25 juin 2006

A la recherche de Léon Trotsky ?



« Quelque 190 délégués de la LCR réunis en Conférence nationale samedi et dimanche à La Plaine Saint-Denis en région parisienne, ont voté à une majorité de 58% en faveur de la motion de candidature d'Olivier Besancenot. Les délégués de la LCR ont, en outre, voté à une forte majorité (81%) une déclaration favorable à la poursuite de la bataille unitaire pour parvenir à une candidature unique à la gauche du PS. Il s'est défendu d'être un candidat de division alors que les forces "antilibérales", dont le PCF, qui ont bataillé ensemble pour le "non" lors de la campagne référendaire, ne sont pas parvenues jusqu'à présent à s'entendre sur une candidature unique. » Source AFP

On serait tenté de dire que ce n’est pas une surprise. Même si la LCR a abandonné la dictature du prolétariat et que le PCF n’est plus l’adversaire acharné des trotskystes, il est clair qu’il existe deux visions de l’action politique qui ne plaidait pas pour une candidature commune.

Si il y a eu à plusieurs reprises des ministres communistes dans les gouvernements de gauche, ni la LCR ni Lutte ouvrière n’ont jamais accepté d'être du côté du pouvoir.

Ce qui est d'ailleurs inquiétant c’est que les élus de l’extrême gauche ont bien souvent utilisés leurs mandats locaux pour bloquer toutes les initiatives d’où quelles viennent.

Alors Olivier, pourquoi être candidat aux présidentielles alors que vous savez pertinemment que vos refus d’alliance vous condamnent à une opposition définitive ?

L’actuel score de la LCR n’est du en grande partie qu’à l’homme Besancenot qui contrairement à toute la classe politique ne vit que de son salaire.

Mais est ce suffisant pour un jour changer la donne ?

Olivier, même si vous déclarez « continuer la bataille unitaire" et "On ne tire pas une croix définitive sur la possibilité d'une candidature unitaire anti-capitaliste" "Je suis prêt à retirer ma candidature" si un accord politique se dégageait sur un "contenu politique »"

Ne faites pas vous pas qu’accréditer l’impasse dans laquelle vous vous proposez d’emmenez les 8 ou 9 % potentiels d’électeurs qui vous suivront ?

Votre adversaire minoritaire au sein de la LCR , Christian Picquet, qui lui déclare que « la proclamation dès à présent de la candidature d'Olivier Besancenot "serait une lourde erreur politique et un coup dur porté à l'espoir d'une candidature unitaire » aurait-il raison de pointer du doigt le désir d’opposition ou le refus de gouverner un jour ?

Il semblerait au dernières nouvelles que Christian Picquet ait lancé un appel pour que la LCR continue les efforts unitaires en rejoignant un Collectif d'initiative en vue d'une candidature de rassemblement.

Décidément, de l’extrême gauche à l’extrême droite en passant par les partis parlementaires, les militants, sympathisants et électeurs ne pourront que constater que le sort de notre pays ne vaut pas la peine de trouver même un petit accord.

23 juin 2006

La république des grincheux




Connaissez vous la différence entre la vison de la jeunesse de Ségolène ROYAL, de François BAYROU et de Eric RAOULT ?

Aucune, il n’y a que la destination des uniformes qui changent !!!

Nous avons été beaucoup à trouver que le recours aux forces armées ou au corps des pompiers proposé par Ségolène ROYAL confinait à l’hystérie. D’ailleurs cette « proposition » lancée dans le cadre d’un discours n'a pas été retenue dans le programme socialiste.

Pour faire un peu de surenchère, le vibrionnant député maire du Raincy s’est lancé dans une chasse aux strings et vêtements provocants, provoquant hilarité et réactions amusée de la plupart des citoyens ayant eu connaissance de ses déclarations.

« Ca faisait longtemps qu'on ne parlait pas de lui, c'est un habitué des provocations en tout genre", a commenté un représentant de la Fédération indépendante et démocratique lycéenne (Fidl) »

M. Raoult a en effet écrit ministre de l'Education nationale et aux deux fédérations de parents d'élèves du public pour attirer leur attention sur les "tenues plus légères, plus adéquates, afin de supporter mieux la chaleur des salles de classe" adoptées par les élèves. "Notamment pour les jeunes filles", ces tenues seraient "parfois très légères et à la limite de la décence", voire "provocantes"

Nous avions eu le Parti Socialiste et l’UMP, il nous manquait une déclaration du centre !! Et nbien c’est François BAYROU qui a décidé de transformer l’émission de télé réalité « Le pensionnat de Chavagne » en réalité. Il faut réhabiliter les blouses à l’école !!!

"Je dis quelque chose qui peut paraître réac pour beaucoup, mais quand vous regardez le poids des marques dans les écoles, quand vous regardez les milliers d'euros qui partent quelquefois pour avoir telle marque de chaussures ou telle marque de pantalon, ou telle marque de sweat-shirt, je trouve qu'il y a là quelque chose d'effrayant, de déstabilisant pour les familles".

C’est un peu mou François, nous pourrions nous plonger dans les souvenirs de la France des années 50 et évoquer :

La salle de classe qui sent bon la craie,
la maxime du matin écrite au tableau,
les fleurs fraîchement coupée et offertes à la maîtresse,
le remplissage des encriers et les plumes sergent-major,

Et pourquoi pas une petite chanson reprise tous les matins par les élèves en l’honneur du chef de l’état ?

François BAYROU qui s’était distingué lors de la précédente élection présidentielle en mettant une gifle à un gamin qui voulait lui faire les poches a-t-il peur de se faire doubler par les autres partis dans le domaine du rétrograde. En fin de compte, ces politiques qui nous gouvernent ou aspirent à le faire ont-ils la moindre vision de la jeunesse française ?

Comment, en voyant la jeunesse au travers du vote de leurs parents et grands parents, les politiques envisagent-ils un jour qu’ils rejoignent un mouvement ou parti ? Si la société française connaît des soubresauts ou des difficultés, cela n’est pas en ciblant tel ou tel catégorie que l’on règlera les problèmes.

Qu’avez vous jusqu’à présent, madame, messieurs proposé comme projet de présent ou d’avenir à la jeunesse ? Quels grands challenges, quels choix de société ?

Des treillis ou des blouses grises. On finit par se demander si vous vivez dans le même pays que nous ?

21 juin 2006

En attendant José



Mardi soir EcoRev’ et Jacques BOUTAULT, maire du 2e arrondissement de Paris, organisaient un débat à la mairie du 2e arrondissement de Paris avec Corinne LEPAGE (Cap 21), Yves Cochet et Dominique VOYNET (Les Verts), Franck PUPUNAT (Utopia, PS ) et (sous réserve) ), José BOVE (Via Campesina)

Le thème en était

"Au delà des stratégies politiques, quels sont les projets des différents tenants de l’écologie politique ? Quelles urgences ? Sur quels sujets s’opposent-ils et se retrouvent-ils ? Jusqu’où réformer les systèmes économiques et politiques ?"

L’idée de voir sur une même tribune 3 anciens ministres qui sont de plus les leaders actuels de l’écologie politique et peut être de les entendre confronter leur point de vue était vous l’avouerez alléchante. Je m’y suis donc rendu.

Malgré la présence de la quasi totalité des intervenants, un murmure passe dans les rangs des citoyens participants : « Est-ce qu’il va venir ? » Il, c’est José BOVE qui, joint au téléphone a dit qu’il ferait son possible pour venir.

L’un des intervenants en prenant place à la table le dit aux autres, "on va laisser une place pour José".

Bien qu’assis côte à côte Dominique VOYNET et Yves COCHET semblent un peu tendus. On s’apercevra pendant leurs interventions, chacun commençant par « je ne partage pas totalement la vision de ... »

Corinne LEPAGE donnera le départ de la conférence débat avec la maîtrise qu’on lui connaît et il faudra quelques longues secondes pour que quelqu’un veuille bien lui succéder. Franck PUPUNAT lui présente UTOPIA et le rôle que son mouvement (1% au dernier congrès socialiste) essaye de jouer à l’intérieur du PS en termes d’écologie et d’économie durable.

Leur vision exprimée, une question leur est posée : « L’écologie politique est-elle une réalité et peine -t-elle à prendre sa place auprès des électeurs ? »

Chacun sera unanime : Plus de 60 % des français apprécient et soutiennent les causes écologistes mais peu sont prêts à voter pour eux.

C’est Yves COCHET se sa voix de stentor qui propose une réponse à cet état de fait : "Il faudrait un événement de grande importance pour que les gens prennent enfin conscience !!!" On craint le pire mais il se reprend : "N’ayez crainte je n’envisageais pas dans mes propos une grande catastrophe " OUF !!!

Les autres intervenants seront moins radicaux et indiqueront que la route est encore longue et que le vote « utile » est en partie responsable de la situation. ON se met immédiatement à penser au deuxième tour de la présidentielle de 2002 !!!

A la question : "et si vous étiez élu quelles mesures immédiates prendriez vous ?"

Yves COCHET n’y va pas par quatre chemins : Il faut des mesures radicales pour éradiquer le carbone et mettre en place le changement dans les habitudes des citoyens. Tout en regrettant que les efforts allemands pour sortir du nucléaire et des énergies fossiles depuis 14 ans ne leur permettent toujours pas d’autonomie énergétique, il se lance dans la présentation de quelques mesures :

Afin de mettre fin à la précarité, il propose de verser à tous les français un revenu minimum qu’il qualifie de citoyen qui serait de l’ordre de 600 € par mois.

Dans un autre genre, il propose, pour combattre l’inégalité des français devant le prix des carburants de mettre en place des « quotas » identiques pour chaque automobiliste. Une fois le quota dépassé, allez hop à pied !!!

Evoquant à nouveau la précarité, il parlera des villes situées du « mauvais côté » du périphérique prenant comme exemple une ville du 93 (croche pied à Dominique VOYNET sénatrice de ce département ?) reprenant en cela la vision des écologistes parisiens sur les « sauvages » de banlieusards.

Dominique VOYNET sera quant à elle beaucoup plus modérée dans ses déclarations insistant plutôt sur la PAC européenne et ses subventions qui étouffent les producteurs des pays en développement. En clair elle supprimerait toutes les subventions injustifiées. Elle propose également de supprimer toutes les subventions à l’industrie pétrolière pour les reporter sur la recherche en énergies renouvelables. Elle présentera un très court plaidoyer pour l’économie sociale et solidaire expliquant que les initiatives (micro crédit et aides à la création) en région Nord ont créé plus d’emploi que l’usine TOYOTA.

Corinne LEPAGE quant à elle, après avoir regretté que nos actuels dirigeants envisagent des privatisations des groupes énergétiques au plus mauvais moment affirmera qu’il est nécessaire que la rupture avec les énergies fossiles affirme qu’elle ne trouve pas dans le programme de l’UMP la moindre ambition dans le domaine de l’écologie et trouve que celui du Parti socialiste se content de vagues intentions. Reprenant l’idée de Yves COCHET sur le revenu minimum citoyen, elle s’appuiera sur le déficit actuel de la France pour la réfuter.

Franck PUPUNAT aura bien du mal à expliquer comment appartenant aux instances du Parti Socialiste il pourrait influencer celui-ci mais pense que la pédagogie est répétitive.

Puis deux questions fatales surgiront : "Comment l’écologie politique peut elle régler le problème du chômage de masse ?" et "les écologiste doivent-ils présenter un seul candidat ?"

Sur le chômage, entre Corinne LEPAGE qui lira une estimation fournie par des experts européens et Dominique VOYNET qui lancera tout à trac le chiffre de 200 000 emploi qui pourraient être créés, nous resterons sur notre faim.

En ce qui concerne une candidature unique, dans la mesure ou les deux candidats des « VERTS » sont en pleine campagne que Franck PUPUNAT est au Parti Socialiste et que Corinne LEPAGE ne semble pas faire l’unanimité, quelqu’un lancera sous les huées le nom de Nicolas HULOT.

En clair, le culte de la personnalité ne sera pas de mise chez les dirigeants écologistes. Une question du public concernant le fait que les deux "VERTS" sont clairement engagés dans le camps de la gauche et que Corinne LEPAGE a été ministre de Alain JUPPE ne fera pas recette et aucune voix ne s’élévera pour proposer que José BOVE puisse être le candidat unique. Mais au fait, il est 21H00 et la fin de la réunion est proche mais la chaise de José est restée vide.

Pour moi, il reste deux questions : l’écologie politique est-elle une réalité ou un concept ?

Et pourquoi José n’est pas venu ?



Pas d’homo à l’échafaud !




Quel que soit le degré de sympathie que l’on peut avoir pour la Gay pride ou le combat des gays, lesbiennes, bi et trans, il est évident que nul ne conteste en France qu’il est impossible que quelqu’un puisse être condamné en raison de ses préférences sexuelles.


C’est pourtant encore le cas dans de nombreux pays : Nigéria - Soudan - Yémen - Mauritanie - Émirats Arabes unis - Arabie saoudite - Afghanistan - Pakistan - Iran.

L’association « Ensemble contre la peine de mort » qui regroupe près de 200 adhérents et de nombreux donateurs, dont des Barreaux (Paris, Rennes, Bordeaux, Marseille, Lille, Chambéry, Caen, Ordre des Barreaux belges francophones...), des collectivités locales (Rennes, région Basse-Normandie), des personnalités (Robert Badinter, Catherine Deneuve, Bianca Jagger, Corinne Lepage, Ari Vatanen, Nöel Mamère, Christiane Taubira...) participeront à la Marche des fiertés lesbiennes, gaies, bi et trans pour dénoncer les pays dans lesquels l’homosexualité et autres minorités sexuelles sont encore aujourd’hui passibles de la peine capitale.

À l’occasion de cette campagne, deux clips audio :

Clip 1
Clip 2

libres de droit, ont spécialement été créés pour ECPM à destination des télés et radios.

Elle appelle les participants de la Marche et l’ensemble des citoyens à « affirmer leur solidarité et leur soutien aux homosexuels qui sont arrêtés, emprisonnés voire condamnés à mort et exécutés dans le monde ». Cette année ECPM veut dénoncer particulièrement l’Iran qui a exécuté plusieurs homosexuels durant l’année 2005.

Bien que la peine de mort s’éloigne de plus en plus des mœurs de l’Union européenne, il me semble indispensable, même sans être militant, de prendre conscience d’un état de fait intolérable.

Les actuels dirigeants de l’Union pourraient, en s’investissant dans ce combat, redonner un peu d’intérêt à une construction européenne en recherche de repères.

Le combat de « Ensemble contre la peine de mort » porte également sur la Journée mondiale contre la peine de mort qui est fixée cette année au 10 octobre.

Sources et dossiers de presse

Marche des fiertés
ECPM
World coalition

19 juin 2006

L'UMP bloggue aussi




L’équité, vous savez ce que c’est ? C’est de toujours équilibrer ses actions ou jugements. Lors de mon dernier post, j’ai mis en cause la politique d’essaimage de blogues plus ou moins factices du Parti Socialiste. Peut être un peu trop naïfs nos amis du PS puisque comme à leur habitude ils ont largement communiqué sur cette action.

Alors me direz vous n’y aurait-il que les socialistes pour lancer une offensive de sites de propagande ?

Et bien non, rassurez-vous, je viens de découvrir au détour d’un « surf » l’information suivante : Après le podcast vidéo et le portail des blogs de l’UMP, Loïc Le Meur, qui participe au comité Internet de l’UMP, a finalement convaincu Nicolas Sarkozy, ministre de l’intérieur, de tenir son propre blog

Vous pensez que Nicolas SARKOZY répondant aux bloggers, ça ne se loupe pas !!! Alors, je me suis rendu à l’adresse indiquée

Comme à l’habitude, il s’agit d’un blogue géré et animé par des petites mains qui installent les textes du maître et qui effectuent l’animation. L’enthousiasme des bloggeurs fait d’ailleurs plaisir à lire. Extraits

"Depuis Le Général, aucun dirigeant n'a donné de la fierté à La France. Il est temps que ça change !" "

"Joli texte Monsieur Sarkozy.
l est temps qu'un homme redonne l'honneur et la fierté d'être français mr SARKOZY peut-être que vous qui aimer autant la France vous y arriverez on l'espère tous" "

C'est une nécessité pour nous de retrouver les racines du gaullisme afin de conduire la France et les Français vers le haut et sortir du trou noir dans lequel des hommes politiques, plus soucieux d'eux-mêmes que de leur pays,nous ont plongés"

"Le 18 juin,en ce sens, est un symbole de rupture et de courage. Je me suis astreint, dans mon blog, Vent d'Auvergne, ( à l'exercice historique nécessaire, de parler du 18 juin 1940." "L’UMP héritier du gaullisme comme le gaullisme fut héritier du bonapartisme … "

"Voilà qui annonce effectivement une rupture d’avec certaines logiques actuelles bien que nôtre premier ministre soit prêt à accepter cette évidence …"
"

"je suis entièrement d'accord avec monsieur Sarkozy . Ceux qui veulent avoir un salaire décent peuvent travailler plus . MOn mari gagnent bien sa vie mais il fait 10 Heures minimum par jour. Si il faisait 35 H par semaine on ne pourrai pas s'en sortir."


" ...s'il est vrai (vous le dîtes et je vous crois) que des employeurs paient les heures supplémentaires sans les déclarer compte-tenu du prix du travail en France en général et des heures sup en particulier, il faut ajouter que les salariés sont les premiers à préférer cette solution qui fait qu'eux ne paient pas d'impôt dessus ..."


Les amateurs de vidéos pourront faire passer en boucles les interventions du ministre président. L'annuaire des blogues de l'UMP donne d'ailleurs un TOP Five des meilleurs blogs sous la rubrique "Les meilleurs blogues" Je vous en donne ci-dessous le classement

Le blog de Patrick Devedjian
LeBlog d’Alain Juppé
Le Blog d’Yves Jego
Le Blog de Jean-Pierre Raffarin
Le blog de la France d'après (Le blog officiel de l'UMP, ou interviennent divers responsables de l'UMP)

Encore plus fort que le PS, l'UMP a créé un annuaire des "bloggues clones" Comment être présent dans cet annuaire ?

Lisons le message du 4 juin qui explique :

Pour faire connaître les blogs de la France d'après, vous pouvez :

1. Faire un lien vers le blog
2. Parler des blogs de la France d'après sur votre blog ou site, et/ou mettre un bouton pointant vers le blog, celui-ci :
3. Envoyer un mail à vos contacts en les invitant à se rendre sur le blog

L’UMP, lui, propose en plus du PS une vielle technique promotionnelle du Web : l’affiliation. Pour ceux qui ne connaissent pas cette technique, elle consiste à afficher sur son site Web ou blogue une image avec un lien vers un autre site. On trouve également un lien vers des images de promotion de l'annuaire.

Habituellement ces techniques sont réservée à des entreprises commerciales qui rémunèrent les webmaster qui acceptent de mettre leur photo lien en ligne.

Dans le cas du blogue de l’UMP, vous êtes invités à le faire … gratuitement.

Merci une fois de plus à un parti politique de nous prouver que les idées et convictions peuvent être distribuées et assénées comme n'importe quel autre produit.

Propagande quand tu nous tiens !!!

Sources : UMP Blogs




15 juin 2006

Bloggons socialistes



Dans la continuité de son développement numérique initié il y plusieurs mois, le PS lance mercredi 14 juin et jusqu’au 28 juin, un site Web consacré au projet socialiste.

Ce site est ouvert uniquement aux militants et fédérations. On peut toutefois trouver une page qui se nomme « je veux créer mon blogue » Curieux de nature et bloggueur impénitent, je n’ai pas résisté à l’envie de visiter cette rubrique et de vous livrer le texte qui y figure.

Pour créer ton site il suffit d’adresser ta demande à sn.tic(à)parti-socialiste(point)fr en précisant Pour une section ou fédération - Le nom de la fédération ou de la section et son numéro pour les sections - Le nom du secrétaire de section et le nom du responsable du site avec son adresse e-mail et son numéro de téléphone - Le nom de domaine si tu en possèdes un sinon l’adresse souhaitée. Exemple : blanquefort.parti-socialiste.fr Pour un(e) élu(e) ou candidat(e) - Le nom de l’élu(e) ou du candidat(e) - Le nom et l’adresse email du responsable du site - Le mandat

Une visite s’impose également à : « Une plate-forme de blogs socialistes, pourquoi ? »

La présence sur le web aura un impact non négligeable dans les échéances électorales à venir : présidentielles, législatives mais aussi municipales et cantonales. C’est pour cela qu’il est important de travailler d’ores et déjà à notre présence sur la toile, comme nous travaillons les marchés, l’affichage, les réunions tupperware. La secrétariat national aux ntic propose donc cette plate-forme de blogs clés en main, pour les fédérations, sections, élus et candidats dans une premier temps, tous les militants très rapidement. Ainsi il est possible de créer en quelques minutes son propre blog. Celui-ci est bien sûr gratuit, comprend les principales fonctionnalités (forum, newsletter, sondage en ligne...) et est relié avec la blogosphère socialiste. Les campagnes en ligne (typiquement l’adhésion), les communiqués de presse, les principaux liens sont d’ores et déjà intégrés et proposés tout comme quelques propositions de mise en page. Nous avons choisi une interface volontairement très intuitive. Ainsi, même les moins avertis des militants pourront créer en quelques minutes leur site. - Bien sûr, ceux qui le souhaitent pourront personnaliser leur site, changer l’aspect, les liens... - Ce blog du secrétariat est mis en place. Il donne des informations et des conseils pratiques sur l’animation des blogs militants. Il proposera un annuaire de tous les blogs socialistes. - Cette plate-forme a été mise en ligne le 10 mai 2006. Elle fonctionne d’abord à titre expérimental durant une dizaine de jours grâce à un travail partenarial avec les correspondants tic dans les fédérations. Elle sera ensuite annoncée à toutes les sections vers la fin mai. - Cette plate-forme se veut évolutive pour mutualiser au maximum vos conseils. Alors à vos souris. NB Pour ouvrir un site, envoyer un mail avec vos coordonnées et votre section à sn.ntic(à)parti-socialiste(point)fr Amitiés socialistes Vincent Feltesse Secrétaire national adjoint aux NTIC

Si plusieurs expressions comme "(sn.ntic(à)parti-socialiste(point)fr)" et le rôle de la souris dans la composition des contenus peuvent faire sourire, quelques remarques s’imposent :

Les partis politiques pensent-ils encore que la propagande peut influencer l’internaute citoyen ?

Il est assez navrant de constater que d’un parti à l’autre les techniques de promotion des idées suit la même logique. La blogosphère a la particularité d’être indépendante et les internautes de comprendre vite qu’un message est publicitaire soit-il relayé par des milliers de site clones.

La vision « tupperware »qui est proposé par le secrétaire national aux TIC est en total décalage avec les évolutions actuelles des Blogues et du Web participatif promis par le « Web 2.0 » Elle ne présage rien de très bon en termes de vision ses NTIC en cas de retour des socialistes aux affaires.

Si les partis politiques et notamment le Parti Socialiste n’ont rien vu venir lors de la bataille du Traité constitutionnel européen c’était déjà parce qu’ils n’avaient pas compris qu’il devient difficile voir impossible de ramener le débat démocratique à un « clonage bloggesque »

Les futurs dirigeants de la France doivent apprendre et comprendre que l’expression citoyenne issue du Web sous toutes ses formes représente un bouleversement irréversible qu’ils devront prendre en compte, faute de quoi ils seront marginalisés.

J ‘avoue que j’attendais mieux de la part du PS compte tenu de ses racines et traditions. L’extraordinaire engouement des français pour la prochaine élection présidentielle, justifiait il me semble de faire bouger les lignes que représentent les partis.

Les partis politiques (gauche, centre et droite) comme les syndicats (salariés et employeurs) ont perdu pour toujours leur notion de représentativité et les françaises et français vont de plus en plus « piocher » dans l’offre politique et syndicale au grès des nouvelles approches ou idées.

Alors au lieu d’ouvrir la plus grande agora politique et sociale possible à nos concitoyens le Web n’aura été jusqu’à présent qu’un moyen de propagande ou d’adhésion en ligne. Les nouvelles technologies de l’information et de la communication méritent mieux.

Les sympathisants de droite comme de gauche attendent cette fois ci de pouvoir largement exprimer leurs accords et désaccords et de devenir forces de propositions dans les domaines où ils évoluent ou excellent. Sans cette difficile mais indispensable consultation permanente, l’engagement politique et le militantisme sont condamnés à très court terme.

Site du Projet du Parti socialiste

14 juin 2006

Rendez-nous JOSPIN !!!

La prestation d’hier soir de notre équipe nationale confirme s’il en était besoin que les français comme les joueurs de football n’ont plus le cœur à l’ouvrage depuis un certain naufrage asiatique de 2002.

Les commentaires du sélectionneur nous rappellent certains slogans chers à Jean Pierre RAFFARIN : « La route est droite mais la pente est rude » Mais au fait amis de la théorie du complot vous souvenez vous de qui était premier ministre en 2002 : Jean Pierre RAFFARIN.

Remercié par le sélectionneur national Jacques CHIRAC et remplacé par Dominique de VILLEPIN, on croyait voir la fin du tunnel. Or le syndrome semble persister et rien n’indique sauf miracle imprévu une place d’honneur pour les coéquipiers de Zinédine ZIDANE.

Mais alors que faut-il faire car il y a urgence puisque nos footballeur affrontent la Corée du Sud dimanche dans un match décisif pour son avenir dans le tournoi ?

Le sélectionneur président n’a qu’à se replonger dans un passé proche et se rappeler qui était à la direction des affaires lors des victoires de 1998 et de 2000.

En effet, vous souvenez vous du nom du premier ministre de la France qui gagne.

Ayant décidé un beau soir de 2002 de se retirer de la vie politique, nous sommes bien obligés de constater que son départ coïncide avec la descente aux enfers de notre équipe.

Une solution avant dimanche, démission de Dominique de VILLEPIN et retour de Lionel JOSPIN. Les bleus dopés par cette nomination gagnent leur match 4 à 0, finissent premier de leur groupe et tour après tour se qualifient pour battre le Brésil en finale 2 à 0.

La France exulte, CHIRAC et JOSPIN sont à nouveau candidat à la présidentielle, et au premier tour …. Bon, il va falloir se calmer avant dimanche soir.

12 juin 2006

Identité ou profession senior ?



S’il existe des catégories économiques ou sociales pour classer les français, il en existe une qui est en train de devenir la cible de tous les débats : Les seniors.

Savez vous quand devient-on un senior ? Le lendemain de son 51 eme anniversaire. Et pour combien de temps ? « Jusqu’à la fin de sa mort » comme disait COLUCHE !!!

Lorsqu’on sait que l’allongement de la durée de la vie en France amène progressivement la population française à l’âge de 80 ans, valider cette catégorie équivaut à classer les nouveaux nés avec les étudiants du cycle supérieur.

Qui se permettrait de faire un sondage d’opinion dans les maternelles en même temps qu’à la Sorbonne afin d’en tirer des conclusions ?

Et pourtant, les agences de communication et les media n’ont jamais autant fait leur choux gras sur le thème seniors.

Que consomme le senior ?
Comment voyage-t-il ?
Comment vote-t-il ?
Où place-t-il son argent ?
Où vit-il ?

En gros, le senior serait devenu un individu jeune retraité, en assez bonne santé, en recherche de bon temps et de culture acquit aux idées républicaines.

C’est d’ailleurs au travers de ce flou qu’on peut lire des merveilles de ce genre :

« 12% des seniors disent tenir compte des résultats des sondages pour choisir leur candidat lors d'une élection. Les plus de 50 ans sont les Français les moins influençables par les études d'opinion. A titre de comparaison, un tiers des moins de 30 ans se déterminent en fonction des sondages (sondage CSA réalisé pour Le Bleu de Profession politique auprès de 955 personnes les 16 et 17 mai) »

« Près d'un baby-boomers sur deux (49%) estime qu'une réforme du droit du travail est nécessaire, selon un sondage réalisé par l'institut Ifop pour Acteurs Publics. 54% des Français estime d'une manière générale qu'il est "très urgent" de mener des réformes en France (956 personnes interrogés les 11 et 12 mai). »

Sources : Seniorscopie J’attire votre attention sur l’échantillon retenu pour donner ces chiffres qui est inférieur dans les deux cas à 1000 personnes.


Alors qui sont vraiment les seniors ?

Tout le monde sait que le comportement d’un individu varie totalement qu’il lui reste de 10 à 15 ans à travailler ou qu’il est en retraite depuis 10 ou 15 ans.

Il existe bien des différences entre les catégories socioprofessionnelles et celles-ci sembleraient se marquer encore plus pour les plus de 50 ans. Le gouvernement l’a reconnu implicitement en lançant son plan pour l’emploi des seniors.

En effet, Seuls 37% de la classe d’âge des 55-64 ans travaillent en France. Le gouvernement souhaite, dans le cadre de son plan national pour l’emploi des seniors, atteindre un taux d’emploi de 50% d’ici 2010. Sa mesure-phare repose sur la mise en place d’un « CDD senior » d’une durée maximale de 36 mois.

On pourrait bien entendu se réjouir de cet objectif mais à la lecture du chiffrage des mesures, on est un peu déçu : « Une enveloppe de 10 millions d’euros est prévue cette année pour accompagner son lancement, dont la moitié affectée au financement d’une campagne de communication. »

Une autre question se pose immédiatement : Puisqu’il faudra atteindre 57 ans pour bénéficier des mesures d’accompagnement, que deviendront ceux qui ont de 51 à 56 ans ?

Quelques remarques au passage : Cumuler un emploi et une retraite na va-t-il pas une fois de plus opposer une catégorie de français à d’autres ? Les jeunes notamment ne vont-ils pas faire encore les frais de ces nouveaux « concurrents » ?

Le fait d’intégrer dans la catégorie « senior » des actifs et des retraités n’apporte-t-elle pas un handicap supplémentaire vis à vis des employeurs ?

Ils sont d’ailleurs, actuellement beaucoup à considérer qu’un plus de 50 ans a une santé plus aléatoire qu’un jeune et surtout que le peu d’années restantes diminue leur motivation.


Les seniors sont-il un eldorado économique ?

Le salaire moyen des français est d’environ 1779 €. Il faut toutefois noter que plus de 2,5 millions de salariés étaient rémunérés sur la base du smic en 2005, selon une étude du ministère de l'emploi. Ce chiffre concerne les entreprises hors secteur agricole et hors intérim (soit 16,8 % des salariés de ces entreprises) précise la Dares (direction des études du ministère de l'emploi)

Il est assez évident qu’avec les différentes remises en cause des régimes de retraite et de la baisse du taux de remplacement que les futurs seniors ne soient plus vraiment à l’identique de ceux que nous présentent aujourd’hui les media et communicants.

Il me semble indispensable de revoir cette caricature de catégorie de français. Si le mot « vieux » trop discriminant et « personnes âgées » réservés aux 70 ans et plus (quoi que, allez dire à certains septuagénaires qu’ils sont vieux !!!!) il faudrait peut être revenir sur la notion de jeune retraité ou retraité de longue date et supprimer définitivement les actifs de cette classification.

09 juin 2006

Le parti socialiste se convertit à l'économie sociale

Dans un précédent article « l’économie sociale doit se faire entendre » j’évoquais cette économie et sa capacité à prendre une place encore plus importante en France. Bien que cette économie, ni capitaliste ni publique, fondée sur des principes démocratiques, pèse aujourd’hui plus de 12% du PIB en France, elle peut et doit à mon avis progresser.

Jusqu’à présent ignorée ou mal défendue par les pouvoirs publics et les formations politiques qui lui préfèrent le développement durable qui est plus « porteur », je me demandais si les élections présidentielles à venir nous réserveraient une surprise ?

Allions nous encore avoir :

Un débat exclusivement centré sur le sentiment d’insécurité et les violences aux personnes ?

Des échanges sur la notion de services publics ou de services au public ?

Ou tout simplement un affrontement de chiffres sur qui a le mieux géré la croissance et qui est le plus à même de la faire revenir ?

J’ai pu ce matin lire « Réussir ensemble le changement» qui est le projet que portera le ou la candidate socialiste en 2007. Particulièrement concerné par la position de toutes les formations politiques sur le sujet de l’économie et de ses variantes, j’ai lu les 32 pages disponibles et découvert un sous chapitre qui s’intitule « Promouvoir l’économie sociale et solidaire »

Que dit-il ?

« Nous favoriserons le développement des services de proximité, mis en œuvre notamment par les associations : gardes d’enfants, aide aux personnes âgées, activités éducatives post et péri scolaires. Nous soutiendrons le secteur de l’économie sociale et solidaire. Son accès à la commande publique sera privilégiée. Sa fiscalité sera repensée avec le démantèlement progressif de la taxe sur les salaires pour les associations, frein considérable au développement de l’emploi. A l’instar des chambres de commerce et d’industrie, il sera créé des chambres nationales et régionales de l’économie sociale. Nous renforcerons particulièrement la position des mouvements associatifs sportifs, culturels et d’éducation populaire dans les instances de concertation et de décision pour le rôle qu’il joue dans l’épanouissement des individus et de la vie sociale, aussi bien en milieu rural qu’urbain »

A vrai dire, par vraiment de nouveautés en ce qui concerne les services à la personne, si ce n’est la délégation accrue au monde associatif qui est déjà très présent dans le domaine.

Quid par contre des incitations au modèle coopératif qui est une alternative aux statuts classiques d’entreprises ? Il est dommage que lorsqu’on consacre un (tout petit) passage de son programme à l’économie sociale, on oublie les entreprises qui acceptent le marché et sa concurrence tout en proposant un mode de gestion démocratique (un homme, une voix)

Finalement, je ne ferrai pas la fine bouche en constatant que l’économie sociale et solidaire qui était jusqu’à présent considérée comme une variable d’ajustement de la pauvreté fait partie d’un programme présidentiel.

Lorsqu’on se rappelle la place de l’écologie dans les précédentes élections, alors qu’aujourd’hui elle est une des parties centrales des programmes, on ne peut que souhaiter que l’économie sociale et solidaire connaisse le même sort.

Sources

Parti socialiste

07 juin 2006

Les monnaies peuvent avoir une âme ?




Alors que les places boursières se marient dans la joie et l’allégresse, se développent dans un quasi anonymat des monnaies parallèles que l’on pourrait appeler « monnaies sociales »

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ces systèmes ne sont pas utilisés dans des pays en développement mais en Allemagne au Japon, en Italie, en Amérique du Nord (Time dollar ) et en France.

En France on connaît les systèmes d’échange locaux (Les SEL) qui permettent à des gens dans une zone géographique limitée d’échanger des services (je répare ton ordinateur et tu me donne un cours de cuisine)

Véritable symbole d’une économie parallèle plus solidaire, les SEL forment désormais un réseau national très large

En Allemagne, on utilise le « Roland » ou le « Chiemgauer »

Chiemgauer est le nom d'un REGION, semblable au Système d'échange local français, qui a commencé en 2003 à Prien am Chiemsee, Bavière, en Allemagne.

Christian Gelleri, enseignant dans un lycée, a fondé ce projet avec ses élèves qui étaient chargées du dessein et imprimerie des Vales, de l'administration, de la comptabilité, de la publicité et d'autres services. Actuellement il fait partie du réseau national de monnaies régionales en Allemagne qui s'appelle RegioNetzwerk

L’originalité de ces monnaies est qu’elles sont « périssables » ou « fondantes » En clair, elles perdent de 1 à 2 % de leur valeur chaque mois. Le but est d’empêcher la tésaurisation et obliger les détenteurs à réinvestir pour profiter de la communauté.

Au Japon les "Fureai Kippu" apportent un début de réponse à la crise du vieillissement démographique. Leur principe ? Un jeune fait des courses, prépare la cuisine et fait prendre son bain à une personne âgée à la motricité réduite.

Pour ce service, ce jeune perçoit des "tickets de soin" ou "Fureai Kippu", qu’il dépose sur un compte. S’il tombe malade, il peut utiliser ces tickets pour payer une aide à domicile. Il peut aussi faire un transfert électronique sur le compte de sa mère, à l’autre bout du pays, afin que celle-ci puisse s’offrir une aide à domicile.

Des expériences fonctionnent également en Corée ou au Brésil

Ces monnaies n’ont pas l’ambition de remplacer le système monétaire mondial et sont dans un certain nombre de pays encouragées par les gouvernements comme Au japon ou au Brésil. Bien que ne cherchant pas à déstabiliser le monde de la finance, tous ces systèmes sont un puissant outil de développement local et de recréation de liens sociaux et économiques.

Enfin n’oublions jamais que le 2 avril 1792, le Congrès des Etats-Unis adoptait le "Mint Act" qui instaurait une nouvelle unité monétaire, le Dollar.

Cette disposition renforçait l'autonomie du pays, indépendant depuis le 4 juillet 1776. Les premières pièces furent frappées en 1793 à Philadelphie. Il faudra attendre 1861 pour voir apparaître les premiers billets verts. Il s’agissait tout simplement d’un SEL qui a plutôt pas mail réussit !!!




Sources et bibliographie

Place publique
Terra-economica
Pôle de socio économie solidaire
Sel Terre
Selidaire
Le Figaro

06 juin 2006

Reste-t-il encore une place pour les quotidiens payants ?




Le groupe BOLLORE va lancer son « gratuit » du soir qui devrait être selon ses propos sur Europe un journal de l’actualité politique et people rempli de photos plus agréables à consulter que des textes de fond. Ce journal sera domicilié dans la tour BOLLORE, à Puteaux, en région parisienne. Le tirage de Direct Soir est fixé à 250 000 exemplaires en Ile-de-France et autant en régions. Le mode de distribution privilégiée est le colportage.

A la lumière de cette nouvelle expérience de presse gratuite, Il est grand temps de se poser la question de la valeur de l’actualité et de sa diversité.

Beaucoup d’internautes ont eu la surprise de découvrir que les informations de l’AFP et de REUTER disponibles entre autre sur YAHOO! sont les mêmes que celles distillées (parfois sans aucun commentaire additionnel) par la presse écrite et audio visuelle. Il en sera de même pour le nouveau-né édité par le groupe BOLLORE.

Selon Le Figaro : « Les équipes sont constituées. Vincent Bolloré, le propriétaire du titre, s'implique lui-même dans les réunions du nouveau titre. Il est secondé par Philippe Labro et Paul Giannoli, conseiller éditorial, ancien patron de Télé 7 Jours et du JDD. Les équipes rédactionnelles du quotidien ont vocation à se rapprocher de celles de la télévision, Direct 8, chaîne de la TNT, également propriété de l'industriel, tout comme les équipes commerciales des deux médias devraient travailler de concert »

Quel est le problème qui va se poser à terme ?

Insinuer dans l’esprit des gens que payer pour quelque chose que l’on puisse avoir gratuitement est un non-sens économique.

Si le groupe BOLLORE a les moyens de dépenser 20 millions d’€ et attendre 7 ans pour obtenir la moindre rentabilité cela n’a rien de philanthropique. L’objectif déclaré est d’offrir une version de plus des dépêches accessibles à l’internaute moyen.

Alors qu’on demande chaque jour aux français de sortir de leur routine et d’être inventifs et créateurs, on leur propose de plus en plus de media routiniers et sans imagination.

Reste-t-il encore une place pour les quotidiens payants ?

En l’état, on peut légitimement se poser la question. Il est vrai que la presse écrite est au bord du gouffre et que seules des injections de capitaux régulières permettent à LIBERATION, au FIGARO, au MONDE ou à l’HUMANITE de ne pas cesser de paraître. Les récents déboires sans fin de France Soir ne plaident pas non plus en faveur des titres payants.

Alors, pourquoi cette désaffection au profit de condensés gratuits ? Tout simplement parce que les plus grands titres de la presse écrite ont abusé de la technique de « copier/collé » utilisée par les gratuits. Il est certain que l’affaiblissement du Parti Communiste français a entraîné l’HUMA dans des profondeurs insondables et que les prises de position des directeurs du MONDE et de LIBERATION ont finit par lasser ou offusquer des lecteurs fidèles.

La presse écrire s’est longtemps prise pour une institution que le lecteur se devait de ne jamais critiquer. L’investigation qui est coûteuse a été reléguée et remplacée par des témoignages recueillis par des correspondants disposant de peu de temps et de budget.

Impressionnés par les résultats de certains quotidiens régionaux, la presse nationale s’est mise à faire du chien écrasé, du portait du dernier sabotier du Haut Jura et du « bonheur dans le pré »

En fin de compte, il n’existe quasiment plus de presse d’opinion et le débat de société s’est déplacé vers les nombreux sites Web que les quotidiens ont été obligés de mettre en place pour continuer à capter l’attention des populations. Or, le site Web est une réponse gratuite à un problème de survie. Alors pourquoi en ce cas payer pour son quotidien du matin ?

La rédaction d’un quotidien coûte cher et avoir des journalistes de qualité également. La presse quotidienne nationale ne peut s’appuyer sur les perfusions financières et la publicité pour avoir un avenir.

Il lui faut retrouver ses racines et un ton qui passe par la diversité des opinions et la qualité de ses enquêtes et investigations. Le journalisme citoyen qui se développe sur le Web apporte la preuve du dynamisme de la pensée et du goût immodéré des français pour le débat. L’avenir de la presse écrite nationale passe par un travail au moins équivalent.


A vous de jouer messieurs les directeurs et patrons de presse