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18 juin 2013

Retraites : Le Medef propose de travailler plus ... tout au long de la vie et tout au long de l'année !

Dernière ligne droite pour Laurence Parisot avant de céder son siège de présidente du Medef. En forme de cadeau souvenir aux salariés, elle propose : « d'augmenter notre quantité de travail tout au long de la vie et tout au long de l'année ». Donc, travailler plus, sans la moindre garantie d'avoir le droit, un jour, à une retraite décente.

Dans quelques jours, Laurence Parisot va pouvoir passer plus de temps dans sa maison de Saint Barth et peut être un peu mieux justifier les 22 000 euro mensuels qu'elle se versait en tant que patronne de l'IFOP, en tant que : chargée de la veille stratégique de l'IFOP, le tout pour : « une demi-journée par semaine ». Néanmoins, cela ne semble pas suffisant pour apaiser le dépit qu'elle doit ressentir à l'idée de laisser sa place, alors qu'elle espérait bien rempiler pour un nouveau mandat.

Est ce ce dépit qui l'a poussée à commenter de façon vindicative le rapport de Yannick Moreau sur les retraites qui doit servir de base de négociation aux partenaires sociaux pour la énième « réforme » des retraites ?

Laurence Parisot : « A court terme, les leviers d'action envisagés [dans le rapport Moreau] sont une fois de plus des pistes fiscales, de hausse des cotisations des employeurs et des salariés. C'est inacceptable, inenvisageable, irresponsable. C'est faire comme si personne n'avait entendu parler de la chute de la compétitivité des entreprises françaises, du décrochage de l'économie et de la régression du pouvoir d'achat des salariés ( ...) La piste de l'âge et celle de la durée de cotisation sont considérées marginalement. Notre message sera celui du travail. Nous ne sortirons des difficultés qu'à condition d'augmenter notre quantité de travail tout au long de la vie et tout au long de l'année »

Les chômeurs actuels et futurs, de tous âges apprécieront !

Néanmoins, à y regarder de plus près, on constate que notre amie Laurence mélange allègrement les torchons et les serviettes. En effet, quel est le lien entre la durée légale du travail qu'elle n'a cessé de combattre en réclamant son abrogation, la compétitivité et l'avenir des régimes de retraites ?

Réponse : aucun. Si ce n'est une crise d'hystérie ultra libérale, due probablement à la frustration de ne pas avoir réussi à imposer aux salariés français des semaines de 48H00 payées au tarif de 35, licenciables à volonté et sans recours possible et, surtout, de ne pas avoir apporté aux banques et assureurs adhérents du Medef la rente de la retraite par capitalisation.

Analysons la situation par rapport à cette boulimie d'heures de travail réclamée par madame Parisot

Les carnets de commande des entreprises sont pleins à ce point qu'il soit nécessaire de faire travailler les salariés plus et plus longtemps ?

La réponse est non !

Les entreprises française relocalisent-elles au point qu'elles manquent de salariés ?

La réponse est non !

Les salariés sont-ils responsables d'une situation où les entreprises ont préféré ignorer l'innovation ou s'installer à l'étranger pour des raisons de normes sociales inexistantes ?

La réponse est non !

Les entreprises se battent-elles pour conserver à l'effectif les salariés de plus de 55 ans pour leur savoir-faire ?

La réponse est non !

Les entreprises recrutent-elles des chômeurs de plus de 55 ans ?

La réponse est non !

Dans ces conditions, comment exiger qu'on repousse la date de départ à la retraite. Et surtout pourquoi ?

Tout d'abord, par pure idéologie libérale. Ensuite, et surtout parce que le marché français de la capitalisation retraite est marginal. Il est clair qu'en allongeant et en déplaçant sans fin l'âge de départ à la retraite, les jeunes génération finiront par être demandeuses de plan retraites capitalisation leur permettant, de partir avant d'avoir obtenu le taux plein.

Ce qui, vous diront les économistes proches du patronat, sauvera définitivement notre système de retraites, puisqu'il ne versera quasiment plus que des pensions amputées par le fait que quasiment personne ne sera susceptible de cotiser au delà de 42, 43 ou 44 ans.

Conclusion de cette théorie fumeuse : Une paupérisation des retraités qui n'auront pas pu bénéficier d'un salaire décent pour épargner correctement sur un plan de capitalisation individuel. Or, lorsque l'INSSE indiquait  que :  50% des salariés gagnent moins de 1675 euros, et que les ouvriers sont payés en moyenne 1583 euros, on prend toute la mesure du désastre à venir. D'autant qu'il n'y a aucune raison pour que le loyer, les dépenses de nourriture ou d'habillement, de transports ou de santé diminuent.

Certes mais les banques et les assureurs qui ont tous laissé des plumes dans la crise des subprimes ou la crise des dettes des états ont besoin d'argent frais investi sur le long terme. Et dans la mesure où les plans de capitalisation retraite rendraient captive l'épargne des français sur des durées de 30 à 40 ans, cela représenterait une formidable aubaine et ... de beaux bénéfices pour les actionnaires de ces fonds de pension à la française. 

Alors, madame Parisot, arrêtez de vous servir de la compétitivité et de la régression du pouvoir d'achat pour justifier l'injustifiable en matière de retraites. A cause de la mondialisation, vous savez pertinemment que les emplois ne reviendront pas, à moins bien évidemment, que les salariés français acceptent d'être payés au tarif roumain, chinois ou Bengalis. Vous savez de toute façon que l'informatisation accrue des moyens de production réclamera toujours moins de personnel. Tout comme vous savez que le tout export initié par l'Allemagne prendra fin un jour faute d'acheteurs.

Expliquez plutôt aux salariés français que l'avenir de la retraite par répartition est probablement le cadet de vos soucis et que le rêve, partagé par de nombreux dirigeants de votre organisation patronale, d'éradiquer le programme du Conseil National de la Résistance reste un des objectifs prioritaires. Là au moins, vous serez crédible !

17 décembre 2012

Les belles légendes du Medef : Travailler plus longtemps pour préserver le régime de retraite !

Laurence Parisot s'en prend à nouveau à l'âge de départ à la retraite. Alors que les 50-64 ans ne sont qu'environ 44 % à être encore dans l'emploi, Elle réclame le passage de 62 à 63 ans ! Mais cette attaque est un leurre puisque l'objectif est de rendre de plus en plus difficile le départ à la retraite de ceux qui ne pourront pas avoir recours à la capitalisation individuelle !

En termes d'âge de départ à la retraite, Laurence Parisot ne désarme pas. Après avoir hurlé de bonheur lorsque François Fillon s'était prononcé pour un départ à 67 ans et essayé d'imposer une partie de capitalisation obligatoire aux salariés, devenus caducs par la défaite de la droite à la présidentielle et aux législatives, elle remonte au créneau pour exiger que les salariés français travaillent une année de plus que l'âge légal actuel.

Quels sont ses arguments ?

Ils nous sont livrés par Reuters : " La France doit repousser au moins à 63 ans l'âge minimum de départ en retraite afin de financer les pensions, a estimé dimanche la présidente du Medef Laurence Parisot. La réforme menée sous le mandat Sarkozy qui a porté de 60 à 62 ans l'âge minimum et à 65 ans l'âge requis pour bénéficier d'une pension à taux plein quelle que soit la durée de cotisations est insuffisante (...) Nous disions déjà en 2010 qu'il faudrait au moins 63 ans, et je le redis aujourd'hui. Il faudra à nouveau repousser l'âge légal de départ à la retraite, allonger la durée de cotisations (...) Est-ce que nous, en France, on peut être les seuls à rester à 62 ans, alors que nos voisins espagnols, italiens, anglais allemands, sont suivant les cas entre 65 et 67 ans? Non, ce n'est pas possible (...) "

On rapellera pour mémoire à madame Parisot que :

En Allemagne : La réforme de 2007 fait passer l’âge d’obtention d’une pension complète de 65 ans et un mois en 2012 à 67 en 2031 (...) L’âge minimum de départ reste, lui, fixé à 63 ans - sous réserve de 35 années de cotisation. Mais de fortes décotes sont prévues pour les travailleurs qui souhaitent liquider leur pension à cet âge (...) "

Espagne : " (...) La durée de cotisation nécessaire à une retraite à taux plein est de 35 ans dans la plupart des cas (...) Les professions dites "à grand danger", comme les mineurs, les cheminots ou les marins peuvent profiter de départs anticipé dès 60 ans. L'Espagne propose également des départs à 61 ans aux salariés mutualistes, aux licenciés économiques et aux chômeurs de longue durée qui peuvent faire valoir 30 ans de cotisation (...) En juillet 2011, le Parlement espagnol a adopté une loi qui définit l'âge de la retraite à 65 ans. Si le salarié a cotisé 35 ans, il pourra toucher sa retraite à 100% (...) "

Italie : " Les Italiens doivent désormais verser entre 40 et 42 annuités pour les hommes et 41 pour les femmes avant de partir en retraite. A partir de 2018, hommes et les femmes partiront en retraite à 66 ans. Cet âge légal sera, par la suite retardé en fonction de l'évolution de l'espérance de vie "

Royaume-Uni : (...) Depuis 2007, Il faut seulement trente ans de cotisation pour bénéficier de la (minuscule) retraite d'État de base (116 euros par semaine). Mais, avec la réforme engagée, à savoir un départ à 68 ans à l'horizon 2046, une pension à taux plein nécessitera, de fait, quarante-quatre ans de cotisation pour les hommes et trente-neuf pour les femmes. Actuellement, les retraites anticipées sont monnaie courante : depuis 2006, un salarié peut liquider sa retraite complémentaire (seconde pension d'Etat ou fonds de pension privé) dès 50 ans, c'est-à-dire avant même de pouvoir percevoir sa retraite de base. - Source : Myeurop

Donc, à part l'italie dont les durées de cotisation se rapprochent des nôtres, la démonstration de Laurence Parisot est comme à l'habitude tronquée !

On rappellera également à la patronne du Medef qu'en France : " Les seniors voient leur taux de chômage augmenter, comme d’habitude, plus que la moyenne,  de 1,9 % en un mois, de 17,6% en un an (pour la France métropolitaine, catégorie A) " écrivait Michel Abhervé le 27 novembre dernier. Par ailleurs : " (...) Fin août 2012, le nombre de demandeurs d'emploi seniors (autrement dit, âgés de 50 ans et plus) s'élevait à 946 300 chômeurs seniors pour les catégories A, B, C (...) "  indiquait l'association Grenadine

Ce qui signifie que reporter d'un an l'âge légal de la retraite ne ferait qu'allonger la file des chômeurs seniors à Pôle Emploi.

Mais revenons en au système britannique, cité par Laurence Parisot, et qui nous le pensons, est un modèle absolu en ce qui la concerne. En effet, un système de retraite qui assure moins de 500 € par mois pousse la totalité des salariés à souscrire un plan privé de retraite. Et c'est d'ailleurs le but. 

Ce qui fait qu'un salarié bien rémunéré peut se constituer une épargne retraite individuelle sur 20 à 30 ans et prendre sa retraite à partir de 50 ans sans tenir compte du minimum retraite assuré par l'état. Pour ceux dont les revenus sont faibles ou aléatoires, il faut trimer longtemps pour que le cumul de la pension d'état et de sa pension privée permette de survivre. A condition, bien entendu que les placements des fonds de pensions donnent d'excellents résultats. Faute de quoi ...

Ne nous y trompons pas, l'avenir du système de retraite français est bien la dernière préoccupation de madame Parisot. Son combat est tout autre, puisqu'il consiste à rendre l'accès à la retraite le plus difficile possible pour que les salariés acceptent de cotiser individuellement à des fonds de pension ou d'investissements comme en Grande Bretagne ou aux Etats-Unis. 

Pour quelle raison ?

Tout simplement, comme nous l'avons expliqué à de nombreuses reprises parce que la Fédération française des sociétés d'assurances dirigée par Bernard Spitz et la Fédération Bancaire Française dirigée par Ariane Obolensky sont tous deux adhérents au Medef et lorgnent avec insistance sur le magot que représenterait la mise en place de fonds pensions à la française. Ajoutons à cela que madame Parisot est administrateur de la BNP.

En fait, les coups de boutoirs successifs du Medef contre le système social français n'ont qu'un but : Assurer une rente aux établissements bancaires et aux compagnies d'assurances. Pour la grande majorité des salariés dont le salaire moyen n'atteint pas 2000 € par mois, ce serait tout simplement catastrophique. Car, au delà de leur capacité à épargner pour se constituer une retraite, ils seraient livrés pieds et poings liés aux performances des marchés financiers pendant de très longues durées sans le moindre engagement de performances.

Pas certain que ça permette aux français de disposer d'une retraite, mais certain que dans certains milieux patronaux on doit allumer tous les jours des cierges pour que le miracle de la rente se produise un de ces jours. Si ça vous tente ....


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13 juin 2012

Les recettes de l'OCDE pour les retraites : Partir à 70 ans et cotiser à une pension privée !

L'OCDE vient de publier un rapport sur l'avenir des retraites dans lequel elle distribue des bons et mauvais points aux pays en fonction de l'âge départ. Elle propose aussi d'avoir recours aux pensions privées pour : « stimuler la croissance » !




Connaissez vous le slogan de l'OCDE ? hé bien c'est : « Des politiques meilleures pour une vie meilleure » Elle l'explique sur son site de la façon suivante : « (...) promouvoir les politiques qui amélioreront le bien-être économique et social partout dans le monde (...) Nous comparons la façon dont les systèmes éducatifs préparent les jeunes à la vie moderne et la façon dont les systèmes de retraite protègeront les citoyens plus âgés (...) »

C'est justement donc au nom de la protection des systèmes de retraites que l'OCDE vient de publier son dernier rapport. Que dit-il ?

« L’espérance de vie continuant d’augmenter partout dans le monde, les gouvernements devront graduellement augmenter l’âge de départ à la retraite pour que leurs systèmes nationaux de pension soient à la fois financièrement viables et adaptés (...) »

Et le Secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurría de donner selon lui une des solution clés du problème : « Il faut agir avec vigueur. Faire tomber les obstacles à la poursuite d’activité au-delà de l’âge habituel d’accès à la retraite sera indispensable pour garantir à nos enfants et à nos petits enfants le bénéfice d’une retraite adéquate au terme de leur vie active »

Il est clair que Angel Gurria ne lit pas les rapports de l'OIT. C'est dommage car il aurait appris que dans le monde, de 196 millions en 2011, le nombre de chômeurs passera en 2012 à environ 202 millions et que l'OIT table pour 2013 sur le chiffre de 207 millions.

Et le Directeur de l'Institut international d'études sociales de l'OIT, Raymond Torres d'ajouter : « (...) il est peu probable que l'économie mondiale croisse à un rythme suffisant ces deux prochaines années pour, simultanément, combler le déficit d'emplois actuel et fournir du travail à plus de 80 millions de personnes qui devraient arriver sur le marché du travail au cours de la même période (...) »

Donc des chômeurs de tous les âges qui cotisent peu ou pas et dont, en ce qui concerne les plus âgés on ne veut plus dans les entreprises ! 

Mais l'OCDE n'en a cure puisque l'objet de son rapport est ailleurs. Son plaidoyer pour le report de l'âge de la retraite idéal qu'elle préconise de : « lier formellement l’âge de la retraite à l’espérance de vie » n'est en fait qu'un alibi pour promouvoir ... les pensions privées !

Ce qu'elle explique clairement : « Quoique ces réformes puissent parfois être impopulaires et douloureuses, elles peuvent aussi (...) contribuer à stimuler une croissance bien nécessaire dans des économies vieillissantes »

De quelle façon ?

« (...) Les personnes qui commencent de travailler aujourd’hui peuvent compter percevoir une pension nette de régime public d’environ la moitié de leurs revenus nets, en moyenne, dans les pays de l’OCDE, si elles prennent leur retraite après une carrière pleine, à l’âge officiel du départ à la retraite. Mais, dans pratiquement les 13 pays qui ont rendu les pensions privées obligatoires, les retraités peuvent espérer percevoir une pension représentant environ 60 % de leurs revenus (...) »

Et pour ceux qui feraient remarquer qu'il est assez gonflé de proposer ce système en pleine crise de l'Euro et d'incertitude économique généralisée, l'OCDE suggère l'idée suivante : « (...) Pour renforcer la confiance dans les pensions privées, les gouvernements devraient aussi améliorer la supervision des fonds pour garantir que les frais ne sont pas trop élevés et minimiser les risques (...) » En résumé, YAKA !

Certains feront remarquer que la démonstration de l'OCDE est en tous points identique à ce qu'a proposé à plusieurs reprises, Laurence Parisot la patronne du Medef, à laquelle ... la Fédération Bancaire Française (FBF) est adhérente. Mais c'est probablement un hasard, puisque l'OCDE affirme ne dépendre pour son fonctionnement que des pays membres. Ce qui n'exclue pas que lesdits gouvernements, tout comme les économistes de l'OCDE, peuvent être sensibles aux arguments du lobby bancaire international  ...

Au fait, pour ceux que la question titillerait : Quel est le régime de retraite des salariés de l'OCDE ? on peut en trouver réponse dans la rubrique Salaires et avantages de son site.

Outre qu'on apprend que : « Les émoluments bénéficient de l'exonération fiscale dans la plupart des pays membres de l'Organisation, y compris en France (...) » et que : « L'OCDE a un excellent système d'assurance médicale et sociale (...) »

Il faut savoir que : « (...) les agents peuvent prétendre dès 63 ans, et après au moins 10 ans de service, à une pension s'élevant à 2 % de leur dernier traitement de base par année de service, jusqu'à un montant maximum de 70 % après 35 ans de service. Une pension réduite peut être payée aux agents prenant leur retraite, dès l'âge de 51 ans (...) » Sachant que les émoluments sont assez éloigné du montant du SMIC français, c'est assez confortable !

Mais, nous ne doutons pas une seconde que l'OCDE après la publication de son rapport ne va pas manquer d'appliquer à titre d'exemple, dans les mois qui viennent, ses recommandations à l'ensemble de son personnel ...


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24 mai 2010

Hervé Novelli : Sur les retraites, le MEDEF m'a dit ....

"Hervé Novelli, secrétaire d’Etat au Commerce, s’apprête à publier une tribune potentiellement explosive sur les retraites. Dans le droit fil du Medef de Laurence Parisot, il préconise que la piste des plans d’épargne retraite privés ne soit pas négligée" Nous apprend Libération

Nul n'ignore le credo ultra libéral d'Hervé Novelli le Secrétaire d’Etat chargé du Commerce, de l’Artisanat, des Petites et Moyennes Entreprises, du Tourisme, des Services et de la Consommation et sa constante proximité avec le patronat !

Cette proximité nous ayant d'ailleurs coûté plusieurs millions d'Euro en baisse de la TVA sur la restauration. Celle ci, prévue initialement pour faire baisser les prix s'est petit à petit transformée en une : "baisse des prix modique et des embauches timides" Source Metro France

Mais, cela fait longtemps qu'aux côtés de ses amis Madelin et Longuet, il essaye de mettre en place les idées défendues par les tenants du laisser faire économique. Ce faisant, il n'oublie jamais de s'entourer de précieux collaborateurs.

En effet, il y a quelques mois, il missionnait Brigitte Longuet l'épouse de Gérard, pour la rédaction d'un rapport sur la redynamisation des professions libérales.

Le Figaro souhaitait tout de suite nous oter un doute en écrivant : "Ce n'est pas parce que son époux, Gérard Longuet, sénateur et ancien ministre, est un vieux compagnon de route d'Hervé Novelli, ou que sa fille Aurore orchestre les relations presse du ministre, qu'elle s'est vu confier par ce dernier, à l'automne, une mission (non rémunérée) sur la redynamisation des professions libérales… Mais parce qu'elle en avait la légitimité ... / ... "

En clair, parce qu'elle le valent bien !

Il faut dire, que comme on peut le lire sur la page Facebook d'Hervé Novelli il avait été en 1997 : "Chargé d’une mission interministérielle sur la création d’emplois dans les PME par messieurs Longuet et Madelin, Hervé Novelli rédigera un rapport sur le développement économique local et l’emploi au sein des PME" ce qui explique et justifie probablement ces retours d'ascenseur ... social

C'est probablement au titre de compétences particulières que le 11mai dernier, dans une indifférence quasi générale qu'on apprenait que : Michel Guilbaud le directeur de cabinet d'Hervé Novelli au secrétariat d'Etat aux PME était nommé directeur général du Medef. Celui-ci succédait à Jean-Charles Simon, qui avait claqué la porte en janvier, jugeant qu'il ne pouvait «plus travailler convenablement».

Pour le recrutement de son remplaçant : " Laurence Parisot, avait indiqué que l'organisation patronale recherchait un profil de haut-fonctionnaire passé par les cabinets ministériels mais ayant une expérience de l'entreprise " - Source Les Echos

Expérience dont nous vous laissons juger, puisque Michel Guibaud, a entre autre pantouflé chez OSEO comme directeur général délégué et comme le précisent Les Echos : "avait auparavant occupé diverses fonctions au ministère de l'Industrie, et, pendant deux ans au début de sa carrière, chez Elf et EDF"

Ce qui fait que notre Secrétaire d'Etat vient d'opérer une liaison directe entre le MEDEF et le Gouvernement ... pour apparement le plus grand profit des idées du MEDEF !

Bien que le 18 mai dernier sur France24, il se contentait de répéter le discours mis au point par les communicants de l'Elysée : " ... / ... la concertation engagée par Eric Woerth se déroule bien. Tout le monde y assiste, tout le monde propose un certain nombre de choses. Donc il y a cette concertation qui s'est engagée. Vous connaissez le calendrier. C'est un calendrier qui laisse la place à la concertation, qui laisse la place au débat au Parlement puisque le texte d'Eric Woerth sera proposé vers la mi-juin au Conseil des ministres .. /... "

il glissait négligemment : " ... / ... il faut aussi regarder comment on pourrait améliorer les mécanismes d'épargne salariale parce qu'il y a un dernier point qui n'est pas souvent abordé, c'est celui de se constituer un capital ou une rente pour sa retraite. Tous les autres pays le font. Nous avons commencé de le faire. Il faudrait peut-être regarder aussi de ce côté-là"

et lorsque la journaliste lui faisait remarquer que : " La retraite par capitalisation. Mais ça peut être dangereux" il répondait sereinement : "L'épargne retraite qui existe aujourd'hui en France, qui n'est pas assez développée." - Source France24

Résultat du transfert de son directeur de Cabinet ou lobbying bien relayé du MEDEF oblige, comme nous en informe Libération : " Hervé Novelli, secrétaire d’Etat au Commerce, s’apprête à publier une tribune potentiellement explosive sur les retraites. Dans le droit fil du Medef de Laurence Parisot, il préconise que la piste des plans d’épargne retraite privés ne soit pas négligée"

Ce qui signifie qu'un Ministre de la République a décidé de s'impliquer directement pour donner satisfaction au entrepreneurs banquiers et assureurs ! Après tout, n'est-il pas, avant tout, comme il le revendique, un : "chef d'entreprise passé en politique " !

Dans sa biographie publiée sur son site, le ministre écrit : Hervé Novelli oriente une grande partie de son action politique sur développement et la simplification de l’environnement des entrepreneurs "

Ce développement qui aurait l'avantage de permettre aux entreprises du CAC40 de récupérer une partie des salaires, versés à leur employés, pour les diriger ...vers des fonds de pension où ils feraient la loi !

Décidément, la réforme du capitalisme est en marche ... pour quelques uns ...




19 mai 2010

Retraites : Le MEDEF propose de rendre "obligatoire" la capitalisation individuelle !

Le MEDEF propose de rendre "très incitatif, voire obligatoire" une part de capitalisation dans la retraite des salariés français. Ecrit La Tribune

Ce n'est pas vraiment une surprise, puisqu'hier, nous vous faisions part de l'opportun sondage commandé par par le "Cercle des épargnants" qui affirmait que les français étaient "majoritairement d'accord" pour introduire un pilier de capitalisation individuelle pour sauver leur système de retraite.

Extrait : "... / ... Concernant le financement, les deux tiers (66 %) estiment que "le risque de faillite du système est réel dans les années à venir" et surtout : " ... / ... 53 % des Français déclarent épargner pour financer leur retraite. ... / ... Parmi les Français qui n’épargnent pas en vue de la retraite, 56 % souhaiteraient le faire contre 60 % en 2009 " .../ ... "

Alors, après avoir semé la "panique" chez les salariés, il est maintenant nécessaire de leur vanter la formidable opportunité de ces futurs fonds de pension à la Française !

En mai 2008 nous écrivions, dans un article publié sur Bellaciao : "... / ... La programmation de l’allongement de la durée de cotisation va pousser un certain nombre de cotisants à se poser des questions … que les assureurs souhaitent les voir se poser.

... / ... Que va t-il alors se passer pour un salarié sans emploi de 57 ou 58 ans qui devrait attendre d’avoir 65, 66 ou 67 ans pour faire valoir ses droits ?


Et bien, s’il a eu les moyens ou l’opportunité de constituer une épargne retraite personnelle ou par son entreprise, il pourrait décider de faire l’impasse sur les dernières années de cotisation et compléter sa minoration de pension par l’épargne retraite capitalisée
... / ... "

Ce qui dans ce cas, arrangerait le gouvernement qui pourrait s'en emparer pour justifier un gel des pensions et ... permettrait aux établissements financiers de récupérer, une partie de l'épargne de précaution des français, qui refusent de placer leur argent en bourse !

C'est justement cette épargne que ciblait le sondage du "Cercle des Epargnants" Plus vive que l'éclair, Laurence Parisot s'est ruée sur les micros pour "hurler sa douleur" rien qu'à l'idée que le gouvernement puisse : "toucher à l'épargne longue" affirmant que ce : " sera désastreux pour l'économie" et de proposer : " l'émergence d'un « mix » entre retraite par répartition et retraite par capitalisation"

En clair, Laurence Parisot si bouleversée par l'idée d'une "attaque" sur l'épargne longue, suggère d'y a jouter une nouvelle forme d'épargne beaucoup plus longue : La capitalisation retraite

" Nous devons aujourd'hui nous demander comment mettre en place, en plus de ce que nous pourrions garder du système par répartition, un nouveau dispositif très incitatif, voire obligatoire, de système par capitalisation », a défendu Laurence Parisot hier. Lundi, en conseil exécutif du Medef, « beaucoup estimaient que c'était probablement la seule voie, pas simplement raisonnable, mais réaliste », a-t-elle poursuivi, allant ainsi un cran plus loin que lors de ses précédentes déclarations "

Et d'ajouter : "De nombreuses pistes sont sur la table : produits nouveaux, durée de détention de l'intéressement et de la participation, abondement supplémentaire des employeurs, simplification des dispositifs pour les PME, sortie en rente ou en capital, sécurisation fiscale des dispositifs… Citant les exemples du Chili, de la Suède ou de l'Allemagne, Laurence Parisot a vanté les « vertus » de la capitalisation, qui « crée des richesses et n'en ponctionne pas », estimant que, « sur le long terme, l'évolution des marchés est toujours gagnante "

Et bien parlons en du Chili où ce système à été mis en place par le "sémillant" Augusto Pinochet !

Le Monde Diplomatique nous expliquait la situation des retraités en décembre 2008

" ... / ... En apparence, le Chili réunissait les conditions optimales pour faire la preuve de la supériorité de la capitalisation. Pourtant, les Chiliens réalisent aujourd’hui que les AFP ne sont pas en mesure de tenir leurs promesses.

Des millions d’entre eux percevront au moment de leur départ en retraite des sommes infimes (de 8 à 16 euros par mois), quand le salaire minimum est de 135 000 pesos (156 euros).


Que s’est-il donc passé ?

Depuis 1981, à l’exception des 3,8 % de Chiliens qui parvinrent à conserver leur ancien régime par répartition (parmi eux, les militaires et les policiers) et des 3,5 % cotisant à la caisse des indépendants, l’ensemble de la population active est obligatoirement affiliée à un régime par capitalisation. Cependant, le marché de l’emploi est devenu si précaire que seuls 11 % des salariés parviennent à effectuer des versements sur une base mensuelle.

Les statistiques communiquées par les AFP elles-mêmes démontrent qu’en moyenne les deux tiers des assurés ont cotisé moins d’un mois sur deux ; la moitié, moins d’un mois sur trois ; et un tiers, moins d’un mois sur cinq.


Dans les mégapoles des pays émergents, la frontière entre secteurs d’activité formels et informels est de plus en plus floue. Des millions de travailleurs alternent contrats de courte durée et périodes de chômage ou de travail indépendant, en attendant un emploi plus stable. ... / ... Dans un tel contexte économique et social, un système prévisionnel reposant sur l’hypothèse d’une manne générée par les intérêts capitalisés de l’épargne salariale ne pouvait se maintenir.


Après avoir entendu les critiques et recueilli les propositions émanant entre autres de l’opposition de gauche, la présidente Michelle Bachelet décidait, au début de 2008, d’instaurer un « filet de sécurité » garanti par l’Etat : une allocation publique de solidarité d’un montant de 120 euros par mois, équivalant à 60 % des revenus salariaux les plus modestes, et un complément alloué aux bénéficiaires des AFP recevant des prestations inférieures à 315 euros ... / ... "


Conséquence, au Chili, l'application de la capitalisation " laisse sans revenu les deux tiers des retraités ... / ... "

L’économiste Philippe CREVEL que nous citions hier, nous rappelait que la France a connu la capitalisation retraite. Il en parlait en ces termes : " La faillite de rentiers durant la crise des années trente et la suspicion à l’encontre du capitalisme à la fin de la seconde guerre mondiale créaient un climat favorable à la répartition … / … " tiens donc !

Les fonds de capitalisation retraite nous expliquent leurs thuriféraires seront stables et participerons à l’activité économique du pays.

Comment peut on affirmer ceci, alors que les pays de la zone Euro, n'arrivent pas à lutter contre la spéculation et prouvent leur incapacité à "réformer" le capitalisme !

Qui nous prouve que la situation décrite récemment par l'OCDE ne se reproduira pas ? : "... / ... En raison de la forte baisse des Bourses en 2008, "les fonds de pension ont vu la valeur de leurs investissements reculer de 23% en 2008, soit de quelque 5.400 milliards USD au total dans les pays de l’OCDE" - Source CGT Cognac

De quelle façon seront gérés ces fonds ?

En effet, il est assez illusoire de penser que l'attitude de leurs gestionnaires sera orientée vers l'éthique ou le bon fonctionnement de l'économie de proximité. Car, ne l'oublions pas, lorsqu'il faut servir des pensions sur une longue durée, les rendements doivent être élevés ! Et croyez bien que ce n'est pas avec des placements dans les PME ou le micro crédit qu'on va chercher des rendements à 2 chiffres !

Certains rappelleront à Madame Parisot que l'épargne retraite par capitalisation existe déjà en France (voir ci-dessous) !

Oui, mais elle est exclusivement basée sur le volontariat et se situe bien loin de ce représenterait le pactole d'une obligation de cotisation privé ... que les banquiers et les assureurs se feraient un plaisir de gérer !

Il va s'en dire que ceux qui feraient remarquer que Laurence Parisot est administratrice de la BNP, qu' Ariane Obolenski, membre du bureau du conseil exécutif du MEDEF est également directrice générale de la Fédération Bancaire Française, elle même adhérente au MEDEF et que le "gentil" Xavier Bertrand qui déclarait il y a quelques heures :

" Le mot «capitalisation» fait sursauter, mais chez nous, il n'y a pas un système de fonds de pensions à l'anglo-saxonne. L'épargne-retraite existe en France depuis longtemps. Elle s'appelle l'assurance-vie. Le problème, c'est qu'elle n'est pas forcément affectée à la retraite.... / ... On ne doit pas avoir peur d'aborder la question de l'épargne-retraite à l'occasion de cette réforme" ... est assureur de métier, font fausse route !

Car, comme l'affirme Laurence Parisot qu'on peut lire dans La Tribune : " c'est quelque chose d'extraordinairement efficace et rassurant " ...

18 mai 2010

Retraites : Comment les assureurs "préparent" les français aux fonds de pensions !

Même si les assureurs assument depuis très longtemps leurs actions de lobbying, il en est qui paraissent plus insidieuses que d'autres.

Ainsi ce matin on peut prendre connaissance d'un sondage commandé par le "Cercle des épargnants" concernant : "Les Français et la Retraite"

Ce sondage affirme, entre autre, que : "... / ... Concernant le financement, les deux tiers (66 %) estiment que "le risque de faillite du système est réel dans les années à venir" et surtout : " ... / ... 53 % des Français déclarent épargner pour financer leur retraite. ... / ... Parmi les Français qui n’épargnent pas en vue de la retraite, 56 % souhaiteraient le faire contre 60 % en 2009 "

En clair : Les français seraient prêts à accepter le principe d'un pilier de capitalisation pour s"assurer une retraite convenable !

Et même s'il ne faut pas oublier que la capitalisation individuelle est liée à la capacité d'épargne de chacun et permet essentiellement aux plus aisés de ne pas se soucier de la minoration de sa retraite en cas de départ avant d'avoir le total de ses annuités. Il est vrai que le catastrophisme dont font part gouvernement et économistes, ces dernières semaines, donne à penser qu'il va falloir épargner individuellement.

Et dans la mesure où le Président de la République refuse toute augmentation des cotisations ou impôts ... On commence à rêver tout éveillé chez les assureurs !

C'est justement le moment que vient de choisir "Le cercle des Epargnants" pour sortir son sondage : "Les Français et la Retraite (CSA-CECOP)" Avec Generali, le Cercle des Epargnants a présenté sa huitième étude, les Français et la Retraite"réalisée par CSA et le CECOP dans le cadre d’une conférence de presse le 18 mai 2010"

Que dit ce sondage, repris par Le Monde

" ... / ... D'après cette enquête, 54 % des Français pensent qu'il faudra, "d'ici une dizaine d'années", reculer l'âge légal de la retraite de 60 à 65 ans, 43 % y étant hostiles et 3 % ne se prononçant pas ... / ... Concernant le financement, les deux tiers (66 %) estiment que "le risque de faillite du système est réel dans les années à venir", alors que 28 % trouvent qu'on "exagère les difficultés" (6 % ne se prononcent pas). Sur le plan des mesures à prendre, le recul de l'âge légal de la retraite de 60 à 62, ans sauf pour les métiers pénibles, est jugé nécessaire par 64 % des personnes interrogées (contre 34 %).

57% se résignent à l'allongement de 41 ans à 43 ans et demi de la durée des cotisations (contre 41 %). Une augmentation des cotisations patronales et salariales n'est jugée nécessaire que par une petite majorité (50 % contre 43 %) ... / ... "

Mais au fait, qui est : "Le Cercle des Epargnants" ?

L'association est domiciliée 11, boulevard Haussmann 75009 Paris au beau milieu du "quartier des assureurs"

" Le Cercle des Epargnants, issu de l’Association Générale pour l’Assurance et la Prévoyance (AGAP) créée en 1950, est présidé par Jean-Pierre Gaillard, journaliste économique à LCI et à France Info. Le Cercle des Épargnants supervise plus de 210 contrats de groupe (essentiellement des contrats Madelin) et cinq plans d’épargne retraite populaire. A ce titre, le Cercle est enregistré auprès de l’Autorité de Contrôle des Assurances et des Mutuelles comme Groupement d’Épargne Retraite Populaire. Elle assure des fonctions de contrôle et d’information auprès de tous ses adhérents ... / ... " peut-on lire sur leur site

Jean-Pierre Gaillard ? Mais si, vous savez, celui que Libération décrivait comme celui qui : " scande comme un métronome les cotations, sur les ondes et les écrans" et son célèbre : " En direct de la Bourse de Paris" qui eu un temps sa marionnette au Guignols de l'Info de Canal+

Il est à noter que le site du "Cercle des Epargnants" est également accessible par l'adresse "alias" : http://www.agirpourmaretraite.com/ dont il est propriétaire du nom de domaine. Et que "Agir pour ma retraite" est également le nom d'une "Lettre" et d'un blog édités par Philippe Crevel, le Secrétaire général du même "Cercle des Epargnants"

Il est d'ailleurs amusant de noter que Philippe Crevel, sur son site, indique habiter : 7, Bd HAUSSMANN 75009 PARIS. Adresse qui correspond à celle de la compagnie d'assurances GENERALI : "dont le siège social est situé au 7/9 Bd Haussmann 75009 Paris" comme l'indiquent les mentions légales de leur site

Sur le Blog "Agir pour ma retraite", on peut lire un copier/coller d'un article du Figaro du lundi 10 mai 2010, sous le titre suivant : " Xavier Betrand ne condamne pas la capitalisation "

"Le mot «capitalisation» fait sursauter, mais chez nous, il n'y a pas un système de fonds de pensions à l'anglo-saxonne. L'épargne-retraite existe en France depuis longtemps. Elle s'appelle l'assurance-vie. Le problème, c'est qu'elle n'est pas forcément affectée à la retraite. Les produits peuvent-ils être plus simples et plus attractifs ? Je le crois. On ne doit pas avoir peur d'aborder la question de l'épargne-retraite à l'occasion de cette réforme"

Et découvrir un lien vers la lettre "Génération Responsable" éditée par le "Cercle des Epargnants" (mai 2010) et dont l'édito est signé Philippe Crevel, le texte suivant (en page 2) :

"Halte à la désinformation" : Il est fréquemment écrit et dit que les bénéficiaires de retraite par capitalisation ont été les principales victimes de la chute des cours des actions et heureusement que la France a maintenu son régime par répartition. Or, c’est oublier un peu vite que les gestionnaires de pensions par capitalisation sécurisent progressivement, en fonction de l’âge des bénéficiaires, l’actif en privilégiant les valeurs obligataires et monétaires. En outre, sans la garantie de l’Etat avec plus de 10 milliards d’euros de déficits, les régimes par répartition ne pourraient pas verser les pensions calculées au moment de la liquidation. Preuve que la répartition n’est pas à l’abri, le plan de rigueur de la Grèce ne prévoit-il pas un report de l’âge légal et une diminution de certaines retraites ?

Si ça ne s'appelle pas de la propagande pour la capitalisation et les fonds de pension, que les assureurs sont tout prêts à mettre ne place, nous voyons pas comment ça s'appelle !

Au fait, il faut savoir que Philippe Crevel du "Cercle des Epargnants, a : " ... / ... publié, en février 2009, un guide sur la retraite chez Solar qui présente tout à la fois les grands enjeux auxquels est confronté notre système d’assurance-vieillesse et qui comporte des solutions pratiques pour améliorer le montant de sa pension"

Et : "Depuis 2007, est conseiller auprès de la direction générale de Generali et " représentant de Generali au sein de la Commission "développement durable" de l’Association Française de l’Assurance (AFA) " CV de Philippe Crevel

Mais, il n'y aura probablement que des "malfaisants " et les spécialistes de la "théorie du complot" pour penser qu'un sondage commandé par une association "faux nez" d'un assureur ne soit pas impartial ...


Crédit illustration
Stoon




04 juin 2009

L'avenir des retraites en France vu par ... l'Institut Montaigne

Bien que le capitalisme et le libéralisme économique soient dans la plus mauvaise passe de leur histoire et que les dirigeants des pays laudateurs de ces système soient en train de vanter le modèle social français (qui sert actuellement d'amortisseur à la crise financière et économique, dixit le Premier Ministre).

Il existe toujours en France un petit village d'irréductibles qui pense, contre vents et marrées, qu'il faut continuer à privatiser à tour de bras et que la notion de solidarité, notamment dans les domaines de la santé et de la retraite, est dépassée et qu'il faut tout remettre tout en question.

Ces irréductibles continuent à porter, qui qu'il arrive, un message : Le système économique actuel est le meilleur et ne doit pas céder un pouce de terrain. La crise financière n'est pour eux qu'un simple avatar et la crise économique permettra de faire disparaître du marché les entreprises qui ne sont pas assez fortes ou ne pourront s'adapter.

Afin de permettre au système de perdurer, malgré les "monstruosités" qu'il a généré, il n'existe qu'une seule variable d'ajustement : Les hommes

Attention, pas tous les hommes. Non, uniquement ceux qui existent par leur force de travail : Les salariés.

Les salariés vous avez du le remarquer, sont toujours, la première variable d'ajustement. Que l'entreprise ait fait de mauvais choix : financiers, technologiques ou commerciaux ce sont eux qui sont montrés du doigt (salaires, avantages sociaux, congés) et payent les premiers.

Dans un premier temps, on licencie pour préserver l'emploi de ceux qui restent, puis on ferme ou on délocalise pour préserver ... l'outil de travail.

Autre problème de nos irréductibles : Les cotisations retraites des salariés français qui échappent aux entreprises financières. Et oui, en France, la capitalisation est facultative puisque le régime est basé sur la répartition (solidarité inter générationnelle)

L'un des membres les important du fameux"village d'irréductibles" se nomme : L'Institut Montaigne

Peu connue de la majorité des français, l'Institut Montaigne est un "Think tank" libéral dirigé par Claude BEBEAR.

Ce nom vous dit quelque chose ?

Mais oui, le fondateur du Groupe AXA et depuis peu le Président de la commission des sages AFEP-MEDEF qui doit vérifier si les rémunérations des patrons sont conformes à l'éthique ... du patronat.

Claude BEBEAR dont les revenus et le patrimoine (rendus publics) sont les suivants :

- sa retraite annuelle AXA s’élève à 438 000 € (2008),
- ses jetons de présence Mutuelles AXA, BNP-Paribas, Schneider et Vivendi représentent 360 000 € (2008),
- son patrimoine s’élève à 106 millions d’euros (déclaration ISF 2007),
Par ailleurs, il détient 3 340 000 stocks options AXA dont la plus-value potentielle au cours d’aujourd’hui (13 €) est de 660 000 €. Source Blog Le Monde

ça y est, ça vous revient ? Mais oui, c'est lui qu'on surnomme le "parrain du capitalisme français" !!!

Pour en revenir à l'Institut Montaigne, lisons leur présentation sur leur site

Influencer utilement le débat public en apportant des idées pragmatiques et originales

Le débat public étant souvent le monopole des partis politiques et de l'administration, nous voulons donner la parole à des acteurs de la société civile venus de divers horizons et qui cherchent à s'affranchir des schémas de pensée préexistants. Ils formulent leurs propositions en toute indépendance en s'appuyant sur leur recherche personnelle, mais aussi en s'inspirant d'exemples étrangers pertinents.

Aider à la définition des politiques publiques dans le but d'améliorer l'environnement économique et social français

En aval de la phase de recherche, nous faisons une promotion active des résultats de nos travaux en cherchant à faire endosser par les décideurs publics les prescriptions opérationnelles sur lesquelles se concluent toutes nos publications. Nous entretenons à cette fin des relations régulières avec les pouvoirs publics (gouvernement, parlement…) quelle que soit la couleur politique de l'équipe en place.

Ceux qui ont lu notre article d'hier sur les lobbies reconnaîtront aisément dans cette présentation l'approche du "groupe de pression" qui compte nombre d'amis dans les assemblées et lui fournit du "grain à moudre"

Pour faire court, l'Institut Montaigne est LE Think tank libéral français qui fournit à une grande majorité d'élus de droite et au gouvernement leurs projets de "réformes".

Pour être honnête, dans un pays démocratique, toutes les idées ont droit de cité. Mais, lorsque l'Institut Montaigne, dont le Président, qui n'a pas coupé les liens avec AXA, son ex entreprise (voir description du patrimoine), propose d'instaurer la retraite par points (capitalisation) on se dit que des idées au tiroir caisse ... il n'y a pas loin !

En effet, AXA fait partie des assureurs qui lorgnent depuis des décennies sur le "marché" de la retraite. S'il est possible pour chacun de nous de souscrire un contrat individuel de capitalisation retraite (juteux marché de l'assurance vie) les versements des clients sont une goutte d'eau à côté de l'ensemble des cotisants à la retraite par répartition en France.

Nul n'ignore que depuis le début de la crise financière, beaucoup de retraités américains (régime par capitalisation) sont en grande difficulté. Et pour cause, le montant de leurs pensions est lié aux performances des marchés financiers. Pour ceux qui ont suivit l'affaire ENRON qui a précédé de quelques années la crise, il ont pu constater qu'une faillite pouvait priver totalement de retraite des gens qui ont économisé pendant toute leur vie de travail.

Fort de tous ces éléments, que propose l'Institut Montaigne au travers d'une publication de Jacques Bichot : Mathématicien devenu économiste comme l'indique la courte biographie de fin du résumé de la publication.

Inéquitable, complexe, morcelé, chroniquement déficitaire, le système de retraite français souffre depuis longtemps de nombreux maux. Une remise à plat et une restructuration en profondeur, autrement dit un "big-bang", sont nécessaires pour y remédier. Dans quel sens et suivant quelle méthode ?

L’examen des réalisations à l'étranger permet de mieux répondre à cette question. Des pays aussi différents que l’Allemagne, la Suède, l’Italie ou le Chili se sont emparés du sujet avec détermination. Autant de cas dont la France pourrait s’inspirer afin de mettre en œuvre "la" réforme tant attendue.

Réforme des retraites : vers un big-bang ?

Dans cette nouvelle étude publiée par l’Institut Montaigne, Jacques Bichot s'appuie sur ces expériences pour formuler six principes directeurs propres à inspirer une profonde réforme des retraites, adaptée à notre pays. Parmi ceux-ci figurent l’instauration d’un système franchement contributif et l’adoption d’un fonctionnement "à cotisations définies".

L’enjeu est crucial : garantir l’équilibre et, partant, la pérennité de notre système de retraite, tout en assurant à travers lui l’équité entre les cotisants et entre les générations.

L'auteur : Jacques Bichot est un mathématicien devenu économiste. Professeur des Universités, il enseigne à l'Institut d'administration des entreprises de l'Université Jean Moulin (Lyon 3). Ses spécialités sont l'organisation monétaire et financière de la vie en société, et la protection sociale. Son Économie de la protection sociale (Armand Colin, 1992) a posé les bases d'une problématique nouvelle. Il a rédigé le chapitre "retraites" de l'ouvrage collectif dirigé par Claude Bébéar : Le courage de réformer (Odile Jacob, 2002) ainsi que la note Comment financer la protection sociale (Institut Montaigne, mai 2006). - Intégralité du document

En ne se contentant pas de ce simple résumé, qu'apprend t-on, à la lecture de ce document de "complaisance", qui serait un prélude à l'arrivée des acteurs de la finance sur ce marché ?

Comme l'explique l'UFAL

Selon l’auteur, la réforme des retraites devrait donner naissance à un système contributif : les pensions sont attribuées « en proportion des efforts réalisés ». L’équilibre budgétaire des retraites est un principe de base. C’est -à-dire que chacun reçoit en fonction de ce qu’il a cotisé. Ceux qui n’ont pas assez cotisé recevront « les secours requis pour échapper à la grande pauvreté ». Le tout serait organisé en un système unique par points remplaçant les régimes par répartition. A la mise en place du système les droits acquis seront convertis en points du nouveau système avec basculement immédiat de tous les salariés.

Ces propositions de réformes tendent à en finir avec la solidarité nationale qui compense de fait les accidents de la vie et permet à chacun de toucher une pension minimum dès lors qu’il a cotisé suffisamment longtemps. Avec les "réformes" ainsi dessinées, le calcul des pensions se ferait en fait sur la durée d’une vie et chaque accident de la vie (chômage, accidents du travail...) ou chaque période hors travail (étude, grossesse...) ne rapporterait pas de point, abaissant ainsi la pension finale.

En clair un succédané du système américain pour le plus grand profit des assureurs, banquiers et organismes financiers qui pourraient engranger des sommes colossales. En voila une bonne idée "durable" pour renflouer les caisses vides pour cause de spéculation et de bricolage financier.

Car, pour continuer à verser des dividendes à deux chiffres aux actionnaires et retrouver le bonheur de l'argent à flots, il est nécessaire de mettre la main sur un magot quasi éternel : l'argent des salariés cotisant en vue d'une retraite

Pour ceux qui seraient tentés par cette expérience, que dit en ce moment de le retraite des salariés aux Etats Unis ?

Les Etats-Unis disposent depuis 1935 d'un régime général de retraites, qui constitue la source principale de pensions pour la plupart de la population. Ce régime est financé par les cotisations salariales et patronales. Mais, comme le précise Lucy apRoberts, auteure d'un livre sur les retraites aux Etats-Unis et experte auprès du Conseil d'Orientation des Retraites, ces pensions ne procurent pas un revenu suffisant. La pension moyenne équivaut ainsi à environ 37% du salaire moyen tous secteurs confondus. C'est pourquoi les salariés qui le peuvent complètent par une assurance.

Une partie seulement des salariés bénéficie d'un régime employeur, qui n'est pas obligatoire (mais néanmoins encadré par une réglementation fédérale). Cette proportion a reculé dans le secteur privé depuis les années 80, les entreprises fermant leurs programmes petit à petit. « Entre 1975 et aujourd'hui, le pourcentage de salariés du privé couverts par un régime employeur à prestations définies est passé de 40% à 20% », explique Lucy apRoberts. L'économie américaine ayant subi les assauts de plusieurs crises, les régimes à prestations définies (l'employeur promet une certaine pension) sont devenus plus difficiles à assumer pour les entreprises, qui ont préféré s'en remettre aux plans d'épargne retraite, basés sur un abondement de l'employeur et qui versent un capital, non des pensions. Beaucoup de salariés ont aussi investi dans l'immobilier.

Chômage, crise financière et crise de l'immobilier ont donc touché de plein fouet l'écosystème des retraites.

Un cas d'école : GM

Si GM met la clé sous la porte (ce qui vient d'arriver), un instance fédérale, la Pension Benefit Guaranty Corporation (PBGC), prendrait le relais. A hauteur d'un certain plafond seulement, assez élevé cependant pour couvrir les engagements vis à vis des salaires bas et moyens. La PBGC est financée par des prélèvements obligatoires sur les régimes de retraite privés. Pour l'instant, elle peut encore faire face aux défaillances d'entreprises, mais si la crise perdure, elle pourrait dégonfler cette bouée de sauvetage. « L'Etat ne veut pas augmenter les cotisations malgré les menaces liées au nombre de faillites, pour ne pas pénaliser davantage les entreprises. Par conséquent, il est possible de voir augmenter les impôts pour financer les retraites », analyse Lucy apRoberts.

Cette même instance, la PBGC, a évalué récemment le déficit de financement du fonds de pension de General Motors à 20 milliards de dollars à la fin 2008 (12,4 milliards selon GM). Alors que le système disposait de 20 milliards de surplus un an plus tôt ! Mais la crise financière, qui est passée par là, aurait effacé à elle seule plus de 10 milliards de disponibilités. En outre, GM avait pris la mauvaise habitude de piocher dans ce fonds pour financer ses plans de départs volontaires. 2,3 milliards de dollars ont ainsi été engloutis dans ces programmes l'année dernière.

Aujourd'hui, de nombreux salariés qui ont cru leur retraite protégée sont écœurés. Même s'ils bénéficient de la garantie de la PBGC, la crise a en fait éclater une autre, une crise de confiance envers le système. - Source l'Usine Nouvelle du 26/05/2009

Après les tentatives de contrôler notre alimentation ou notre santé en brevetant le vivant (génétique), quoi de plus naturel que d'envisager d'asservir des générations de salariés en récupérant leur argent sans pour autant leur promettre ... la moindre garantie de versement.

Il ne fait nul aucun doute que plusieurs députés et sénateurs se feront dans les mois qui viennent l'écho de de document et le brandiront bien haut en nous expliquant qu'il s'agit d'une étude particulièrement documentée. Le MEDEF, dont la présidente siège, comme Monsieur BEBEAR au conseil d'administration de BNP Paribas trouvera le trouvera "intéressant" et probablement que Frédéric Lefebvre proposera de le mettre en place le plus vite possible pour "le plus grand profit" des français ....

Vous laisserez-vous faire cette fois-ci ?