Affichage des articles dont le libellé est uimm. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est uimm. Afficher tous les articles

20 mai 2011

Les salaires deviendront-ils la future variable d'ajustement de la conjoncture ?

Les salariés pourraient-ils voir leurs rémunération varier à la hausse comme à la baisse en fonction de l'activité ? En tous cas c'est la dernière idée en vogue à l'UIMM, le patronat de la métallurgie !

Un de mes anciens employeurs, expliquait tous les matins à ses troupes, la chance qu'ils avaient de profiter de ses locaux (au demeurant, mal chauffés en hiver) et de toucher en toute insouciance, un salaire (les plus bas de la profession) alors que lui, ne connaissait que les tourments, des affaires fluctuantes ! Ce qui l'amenait, à la fin de chaque mois, lorsqu'il distribuait les bulletins de salaires, à nous déclarer : « On ne devrait payer les employés que lorsque l'entreprise a de l'activité » !

Bien entendu, en fin d'année positive, en ce qui concerne une distribution, même symbolique des bénéfices, nous devions nous limiter à un ... discours sur le bonheur, que nous aurions à ... recommencer un nouvel exercice ... coûteux pour la trésorerie de l'entreprise !

Et bien, le rêve de ce monsieur, pourrait bien devenir une réalité, si on en croît l'information, révélée ce matin, par Marc Landré, un des meilleurs spécialistes des sujets sociaux, au Figaro !

En effet, on apprend que l'UIMM propose : « (...) d'ajuster temporairement la durée du travail et les rémunérations des salariés, à la hausse comme à la baisse, en fonction de la conjoncture »

Pour ceux qui ignoreraient encore qui est l'UIMM, il faut leur expliquer qu'il s'agit, d'une : « organisation professionnelle dont la vocation est de représenter et de promouvoir les intérêts des entreprises de la métallurgie de toutes tailles et couvrant de nombreux secteurs d’activités (...) l’industrie automobile, le nucléaire, la construction navale, aéronautique, spatiale et ferroviaire, la fabrication d’équipements ménagers, la construction mécanique, la métallurgie et la transformation des métaux, ou encore les industries des composants et des équipements électriques et électroniques, auxquels peuvent être associées les entreprises de services à l’industrie (...) » - Source UIMM

Outre être un des plus gros employeurs de France, l'UIMM s'est illustré par des : « (...) retraits suspects de 16,5 millions d’euros retirés en liquide entre 2000 et 2007 (...) semble t-il destinés à « fluidifier le dialogue social » et d'avantages financiers indus, comme : contrats d'assurance-vie payés par l'organisation patronale, complément de retraite (en liquide), au profit de quelques uns de ses membres

Néanmoins, après que L'UIMM, soupçonnée d'avoir versé des primes non déclarées à des salariés entre 2004 et 2007, ait été mise en examen pour : travail dissimulé, en 2010, Frédéric Saint-Geours, son nouveau président, affirmait que tout était rentré dans l'ordre. Dont acte !

C'est le même Frédéric Saint-Geours qui selon Marc Landré, aurait présenté, jeudi, lors de la convention de l'UIMM, un document préparatoire au « Manifeste pour l'industrie » qu'elle compte : « (...) présenter à l'automne dans le cadre de la présidentielle »

Outre les pistes pour : « (...) limiter le coût et l'impact de l'assurance-chômage » et la « redéfinition du licenciement économique », il faut être attentif, à une des propositions, qui pourrait, si elle était reprise dans le programme électoral du parti qui gagnera les élections de 2012, réserver une bien mauvaise surprise aux salariés !

Quelle est-elle ?

L'UIMM a confié à Pierre Cahuc (coauteur avec Gilbert Cette et André Zylberberg d'un rapport « Salaire minimum et bas revenus » et qui recommandait au gouvernement de : remettre en cause les règles d'indexation du salaire minimum et plus récemment, avec Francis Kramarz d'un rapport recommandant la création d'un contrat de travail unique ) la responsabilité de la rédiger Il propose de :

« (...) donner plus de marges de négociation aux partenaires sociaux dans l'entreprise, en permettant via un accord collectif d'«ajuster temporairement la durée du travail et les rémunérations des salariés, à la hausse comme à la baisse, en fonction de la conjoncture». Bref, pouvoir augmenter salaires et temps de travail quand l'entreprise fait face à une hausse temporaire de ses commandes… et les baisser en période de vaches maigres. «De tels ajustements ont contribué à amortir l'impact sur l'emploi de la récession de 2008 en Allemagne, plaide Pierre Cahuc (...) »

Une remarque au passage : Il n'est pas question dans ce raisonnement de voir les salaires augmenter mais plutôt de faire travailler plus d'heures rémunérées en période de pointe. Donc : Exit les heures supplémentaires ! Ce qui équivaut à toucher la même chose en ... le répartissant sur l'année entière !

Autres conséquences pour les salariés d'une telle proposition ?

Première conséquence : Dans la mesure où la négociation ne serait plus nationale mais entreprise par entreprise, il y aurait une grande disparité d'accords dont la qualité risque d'être très inégale !

Deuxième conséquence, la pire ! : Obliger les salariés à gérer leur budget au gré des fluctuations économiques alors que ceux-ci n'ont absolument pas la même faculté que les entreprises à négocier avec leur banque pour payer leurs charges et dettes !

Une « grande idée » que nous pourrions bien retrouver, dans les programmes électoraux de l'UMP et des quelques centristes dissidents, pour 2012. A vous d'être attentifs !

Crédit image
Rodho

02 mars 2009

Laurence Parisot déboutée de ses poursuites contre un ex-président de l'UIMM

UIMM : Lorsque le sigle paraît, le MEDEF ... disparaît. Du moins devient moins loquace que lorsqu'il faut refuser toute négociation sur les salaires ou les conditions de travail de millions de salariés.

Laurence Parisot avait, lorsque l'affaire de la caisse noire du MEDEF et de son ancêtre le CNPF avait été révélée, affirmé qu'elle se "sentait salie" et surtout qu'elle "ignorait totalement l'existence de ce genre de pratiques" mais que certains savaient : "inconsciemment" ou comme le dirait la marionnette de Richard Virenque aux guignols de l'info : "c'est intervenu à l'insu de mon plein grès"

Aussi, lorsque Daniel Dewavrin, le prédécesseur de Denis Gautier-Sauvagnac (l'homme par qui le scandale est arrivé) a affirmé que "Sur ce point précis, à mon avis, elle ne dit pas la vérité. Elle ne dit pas qu'elle savait depuis longtemps que ces choses-là existaient, qu'elle en a tiré profit pour mener sa politique. Ca lui sert aussi de prétexte pour attaquer l'UIMM avec une très, très grande violence" elle l'a assigné en justice en janvier 2009

Pour mémoire, la caisse noire de l'UIMM c'est

Démocratie & Socialisme - 19 février 2008

Denis Gautier-Sauvagnac (DGS), délégué général de l’Union des industries et métiers métallurgiques (UIMM), s’est fait prendre la main sur la poignée, par le Tracfin, organisme de lutte contre le blanchiment d’argent parce qu’il prélevait des mallettes d’argent liquide de 26 à 32 kg à raison d’environ 2 millions d’euros par an – avec des pointes au moment des présidentielles. DGS qui touchait lui-même 240 000 euros, pour cela, n’a pas voulu dire d’où venait l’argent ni où allait l’argent : omerta. Est-il membre de la commission d’éthique ? On a su qu’il y avait une caisse noire de 600 millions d’euros, certains ont dit « un milliard », qui servaient à « fluidifier les relation sociales », à « prévenir les conflits ». DGS qui était président de l’UNEDIC versait des salaires en liquide à ses « collaborateurs » sans verser de cotisations sociales, un proche De Calan aussi qui vient d’être mis en examen. Tous pour « abus de confiance », « fraude aux Ursaff » « destruction de preuves ». DGS s’est fait remplacer à l’UNEDIC par Michel de Virville, qui avait fait un célèbre rapport en 2004 pour démanteler le Code du travail. A propos des salaires en liquide, sans cotisations à l’URSSAF, De Virville et De Calan que faisaient-ils ? Tous partisans de l’éthique ? Mme Laurence Parisot, présidente du MEDEDF dont l’UIMM est le pivot, qui a été élue contre un autre candidat, son challenger, Guillaume Sarkozy, a déclaré qu’elle se sentait « salie » par cette révélation sur l’argent liquide, que c’était un « secret de famille honteux » et que « beaucoup savaient inconsciemment » ... / ... Intégralité de l'article

Le Figaro - 24/07/2008 - Un ancien responsable de l'UIMM révèle que la caisse noire de l'organisation patronale aurait servi à financer l'ancêtre du Medef lui-même, mais aussi des syndicats, ou encore des partis politiques… Les révélations sont de taille…C'est un véritable rebondissement dans l'affaire de la caisse noire de l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM), révélé par le quotidien Le Monde. Jacques Gagliardi, ex-bras droit de Pierre Guillen, délégué général de l'UIMM de 1985 à 1995, a témoigné devant le juge d'instruction Roger Le Loire le 16 juillet, chargé de découvrir à qui étaient destinés les 21 344 691 euros prélevés sur les «comptes spéciaux» de l'UIMM de 2000 à 2007. Il avait mis en examen Jacques Gagliardi pour «recel d'abus de confiance» pour avoir perçu des compléments de salaire et de retraite en espèces. comptait un service des études législatives qui en réalité avait une tout autre activité, assure Jacques Selon Jacques Gagliardi, l'ancêtre du Medef lui-même, le Conseil national du patronat français (CNPF), a bénéficié, pendant de longues années, d'un financement occulte de l'UIMM. «Le CNPFGagliardi, dans des propos rapportés par le Monde, « je dirais qu'un représentant du CNPF venait régulièrement s'alimenter en munitions auprès de M. Guillen (…), je dois dire qu'à mon départ, en 1995, ça continuait». Les déclarations de Jacques Gagliardi pourraient ainsi orienter l'enquête du juge vers d'anciens responsables du CNPF, tels qu'Yvon Gattaz (1981 à 1986) déjà auditionné comme témoin , François Perigot (1986 à 1994), Jean Gandois (1994 à 1997), voire Ernest-Antoine Seillière (1997 à 2005). ... / ... L'intégralité de l'article

De deux choses l'une, soit le tribunal décidait que Daniel Dewavrin avait diffamé madame Parisot. C'est à dire que ses propos ne s'appuyaient sur aucun fait avéré. Soit il décidait que ce n'était pas le cas et que madame Parisot était au courant. Et bien, la 17e chambre civile du tribunal de grande instance de Paris a considéré que Daniel Dewavrin était de bonne foi et a débouté Laurence Parisot. Source AFP

Compte tenu de l'importance de l'affaire, nous sommes persuadés que le Président de la République et Rachida Dati, la garde des sceaux vont demander une accélération de la procédure afin de connaître enfin les coupables et responsables de ces détournements. Nous ne doutons pas non plus que les auteurs des différents codes de déontologie qui ont fleuri années après années au MEDEF vont prendre en compte cette anomalie. Enfin, un jour ... peut être ...

Sources
Les Echos
AFP/Yahoo

Démocratie & Socialisme a consacré plusieurs articles sur le dossier de l'UIMM. Ils sont particulièrement documentés. vous pouvez les retrouver sur leur site

19 janvier 2009

UIMM et MEDEF : Ethique en toc ?

C'est un communiqué laconique comme on en lit beaucoup. Seulement cette fois-ci, ce n'est pas un petit voyou ou quelque licenciement pour cause économique, il s'agit du MEDEF

PARIS (AFP) — Laurence Parisot était-elle au courant des retraits de fonds suspects au sein de l'UIMM ?

Pour l'avoir soutenu, Daniel Dewavrin, ancien président du patronat de la métallurgie, est assigné en diffamation lundi à Paris par la présidente du Medef ... / ... Depuis, le 25 septembre 2007, la justice enquête sur la destination de quelque 16,5 millions d'euros en liquide retirés des caisses de l'UIMM sous l'autorité de Denis Gautier-Sauvagnac (DGS), son président ... / ... Le procès débutait aujourd'hui e à 14H30. La décision devrait être mise en délibéré à plusieurs semaines.


On avoue chez Slovar qu'on aurait bien aimé assister à cette première audience. Un journaliste des Echos y était présent et nous décrit l'ambiance

Ambiance tendue à la 17e chambre civile du tribunal de grande instance de Paris, alors que Laurence Parisot doit expliquer, au cours d'une audience publique, pourquoi elle ignorait l'existence des retraits d'argent liquide de l'Union des industries métallurgiques et minières (UIMM), jusqu'à ce que l'affaire éclate dans la presse, le 26 septembre 2007. Daniel Dewavrin prétend que la présidente du Medef ne pouvait ignorer l'existence des retraits de liquide de l'UIMM. Il a fait citer son successeur, Denis Gautier-Sauvagnac, comme témoin. L'ancien président délégué général de la fédération de la métallurgie, qui fait là sa première apparition publique depuis octobre 2007, vient confirmer avoir eu une conversation à propos de ses pratiques financières avec Laurence Parisot, en juin 2007, plus de trois mois avant le premier article de presse sur le sujet.

Premier arrivé vers 13h30, Dominique de Calan, ex bras droit de Denis Gautier-Sauvagnac a fait une entrée remarquée devant une chambre aux abords emplis de gendarmes, suivi peu après de Hugues-Arnaud Mayer, président de la commission territoriale de l'organisation patronale. Rosine Lapresle-Tavera et Stéphane Seigneurie, respectivement coach et chef de cabinet de Laurence Parisot, sont ensuite entrés dans la salle d'audience, où ils ont rejoint les bancs du public.

Et oui, il faut un coach lorsqu'on dirige le MEDEF. Rassurez-vous, celui-ci est très différent de celui qui, au pôle emploi" va vous expliquer ce qui vous arrivera si vous refusez trois emplois ...

A 14h07, la présidente du Medef est à son tour arrivée. "Je suis impatiente, j'attends ça depuis le 8 mars 2008", a-t-elle déclaré aux journalistes présents, avant d'ajouter "c'était la journée de la femme, je n'oublierai jamais". A 14h24, la partie adverse était au complet, avec Daniel Dewavrin, président de l'UIMM de 1999 à 2006, Jean Reinhardt, son avocat, ainsi qu'Arnaud Leenhardt, lui aussi ex patron de l'UIMM et appelé comme témoin par Daniel Dewavrin.

Suspension de séance à 14h45

Dans une ambiance très électrique, le premier accroc a lieu dans le premier quart d'heure de l'audience, avec une suspension de séance. Laurence Parisot souhaitait créer la surprise en faisant témoigner à la barre Hugues-Arnaud Mayer . Hors délai, cette demande veut toutefois bien être acceptée par l'avocat de Daniel Dewavrin, à condition que celui-ci produise de nouveaux éléments, contenus dans "Enquête sur le patronat", le livre du journaliste des "Echos" Guillaume Delacroix publié le 15 janvier. Dans la 17e chambre, le clan Dewavrin et le clan Parisot attendent la décision du tribunal, comme Denis Gautier-Sauvagnac et Arnaud Leenhardt, tenus à l'écart de l'enceinte avant qu'ils viennent témoigner - Source Les Echos

En clair ça sent la poudre et on est bien loin du fameux code éthique AFEP/MEDEF du 6 octobre dernier

Lundi 6 octobre, le MEDEF et l’AFEP, les deux principales associations représentatives des sociétés cotées en bourse, ont rendu publiques de nouvelles recommandations sur les rémunérations de leurs dirigeants. Très attendu, ce code de conduite (« code de gouvernement d’entreprise ») est la réponse des organisations patronales aux récents scandales déclenchés par les primes de départ (« parachutes dorés ») reçues par des grands patrons démissionnés de leurs fonctions. Sous la pression du Gouvernement et du Président de la République, qui a menacé de légiférer avant la fin de l’année si des propositions concrètes n’étaient pas formulées au plus vite, l’AFEP et le MEDEF ont fait savoir que leurs propositions allaient constituer une vraie innovation et un durcissement significatif des standards en la matière ... Source Terra Nova et Code consolidé de décembre 2008 sur le site du MEDEF

Et bien cette fois-ci, le scandale n'a pas forme de parachute mais de caisse noire. Il est d'ailleurs intéressant de relire le texte publié le 14 mars 2008 sur le Blog Patronat du 21 eme siècle

Nous sommes tous des hommes ou des femmes d’entreprise, profondément attachés aux valeurs qui fondent l'entreprise : éthique, transparence. Nous travaillons à "réconcilier les Français avec l’entreprise". Nous voulons des règles du jeu claires, parce que nous aimons la vérité, parce que nous sommes des acteurs responsables, et parce que l’économie de marché est à cette condition. La liberté ne va pas sans la responsabilité ; certains acteurs du capitalisme parfois l'oublient... Il faut le dire.

Nous n 'acceptons plus que le comportement de quelques uns vienne saper nos efforts et entacher l’image de l’entreprise, l’image des entrepreneurs, l'image de l'UIMM, l’image du Medef, l’image de chacun de nous...Nous découvrons avec stupéfaction qu'il y avait au sein de la société française un système opaque qui a perverti les relations sociales. Moderniser profondément le patronat, le rendre lisible, visible, accessible, rétablir des relations de confiance basées sur la transparence, sur l'éthique sont des enjeux qui concernent tous les chefs d'entreprise, tous les Français, c'est une vraie question de société. L'UIMM est en train de tourner le dos à ces pratiques d'un autre âge. Nous sommes solidaires et les encourageons à aller le plus loin possible dans la modernité. L'industrie est un secteur stratégique de l'économie française, elle se doit d'être représentée de façon exemplaire pour assumer pleinement son rôle moteur dans l'offre France.

Il est sain que les mandats nationaux dont le Medef porte la responsabilité vis à vis de la collectivité soient remis à plat afin qu'aucun soupçon ne demeure, surtout à la veille de réformes stratégiques pour les entreprises. Il est important de sortir de la cooptation pour introduire des méthodes claires et démocratiques dans la désignation des mandataires. Comment pourrions nous revendiquer la modernité et la transparence en laissant les choses en l'état ? Il faut encourager la candidature de chefs d'entreprise en activité compétents et engagés, quelle que soit la région d'où ils viennent et quelle que soit leur appartenance patronale. Par leur pragmatisme et leur sens du concret, ils sauront faire évoluer les dispositifs vers plus de simplicité er d'efficacité pour les entreprises. C'est ce que propose de faire le Medef.

Plus que jamais nous devons tous nous mobiliser et renforcer l'unité patronale. Sur le terrain, les UIMM locales ne se reconnaissent pas non plus dans les pratiques dénoncées. Leur expertise sociale n'est pas en cause, la qualité des services qu'elles rendent aux PME sur le terrain est unanimement reconnue. Nous sommes convaincus que la vigueur des propos de ces derniers jours était nécessaire pour que les décisions urgentes soient vraiment prises, il semble maintenant que ce soit le cas... Tant mieux , il est temps de construire l'avenir. Nous appelons toutes les Fédérations professionnelles et en particulier l'UIMM, tous les Medef territoriaux , tous les chefs d’entreprise de TPE, de PME, de moyennes et grandes entreprises, à nous rejoindre dans ce grand élan de modernité. Ensemble nous devons faire bouger les lignes et créer le patronat du 21ème siècle. Un patronat éthique, responsable, ouvert et transparent dont nous serons tous fiers. Réconcilions tous les chefs d'entreprise avec leur patronat. Réconcilions tous les Français avec l'entreprise. L’Entreprise, c’est la vie !

Il y en a d'autres que nous vous laissons découvrir, en attendant de pouvoir lire un texte de janvier 2009.

S'il est un connaisseur des caisses noires du patronat, c'est bien Gérard FILOCHE qui a beaucoup écrit sur le sujet ("Les caisses noires du patronat" Gérard Filoche) Il nous donne sa vision (publiée sur SINE Hebdo) dans D&S

Tous les prédécesseurs de Laurence Parisot à la tête du Medef se sont solidarisé avec Denis Gauthier-Sauvagnac (DGS) lorsqu’a été rendue publique l’existence de la caisse noire de 600 millions d’euros contrôlée par l’UIMM (Union des industries et métiers métallurgiques) en septembre 2007. Selon eux (Yvon Gattaz, François Ceyrac, Daniel Dewavrin…) la caisse servant à « fluidifier les relations sociales » existait depuis un siècle, faisait partie du fonctionnement bien compris et partagé par la direction du patronat. DGS faisait quérir par ses subordonnés des mallettes de 26 à 32 kg d’argent liquide dans les banques où elles fructifiaient. Il se payait lui-même 240 000 euros pour les distribuer auprès de syndicats jaunes comme la CSL, la CFT, de parlementaires prêts à voter les amendements patronaux, pour des campagnes d’extrême droite, antisyndicales, antisociales, et pour aider des patrons à résister et casser les grèves. Corruption crapuleuse ordinaire : lui, le patron de l’Unedic, il versait aussi aux permanents du patronat des salaires en liquide sans payer de cotisations sociales ! Ils avaient prétendu que cette pratique était légale pour un syndicat qui n’avait pas de compte à rendre sur ses fonds depuis la loi Waldeck-Rousseau de 1884 : ce qui ne tenait pas debout une seule minute, vu que l’UIMM et le Medef ne sont pas des syndicats.

DGS a appliqué l’omerta, refusant d’avouer où allaient ces fonds secrets. Mis en examen, il a reçu de l’UIMM une offre de 1,5 millions d’euros pour partir en retraite, fin décembre 2008, avec la garantie que tous ses frais de justice seraient couverts. Le juge enquête toujours pour « abus de confiance », « subornation de témoins », « fraude aux Urssaf »… Dans un premier temps, Laurence Parisot, cette dame qui n’a que le mot « éthique » à la bouche, a avoué que c’était « un secret de famille honteux », que « beaucoup savaient inconsciemment » et qu’elle se sentait « salie ». Puis elle s’est rétractée et a choisi dans un deuxième temps de faire porter le chapeau au seul DGS. Tous les anciens chefs de l’UIMM se sont alors indignés, arguant que cet argent était le pilier du fonctionnement du Medef, nul ne pouvait feindre de l’ignorer, tous en avaient bénéficié. Laurence Parisot, blanche colombe, nie avoir « su ». Même inconsciemment ? Daniel Dewavrin ayant rappelé qu’elle avait été avertie en bonne et due forme, retrouvant même un « SMS » d’avant l’été 2007, elle a porté plainte en diffamation contre lui et c’est ce qui va être jugé le 19 janvier. Quel régal ! Tous à l’écoute ! Pourvu qu’ils disent tout, qu’ils se prennent bien la tête !

De toute façon, si Parisot ne « savait » pas, c’est qu’elle était incompétente car les statuts du Medef lui donnaient la responsabilité de vérifier les finances des organisations affiliées comme l’UIMM… Si elle « savait » le problème n’est plus qu’elle se soit « sentie salie », mais ce qu’elle tente de faire depuis pour se laver : pas très « propre » de se décharger sur ses complices…

Parleront ou pas ? En attendant, il serait décent que le MEDEF cesse de se répandre en conseils auprès du gouvernement pour accélérer les réformes qu'il juge nécessaire pour la qualité de vie des actionnaires. Ce serait un minimum.

20 mai 2008

Medef : Le problème des retraites est anxiogène (ça dépend pour qui !!! )

Selon l'AFP : "La présidente du Medef, Laurence Parisot, prône un allongement progressif de la durée de cotisation et un report de l'âge légal de départ en retraite à 63 ans et demi, "seul scénario" permettant selon elle de régler le problème du financement des retraites.

Lors d'une conférence de presse, elle a jugé la question des retraites "essentielle pour le moral de notre société, pour sa capacité à se projeter dans l'avenir", et a ajouté qu'il était "terriblement anxiogène" de remettre la question sur le tapis tous les deux ou trois ans.

"On dit souvent que notre pays est un peu déprimé voire dépressif, que les nouvelles générations françaises ont moins d'espoir dans l'avenir que les générations d'autres pays occidentaux", a relevé Laurence Parisot. "Est-ce que la réponse n'est pas dans le fait que nous n'arrivons pas depuis des années à résoudre cette question qui nous taraude depuis toujours ?" Reprenant des estimations du Conseil d'orientation des retraites, elle a expliqué que le maintien de la durée de cotisation à 40 ans et de l'âge légal de la retraite à 60 ans entraînerait pour le régime général de l'assurance-vieillesse des besoins de financement de 10,3 milliards d'euros en 2015 puis de 15,7 milliards en 2020, compte tenu de l'évolution démographique. Un allongement de la durée de cotisation - 41 ans en 2012, 41,5 en 2020 - et un âge légal de la retraite repoussé à 63,5 ans permettraient au contraire d'équilibrer le régime général à l'horizon de 2020. "C'est le seul scénario qui permette en 2020 de retrouver un équilibre financier", a souligné Laurence Parisot.

Et c'est combien au fait chère Madame, le montant total des fonds secrets de l'UIMM ? que le CNPF puis le MEDEF ont couvert sans le moindre remord ?

Et si on parlait de l'« Epim », la caisse destinée à « mettre de l'huile dans les rouages et à prévenir les grèves », qui semble t-il aurait été créée en 1947 puis recréée en 1972 et aurait manipulé des montants de 500 à 600 M€ ?


Et les retraites "chapeau" : Un dirigeant perçoit un salaire de 1 million d'euros et a signé une retraite-chapeau à 60%.

Le jour de son licenciement, le total de ses retraites sont de 27.000 euros. La différence : (0,60 x 1.000.000 = 600.000) - 27.000 = 573.000 euros. Cette différence sera versée par l'entreprise directement à son ancien dirigeant, soit chaque année, soit en une seule fois. Carrefour a notamment provisionné une retraite-chapeau de 29 millions d'euros pour le départ de Daniel Bernard. Ces sommes sont souvent décidées dans le secret et les actionnaires ne sont que rarement informés. La retraite-chapeau a cela d'étrange qu'elle n'a pas à proprement parlé de justifications. ... / ..." Source Edu Bourse

En fin de compte Madame. permettez nous de trouver les problèmes que nous venons d'évoquer beaucoup plus anxiogène que votre proposition ...

Crédit et copyright image
Philippe TASTET
Le Figaro
Les Echos

14 avril 2008

Coup de pouce - Coup de Pub militant

Les caisses noires du patronat - L’argent sale de l’UIMM et du MEDEF - Par Gérard FILOCHE

À quoi servent les 600 millions d’euros des caisses noires du patronat, et où vont les 2 millions d’euros distribués chaque année en liquide par l’UIMM et le Medef ?

Gérard Filoche dénonce ce scandale du siècle au coeur du patronat français. Il soulève toutes les questions posées par ce trafic d’argent liquide qui circule depuis si longtemps au Medef et montre comment le patronat se servait de cette caisse anti-grève pour briser la fameuse concurrence libre et non faussée.

Denis Gautier-Sauvagnac, ayant agi au nom de tous, se voit contraint de « porter le chapeau » que Laurence Parisot, fausse vraie repentie, lui attribue par spectacle médiatique interposé. Pas une feuille de papier à cigarette ne les sépare. Pas une mallette d’argent liquide non plus. Laurence Parisot l’a reconnu : « beaucoup savaient inconsciemment », c’est un « secret de famille honteux ». Elle « se sent salie ». À l’heure où est écrit ce livre, aucun des membres de la bande n’est sous les verrous !

Gérard Filoche est inspecteur du travail, militant syndical et politique, socialiste. Il est rédacteur en chef de la revue Démocratie et Socialisme

Aux éditions Jean-Claude Gawsewitch

10 mars 2008

Représentativité syndicale ?

C'est la crise la plus importante qu'une organisation patronale ait eu à connaître.

Campant sur ses positions vis à vis des syndicats de salariés, le Medef a, jusqu'à présent, refusé d'inclure dans les discussions sur la représentativité le financement patronal.
Cependant, la délégation patronale aurait récemment assuré aux syndicats que si des règles étaient définies pour ces derniers, "elles seraient aussi appliquées aux organisations patronales". Et l'UPA (artisans) a rappelé mardi avoir demandé "que les questions touchant à la représentativité et au mode de financement des organisations patronales soient abordées" dans la négociation.

Pour ceux qui n'auraient pas suivi le feuilleton : "Denis Gautier-Sauvagnac (ex président de l'UIMM) affirme que Laurence Parisot avait connaissance des retraits d'argent liquide de la métallurgie avant l'été 2007. L'intéressée porte plainte pour diffamation.

C'est à notre sens extrêmement grave. C'est Libération qui nous l'explique : "18,9 millions d’euros de retraits en liquide opérés par Denis Gautier-Sauvagnac entre 2000 et 2007 ?

Un document publié ce week-end sur le site Internet de l’Humanité apporte un éclairage intéressant. Il s’agit d’une note estampillée «strictement confidentiel» et datée du 18 février 1972. Elle s’intitule «argumentaire sur l’action d’entraide face aux conflits sociaux». Elle a servi de cadre pour créer l’Epim (caisse d’entraide professionnelle des industries de la métallurgie), la fameuse «caisse noire» de l’UIMM dont la valorisation est estimée aujourd’hui à 617 millions d’euros.

Les intérêts de ce capital judicieusement placé ont permis aux dirigeants de la fédération patronale de la métallurgie d’opérer des retraits à hauteur de 3 millions d’euros par an. Le but de cette caisse antigrève était clair : indemniser les patrons pour qu’ils restent fermes face aux revendications syndicales en cas de conflit social. Pour tenter de convaincre ses adhérents de verser cette cotisation supplémentaire, l’UIMM faisait valoir que «même une entreprise qui a rarement une grève trouvera sa gestion compromise si une autre cède devant la grève en accordant 3 % de salaire en plus"

Les Echos de leur côté nous expliquent "Laurence Parisot et Denis Gautier-Sauvagnac, qui s'étaient évertués à afficher durant plus de deux ans une prétendue entente cordiale dans la conduite du Medef, se sont livrés à une bagarre d'une rare violence ce week-end, par médias interposés. A propos, toujours, des 19 millions d'euros retirés en liquide par l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM), entre 2000 et 2007, et dont la justice cherche à établir les bénéficiaires ... / ... "

En fait, le bruit court que l'UIMM aurait (entre autre) financé le groupuscule d'extrême droite GUD, connu pour ses méthodes musclées. Le GUD est aujourd'hui soupçonné d'avoir assuré le service d'ordre de Valéry Giscard d'Estaing pour la campagne présidentielle de 1974, sur des fonds fournis par l'UIMM.

Démocratie & Socialisme le mouvement de Gérard FILOCHE interprète les discussions sur la représentativité de la façon suivante : "Ainsi, on a vu apparaître l’idée d’une mise sous tutelle des finances des organisations syndicales. L’arrogance du patronat n’a ainsi aucune limite : pris la main dans le sac par la découverte d’une caisse noire au sein de la principale organisation patronale, l’UIMM, ses responsables, auxquels une quarantaine de députés de droite ont emboîté le pas en déposant une proposition de loin dans ce sens, ont immédiatement expliqué qu’il fallait " faire la clarté " sur les comptes des syndicats de salariés !

En gros : je vole, donc il faut contrôler mon voisin ! Derrière le rideau de fumée qui vise à masquer les pratiques crapuleuses des responsables patronaux, se trouve aussi l’idée d’une représentativité fondée sur le nombre d’adhérents des organisations. Cette façon de tourner le dos à une réalité syndicale bien française, la démocratie sociale représentative, fondée sur l’élection directe de représentants des salariés, est aussi une façon de légitimer le discours de la droite qui explique que les syndicats ne représentent " que " 8% des salariés, ce qui est le chiffre du nombre d’adhérents ... / ..."

On est en droit, lorsqu'on voit évoluer le climat entre MEDEF et UIMM (qui rappelons le ne sont pas deux syndicats concurrents puisque l'UIMM est la plus puissante fédération du MEDF) de se demander quelle légitimité possède le MEDEF pour négocier des réformes cruciales pour l'avenir des salariés.

Xavier BERTRAND ministre du travail on se limite à évoquer une future loi sur la certification des comptes des organisations patronales et syndicales aiderait à ne "plus jamais constater (le) type de dérives" de l'affaire de l'UIMM ce qui indique que le gouvernement ne prendra dans l'immédiat aucune position sur le sujet.

Exemplarité et transparence nous répète t-on systématiquement. Les français souhaiteraient que ce soit réellement le cas. Ils souhaiteraient aussi qu'une pose soit instituée dans les réformes du marché du travail pendant laquelle les représentants du MEDEF et sa branche feraient le ménage. Il en va de la crédibilité des organismes paritaires et des accords à venir.

Sources crédits et copyrights
Les Echos
Le Nouvel Obs
Vie Publique
Démocratie et Socialisme
Libération
France Politique