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13 septembre 2011

Cantines scolaires : L'UMP continue sa chasse aux « assistés » ?

Perdre son emploi est toujours vécu comme un drame, auquel s'ajoute, dans certaines communes gérées par l'UMP, l'humiliation d'expliquer à ses enfants pourquoi ils sont exclus de la cantine scolaire !

Quel point commun entre Thonon-les-Bains, Bordeaux, Nice, Meaux, Troyes ou Toulon ? Et bien hormis qu'elles sont dirigées par l'UMP, elles ont mis en place un système de restriction ou d'interdiction de leurs cantines scolaires aux enfants de chômeurs.

Interrogé par l'Humanité le 4 septembre 2011, Luc Chatel le ministre de l'éducation nationale (et maire UMP de Chaumont ) avait botté en touche, expliquant que : « (...) la question des cantines scolaires relève des collectivités territoriales (...) » et que : « (...) ce sont donc les conseils municipaux qui décident des priorités dans l’accueil des enfants au sein des cantines scolaires (...) »

C'est sur cette particularité et devant l'indolence du gouvernement que la FCPE vient de publier sur son site un appel aux parents d'élèves : « Cantine scolaire : stop aux décisions illégales ! »

« Depuis la rentrée la FCPE est encore interpellée par des parents d’élèves qui ne peuvent pas inscrire leurs enfants au restaurant scolaire, au motif qu’ils ne peuvent justifier d’un emploi salarié ou ne peuvent produire des documents justificatifs, tels qu’attestations d’employeurs, de Pôle emploi ou de feuilles de paye… (...) »

Quelques exemples ?

Bordeaux : « (...) Les parents chômeurs sont toutefois autorisés à laisser leur enfant à la cantine les jours où ils ont une convocation pour un entretien. Mais ils doivent prévenir la mairie et la cantine à l'avance et présenter un justificatif de l'entretien (...) » a déclaré une adjointe à la vie scolaire interrogée par La Dépêche

Thonon : « L’accès aux restaurants scolaires de la ville de Thonon les Bains est réservé aux enfants scolarisés dans les écoles maternelles et élémentaires publiques de la commune dont :

le ou les parent(s) exerce(ent) une activité professionnelle.
le ou les parent(s) sont demandeurs d’emploi. Dans ce cas, l’inscription est limitée à un jour par semaine avec possibilité de réserver des jours supplémentaires pour un motif lié à la recherche d’emploi sur présentation d’un justificatif » Compte rendu du Conseil municipal du 27 juillet 2011

Mais direz-vous, c'est légal ?

Et bien, ce n'est pas tout à fait illégal et chaque recours contre une restriction ou exclusion relève du Tribunal administratif. Ce qui donne du temps aux communes qui appliquent cette discrimination.

Discrimination, qui n'est pas vraiment une, au regard du droit français, explique La Dépêche qui indique : « (...) Si la jurisprudence française a reconnu le caractère « discriminant » d'une sélection à l'entrée des cantines sur critères socioprofessionnels, celle-ci demeure pour l'instant légale au regard des textes français (...) » Et rappelle que : « la Convention européenne des droits de l'homme mentionne explicitement (Article 14) l'origine sociale et la fortune. Ratifiée par la France, elle est censée être appliquée (...) »

On notera au passage, que si ces communes arguent un problème de bonne gestion des finances locales, elles ne trouvent rien à redire sur le montant des frais d'avocats, inhérents à une procédure, comme le fait remarquer Jean-Louis Galand, un restaurateur de Thonon-les-Bains qui, outré de la décision de la municipalité a décidé, avec quelques amis commerçants d'offrir le repas de midi aux 35 petits bannis de la cantine.

C'est devant ces incongruités que la FCPE : « appelle les parlementaires à déposer une proposition de loi pour garantir dans la loi ce droit reconnu par les tribunaux »

Ce qui pour l'instant n'a pas l'air d'avoir autant de succès chez les députés et sénateurs UMP que « l'adoucissement de la taxation des plus values » ou la suppression des manuels scolaires de : « l'enseignement de la théorie du genre »

Ce qui est vous l'avouerez beaucoup plus important que de savoir si pour certains enfants, la cantine scolaire est parfois le seul repas complet de la journée !

Triomphe de la pauvreté, que notre Président avait pour objectif de : « (...) réduire d'au moins un tiers en cinq ans (...) » et pour lequel il annonçait : « Je ne veux pas gérer la pauvreté, je veux la combattre (...) J'ai voulu nous mettre dos au mur pour rendre des comptes aux Français » ?

Réponse des français sur ces comptes ... dans quelques mois !


Crédit et copyright photo
France3

07 septembre 2011

Medef : Changer les manuels scolaires pour transformer les patrons en super héros ?

Le Medef va lancer une campagne auprès des parlementaires et des ministères concernés par l'éducation nationale. Objectif : Adapter certains manuels scolaires trop négatifs pour les entreprises et valoriser l'image du patron « super héro »

Toute proposition de réécriture des manuels scolaires a forcement une odeur de souffre. Témoin, le récent débat lancé par quelques députés UMP, sur l'identité sexuelle. Mais comme le disait Jacques Chirac, promoteur de la loi sur le rôle positif de la colonisation : « Ce n'est pas à la loi d'écrire l'Histoire » Et pourtant, au Medef, on ne rechigne pas à proposer que la loi puisse éventuellement réécrire l'histoire !

Ainsi, Charles Beigbeder, au nom du Medef, vient d'annoncer la parution d'un livre blanc : « (...) sur la création d’entreprise qui concerne en partie le système éducatif (...) » indiquant au passage vouloir : « (...) que s’instaure un réel dialogue, régulier, entre les enseignants et les chefs d’entreprise, notamment au sein de la Commission des programmes : contre la vision négative de l’entreprise qui transparaît dans certains manuels (...) »

Ni plus ni moins que le retour des censores librorum, només au quinzième siècle, par le pape, qui étaient : « chargés de s'assurer que rien de contraire à la foi ne puisse être publié » ?

Que propose le livre blanc sur la création d'entreprise ?

C'est le site Educpro qui le révèle dans une interview de Charles Beigbeder : « (...) Nous souhaitons que l’entreprise soit un vrai partenaire des enseignants (...) Il faut aussi continuer à développer les témoignages comme nous l’avons mis en place dans une vingtaine d’universités, dans le cadre du plan Etudiants entrepreneurs (...) Nous souhaitons que s’instaure un réel dialogue, régulier, entre les enseignants et les chefs d’entreprise, notamment au sein de la Commission des programmes : contre la vision négative de l’entreprise qui transparaît dans certains manuels (...) Présenté lors d’une conférence de presse, le livre blanc sera diffusé auprès de tous les réseaux et de tous les adhérents du Medef. Il sera aussi porté auprès des parlementaires et des ministères concernés. En cette année d’élections présidentielles, nous espérons qu’une partie de ces propositions sera reprise par différents candidats (...) »

Donc, il s'agirait de gommer dans les manuels scolaires, les éventuelles dernières traces anti capitalistes, probablement installées par des enseignants gauchistes et militants syndicalistes « attardés». Et pourquoi pas, de faire disparaître des livres d'histoire et d'économie : les turpitudes de certains patrons en temps de guerre, les faillites frauduleuses, les patrons voyous, la constitution de caisses noires, les rémunérations «extravagantes», les conflits sociaux dus aux bas salaires et aux mauvaises conditions de travail, les délocalisations et, soyons fous : la responsabilité des banques et organismes financiers dans les nombreuses crises financières et économiques ?

Mais le but final serait, selon Beigbeder, de proposer aux jeunes générations de devenir eux aussi des super héros.

En effet, la partie la plus savoureuse du livre blanc indique comment transformer, aux yeux de ces niais d'étudiants, les patrons, en super héros des temps modernes et leur donner envie d'en devenir un !

Car comme l'indique le livre blanc, l'idée est de : « Témoigner de la réalité de l’entreprise en classe, ce qui nécessite une remise à jour urgente des manuels scolaires et un travail régulier entre les enseignants et les entreprises, à travers une participation active du Medef dans la Commission des programmes (...) » mais aussi de : « (...) Développer les témoignages d’entrepreneurs dans les collèges et les lycées, à l’aide notamment d’un guide d’entretien coproduit avec les enseignants pour préparer ces rencontres (...) »

Pour l'instant, nul ne sait encore si cette proposition d'évangélisation aura autant de succès que la candidature de la France au jeux olympiques d'hiver, dont Charles Begbeider assumait la charge.

Néanmoins, faisons confiance au Comité d'éthique du Medef dont la mission est : « (...) d’apporter des réponses aux nombreuses questions exprimées par la société civile vis-à-vis de l’entreprise et de l’économie de marché (...) » pour nous produire d'autres brillantes idées !

Crédit image
Première

09 juin 2010

Sauvetage du mobilier du couturier Lacroix mais naufrage des crèches !

Au gouvernement, il semble qu'on ait de curieuses notions des priorités des français.

En effet, au moment où Nadine Morano vient de faire adopter un décret concernant : les règles d'accueil dans les crèches, permettant les inscriptions en surnombre dans les établissements. On apprend par Le Monde que Frédéric Mitterrand, vient de préempter des pièces du mobilier de la maison de couture Lacroix qui avaient été été mise aux enchères, chez Sotheby's afin d'éviter : "un désastre culturel"

Il est vrai, diront certains, qu'il est plus facile de se motiver pour : "Une paire d'appliques, deux tabourets, une chaise, un portant, une cabine d'essayage" qui ne sont même pas signés du "maître" mais par " les créateurs Garouste et Bonetti", que de trouver une solution correcte et cohérente pour la première école des tout petits !

Que dit le décret du gouvernement sur les crèches ?

" ... / ... Des enfants peuvent être accueillis en surnombre certains jours de la semaine», indique le texte, autorisant une capacité d’accueil excédentaire de 20% pour les grandes structures, qui comprennent plus de 40 places. Le surnombre est limité à 15% pour les crèches de plus de 20 places et à 10% pour les établissements plus petits.

Le décret augmente en outre la proportion de personnels moins qualifiés au sein des crèches: le taux d’encadrement par des puéricultrices, éducateurs jeunes enfants, infirmiers ou encore psychomotriciens diplômés d’Etat passe de 50% à 40%. Le gouvernement souhaite pouvoir recruter davantage de titulaires de CAP et de BEP Petite enfance ayant trois ans d’expérience ... / ..."

Belle équation "économique" du gouvernement, puisque : qualification inférieure = salaire inférieur ... pour un travail identique ... mais avec plus d'enfants !

Mais ce décret est aussi le retour du Cheval de Troie : "Jardins d'éveil" qui sont défendus par des députés UMP et la ministre et qui remettent en cause : " ... / ... la scolarisation des 2 et 3 ans et l’école maternelle ... / .. " nous rappelle le collectif "Pas de bébés à la consigne"

Et même si le ministère affirme que si : " .... / ... le décret instaure les «jardins d’éveil», qui accueille des enfants de 2 à 3 ans, testés depuis l’automne à titre expérimental. Toutefois le ministère a précisé qu’une circulaire conservait ce côté expérimental" les français ne s'y trompent pas et savent que l'expérimental a toutes les chances, en cette période de rigueur, de devenir ... opérationnel !



C'est quoi un "jardin d'éveil"

Selon la FCPE du 49 : " ... /... Un doux nom qui désigne une structure d’accueil spécialement dédiée aux enfants de 2 ans à 3 ans et demi ... / ... Pour un foyer vivant avec un Smic, une place en jardin d’éveil coûtera 42 euros mensuels (6,3 % du total) contre 178 euros pour des revenus supérieurs à quatre Smic (26 %). Des frais certes moins élevés que pour les crèches, mais qui détonnent face à la gratuité de la maternelle. ... / ... les jardins d’éveil seront aussi financés à 40 % par les Caisses d’allocations familiales (CAF). Le reste sera à la charge des « porteurs de projet » : des entreprises, des associations ou plus probablement des collectivités locales. Une solution moins coûteuse pour l’État, qui devrait donc surtout reposer sur les municipalités ... / ... "

Ce à quoi, il faut ajouter que le décret permettra : "à tout établissement appelé « jardin d’éveil » d’accueillir des enfants de 0 à 6 ans sans aucune norme minimum ... / ..." et de : "s’exonérer d’obligations notamment du nombre de professionnels auprès des enfants" - Source ACEPP

Mais un "jardin d'éveil" ou plutôt une "crèche privée" (crèche privée, crèche associative, entreprise de crèche) comme l'appelle l'association MIMOSAE (Méthodes Innovations Maîtrise d'Oeuvre de Structures d'Accueil pour l'Enfance) qui se targue d'aider les collectivités locales ou associations à les créer, ça pourrait devenir un business comme un autre puisque on trouve déjà des formations à la création de ce type d'établissements comme :

La Boite à Outils du Porteur de Projet crèche
ou
Elaborer un projet Petite Enfance, dont la définition est la suivante : " Public concerné par la formation Petite Enfance" : " Cette formation s'adresse aux personnes désirant créer une structure Petite Enfance, crèche, halte-garderie, multi-accueil et souhaitant connaitre les contraintes législatives, les partenaires institutionnels et financiers, et les démarches nécessaires à la réalisation de leur projet Petite Enfance"

En attendant l'arrivée en grand nombre des "jardin d'éveil" Nadine Morano a déclaré : " ... /... il s’agissait de répondre à la pénurie de places et de personnels qualifiés notamment «en optimisant les places disponibles» ponctuellement dans les crèches. Elle a expliqué que le taux d’occupation des crèches étant de 67% en moyenne, car certains jours des enfants ne viennent pas, elle souhaite "optimiser à 100% les places disponibles"

En termes d'optimisation culturelle et esthétique, par contre, les meubles du couturier Lacroix, seront visibles par tous, puisqu'ils trôneront au musée des arts décoratifs de la capitale.

Avouez que c'est quand même plus intéressant que des gamins qu'on peut voir à n'importe à n'importe quel coin de rue et dont la banalité ne les expose pas à un : "désastre culturel" susceptible de mobiliser le gouvernement et la nation entière ...

Crédit photo
Le Monde
Le Figaro