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24 septembre 2007

Et si vous décidiez de travailler dans l’économie sociale et solidaire ?

Interview de Nicolas FROISSARD initiateur du 2ème salon de l’emploi dans l’économie sociale et solidaire organisé par le CJDES et l’AFIJ.

Le salon et l’’économie sociale et solidaire

Pouvez-vous nous expliquer l’origine de ce salon ?

L’économie sociale et solidaire (ESS), qui intervient dans tous les secteurs d’activité et représente plus de 11% des salariés français, propose aussi des modes de gestion d’entreprise et d’entrepreneuriat originaux. Il paraissait donc intéressant de donner un coup de projecteur sur ce secteur. Nous souhaitons montrer qu’on peut y faire carrière, y exprimer pleinement ses compétences tout en y trouvant un sens supplémentaire.

Comme tous les secteurs, en raison du papy boom, l’ESS va avoir besoin dans les années qui viennent d’attirer les candidats et particulièrement les jeunes. Ce forum peut aider le secteur à relever ce défi en le faisant d’avantage connaître. Et puis ce type d’évènement peut aussi permettre de tordre le coup à certaines idées reçues. Nos concitoyens pensent souvent par exemple que les associations coûtent très cher à l’Etat et ne reposent que sur le bénévolat.

Or, les associations se sont beaucoup professionnalisées ces dernières années et emploient aujourd’hui plus d’un million de personnes. Elles sont un allié important de l’Etat qui leur confie de plus en plus de missions d’intérêt général. Dans de nombreux départements, le secteur associatif est le premier employeur. Je me rappelle avoir été surpris en apprenant récemment que l’économie sociale et solidaire est le premier employeur de la région Midi-Pyrénées, alors qu’on n’y parle que d’Airbus. Exemple intéressant d’ailleurs et qui rappelle que les sociétés commerciales sont régulièrement subventionnées par l’Etat.

Combien d’entreprises participantes cette année ?

Une centaine d’organisations seront présentes ou représentées.

Et combien de postes sont à pouvoir ?

Environ 3000.

L’économie sociale et solidaire bien qu’elle emploie plus de 11% des salariés français à du mal à se faire connaître du grand public. Comment l’expliquez vous ?

L’ESS n’a jamais cherché à communiquer. Elle a plutôt eu tendance à se concentrer sur ses activités. Il est donc logique qu’elle ne soit pas très connue. La diversité qu’on peut trouver dans notre secteur est une chance et une richesse. Mais c’est aussi plus difficile de communiquer de façon globale et homogène sur ce secteur. C’est en train d’évoluer. Les organisations de l’économie sociale commencent à insister sur leurs spécificités. Et à se concerter, y compris de façon transnationale car l’économie sociale est partout dans le monde, pour proposer des messages communs.

Qu’est ce qui distingue les entreprises de l’économie sociale et solidaire des autres ?

Est-il forcément nécessaire de définir l’ESS par rapport aux autres secteurs ? Il faut faire attention de ne pas tomber dans une démarche manichéenne qui opposerait les entreprises de l’ESS qui « placeraient l’homme au cœur de leurs préoccupations » des autres qui ne rechercheraient toujours en permanence que la seule maximisation des profits. Une définition de l’ESS devrait être suffisante.

L’économie sociale est définie par référence à ses statuts. Ce secteur se compose des coopératives, mutuelles et associations. L’économie sociale constitue un secteur autonome au sein duquel les structures sont gérées selon le principe « une personne, une voix ». La destination des excédents éventuellement réalisés est originale : soit ces excédents ne peuvent être partagés entre les adhérents (c’est le cas pour les associations) soit ils profitent équitablement à tous les adhérents ou salariés. L’économie solidaire quant à elle est axée vers les initiatives de développement local, de réinsertion et de lutte contre l’exclusion : insertion par l’économique, commerce équitable, tourisme solidaire…


Si je souhaitais créer une entreprise, pourquoi choisirais je le statut de scop ?

Si vous souhaitez entreprendre collectivement, le statut de scop est intéressant. Il permet à chaque salarié de l’entreprise créée d’en devenir actionnaire. Et d’être pleinement associé aux grandes décisions. Ce statut est tout à fait compatible avec une activité économique performante. La SCOP Chèque Déjeuner rivalise sur son marché avec des poids lourds du secteur classique. Comme tout projet collectif, il faut beaucoup dialoguer. Mais cela favorise un excellent climat social, ainsi que la pérennité de l’entreprise car une partie importante des bénéfices sont obligatoirement placés en réserve, pour parer les éventuels coups durs que réserverait l’avenir.

On parle de plus en plus des nouveaux emplois de services. L’ESS est-elle présente dans ce secteur ?

Les associations sont historiquement très présentes dans le domaine des services et du soin à domicile. L’économie sociale qui a une tradition d’implication des parties prenantes et particulièrement des usagers dans la définition et la conduite de ses projets est forcément à même de relever le défi du développement des services à la personne et de la satisfaction des besoins. A titre d’exemple, la SCOP Domicours est présente dans le champ des cours particuliers et la SCOP Domiance , qui vient d’être créée, propose aux ménages tout type de prestations à domicile.

La situation économique

La précarité est un des problèmes majeurs de notre époque. Quelle réponse l’ESS apporte t-elle ?

On retrouve dans le secteur de l’insertion par l’activité économique des entreprises qui permettent à des personnes en difficulté (chômeurs longue durée, handicapés, jeunes sans formation…) de retrouver un emploi dans quelque métier que ce soit. Et de retrouver une autonomie et une utilité sociale indispensables à leur bien être.

Allez boire un chocolat à Puerto Cacao, entreprise d’insertion située dans le 17ème arrondissement de Paris. Cela rompt avec l’image misérabiliste qu’on peut avoir parfois de ces entreprises. Ce salon de thé est magnifique. Vous y consommerez d’excellents produits à base de cacao équitable. Et Guillaume, jeune entrepreneur tout droit sorti d’une grande école de commerce et qui a monté de "A à Z" ce projet, vous expliquera concrètement ce qu’est une entreprise d’insertion.

En tant qu’organisateur du salon de l’emploi dans l’ESS. Lorsque vous entendez la phrase devenue célèbre : « Travailler plus pour gagner plus » qu’est ce que cela vous inspire ?

Comme toutes les petites phrases elle est réductrice. Même son auteur serait sans doute prêt à le reconnaître. Certes, des français souhaitent travailler d’avantage pour augmenter leur rémunération. Mais il y a aussi beaucoup de salariés qui ne souhaitent surtout pas augmenter leur temps de travail en raison de la pénibilité de leurs taches.

Et puis un récent sondage montrait que 70% des français ne sont pas heureux dans leur travail. Alors si travailler plus veut dire déprimer plus, ça pose question ! La question du pouvoir d’achat et donc de la rémunération est importante. Mais il ne faut pas négliger non plus la question du sens que l’on trouve dans son travail.

Le Groupe SOS auquel vous collaborez œuvre de façon importante pour la réinsertion. La présence de Martin HIRSCH au gouvernement est-elle pour vous un atout ?

Un peu tôt pour le dire.

Le chef de l’état a annoncé la création d’une commission indépendante sur le SMIC. Pensez-vous que la fixation du montant du salaire minimum ne doit plus être faite par l’état ?

Il me semble que cette question est suffisamment importante pour que l’Etat reste compétent en la matière. Après, qu’il y ait une consultation la plus large possible sur cette question, c’est indispensable.

Ethique, entreprises et emploi

Bien que peu d’entreprises aient mis le développement durable à l’ordre du jour et que la RSE soit naissante en France, quelle est la position actuelle de l’ESS face à ces sujets ?

L’ESS a l’habitude de dire qu’elle fait du développement durable depuis toujours. Il est vrai que sa lucrativité limitée lui permet de se concentrer sur la qualité de sa gestion des ressources humaines et de la relation client ou usager. Mais quand on parle développement durable, on pense évidemment aussi au respect de l’environnement. Et là peut-être que nos organisations et particulièrement les associations, en dehors des associations environnementales bien sûr, ne se sont pas toujours senties très concernées par ce thème au combien important. C’est en train de changer.

L’éthique et le commerce équitable sont de plus en plus considérés comme importants par les français. Sont-ils porteurs en termes d’emplois et auront-ils leur place sur votre salon ?

Le commerce équitable, le tourisme solidaire et plus largement la solidarité internationale auront leur place. Ce secteur peut aujourd’hui offrir de belles carrières. Les ONG ont avancé sur le chemin de la professionnalisation et sont aujourd’hui capables d’offrir des conditions de travail et des rémunérations correctes. Le commerce équitable est encore un secteur émergeant. Les postes sont encore peu importants mais une entreprise comme Ethiquable démontre que lorsque les produits proposés sont de qualité, la croissance et le développement et donc l’augmentation du personnel sont au rendez-vous. L’enseigne Alter Mundi propose quant à elle à des entrepreneurs en devenir de créer leur emploi en développant leur boutique de commerce équitable.



Merci Nicolas

2ème salon de l’emploi dans l’économie sociale et solidaire
les 4 et 5 octobre prochain à
l'Usine à La-Plaine-Saint-Denis
Plan d’accès et horaires

06 mars 2007

Web-miltantisme ou E-calomnie ?

Les français aimeraient choisir leur futur président(e) de la république sur ses compétences et idées.

L’idéal serait de voir chacun s’exprimer devant les électeurs sans avoir recours à des propos déplacés. Si l’on s’en tient aux actuelles déclarations des candidats, nous ne constatons jusqu’à présent aucun dérapage majeur, à tel point qu’on commence à trouver un peu fade cette campagne.


Nos amis politiques seraient-ils devenus subitement sages et auraient-ils décidé de ne plus utiliser les vielles techniques de propagande ou de calomnie ?

En ce qui concerne les grands média officiels, on peut constater que les escarmouches sont peu nombreuses.

Alors, ne faut-il pas, en ce cas, regarder la nouvelle vitrine des partis politiques, à savoir le Web ?

Visiblement « marqués » par le rôle du Web lors du référendum sur le projet de traité constitutionnel, tous les partis politiques ont décidé de prendre position sur ce média afin de ne pas être dépassé une fois de plus.

Et c’est ainsi qu’on a vu naître une nouvelle génération de militants, les Web-miltants. Nous avions gardé l’image du militant politique au travers des réunions publiques, des distributions de tracts ou du collage d’affiche. Le Web-militantisme consiste, si on regarde de près la blogosphère politique à dupliquer ou cloner des blogs préfabriqués.

Cette technique de militantisme conduit à mettre en ligne des insertions partielles ou même calomnieuses.

Exemple :

La lecture de la « dernière action pour gagner » du site des supporters de SARKOZY est édifiante :

ACTION № 22

Diffusez l'argumentaire énergie de la candidate socialiste aux agents EDF que vous connaissez

Afin que les Français concernés par les questions de l’énergie en France prennent conscience du risque pour notre pays des propositions de la candidate socialiste, diffusez l’argumentaire auprès des agents EDF de votre commune.

Et que dit t-il cet argumentaire ?

Energie : le risque du grand bond en arrière

La candidate socialiste a fait de la réduction à 50 % de la part du nucléaire dans la production nationale d’électricité (contre 80% aujourd’hui) l’une des mesures phares de son programme. C’est l’annonce d’un grand bond en arrière qui aura pour conséquences moins d’emplois, moins d’industrie, moins de compétitivité, moins d’indépendance énergétique et plus de pollution.
· Des suppressions massives d’emplois

120 000 emplois dépendent aujourd’hui directement et indirectement de la filière nucléaire civile. Ce sont ainsi près de 50 000 emplois qui seraient supprimés si le programme de la candidate du PS devait être mis en œuvre. Si l’on inclut les familles, ce ne sont pas moins de 150 000 personnes qui subiraient de plein fouet cette « réorientation stratégique ».

· La casse d’une filière industrielle et technologique d’excellence
Notre pays est leader mondial dans l’industrie du nucléaire civil. Ce programme de réduction porterait un coup terrible à cette filière d’excellence et à ses principaux fleurons, EDF, Areva et Alsthom. Elle entraînerait de surcroit la fermeture de 15 de nos 58 centrales nucléaires. Et mettrait en cause notre indépendance énergétique.

· L’explosion programmée des gaz à effets de serre
L’énergie nucléaire est celle dont la production à grande échelle dégage le moins de gaz à effets de serre, donc contribue le moins au réchauffement climatique. La seule alternative crédible pour remplacer un tel volume de production électrique, c’est le recours au charbon, au gaz et au pétrole. Choisir cette voie, c’est rejeter dans l’atmosphère une quantité supplémentaire de gaz à effets de serre équivalente au parc automobile de la France et de l’Allemagne réunies.

Nicolas Sarkozy, lui, s’est engagé à maintenir et à accroître notre indépendance énergétique et à soutenir les efforts de croissance d’EDF, devenue un acteur majeur de l’énergie.

Si la méthode est plus que contestable et la mauvaise fois à son plus haut niveau, qui peut croire que les "électeurs agents d’EDF" aient besoin d’un tract pour décider du nom du candidat pour qui ils vont voter ?

L'internaute serait-il un citoyen plus sot que le citoyens qui ne se rendent pas sur l'Internet ?

Sur le site des supporters de Nicolas SARKOZY, on a une piètre opinion des électeurs et de leur capacité à comprendre la chose politique si l’on en juge par le texte suivant disponible sur le site :

3 millions de blogs, 8 millions de lecteurs, des milliers de forums, des portails d’actualités à fort trafic laissant la place aux commentaires, des sites dédiés à l’élection présidentielle… les lieux de débat se multiplient sur l’Internet ou se déroule une grande conversation politique. 40 % des internautes, soit 20 % des français disent que l’information qu’ils trouveront sur Internet influencera leur choix de vote.

Nous le savons, les conversations entre électeurs, entre amis, ont beaucoup d’influence sur le choix du vote que les affrontements médiatiques.

Pour la première fois, une partie du résultat de l’élection se jouera sur Internet.

Occupez l’espace politique Internet en vous exprimant
Il est essentiel que ceux qui défendent Nicolas Sarkozy s’expriment en laissant des commentaires, en répondant avec calme et pondération aux attaques, en ouvrant des blogs … Vous trouverez dans la colonne de droite une liste des sites les plus visités qu’il est utile de fréquenter régulièrement pour laisser des commentaires.

Enfin bref, que du bonheur et de la spontanéité !!!

Il est clair que si l'on interpelle le candidat ministre sur ces méthodes, il les désavouera probablement. En attendant, pas vu pas pris !!!!

28 février 2007

La Néthique : "Vivre ensemble sur le Net"

L’Internet est un espace de dialogue permanent pour des millions de personnes. Tout un chacun peut ouvrir un blog et devenir éditeur de ses contenus personnels, participer à la cité numérique mondiale.

Encore faut-il un cadre aux débats sur les forums et les blogs, pour participer et contribuer dans le respect mutuel et la courtoisie.
C’est ce que propose la charte néthique, qui s’appuie sur une démarche participative. Elle peut être modifiée et adaptée par chacun.

Chaque blogueur étant libre ou non de la suivre. Elle propose une sensibilisation aux principes établis par la communauté pour mieux "vivre ensemble sur le Net", ainsi qu’aux aspects juridiques.


Deux tables rondes sont organisées à l’Agora pour ouvrir le dialogue et partager la connaissance, sur les thèmes suivants :


14 h 30 – 16 h 30 : Une éthique sur le Net : Qu’est-ce que la néthique ?

16 h 45 – 18 h 15 : Comment être un internaute-citoyen responsable ?


Les internaute et blogueurs seront conviés à participer en ligne (il sera possible de suivre la journée en live audio et de réagir sur les blogs "La Vie du Carrefour" et "Les humains associés") et bien sûr dans la salle.

Les nom des intervenants seront communiqués d’ici quelques jours.

Repères :

Le site nethique.info
Le blog des humains associes

Partenaires du débat

AgoraVox
Le FORUM des Droits sur l’Internet
L’Institut Pierre Mendès France

La néthique en quelques mots :


La nétiquette a été inventée il y a vingt-cinq ans pour proposer des règles de savoir-vivre aux premiers Internautes. Le texte de la charte néthique s’appuie sur une démarche participative. Elle peut être modifiée et adaptée par chacun à travers un wiki. Chaque blogueur étant libre ou non de la suivre. Elle propose une sensibilisation aux principes établis par la communauté pour mieux "vivre ensemble sur le Net" ainsi qu’aux aspects juridiques.


10 mars 2007 Journée - Table ronde nethique.info


Cité des sciences et de l'industrie
30 avenue Corentin Cariou - 75019 Paris
Accès : Métro Porte de la Villette, bus 150
Téléphone : 01 40 05 70 00
E-mail : carrefour-numerique@cite-sciences.fr
Web : carrefour-numerique.cite-sciences.fr