Affichage des articles dont le libellé est cgt. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est cgt. Afficher tous les articles

21 janvier 2013

Maurad Rabhi (CGT) : Les patrons sont les grands gagnants de la négociation emploi !

Selon Maurad Rabhi, en charge à la CGT des questions d’emploi et du chômage, l'accord sur l'emploi négocié entre les organisations patronales et certains syndicats est particulièrement déséquilibré. Nous lui avons proposé de nous en donner les raisons, ce qu'il a accepté de faire, en exclusivité, sur Slovar les Nouvelles.

Slovar: Maurad, vous étiez l'un des négociateurs de la CGT lors du marathon de la négociation sur la réforme du marché du travail. De très nombreux observateurs ont indiqué que l'accord final est équilibré. Il n'y aurait finalement que des gagnants ?

Maurad Rabhi : Les patrons sont les grands gagnants de cette négociation. Les salariés dans leur grande majorité n'ont pas encore pris la mesure rélle de la portée de l’accord du 11 janvier 2013. Et pourtant, ce texte présenté comme une nouvelle phase de « flexisécurité » constitue, en vérité, la régression la plus importante qu’ont eu à connaître les droits des salariés depuis les années 1980.

Slovar : Les "experts" qui ont commenté positivement le texte auraient-ils été partiaux ?

MR : En ce qui concerne la presse, la quasi totalité s'est focalisée sur les hypothétiques nouveaux droits auxquels les salariés pourraient prétendre sans s'interroger sur les effets pervers de certaines propositions. Ainsi, on a parlé de formation, de complémentaire santé, de temps partiel, de droits rechargeables pour les chômeurs. Dont les modalités et le délai de mise en oeuvre sont particulièrement flous. Mais j'y reviendrai.

Quant à la taxation des contrats courts, elle a servi de leurre tout au long de la négociation pour mieux détourner l’attention de l’opinion sur les aspects de flexibilité ou de sécurité juridique que le patronat réclamait pour son propre compte.

Slovar : Oui, mais, la formation, les complémentaires santé, le temps partiel, et les droits rechargeables pour les chômeurs ont bien été inclus dans le texte final ?

J'ai dit que j'y reviendrais. Alors, analysons précisément les "nouveaux" droits inclus dans l'accord.

Mise en place du compte personnel de formation : Sorte de serpent de mer, on en parle depuis des années. Elle reste conditionnée à un accord tripartite (Etat, Région et partenaires sociaux). Ce qui vous l'avouerez est d'une grande lourdeur face au problème. Néanmoins, on ignore tout de ses modalités de financement !

La complémentaire santé pour les salariés qui en sont dépourvus peut-être considérée comme une avancée (même si elle est payée pour moitié par le salarié). Néanmoins, il faut que les salariés sachent qu'elle n’entrera en vigueur qu’en 2016 ! En outre, il faudra que les conditions soient réunies dans l'entreprise pour que les contrats de complémentaire santé soient appliqués. 

Les droits rechargeables pour les chômeurs devront être financés à coût constant par le budget de l’Unedic. Rien n’a été arrêté sur le paramétrage des droits rechargeables. La prochaine convention d’assurance-chômage devra définir la durée des droits, le taux d’indemnisation et la période que l’on retient pour calculer les droits rechargeables. Ce qui est sûr, c’est que le Medef propose en contrepartie, pour ne pas grever le déficit, de remettre en place la dégressivité de l’allocation pour tous les demandeurs d’emploi ou alors de baisser le niveau des allocations de 10 à 15 % pour tous. Enfin, autre proposition, c’est de diminuer la durée des droits pour tous. Autrement dit, cela signifie qu’on déshabille Paul pour habiller Jacques.

En ce qui concerne la taxation des contrats courts revendiquée de longue date par la Cgt, l'accord « oublie » les intérimaires, les saisonniers et les CDD supérieurs à 3 mois. Cerise sur le gâteau, cette mesure au total rapportera au patronat plus d’argent qu’elle ne lui en coûte avec la contrepartie relative à l’exonération des cotisations pour l’embauche d’un jeune de moins de 26 ans.

Slovar : Maintenant que nous avons vu le côté "sécurisation" de l'accord, passons, si vous voulez bien du volet "flexibilité ?

MR : Tout d'abord, sachez que si les mesures présentées en faveur des salariés ou des demandeurs d’emploi sont hypothétiques ou renvoyées à plus tard, les mesures de flexibilité au profit des employeurs sont bien réelles et d’application immédiate.

Mesure-t-on la gravité des nouvelles dispositions relatives aux procédures de licenciement encadrées et sécurisées juridiquement à la main du patronat, qui pourra engager des restructurations y compris quand l’entreprise est en bonne santé financière ?

Slovar : C'est à dire ?

MR : Premièrement : La réduction drastique des délais de la procédure (entre 2 et 4 mois) interdira, en pratique, aux représentants des salariés de discuter du fondement économique des licenciements et d’élaborer des solutions alternatives. Les négociations risquent donc de ne porter que sur le volet social du plan de sauvegarde à l’emploi et la stratégie de l’entreprise est validée dans tous les cas de figure.

Deuxièmement : Mesure-t-on les conséquences d’une mobilité forcée pour les salariés ? Ils ne pourront plus contester les propositions patronales, même si elles ne sont pas conformes aux clauses de leur contrat de travail. Un refus vaudra licenciement pour motif personnel (et non plus économique), donc sans mesure d’accompagnement possible.

Troisièmement : Mesure-t-on les conséquences des accords dits « de maintien dans l’emploi » qui ressemblent furieusement aux accords "compétitivité-emploi" proposés par le Medef sous l'ancienne présidence de la République et, dont on voit actuellement ce qu’ils signifient, par exemple, chez Renault ?

Non seulement les garanties en matière d’emploi seront toujours sujettes à caution, mais le chantage exercé en toute impunité par les employeurs leur permettra de réduire les salaires ou d’augmenter la durée du travail pour améliorer les marges financières des entreprises. Les salariés qui refuseront seront licenciés pour un motif qui s’apparente à un licenciement économique, mais l’entreprise sera dispensée de toutes les obligations sociales du plan de sauvegarde à l’emploi (formation, reclassement, revitalisation du bassin d’emploi, priorité de réembauche, etc…).

Quatrièmement : Mesure-t-on ce que signifie l’immunité judiciaire offerte aux employeurs ?

Les voies de recours des salariés pour contester les décisions patronales sont réduites et les sanctions aussi. On glisse ainsi du lien de subordination du salarié à l’employeur vers un lien de ... soumission !

Les conséquences de cet accord pour les salariés ont été manifestement sous-évaluées. Elles se révèleront malheureusement avec le temps. Le compromis issu de cette négociation est trop déséquilibré en faveur du patronat. On est loin d’un dialogue social constructif où les intérêts des uns et des autres sont pris en compte.

Slovar : Oui, mais l'accord ayant été signé conjointement par les organisations patronales et par la CFDT, la CFECGC et la CFTC, il devrait selon toute logique s'appliquer ?

MR : Il faut d’abord savoir que si l’on avait utilisé les nouvelles règles de représentativité qui entreront en application dès le mois de juillet, l’accord serait minoritaire car la CFTC ne sera plus représentative sur le plan interprofessionnel et la CGC deviendra un syndicat catégoriel. Il faut tout d'abord que le Parlement donne son avis. C’est pourquoi il doit modifier le texte pour le remettre en conformité avec son intitulé et avec la propre feuille de route du gouvernement. Cet accord est en deçà du plancher légal existant sur beaucoup de points, il n’est pas possible que ce gouvernement entérine de tels reculs sociaux.

Slovar : Merci Maurad Rabhi


Maurad Rabhi est secrétaire général de la fédération Thc Cgt, Membre de la direction confédérale en charge des questions d’emploi et du chômage.

17 mars 2009

19 Mars 2009 : J-2, Mode d'emploi

Ce n'est pas tout d'en parler de cette journée de revendication du 19 mars. L'essentiel est maintenant d'expliquer dans quelles conditions vont avoir lieu ces manifestations. Nos amis de la CGT viennent de nous faire parvenir un texte et et surtout, comme pour le 29 janvier, une carte interactive des emplacements ou se produiront les défilés.

Vous trouverez ci-dessous leur texte, une carte et un lien direct vers Google Maps

"La forte mobilisation du 29 janvier a conduit le président de la République à annoncer à l’occasion de la rencontre avec les partenaires sociaux, le 18 février, une légère inflexion sociale à son plan de relance. Pour autant, les revendications portées dans l’unité par les 8 confédérations syndicales ne sont pas encore entendues et satisfaites par le gouvernement et le patronat. Fortes du succès de cette première journée et alors que se multiplient les conflits sociaux, dans le pays dans le public comme dans les entreprises privées, les 8 centrales syndicales appellent à une nouvelle journée unitaire de mobilisation le 19 mars"

La carte recense les appels à la mobilisation du 19 mars 2009. Elle est mise à jour à partir des informations transmises à la confédération par les organisations territoriales de la CGT. Pour des informations plus détaillées sur les coordonnées des manifestations prévues, se reporter à la presse régionale, aux tracts et sites internet syndicaux.

Le Lien Google Maps

Plus d'informations sur : Le site de la CGT

12 janvier 2009

Convention assurances chômage : La CFDT un peu plus isolée

Le bureau confédéral de la CFTC a annoncé ce matin qu’il ne signerait pas la nouvelle convention de l’assurance chômage. Le syndicat rejoint ainsi FO et la CGT. "C’est la première fois de son histoire que la CFTC ne signe pas la convention d’assurance-chômage", a indiqué Gabrielle Simon, membre du bureau. Selon elle, l’accord "n’est pas à la hauteur de la crise", compte tenu de l’envolée du chômage et "du développement des emplois atypiques", c’est-à-dire précaires, et est donc "insuffisant". S’il prévoit l’indemnisation de salariés précaires n’ayant cotisé que quatre mois dans les 28 mois précédents, il "réduit fortement" la portée de cette mesure en cas de nouvelle inscription au chômage des mêmes personnes dans un délai rapproché, a jugé la CFTC. Nous apprend France Info

Gabrielle Simon, Vice Présidente de la centrale syndicale s'en explique :

La CFTC tient à rappeler qu’elle a toujours pris ses décisions en fonction de l’intérêt des salariés et du contexte économique et social. Or, aujourd’hui, ce texte n’est pas à la hauteur des enjeux que la crise nous impose pour que la CFTC engage sa signature.

Si cette convention est agréée par les pouvoirs publics, une partie des demandeurs d’emploi, plus particulièrement les personnes en situation de précarité et les jeunes, et dans une moindre mesure les seniors, se verront laisser au bord de la route.


La CFTC regrette également que la nouvelle convention ne prenne pas suffisamment en compte la dégradation de la situation économique et ses conséquences sur l’emploi. Dans ce contexte, la CFTC estime prématurée la baisse automatique des cotisations tous les six mois à compter du 1er juillet 2009. Une telle baisse pourrait être acceptable socialement si elle était accompagnée de compensations pour les demandeurs d’emploi.


Alors que le RSA met en avant l’intérêt financier que tout bénéficiaire doit avoir de retrouver un emploi même minime en cumulant minima social et salaire perçu, le dispositif proposé par la convention a pour conséquence la perte de droits ouverts du fait de la reprise d’un emploi, souvent précaire.


Bien qu’insuffisante, cette convention comprend des avancées portées par la CFTC pendant la négociation, comme par exemple la création d’une filière unique. Le bureau confédéral de la CFTC demande donc l’ouverture de négociations d’un avenant de l’article 7 à la présente convention pour organiser la baisse des cotisations.

Celle-ci doit s’appuyer sur une évaluation globale de la situation financière de l'assurance chômage. Elle doit également être conditionnée à une amélioration de l'indemnisation des demandeurs d'emploi sous les deux formes suivantes :
- généralisation de l'indemnisation de tous les demandeurs d'emploi précaires dès 4 mois ; - possibilité pour les demandeurs d'emploi d'additionner des droits anciens non consommés avec des droits nouveaux. La CFTC n’exercera donc pas son droit d’opposition, mais demande au gouvernement d’appuyer sa demande d’ouverture de négociation d’un avenant. - Source CFTC

Pour mémoire, CFDT a annoncé qu’elle signerait cette convention maisqu' elle aimerait bien ne pas être la seule à le faire. Prenant à contre pied tous les autres syndicats puisque François Chérèque avait annoncé qu'il ne serait pas le seul à la signer. Changeant de tactique, il en appelait à la responsabilité des autres syndicats. Après FO, la CGT, la CFTC, il ne reste plus que la CFE-CGC. La centrale syndicale donnera son avis le 20 janvier. Mais même en cas de refus, l’accord pourrait être validé.

Représentativité avez-vous dit ?

12 novembre 2008

Le Web au service des élections prud'homales

Slovar vous a parlé il y a quelques jours de l'imminence des élections prud'homales (3 décembre 2008) et de leurs enjeux dans l'article "De l'importance des élections prud'homales en cas ... de crise économique"

Nous vous rappelions que : "Les conseils de prud’hommes, restent, à ce jour, une juridiction unique en Europe… Et que : "Le conseil de prud’hommes est la seule institution française qui accorde le droit de voter aux jeunes dès 16 ans. De plus, aucune condition de nationalité n’est exigée : seul compte le contrat de travail de droit français. Les salariés de nationalité étrangère peuvent donc voter"

Nous évoquions à cette occasion la mise en place d'un site d'information créé par le gouvernement Prud'hommes 2008.

Et bien, c'est maintenant au tour de la CGT de se faire une place sur le Net au sujet de ces élections. Elections qui, au delà de la représentation des salariés amenés à faire valoir leurs droits, vont définir la représentativité de chaque syndicat dans les négociations avec les autres partenaires sociaux et le gouvernement.

La CGT nous a communiquée l'information suivante :

La CGT inaugure un site internet consacré entièrement aux élections prud’homales. … ce site est en fait un blog assez dense intégrant de nombreuses rubriques :

* Légitimes défenses
* Histoires de prud'hommes
* Brèves de terrain
* Les mots totem
* Les chiffres parlent !
* Ils ont osé dire
* Comment voter ?
* Embarquement immédiat

Très axé vidéos, il propose des témoignages, des chiffres et des réflexions de terrain. Pour vous faire un avis ou une idée, vous pouvez visiter le blog en cliquant sur le lien La CGT prud'homales 2008

Sources et crédits
La CGT