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16 juin 2011

Emploi : Devenir fonctionnaire pour avoir un avenir ?

Contrairement au discours des libéraux de la majorité présidentielle, les français apprécient leurs fonctionnaires. Au point que 2 Français sur 3 encourageraient leur enfant à le devenir. Il faut dire que pour avoir un avenir, le privé est de moins en moins indiqué !

Lorsque j'étais gamin, mes grands parents qui avaient connu deux guerres, le krach de 1929 et les longues périodes de chômage me répétaient à l'envie : Le meilleur métier c'est l'administration ! Choix que je n'ai pas fait à l'époque, puisque dans les années 80, comme disait Coluche, dans le privé : « C'était pas beaucoup payé, mais du boulot, y en avait ». Oui, mais depuis, c'est encore moins payé et ... y en a plus !

Autre inconvénient actuel du privé : Viellir au travail. En effet, le taux de chômage des plus de 50 ans littéralement explosé depuis la dernière crise économique et se maintient à un niveau particulièrement élevé

Alors, dans ces conditions, comment ne pas décider de faire son parcours professionnel dans la fonction publique ? qui vous évitera, entre autre, après la perte de votre emploi, de vous retrouver en « fin de droits » et sans aucune indemnité et éventuellement de plonger dans la plus grande des précarités ?

Mais, traditionnellement à droite, on a toujours fustigé la fonction publique, source de dépenses non productives, en oubliant très souvent qu'une grande partie de ses élus n'ont jamais travaillé dans le privé sauf ... en fin de mandat et/ou dans le cadre d'un pantouflage.

Ce qui n'est pas l'avis d'une majorité de français. En effet : 2 français sur 3 qui encourageraient leurs enfants à devenir fonctionnaires, selon une étude, peu médiatisée d'IPSOS/la Mutuelle nationale territoriale

Mais, cette étude montre également que : « (...) Des années de discours souvent dévalorisants n’ont pas entamé l’attachement des Français aux agents de la fonction publique (...) »

En effet : « Cette enquête montre d’abord que l’image des fonctionnaires ne divise pas les Français. Les bonnes opinions sont en effet majoritaires, tant auprès des sympathisants de gauche que de ceux de l’UMP (...) les salaires des fonctionnaires ne soulèvent pas davantage de controverses : pour 40 % des Français, le montant de leur rémunération n’est « ni trop fort ni trop faible »

Et contrairement à ce qu'affirme le Président et sa majorité : « Une nette majorité de l’opinion ne pense pas non plus que le nombre d’agents est trop élevé »

Autre enseignement de l'étude, alors que : Depuis 2007, 100.000 postes de fonctionnaires ont été supprimés et qu'en 2011, ce seront 34.000 postes de fonctionnaires qui subiront le même sort : « (...) 2/3 des sondés estiment que les thèmes évoqués plus après – remplacement des fonctionnaires, rémunérations – pèseront sur leurs choix de vote pour l’élection présidentielle de 2012. Ces différents éléments viennent donc utilement éclairer le débat sur l’avenir des services publics qui ne manquera pas de s’ouvrir pendant la campagne ».

Et peut être permettre à l'UMP de méditer sur les propos de Philippe Séguin qui affirmait qu'en termes d'effectifs de la fonction publique le gouvernement avait adopté une « démarche purement quantitative (...) principalement par des considérations budgétaires de court terme (...) »


Les français et la fonction publique

Salon de l'emploi public 16 - 17 et 18 juin


Crédit image
Salon de l'emploi public

21 mars 2011

Le Médiateur de la République tire à boulets rouges sur le gouvernement !

Le médiateur de la République vient de publier son dernier rapport. Il y évoque une augmentation du sentiment d'injustice chez les Français et parle de manque de réponse politique face au « burn out» de la société !


Jean-Paul Delevoye, le Médiateur de la République, remettra aujourd'hui à Nicolas Sarkozy, son rapport . Celui-ci est d'autant plus important, que c'est le dernier, avant que sa fonction ne soit supprimée, au profit de celui de Défenseur des droits : « (...) institution qui va également intégrer le Défenseur des enfants, la Commission nationale de déontologie de la sécurité et la Haute Autorité de lutte contre les discriminations (Halde) » Les Nouvelles

Ce rapport, dont quelques média ont pu obtenir un exemplaire, est des plus critiques sur les rapports entre les citoyens et la fonction publique, et remet en cause, à la façon d'un Philippe Séguin en 2009, l'incapacité de l'état : « (...) d'analyser les besoins et de programmer ses effectifs en conséquence (...) » En clair, la condamnation du non remplacement d'un fonctionnaire sur deux que Philippe Séguin qualifiait de « démarche purement quantitative (...) principalement par des considérations budgétaires de court terme (...) » - L'Expansion

Cette politique qui a aboutit à supprimer de 2007 à 2010, 100.000 postes de fonctionnaires !

Au delà de l'analyse du journal Le Monde qui écrit : « (...) C'est un sévère bilan de l'administration que dresse le Médiateur de la République dans son dernier bilan annuel, lundi 21 mars (...) »

Le texte de présentation rédigé par le Médiateur de la République est sans appel

« Un an après son analyse sur l’usure psychique des Français, à l’approche des élections présidentielles, Jean-Paul Delevoye présente le 21 mars 2011 son dernier rapport annuel en tant que Médiateur de la République.

80 000 réclamations traitées par les services du Médiateur en 2010, 11 880 appels au centre d’appel du Pôle Santé et Sécurité des Soins, 33 000 demandes d’informations et d’orientation – autant d’indicateurs sur les relations entre les Français et l’administration … et sur l’état de la citoyenneté dans notre pays.

Au delà d’un simple bilan d’activité, le rapport annuel remis au Président de la République le 21 mars souligne la complexité du rapport entre intérêts individuels et collectifs, questionne l’avenir de la régulation publique et propose une réflexion aboutie sur les enjeux sociétaux et politiques (...) »

Commentant son rapport, il dresse un tableau sans concession de l'action politique du gouvernement face aux citoyens et fustige : « (...) le manque de "réponse politique face au «burn out » de la société(...) En outre, il prévient que : « (...) le Défenseur des droits qui lui succèdera ne sera pas un Zorro capable de régler tous les problèmes (...) » et ajoute que : « (...) le service public ne porte plus son nom : Contacter les administrations est devenu compliqué (...) L'administration a perdu sa capacité à faire du sur-mesure pour les personnes en difficulté » Enfin, il regrette : « (...) les restrictions budgétaires, le manque de moyens et de personnel qui se traduisent par un service dégradé, plus complexe et moins accessible ».

Pour finir par une phrase lourde de conséquences : « (...) Les débats sont minés par les discours de posture et les causes à défendre noyées parmi les calculs électoraux (...) les ressorts citoyens sont usés par les comportements politiciens (...) » - AFP/Google

Ces deux dernières phrases auraient pu être également utilisées pour commenter le résultat du premier tour des élections cantonales qui, ont vu quantité de français qui , lassés d'être relégués dans : le chômage, la précarité ou sacrifiés au nom d'une mondialisation de plus en plus sauvage, ont voté pour les sirènes du ... Front National !

Mais les déclarations de Jean-François Copé qui affirme : « (...) Nous ne voterons jamais pour le Front national (...) De la même manière, pas question de préconiser un vote pour un front républicain car c'est un vote pour le PS (...) » prouvent malheureusement que l'UMP ignore toujours que : les ressorts citoyens sont usés par les comportements politiciens ...

30 septembre 2010

Budget 2011 : Les enseignants, policiers, militaires perdants, mais le Premier ministre gagnant !

Pour le budget 2011, Nicolas Sarkozy appliquera le non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Tous les ministères vont donc être touchés à quelques exceptions, dont : Les services du Premier Ministre ... qui vont recruter !

C'est un dossier du Figaro " Budget : les ministères gagnants et perdants" qui le révèle : " Le gouvernement vise 31.638 suppressions de postes en 2011 via le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. L'Éducation, la Défense et le ministère du Budget sont particulièrement touchés" Et Le Figaro d'ajouter : " ... / ... Sur trois ans, de 2011 à 2013, ce sont plus de 97.000 postes qui seront supprimés (avec -33.000 suppressions de postes programmées en 2012 et -33.100 en 2013) ... / ... "

Dans le détail, quels sont donc les ministères les plus touchés, et à quelle hauteur ?

Le Figaro indique dans un tableau, le nombre de réduction de postes, ainsi que le "plafond des autorisations d'emplois " par ministère

Ministères qui perdent des postes

Education nationale : - 16 000 - plafond des autorisations : 968 194
Défense : - 8250 - plafond des autorisations : 301 341
Intérieur outre mer et collectivités locales : - 1597 - plafond des autorisations : 282 755
Budget comptes public et réforme de l'état : - 3127 - plafond des autorisations : 142 466
Ecologie développement durable et mer : - 1287 - plafond des autorisations : 62 371

Quels sont les ministères qui recruteront ?

Conseil et contrôle de l'état : +40 - plafond des autorisations : 5 580
Justice et libertés : + 400 - plafond des autorisations : 75 825
Et
Services du Premier Ministre : + 15 - plafond des autorisations : 3 529 ... / ... " Liste complète sur Le Figaro.fr

+ 15 personnes pour les services du Premier Ministre ?

C'est d'autant plus étonnant que celui-ci dispose déjà d'une équipe pléthorique qui "doublonne" en grande partie avec celle du Cabinet et des services du Président de la République

Car le Premier Ministre dispose déjà :

D'un Cabinet
Du Secrétariat général du Gouvernement
De nombreuses autres instances administratives rattachées au Premier ministre afin de l’assister dans la direction de l’action gouvernementale
Des moyens d’information du public (SIG , Documentation française, JO, ...)
D' Administrations de missions :
-Centre d’analyse stratégique
-Délégation interministérielle à l’aménagement et à la compétitivité des territoires (DIACT)
-Secrétariat général des affaires européennes (SGAE) - Source Vie Publique

Quant à savoir où ces 15 postes sont à pouvoir ?

Néanmoins, si le Premier Ministre souhaite faire des économies, on pourra toujours lui conseiller de s'interroger sur l'opportunité d'avoir 6 "conseillers techniques Presse"

En clair : Quelques ministères durement touchés, comme l'enseignement, qui va payer le prix fort. Mais quelques douceurs pour Matignon et pour la justice, afin d'éviter, que les magistrats ne deviennent trop turbulents.

On notera aussi que dans cette période de discours sur la sécurité et de lutte contre le terrorisme que l'intérieur et la défense perdent des postes de façon significative ! S'apprêterait-on à l'Elysée, au Ministère de l'Intérieur ou à la Défense à nous expliquer une fois de plus, qu'on va " faire mieux avec moins" ?

Pas forcément si l'on en croit Le Point qui nous apprend que la France : " La France pourrait autoriser le mercenariat "

C'est à dire ?

" ... / ... le gouvernement se prépare à réintroduire le mercenariat dans le droit français. Interdite depuis 2003, l'attribution à des entreprises privées employant des hommes en armes de missions "régaliennes", donc réservées en principe à l'État et à ses armées ... / ... C'est d'ailleurs avec la bénédiction de la présidence de la République que, dans le plus grand secret, un groupe de travail se réunit chaque semaine au SGDSN (secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale) depuis plusieurs mois pour étudier cette question ... / ... le SGDSN a soutenu la mise sur pied d'un colloque le 30 septembre. Il sera "fermé", c'est-à-dire interdit à la presse ... / ... "

C'est certainement ce que voulait dire le candidat Sarkozy en 2007 en déclarant : " je m’engage à maintenir notre effort au moins à son niveau actuel, afin de disposer de forces armées bien entraînées, bien équipées et aptes à assurer la protection de notre territoire ... / ... et s’il le faut loin de nos frontières ... / ... " - Source Abécédaire des propositions de Nicolas Sarkozy

Oui, mais bon ....

Crédit et copyright photo
France Soir

03 mars 2010

C'est nouveau et ça vient de sortir : Nicolas Sarkozy aime les fonctionnaires !

Qu'est ce qu'il ne faut pas faire ou dire pour retrouver un peu d'estime voir de confiance auprès des français ! C'est en gros ce que doit se dire Nicolas Sarkozy notre Président.

Du fin fond de ses 35 à 36% de popularité, fort de ses résultats ( Economie en berne, chômage au plus haut ), il n'a qu'une angoisse : Un conflit social dans lequel serait impliquée la fonction publique dans son ensemble !

Bien qu'on soit loin des déclarations du candidat en 2006 à Périgueux (6 octobre 2006) où il disait : “chercher à opposer les salariés du secteur public et du secteur privé est dangereux. Chercher à faire des fonctionnaires les boucs émissaires de la faillite des politiques dont ils ne sont en rien responsables est indigne. Chercher à faire passer les fonctionnaires pour des privilégiés est injuste

Il a essayé, mardi, à Laon de retrouver sa verve pré électorale !

" ... / ... Soyez fiers d’être fonctionnaires», a dit Nicolas Sarkozy aux personnels de la mairie de Laon, où il est venu visiter le service des passeports biométriques. Selon lui, «on ne parle pas bien des fonctionnaires. On ne respecte pas assez vos compétences. On ignore les difficultés qui sont les vôtres», a-t-il affirmé ... / ... " - Source Libération

Et oui, vous ne rêvez pas, c'est le même qui déclarait en 2007 :

" ... / ... Dans mon esprit, le non remplacement d'un fonctionnaire sur deux ne peut être que la conséquence de la redéfinition des missions et du changement de méthodes et d'organisation" ... /... Nous irons plus loin au fur et à mesure de l'avancée des réformes" ... / ... "le rythme de diminution des effectifs de l'Education nationale sera fonction des progrès réalisés dans la remise à plat des programmes et des rythmes scolaires, qui est nécessaire à l'équilibre de nos efforts"

Et surtout : "le même effort doit être consenti par les collectivités territoriales" - Source Nouvel Obs dont sont issus les fonctionnaires territoriaux à qui il demandait hier d'être : "fiers d’être fonctionnaires"!

Le problème, c'est que discours ou pas, la situation n'a pas changé depuis 2007 et : "les fonctionnaires sont inquiets face à la suppression d’emplois (non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite), la poursuite de la RGPP (révision générale des politiques publiques) avec la fusion de certains services, la réforme de la mobilité ou celle de leur retraite ... / ... "

Car si le Chef de l'Etat a essayé de se montrer "câlin" à l'égard de la fonction publique territoriale (déficits obligent ?), il n'a pas changé de route malgré ses arguments "Churchilliens" (Du sang, de la sueur et des larmes) : "J’ai bien conscience de tous les changements qu’on vous impose. C’est normal que cela crée du stress et de l’inquiétude" et leur promet (après tout que valent les promesses) de : "revaloriser" leur travail, rendre moins difficiles les concours dans la fonction publique, revoir le système de notation ... / ... "

Et d'ajouter avec le plus grand sérieux : "Aujourd’hui, quelqu’un dont le poste est supprimé n’a aucune protection. Ce que nous avons mis en place, c’est un système où il y aura trois propositions qui tiennent compte de votre famille, de l’endroit où vous habitez, de vos compétences. C’est beaucoup plus protecteur. Moi, je souhaite davantage de mobilité"

Mais les fonctionnaires ont de la mémoire et ne risquent pas d'oublier les propos peu "câlins" de l'un de ses principaux ministres, Eric Woerth ; “Si la personne refuse, c’est qu’au fond elle n’a plus envie de travailler dans l’administration. Il n’y a pas de raison que l’administration continue à ce moment-là à la payer

Il n'ont pas non plus oublié l'interview satisfaite du même Woerth dans laquelle il déclarait à propos de la fonction publique : "Nous l'avons tenu et même dépassé puisque nous sommes à 15 479 suppressions de postes exprimés en équivalent temps plein travaillé. C'est mieux qu'en 2006, année durant laquelle 9 500 postes avaient été supprimés" - Source Slovar

Quelles réactions à ce dernier show du Président ?

Extrait de l'article du Nouvel Obs : Les réactions au discours de Sarkozy sur la réforme de la Fonction publique

Syndicats

Anne Baltazar, secrétaire générale des fonctionnaires FO : "Il faut un arrêt des suppressions d'emplois aveugles de la RGPP (Révision générale des politiques publiques), il faut qu'ils se calment, ils vont trop vite, trop loin, les agents sont déboussolés ... / ...

Jean-Marc Canon, secrétaire général des fonctionnaires CGT : "Au-delà de la déclaration sur le fait qu'il faut être fier d'être fonctionnaire, il y a bien ce décret sur la mobilité, qui correspond une politique dogmatique de réduction du nombre d'emplois"

Bernadette Groison, secrétaire général de la FSU : "C'est un discours angélique, mais c'est une chose que de dire aux fonctionnaires qu'ils sont formidables et une autre de continuer à supprimer un poste de fonctionnaire sur deux, ce qui revient à une non-reconnaissance du travail effectué... / ...

Les politiques

Razzy Hammadi, secrétaire national du PS aux Services publics : "Le nouvel exercice d'autosatisfaction de Nicolas Sarkozy sur la fonction publique ne remplacera pas les enseignants, les policiers et les gendarmes dont les postes ont été supprimés ... /...

Roland Muzeau, porte-parole des députés communistes, Républicains et du Parti de Gauche : "Le vibrant hommage aux personnels des services publics" rendu par le président a "tout du baiser de Judas". "Au delà des paroles, les choix du président de la République et de sa majorité de droite ne souffrent d'aucune ambigüité. Le non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, la possibilité désormais effective de procéder à des licenciements dans la fonction publique, le refus d'engager les personnels d'éducation nécessaires pour assurer la sécurité des élèves dans les collèges, sont clairement revendiqués".

Olivier Carré, secrétaire national UMP en charge de la Fonction publique : "Le Mouvement Populaire salue les propos du chef de l'Etat (...) à la logique de la quantité, le président privilégie la logique de la qualité, qualité de vie professionnelle pour les fonctionnaires et qualité du service pour les usagers". Et de terminer son communiqué par la phrase suivante : "Le Mouvement Populaire est ouvert au dialogue avec tous les agents des trois fonctions publiques ainsi que leurs représentations syndicales"

Il faut dire que : "début septembre, cinq syndicats ont annoncé une journée d'action le 23 mars, portant sur les retraites, mais aussi sur l'emploi, le pouvoir d'achat et les services publics" - Source Le Point

Ce qui laisse à penser que si, comme le chantaient les Rita Mitsuko : "les histoires d'amour finissent mal en général" celle entre le Président et les fonctionnaires est dans la phase ... terminale !

12 mars 2009

André Santini : La force tranquille de ... l'inactivité

Alors que le discours du gouvernement et de sa majorité est unanime sur la diminution du nombre de fonctionnaires, un sondage est passé un peu inaperçu. Il a été publié par le Figaro le 3 mars dernier

Quelque 72% des Français ont une «bonne image» des fonctionnaires et, selon une large majorité, leur nombre devrait être augmenté dans les hôpitaux, la recherche et l'enseignement, d'après un sondage de l'institut Obea-Infraforces pour 20 Minutes et France-Info, publié lundi. Un sondage qui confirme celui réalisé en janvier de l'année dernière, par l'institut Ipsos, dans lequel 70% des personnes interrogées avaient déjà une bonne image de leurs fonctionnaires.

Dans le sondage Obea-Infraforces, 57,2% des personnes interrogées ont une «assez bonne» image des fonctionnaires et 15,2% une «très bonne» image. Seulement 11,9% en ont une «assez mauvaise» image et 4,3% une «très mauvaise». 11,1% disent que l'image qu'ils s'en font «dépend des fonctionnaires, des métiers» et 0,4% ne se prononcent pas.

73,2% des personnes interrogées affirment même que l'on peut être «fier de nos fonctionnaires en France». 33,4% tout à fait d'accord avec cette affirmation, 39,8% assez d'accord - Le sondage complet sur le site du Figaro

C'est sans doute pour ça que leur "patron", le Secrétaire d'Etat à la Fonction publique : André Santini, se mobilise ENORMEMENT pour faire avancer le statut de leurs fonctions et la satisfaction des français. Nous avons pour preuve son agenda de la semaine dont vous vous donnons ci-dessous l'intégralité :

Site du Premier Ministre - Agenda officiel du Secrétaire d'Etat

Mercredi 11 mars
- R. Ventura Camejo, ministre de l’Administration publique de la République dominicaine 12h
- Ass. nat. : questions au Gouvernement 15h

Et puis, c'est tout ....

Si le gouvernement souhaite faire des économies sur la masse salariale de la fonction publique, nous pouvons dans un premier temps lui donner une piste ....

25 février 2009

Les précaires de l' Education nationale se mobilisent et vous ?

Précarité et emploi. Ce sont soit disant les deux priorités du gouvernement si l'on en croit les dernières déclarations du Chef de l'Etat. Les résultats de la confiance que font les français à ces déclarations sont sans appel : Plus de 65% de ceux-ci interrogés affirment ne pas croire à la stratégie de Nicolas Sarkozy pour sortir de la crise économique et sociale.

Si notre Président ne dispose d'aucun moyen pour améliorer les conditions salariales des employés du privé (voir le refus du MEDEF de céder quoi que ce soit) il a toute latitude pour améliorer le sort des salariés de la fonction publique.

Mais direz-vous : "La précarité dans la fonction publique ça n'existe pas !!! " Détrompez-vous, elle existe. Notamment dans un domaine où l'état nous serine qu'il est urgent d'investir pour le futur : L'éducation nationale.

Nous vous donnons ci-dessous un extrait d'un texte écrit par Marie José Gaechter qui fait partie de ces précaires que l'Etat utilise sans jamais leur offrir la possibilité de sortir ... de la précarité.

Nous, les EVS, CAV, Auxiliaire de Vies Scolaires, Nous voulons une reconnaissance à travers une titularisation, un salaire décent... Nous voulons continuer à travailler dans l'éducation nationale. Pour ma part, j'adore mon poste polyvalent de secrétaire en lycée, mais il est en CAE à 20 h mensuel sur 5 jours puisque notre gouvernement à demandé aux français de travailler plus pour gagner plus... donnez-nous simplement le droit de travailler.

CAE, derrière ce sigle se cache une réalité honteuse, l’exploitation d’êtres humains, CAE, piège et pièce maitresse d’un dispositif gouvernemental qui a institué un nouveau statut de normalité à la précarité du salarié, cette insécurité sociale est appelée à devenir dans une logique libérale, le mode d’existence de milliers de salariés, cela sera bientôt la norme pour tous les salariés qui ont eu ou seront confrontés à un handicap, à l’âge, etc., Je vois mal ce qui va désormais pouvoir arrêter la machine infernale de ces contrats, chronique annoncée d’une tragédie sociale.

Cela concerne toute la société. Chacune et chacun d’entre nous.

2 ans, vingt quatre mois, 730 jours tout au long desquels femmes et hommes savent qu’ils seront jetés. Mesure t’-on suffisamment la peur, l’angoisse, la hantise de n’être considérés que comme un produit jetable ?

Être précaire, c’est aussi être vulnérable, en insécurité permanente, souvent pauvre. Les statuts des EVS/CAE semblent se faire dans une quasi indifférence, or, nous n’avons aucun statut. Nous sommes jetables, corvéables, sous payés, sans apport de formation, aux droits incertains, aux missions floues, et sur la base obligatoire de temps partiel et nous n’avons pas le droit de refuser car nous serions rayés de l’ANPE.

L’Éducation nationale collabore à la mise en place de la précarisation des personnels et valide ces constantes régressions des conditions de travail qui est inacceptable.

Tout autant étonnant que scandaleux, car la situation de ces personnels est dramatiquement urgente

Pour les 42.500 EVS, la situation est claire et limpide, dans la limite des droits du salariés, les contrats aidés 2006/2009 prendraient fin en juin 2009 via l’ANPE (le pôle emploi, comme l'on dit maintenant) et le turn over de personnel perdurera dès la nouvelle rentrée 2009/2010.

À la question posée : "Vous allez donc renvoyer des employés qualifiés, avec des connaissances et des compétences acquises et reconnues notamment sur la prise en charge des enfants handicapés ?"

La réponse est oui

"L’idée d’extraire (celles et ceux qui voudraient voir perdurer leur emploi, au même poste) du dispositif contrat aidé en leur proposant un CDI de droit commun, vous a effleuré ? "

La réponse est oui, mais qui va payer ?


Nous avons pris contact avec Marie José Gaechter et lui avons proposé d'en dire plus sur la situation actuelle de ces salariés qui travaillent dans la fonction publique sous contrat de droit privé.

Bonjour Marie José

Slovar : Vous avez lancé une pétition par laquelle vous demandez :

-L'arrêt des recrutements sous contrats précaires.
- L’aide à la direction étant importante pour un meilleur fonctionnement de l’écoles.
- La scolarisation des enfants handicapés étant une priorité nationale.

Pouvez-vous nous expliquer qui vous êtes et à quel mouvement ou collectif se rattache cette pétition ?

Je suis référente pour le collectif UNCEVS, pour le département 53, l’UNCEVS ou l’Union Nationale des collectifs des employés de vie scolaire est une association loi 1901, qui regroupe les employés de vie scolaire sous contrats de droit privé au sein de l’Éducation nationale, c'est-à-dire tous les contrats aidés par l’État.

Slovar : Dans votre pétition vous parlez de la précarité de certains postes d'enseignants. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Ces postes ont été crée notamment pour aider à la scolarisation des enfants handicapés , mais la palette de ces emplois est très vaste, cela va de l’aide à la Direction dans les écoles maternelles et primaires, ou bien des assistant de vie scolaire dans les collèges ou lycées, secrétariat, animation, surveillance, etc.

Ces contrats sont tous différents, tant sur l’appellation, sur la durée, sur les rémunérations. L’objectif premier de ces contrats était de remettre sur le marché du travail, des personnes en difficulté d’intégration avec la perspective de suivre des formations afin de regagner le marché du « travail normal ».

Deux types de contrats qui sont actuellement les plus menacés :

Le CAE, contrat d’adaptation dans l’emploi, avec une durée de 2 ans non renouvelable devait servir aux rmistes, ou aux handicapés divers (soit dit en passant surtout pour les plus de 50 ans) 20 ou 26 h rémunéré au taux du salaire minimum, salaire pris en totalité en charge par l’État, les collectivités locales, etc.

Le CAV, contrat d’avenir, avec une durée de 3 ans non renouvelable, 26h, rémunéré au taux du salaire minimum, salaire pris en totalité en charge par l’État, les collectivités locales, etc.

Ces contrats n’ont pas bénéficié de formation, et L’Éducation nationale, utilise depuis des années le turn over pour ne pas pérenniser ces emplois, car vous pouvez faire 2 ans en CAE, puis 3 ans en CAV, Etc.

Il y a aussi les cas des Assistants d’Éducation, mais là c’est encore un autre type de contrat complètement différents qui sont renouvelable tous les ans, jusqu’à 5 ou 6 ans, et encore d’autres tous tellement différents mais tous précaires.

Slovar : Combien avez-vous obtenu de signatures jusqu'à présent ?

Nous avons actuellement 5230 signatures qui est peut en regard de l’enjeu 42 500 employés de vie scolaire qui vont être licenciés définitivement fin juin 2009 (pétition en ligne sur le lien plus bas), ces personnes n’ayant pas ou très peu reçu de formation, vont se retrouver au même point qu’elles étaient au début, car bien de ces contrats sont rompus avant la fin des 3 ans, il n’y a pas dans ce cas de validation de l’expérience.

Slovar : Quelle suite comptez-vous donner à cette pétition (réunions, mouvements, ...) ?

Nous allons tenir un colloque de réflexion sur les contrats d'avenir dans l'éducation nationale le 4 mars 2009 à Paris 12 rue Cabanis et continuer à maintenir la pression.

Slovar : Comment vous contacter ?

Par mail
mjg@gmail.com
mariegaechter@hotmail.fe
marie.gaechter@orange.fr

Et au travers des différents sites suivants
Le site de la pétition
Le site de l'Uncevs
Le forum des collectifs Evs/Avs
Les articles publiés par le collectif sur Le Post

Merci Marie José Gaechter et bonne chance pour la pétition et votre combat collectif.



11 septembre 2008

Négociations sur la prime transport : Que veulent la CGC, FO et la CFTC ?

Nous vous avons révélé dans notre article "Prime transport : Le medef isolé ou idéologue" qu'alors que le MEDEF refusait toute discussion sur la prime transport pour les salariés n'habitant pas dans la région Ile de France, la CGPME avait lancé une négociation avec des syndicats de salariés sur ce thème.

Nous mettions cette "avancée" sur le compte des rapports ambigus voir conflictuels qu'entretiennent les deux organismes d'employeurs. Nous y ajouterons une deuxième remarque : Les syndicats de salariés qui ont accepté de participer à ces réunions sont les 3 centrales syndicales qui sont directement visées par la nouvelle loi sur la "représentativité syndicale"

Nous rappelons quelques termes de la représentativité syndicale : Un syndicat devra recueillir au moins 10% des suffrages pour participer aux négociations dans une entreprise. Sont actuellement reconnus : la CGT (Confédération Générale du Travail) créée en 1895, la CFTC (Confédération Française des Travailleurs Chrétiens) créée en 1919, la CFDT (Confédération Française Démocratique du Travail) créée en 1964, la CGT FO (Confédération Générale du Travail Force Ouvrière) créée en 1948 et la CFE CGC (Confédération Française de l’Encadrement Confédération Générale des Cadres) créée en 1944.Toutes les organisations professionnelles qui adhèrent à l’un des syndicats représentatifs au niveau national se voient également reconnaître cette qualité. Pour exercer les droits réservés aux syndicats représentatifs, les autres syndicats doivent démontrer leur représentativité en fonction d’un périmètre donné : représentativité dans l’entreprise ou dans une branche ou dans une région incluant éventuellement plusieurs branches Source Objectif Droit du Travail

Sans être un grand analyste de la situation, nous dirons que cette concertation prend des allures de "course à la survie" et transforme encore une fois de plus les salariés en "otages" des ambitions de quelques uns. Si l'éternel désaccord sur le défilé du 1 er mai a finit par lasser, les négociations parallèles risquent d'hypothéquer plus que sérieusement l'avenir des salariés syndiqués ou non. Car, vous pourrez le constater dans le texte intégral publié ci-dessous, les 3 syndicats n'ont rien obtenu si ce n'est une déclaration commune avec un syndicat d'employeur qui, rappelons le, représente 26% des 29% d'employeurs adhérents à un syndicat ou une confédération.

Si sur le site de la CGC ont se fait discret sur la concertation, on peut trouver un texte indiquant l'ambiance actuelle : " ... Outre le Yalta organisé par le patronat et deux organisations syndicales signataires qui visent, à terme, à rester seuls en lice dans le champ de la négociation sociale, à tous les niveaux, nous avions déjà contesté que les contreparties obtenues par les employeurs étaient énormes. La possibilité ouverte de négocier avec les élus du personnel - souvent sans étiquette - ou avec un salarié mandaté par une organisation syndicale représentative dans la branche, porte en germe un nouvel affaiblissement du syndicalisme. Nous mesurons aujourd’hui l’écart entre les promesses du mandatement lié aux trente-cinq heures dans les années 1998-2000 et le peu de nouveaux militants syndicaux que cela a amené ... "

FO de son côté indique la couleur dans le texte suivant : " ... In fine, seules trois organisations syndicales (FO, CFTC et CGC) ont répondu à une invitation lancée par les patrons de la CGPME pour débattre de la question. La CGT et la CFDT avaient décliné l’invitation en raison de l'absence du MEDEF…tout en jugeant que la responsabilité dans le financement de ladite prime devait s'imposer aux entreprises. Après une première réunion jeudi dernier, FO, la CFTC, la CGC ont prévu de se retrouver mercredi prochain avec la CGPME afin de tenter de formuler des «préconisations communes» malgré leurs divergences encore bien nombreuses sur le mode de financement du futur dispositif. Alors que les syndicats veulent que les entreprises prennent à leur charge «une prime transport à caractère obligatoire», la CGPME voudrait s’en remettre à l'Etat afin qu’il «assume le poids de ses décisions politiques». Quant à l'UPA (artisanat) qui ne participe pas non plus à ces discussions, elle s’est déclarée également opposée «à toute mesure qui imposerait une charge financière supplémentaire aux entreprises ... "

Quant à la CFTC, elle affiche clairement la négociation en cours sur sa page d'accueil et déclare : " ... La CFTC s’oppose à la double peine que subirait les salariés qui ne peut se loger en centre ville du fait du coût de l’immobilier et qui n’ont pas la chance d’avoir à leur disposition des transports en commun et donc se verrait, aussi, pénaliser par une prime transport insuffisante. Par ailleurs, aucune piste ne doit donc être négligée en plus de la prime transport: lors des négociations actuellement en cours avec la CGPME, la CGT-FO, la CFE-CGC, la CFTC avancera des propositions concrètes pour favoriser le covoiturage et le télétravail ... "

En résumé, aucune illusion mais un communiqué de plus en commun. A vous de prendre connaissance du communiqué publié par la CGPME et de vous faire votre propre opinion.

RELEVE DE DISCUSSIONS A LA SUITE DE LA CONCERTATION ENTRE LA CGPME, LA CGT-FO, LA CFTC ET LA CFE-CGC CONCERNANT LES DISPOSITIFS D’AIDE AU TRANSPORT DOMICILE-TRAVAIL DES SALARIES

Les questions liées au transport domicile-travail des salariés sont l’une des problématiques qui relèvent du dialogue entre organisations représentatives des employeurs et des salariés.

Certains changements qui sont intervenus dans la dernière période, notamment l’augmentation du coût de l’énergie qui pèse sur les salariés mais aussi sur les entreprises, donnent une acuité particulière à cette problématique.

Dans ces conditions, la CGPME et les trois Confédérations syndicales de salariés CGT-FO, CFTC, CFE-CGC ont souhaité engager un dialogue direct qui permette un échange constructif sur les points de vue de chacune des organisations.

A la suite de deux séances de discussions approfondies, la CGPME et les trois Confédérations syndicales de salariés CGT-FO, CFTC, CFE-CGC ont abouti à un constat partagé sur certains points, divergent sur d’autres.

■ La CGPME et les Confédérations syndicales de salariés mentionnées précédemment ont considéré, compte tenu d’un certain nombre d’évolutions récentes en matière socio-économique, que les dispositifs existants d’aide au transport domicile-travail des salariés devaient être aménagés.

A cet égard, la CGPME a pris acte des demandes des trois Confédérations syndicales de salariés CGT-FO, CFTC, CFE-CGC qui souhaitent :

/ d’une part, en ce qui concerne les entreprises situées hors d’Ile de France soumises au versement transport et qui exercent leur activité dans les zones d’au moins 10 000 habitants, dans lesquelles existe un système de transport collectif organisé, la mise en œuvre d’un dispositif comparable à celui existant en Ile de France (prise en charge de 50 % d’un titre d’abonnement de transport collectif).

/ d’autre part, en ce qui concerne l’ensemble des entreprises, la mise en œuvre d’un système d’aide directe aux salariés pour faciliter le transport domicile-travail. Dans ce cadre, les organisations syndicales ont souhaité que l’aide mensuelle aux salariés revête la forme d’un barème fixe plancher de 30, 40, 50 euros correspondant à différentes distances de trajet domicile-travail.

A propos de cette aide directe, la CGPME a constaté avec intérêt que les organisations syndicales considéraient qu’une telle aide directe ne revêtait pas un caractère salarial et ne devait donc pas être assujettie aux charges sociales et fiscales.

■ A l’inverse, la CGPME d’une part, la CGT-FO, la CFTC et la CFE-CGC d’autre part, ont fait le constat d’appréciations différentes concernant les conditions d’application de ces nouveaux dispositifs s’ils étaient mis en place.

Les organisations syndicales considèrent que ces dispositifs nouveaux devraient avoir un caractère obligatoire.

La CGPME considère qu’ils devraient relever d’une décision volontaire des branches professionnelles ou des entreprises.

Par ailleurs, la CGPME estime que la mise en œuvre réelle de tels dispositifs ne pourrait être envisagée qu’avec une compensation intégrale.

Celle-ci pourrait prendre la forme :

- soit, dans le cas de la mise en œuvre d’un dispositif de prise en charge d’un titre d’abonnement de transport collectif, comme en Ile de France, d’une déductibilité du versement transport des sommes consacrées par l’entreprise à ce nouveau mécanisme ;

- soit, dans celui de la mise en place d’une aide directe aux salariés pour faciliter le transport domicile-travail, d’une compensation selon des modalités fiscales appropriées (remboursement direct par l’Etat, déduction de l’impôt sur les sociétés ou de l’impôt sur le revenu…).

■ Les Pouvoirs Publics qui ont, dans ce domaine de l’aide au transport domicile-travail des salariés, une responsabilité et un pouvoir de décision très importants, ont la capacité d’aménager les dispositifs existants pour faciliter le trajet domicile-travail des salariés sans que soient augmentées les charges nettes pour les entreprises.

Dans cette optique, la CGPME et les trois Confédérations syndicales de salariés CGT-FO, CFTC et CFE-CGC seront particulièrement attentives à la prise en compte par les Pouvoirs Publics du contenu de ce document, élaboré dans l’esprit de la Loi du 31 Janvier 2007.

CGPME CGT-FO CFTC CFE-CGC

Particulièrement attentives ? Comme le terme est élégant pour parler ... d'impuissance et de désaccord.

Source
CGPME

02 juin 2008

Fonction publique : Faites ce que je dis ...

Le 19 septembre 2007à Nantes, le Chef de l'Etat déclarait : "... / ... Nous devons donc refonder une fonction publique où les fonctionnaires n'auront pas le sentiment d'être réduits à l'impuissance, parce qu'ils ne savent pas toujours ce que l'on attend d'eux, parce qu'ils ont trop souvent le sentiment d'être mal aimés, mal considérés, parce qu'ils servent un Etat qui fonctionne mal, qui ne répond pas à ce que nos concitoyens sont en droit d'en attendre, qui perd toute continuité et toute cohérence dans la valse hésitation des réformes qu'on multiplie sans jamais oser les mener jusqu'à leur terme.

Le malaise est partout.

Il est dans l'Etat qui est devenu impécunieux et impuissant en même temps qu'il ne cessait de s'étendre pour devenir tentaculaire.
Il est dans les hôpitaux totalement désorganisé par les 35 heures.
Il est dans la fonction publique territoriale.

Ce malaise ronge les meilleures volontés.
Ce malaise fait obstacle au changement.

Le moment est venu de reconstruire.

... / ... Le service public ne peut pas obéir au critère de la rentabilité financière. Mais le service public a un devoir d'efficacité. Il a le devoir de rendre le meilleur service possible sans gaspiller l'argent public qui est l'argent des Français ... / ... Chacun peut comprendre que dès lors que nul ne peut indéfiniment dépenser plus qu'il ne produit, la hausse non maîtrisée des effectifs de la fonction publique a fatalement pour corollaires la baisse du pouvoir d'achat et le rétrécissement des perspectives de carrière.

Mais, dans mon esprit, la réduction des emplois publics est une conséquence et un moyen de la réforme, non une fin en soi. Je me suis engagé à ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Cet engagement, je le tiendrai parce qu'il n'y a aucun autre moyen pour améliorer le pouvoir d'achat des fonctionnaires et retrouver les marges financières qui permettront à l'Etat de ne plus vivre à crédit en finançant par le déficit, non l'investissement mais le fonctionnement ... / ... Ce que je vous propose, c'est une révolution culturelle, une révolution pour changer les mentalités, pour changer les comportements et pas seulement les structures, pas seulement les procédures, pas seulement les moyens ... / ... La haute fonction publique doit bien évidemment se montrer exemplaire à la fois dans le partage de l'effort et dans la modernisation ... / ... "

Le message était clair. Eric WOERTH l'annonçait le 18 mai 2008 : "PARIS (AFP) — Le ministre de la Fonction publique Eric Woerth juge qu'"il n'y a pas de raison de reculer", sur la réduction d'effectifs prévue parmi les fonctionnaires, quand "on a la conviction d'agir pour l'intérêt général", dans une interview au Parisien Dimanche.

"Je ne suis pas un père Fouettard, mais il est impératif de diminuer les effectifs de la Fonction publique", ajoute le ministre, qui veut "les réduire doucement, sans brutalité". "A partir du moment où on a la conviction qu'on agit pour l'intérêt général, il n'y a pas de raison de reculer", explique M. Woerth, qui estime que "reculer, ce serait faire reculer le pays".

"Tous les pays qui sont parvenus à équilibrer leurs finances publiques, ont réduit le nombre de leur fonctionnaires", souligne-t-il. Le ministre juge qu'il serait "irresponsable" de ne pas saisir l'"opportunité" de la démographie qui "fait que beaucoup partent en retraite". ... / ... Le gouvernement a programmé 22.900 suppressions de postes de fonctionnaires dans le Budget 2008 et 35.000 ont été annoncées pour 2009 en application du non-remplacement d'un départ à la retraite sur deux, dans le cadre de la Révision générale des politiques publiques (RGPP) ... / ... "

Le Ministre comme gouvernement et le Président ont d'ailleurs fait savoir qu'aucun mouvement social ne saurait les faire reculer. Lorsqu'on voit une telle détermination, on se dit que dans les cabinets du Président, du Premier Ministre et des Ministres, la plus grande rigueur et surtout l'objectif d'efficacité doivent être la règle !!

Alors, qu'en est-il ?

On compte à ce jour 37 ministres ou secrétaires d'Etat . Même si les secrétaires d'Etat sont sous la tutelle de ministères, on peut globalement dire que tous les aspects de la gestion du pays semblent couverts. Il ne faut en effet pas oublier que chaque ministre ou secrétaire d'Etat dispose d'un cabinet dont le nombre de conseillers peut varier de zéro (Rama YADE) à une trentaine (Roselyne BACHELOT) à 37 (Christine LAGARDE) soit en moyenne une vingtaine de conseillers.

Une visite sur le site de la Présidence de la République à la page "Cabinet de Nicolas SARKOZY" amène à se poser des questions sur la diminution du nombre de fonctionnaires notamment en ce qui concerne le cumul ou doublonnage.

Composition du cabinet de M. Nicolas Sarkozy, Président de la République

Secrétaire général : M. Claude GUEANT
Chef de l'Etat-major particulier : Amiral Edouard GUILLAUD
Conseiller spécial du Président de la République : M. Henri GUAINO
Conseillers du Président de la République :
M. Raymond SOUBIE
Mme Catherine PEGARD
Conseiller diplomatique et Sherpa : M. Jean-David LEVITTE
Secrétaire général adjoint : M. François PEROL
Directeur du cabinet : Mme Emmanuelle MIGNON
Conseillers à la présidence de la République :
M. Franck LOUVRIER
M. Arnold MUNNICH
M. Patrick OUART
Chef de cabinet : M. Cédric GOUBET
Chef de cabinet adjoint : M. Samuel FRINGANT

Mais enfin, pourrait-on se dire, après tout, le budget de la France peut bien offrir quelques (très chers) collaborateurs au Président. Oui, mais c'est en lisant la deuxième partie de la liste consacrée aux conseillers et conseillers techniques qu'on est partagé entre le sourire et l'abattement.

Conseillers :

M. Dominique ANTOINE, conseiller culture, éducation, jeunesse et sports
M. Bernard BELLOC, conseiller enseignement supérieur et recherche
M. Olivier BIANCARELLI, conseiller parlementaire et Outre-mer
M. Erard CORBIN de MANGOUX, conseiller affaires intérieures
M. Bernard DELPIT, conseiller économique
Mme Cécile FONTAINE, conseiller défense
M. Pierre-Jérôme HENIN, conseiller presse questions internationales
M. Bruno JOUBERT, conseiller diplomatique adjoint
M. Bertrand MARTINOT, conseiller social
M. Jérôme PEYRAT, conseiller politique
M. Fabien RAYNAUD, conseiller affaires européennes
M. Maxime TANDONNET, conseiller immigration et intégration

Conseillers techniques :

M. Boris BOILLON, conseiller technique à la cellule diplomatique chargé de l’Afrique du Nord, du Proche et du Moyen-Orient
M. Olivier COLOM, conseiller technique à la cellule diplomatique chargé du G8, des Nations unies, des affaires multilatérales et globales et de la francophonie.
M. Edouard CREPEY, conseiller technique en charge des questions institutionnelles, constitutionnelles et juridiques
Mme Sophie DION, conseiller technique sport
M. Jean-Baptiste de FROMENT, conseiller technique éducation
M. Eric GARANDEAU, conseiller technique culture et communication
M. Christophe INGRAIN, conseiller technique justice
M. Rachid KACI, conseiller technique politique de la ville, diversité
M. Damien LORAS, conseiller technique à la cellule diplomatique chargé des Amériques, de la Russie, du Caucase, des Balkans et de l’Asie centrale
M. Bertrand LORTHOLARY, conseiller technique à la cellule diplomatique chargé de l’Asie et de l’Océanie
M. Matthieu LOUVOT, conseiller technique industrie - énergie - transport
M. Christophe MALVEZIN, conseiller technique agriculture et pêche
M. Rémi MARECHAUX, conseiller technique à la cellule diplomatique chargé de l’Afrique sub-saharienne
M. Raphaël RADANNE, conseiller technique santé
M. Aimeric RAMADIER, conseiller technique fonction publique et jeunesse
M. Boris RAVIGNON, conseiller technique développement durable
M. François RIAHI, conseiller technique réforme de l’Etat
M. François RICHIER, conseiller technique à la cellule diplomatique chargé des affaires politico-militaires
M. Julien SAMSON, conseiller technique protection sociale
M. Romain SERMAN, conseiller technique à la cellule diplomatique chargé de l’Afrique sub-saharienne
M. Eric TALLON, conseiller technique à la cellule diplomatique chargé des affaires européennes
M. Julien VAULPRE, conseiller technique opinion

Notre Premier Ministre serait quant à lui plus mal loti ?

Pour mémoire, le cabinet du Premier Ministre se compose de :

1 Directeur du cabinet, 1 Directeur adjoint du cabinet, 1 Conseiller auprès du Premier ministre, 1 Conseillère auprès du Premier ministre pour la communication.

Puis :

Chargés de mission auprès du Premier ministre :
M. Jean de BOISHUE, ancien ministre
M. Daniel-Georges COURTOIS,
Pierre DAVID
Jean-Marc MONTEIL
1 Chef du cabinet
1 Chef du cabinet militaire
1 Chef adjoint du cabinet
1 Conseillère, chef du secrétariat particulier :
1 Conseiller Europe :
1 Conseillère pour les affaires économiques et financières :
1 Conseiller social :
1 Conseiller pour les affaires intérieures
1 Conseillère pour la justice :
1 Conseiller parlementaire :
1 Conseiller pour la réforme de l’Etat et la fonction publique :
1 Conseiller pour le budget :
1 Conseiller pour l’éducation nationale, l’enseignement supérieur et la recherche :
1 Conseiller pour l’industrie, la recherche et l’énergie :
1 Conseiller diplomatique :
1 Conseiller pour le développement durable
et Arno KLARSFELD (aucune précision)

5 conseillers au service de presse

Conseillers techniques :
1 Affaires diplomatiques
1 Fiscalité et prélèvement obligatoires
1 dossiers culturels et discours
1 Affaires diplomatiques et coopération franco-allemande
1 Relations avec le Sénat et les associations d’élus
1 Education
1 Financement des entreprises, services, artisanat, concurrence, consommation et tourisme
1 Politique de la ville, intégration et lutte contre l’exclusion :
1 Relations avec l’Assemblée nationale et l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe et de l’UEO
1 Enseignement supérieur et recherche
1 Santé
1 Ecologie et urbanisme
1 Discours
1 Sécurité
1 Stratégies industrielles, PME-PMI, technologies et société de l’information
1 Administration territoriale, collectivités locales et outre-mer
1 Sports, jeunesse et vie associative
1 Libertés publiques
1 Finances sociales
1 Affaires stratégiques
1 Affaires locales
1 Energie, politique industrielle et sûreté nucléaire
1 Discours
1 Travail et formation professionnelle
1 Affaires économiques internationales
1 Espace, industries de défense, recherche et innovation
1 Climat, transport et règles de construction
1 Macro-économie et emploi
1 Culture et communication
1 Agriculture, pêche et forêt

Chargés de mission
1 Aménagement et logement
1 Relations avec élus
1 Education
1 Prévisions économiques
1 Relations avec l’Assemblée nationale et le Parlement européen

En regardant de plus près les deux (impressionnantes) listes, on constate non seulement que l'Elysée et Matignon possèdent dans leurs cabinets respectifs des équivalents ou doublons et qu'ils couvrent la totalité des sujets ou dossiers gérés par les minsitères ou Secrétariats d'Etat. Muni de ces informations, on est légitimement en droit de se poser une question : Comment est-il possible d'obtenir la moindre efficacité dans l'action ?

Une question nous vient immédiatement à l'esprit : La réduction du nombre de fonctionnaire dont Eric WOERTH se gaussait il y a peu de temps va t-elle s'appliquer aux ministères, à Matignon ou au cabinet Elyséen au nom de l'efficacité et de la gestion sérieuse ? Car, enfin, les émoluments des fonctionnaires présents dans les cabinets n'on rien à voir avec celui des simples salariés de la fonction publique ou territoriale.

Une question pour laquelle, probablement, nous risquons d'avoir du mal pour trouver un interlocuteur ... pour y répondre.