25 février 2009

Les précaires de l' Education nationale se mobilisent et vous ?

Précarité et emploi. Ce sont soit disant les deux priorités du gouvernement si l'on en croit les dernières déclarations du Chef de l'Etat. Les résultats de la confiance que font les français à ces déclarations sont sans appel : Plus de 65% de ceux-ci interrogés affirment ne pas croire à la stratégie de Nicolas Sarkozy pour sortir de la crise économique et sociale.

Si notre Président ne dispose d'aucun moyen pour améliorer les conditions salariales des employés du privé (voir le refus du MEDEF de céder quoi que ce soit) il a toute latitude pour améliorer le sort des salariés de la fonction publique.

Mais direz-vous : "La précarité dans la fonction publique ça n'existe pas !!! " Détrompez-vous, elle existe. Notamment dans un domaine où l'état nous serine qu'il est urgent d'investir pour le futur : L'éducation nationale.

Nous vous donnons ci-dessous un extrait d'un texte écrit par Marie José Gaechter qui fait partie de ces précaires que l'Etat utilise sans jamais leur offrir la possibilité de sortir ... de la précarité.

Nous, les EVS, CAV, Auxiliaire de Vies Scolaires, Nous voulons une reconnaissance à travers une titularisation, un salaire décent... Nous voulons continuer à travailler dans l'éducation nationale. Pour ma part, j'adore mon poste polyvalent de secrétaire en lycée, mais il est en CAE à 20 h mensuel sur 5 jours puisque notre gouvernement à demandé aux français de travailler plus pour gagner plus... donnez-nous simplement le droit de travailler.

CAE, derrière ce sigle se cache une réalité honteuse, l’exploitation d’êtres humains, CAE, piège et pièce maitresse d’un dispositif gouvernemental qui a institué un nouveau statut de normalité à la précarité du salarié, cette insécurité sociale est appelée à devenir dans une logique libérale, le mode d’existence de milliers de salariés, cela sera bientôt la norme pour tous les salariés qui ont eu ou seront confrontés à un handicap, à l’âge, etc., Je vois mal ce qui va désormais pouvoir arrêter la machine infernale de ces contrats, chronique annoncée d’une tragédie sociale.

Cela concerne toute la société. Chacune et chacun d’entre nous.

2 ans, vingt quatre mois, 730 jours tout au long desquels femmes et hommes savent qu’ils seront jetés. Mesure t’-on suffisamment la peur, l’angoisse, la hantise de n’être considérés que comme un produit jetable ?

Être précaire, c’est aussi être vulnérable, en insécurité permanente, souvent pauvre. Les statuts des EVS/CAE semblent se faire dans une quasi indifférence, or, nous n’avons aucun statut. Nous sommes jetables, corvéables, sous payés, sans apport de formation, aux droits incertains, aux missions floues, et sur la base obligatoire de temps partiel et nous n’avons pas le droit de refuser car nous serions rayés de l’ANPE.

L’Éducation nationale collabore à la mise en place de la précarisation des personnels et valide ces constantes régressions des conditions de travail qui est inacceptable.

Tout autant étonnant que scandaleux, car la situation de ces personnels est dramatiquement urgente

Pour les 42.500 EVS, la situation est claire et limpide, dans la limite des droits du salariés, les contrats aidés 2006/2009 prendraient fin en juin 2009 via l’ANPE (le pôle emploi, comme l'on dit maintenant) et le turn over de personnel perdurera dès la nouvelle rentrée 2009/2010.

À la question posée : "Vous allez donc renvoyer des employés qualifiés, avec des connaissances et des compétences acquises et reconnues notamment sur la prise en charge des enfants handicapés ?"

La réponse est oui

"L’idée d’extraire (celles et ceux qui voudraient voir perdurer leur emploi, au même poste) du dispositif contrat aidé en leur proposant un CDI de droit commun, vous a effleuré ? "

La réponse est oui, mais qui va payer ?


Nous avons pris contact avec Marie José Gaechter et lui avons proposé d'en dire plus sur la situation actuelle de ces salariés qui travaillent dans la fonction publique sous contrat de droit privé.

Bonjour Marie José

Slovar : Vous avez lancé une pétition par laquelle vous demandez :

-L'arrêt des recrutements sous contrats précaires.
- L’aide à la direction étant importante pour un meilleur fonctionnement de l’écoles.
- La scolarisation des enfants handicapés étant une priorité nationale.

Pouvez-vous nous expliquer qui vous êtes et à quel mouvement ou collectif se rattache cette pétition ?

Je suis référente pour le collectif UNCEVS, pour le département 53, l’UNCEVS ou l’Union Nationale des collectifs des employés de vie scolaire est une association loi 1901, qui regroupe les employés de vie scolaire sous contrats de droit privé au sein de l’Éducation nationale, c'est-à-dire tous les contrats aidés par l’État.

Slovar : Dans votre pétition vous parlez de la précarité de certains postes d'enseignants. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Ces postes ont été crée notamment pour aider à la scolarisation des enfants handicapés , mais la palette de ces emplois est très vaste, cela va de l’aide à la Direction dans les écoles maternelles et primaires, ou bien des assistant de vie scolaire dans les collèges ou lycées, secrétariat, animation, surveillance, etc.

Ces contrats sont tous différents, tant sur l’appellation, sur la durée, sur les rémunérations. L’objectif premier de ces contrats était de remettre sur le marché du travail, des personnes en difficulté d’intégration avec la perspective de suivre des formations afin de regagner le marché du « travail normal ».

Deux types de contrats qui sont actuellement les plus menacés :

Le CAE, contrat d’adaptation dans l’emploi, avec une durée de 2 ans non renouvelable devait servir aux rmistes, ou aux handicapés divers (soit dit en passant surtout pour les plus de 50 ans) 20 ou 26 h rémunéré au taux du salaire minimum, salaire pris en totalité en charge par l’État, les collectivités locales, etc.

Le CAV, contrat d’avenir, avec une durée de 3 ans non renouvelable, 26h, rémunéré au taux du salaire minimum, salaire pris en totalité en charge par l’État, les collectivités locales, etc.

Ces contrats n’ont pas bénéficié de formation, et L’Éducation nationale, utilise depuis des années le turn over pour ne pas pérenniser ces emplois, car vous pouvez faire 2 ans en CAE, puis 3 ans en CAV, Etc.

Il y a aussi les cas des Assistants d’Éducation, mais là c’est encore un autre type de contrat complètement différents qui sont renouvelable tous les ans, jusqu’à 5 ou 6 ans, et encore d’autres tous tellement différents mais tous précaires.

Slovar : Combien avez-vous obtenu de signatures jusqu'à présent ?

Nous avons actuellement 5230 signatures qui est peut en regard de l’enjeu 42 500 employés de vie scolaire qui vont être licenciés définitivement fin juin 2009 (pétition en ligne sur le lien plus bas), ces personnes n’ayant pas ou très peu reçu de formation, vont se retrouver au même point qu’elles étaient au début, car bien de ces contrats sont rompus avant la fin des 3 ans, il n’y a pas dans ce cas de validation de l’expérience.

Slovar : Quelle suite comptez-vous donner à cette pétition (réunions, mouvements, ...) ?

Nous allons tenir un colloque de réflexion sur les contrats d'avenir dans l'éducation nationale le 4 mars 2009 à Paris 12 rue Cabanis et continuer à maintenir la pression.

Slovar : Comment vous contacter ?

Par mail
mjg@gmail.com
mariegaechter@hotmail.fe
marie.gaechter@orange.fr

Et au travers des différents sites suivants
Le site de la pétition
Le site de l'Uncevs
Le forum des collectifs Evs/Avs
Les articles publiés par le collectif sur Le Post

Merci Marie José Gaechter et bonne chance pour la pétition et votre combat collectif.



3 commentaires:

Etiam Rides a dit…

Sans parler des 12 000 enseignants précaires, payés au lance-pierre et souvent avec plusieurs mois de retard.

La privatisation de l'enseignement a commencé depuis longtemps.

POISON-SOCIAL a dit…

A noter : les EVS sont en plus arnaqués par le ministère de l'education nationale dans l'impunité la plus totale - on demande à certains de bosser 24 ou 26 heures, et les heures au dessus des 20h/semaine qui devraient être payées par les inspections académiques ne le sont jamais, mis à part l'inspection académique de l'Isère.

bisane a dit…

Merci pour cette fouille quasi archéologique du sujet !

Je soutiens aussi, à ma modeste mesure : Les précaires de l’Education Nationale se mobilisent (AVS, EVS, CAE, CAV…)