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20 novembre 2009

Le site de de propagande sur l'Hadopi disparu ... sans laisser d'adresse !

Vous vous souvenez de Frédéric Mitterrand, qui proclamait, " ne pas laisser tomber entre les mains des pirates : « la gueule d'atmosphère d'Arletty », « la Jean Seberg d'A bout de souffle », « la biscotte cassée » de Michel Serrault, « le petit poisson et le petit oiseau », « La javanaise » ..."

ou de Frédéric Lefebvre, à l'époque où il croyait encore à un destin ministériel, déclarait au sujet de la loi Hadopi : "... / ... c'est l'exception française qui est en jeu, et nous ne lâcherons pas sur ce sujet"

Et bien, Il semble bien, que les "défenseurs" de l'exception française aient "lâché" l'adresse du site Jaimelesartistes.fr !

Négligence où où désintérêt : Jaimelesartistes.fr, le site Web fer de lance vituel du gouvernement pour défendre sa loi Hadopi a disparu au profit d'internautes anti Hadopi !

Ce site qui avait coûté, semble t-il : "85000 euros HT et se voulait un outil de pédagogie. On y trouvait : des témoignage vidéos de vedettes, des fiches plus ou moins détaillées sur la loi, ..." est passé à l'ennemi, car le ministère à oublié de renouveler le domaine !!!!

C'est le site PC Impact qui a sorti l'information : "Le député UMP Lionel Tardy a décidé de poser officiellement une question au ministère sur la disparition du site Jaimelesartistes.fr ... / ... le ministère ayant oublié de renouveler le domaine Jaimelesartistes.fr, celui-ci a été vite récupéré par les ennemis d’Hadopi. Désormais, on y trouve un discours totalement inverse, à l’aide de plusieurs dizaines de liens vers des contenus en ligne qui explique les autres facettes d’Hadopi oublies par le site initial.

Voilà qui fait un peu désordre puisque le renouvellement d’un lien revient à une petite dizaine d’euros. On est là très loin par exemple de la location immobilière qui doit accueillir Hadopi : 1107 m² pour 487 080 euros HT et sans les charges par an.
Lionel Tardy l’avait annoncé sur son blog : il souhaite connaître les motivations de ce non-renouvellement.

Cette question vient tout juste d’être publiée au journal officiel :
« M. Lionel Tardy attire l'attention de M. le ministre de la Culture et de la communication sur la reprise, par des particuliers, du nom de domaine Internet « jaimelesartistes.fr » qui était retombé dans le domaine public, faute d'avoir été renouvelé à temps par ses services. Il souhaite connaître les raisons qui ont motivé cette décision de ne pas conserver ce nom de domaine, et de mettre ainsi fin à l'existence du site qui était hébergé sous ce nom de domaine.

Il souhaite savoir pourquoi, à tout le moins, ce nom de domaine n'a pas été renouvelé, ne serait-ce que pour empêcher son détournement. Il souhaite également connaître le coût exact pour l'État de la conception, de la mise en place et de la maintenance de ce site. Il souhaite enfin connaître, suite à la fermeture du site « jaimelesartistes.fr », et alors que la loi Hadopi n'est pas encore entrée en vigueur, quelles initiatives son ministère compte mettre en oeuvre pour informer les internautes sur la mise en application des lois « Diffusion et protection de la création sur Internet » et « protection pénale de la propriété littéraire et artistique sur Internet

Le site de la Hadopi devrait être Hadopi.fr, domaine enregistré au nom de l’ARMT (Autorite de régulation des mesures techniques, qui doit remplacer l’Hadopi dans quelques jours). Le ministère pourra toujours répondre que désormais c’est ce site qui prend le relais. D’autant que plusieurs catégories sont prévues pour expliquer le mécanisme répressif.


Mais on pourra toujours lui opposer qu’Hadopi n’est toujours pas entré en vigueur, comme le note le député de Haute Savoie, et que le ministère n’a pas pensé à protéger correctement ce nom, puisqu’il n’a pas déposé toutes les extensions possibles. Hadopi.tv par exemple a été enregistré aux États-Unis, Hadopi.be par un particulier, Hadopi.biz reroute vers la Quadrature du Net. Le .tel contient plusieurs liens à la manière de jaimelesartistes.fr… Autant dire que les particuliers et les entreprises cibles des premiers mails d’avertissements risquent d’être un peu perdus si des petits malins profitent de la confusion ambiante. - Source PC impact

C'est con, non ?

08 décembre 2008

Un jour, dans dix mille ans ?

Marre d'écouter les déclarations des députés, des sénateurs, des ministres, des conseillers du Prince et l'incapacité de leur opposition à nous proposer un autre avenir que des caméras vidéos ou des prisons toujours plus pleines (alors que des enfants de 12 ans y séjourneront peut être un jour).

Las de savoir qu'on aura remis à flot des incompétents ou filous de financiers alors qu'au patronat on demande l'abaissement des cotisations et une diminution de la durée des allocations chômage. Honte de savoir qu'il y a de plus en plus de gens qui sont obligés de "mendier" pour pouvoir nourrir leurs enfants. En colère d'apprendre qu'on trouve normal de faire travailler des gens le plus longtemps possible car "ça diminuera la durée de paiement des pensions" et que le possible "droit" de refuser le travail du dimanche soit assimilé par une dirigeante patronale comme une régression sociale.

Frustration de savoir qu'on ne peut rien faire et qu'en fin de compte, qu'il n'y ait plus rien qui compte. Il n'y a plus rien, tiens, c'est justement le texte d'une des merveilles que nous a légué Léo FERRE en 1973. Vous savez, un des magicien de la chanson française qu'on ne vous passe jamais sur les radios et que vous ne risquez pas de voir dans les nombreuses émissions rétrospectives dont le seul but est de vous prouver que "c'était mieux avant".

1973, c'est en plein dans les "Trente glorieuses". Que n'a t-on raconté comme sottises sur l'insouciance des années 70. On a inventé la consommation et qualifié les classes moyennes de "triomphantes".

On essaye de montrer aux salariés d'aujourd'hui que leur situation est due à ces "rentiers" des "belles années" en oubliant que chaque petite parcelle d'avantage social était arrachée par des mouvements sociaux d'ampleur ... En bref on essaye de fourguer aux gens d'aujourd'hui de l'imagerie de bazar destinée à leur faire avaler les couleuvres d'une crise, qu'un système (pérennise par des politiciens imbus de leurs prérogatives) au bout du rouleau nous invite à partager ... entre nous.

En 1973, la majorité était à 21 ans. Moi, j'avais 18 ans et je militais dans mon coin ou avec des francs tireurs dans mon genre qui refusaient le système dans sa globalité. De Gaullle semblait loin et on ne savait pas encore que le futur Président de la République serait Giscard et son accordéon. Giscard dont la politique se résumerait à s'inviter pour dîner chez des français ou offrir le petit déjeuner aux éboueurs. Le même dont le premier ministre nationalisera et indemnisera grassement les "maîtres de forges". Le tout sur fonds de média cherchant à s'attirer les bonnes grâces du pouvoir.

Mais en 1973, le Président c'était Pompidou. Selon ses mots, il entendait à l'époque : "Moderniser la France". Cette modernisation qui prise dans le chaos du premier choc pétrolier se heurtait à de nombreux conflits sociaux méprisés bien entendu par l'exécutif. Que voulez-vous, Mai 68 était aussi loin que les accords de Grenelle (les vrais ceux là !!!) et il fallait "recadrer" les salariés.

Modernisation ça voulait dire développement de l'automobile au détriment des autres modes de transport. Il déclarait à ce propos en 1971 : « Il faut adapter la ville à l'automobile ». Le nombre de cyclistes régresse et le nombre d'automobilistes augmente significativement. Dans bon nombre de villes beaucoup de vieux quartiers sont détruits pour faire place à des voies express ou élargir certains axes comme à Lyon avec le tunnel de Fourvière. Georges Pompidou a fait partie de la classe politique ayant fermé de nombreux réseaux de chemins de fer secondaires au nom de la modernité. En outre, Il a favorisé le développement de l'agriculture intensive et de l'agro-industrie par la mécanisation et l'utilisation d'engrais et de pesticides.

J'en vois qui trouvent que ça ressemble bigrement à ce qu'ils vivent. C'est vrai que l'histoire prend parfois le temps de bégayer. La seule vraie différence entre ces deux époques, c'est le nombre de grands compositeurs interprètes qui vivaient dans les années 70 comme Léo FERRE que j'ai évoqué plus haut. Léo qu'on peut entendre une fois par an au maximum parce qu'une radio de grande écoute va proposer 4 à 5 de ses chansons les moins engagées comme "C'est extra".

En 1973, Léo FERRE chantait sur scène l'un des titres qui a le plus marqué ma génération : "Il n'y a plus rien" Le texte est un coup de poing dans la gueule et semble avoir été écrit la semaine dernière. Pour les amoureux de beaux textes, les fans de Léo et les tous jeunes qui s'intéressent au Slam, nous vous donnons ci-dessous des extraits et une vidéo complète(13'34)

Ecoutez, ré écoutez et vous ne serez plus jamais le même.


Léo FERRE "Il n'y a plus rien" - En public - 1973



Ecoute, écoute... Dans le silence de la mer, il y a comme un balancement maudit qui vous met le coeur à l'heure, avec le sable qui se remonte un peu, comme les vieilles putes qui remontent leur peau, qui tirent la couverture.

Immobile... L'immobilité, ça dérange le siècle. C'est un peu le sourire de la vitesse, et ça sourit pas lerche, la vitesse, en ces temps. Les amants de la mer s'en vont en Bretagne ou à Tahiti... C'est vraiment con, les amants.
... / ...
Te marie pas !
Tu peux tout faire :
T'empaqueter dans le désordre, pour l'honneur, pour la conservation du titre...

Le désordre, c'est l'ordre moins le pouvoir !

Tu as droit, Citoyen, au minimum décent
A la publicité des enzymes et du charme
Au trafic des dollars et aux traficants d'armes
Qui traînent les journaux dans la boue et le sang
Tu as droit à ce bruit de la mer qui descend
Et si tu veux la prendre elle te fera du charme
Avec le vent au cul et des sextants d'alarme
Et la mer reviendra sans toi si tu es méchant

Les mots... toujours les mots, bien sûr !
Citoyens ! Aux armes !
Aux pépées, Citoyens ! A l'Amour, Citoyens !
Nous entrerons dans la carrière quand nous aurons cassé la gueule à nos ainés !
Les préfectures sont des monuments en airain... un coup d'aile d'oiseau ne les entame même pas... C'est vous dire !
... / ...
Mon fils, il faut lever le camp comme lève la pâte
Il est tôt Lève-toi Prends du vin pour la route
Dégaine-toi du rêve anxieux des biens assis
Roule Roule mon fils vers l'étoile idéale
Tu te rencontreras Tu te reconnaîtras
Ton dessin devant toi, tu rentreras dedans
La mue ça ses fait à l'envers dans ce monde inventif
Tu reprendras ta voix de fille et chanteras Demain
Retourne tes yeux au-dedans de toi
Quand tu auras passé le mur du mur
Quand tu auras autrepassé ta vision
Alors tu verras rien
... / ...
Monsieur !
Madame !

Laissez donc ces gens-là tranquilles
Ces courbettes imaginées que vous leur inventez
Ces désespoirs soumis
Toute cette tristesse qui se lève le matin à heure fixe pour aller gagner VOS sous,
Avec les poumons resserrés
Les mains grandies par l'outrage et les bonnes moeurs
Les yeux défaits par les veilles soucieuses...
Et vous comptez vos sous ?
Pardon.... LEURS sous !

Ce qui vous déshonore
C'est la propreté administrative, écologique dont vous tirez orgueil
Dans vos salles de bains climatisées
Dans vos bidets déserts
En vos miroirs menteurs...

Vous faites mentir les miroirs
Vous êtes puissants au point de vous refléter tels que vous êtes
Cravatés
Envisonnés
Empapaoutés de morgue et d'ennui dans l'eau verte qui descend
des montagnes et que vous vous êtes arrangés pour soumettre
A un point donné
A heure fixe
Pour vos narcissiques partouzes.
Vous vous regardez et vous ne pouvez même plus vous reconnaître
... / ...
Et vous comptez vos sous
En long
En large
En marge
De ces salaires que vous lâchez avec précision
Avec parcimonie
J'allais dire "en douce" comme ces aquilons avant-coureurs et qui
racontent les exploits du bol alimentaire, avec cet apparat vengeur
et nivellateur qui empêche toute identification...
Je veux dire que pour exploiter votre prochain, vous êtes les
champions de l'anonymat.

Les révolutions ? Parlons-en !
Je veux parler des révolutions qu'on peut encore montrer
Parce qu'elles vous servent,
Parce qu'elles vous ont toujours servis,
Ces révolutions de "l'histoire",
Parce que les "histoires" ça vous amuse, avant de vous interesser,
Et quand ça vous intéresse, il est trop tard, on vous dit qu'il s'en prépare une autre.
Lorsque quelque chose d'inédit vous choque et vous gêne,
Vous vous arrangez la veille, toujours la veille, pour retenir une place
Dans un palace d'exilés, entouré du prestige des déracinés.
Les racines profondes de ce pays, c'est Vous, paraît-il,
Et quand on vous transbahute d'un "désordre de la rue", comme vous dites,
à un "ordre nouveau" comme ils disent, vous vous faites greffer au retour et on vous salue.

Depuis deux cent ans, vous prenez des billets pour les révolutions.
Vous seriez même tentés d'y apporter votre petit panier,
Pour n'en pas perdre une miette, n'est-ce-pas ?
Et ces "vauriens" qui vous amusent, ces "vauriens" qui vous dérangent aussi,
on les enveloppe dans un fait divers pendant que vous enveloppez les "vôtres" dans un drapeau.

Vous vous croyez toujours, vous autres, dans un haras !
La race ça vous tient debout dans ce monde que vous avez assis.
Vous avez le style du pouvoir
Vous en arrivez même à vous parler à vous-mêmes
Comme si vous parliez à vos subordonnés,
De peur de quitter votre stature, vos boursouflures, de peur qu'on vous montre du doigt,
dans les corridors de l'ennui, et qu'on se dise : "Tiens, il baisse, il va finir par se plier, par ramper"
Soyez tranquilles ! Pour la reptation, vous êtes imbattables ; seulement, vous ne vous la concédez
que dans la métaphore... Vous voulez bien vous allonger mais avec de l'allure,
Cette "allure" que vous portez, Monsieur, à votre boutonnière,
Et quand on sait ce qu'a pu vous coûter de silences aigres,
De renvois mal aiguillés
De demi-sourires séchés comme des larmes,
Ce ruban malheureux et rouge comme la honte dont vous ne vous êtes jamais décidé à empourprer votre visage,
Je me demande comment et pourquoi la Nature met
Tant d'entêtement,
Tant d'adresse
Et tant d'indifférence biologique
A faire que vos fils ressemblent à ce point à leurs pères,
Depuis les jupes de vos femmes matrimoniaires
Jusqu'aux salonnardes équivoques où vous les dressez à boire,
Dans votre grand monde,
A la coupe des bien-pensants.

... / ...

Et ce rien, on vous le laisse !
Foutez-vous en jusque-là, si vous pouvez,
Nous, on peut pas.
Un jour, dans dix mille ans,
Quand vous ne serez plus là,
Nous aurons TOUT
Rien de vous
Tout de nous
Nous aurons eu le temps d'inventer la Vie, la Beauté, la Jeunesse,
Les Larmes qui brilleront comme des émeraudes dans les yeux des filles,
Le sourire des bêtes enfin détraquées,
La priorité à Gauche, permettez !

Nous ne mourrons plus de rien
Nous vivrons de tout

Et les microbes de la connerie que nous n'aurez pas manqué de nous léguer, montant
De vos fumures
De vos livres engrangés dans vos silothèques
De vos documents publics
De vos réglements d'administration pénitenciaire
De vos décrets
De vos prières, même,
Tous ces microbes...
Soyez tranquilles,
Nous aurons déjà des machines pour les révoquer

NOUS AURONS TOUT ...

A vous, à nous d'en décider !!!

21 novembre 2008

On n’est pas là pour se faire engueuler !!!

Si comme la majorité des français, militants inclus, vous êtes fatigués des péripéties socialistes. Si comme la même majorité, vous êtes las des incantations de notre Président et des ses Ministres, de la crise financière, économique, culturelle et tutti quanti ... C'est l'occasion de redécouvrir pendant un petit moment des types formidables que les media et la mémoire qu'on dit "collective" ont décidé de faire disparaître.

Boris VIAN vous connaissez ? de nom ? pas du tout ?

Voilà une autobiographie du personnage

Je suis né par hasard, le 10 mars 1920 à la porte d'une Maternité, fermée pour cause de grève sur le tas. Ma mère, enceinte des oeuvres de Paul CLAUDEL ( c'est depuis ce temps-là que je ne peux plus le blairer ), en était au treizième mois et ne pouvait attendre le Concordat. Un saint homme de prêtre qui passait par là me ramassa et me reposa : j'étais effectivement très laid ( de cette époque date cependant ma goupillonophobie bien connue ). Par bonheur, une louve affamé, et qui venait de donner le jour à Pierre HERVE ( j'ai donc exactement le même âge que lui, ce qui est en parfait accord avec les théories d'Einstein relatives à la simultanéité ), me prit sous son élytre et me donna à boire. Je grandis en force et en sagesse, mais je restais toujours aussi laid quoique orné d'un système pileux discontinu, mais toujours très développé. En fait, j'avais la tête de la Victoire de Samothrace.

A sept ans, j'entrais à l'Ecole Centrale, et j'en ressortis trois ans plus tard, en 1942, complètement affolé par l'hydrodynamisme du cours de Monsieur BERGERON. Je ne prévoyais pas, à ce moment-là, que douze ans après, en 1946...Mais n'anticipons pas.

En 1938, j'abordais l'étude de la trompinette bonbon, et je commencais à jouer Armstrong, mais j'abandonnai vite, afin de ne pas priver de son gagne-pain : en raison des préjugés raciaux, j'étais trop nettement avantagé par un teint vert d'un effet gracieux.

En 1941, le 18 avril, exactement, je rencontrai le fameux Claude ABADIE, actuel directeur de la Compagnie de Suez, membre éminent de la Synarchie, et joueur de clarinette. Il me prit sous son abatis, et, grâce à notre féconde collaboration, l'orchestre Claude ABADIE remporta, en 1945, en dépit de la présence, dans ses rangs, de l'indésirable Claude Léon, fumeur d'opium sans vergogne et assassin à ses moments perdus ( il prétend être, en réalité, un justicier ), divers championnats internationaux.

Tout d'un coup, ma physionomie se transforma, et je me mis à ressemblé à Boris VIAN, d'où mon nom. Sans entrer dans les détails, je vous signale qu'à une époque indéterminée de vie, je restai trois ans et demi à l'Association française de Normalisation, détruite depuis par un incendie allumé par les soins de Jacques LEMARCHAND, dissimulé entre deux parenthèses.

Raymond QUENEAU me rencontra à la pêche à la ligne, que je ne pratique pas, et , séduit par mon drive, me proposa un galop d'essai. Ce que je fis. Le reste appartient à l'histoire. J'ai un mètre quatre-vingt-six pieds nus, je pèse assez lourd, et je place avant tout les oeuvres d'Alfred JARRY, la fornication, Un Rude Hiver et mon épouse bien aimée.

Je n'oublie pas, mais venant ensuite, la musique de la Nouvelle-Orléans, Duke ELLIGTON, Lana TURNER, Ann SHERIDAN, les symphonies du commodore, W. SPOTLIGHT pour double cloche et pétrolette d'harmonie, la peinture à l'huile que je pratique avec un bonheur rare, la moustache de mon vénéré Jean ROUSTAND, les filles du Jazz-Club-Universitaire ( surtout une blonde en robe vert... Mais n'insistons pas ), le two-beat ( ceci n'est pas une allusion sexuelle ) et la mère de Chaput.

Je déteste Paul CLAUDEL ( je l'ai déjà dit, mais c'est agréable à dire, et c'est pour ca que je n'ai jamais rien lu de lui ) , le grand Meaulnes, Alain ( pas mon frère qui est un type completement fou ), Péguy, le violon de jazz tel que le pratiquent les français, les oeuvres d'imagination, les mensonges et les appareils petit format, Ivan le Terrible, Léonard FATHER, Edgard JACKSON, Le Dictateur, Dumont d'Urville, Monseigneur Suhard, le pape ; Bardotin, je l'aime bien. J'aime pas non plus les poitrines plates ( pour les femmes ) , les endives, la merde, sauf quand elles sont bien accommodées. Je cherche un appartement de cinq pièces, tout confort. J'ai eu une vie mouvementée, mais je suis prêt à recommencer.


Déroutant ? Certes, mais jamais politiquement correct durant toute sa (courte vie) vie.

Si les érudits vous citerons "l'écume des jours" les mélomanes son amour du Jazz, les initiés ses poèmes dont le terrible "Je voudrais pas crever", d'autres moins érudits, moins mélomanes et pas initiés, auront retenu quelques unes de ses chansons dont le célèbre "On n’est pas là pour se faire engueuler". et oui, on pouvait avoir écrit "le Déserteur" et être capable de produire une pochade qui fut longtemps après reprise par Coluche et le Grand Orchestre du Splendid.

Pour les plus vieux qui ont envie de se replonger dans la vie de comète qui fut celle de Boris VIAN et les plus jeunes qui auraient envie de découvrir un artiste non formaté et non formatable, un site Web, très complet, Le petit cahier du grand BORIS VIAN regroupant plus de 400 pages de ou sur Boris VIAN (Chansons, Biographie, Bibliographie, Citations, Poèmes, Analyses de textes, Extraits de livres, ...) est disponible

En attendant de savoir qui dirigera le PS, qui quittera le gouvernement en 2009, si Carla sortira un nouveau CD, nous vous donnons ci-dessous les paroles de "On n’est pas là pour se faire engueuler" et une vidéo uniquement musicale de l'interprétation de Michel.

Have fun !!!

Un beau matin de juillet, le réveil
A sonne dès le lever du soleil
Et j’ai dit à ma poupée: faut te s’couer
C’est aujourd’hui qu’il passe
On arrive sur le boulevard sans retard
Pour voir défiler le roi d’Zanzibar
Mais sur-le-champ on est r’foulés par les agents

Alors j’ai dit

On n’est pas là pour se faire engueuler
On est là pour voir le défilé
On n’est pas là pour se faire piétiner
On est là pour voir le défilé
Si tout le monde était resté chez soi
Ça f’rait du tort à la République
Laissez-nous donc qu’on le regarde
Sinon plus tard quand la reine reviendra
Ma parole, nous on r’viendra pas

L’jour de la fête à Julot, mon poteau
Je l’ai invité dans un p’tit bistro
Où l’on sert un beaujolais vrai de vrai
Un nectar de première
On est sorti très à l’aise et voilà
Que j’ai eu l’idée de l’ ram’ner chez moi
Mais j’ai compris devant l’ rouleau à pâtisserie

Alors j’ai dit

On n’est pas là pour se faire engueuler
On est venu pour faire une ‘tite belote
On n’est pas là pour se faire assommer
On est là pour la fête à mon pote
Si tout le monde restait toujours tout seul
Ça serait d’une tristesse pas croyable
Ouvre ta porte et sors des verres
Ne t’obstine pas ou sans ça l’ prochain coup
Ma parole, j’ rentre plus du tout

Ma femme a cogné si dur cett’ fois-là
Qu’on a trépassé l’ soir même et voilà
Qu’on se r’trouve au paradis vers minuit
Devant Monsieur Saint Pierre
Il y avait quelques élus qui rentraient
Mais sitôt que l’on s’approche du guichet
On est r’foulés et Saint Pierre se met à râler

Alors j’ai dit

On n’est pas là pour se faire engueuler
On est v’nus essayer l’auréole
On n’est pas là pour se faire renvoyer
On est morts, il est temps qu’on rigole
Si vous jetez les ivrognes à la porte
Il doit pas vous rester beaucoup d’ monde
Portez-vous bien, mais nous on s’ barre
Et puis on est descendus chez Satan
Et là-bas c’était épatant!…

C’qui prouve qu’en protestant quand il est encore temps
On peut finir par obtenir des ménagements !…

Boris VIAN

06 octobre 2008

Paroles et musique vs mièvrerie musicale

Dans le précédent article, nous vous avons évoqué une "chanteuse" . Quelque soit le statut d'un artiste, la logique voudrait qu'il laisse une trace dans la mémoire des gens.

Dans ma jeunesse, deux artistes nous ont laissé cette trace indélébile que nous évoquons plus haut : Léo FERRE et Jean Roger CAUSSIMON.

Ils ont travaillé ensemble le premier sur les musiques et l'autre sur les paroles. En fait peu de gens savent qu'il a été le parolier de très nombreux titres de Léo. Aux antipodes des 70's heureuses comme nous le clame souvent l'imbécile des "années bonheur" ces deux là ont écrit des merveilles de textes et musiques qui une fois entendues donnent envie d'y revenir ... souvent.

Alors, comme nous avons évoqué les chanteurs proposés par les media "modernes", cela nous a donné envie de plonger à pieds joints dans la nostlagie de textes et musiques qui n'inonderont jamais vos radios, télévisions, IPOD, MP3 et autres objets à reproduire du son.

Et comme il paraît, le tango revient à la mode et que de nombreux jeunes se rendent dans les académies de danse pour l'apprendre, nous vous proposons ci-dessous les paroles du "Temps du Tango".

Pour ceux qui souhaiteraient enrichir leur sonothèque, nous vous proposons d'écouter Jean Roger chanter

Moi je suis du temps du tango
Où mêm' les durs étaient dingos
De cett' fleur du guinche exotique...
Ils y paumaient leur énergie
Car abuser d' la nostalgie
C'est comm' l'opium, ça intoxique...
Costume clair et chemis' blanche
Dans le sous-sol du Mikado
J'en ai passé des beaux dimanches...
Des bell's venaient en avalanche
Et vous offraient comme un cadeau
Rondeurs du sein et de la hanche

Pour qu'on leur fass' danser l' tango !

Ces môm's là, faut pas vous tromper
C'était d' la bell' petit' poupée
Mais pas des fill's, ni des mondaines...
Et dam', quand on a travaillé
Six jour(s) entiers, on peut s'payer
D'un coeur léger, un' fin d' semaine...
Quand, par hasard et sans manières
Le coup d' béguin venait bientôt
Ell's se donnaient, c'était sincère...
Ah ! c' que les femme(s) ont pu me plaire
Et c' que j'ai plu !... J'étais si beau !
Faudrait pouvoir fair' marche arrière

Comme on l' fait pour danser l' tango !

Des tangos, y'en avait des tas
Mais moi j' préférais Violetta »
C'est si joli quand on le chante...
Surtout quand la boul' de cristal
Balance aux quatre coins du bal
Tout un manèg' d'étoil's filantes...
Alors, c'était plus Valentine
C'était plus Loulou, ni Margot
Dont je serrais la taille fine...
C'était la rein' de l'Argentine
Et moi j'étais son hidalgo
Oeil de velours et main câline

Ah ! c' que j'aimais danser l' tango !

Mais doucement passent les jours
Adieu, la jeunesse et l'amour
Les petit's môme(s) et les je t'aime... »
On laiss' la place et c'est normal
Chacun son tour d'aller au bal
Faut pas qu' ça soit toujour(s) aux mêmes...
Le coeur, ça se dit : corazon
En espagnol dans les tangos
Et dans mon coeur, ce mot résonne...
Et sur le boul'vard, en automne
En passant près du Mikado
Je n' m'arrêt' plus, mais je fredonne :

C'était bath, le temps du tango !

Paroles de Jean-Roger CAUSSIMON
Musique de Léo FERRE


Pour notre part, lorsque nous l'écoutons, ça nous fait un grand moment de bonheur nostalgique. Loin, très loin, très très loin des c....... de StarAc ou de Nouvelle Star et de la daube actuelle.


Tu sais que tu viellis mec ? ta gueule, écoute ...


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