13 décembre 2006

Variables d’ajustement

Ils ont pour prénom, André, Françoise, Farid, Leila, Maurice, Franck et ils ont tous en commun d’avoir perdu leur travail en même temps.

Pour eux, les lumières et les décorations des fêtes de fin d’années n’auront certainement l’aspect joyeusement niais que nous présentent les journaux télévisés. Derrière ces prénoms, il y a des situations différentes : CDI, CDD ou CNE. On ne les a pas gardés pour des raisons similaires : Baisse d’activité, compression d’effectifs, remplacement par un plus jeune, « embauche » d’un stagiaire, …

Entre le travailler plus de Nicolas SARKOZY et le travailler différemment de Ségolène ROYAL, aucune réponse immédiate ou à moyen terme ne sera apportée à leur problème. Retour ou découverte des ASSEDIC et à l’ANPE pour tous.

Que peuvent nos politiques face à ce problème qui contrairement aux grandes théories économiques et parfaitement concret ?

Si l’on en croit le programme de l’UMP, il faudrait privilégier le travail. Explications : Pour augmenter le pouvoir d’achat, il suffit de supprimer les 35 heures et permettre aux salariés de faire des heures supplémentaires. Ce qui signifie que ceux qui ont un emploi « pourront choisir » de travailler plus. Donc, création de poste = zéro.

Nicolas SARKOZY se propose de privilégier « ceux qui se lèvent tôt » ce qui signifierait qu’il existe une France des courageux et une des faignants ? Perdre son emploi et ne pas en trouver malgré des heures et des jours de recherche vous classerait-il dans le clan de ceux qui adoptent une attitude de rentiers ?

La candidate socialiste adepte de la flex sécurité chère aux pays nordiques nous propose tout simplement d’apporter un filet de sécurité qui n’est ni plus ni moins que l’institutionnalisation du chômage partagé mais répartit (encore faudrait-il consacrer une part du budget de la nation aussi importante que ces pays)

Quel est au fond le problème ?

La logique qui veut que l’inflation soit jugulée est une bonne chose mais lorsqu’elle est portée par les banques centrales comme un dogme, cela peut devenir dramatique. La lutte contre l’inflation impose que l’augmentation des prix et salaires soit dans un premier temps contrôlée. L’étape suivante consiste à ce que les prix diminuent pour permettre aux salariés de continuer à consommer autant avec un salaire qui augmente peu ou pas.

Comment réussir un tel tour de force ?

Voir baisser les prix pourrait indiquer que les fournisseurs pratiquaient des marges tellement importantes qu’ils prenaient les consommateurs pour des imbéciles. Ce n’est bine entendu quasiment jamais le cas. En réalité, la production s’oriente vers des pays ou les coûts du travail sont les moins élevés (délocalisations)

Il faut néanmoins noter qu’alors que la baisse du prix des textiles (100% fabriqués en Chine) est de 15 à 20 % pour les consommateurs britanniques, elle ne dépasse pas 2 % en moyenne en France. Etonnant non ?

Qui doit en ce cas, payer l’addition ?

Les salariés sont, bien entendu, les seuls à subir ce changement de donne au travers de remise en cause de leurs conditions de travail ou en devenant des variables d’ajustement.

Un salarié licencié pour cause de faible activité est immédiatement ou à court terme un consommateur de moins ce qui entraînera sans nul doute des ajustements dans d’autres entreprises.

Les organismes ou confédérations d’entrepreneurs proposent comme à leur habitude une énième baisse des charges sociales, des concepts nouveaux comme la « séparabilité » sans pour autant refuser les aides massives à l’emploi.

En clair, rompre le pacte qui lie les salariés à leur entreprise en sachant que le différentiel entre les conditions de travail et de salaire avec les pays d’Asie est tellement important qu’une suppression des charges et des licenciements sans indemnités ne changerait strictement rien.

Le capitalisme est-il en train de s'autodétruire demandent Patrick ARTUS et Marie Paule VILLARD ?

« La question peut sembler saugrenue, voire provocatrice, au moment même où les grandes entreprises de la planète, y compris en France, affichent des profits insolents, rémunèrent très confortablement leurs dirigeants et distribuent des dividendes records à leurs actionnaires... Alors que la croissance économique - en Europe en tout cas - stagne, que les délocalisations se multiplient et que chômage et précarité s'aggravent, on comprend que le débat devienne vif sur la légitimité d'une telle captation de richesses »


Quant à André, Françoise, Farid, Leila, Maurice et Franck, qu’ils se rassurent, les candidats à la présidence de la république ont déjà dans leurs programmes mille et une façon pour les escamoter dans les statistiques au travers de "stages parking" ou de classification « grand âge » les dispensant de recherche d’emploi. Ce semble être, ces derniers temps, le sort réservé aux variables d’ajustement.

30 novembre 2006

La fracture numérqiue des plus de 70 ans

Depuis ce matin, nos parlementaires réfléchissent à la fracture numérique (chère à notre bon président) qui exclut les plus de 70 ans nous apprend le journal Le Parisien.

Si un certain nombre d’arguments penchent en la faveur de l’appropriation de ce nouveau moyens de communication : Baisse du prix des ordinateurs, généralisation de l’ADSL seuls 6% des plus de 70 ans disposent des outils de connexion à l’internet.

Quel principal reproche les + de 70 ans font à l’Internet ?

L’ordinateur et sa technologie font peur et je ne saurais pas m’en servir.

Si cette réponse peut en faire sourire certains, il ne faudrait pas oublier que surfer sur l’Internet demande tout d’abord de savoir mettre en route un ordinateur destiné avant tout à être un outil de bureautique (traitement de texte, tableur)

Les plus malins d’entre nous ont oublié que la notion de « plug & play » ("Branchez et ça marche" : expression pour indiquer que l'installation et l'utilisation d'un matériel sont à la portée de tous) chère aux industriels de la micro informatique est surtout un concept fumeux.

De l’impulsion sur le bouton « start » en passant par le ou les mots de passe pour arriver sur le « bureau » reconnaître la bonne icône puis ensuite lancer une connexion (qui peut être aléatoire) en passant par les mystères du système d’exploitation qui peut décider de vous envoyer un message ou tout simplement planter la machine.

Soyons honnête et reconnaissons qu’il y a beaucoup de moins de 70 ans qui ont frisé la dépression.

Comment pourrait se définir l’ordinateur idéal pour surfer sur l’Internet ?

  • Une machine peu encombrante équipée d’un clavier écran intégrés
  • Une connexion automatique vers un ou plusieurs bouquets de services
  • Des touches de raccourcis dont certaines verraient leur fonction inscrites dessus
  • Des touches flèches permettant de se déplacer facilement sur l’écran
  • Des menu textes permettant de choisir la fonction souhaitée
  • Un ou des opérateurs surveillés ou contrôlés par les pouvoirs publics ce qui limiterait les risques d’abus sur les personnes.

Séduisant non ?

Et bien, cette définition est née en 1983 et avait pour nom le Minitel

« Présenté au grand public comme Annuaire Electronique, destiné à remplacer la version papier des Annuaires Téléphoniques. Il à été distribué gratuitement dans les Postes.

A cette époque là, le Minitel n'était pas toujours bien accueilli par les gens : son aspect technique rebutait ou déconcertait parfois les consommateurs.

Il fallait en effet un léger apprentissage avant de découvrir sa simplicité d'utilisation.

Il s'agissait bien sur d'un phénomène sociologique normal : un temps d'accoutumance avait été indispensable à l'utilisation du téléphone, il y a un siècle, car il était accusé de briser l'intimité du foyer.


Ainsi ce furent d'abord les jeunes, plus familiarisés avec les technologies nouvelles et les claviers, qui constituèrent la clientèle d'avant-garde de ce mode de communication révolutionnaire.

En effet, nous étions aussi à la grande époque de l'informatique familiale, et acquérir un Minitel c'était faire venir gratuitement un ordinateur chez soi.
»

Amusant non ?

Le débat n’est pourtant plus aujourd’hui à la nostalgie et à se demander « Et si les américains avaient adopté le Minitel … » Il est souhaitable par contre de se demander si un ordinateur n’est pas surdimensionné par rapport à la fonction de recherche d’informations ou l’envoi de courriers électroniques !!!

On me répondra : « Et le téléchargement de musique, vidéos et autres films ? » A ceux là, je répondrai que rien n’empêche de mettre au point des terminaux spécialisés pour l’Internet ne disposant pas de fonctions évoluées mais répondant à des aspirations plus classiques.

On pourrait très bien concevoir que les internautes qui souhaitent utiliser des fonctions évoluées se tournent (ce qui est le cas aujourd’hui) vers l’achat d’un ordinateur.

On ne réduira pas la fracture numérique est étant persuadé qu’il suffit de mettre au point un programme « Internet accompagné » ou au travers de services à domicile (chèque emploi services) dont personne ne vérifiera le niveau pédagogique.

Alors mesdames et messieurs les parlementaires, pourquoi ne pas réfléchir au lancement de projets conciliant nouvelles technologies et simplicité extrême ? Je ne suis pas le seul à être persuadé que le nombre de demandeurs serait bien supérieur à la population de plus de 70 ans !!!

Sources

Le Parisien
Le Dico du Net

29 novembre 2006

Communiqué - Prix de la citoyenneté européenne 2006

La Fédération Française des Maisons de l'Europe (FFME) lance la troisième édition du Prix de la Citoyenneté européenne.

Ce prix s'adresse à tout(e) citoyen(ne) de l'Union européenne ayant réalisé des actions de terrain favorisant un sentiment d'appartenance à l'Union européenne. Il récompensera des initiatives individuelles et de groupes.

Avec ce prix, la FFME souhaite contribuer à donner un sens à l'exercice de la citoyenneté européenne et en favoriser l'appropriation par chaque citoyen de l'Union. Les actions récompensées doivent permettre de renforcer l'identification des citoyens à l'Union et la prise de conscience de l'existence d'un bien commun européen.

Le jury est composé de membres d'institutions européennes, de personnalités, d'associations et d'organismes européens.

Les dossiers de candidatures, renseignés en français, en anglais ou en allemand doivent être envoyés à la FFME avant le 10 février 2007.

Les lauréats seront invités à Rome, le 23 mars 2007, à l'occasion de la célébration du 50ème anniversaire des Traités de Rome, pour recevoir le diplôme et la médaille de la citoyenneté européenne.

En savoir plus
Dossier de candidature (pdf)
Dossier de candidature (word)
Communiqué de presse

27 novembre 2006

Nous sommes ou seront tous des WELL, DELPHI, VALEO , ..

Des milliers d’emplois auront été perdus cette année. Les plans sociaux n’auront jamais été aussi nombreux en 2006. Voilà ce qu’on peut lier dans la presse tous les matins dans les la rubriques économiques ou sociales


Quelques chiffres récents de suppressions



THOMÉ-GÉNOT : 294 - DALPHIMETAL : 303 - VALEO : 102 - EAK : 84 - FAURECIA : 690 - WAGON AUTOMOTIVE : 140 - MECAPLAST : 320 - DELPHI : 642 - BOSCH : 371, ....

Nul ne contestera que cette année pré électorale qui laisse la France « flotter » au gré des désaccords entre l’UMP et le gouvernement laisse les coudées libres à des restructurations avant que le nouveau président de la république n’entre en fonction.

A chaque annonce, les français angoissent un peu plus sur leur sort et se demandent si la prochaine « charrette » contiendra un des leurs ou eux mêmes. La situation décrite est aux antipodes des déclarations du premier ministre et de son ministre de la cohésion sociale.

Une déclaration montre bien pourtant que la façade se fissure : « Dominique de Villepin a laissé entendre lundi que le chômage était reparti à la hausse en octobre, précisant que la pause dans la croissance au troisième trimestre aurait "sans doute" des répercussions sur les statistiques de l'emploi. »

« Nous devons faire face à une pause de la croissance au troisième trimestre qui se répercutera sans doute sur les chiffres de l'emploi », a déclaré le Premier ministre à l'occasion d'un déjeuner-débat de "CroissancePlus" avec quelque 200 chefs d'entreprise.

Où est-elle la croissance promis et brandie par Thierry BRETON ? Comment prendre au sérieux François FILLION lorsqu’il déclare que nous devons abroger les 35 H00 ? Mais M. FILLION il sont très nombreux ceux qui n’arrivent même pas à obtenir 35H00 de travail par semaine !!

Travailler plus pour gagner plus ? Oui, mais où ? Les nombreux chômeurs seraient bien aise de recevoir M. FILLION pour qu’il leur explique !!!

Si de tous côtés, on prétend régler le problème des fermetures et délocalisations avec des investissements massifs dans la recherche et l’innovation (quand et combien ?) les français eux se rendent bien compte à quel point on est en train de démanteler leur pays.

La recherche et l’innovation : Les mots magiques sont lancés. Mais savez vous que c’est exactement ce que tous les pays industrialisés ont en tête en ce moment ?

  • Savez vous que l’Inde et même la Chine disposent d’universités qui sont déjà en concurrence avec les nôtres ?
  • Combien de temps faut-il pour former des chercheurs ?
  • Combien de gens en France ont-il la capacité de devenir chercheur ?
Innover pour produire où ?

L’Union européenne n’ayant aucune envie d’équilibrer les disparité sociales et fiscales et l’OMC organisant le reste, il est évident que même si la recherche française se distinguait dans l’innovation, la totalité de la production se trouverait implantée dans des pays à faible coût. Quels gains pour l'emploi ?

Que dire des industries automobile ou aéronautique qui ont d’ores et déjà installé des chaînes de production et des laboratoires dans les pays émergents d’Asie ?

Et pendant ce temps là on fait quoi ?

Que va t-on faire de ces gens licenciés après 20 ou 30 passés dans une industrie qui part vers des cieux fiscaux plus favorables ? Les pistes initiées par Jean-Louis BORLOO concernant les emplois à la personne ne pourront jamais compenser les pertes d’emplois qui se succèdent.

D’ailleurs, qui a décrété que les personnes âgées (qui sont les principaux futurs employeurs) auront des capacités financières susceptibles de pérenniser ce secteur d’activité ?

Un pays qui ne produit plus est un pays dépendant et voie de disparition. L’utopie d’une société basée exclusivement sur le service est un leurre et nos politique apparaissent désemparés ou insensibles à la détresse qui frappe chaque région.

A quoi sert de clamer la rupture lorsqu’elle ne consistera qu’à baisser le niveau des retraites ou les modestes acquis sociaux restants ?

COLUCHE dans un de ses sketchs disait « Simone WEIL elle veut plus qu’on fume mais c’est surtout les usines qui se sont arrêté de fumer » Ce trait d’humour serait-il en train de devenir une réalité qu’aucun des postulants à l’Elysée ne serait en mesure de régler ?


Sources - chiffres - Illustrations

Le Figaro
Faujour

24 novembre 2006

Prévention à deux vitesses ?

La prévention santé est l’enjeu des prochaines décennies. Cette prévention devrait permettre de diminuer le nombre de malades et surtout le nombre de traitement de pathologies lourdes comme les cancers.

Jacques CHIRAC, à la recherche de grands chantiers susceptibles de « marquer » ses deux mandats à lancé le plan cancer :

"Un grand chantier national de lutte contre le cancer a été ouvert sous l'impulsion du Président de la République le 14 juillet 2002.

Le Ministre de la Santé, de la Famille et des Personnes Handicapées, Jean-François Mattei, et la ministre déléguée à la recherche et aux nouvelles technologies, Claudie Haigneré ont rendu publiques les propositions élaborées par la commission d'orientation sur le cancer, le 16 janvier 2003.


Le 24 mars 2003, le Président de la République a présenté le Plan cancer, dont les propositions ont pour ambition de répondre aux besoins des patients, de leurs proches et des professionnels qui prennent en charge les personnes atteintes par cette maladie."


Nous sommes tous d’accord avec cette approche qui doit apporter des réponses aux malades et à leur proches mais qui doit aussi mettre l’accent sur la recherche médicale. Aussi, la découverte de nouveaux traitements est-elle une priorité tant parce qu’elle prolonge la vie que parce qu’elle est une filière économique importante pour notre pays.

Or, il y a quelques heures, on pouvait prendre connaissance du communiqué suivant :

"Le premier vaccin contre les virus responsables de la plupart des cancers du col de l'utérus est commercialisé à partir de ce jeudi en France, annoncent l'AFSSAPS (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) et la firme pharmaceutique Sanofi Pasteur MSD.

Disponible en pharmacie sur prescription médicale, le vaccin
Gardasil cible les papillomavirus humains de types 6, 11, 16 et 18, transmissibles par voie sexuelle et responsables à eux quatre de 70 à 84% des cancers du col de l'utérus, précise Sanofi Pasteur MSD dans un communiqué. Il est recommandé pour les préadolescentes"

Il coûte 146 euros la dose, non remboursée pour l'instant, et il faut compter trois injections intramusculaires à intervalle de deux puis six mois. Le Conseil supérieur d'hygiène publique de France (CHSPF) rendra son avis en décembre sur une éventuelle recommandation vaccinale.

Ensuite, la
Haute autorité de santé (HAS) pourra décider de son remboursement au premier semestre 2007. "Chaque année en France, le cancer invasif du col est diagnostiqué chez près de 3.400 femmes et plus de 1.000 en meurent, soit l'équivalent de trois décès par jour", rappellent les laboratoires Sanofi Pasteur MSD

Jusqu'à présent, la prévention de ce cancer féminin passait seulement par le dépistage. Tous les un à trois ans, les femmes doivent se soumettre à un frottis vaginal, à la recherche de lésions précancéreuses ou cancéreuses …"

Vous avez bien lu : Il coûte 146 euros la dose, non remboursée pour l'instant, et il faut compter trois injections intramusculaires à intervalle de deux puis six mois … Ensuite, la Haute autorité de santé (HAS) pourra décider de son remboursement au premier semestre 2007 »

La première réaction est de dire : De qui se moque t-on ? Soit le vaccin est efficace et évitera 1000 morts soit il ne l’est pas (pas remboursable) et là on frise l’escroquerie intellectuelle.

Où est-il le plan cancer ? De quelle prévention nous parle t-on ? N’aurait-on retenu que les résultats de la filière économique ?

Que la sécurité sociale ait décidé de ne plus rembourser les cures thermales sous prétexte qu’elles relevaient du « confort de vie » peut se discuter sans problème.

Quant à penser que ne pas mourir d’un cancer est du même niveau, il faut vraiment se poser des questions sur les responsables de cette décision et la crédibilité du plan cancer !!!

22 novembre 2006

Ernest-Antoine Seillière le retour … dans la continuité

L’information n’a pas fait la une ni les brèves des journaux et pourtant elle concerne tous les salariés de l’Union Européenne. C’est EURACTIV qui nous l’explique au travers d’un article :
La Commission sur le point de renoncer au Livre vert sur le droit du travail

« Sous la pression des entreprises et de certains Etats membres, la DG Emploi s'est prononcée contre la publication d'une communication sur le droit du travail européen »

Mais plus précisément ?

« La Commission avait l'intention de publier une communication intitulée "Travailler en Europe - emploi, compétitivité et justice sociale sur le marché européen du travail" en septembre 2006. Dans le même temps, une consultation devait être lancée sur "l'adaptation du droit du travail pour garantir la flexibilité et la sécurité pour tous »

En raison de critiques, surtout de la part du Royaume-Uni, la communication et la consultation ont toutes deux été reportées.

Peu avant le vote prévu de la Commission sur ces deux documents le 4 octobre, la fédération européenne des employeurs UNICE avait en effet adressé une lettre au président de la Commission, José Manuel Barroso, dans laquelle elle se disait "extrêmement préoccupée par le contenu de ce document" et appelait M. Barroso à "reconsidérer le contenu du Livre vert et le moment opportun pour le publier"

UNICE ça vous dit quelque chose ?

Rendons sur son site pour les découvrir :

A la suite du chaos et de la destruction engendrés par la seconde guerre mondiale, s’est affirmé un besoin fondamental de reconstruction et de collaboration en vue du développement économique du continent européen. Un élément de cette collaboration fut la création en 1949 du Conseil de fédérations industrielles d’Europe (CIFE), et, dans ce cadre, de l’Union des industries des pays de la Communauté européenne, créée par les fédérations nationales des six Etats membres de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA). Le premier mandat de l’Union des industries des pays de la Communauté européenne fut de surveiller les développements de la CECA. En toute logique, elle s’attacha par la suite à analyser les conséquences politiques de la Communauté créée par le Traité de Rome et évolua pour devenir en mars 1958 l’Union des Industries de la Communauté européenne (UNICE).

Au fur et à mesure que la CEE s’est élargie et s’est approfondie, UNICE a également grandi. Actuellement, en 2006, UNICE compte 39 membres de 33 pays, y compris les pays de l’Union européenne, les pays de l’Espace économique européen et des pays de l'Europe centrale et orientale. L’organisation est structurée autour de sept commissions de politique principales ainsi que d'une soixantaine de groupes de travail, et se compose de quarante-cinq membres du personnel supervisés par le Secrétaire général M. Philippe de Buck et sous la direction du Président actuel Ernest-Antoine Seillière.

Si le nom de Ernest Antoine Seillière n’évoque pas forcément grand chose à la très grande majorité des européens, les français ont gardé la mémoire du grand pourfendeur social et ennemi juré de Martine AUBRY.

Il n’ont pas non plus oublié son passage au CNPF qu’il rebaptisa MEDEF.
Il n’ont pas oublié non plus l’élégance avec laquelle il a « rallumé » la lutte des classes sociales.
Ils n’ont pas oublié non plus que sa holding Marine Wendel est le fruit généreux de la nationalisation de la sidérurgie (Soit un patrimoine professionnel de 730 millions d’euros)

Quels sont les griefs de l’UNICE vis à vis du « livre vert » ?

Les principaux reproches d'UNICE portaient sur le fait que "le projet actuel donnait une image négative des formes flexibles de travail et du statut d'indépendant qui n'est pas justifiée." UNICE poursuivait : "Il propose implicitement d'harmoniser le droit du travail, ce qui nuirait à la croissance et à l'emploi et va à l'encontre de l'approche de 'flexicurité'."

Nous y voilà !!! Trop d’information nuit à la bonne marche des entreprises. Notre bon Ernest Antoine a encore trouvé un nouveau fléau à combattre.

Il est assez choquant de constater que l’Union européenne au travers de son président puisse, à la demande d’un lobby occulter un document concernant la vie des citoyens d’Europe. Au delà du choquant, il faut vraiment se poser la question de la validité du mandat des commissaires européens devant une telle entorse à la démocratie.

Désolé M. Sellière, mais j’espère que cette information sera relayée de bonne façon par les blogueurs et internautes !!!


Sources
Le monde diplomatique
UNICE
EURACTIV

Crédit photo
UNICE

21 novembre 2006

Le temps des militantes

C’est une petite phrase anodine qui va probablement devenir « culte » si la presse veut bien lui prêter vie.

Interrogé hier matin sur Europe1 par Jean-Pierre ELKABBACH sur la campagne du Parti Socialiste, Thierry BRETON a répondu : « qu’il ne s’intéressait pas aux histoires de M. HOLLANDE et de sa femme » Repris par JP ELKABBACH qui lui a dit « je ne peux pas laisser passer ça, vous pourriez dire Ségolène ROYAL et son compagnon François HOLLANDE » M. BRETON s’est ensuite englué dans un langage ésotérique dont lui seul à le talent.

Cette phrase montre a quel point la candidature de Ségolène ROYAL perturbe l’actuel majorité et surtout qu’on considère toujours que le rôle de la femme dans la société moderne se situe derrière l’homme ou comme l’aurait dit Dominique STRAUSS KHAN à collectionner les fiches recettes.

On peut aimer ou détester un candidat, une politique ou une idéologie mais lorsqu’on voit avec quelle agressivité a été traitée Michèle ALLIOT MARIE au dernier congrès UMP, on perçoit clairement que la phrase de Thierry BRETON est tout sauf sibylline !!!

On semble avoir à l’UMP une curieuse vision des femmes en politique et pourtant, on y parle quotidiennement de rupture.

Il est évident que le vote de 2007 va marquer une nouvelle étape dans la vie de la nation puisque pour la première fois la génération issue des années 50 va enfin prendre les commande de l’état. Mais c’est surtout l’irruption des femmes pour le combat présidentiel qui restera comme le fait marquant.

Ce qui est important de noter c’est que ces femmes candidates ne sont pas issues des obligations de parité mais sont bel et bien des militantes de longue date. Cela confirme s’il en était besoin que l’engagement politique, syndical ou citoyen n’est pas lié à quelque notion de gestion des minorités que nous propose l’UMP dans sa plate forme électorale.

Chacune des candidates a du se battre pour s’imposer dans des domaines où on ne les souhaitait pas. Il ne faut pas oublier que les femmes ont été longtemps cantonnées aux secrétariat d’état à la condition de la femme, la famille ou la santé. Les français aiment la force de caractère mais pas les parachutages ou les nominations de complaisance.

C’est à ce titre que de nombreux français trouveraient judicieux de porter une femme à la tête de l’état. C’est également vrai qu’ils ne la désigneront que parce qu’elle portera en elle les preuves d’un engagement et d’une action politique volontaires. Les français ne voteront pas pour élire une femme mais se prononceront sur le message et les engagements de la candidate d’un mouvement politique dont elle portera les couleurs et les valeurs.

Ségolène ROYAL qui, sans nul doute est la première femme militante politique en position d’être élue présidente de la république en 2007, pourrait l’être par des françaises et des français qui trouveraient là l’occasion de montrer à toute la classe politique une tout autre vision de la notion de minorités.



17 novembre 2006

Déclaration de Laurent FABIUS

« Les militantes et les militants du Parti Socialiste ont voté massivement et c'est d'abord à eux que je pense. Par leur participation au scrutin, par leur contribution au débat qui s'est déroulé ces dernières semaines, par leur adhésion au projet socialiste début juin, ils ont donné un exemple de démocratie. L'ensemble des Français en ont été témoins et en seront juges. De cela, nous pouvons collectivement être fiers.

Les militants ont tranché. Je salue Ségolène Royal et je la félicite pour son succès. Les militants lui ont donné tous les moyens pour l'emporter en 2007. Je lui souhaite bonne chance pour le grand combat contre la droite et l'extrême droite. Il lui revient désormais d'assurer le rassemblement de tous les socialistes. J'y suis évidemment prêt.

Je salue également Dominique Strauss-Kahn que mes vœux de sympathie et d'amitié accompagnent ce matin, face au deuil personnel qui l'a frappé.

Je remercie les 33 000 militantes et militants qui, en métropole et outre-mer, m'ont apporté leurs suffrages. Au-delà de leur vote, je les remercie pour leur mobilisation au service des idées et des propositions que nous avons portées ensemble, pour l'emploi et les salaires, pour la laïcité et les services publics, pour la réorientation sociale, économique, environnementale et démocratique de l'Europe. Qu'ils n'en doutent pas : ces combats sont justes. Ils devront être au cœur de la campagne présidentielle et du prochain quinquennat. Ils seront le ciment de l'indispensable rassemblement de la gauche.

Pour ma part, je continuerai d'agir en ce sens, car je reste convaincu que c'est la seule orientation politique capable de faire gagner durablement la gauche, les Français et la France. »


Dans ces circonstances, je veux te dire personnellement combien je te suis reconnaissant pour l'action que tu as menée pendant toute cette campagne au service de nos idées. Cela a représenté un engagement exigeant, une mobilisation courageuse, souvent très difficile, et je le mesure pleinement.

Même si les résultats ne sont pas eux de nos espérances, je reste convaincu de la justesse de nos positions sur le fond.

L'action continue, ensemble, et en amitié.


16 novembre 2006

Marketing social ?

"Les addictions, qu'il s'agisse du tabac, des drogues ou du jeu, sont enfin reconnues comme de véritables maladies avec un plan de prise en charge et de prévention présenté mercredi par le ministre de la Santé Xavier Bertrand. L'Etat a prévu de consacrer 385 millions d'euros sur cinq ans à ce programme de lutte adopté en Conseil des ministres."
Ce communiqué appelle quelques commentaires de bon sens :

Comment l’état peut-il montrer un visage vertueux alors qu’il est le premier bénéficiaire des taxes sur le tabac et qu’il possède le monopole de tous les jeux pratiqués sur le sol français (voir l’interdiction des loteries sur le Web)

En ce qui concerne les jeux, allons nous obliger les animateurs qui présentent le tirage du loto à déclarer : « « L’abus de jeu nuit à la santé » avant le tirage des 6 bons numéros ?

En fin de compte, notre ministre et ses conseillers nous pratiquent la technique du marketing social qui ne coûte pas bien cher. M. BERTRAND aurait pu par exemple indiquer que la totalité des taxes perçues sur le tabac serait affectée à la recherche médicale. Il aurait pu également nous apprendre le montant prélevé sur les gains de la Française des Jeux pour traiter les « drogués » du jeu qu’il fabrique lui même.

Il aurait pu également dans le cadre de la prévention, conjointement avec Jean Louis BORLOO nous annoncer les mesures fortes qu’il souhaite prendre contre les accidents du travail et les maladies professionnelles.

Il faut savoir que : En 2004, la branche Accidents du Travail et Maladies Professionnelles de la Caisse nationale d'assurance maladie (CNAMTS) a indemnisé 1,4 millions accidents du travail. Parmi ces accidents près de 700 000 ont donné lieu à un arrêt de travail. A l’échelon national, on compte environ 40 accidents du travail avec arrêt de travail pour 1000 salariés.

Principales causes des accidents du travail en 2004

Chutes 39,8 %
Manipulation d'objets 35,7 %
Véhicules 3,2 %
Autres 21,3 %
TOTAL 100,0 %

Sur les 36 871 maladies professionnelles reconnues et réglées en 2004 :
68 % sont des affections péri-articulaires,
15 % sont des maladies dues à l'amiante,
7 % sont des affections chroniques du rachis lombaire,
Les 10 % restants sont des maladies diverses

Si l’on considère que les français travaillent de plus en plus dans le secteur des services, existe-t-il une réflexion sur les maladies du système nerveux (taux de dépressions) qui touche il semble de plus en plus de salariés dont une partie a recours aux psychotropes ou autres produits addictifs (alcool, tabac, café, …)

Quelqu'un a-t-il sérieusement envisagé de lancer une étude sur les ravages de 8H00 quotidiennes de pratique d'ordinateur ?

Alors si la France a décidé de se ranger dans le camp des « Tout préventif », que cela s’applique à tous les domaines de la vie de ses citoyens et là, le message sera crédible.

Sources :
Assurance maladie : accidents du travail et maladies professionnelles
CRAM Bourgogne Franche Comté

14 novembre 2006

La banlieue et les cités bloguent mais qui s’y intéresse ?

Le journal "le Parisien" consacre deux pages dans son édition du jour aux blogs édités par des habitants de banlieues et particulièrement à ceux des villes qui ont connu les émeutes de 2005 (Bondy, Aulnay sous Bois, …)

Au delà du phénomène de récupération habituel auquel se livre la presse, une question se pose : Qui dans nos décideurs économiques ou politiques s’intéresse peu ou prou au contenu de ces journaux en ligne ?

De quoi parlent ces blogs ?

Il abordent très simplement mais concrètement ce qu’est le quotidien : Intégration, emploi, égalité des chances, logement, violence et révolte. Au delà de poser des questions, les articles et les contributions proposent des réflexions que nul ne trouvera dans les pages d’un journal au 20H00 de TF1 ou France2 et bien entendu sur les ondes des radios.

Loin de la téléréalité et des émissions préfabriquées, ces journaux citoyens sont des témoignages actifs de gens qui ne sont pas en quête d'un gain financier ou de reconnaissance.

Pourquoi sorti de l’effet de mode, ces blogs n’arrivent pas à faire bouger les décideurs ?

A ce jour, il semble que beaucoup de décideurs considèrent que la parole émise au travers de ces blogs est une excellente psychothérapie qui permet d’éviter des mouvements par trop violents. La preuve en est que de nombreux mouvements politiques y compris très libéraux affichent le Bondy Blog dans les liens de leurs sites Web sans jamais avoir pris connaissance du contenu.

Ces partis ou formations politiques pensent-ils qu’un lien vers un blog de banlieue leur donne un label et une expertise sur le sujet ? « Pendant qu’ils font ça, il ne pensent pas à faire des conneries » ai-je entendu il y a peu. Edifiant !!!

Démocratie ou alerte citoyenne ?

Alors que tous nos élus, candidats ou non à la présidence de la république nous rebattent les oreilles avec le mot démocratie et ses déclinaisons, il est dommage que ceux-ci en soient à commander des études et des évaluations sur la place du journalisme citoyen dans la cité.

Pourquoi nous vanter la démocratie participative (et surtout consultative) alors qu’une lecture régulière des blogs citoyens permettrait aux élus et décideurs de prendre la mesure de ce que la population pense de leur action et des progrès à accomplir.

Le journalisme citoyen né des blogs est un signal d’alarme que la société et ses responsables doivent prendre en compte. Les décideurs doivent apprendre à observer et comprendre les profonds décalages qui peuvent exister entre les populations et eux. Le pouvoir isole, c’est certain mais l’ignorance est encore pire.

Vers un rapprochement d’idée entre décideurs et journalistes citoyens ?

L’attention des décideurs politiques vis à vis du Web a une date : Le NON au projet de traité constitutionnel pour l’Europe. Pour la première fois, on se rendait compte dans les partis politiques que les citoyens pouvaient faire basculer un vote, et ce sans l’appui des grands média traditionnels.

Ayant pris bonne note de la leçon, les partis politiques ont fait appel à des professionnels de la communication pour occuper le Net.

Une idée avait d’ailleurs fait son chemin : Identifier les « leaders d’opinion » de la blogosphère et les inviter à des conventions pour mieux les manipuler. Les quelques blogueurs qui ont adhéré à ce rapprochement étaient surtout des sympathisants et la tentative de marketing viral a (provisoirement ?) échouée.

Les blogs citoyens représentent la fameuse « voix de la cité » chère à nos élus prompts à dégainer les vocables démocrates.

De deux choses l’une, soit les élus et décideurs prennent au sérieux le journalisme citoyen et lui accordent une place dans leur réflexion, soit ils les ignorent et risquent de se couper encore un peu plus de leurs concitoyens.

Crédit photos

Tranversales

Bondy Blog

06 novembre 2006

Les banlieues sont sauvées, les politiques s’en occupent !!!

Il faut, vous le savez, un fil rouge pour chaque élection présidentielle. Si l’insécurité de tous les français fit un succès lors des précédentes, les violences urbaines plus communément appelées émeutes de banlieue sont en passe de devenir le thème central du débat politique français.

Avant toute chose, j’aimerais rappeler ce qu’on appelle une banlieue. Commençons par une simple définition :

"La banlieue est la zone périphérique urbanisée autour d’une grande ville. En France, le terme s’est d’abord appliqué à la banlieue de Paris, puis s’est généralisé à toutes les grandes agglomérations.

Étymologiquement, la banlieue désignait le territoire situé dans un rayon d’une lieue autour de la ville et qui était soumis au « ban », c’est-à-dire à la juridiction de ladite ville , c’est-à-dire à la juridiction de ladite ville. Le ban est aussi une condamnation à l’exil, au bannissement."

Source http://www.banlieue.info/

Cette définition exclut donc toute péjoration comme celles mises en avant systématiquement par la presse et beaucoup d’élus. A moins que, pour certains mouvements politiques, la deuxième partie de la définition ne soit une réalité ?

En effet, en périphérie de la capitale, on trouve autant de ville prospères que pauvres. Par contre, on trouve beaucoup moins, voir pas du tout, de cités à Neuilly sur Seine, Issy Les Moulineaux, Levallois, Vincennes qu’à Nanterre, Ivry, Vitry sur Seine, Bondy ou Clichy sous Bois.

Et oui, le problème se situe bien au niveau des habitats « provisoires » construits dans les années 60 et quasiment réservés aux banlieues rouges qui ne s’appelaient pas encore la Seine Saint Denis, le Val de Marne, le Val d’Oise ou l’Essone.

Il est vrai que les partis de droite qui gouvernaient dans ces années (et dont l’UMP est le digne héritier) se faisaient un plaisir de construire des logements de qualité « soviétique » dans les communes dirigées majoritairement par des communistes afin d'y loger les populations qu'ils souhaitaient pas chez eux.

Les années passant, si le profil des élus a changé, le provisoire est devenu sordide et les populations qui vivent dans ces cités ont été obligées de composer ou de partir pour laisser leur place à des plus déshérités qu’eux.

Mais, au fait, combien d’élus de la nation habitent encore dans des cités ?

Les cités exclues du droit à la sécurité

Pendant des années, à l’exception de quelques maires, nul ne s’est préoccupé de savoir si les habitants des cités périphériques souffraient d’insécurité. Cet oubli a été opportunément corrigé par notre ministre de l’intérieur au travers de ses légendaires déclarations sur les « racailles » dont il allait débarrasser les habitants puis sur les cités qu’il allait nettoyer au « Karcher ».

Faire un remake de la « bataille d’Alger » en envoyant les forces de l’ordre encercler des cités n’a rien réglé. Soit les populations de ces cités sont assimilés à un sous prolétariat soit ils appartiennent à la nation française. Encercler pour mieux contrôler ne résout rien.

L’insécurité reste mais les gesticulations continuent.

Doit-on obligatoirement détruire des biens de l’état pour se faire entendre ?

Les navrantes affaires d’autobus pris d’assaut et brûlés sont à condamner sans réserve. Beaucoup se sont posés la question de savoir pourquoi les transports en commun avaient choisis par les agresseurs. Le bus est bien souvent le DERNIER service public qui existe pour certaines cités.

Les auteurs des caillassages, dégradations et incendies ont choisit cette cible parce qu’elle représente à leur yeux l’état et plus généralement les pouvoirs publics.

Si la répression contre les auteurs de ces attaques est unanimement demandée par l’ensemble des français, qu’envisage t-on de faire pour que les habitants paisibles de ces cités aient accès à des service public de qualité ?

Quelles sont les revendications de la majorité des populations des cités ?

Une amélioration des conditions de vie et des emplois. Les obligations budgétaires de la France nous amènent à penser qu’il faudrait à la cadence actuelle environ 10 ans pour que les choses commencent à bouger. Si les intentions de M. BORLOO sont louables, elles sont tributaires des prochains gouvernements. Or rien n’indique que le prochain locataire de l’Elysée s’engagera sur des promesses qui ne font pas partie de son programme.

En ce qui concerne l’emploi, la priorité étant à la réduction du nombre de fonctionnaires et la création d’emplois « marchands » les français ont pu noter que les seules propositions de ces derniers temps sont la création de nouvelles zones franches et au recrutement dans la police ou l’armée.

Il faut être bien naïf pour croire que des exonérations de charges sociales vont régler un problème de chômage qui touche de 30 à 50 % de certaines cités. Si organiser la franchise fiscale a permis à quelques commerces ou entreprises de s'installer, rien ne les oblige à recruter par priorité des habitants des cités.

Il faut l’être encore plus pour croire que les jeunes des cités ont vocation à grossir les effectifs de la police ou de l’armée française. Si un certain nombre d’élus français s’inspirent de l’exemple américain, ils oublient que les nouveaux policiers sont affectés principalement dans leur quartier d’origine, ce qui implique de ne JAMAIS le quitter et que la majorité des soldats envoyés en IRAK sont surtout volontaires pour obtenir leur nationalité américaine. Le souhait de ces élus est-il de mettre en place un communautarisme ethnique ?

Qui dit emplois dit entreprises

L’emploi ne se décrète pas c’est vrai. Il n’en reste pas moins qu’il est indispensable que les confédérations patronales acceptent de rentrer vraiment dans le débat. MEDEF comme CGPME attendent beaucoup de l’état en termes d’allègement de charges, de souplesse dans le contrôle et de remise en cause du code du travail mais … repoussent le CV anonyme.

Les populations des cités si elles peuvent se sentir concernées par les initiatives d’organismes comme la HALDE attendent surtout d’être acceptées dans les entreprises comme n’importe quel citoyen français. Il est indispensable que les syndicats d’employeurs proposent de vraies pistes au lieu d’attendre que l’état montre son impuissance. En attendant,

Pourquoi ne pas aider à la création d’entreprises de maintenance et d’entretien au cœur des cités et leur donner un monopole temporaire ?

Pourquoi ne pas mettre en place des tutorats permettant aux habitants des cités de se former et de devenir des acteurs économiques ?

J’entends déjà certains grincheux nous expliquer qu’il s’agirait d’une concurrence déloyale. Mais, combien d’entreprises ont leur siège social dans les cités et combien n’y mettent jamais les pieds ?

Les cités sont parties intégrantes des villes et de la nation. Tout discours prétendant le contraire est immédiatement disqualifié. Ce n’est qu’en réunissant tous les acteurs politiques, associatifs, économiques et citoyens autour d’une table qu’on pourra amorcer des solutions pour un futur immédiat.

Pierre André, sénateur et maire UMP de l'Aisne, le rapporteur de la mission sur le bilan et les perspectives d'avenir des politiques conduites envers les quartiers en difficulté depuis une quinzaine d'années était ce matin sur Europe1 pour parler d’un rapport rédigé avec le concours de toutes les formations parlementaires.

Espérons que ce rapport ne soit pas une fois de plus destiné à orner le bureau des députés et sénateurs !!!