12 janvier 2009

Convention assurances chômage : La CFDT un peu plus isolée

Le bureau confédéral de la CFTC a annoncé ce matin qu’il ne signerait pas la nouvelle convention de l’assurance chômage. Le syndicat rejoint ainsi FO et la CGT. "C’est la première fois de son histoire que la CFTC ne signe pas la convention d’assurance-chômage", a indiqué Gabrielle Simon, membre du bureau. Selon elle, l’accord "n’est pas à la hauteur de la crise", compte tenu de l’envolée du chômage et "du développement des emplois atypiques", c’est-à-dire précaires, et est donc "insuffisant". S’il prévoit l’indemnisation de salariés précaires n’ayant cotisé que quatre mois dans les 28 mois précédents, il "réduit fortement" la portée de cette mesure en cas de nouvelle inscription au chômage des mêmes personnes dans un délai rapproché, a jugé la CFTC. Nous apprend France Info

Gabrielle Simon, Vice Présidente de la centrale syndicale s'en explique :

La CFTC tient à rappeler qu’elle a toujours pris ses décisions en fonction de l’intérêt des salariés et du contexte économique et social. Or, aujourd’hui, ce texte n’est pas à la hauteur des enjeux que la crise nous impose pour que la CFTC engage sa signature.

Si cette convention est agréée par les pouvoirs publics, une partie des demandeurs d’emploi, plus particulièrement les personnes en situation de précarité et les jeunes, et dans une moindre mesure les seniors, se verront laisser au bord de la route.


La CFTC regrette également que la nouvelle convention ne prenne pas suffisamment en compte la dégradation de la situation économique et ses conséquences sur l’emploi. Dans ce contexte, la CFTC estime prématurée la baisse automatique des cotisations tous les six mois à compter du 1er juillet 2009. Une telle baisse pourrait être acceptable socialement si elle était accompagnée de compensations pour les demandeurs d’emploi.


Alors que le RSA met en avant l’intérêt financier que tout bénéficiaire doit avoir de retrouver un emploi même minime en cumulant minima social et salaire perçu, le dispositif proposé par la convention a pour conséquence la perte de droits ouverts du fait de la reprise d’un emploi, souvent précaire.


Bien qu’insuffisante, cette convention comprend des avancées portées par la CFTC pendant la négociation, comme par exemple la création d’une filière unique. Le bureau confédéral de la CFTC demande donc l’ouverture de négociations d’un avenant de l’article 7 à la présente convention pour organiser la baisse des cotisations.

Celle-ci doit s’appuyer sur une évaluation globale de la situation financière de l'assurance chômage. Elle doit également être conditionnée à une amélioration de l'indemnisation des demandeurs d'emploi sous les deux formes suivantes :
- généralisation de l'indemnisation de tous les demandeurs d'emploi précaires dès 4 mois ; - possibilité pour les demandeurs d'emploi d'additionner des droits anciens non consommés avec des droits nouveaux. La CFTC n’exercera donc pas son droit d’opposition, mais demande au gouvernement d’appuyer sa demande d’ouverture de négociation d’un avenant. - Source CFTC

Pour mémoire, CFDT a annoncé qu’elle signerait cette convention maisqu' elle aimerait bien ne pas être la seule à le faire. Prenant à contre pied tous les autres syndicats puisque François Chérèque avait annoncé qu'il ne serait pas le seul à la signer. Changeant de tactique, il en appelait à la responsabilité des autres syndicats. Après FO, la CGT, la CFTC, il ne reste plus que la CFE-CGC. La centrale syndicale donnera son avis le 20 janvier. Mais même en cas de refus, l’accord pourrait être validé.

Représentativité avez-vous dit ?

1 commentaire:

Rébus a dit…

Là dessus, et je suis le premier surpris en le disant, on ne peut que suivre la CFTC.
oK, il y aura plus de chômeurs indemnisés, c'est comme ça que la CFDT justifie son suivisme traditionnel mais quid des précaires, intérimaires et autres qui, fréquemment reviennent dans le régime Unedic ? Le nouveau mode de calcul les pénalisent.
Mais la CFDT, outre, d'être aux ordres depuis longtemps, s'occupe des "travailleurs", pas des chômeurs, n'hésitant d'ailleurs pas à porter plainte contre eux en cas d'occupation de locaux