Agence régionale de santé) ultra-marins de façon à ce qu'ils engagent avec les fabricants dès la rentrée des discussions pour baisser la teneur en sucre des produits (...) »

Et oui, toujours cette bonne vielle autodiscipline des entreprises, face à des consommateurs irresponsables !

Que les obèses actuels et à venir le sachent, ce gouvernement et sa majorité ne : sauraient interdire ou bannir la consommation d’un quelconque aliment ... un chantage à l'emploi des organisations patronales saurait de toutes façon leur rappeler ! Et comme les élections approchent ...

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Mutualité Française

10 mai 2011

Medef : Des tickets sports pour améliorer le climat social ?

Comment faire oublier aux salariés, la prime gouvernementale, la pénibilité, le stress, et améliorer le climat social dans les entreprises ? Voila une question à laquelle le Medef a une réponse simple : Offrir des «tickets sport» aux salariés !

Avec le Medef, en termes de propositions pour l'amélioration des conditions de travail, on est jamais déçu ! En effet, alors que celui-ci mène toujours un combat âpre pour minimiser le montant de la (future possible) prime gouvernementale pour les salariés, comme le montre le communiqué du Medef de l'Aude, publié aujourd'hui, dans le journal l'Indépendant

Extraits : « (...) Le Medef Aude s'élève contre cette décision qui vise une fois de plus à faire peser sur les entreprises de nouvelles dépenses obligatoires (...) les entrepreneurs ne comprennent pas l'ingérence d'un État dépensier dans le dialogue social des entreprises. Le dialogue social est de la compétence de chaque dirigeant ainsi que de leurs syndicats représentatifs. Ce que souhaitent réellement les salariés ce sont des augmentations de salaire pérennes, qui ne sont possibles que s'il y a de la croissance. Or, les entreprises de l'Aude sont encore trop fragiles pour prétendre à une telle augmentation (...) Un dispositif qui oppose au lieu de rassembler. De quoi favoriser un profond sentiment d'injustice sociale que les syndicats ont d'ailleurs parfaitement perçu. Sauf à révolutionner le modèle économique et social et à prendre le pouvoir dans les entreprises, l'État n'a pas à intervenir dans la gestion des entreprises. Nous ne pouvons accepter qu'il décide de donner l'argent des autres et ne remette pas en cause sa propre gestion (...) »

Il continue de réfléchir à l'amélioration du dialogue social et des conditions de travail des salariés ! Et de quelle façon, direz-vous ?

Et bien, en réfléchissant à la possibilité de distribuer des : « (...) titres sport comme il existe des titres restaurant (...) »

Extrait de Medef argu de mai 2011 : « Le sport un levier de croissance durable pour la France : (...) Les problématiques de santé et de bien-être au travail prennent une importance de plus en plus grande, pour les salariés, comme pour les chefs d’entreprise. Or quoi de mieux que le sport pour garder ou retrouver la forme et le moral !

L’entreprise peut être un des vecteurs majeurs du développement des activités physiques et sportives qui peuvent contribuer à réduire le stress professionnel, à répondre à la demande de mieux-être au travail des salariés et à améliorer le climat social dans l’entreprise. C’est pourquoi le Comité Sport du MEDEF a lancé une réflexion sur la mise en place d’un titre sport, comparable au titre restaurant (...) Des études d’impact sont en cours pour évaluer l’équilibre budgétaire de ce dispositif, l’impact en matière de santé publique et donc de moindre déficit de la sécurité sociale venant idéalement compenser les avantages fiscaux (...) »

Oui, car bien entendu, le Medef n'envisage pas de financer ce programme, puisqu'il indique en toutes lettres que celui-ci serait : « exonéré de charges sociales et fiscales pour l’entreprise » mais toutefois (il faut dire merci ?) « net d’impôt pour le salarié »

En gros : Des employés destressés, moins revendicatifs, souffrant moins de troubles squeleto musculaires et qui, par conséquent coûteraient moins cher à la sécurité sociale. Une idée de génie non ?

Enfin idée seulement, car, le Medef, toujours soucieux que l'Etat finance ses idées, mais refuse que celui-ci intervienne dans la gestion des entreprises, n'oublie surtout pas d'indiquer clairement que le titre sport serait : « facultatif pour l’entreprise » ! Non mais !


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TMS par CFDT Auchan

02 décembre 2010

La crise économique cheval de troie de la privatisation de la sécu ?

On doit avoir, en ce moment, les naseaux qui frémissent dans le monde de la bancassurance. En effet, sur fond de crise économique et financière, on recommence à parler de la sécu et évoquant la : "logique assurantielle vs. logique universelle"

Ne cherchez pas, il n'y a tout au plus que 2 ou 3 articles de presse récents, évoquant la possibilité de voir se concrétiser un système concurrentiel à la sécu. Celui publié par Le Point et daté du 1 décembre, résume assez bien, la situation

" ... / ... la majorité pourrait bien amorcer discrètement le débat sur un système concurrentiel. Et alors que la dette française atteindra le record de 87,4 % du PIB en 2012, certains estiment même que le gouvernement est bel et bien en train de préparer le terrain pour une réforme en profondeur. Le 24 novembre, en lançant une "vaste concertation nationale" sur le thème de la dépendance, François Fillon déclarait ainsi que les discussions seraient "élargies à toute protection sociale", notamment dans le but de "fixer la part des régimes obligatoires et complémentaires et diversifier les modes de financement" - sans soulever de vague de protestations particulière. Quelques jours plus tard, la ministre en charge du dossier, Roselyne Bachelot, s'interrogeait dans les colonnes du Figaro sur ce que "pourrait être la part de l'assurance (privée) par rapport à la solidarité". "Les Français devront s'exprimer..."

Oui diront certains mais nous n'en sommes qu'à l'idée d'un débat. Ensuite il faudra émettre des propositions ... Dans ce cas, vous feriez preuve de naïveté ! Car, ces propositions existent déja et sont développées par l'Institut Montaigne depuis bien des années. Notamment dans une étude portant le joli nom de : " Proposition issue de la note "TVA, CSG, IR, cotisations... Comment financer la protection sociale" (Jacques Bichot)- Mai 2006 "

Extraits : " ... / ... L’ère du rationnement approche – à moins, justement, que l’on ne se décide à construire un moteur moderne, adapté à ce qu’est devenue la protection sociale : une production de services, qui relèvent un peu de la redistribution, et beaucoup de l’assurance et de la finance ... / ... " - Institut Montaigne

Seulement, jusqu'à présent, les gouvernements successifs, bien que soumis à un lobbying effréné des compagnies d'assurances, des banques et de leurs Think tanks amis, n'avaient pas cédé sur le tabou, que représente la remise en cause, du "monopole" de la sécu .

Ils n'ont d'ailleurs pas donné suite à ce fameux hoax qui expliquait que la loi européenne mettait fin à ce "monopole". En 2007, comme l'écrivait la Sécurité Sociale sur son site, dans une longue mise au point : " ... / ... Depuis un certain temps, des voix s’élèvent pour soutenir que des textes européens « imposeraient la fin du monopole français de la sécurité sociale ». Sur la base d’arguments fallacieux, ces mouvements incitent les assurés sociaux à quitter la sécurité sociale et souscrire des assurances privées, auprès d’organismes assureurs établis dans d’autres Etats de l’Union européenne ... / ... "

Et la Sécurité Sociale de rappeler les fondements du système d'assurance santé français sur son site

Préambule de 1946 à la Constitution : “ Elle garantit à tous, notamment à l’enfant, à la mère et aux vieux travailleurs, la protection de la santé, la sécurité matérielle, le repos et les loisirs. Tout être humain qui, en raison de son âge, de son état physique ou mental, de la situation économique, se trouve dans l’incapacité de travailler a le droit d’obtenir de la collectivité les moyens convenables d’existence.”

Aussi, le premier article du Code de la Sécurité sociale rappelle le principe de solidarité sur lequel s’appuie la sécurité sociale et proclame l’obligation de s’affilier à la sécurité sociale pour les personnes qui travaillent en France : Article L111-1 du Code de la Sécurité sociale : L'organisation de la sécurité sociale est fondée sur le principe de solidarité nationale. Elle garantit les travailleurs et leur famille contre les risques de toute nature susceptibles de réduire ou de supprimer leur capacité de gain. Elle couvre également les charges de maternité, de paternité et les charges de famille. Elle assure, pour toute autre personne et pour les membres de sa famille résidant sur le territoire français, la couverture des charges de maladie, de maternité et de paternité ainsi que des charges de famille. Cette garantie s'exerce par l'affiliation des intéressés et le rattachement de leurs ayants droit à un (ou plusieurs) régime(s) obligatoire(s). Elle assure le service des prestations d'assurances sociales, d'accidents du travail et maladies professionnelles, des allocations de vieillesse ainsi que le service des prestations familiales dans le cadre des dispositions fixées par le présent code ... / ... "

Alors, où en est-on ?

Un certain Jean-François Copé, aujourd'hui à la tête de l'UMP ne cachait pas son intérêt pour une notion de mise en concurrence en avril 2010 dans une chronique sur Slate : " Nous devons faire le point régulièrement sur ce qui doit relever de la solidarité nationale et donc de l'assurance maladie d'une part, et ce qui relève de la responsabilité individuelle et des complémentaires santé d'autre part ... / ... la solidarité nationale ne peut pas tout financer..."

A rapprocher d'une phrase trouvée dans le document de l'Institut Montaigne : "Sauver l'assurance maladie" : " ... / ... Il s’agit tout à la fois de repenser les principes de prise en charge (logique assurantielle vs. logique universelle) ... / ... réinventer l’assurance maladie, en pérennisant son financement, en redonnant tout son sens au concept de solidarité et en sortant de la confusion entretenue avec celui de la mutualisation (qui est simplement une technique d’assurance) ... / ... "

Quelques exemples de système "repensé" ?

" ... / ... la création d’une franchise de base annuelle en-deçà de laquelle la dépense de santé serait supportée par l’assuré – ou son assurance complémentaire – tandis que l’assurance maladie obligatoire couvrirait toutes les dépenses supérieures au montant de la franchise ... / ... "

Et de mettre en cause : " le caractère inéquitable et financièrement insoutenable du système de prise en charge des affections de longue durée (ALD)10, qui concerne 1/7e des assurés sociaux mais représente les deux tiers des dépenses d’assurance maladie obligatoire et près de 90 % de leur croissance annuelle "

Il faut noter dans le document de l'Institut Montaigne, quelques questions qui devraient permettre aux parlementaires de la majorité présidentielle, de se distinguer, lors de débats dans les assemblées, dans la cas où une réforme de la Sécu viendrait à l'ordre du jour.

" ... / ... quelles évolutions du partage entre régime obligatoire et régime complémentaire sont envisageables, afin de mettre un terme aux situations sous-optimales de « payeur aveugle » ? Faut-il par exemple transférer intégralement au régime complémentaire la prise en charge des soins dentaires et optiques, pour lesquels le régime obligatoire n’intervient plus que de façon marginale ? Faut-il abandonner le système des ALD au profit d’un système de gestion des « restes à charge » voire d’un « bouclier sanitaire » ville/hôpital qui serait fonction des revenus ? A défaut, comment réformer ce système pour garantir sa soutenabilité ? ... / ... " - Institut Montaigne

En gros, le débat qui vous est proposé est le suivant : Echangeriez-vous un vieux système solidaire et "peu efficace" qui coûte une fortune contre un système de plus plus individualisé bien plus économique et surtout "plus performant" ... qui ferait le bonheur durable des assureurs et banquiers ? Pour lesquels : " 4.589 milliards d'euros d'aides publiques ont été mises à disposition du secteur financier en Europe depuis octobre 2008 ... / ... "- AFP/Google Mais ça c'est un détail !

18 juin 2010

Laurence Parisot : "Travailler un peu plus réduirait le chômage" ! Pour le reste ...

"Travailler un peu plus réduirait le chômage" C'était l'une des petites phrases clés de "l'appel du 18 juin" de Laurence Parisot ce matin sur Europe1 chez Jean-Pierre Elkhabbach !

Cette variante du : "travailler plus pour gagner plus " que même l'UMP n'ose plus citer reste à l'évidence une des maximes préférés de la Présidente du MEDEF face aux millions de chômeurs et précaires !

Dans cette intervention où elle nous a expliqué que la France était "comme son équipe de football pas assez compétitive", elle a trouvé le temps de nous expliquer, non sans plaisir, sa position sur l'allongement de la durée de cotisation des salariés.

Morceaux choisis :

"Nous sommes à la limite d'une catastrophe sans nom avec le système des retraites" Tout en rappelant son opposition la plus ferme à la participation des autres revenus à l'avenir du système.


"C'est une mutation pour tout le monde ... / .... la France a le fardeau fiscal le plus lourd des pays occidentaux"

Ce qu'elle expliquait également, la veille dans un entretien publié aujourd'hui dans La Tribune

" Laurence Parisot... / ... a estimé que "l'aggravation de la fiscalité sur l'épargne" est "un mauvais signal" ... / ... estime que "l'imposition des plus-values mobilières dès le premier euro pourrait dissuader certains épargnants d'investir dans les entreprises. A propos de la taxation supplémentaire annoncée sur les stocks-options et les retraites-chapeaux. Mme Parisot a dit craindre "que nous portions atteinte à un outil - les stocks-options - extraordinairement motivant pour les meilleurs talents", et jugé qu'on "affaiblirait ainsi l'attractivité des entreprises françaises". - Source Le Figaro

Mais pour en revenir au chômage dont elle ne se sent nullement responsable, elle a évoqué, hier, rapidement la situation des plus de 50 ans, première variable d'ajustement des entreprises et surtout bannis de l'embauche en cas de perte d'emploi.

" ... / ... Pour les entreprises, la réforme sera "un bouleversement majeur", avait-elle par avance observé: "nous devons faire évoluer leurs politiques de ressources humaines et de formation" et mener "une gestion des carrières différentes, en pensant qu'à partir de 50-55 ans ce n'est pas une fin de carrière que l'on doit gérer mais une nouvelle étape". Actuellement, les salariés de plus de 50 ans sont "totalement négligés" en matière de formation continue, reconnaît-elle" - Source AP/Yahoo

Et si on parlait du DIF, le fameux : "droit individuel à la formation " ?

Outre que les salariés des TPE ne l'utilisent quasiment jamais, car nul ne peut les remplacer pendant leur absence ou parce que, l'employeur voit d'un mauvais oeil, le fait que leurs salariés puissent se former pour éventuellement ... partir ailleurs. Le DIF est devenu le moyen de financement "privilégié" pour les bilans de compétences qui ne sont en aucun cas ... des formations !

On pourrait aussi évoquer l'utilisation des fonds de la formation pour récupérer un peu des financements destinés aux organismes, comme l'expliquait Capital en 2009

" ... / ... Afin de faciliter les transferts, certaines organisations patronales ont carrément installé leurs Opca dans leurs propres immeubles, avec l’assentiment tacite des syndicats. Le Formapap, par exemple, est domicilié à la même adresse que la Confédération française de l’industrie des papiers (154, boulevard Haussmann, à Paris). Idem pour le Forthac, qui cohabite avec l’Union des industries textiles (37, rue de Neuilly, à Clichy-la-Garenne), pour l’Opca C2P, qui voisine en Rhône-Alpes avec l’Union des industries chimiques (60, avenue Jean-Mermoz, à Lyon), ou encore pour l’Opcalia d’Alsace, qui partage ses locaux avec l’antenne locale du Medef (1, quai Jacques-Sturm, à Strasbourg) ... / ... Cette proximité géographique facilite évidemment les échanges de services. En plus du partage éventuel du personnel, elle permet aux syndicats patronaux de bénéficier de temps à autre de la photocopieuse de l’Opca, de ses salles de réunion ou encore de ses lignes téléphoniques. Et elle offre parfois la possibilité de mener quelques petites affaires immobilières ... / ... "

C'est probablement pourquoi, Francis Da Costa, président de la commission éducation-formation du Medef déclarait en 2008 que : " ... / ... le Medef ne souhaitait pas que la réforme d que e la formation professionnelle aboutisse à la création de nouvelles structures : Il n’y a pas lieu de créer de nouvelles instances, mais de rendre pleinement opérationnelles celles qui existent, en veillant à un maillage renforcé entre les branches et les territoires ... / ... "

Mais, pour notre "pasionaria" du capitalisme français, le débat n'est plus là. Ses nouveaux combats sont d'ores et déjà dévoilés !

1°) L'Assurance Maladie : " ... / ... Laurence Parisot entend ainsi lancer le débat sur la réforme de l'assurance-maladie. « C'est plus compliqué que les retraites, notamment parce qu'il y a une multitude d'acteurs interdépendants, mais il faut à la fois jouer sur le financement de l'assurance-maladie et optimiser la gestion ... / ... " - Source Les Echos

Et pousser les français à avoir encore un peu plus recours aux assurances privées ?

2°) La capitalisation retraite : Bien aidée en cela, par Gérard Longuet et Hervé Novelli, qui ont publié dans Le Monde, une "ode" à la capitalisation retraite dans laquelle ils nous expliquent que cette : "' ... / ... épargne-retraite ne sera pas seulement investie en France : elle permettra aux Français, par leur investissement dans des pays émergents à forte croissance, de bénéficier du dynamisme de ces pays et de leurs performances économiques. Elle constitue aussi une façon de diversifier son patrimoine et de tirer parti des opportunités de la mondialisation ... / ... " Laurence Parisot essaye, au nom des banques et compagnies d'assurances, de capter l'épargne des français à long terme.

Elle ne s'en cache pas puisqu'elle déclarait au journal Les Echos au sujet de la possible taxation des stock options et des retraites chapeaux : "... / ... C'est un mauvais signal. Il faudrait au contraire offrir des dispositifs d'épargne retraite plus encourageants pour développer des possibilités de capitalisation pour les salariés ... / ... "

En clair, faire payer les seuls salariés en exonérant les entreprises ( et leurs dirigeants) de toute contribution au nom de la compétitivité de celles-ci !

Bien au delà des "propositions" de madame Parisot, selon un sondage récent : " un Français sur deux juge également la réforme "injuste et inefficace" et 60% sont contre le recul à 62 ans "

Si vous en faites partie, sachez qu'une intersyndicale CGT-CFDT-Unsa-FSU-Solidaires, appelle les salariés à une manifestation qu'elle souhaite "massive" le 24 juin.

C'est à vous de voir, si vous préférez faire savoir au gouvernement et sa majorité votre opposition à ce saccage ou accepter de subir les "mutations" proposées par Madame Parisot ...




13 mai 2009

Crise économique : Le boom du business du contrôle médical patronal

La crise, le chômage, la précarité, voici des mots qui semblent devenir notre quotidien et auxquels, on s'habitue par media et communications gouvernementales interposés.

Si les politiques sont devenus fébriles et montrent les limites de leurs pouvoirs face à un MEDEF maître du jeu, on se demande bien une fois le "gros" de la crise passé vers quels seront les "gisements d'emplois" vers lesquels on pourra orienter les jeunes générations et les salariés de tous âges.

Néanmoins, toute crise économique et sociale permet à certaines professions de prospérer. Aussi, les professions de sécurité et de police ou de contrôle privés en tous genres font florès et leur clientèle augmente un peu plus chaque jour.

Exemple type : Les agents privés de recherches (nouveau nom des détectives privés). Les moyens de preuve qu'ils obtiennent sont parfois pour ne pas dire souvent illicites comme on a pu le voir dans l'affaire concernant Olivier Besancenot.

Si le fond de commerce de ces flics privés était l'adultère et qu'ils se consacrent désormais la plus grande partie de leur temps à repérer les fraudes de toutes sortes, de plus en plus d'entreprises font appel à eux à des filatures de salariés destinées à connaître leur emploi du temps et activités hors du travail. En clair comme l'écrit Ouest France : "en matière d'espionnage privé, les employés indélicats ont désormais remplacé les maris volages"

Avatar d'une époque où la gestion intelligente des ressources humaines et la discussion ont été remplacés par le "flicage" ?

Les enquêteurs ou contrôleurs privés faisaient autrefois plutôt "profil bas" et se contentaient d'encaisser leur honoraires dans une semi clandestinité feutrée.

Et bien, ça c'était avant, puisque maintenant, les organismes privés de contrôle des salariés communiquent sur le Net.

Nous vous donnons ci-dessous des extraits du communiqué de presse d'un de ces opérateurs privés : la société AXMEDICA publié le 12 mai 2009 sur le site Conférence de Presse Virtuelle, entrecoupé d'explications et définitions pour mieux comprendre le phénomène.

AXEMEDICA : La contre-visite médicale employeur est une procédure en plein essor, bien qu’encore méconnue du grand public et des employeurs. La plupart des dirigeants d’entreprises pense que le contrôle d’un arrêt maladie est du ressort de la CPAM. Or, un organisme privé de contrôle médical peut également mettre en place ce type de contre-visite.

Contre-visite médicale ou plus exactement : Contrôle médical patronal. Car, le contrôle médical patronal est à ne pas confondre avec les contrôles médicaux ou administratifs que les caisses primaires sont habilitées à organiser elles-mêmes auprès de leurs assurés. La loi ajoute ainsi un degré de complexité supplémentaire à ce véritable « mille feuille » du contrôle médical de l’état de santé du salarié malade. La complexité vient du nombre et de la qualité des médecins qui ont en charge à différents titres le contrôle de l’état de santé du salarié malade : médecin traitant, médecin contrôleur patronal, médecin conseil de la sécurité sociale, et enfin médecin du travail. Source "Nouvelles règles des contrôles médicaux des arrêts de travail du salarié malade : quid en cas de divergences médicales ?"

Alors, comment devient-on médecin contrôleur ?

Exemple fournit par Synéance un autre "acteur" de ce business

- Contactez Synéance au ....... pour prendre connaissance de notre organisation.
- Nous vous transmettons une convention validée par le Conseil de l'Odre de Lyon.
- Vous nous retournez cette convention dûment signée.

- Dès qu'un contrôle est à réaliser près de votre secteur, Synéance prend contact avec vous.
- Nous vous transmettons l'ordre de mission pour le contrôle.


SOGIREC, lui est encore plus précis sur le recrutement des médecins contrôleurs

Qui peut devenir un médecin contrôleur ?
- Tout médecin (libéral ou hospitalier..)

- justifier de son inscription au Conseil de l'Ordre des Médecins.


Quelle est la législation qui encadre le contrôle médical ?

- pour le secteur privé par la loi de mensualisation n°78-49 du 19 Janvier 1978

- pour le secteur public la loi du 26 Janvier 1984 et Art. L 852 et L.859 du Code de la Santé Publique.

- Le salarié ne peut se soustraire au contrôle médical.
Réalisation du contrôle médical - Nous recevons des demandes de contre-visites médicales établies par des employeurs soucieux de vérifier si leurs salariés sont aptes le jour de votre visite à reprendre le travail.
- La contre-visite est réalisée au domicile du salarié ou au sein de votre cabinet médical suivant le choix de l’employeur.
- Vous devez examiner le dossier médical du salarié et procédez à un examen. Vous déterminer à l’instant de votre visite si l’état de santé du salarié justifie la poursuite de l’arrêt de travail.
- Vous communiquez au salarié le résultat de votre examen et transmettez à Sogirec le résultat de votre contre visite.

- Chaque fin de mois Sogirec procède au règlement de vos honoraires du mois écoulé.

Certains vont encore plus loin pour recruter. Ainsi ANC (Agence Nationale de contrôle) qui écrit avec un assez joli cynisme :

... / ... En début de carrière, les jeunes médecins commencent souvent par faire des remplacements. Il faut compter environ trois ans avant de pouvoir s'installer en libéral. Ouvrir son cabinet suppose de gros investissements : achat de matériel, constitution ou rachat d'une clientèle, frais de comptabilité et de secrétariat... C'est pourquoi devenir médecin contrôleur ANC constitue une source de revenu non négligeable mais permet également d'acquérir une expérience originale et de voir une pluralité de pathologies ... / ... Après quelques années en libéral, certains praticiens changent d'activité et se tournent vers la médecine de contrôle. Être alors partenaire ANC constitue un excellent moyen de rester dans la course sans sacrifier ses loisirs et de continuer à exercer son métier avec passion sans tenir compte alors des réalités économiques d'un cabinet médical ... / ...

Clairement, un jeune médecin, un médecin en fin de carrière et surtout, votre généraliste habituel peuvent au choix : Monter leur cabinet ou arrondir leurs fins de mois ou retraite en pratiquant cette activité qu'ANC magnifie avec ce texte destiné à décomplexer les candidats : "c'est aussi participer de manière civique à l'effort entrepris pour réduire les coûts liés à l'absentéisme frauduleux, véritable fléaux qui pénalise l'ensemble de la collectivité et participe à l'augmentation du déficit de la Sécurité Sociale"

Comment gagner plus en travaillant plus ? C'est tellement beau qu'on croit lire un extrait du serment d'hypocrate !!!

Comment se définit la mission de ces cabinets privés de chasse aux fraudeurs supposés ? texte du communiqué d'AXEMEDICA

En effet, depuis plus de 20 ans, la loi autorise les employeurs du secteur privé ou public à mandater un médecin par le biais d’organismes privés, afin de contrôler les arrêts maladie de leurs salariés, d’en vérifier le bien-fondé et d’agir ainsi sur le taux d’absentéisme au sein des structures de travail. Depuis sa création AXMEDICA, rencontre un franc succès auprès des employeurs. Le premier trimestre 2009 affiche d’ailleurs une croissance du CA atteignant près de 30 %.

Affirmation exacte puisque l'AMELI indique sur un document (La lettre d'information de la CPAM de Gironde destinée aux employeurs) de 2007

Et AXMEDICA de préciser

... / ... Fort de ce succès auprès des employeurs, AXMEDICA a sollicité début 2009 toutes les caisses primaires d’assurance maladie du territoire afin de transmettre systématiquement les rapports de contrôles effectués sur les salariés. Près de 30% des caisses ont répondu favorablement à notre démarche et acceptent de prendre en compte des rapports médicaux d’un cabinet privé.

L’absentéisme touche différemment les professions et les secteurs d’activité, mais il existerait selon les spécialistes, un taux incompressible d'absentéisme (compris entre 3,5 et 4 %).

Les chiffres suivants mettent en évidence le poids et l’impact de l’absentéisme pour les entreprises :

- 246 millions de journées ont été indemnisées pour des arrêts de travail en 2005, soit un coût de 7,2 milliards d'euros environ (pour le régime général) : 20 % de la population active a bénéficié d'un arrêt de travail (source : CNAM).

- En 2006, la France a enregistré le taux d’absentéisme au travail le plus élevé d’Europe avec un taux de 4,5 %, la moyenne européenne se situant à 4 %. La France devance notamment l'Allemagne (4,4 %), la Belgique et la péninsule ibérique (4,1 %), le Royaume-Uni (3,9 %) et l’Italie (3 %) (source : rapport du cabinet d'audit et de conseil Pricewater house Coopers).

- En 2007, le taux d’absentéisme français s’élèverait à 3,69 % (soit 13,5 jours d’absence en moyenne par salarié) (source : Baromètre de l’absentéisme en France de Alma Consulting Group).

- L’absentéisme représenterait 7 millions d'arrêts de travail environ (source : CNAM)
Cependant, près de 60% des employeurs en France admettent ne pas avoir mis en place un système de contre-visite et de gestion de l’absentéisme.

Mais que lit-on sur le blog Cadre Emploi ?

Il en va des enquêtes comme des cadres ambitieux. Certaines sont justement opportunistes. Ainsi celle que Le Figaro a publié entre les deux ponts de mai, son supplément hebdomadaire Réussir avec à sa une, une enquête sur l’absentéisme. Des études croisées en provenance de l’assureur Dexia, du cabinet PriceWaterhouseCoopers et de la Dares (Direction de l’animation, de la recherche et des statistiques) permettent de dresser le podium européen du boulot buissonnier. Et la France arrive en tête des absences avec un taux de 4,5%.

Des chiffres qui datent de 2006, mais qui permettent néanmoins d’établir quelques constats qui, selon les spécialistes, sont toujours d’actualité. En premier lieu, la plupart des arrêts maladies constatés ne seraient pas le fait de tire-au-flanc, qui, selon les études, ne seraient que 4%. Ensuite, et c’est le plus intéressant, et le plus paradoxal aussi, cette envolée serait intimement liée aux 35 heures. En raison notamment du surcroît d’activité et de pression, conséquence de la diminution du temps de travail alors que sa charge est restée inchangée.

Enfin, cette enquête permet, une fois n’est pas coutume, de faire tomber quelques préjugés sur nos voisins européens. Les Allemands, réputés bosseurs dans notre bon vieil inconscient de latins, obtiennent un score presque similaire au nôtre avec 4,4%. Et ce sont justement les italiens, latins s’il en est, qui s’en tirent le mieux, avec un petit 3% d’absentéisme.

Il est à noter qu'AXMEDICA a également prospecté avec succès, selon le texte disponible sur leur site, le MEDEF

Soucieux de l'aide que nous pouvons apporter aux entreprises, commercants, artisans et autres, AXMEDICA a rencontré le MEDEF dans le but de présenter ses offres. Suite à ce rendez -vous, AXMEDICA démarche les MEDEF territoriaux afin que les adhérents puissent bénéficier de nos offres. Une fiche d'information "générale" sur les contre-visites médicales et leur principe devrait être disponnible prochainement à tous les employeurs.

Mais, au fait, combien sont-ils a se partager ce marché et pourquoi prospèrent-ils ?

Nous avons trouvé la réponse dans une interview du magazine Capital avec, justement, Raphaël Wecker le gérant d'Axmedica Syscontrole. (interview intégrale )

Extraits :

Une dizaine d'organismes privés sont mandatés par des entreprises pour contrôler les arrêts maladies des salariés. Le phénomène prend de l'ampleur en France ...

Avec 60 visites médicales par mois et quatre arrêts de travail sur dix injustifié, la société Axmedica Syscontrole traque les salariés en congé maladie. Depuis 1978 pour le secteur privé et depuis 1986 pour le secteur public, une loi autorise les entreprises à effectuer des contrôles médicaux .

Capital.fr : Pourquoi les employeurs ne se contentent pas du contrôle médical de la Sécurité Sociale ?

Raphaël Wecker: Faute de moyens humains, il est rare, voire impossible pour la Sécurité Sociale d'agir auprès d'un grand nombre de salariés. Elle se concentre plus sur des critères qualitatifs : arrêts de plus de 40 jours et de plus de trois mois. Or, les organismes privés mandatés par les entreprises interviennent à partir d'un arrêt de travail de 48 heures.


Capital.fr : Quelles sont les entreprises qui font appel au contrôle médical patronal ?


Raphaël Wecker: Une majorité de grands comptes mais aussi de plus en plus d'artisans. Dans les très petites entreprises (de moins de dix salariés) une absence est plus remarquée et gênante. Les salariés contrôlés sont ceux qui sont coutumiers des arrêts de travail. Dans les grandes entreprises, le contrôle médical patronal est plus systématique. Même pour un arrêt de 48 heures.


Capital.fr : Comment Axmedica Syscontrole effectue ce contrôle médical patronal ?


Raphaël Wecker: Une fois informé par le salarié de son congé maladie, l'employeur se rend alors sur notre site web pour remplir en ligne sa demande de contrôle médical ou bien il télécharge un document à nous renvoyer par la poste. Dès réception de sa demande, nous dépêchons un médecin qui se trouve le plus proche su domicile du salarié. Le médecin effectue sa visite aux heures de présence légales : de 9 à 11h et de 14 à 16h. Les salariés qui sont en sortie libre sont convoqués dans un cabinet médical. ... / ...

Capital.fr : Que se passe t-il en cas d'arrêt de travail injustifié?

Raphaël Wecker: Le médecin mandaté par l'employeur n'oblige pas le salarié à reprendre son travail. Il stipule seulement que la reprise d'activité est conseillée. Si celui-ci ne suit pas l'avis du médecin, l'employeur peut suspendre ses indemnités. Une copie du rapport médical est envoyée à l'assurance maladie. Et dans certains départements (ndrl : Vaucluse, Morbihan, Somme, Eure-et-Loir, Aude, Marne), les caisses d'assurance maladie peuvent même interrompre le versement des indemnités journalières.

Capital.fr : Peut-aller contre l'avis du contrôle médical patronal ?


Raphaël Wecker: Si le contrôle médical patronal ne convient pas, le salarié peut retourner voir son médecin et demander à bénéficier d'un prolongement de son arrêt de travail. Mais l'employeur peut demander à nouveau un contrôle médical sur cette prolongation de congé maladie.


Capital.fr : Un salarié peut-il être contrôlé à la fois par son patron et par la Sécurité sociale ?


Raphaël Wecker: C'est possible. Mais à ma connaissance, cela n'est jamais arrivé. Par contre un employeur a déjà fait appel à deux organismes privés pour contrôler l'arrêt de travail d'un salarié.


Capital.fr : Quel est le pourcentage d'arrêts maladie injustifiés ?


Raphaël Wecker: En ce moment, leur nombre progresse. Près de 40% des arrêts sont injustifiés contre 30% habituellement. Il peut s'agir d'un refus de contrôle, de l'absence du salarié à son domicile pendant ses heures de présence obligatoires, de non présentation à une convocation ou bien d'un arrêt médical injustifié.


Capital.fr : Comment expliquez-vous ce boom d'arrêts maladie ces dernières années?


Raphaël Wecker: Avec cette conjoncture économique, les gens sont stressés. Moins de 10% des arrêts injustifiés concernent le stress au travail. De plus en plus d'entreprises misent sur le rendement, la productivité et le moindre coût. Ce type d'arrêt est souvent perçu comme injustifié sauf dans des cas de dépression.


Capital.fr : Est-ce un bon retour sur investissement de faire appel à un organisme privé pour vérifier la véracité d'un arrêt de travail ?


Raphaël Wecker: Un contrôle médical d'un salarié coûte 120 euros TTC en moyenne. Et cela permet de diminuer de 20% l'absentéisme dans une entreprise. L'aspect gendarme de la démarche est efficace auprès des salariés.


Nous ajouterons que le réseau d' AXIMEDICA est constitué, selon les déclarations de son dirigeant de plus de 3000 médecins contrôleurs, généralistes ou spécialistes - Source Village justice

Mais, qu'en pensent réellement les médecins ? Nous avons trouvé une réponse sur le site du Conseil national de l'ordre des médecins

L’article 103 prévoit qu’à titre expérimental, les caisses de sécurité sociale peuvent mettre en place une nouvelle procédure de contrôle des arrêts de travail permettant au service médical de demander à la caisse de suspendre le versement des indemnités journalières sur la seule base des conclusions d’un contrôle médical patronal.

Si certains garde-fous ont été fixés, comme la possibilité pour l’assuré de saisir le contrôle médical en cas de suspension de versement, cette disposition laisse perplexe compte tenu des dérives de certaines sociétés qui se sont spécialisées dans la réalisation des contre-visites patronales.

On peut également s’interroger, au plan déontologique, sur la faculté pour le médecin-conseil de l’Assurance maladie de demander à la caisse la suspension du versement des IJ sur la seule base des informations apportées par le médecin contrôleur patronal, sans examen de l’assuré, ni même de son dossier.

Il apparaît enfin anormal que lorsqu’un nouvel arrêt de travail est prescrit à la suite d’une décision de suspension des IJ, il ne produise pas effet, dans l’attente de l’avis du service médical. Cette disposition jette une suspicion inacceptable sur la justification médicale de l’arrêt de travail prescrit et remet en cause la validité d’une prescription, alors même qu’elle n’a pas fait l’objet d’un contrôle médical.


Néanmoins, la chasse est lucrative pour les organismes privés, puisque certains opérateurs donnent leurs chiffres de croissance

Avec plus de 600% de croissance de notre chiffre d'affaire en 2005, +40% en 2006, ce sont plus de 8000 clients qui nous accordent leur confiance Source 1001 commerces

A tel point que des Unions d'employeurs négocient des "avantages" pour leurs adhérents : "La contrevisite médicale - Pour luttez contre l'absentéisme abusif, l'UPE 06 vous propose un tarif négocié auprès d'un spécialiste du contrôle médical patronal" (voir document tarifaire)

Nous laisserons la conclusion au site CQFD qui situe bien les enjeux de ce juteux business

Que des boîtes comme Mediverif, Medica Europe et autre Contrôle Médical Service, spécialisées dans la lutte contre l’absentéisme, voient leur chiffre d’affaires exploser ? On s’interroge sur la probité de tels médecins-contrôleurs quand on voit qu’une boîte comme Synéance, spécialisée dans la contre-visite médicale, fait sa pub en brandissant le chiffre de 45 % d’arrêts jugés abusifs par ses médecins agréés, telle autre comme Medica Europe poussant la surenchère jusqu’à 54% ! ... / ... Mais le pire est à venir. Le projet de loi de financement de la Sécu prévoit que les contrôles effectués à la demande de l’employeur puissent faire sauter la totalité des indemnités journalières et non plus seulement la part patronale ! Vous avez bien compris : une prestation sociale versée par un service public dépendra bientôt d’un contrôle médical privé.

Quand on vous disait qu'en France il existait des créneaux porteurs, vous aviez tord ... de ne pas le croire !

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France contrôle médical
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Dalloz



16 mars 2009

Coup de pouce : Le Neurodon et sa suite

Dix mile fois moins médiatisé que le Téléthon, le Neurodon, c'était du 9 au 15 mars. Il nous semble dommage que cette cause ait été traitée à minima dans les journaux télévisés et avons pensé qu'il était normal de lui consacrer un papier pour vous faire découvrir ce qu'est le Neurodon et aller un peu plus loin que quelques jours de collecte.

Présentation par la FRC

Aujourd’hui en France, 1 personne sur 10 est confrontée à une maladie neurologique ou du système nerveux.

Le Neurodon est piloté par la FRC (Fédération pour la recherche sur le cerveau)
Depuis sa création en 2000, la spécificité de la FRC est de soutenir des programmes scientifiques qui s’intéressent à plusieurs pathologies neurologiques, et mettant à contribution différentes disciplines (par exemple associant recherche fondamentale et recherche clinique).

A ce jour, près de 200 projets pluridisciplinaires et transversaux ont pu bénéficier de ses financements. La sélection des projets s’opère dans le cadre d’appels d’offres lancés auprès de l’ensemble des unités de recherche du territoire français, dont les dossiers sont ensuite évalués et sélectionnés par un conseil scientifique, lui-même composé de chercheurs renommés.


Pour mener à bien cette mission, la FRC organise toute l’année la collecte du neurodon, dont le temps fort se situe en mars à l’occasion de la Semaine du Cerveau : diffusion de revues d’information, guides pratiques, expositions photos, rencontres publiques avec des chercheurs … le tout dans l’objectif de donner aux personnes l’envie et l’occasion d’en savoir plus sur le cerveau, mais aussi de souligner la nécessité d’encourager la recherche pour pouvoir aboutir à des traitements.

Même si la semaine est terminée, vous pouvez toujours découvrir le travail de cette association reconnue d’intérêt général (créée par cinq organisations représentant les patients atteints des principales maladies neurologiques actuelles (Alzheimer, Parkinson, sclérose en plaques, etc.)

Leur site Web est très complet et vous propose si vous le souhaitez de faire un don

Sources et Crédits : Fédération pour la recherche sur le cerveau


Slovar les Nouvelles

27 mars 2008

Sidaction 2008

Après le 1er décembre — journée mondiale de lutte contre le sida — le Sidaction est un des moments les plus importants dans ce combat contre le VIH. C’est le 28, 29 et 30 mars que se déroulera cet évènement, autour de onze chaînes de télévision et cinq radios.

Le Sidaction a été créé dans l’urgence en 1994, alors que des réponses indispensables étaient attendues rapidement. Depuis sa création, il réunit des malades, des chercheurs et des associations. Leur combat s’inscrit dans la durée et sur tous les fronts : la prévention, l’aide à tous les malades, tant en France que dans les pays en développement, et le soutien à la recherche.

Le Sidaction mobilise près de 4 500 bénévoles mobilisés durant ces trois jours sur tout le territoire français pour récolter des dons et organiser des manifestations au profit de l’association.

Le sida a tué plus de 28 millions de personnes depuis qu’il a été identifié en 1981, ce qui en fait l’une des épidémies les plus dévastatrices de l’histoire. Malgré un accès récemment amélioré aux traitements antirétroviraux et à la prise en charge dans de nombreuses régions du monde, l’épidémie du SIDA a fait 3,1 millions (d’après les plus récentes estimations) de décès en 2005, dont plus d’un demi millions d’enfants.

Le nombre total de personnes vivant avec le virus VIH a atteint son plus haut niveau. On estime que 33,2 millions de personnes vivent aujourd’hui avec le VIH dont près de 40 % de femmes. Cette épidémie, a, notamment en Afrique, des conséquences sociales et économiques alarmantes. En effet, on estime à 11,4 millions d’enfants orphelins à cause du VIH / SIDA et les parents décédés représentent un manque de main d’œuvre considérable.

Tous les renseignements sur le site Sidaction

Sources et crédits
iSubway

29 mars 2007

Voteriez-vous pour moi si j'étais séropositif ?

C’est un affiche installée à côté du bureau qui m’a fait sursauter : François BAYROU dont le portrait était barré du texte suivant : « Voteriez vous pour moi si j’étais séropositif ? » Ayant entendu parler d’un rendez-vous annulé entre des malades du VIH et le candidat centriste, je me suis demandé s’il ne s’agissait pas d’un « règlement de comptes » ?

En fin de compte, mon étonnement a été de courte de durée en me rendant sur le site Web indiqué sur l’affiche

Explications :

La campagne "Voteriez-vous pour moi si j'étais séropositif(ve) ?"

Déclinaison de la campagne de lutte contre les discriminations "c’est le sida qu’il faut exclure, pas les séropositifs » autour des élections présidentielles 2007
Contexte En novembre 2006, AIDES lançait une campagne d’envergure dévoilant Sébastien Cauet, Claire Chazal, Didier Drogba, Jean-Pierre Foucault, Johnny Hallyday, Muriel Robin et Laurent Ruquier, n’hésitant pas à mettre en jeu leur popularité pour susciter un changement de comportement face à la discrimination des personnes séropositives dans notre société.

L’idée était simple et percutante : Remettrions-nous en cause leur talent s’ils étaient séropositifs ?
Cette fois-ci la démarche est un peu différente. AIDES souhaite rebondir sur l’actualité des élections présidentielles pour impliquer les candidats et donc le futur président sur une meilleure prise en charge des personnes séropositives et plus globalement la place dans la société des malades touchés par des pathologies lourdes.

Concept
Afin d’interpeller les candidats mais également le grand public, TBWA\PARIS a mis en scène ces personnalités politiques reprenant les codes de leurs propres campagnes avec cette accroche incisive : « Voteriez-vous pour moi si j’étais séropositif(ve) ? »

Le portrait de 9 des candidats y figurent. Un de ceux-ci a toutefois retenu mon attention : car il porte un slogan différent des autres. Il s’agit de Nicolas SARKOZY barré du slogan : « Voteriez-vous pour moi même si j'en ai rien à cirer du sida ? »


La raison de ce distinguo repose, semble t-il, sur le fait qu’interpellé sur le sujet (comme tous les autres candidats) Nicolas SARKOZY n’aurait pas répondu au courrier qui lui avait été adressé par Christian SAOUT, le président de AIDES le 31 janvier 2007.

Il est même affirmé sur le site : « Nicolas Sarkozy est le seul des candidats sollicités par AIDES, principal acteur associatif de la lutte contre le sida, à n’avoir ni répondu à nos revendications ni accepté de nous rencontrer »

Surprenant me direz-vous, de la part du candidat le plus médiatique de cette campagne ?

Car, en y regardant de plus près, il existe un lien sur le site « Les réponses de Nicolas SARKOZY à nos revendications » qui pointe sur une déclaration du candidat.

Alors, à quand remonte ce texte et quel est son origine ? Le différent repose t-il sur le rendez-vous (réclamé dans la lettre) jamais accordé à Christian SAOUT ?

Au delà de cette polémique, il faut avouer que cette campagne d’AIDES frappe fort et juste.

Je laisse à chacun la découverte des témoignages et déclarations de candidats sur cette maladie qui continue à progresser quotidiennement en regrettant, une fois de plus, qu’aucun candidat en position de gagner ne propose que le budget de l’état prenne en charge le coût de la recherche médicale !!!

Car, si les experts sont nombreux à se bousculer pour nous expliquer que l’avenir de la France passe par la recherche et les technologies de pointe, on est consterné de constater que, combattre la mort ne fait toujours pas partie des challenges du futur et que, la politique de la sébile est encore la règle pour les chercheurs.

Sources

AIDES
Les clips vidéos et spots TV