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21 janvier 2010

Django Reinhardt aurait eu 100 ans le 23 janvier !

La politique, les politiciens, les économistes, philosophes et autres donneurs de leçon vous fatiguent ?

N'ayez crainte, cette fatigue est partagée par des millions de français.

Pourquoi, vous parler aujourd'hui, du salaire de M. Proglio, de l'identité nationale, des tripatouillage sur les retraites ou du grand emprunt alors que, le seul évènement qui en vaille le coup, à notre sens est de se souvenir que l'un des plus grand musiciens contemporain, inventeur du "Jazz manouche" aurait eu 100 ans dans 2 jours !

Sorte de météorite totalement autodidacte, son véritable nom était : Jean-Baptiste Reinhardt. Né le 23 janvier 1910, il est mort le 16 mai 1953 en Seine-et-Marne, où un festival lui est dédié chaque année à Samois-sur-Seine.

Extraits de sa biographie : "Il apprend seul les rudiments de la musique et se produit très jeune dans les bals, où il joue du banjo et de la guitare. Mais à l'âge de 18 ans, sa roulotte s'enflamme et Reinhardt est gravement brûlé à la main gauche. Se refusant à abandonner la musique, il invente une nouvelle façon de jouer. En 1934, il met sur pied le quintette à cordes du Hot Club de France en compagnie de Stéphane Grappelli"







Profitez-en pour le découvrir ou redécouvrir et vous faire plaisir avec cet univers empreint de nostalgie !!!! puisque demain, la politique, les politiciens, économistes et autres donneurs de leçons ... seront de retour dans Slovar les Nouvelles

Ecouter des titres de Django

Sources et bibliographie
Wikipedia
L'internaute
Festival de Samois

Crédit photo

Plaque commémorative de Django Reinhardt à Samois-sur-Seine, Seine-et-Marne, France - Wikimedia

19 novembre 2009

Gainsbourg victime du politiquement correct de la RATP

Gainsbourg, nous avons été des millions à l'écouter chanter le "poinçonneur des lilas" qui, rappelons-le, n'était pas une ode à la qualité de vie des ces employés condamnés à faire des "ptits trous" ...



Serge Gainsbourg avait choisit un mode de vie excessif qui a probablement abrégé ses jours mais, qu'il assumait. Contrairement à ce que pensent les nouveaux moralisateurs, spécialistes ou prédicateurs en tous genres de la vie saine, tous ceux qui l'ont aimé, n'ont pas adopté ses travers.

Mais, Serge, aurait-il été Gainsbourg, s'il avait pensé à manger "5 fruits ou légumes par jours", à boire "avec modération", à pratiquer une activité sportive adaptée à son âge, à surveiller attentivement son cholestérol et surtout à ne pas FUMER !

Car, ne l'oublions pas, Gainsbourg était un très gros fumeur. Et fumer, il le faisait partout y compris en scène.

Alors, est ce au nom d'une vengeance corporatrice (le poinçonneur) ou au nom des règles de santé publique que, comme nous l'apprend l'Express : "l'affiche du biopic sur la vie de Serge Gainsbourg (au cinéma le 20 janvier prochain) va être interdite dans les couloirs du métro parisien"

Motif ?

Les volutes de Gitanes du chanteur déplaisent à Metrobus, la régie publicitaire de la RATP.

L'affiche de Gainsbourg (vie héroïque), représente Eric Elmosnino dans le rôle du chanteur Serge Gainsbourg expirant la fumée d'une Gitanes. De profil, col blanc, l'icône est reconnaissable. Gainsbourg fumait beaucoup. Son inséparable cigarette faisait partie de lui, tout comme la fumée...

Metrobus, la régie publicitaire de la RATP, a décidé d'appliquer à la lettre la loi Evin de 1991 qui interdit toute propagande ou publicité, directe ou indirecte en faveur du tabac et donc de refuser l'affiche du film de Joann Sfar à cause de la présence de fumée de cigarette.

Pour One World Films qui s'occupe de la production et de la distribution du long métrage "cette décision dénature la représentation d'un des monuments de la musique française." Dans un communiqué la société déclare: "Alors même qu'il avait été pris soin de ne faire apparaître aucune cigarette sur l'affiche, et que les nouvelles exceptions introduites pour assouplir la loi (jurisprudence Tati) nous laissait espérer un peu de bienveillance, le service juridique de la RATP a répliqué que l'homme représenté sur l'affiche n'était pas Gainsbourg lui-même, mais l'acteur qui joue son rôle dans le film."

Contacté par LEXPRESS.fr/Culture, le réalisateur Joann Sfar trouve ce refus "insultant envers la création artistique".

Le cas Gainsbourg n'est pas une première. En avril 2009, les affiches de l'exposition Jacques Tati à la Cinémathèque et du film Coco avant Chanel avait déjà fait les frais du combat de la RATP contre la cigarette. - Source L'Express

Bon, gens de la RATP, on vous laisse votre "ciel de faïence" et on se dépêche de revoir "Love on the beat" avant qu'un crétin tatillon n'en décide l'interdiction au public !


31 mars 2009

"Vous n'aurez pas ma fleur ! Celle qui me pousse à l'intérieur"

- Marre d'entendre les discours du Président et des ses seides
- Marre de voir les opposants de gauche se comporter comme des gamins cupides
- Marre de se rendre compte que malgré le désastre financier et économique rien ne changera
- Marre de compter ses sous pour atteindre la fin du mois
- Marre de ne pas trouver d'emploi convenable
- Marre d'attendre la lettre de licenciement qui viendra tôt ou tard

C'est de ces façons dont les français ressentent tout se qui se passe autour d'eux. A chaque jour son scandale financier tandis que les forces de l'ordre accompagnent en grand nombre nos éminences venues nous distiller des propos de communicants amoureux des Rolex. Recroquevillé sur ses derniers droits régaliens : Justice, police, armée, le pouvoir continue à surfer sur ses théories d'ordre et d'insécurité. Trouver de l'argent pour des caméras de surveillance est possible même quand les caisses de l'Etat ou des collectivités locals sont vides !!!

Proposer un avenir ne fait pas partie des réflexions et puisque le rêve consumériste est (provisoirement ?) mort, le seul message est la patience. Un message que distillaient les politiques au pouvoir dans les années 70. Les réponses aux attentes des français se traduisaient par l'incompréhension du Chef de l'Etat de l'époque qui ne comprenait pas pourquoi ils manifestaient alors qu'ils disposaient : "d'une machine à laver et d'une voiture"

A cette époque là, comme aujourd'hui, la seule préoccupation était de maintenir l'ordre public et de faire travailler beaucoup (mais pour pas cher) les salariés. En 1971 c'était Raymond Marcellin qui était à l'intérieur. Marcellin fut plusieurs fois croqué par les caricaturistes sous les traits d'un CRS, en raison de ses démêlés avec les mouvements gauchistes, consécutifs aux événements de mai 68. Il y gagna aussi le surnom de « Raymond la matraque ».

A cette époque François Béranger chantait : "Vous n'aurez pas ma fleur" une chanson de révolte contre l'enferment dans une société prompte à réprimer tous les comportements jugés hors normes. Ajourd'hui, s'il reste une part de rêve, elle réside toujours dans notre capacité à préserver nos envies d'avenir et de bonheur. C'est à ce titre que nous vous proposons une des plus belles chansons de résisitance à l'ordre établit. Vous trouverez-ci dessous une vidéo enregistré lors de l'un de ses concerts ainsi que l'intégralité des paroles.


Réprimez-moi si vous voulez !
A cause de mes cheveux trop longs,
A cause de ma gueule arrogante
Au passage des cars de poulets !

Donnez moi des coups de pieds dans l'fion,
Des coups d'bidules dans les roustons,
Puis enfin traitez-moi de tante,
Faites-moi une tête bien rasée !

- Comme les nazis en l'an 40 -

Vous n'aurez pas ma fleur !
Celle qui me pousse à l'intérieur,
Fleur cérébrale et fleur de coeur, ma fleur !

- Fleur de coeur, ma fleur ! -

Vous êtes les plus forts
Mais tous vous êtes morts
Et je vous emmerde !

Réprimez-moi si vous voulez !
Pour avoir essayé d'aimer
Sur les pelouses interdites,
Hors des institutions sacrées !

Sacré nom de dieu, c'est meilleur !
Essayez pour voir et puis dites ..
Divorcez-moi, châtrez-moi le coeur
Et puis l'reste aussi, quel bonheur !

- Et mangez les avec des frites !-

Vous n'aurez pas ma fleur !
Celle qui me pousse à l'intérieur,
Fleur cérébrale et fleur de coeur, ma fleur !

- Fleur de coeur, ma fleur ! -

Vous êtes les plus forts,
Mais tous vous êtes morts,
Et je vous emmerde !

Réprimez-moi si vous voulez,
Pour m'etre evadé de ces villes !
Qui puent, qui font du bruit, qui meurent !
D'avoir laissé aux créanciers,

La rage de n'etre pas payé !
D'avoir perdu toute ma bile !
Le long des routes qui vont ailleurs,
Bordées de cannabis en fleurs !

- Et puis d'en etre revenu !-

Vous n'aurez pas ma fleur,
Celle qui me pousse à l'intérieur !
Fleur cérébrale et fleur de coeur, ma fleur !

- Fleur de coeur, ma fleur !-

Vous êtes les plus forts,
Mais tous vous êtes morts !
Et je vous emmerde !

Réprimez-moi si vous voulez !
Etre différent c'est un crime,
Etre noir ou jaune ou pédé,
Ne pas respecter votre frime !

Avez-vous une fois seulement
Songé que la haine ça mine ?
Alors que l'amour, ça détend,
Que ça rend jeune et beau tout l'temps ?

- Mais bien sûr c'est un gros pêcher !-

Vous n'aurez pas ma fleur,
Celle qui me pousse à l'intérieur !
Fleur cérébrale et fleur de coeur, ma fleur !

- Fleur de coeur, ma fleur !-

François Béranger
1937 - 2003

13 janvier 2009

Nicolas Sarkozy Président autoproclamé du "Conseil de la création artistique"

Alors que les mélomanes seront déçus d'apprendre que Carla Bruni n’est même pas nominée aux prochaines Victoires de la musique de Février 2009- voir 20Minutes.ch - (Y jouent avec leur santé les mecs !!!), les internautes seront "ravis" d'apprendre que Nicolas Sarkozy a demandé au gouvernement de prévoir l'adoption le plus vite possible de la loi Création et Internet qui doit mettre en place la riposte graduée condamnée au niveau européen.

Que prévoit cette loi ?

La loi prévoit l'instauration de la riposte graduée, qui est un mécanisme couplant des avertissements et une sanction, en l'occurrence de l'accès à Internet en cas de partage non autorisé de musique et de film. La loi instaure une autorité administrative qui sera chargée d'appliquer les sanctions, la détection des contrefacteurs étant réalisée par des sociétés privées payées par les majors.

Le problème est que ce projet de loi est en contradiction avec les orientations juridiques et politiques européennes. Le rapport Gowers rappelle aussi que l’Union européenne s’est saisie de la question, qui est devenue un enjeu européen. Le projet "Création et Internet" paraît contraire à la directive 2001/29/CE sur l’harmonisation de certains aspects du droit d’auteur dans la société de l’information. Cette directive impose aux Etats membres de créer un régime pour éviter le contournement des mesures techniques de protection. La directive a été transposée en France avec la loi DADVSI : la loi protège ainsi les droits d’auteur numériques ("DRM" : digital rights management) en rendant illégal et en sanctionnant leur contournement. ... / ...

Le 10 avril 2008, à l’initiative de Michel Rocard, le Parlement européen a pris position sur la "riposte graduée". Il a engagé les États membres "à éviter l'adoption de mesures allant à l'encontre des droits de l'homme, des droits civiques et des principes de proportionnalité, d'efficacité et d'effet dissuasif, telles que l'interruption de l'accès à Internet". Ce vote démontre l’absence de consensus sur ces questions, l’illégitimité de la solution française et la nécessité de renvoyer les discussions à un niveau européen, le plus rapidement possible - Source Rue 89

Et annonce la création d'un "Conseil sur la création artistique"

Signe que le mari de Carla Bruni entend saisir la question du piratage à bras le corps, Nicolas Sarkozy a annoncé sans autre précision qu'il allait mettre en place un "Conseil de la création artistique" présidé par le Président de la République. On n'est jamais mieux servi que par soi-même- Source Numérama Mardi 13 Janvier 2009 . On ne sait pour le moment rien de ce Conseil, si ce n'est qu'il sera coanimé par Marin Karmitz, le président des salles de cinéma MK2 (comme quoi dire du bien de la réforme de l'audiovisuel public peut servir)

Et hop, une fonction de plus pour notre omniprésent (c'est pas ses prédécesseurs rois fainéants qui auraient fait ça !!!) Ce joyeux cumul mériterait certainement une petite augmentation de salaire du moins du niveau du budget 2009 de l'Elysée qui, rappelons le voit ainsi son enveloppe budgétaire 2009 augmenter de 11,4% pour atteindre 112,3 millions d'euros.

Petit rappel : En 2008, cette enveloppe est déjà passée de 32,3 à 100,8 millions (Voir le document rédigé par René Dosières "A l'Elysée on ne connaît pas la crise")


Elle est pas belle la vie ?


Crédit montage
Lobo

08 décembre 2008

Un jour, dans dix mille ans ?

Marre d'écouter les déclarations des députés, des sénateurs, des ministres, des conseillers du Prince et l'incapacité de leur opposition à nous proposer un autre avenir que des caméras vidéos ou des prisons toujours plus pleines (alors que des enfants de 12 ans y séjourneront peut être un jour).

Las de savoir qu'on aura remis à flot des incompétents ou filous de financiers alors qu'au patronat on demande l'abaissement des cotisations et une diminution de la durée des allocations chômage. Honte de savoir qu'il y a de plus en plus de gens qui sont obligés de "mendier" pour pouvoir nourrir leurs enfants. En colère d'apprendre qu'on trouve normal de faire travailler des gens le plus longtemps possible car "ça diminuera la durée de paiement des pensions" et que le possible "droit" de refuser le travail du dimanche soit assimilé par une dirigeante patronale comme une régression sociale.

Frustration de savoir qu'on ne peut rien faire et qu'en fin de compte, qu'il n'y ait plus rien qui compte. Il n'y a plus rien, tiens, c'est justement le texte d'une des merveilles que nous a légué Léo FERRE en 1973. Vous savez, un des magicien de la chanson française qu'on ne vous passe jamais sur les radios et que vous ne risquez pas de voir dans les nombreuses émissions rétrospectives dont le seul but est de vous prouver que "c'était mieux avant".

1973, c'est en plein dans les "Trente glorieuses". Que n'a t-on raconté comme sottises sur l'insouciance des années 70. On a inventé la consommation et qualifié les classes moyennes de "triomphantes".

On essaye de montrer aux salariés d'aujourd'hui que leur situation est due à ces "rentiers" des "belles années" en oubliant que chaque petite parcelle d'avantage social était arrachée par des mouvements sociaux d'ampleur ... En bref on essaye de fourguer aux gens d'aujourd'hui de l'imagerie de bazar destinée à leur faire avaler les couleuvres d'une crise, qu'un système (pérennise par des politiciens imbus de leurs prérogatives) au bout du rouleau nous invite à partager ... entre nous.

En 1973, la majorité était à 21 ans. Moi, j'avais 18 ans et je militais dans mon coin ou avec des francs tireurs dans mon genre qui refusaient le système dans sa globalité. De Gaullle semblait loin et on ne savait pas encore que le futur Président de la République serait Giscard et son accordéon. Giscard dont la politique se résumerait à s'inviter pour dîner chez des français ou offrir le petit déjeuner aux éboueurs. Le même dont le premier ministre nationalisera et indemnisera grassement les "maîtres de forges". Le tout sur fonds de média cherchant à s'attirer les bonnes grâces du pouvoir.

Mais en 1973, le Président c'était Pompidou. Selon ses mots, il entendait à l'époque : "Moderniser la France". Cette modernisation qui prise dans le chaos du premier choc pétrolier se heurtait à de nombreux conflits sociaux méprisés bien entendu par l'exécutif. Que voulez-vous, Mai 68 était aussi loin que les accords de Grenelle (les vrais ceux là !!!) et il fallait "recadrer" les salariés.

Modernisation ça voulait dire développement de l'automobile au détriment des autres modes de transport. Il déclarait à ce propos en 1971 : « Il faut adapter la ville à l'automobile ». Le nombre de cyclistes régresse et le nombre d'automobilistes augmente significativement. Dans bon nombre de villes beaucoup de vieux quartiers sont détruits pour faire place à des voies express ou élargir certains axes comme à Lyon avec le tunnel de Fourvière. Georges Pompidou a fait partie de la classe politique ayant fermé de nombreux réseaux de chemins de fer secondaires au nom de la modernité. En outre, Il a favorisé le développement de l'agriculture intensive et de l'agro-industrie par la mécanisation et l'utilisation d'engrais et de pesticides.

J'en vois qui trouvent que ça ressemble bigrement à ce qu'ils vivent. C'est vrai que l'histoire prend parfois le temps de bégayer. La seule vraie différence entre ces deux époques, c'est le nombre de grands compositeurs interprètes qui vivaient dans les années 70 comme Léo FERRE que j'ai évoqué plus haut. Léo qu'on peut entendre une fois par an au maximum parce qu'une radio de grande écoute va proposer 4 à 5 de ses chansons les moins engagées comme "C'est extra".

En 1973, Léo FERRE chantait sur scène l'un des titres qui a le plus marqué ma génération : "Il n'y a plus rien" Le texte est un coup de poing dans la gueule et semble avoir été écrit la semaine dernière. Pour les amoureux de beaux textes, les fans de Léo et les tous jeunes qui s'intéressent au Slam, nous vous donnons ci-dessous des extraits et une vidéo complète(13'34)

Ecoutez, ré écoutez et vous ne serez plus jamais le même.


Léo FERRE "Il n'y a plus rien" - En public - 1973



Ecoute, écoute... Dans le silence de la mer, il y a comme un balancement maudit qui vous met le coeur à l'heure, avec le sable qui se remonte un peu, comme les vieilles putes qui remontent leur peau, qui tirent la couverture.

Immobile... L'immobilité, ça dérange le siècle. C'est un peu le sourire de la vitesse, et ça sourit pas lerche, la vitesse, en ces temps. Les amants de la mer s'en vont en Bretagne ou à Tahiti... C'est vraiment con, les amants.
... / ...
Te marie pas !
Tu peux tout faire :
T'empaqueter dans le désordre, pour l'honneur, pour la conservation du titre...

Le désordre, c'est l'ordre moins le pouvoir !

Tu as droit, Citoyen, au minimum décent
A la publicité des enzymes et du charme
Au trafic des dollars et aux traficants d'armes
Qui traînent les journaux dans la boue et le sang
Tu as droit à ce bruit de la mer qui descend
Et si tu veux la prendre elle te fera du charme
Avec le vent au cul et des sextants d'alarme
Et la mer reviendra sans toi si tu es méchant

Les mots... toujours les mots, bien sûr !
Citoyens ! Aux armes !
Aux pépées, Citoyens ! A l'Amour, Citoyens !
Nous entrerons dans la carrière quand nous aurons cassé la gueule à nos ainés !
Les préfectures sont des monuments en airain... un coup d'aile d'oiseau ne les entame même pas... C'est vous dire !
... / ...
Mon fils, il faut lever le camp comme lève la pâte
Il est tôt Lève-toi Prends du vin pour la route
Dégaine-toi du rêve anxieux des biens assis
Roule Roule mon fils vers l'étoile idéale
Tu te rencontreras Tu te reconnaîtras
Ton dessin devant toi, tu rentreras dedans
La mue ça ses fait à l'envers dans ce monde inventif
Tu reprendras ta voix de fille et chanteras Demain
Retourne tes yeux au-dedans de toi
Quand tu auras passé le mur du mur
Quand tu auras autrepassé ta vision
Alors tu verras rien
... / ...
Monsieur !
Madame !

Laissez donc ces gens-là tranquilles
Ces courbettes imaginées que vous leur inventez
Ces désespoirs soumis
Toute cette tristesse qui se lève le matin à heure fixe pour aller gagner VOS sous,
Avec les poumons resserrés
Les mains grandies par l'outrage et les bonnes moeurs
Les yeux défaits par les veilles soucieuses...
Et vous comptez vos sous ?
Pardon.... LEURS sous !

Ce qui vous déshonore
C'est la propreté administrative, écologique dont vous tirez orgueil
Dans vos salles de bains climatisées
Dans vos bidets déserts
En vos miroirs menteurs...

Vous faites mentir les miroirs
Vous êtes puissants au point de vous refléter tels que vous êtes
Cravatés
Envisonnés
Empapaoutés de morgue et d'ennui dans l'eau verte qui descend
des montagnes et que vous vous êtes arrangés pour soumettre
A un point donné
A heure fixe
Pour vos narcissiques partouzes.
Vous vous regardez et vous ne pouvez même plus vous reconnaître
... / ...
Et vous comptez vos sous
En long
En large
En marge
De ces salaires que vous lâchez avec précision
Avec parcimonie
J'allais dire "en douce" comme ces aquilons avant-coureurs et qui
racontent les exploits du bol alimentaire, avec cet apparat vengeur
et nivellateur qui empêche toute identification...
Je veux dire que pour exploiter votre prochain, vous êtes les
champions de l'anonymat.

Les révolutions ? Parlons-en !
Je veux parler des révolutions qu'on peut encore montrer
Parce qu'elles vous servent,
Parce qu'elles vous ont toujours servis,
Ces révolutions de "l'histoire",
Parce que les "histoires" ça vous amuse, avant de vous interesser,
Et quand ça vous intéresse, il est trop tard, on vous dit qu'il s'en prépare une autre.
Lorsque quelque chose d'inédit vous choque et vous gêne,
Vous vous arrangez la veille, toujours la veille, pour retenir une place
Dans un palace d'exilés, entouré du prestige des déracinés.
Les racines profondes de ce pays, c'est Vous, paraît-il,
Et quand on vous transbahute d'un "désordre de la rue", comme vous dites,
à un "ordre nouveau" comme ils disent, vous vous faites greffer au retour et on vous salue.

Depuis deux cent ans, vous prenez des billets pour les révolutions.
Vous seriez même tentés d'y apporter votre petit panier,
Pour n'en pas perdre une miette, n'est-ce-pas ?
Et ces "vauriens" qui vous amusent, ces "vauriens" qui vous dérangent aussi,
on les enveloppe dans un fait divers pendant que vous enveloppez les "vôtres" dans un drapeau.

Vous vous croyez toujours, vous autres, dans un haras !
La race ça vous tient debout dans ce monde que vous avez assis.
Vous avez le style du pouvoir
Vous en arrivez même à vous parler à vous-mêmes
Comme si vous parliez à vos subordonnés,
De peur de quitter votre stature, vos boursouflures, de peur qu'on vous montre du doigt,
dans les corridors de l'ennui, et qu'on se dise : "Tiens, il baisse, il va finir par se plier, par ramper"
Soyez tranquilles ! Pour la reptation, vous êtes imbattables ; seulement, vous ne vous la concédez
que dans la métaphore... Vous voulez bien vous allonger mais avec de l'allure,
Cette "allure" que vous portez, Monsieur, à votre boutonnière,
Et quand on sait ce qu'a pu vous coûter de silences aigres,
De renvois mal aiguillés
De demi-sourires séchés comme des larmes,
Ce ruban malheureux et rouge comme la honte dont vous ne vous êtes jamais décidé à empourprer votre visage,
Je me demande comment et pourquoi la Nature met
Tant d'entêtement,
Tant d'adresse
Et tant d'indifférence biologique
A faire que vos fils ressemblent à ce point à leurs pères,
Depuis les jupes de vos femmes matrimoniaires
Jusqu'aux salonnardes équivoques où vous les dressez à boire,
Dans votre grand monde,
A la coupe des bien-pensants.

... / ...

Et ce rien, on vous le laisse !
Foutez-vous en jusque-là, si vous pouvez,
Nous, on peut pas.
Un jour, dans dix mille ans,
Quand vous ne serez plus là,
Nous aurons TOUT
Rien de vous
Tout de nous
Nous aurons eu le temps d'inventer la Vie, la Beauté, la Jeunesse,
Les Larmes qui brilleront comme des émeraudes dans les yeux des filles,
Le sourire des bêtes enfin détraquées,
La priorité à Gauche, permettez !

Nous ne mourrons plus de rien
Nous vivrons de tout

Et les microbes de la connerie que nous n'aurez pas manqué de nous léguer, montant
De vos fumures
De vos livres engrangés dans vos silothèques
De vos documents publics
De vos réglements d'administration pénitenciaire
De vos décrets
De vos prières, même,
Tous ces microbes...
Soyez tranquilles,
Nous aurons déjà des machines pour les révoquer

NOUS AURONS TOUT ...

A vous, à nous d'en décider !!!

06 octobre 2008

Paroles et musique vs mièvrerie musicale

Dans le précédent article, nous vous avons évoqué une "chanteuse" . Quelque soit le statut d'un artiste, la logique voudrait qu'il laisse une trace dans la mémoire des gens.

Dans ma jeunesse, deux artistes nous ont laissé cette trace indélébile que nous évoquons plus haut : Léo FERRE et Jean Roger CAUSSIMON.

Ils ont travaillé ensemble le premier sur les musiques et l'autre sur les paroles. En fait peu de gens savent qu'il a été le parolier de très nombreux titres de Léo. Aux antipodes des 70's heureuses comme nous le clame souvent l'imbécile des "années bonheur" ces deux là ont écrit des merveilles de textes et musiques qui une fois entendues donnent envie d'y revenir ... souvent.

Alors, comme nous avons évoqué les chanteurs proposés par les media "modernes", cela nous a donné envie de plonger à pieds joints dans la nostlagie de textes et musiques qui n'inonderont jamais vos radios, télévisions, IPOD, MP3 et autres objets à reproduire du son.

Et comme il paraît, le tango revient à la mode et que de nombreux jeunes se rendent dans les académies de danse pour l'apprendre, nous vous proposons ci-dessous les paroles du "Temps du Tango".

Pour ceux qui souhaiteraient enrichir leur sonothèque, nous vous proposons d'écouter Jean Roger chanter

Moi je suis du temps du tango
Où mêm' les durs étaient dingos
De cett' fleur du guinche exotique...
Ils y paumaient leur énergie
Car abuser d' la nostalgie
C'est comm' l'opium, ça intoxique...
Costume clair et chemis' blanche
Dans le sous-sol du Mikado
J'en ai passé des beaux dimanches...
Des bell's venaient en avalanche
Et vous offraient comme un cadeau
Rondeurs du sein et de la hanche

Pour qu'on leur fass' danser l' tango !

Ces môm's là, faut pas vous tromper
C'était d' la bell' petit' poupée
Mais pas des fill's, ni des mondaines...
Et dam', quand on a travaillé
Six jour(s) entiers, on peut s'payer
D'un coeur léger, un' fin d' semaine...
Quand, par hasard et sans manières
Le coup d' béguin venait bientôt
Ell's se donnaient, c'était sincère...
Ah ! c' que les femme(s) ont pu me plaire
Et c' que j'ai plu !... J'étais si beau !
Faudrait pouvoir fair' marche arrière

Comme on l' fait pour danser l' tango !

Des tangos, y'en avait des tas
Mais moi j' préférais Violetta »
C'est si joli quand on le chante...
Surtout quand la boul' de cristal
Balance aux quatre coins du bal
Tout un manèg' d'étoil's filantes...
Alors, c'était plus Valentine
C'était plus Loulou, ni Margot
Dont je serrais la taille fine...
C'était la rein' de l'Argentine
Et moi j'étais son hidalgo
Oeil de velours et main câline

Ah ! c' que j'aimais danser l' tango !

Mais doucement passent les jours
Adieu, la jeunesse et l'amour
Les petit's môme(s) et les je t'aime... »
On laiss' la place et c'est normal
Chacun son tour d'aller au bal
Faut pas qu' ça soit toujour(s) aux mêmes...
Le coeur, ça se dit : corazon
En espagnol dans les tangos
Et dans mon coeur, ce mot résonne...
Et sur le boul'vard, en automne
En passant près du Mikado
Je n' m'arrêt' plus, mais je fredonne :

C'était bath, le temps du tango !

Paroles de Jean-Roger CAUSSIMON
Musique de Léo FERRE


Pour notre part, lorsque nous l'écoutons, ça nous fait un grand moment de bonheur nostalgique. Loin, très loin, très très loin des c....... de StarAc ou de Nouvelle Star et de la daube actuelle.


Tu sais que tu viellis mec ? ta gueule, écoute ...


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