23 janvier 2009

France : Etre député européen est une corvée ou une punition pour nos élites

Depuis le début de la crise financière devenue économique, on ne cesse de répéter aux français qui majoritairement avaient refusé le projet de traité constitutionnel que la seule voie est l'EUROPE.

Nous n'en disconvenons pas mais notons que si, lorsque notre Président est président de l'Europe, tout le personnel politique est au créneau. Lorsqu'il faut aller siéger au parlement européen, les bonnes volontés sont moins nombreuses.

Ainsi, Jean-Michel Lemétayer l'actuel président de la FNSEA et qui était tête de liste de l’Ump et de la majorité présidentielle en Bretagne aux prochaines élections européennes de juin 2009, vient de refuser. Il se consacrera jusqu’à la fin de son mandat à la présidence de la Fnsea et veillera à court terme à une mise en place du bilan de santé de la Pac qui satisfasse les agriculteurs.

Question : Ou débat-on de la PAC ?

Au parlement européen. Monsieur Lemétayer préfère t-il laisser ses amis de l'UMP s'occuper du dossier de l'agriculture nationale au lieu d'aller faire profiter de son "expertise" le parlement européen ? Ou pense t-il qu'être député européen n'a aucune valeur pour son lobby ?

La ministre de la Justice Rachida Dati qui sera candidate pour les européennes de juin sur la liste UMP en Ile-de-France, en 2ème position derrière son collègue de l'Agriculture Michel Barnier. Y va on le sait ... à reculons. Puisqu'elle a d'ores et déja annoncé qu'elle ne ferait pas campagne aux côtés de la tête de liste.

La secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme, Rama Yade, a indiqué qu'elle avait "un fort désir d'engagement électoral" évoquant les prochaines élections régionales et non les élections européennes auxquelles le président de la République souhaitait qu'elle se présente. Concernant les élections européennes, "je me suis déjà exprimé là-dessus, pour les régionales ont verra au moment venu, mais j'ai un fort désir d'engagement électoral" - Source : Le Figaro

Au Parti Socialiste

Martine Aubry vient d'annoncer qu'elle ne se présenterait pas aux prochaines Elections Européennes en 2009. Le premier secrétaire du Parti Socialiste ne veut pas cumuler de mandats pour se consacrer pleinement à sa tache et aux futures élections présidentielles en 2012. . EncycloActu

Sur les 31 sortants, 26 postulent à nouveau, avec Bernard Soulage, successeur de Michel Rocard. Cinq sortants ne se représentent pas, notamment Pierre Schapira et Bernard Poignant. D'autres candidatures se manifestent déjà, avant le dépôt du 2 au 6 février. Gilles Pargneaux, premier fédéral du Nord, proche de Martine Aubry, est candidat dans le Nord-Ouest, a-t-il indiqué à l'AFP, «et certains camarades souhaitent que je mène la liste, en conformité avec les résultats du congrès dans la région du Nord».

Le royaliste Patrick Mennucci, l'un des responsables du PS dans les Bouches-du Rhône, est candidat. Les vice-présidentes strauss-kahniennes de région Michèle Sabban (Ile-de-France) et Safia Otokoré (Bourgogne) aussi. Dans son camp, certains poussent Ségolène Royal à se présenter, mais d'autres l'en dissuadent. Apôtre du non-cumul des mandats, elle aura du mal à expliquer qu'elle est présidente de Région plus députée européenne et s'il lui prend l'idée d'abandonner son mandat après avoir fait campagne, elle «va se faire allumer», estiment des proches.

Benoît Hamon souhaite mener la liste en Ile-de-France, mais il est en concurrence avec Harlem Désir. Tête de liste sortante dans la région-capitale, figure de la diversité, M. Désir est proche de Bertrand Delanoë, dont la motion a obtenu 25,2%, devançant celle de M. Hamon (18,5%).

Quel enthousiasme et quel podium de stars de la politique française !!! Et dire que le parlement est à Strasbourg et à portée de TGV ou d'avion de tous nos élus. Mais puisque tout le monde à une bonne excuse ....

Par contre, pour les élections régionales, un grand nombre seraient prêts à "tuer" ou accuser les autres de tricherie (Karoutchi vs Pecresse) pour obtenir un fief. Ah, la région ou chacun peut jouer au châtelain ou au roitelet, convoquer la presse régionale pour avoir sa photo 72 fois par numéro, tout en en disposant de quasiment aucun moyen en termes de développement économique ou social (si ce n'est le dumping) . Comme avait l'habitude de le répéter un de mes amis: "Oui mais ça c'est un bon bifteck"

Alors posons franchement la question : Pourquoi les leaders des partis politiques refusent-ils un mandat européen ?

Peut être parce que ce parlement n'a que peu de pouvoirs à côté de la commission européenne (qui, rappelons-le n'est pas élue mais fait pratiquement ce qu'elle veut). Ou peut être parce qu'il est largement plus confortable de siéger à l'Assemblée Nationale ou au Sénat. Mais alors direz-vous, on nous explique, que la quasi totalité des lois, les mécanismes régulateurs de la concurrence, la politique monétaire sont faites par l'Union Européenne.

Alors pourquoi pourquoi les députés ou les sénateurs français ne sont-ils pas plus motivés ? Très simplement parce qu'ils ne croient pas que le parlement européen puisse leur offrir tribune et carrière (peur de l'anonymat) et parce qu'ils doutent de l'efficacité du parlement.

Après cela, il ne faut pas s'etonner de la réaction des électeurs. La DG Communication du Parlement européen, estime que l'inquiétude liée à la situation socio-économique détourne les citoyens des autres enjeux.

Un capital de sympathie élevé pour l'institution, mais un manque d'intérêt pour la désignation de ses membres : les Européens ont décidément un problème avec le Parlement qui les représente à l'échelle continentale. Une enquête Eurobaromètre réalisée dans l'optique des élections de juin 2009 montre que 44 % seulement des personnes interrogées sont intéressées par ce scrutin. 34 % font part de leur intention de se rendre "très probablement" aux urnes. Des chiffres en baisse par rapport aux résultats enregistrés il y a six mois. La faute à la crise ?

Cela transparaît d'ailleurs dans les préoccupations des personnes interrogées : croissance économique (51 %), chômage (49 %2), inflation et pouvoir d'achat (47 %) sont pour eux les thèmes autour desquels devrait s'articuler la campagne. Les craintes liées à la sécurité globale (insécurité, lutte contre le changement climatique, immigration, terrorisme) sont en baisse par rapport au printemps dernier. La date des élections semble mieux connue à mesure que s'approche le scrutin, mais on ne peut pas encore dire que celle-ci soit de notoriété publique : 26 % des sondés savent qu'il aura lieu cette année, contre 9 % il y a un an. 8 % sont désormais au fait que le vote aura lieu en juin - Source : Toute l'Europe

Souvenez-vous de ce double constat lorsque vous entendrez, toutes couleurs politiques confondues, les candidats vous répéter que "nous avons besoin de plus d'Europe". On en rirait si ce n'était pathétique.


5 commentaires:

b.mode a dit…

Vrai qu'à part Barnier, ça n'intéresse pas grand monde ce parlement européen. Dati ou Yade vive ça comme une punition... Mais Rachida a cédé au désir du Prince mais pas Rama

Anonyme a dit…

Pour Rachida Dati (qui s'est donc dispensée de la campagne) et Yama Rade, la comparaison n'est pas à faire avec le Sénat, la Chambe de députés ou une chambre régionale, mais avec un "maroquin" et ce qui va avec.

Sam a dit…

On imagine avec effroi ce que cela eût été si la France ne pratiquait pas, quoiqu'elle en dise, le gratifiant cumul des mandats...

Anonyme a dit…

Ils ont surtout peur de mourir : Le Parlement de Strasbourg a commencé à s'écrouler avant la fin de la garantie décennale ; dix tonnes de plafond sont tombés sur les sièges de l'hémicycle le 8 août.

Anonyme a dit…

Les candidats par contrainte devraient se renseigner auprès des véritables experts. Par exemple auprès de Jean-Luc Dehaene, ex-premier ministre belge et co-écrivain avec M. Giscard du projet de "constitution" européenne.
Dans une interview au Soir (quotidien de référence belge) il y a deux ans il expliquait benoîtement qu'il n'allait quasiment pas au Parlement européen dont il est membre parce qu'il avait trop de travail dans les conseils d'administration où il siégeait (comme DEXIA, par exemple qu'il préside aujourd'hui). Cela ne l'empêche pas de cumuler.