24 juillet 2006

Remise en cause de l’homophobie ?

Peut-on avoir été condamné pour propos et injures homophobes et déposer une proposition de loi remettant en cause les textes légaux ?

Non, allez vous me dire ! Et bien, je vous répondrai que cela est possible en 2006 en France.

Résumé de l’affaire

Christian Vanneste vient de déposer une proposition de loi, portant n° 3259, visant à abroger la mention « de leur orientation sexuelle », permettant de poursuivre les auteurs de propos homophobes, introduite dans les articles 32, 33 et 48 de la loi sur la presse de 1881 par la loi du 30 décembre 2004 créant la HALDE.

Or, il a ainsi été, le premier en France avec la loi de 2004, reconnu coupable d’"injure à l’égard des personnes homosexuelles" par le tribunal correctionnel de Lille, le 13 janvier 2006. Il a aussi, dans le même temps, été condamné à verser des amendes et des dommages et intérêts à trois associations (SOS Homophobie, Act Up-Paris et le Sneg qui l’avaient poursuivi)

Qui est Christian Vanneste ?

Christian Vanneste est le député UMP du Nord qui a déclaré : Je n’ai pas dit que l’homosexualité était dangereuse. J’ai dit qu’elle était inférieure à l’hétérosexualité. Si on la poussait à l’universel, ce serait dangereux pour l’humanité".

Il avait assumé ses propos devant le tribunal, affirmant qu’il n’avait "jamais parlé d’infériorité des homosexuels", mais "d’infériorité morale et sociale du comportement homosexuel par rapport au comportement hétérosexuel qui conduit au mariage et à la procréation".

A part cela, monsieur Vanneste qui est membre de la commission des lois à l’assemblée nationale est plutôt actif puisqu’on lui doit 335 questions dans les domaines suivants

Président : - Industrie de la chaussure, du textile et de l’habillement Vice-Président : - Travailleurs frontaliers Secrétaire : - Sécurité intérieure

Membre : - Agro-alimentaire - Cancer - Cinéma - Contrefaçon - Gens du voyage - Jeunesse, intégration, citoyenneté - Longévité - Modernisation de la vie politique française - Pollutions industrielles historiques - Protection des animaux - Rapatriés - Route, sécurité routière - Sécurité civile - Tibet - Toxicomanie

Et 225 propositions de lois qu’il initié ou dont il était co signataire dont le dernier à être affiché sur le site de l’assemblée nationale est : "Proposition de loi visant à établir une journée nationale d’hommage aux victimes des régimes communistes" et le texte qui a donné lieu à cet article : "Proposition de loi portant modification de certaines dispositions introduites par la loi portant création de la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité" et joliment baptisée « pion 3259 (c’est d’ailleurs le seul texte de la liste qui porte un numéro et non un descriptif.

Que monsieur Vanneste ait des convictions qui le situent à la droite de l’UMP est parfaitement légitime. Par contre, qu’un député membre de la commission des lois, condamné pour propos tombant sous le coup de la loi se permette de chercher à la contourner me semble être un abus de pouvoir.

Encore un mauvais coup porté à notre chère démocratie vont encore dire certains. Je pense plutôt qu’il serait nécessaire d’interdire aux élus de la nation de chercher à se soustraire à des condamnations que le citoyen lambda ne peut éviter.

Sources

AFP

Assemblée Nationale

20 juillet 2006

Brigitte Bardot : Au revoir et à jamais ?


Ainsi, la dame de la madrague qui nous distillait « coquillages et crustacés » ou « je n’ai besoin de personne en Harley Davidson » aurait décidé de quitter la France au profit de la Suède où elle envisage de finir ses jours.

En d’autres temps, le départ de cette icône du cinéma français (qui fit fantasmer une partie de la planète dans ses rôles d’ingénue) aurait provoqué un drame national.

Il semblerait cette fois-ci que cette menace n’inquiète plus grand monde.

Brigitte Anne-Marie Bardot, née le 28 septembre 1934 à Paris, française, fille de Charles "Pilou" Bardot, industriel lorrain et d’Anne-Marie Mucel. nous avait plutôt habitué dans ses premières années de présence à l’écran à son mode de vie plutôt décomplexée pour l’époque. Malgré quelques mariages hasardeux, elle représentait la femme libre et moderne que beaucoup de françaises prenaient pour modèle (Ah ! la petite robe en vichy)

On connaît ses premiers engagements dans la lutte contre l’exploitation animale au travers des bébés phoques sans vraiment savoir que c’est l’écrivain Marguerite Yourcenar qui, connaissant sa réputation, attira son attention sur leur massacre.

Ayant quitté les plateaux de cinéma, on la vit devenir passionaria de toutes les causes animales notamment aux côtés de Alain Bougrain Dubourg . Elle capitalisa à cette époque autant si ce n’est plus de popularité que durant sa carrière de chanteuse et actrice.

Puis vint la période « politique » Mariée à un dignitaire du Front National, l’icône commença à entonner un bien étonnant discours :

Sur France 3, dans l’émission animée par Marc-Olivier Fogiel, au printemps 2003, elle déclare que les sans-papiers, dans leur mouvement de protestation, font des églises « de véritables porcheries humaines ». Il convient de noter qu’elle avait mentionné explicitement des défécations derrière les piliers de ces églises, faute d’endroits appropriés »

Dans Le Figaro, elle déclare « Et puis voilà que mon pays, la France, ma patrie, ma terre, est de nouveau envahie, avec la bénédiction de nos gouvernements successifs, par une surpopulation étrangère, notamment musulmane, à laquelle nous faisons allégeance. De ce débordement islamique, nous devons subir à nos corps défendant, toutes les traditions. D’année en année, nous voyons fleurir les mosquées un peu partout en France alors que nos clochers d’églises se taisent faute de curés. »

Elle est condamnée en 2004 pour des propos similaires tenus dans son livre Un cri dans le silence.

Alors, quelle est la cause de son plus que probable départ ?

Brigitte Bardot est intervenue il y a quelques jours auprès du ministre français de l’Economie, Thierry Breton, afin de dénoncer "l’avis circonstancié adressé par la France à la Commission européenne et qui attaque" la proposition de la Suède sur de nouvelles réglementations des conditions d’élevage des visons à fourrure en Suède

« L’intervention de mon gouvernement me fait honte, honte d’être Française... Je quitterai peut-être la France pour finir mes jours en Suède"

c’est un cri de colère qu’a lancé mercredi 19 juillet Brigitte Bardot, présidente de la fondation pour la protection des animaux, à l’encontre du gouvernement français accusé de vouloir s’opposer à un assouplissement des conditions d’élevage de visons.

Dans un courrier adressé mercredi au Premier ministre suédois Goran Persson, Brigitte Bardot estime se sentir "plus proche de la sensibilité suédoise que de l’insensibilité française !".

Si vous décidez de partir, nous garderons les images et films qui ont fait tant pour votre renommée et celle de la France du Général. Il me semble toutefois que la France d’aujourd’hui ne devrait pas vraiment s’en émouvoir.

Sources et bibliographie

Wikipedia
Nouvel Obs
AFP
Le Figaro

19 juillet 2006

Le vrai tabloïd arrive en France

Il y a peu, je vous parlais des aléas de la presse traditionnelle face aux « gratuits » suite au lancement du quotidien de Vincent BOLLORE.

Nous étions beaucoup à constater que la presse écrite est dans une passe des plus difficiles. Le récent licenciement (GENESTAR) et départ (JULY) de patrons de presse ne laisse malheureusement rien augurer de bon.

Si les périodiques souffrent beaucoup, des petits malins ont misé sur des magazines dits « trash » comme GUTS. Lancé en partenariat avec Hachette Filipacchi Médias (HFM) . et présenté comme «un vrai magazine décomplexé de divertissement sexy et potache», il a vu la commission paritaire des publications et agences de presse, lui refuser son certificat d'inscription. Conséquence, on s’interroge sur sa survie.

C’est dans ce contexte franchement morose que Bild (officiellement appelé Bild-Zeitung) va se lancer dans nos kiosques

Mais c’est qui BILD ?

Edité depuis le 24 juin 1952, sa diffusion atteint 11,28 millions de lecteurs.

BILD est un journal populaire et populiste. Le titre est l’équivalent du Sun britannique et impressionne plus par son tirage que par la qualité de son contenu. Politiquement proche des chrétiens-démocrates et considéré comme le "confessionnal" du pays, Bild raffole des révélations et du lavage de linge sale. Le quotidien est diffusé à environ 3 700 000 exemplaires en Allemagne. - Courrier International

Le journal possède un site Web (en allemand) qui permettra aux futurs lecteurs d’avoir un avant goût de la qualité de l’objet dont je vous joins quelques « sublimes » photos de la une

BILD appartient à Axel Springer qui est déjà présent en France avec quatre titres magazine, dont Télé Magazine. Le groupe a décidé de privilégier l'expansion en lançant de nouveaux titres à l'étranger.

Si BILD est véritablement craint en Allemagne par la classe politique qui le lit à cause de son emprise sur l’opinion, il est assez vraisemblable que les lois françaises sur la protection de la vie privée lui coupe un peu les ailes comme VOICI en d’autres temps.

Le tabloïd si cher à nos amis britanniques n’a pas réussit jusqu’à présent à s’imposer. Le BILD nous transformera-t-il en afficionados du mauvais goût et des secrets d’alcôves ?


Réponse dans quelques semaines

18 juillet 2006

J'ai pas pu résister !!!

Lecteur assidu de Charlie Hebdo dans ses grandes cuvées, je n'ai pas pu résister à l'envie de vous montrer ce que REISER dessinait il y a quelques années. Visionnaire non ?


Jeu de circonscriptions

S’il est une technique courante depuis que le vote existe en France, c’est bien celle du « parachutage politique»

Remise au goût du jour au travers des prochaines échéances législatives de 2007, elle consiste pour les états majors des partis politiques à regarder de près les circonscriptions « acquises », « gagnables » et « perdues d’avance »

Le résultat de cette observation donnera la liste des circonscriptions où au choix, il fera bon se faire élire ou prendre patience dans l’opposition.

L’étude permettra également de « caser » des candidats de formations politiques qui pourraient apporter leur soutien (Les Verts excellent régulièrement à ce jeu et réclament de plus en plus de circonscriptions gagnables pour prix de leur ralliement)


Pour faire simple, on demande aux militants puis aux électeurs de voter pour quelqu’un qu’ils n’ont jamais vu dans leurs villes.


Il semblerait pourtant que cette fois ci les militants se rebiffent. C’est Malek Boutih qui est au cœur de la polémique. Appliquant les statuts du Parti Socialiste, les militants charentais avaient choisit une candidate locale jusqu’au moment ou Ségolène ROYAL aurait fait pression pour imposer Malek *.

Le cas de la 21 eme circonscription de PARIS est également un cas type de désignation de candidat en « zone parachutable » :

George Paul-Langevin et Sophia Chikirou. La première, 57 ans, est d'origine antillaise, jospiniste et travaille auprès du maire de Paris, Bertrand Delanoë. La seconde, 27 ans, est d'origine kabyle, fabiusienne et assistante parlementaire du député sortant Michel Charzat .

Résultat, on a pu entendre les propos suivants :

"On a envie de pleurer sur Harlem Désir. Il a toujours été chouchouté, il n'a jamais été au combat électoral (...)"génération qui porte encore un discours communautariste".
Malek Bouthi

« Mon histoire et mon engagement depuis plus de vingt ans démontrent une démarche exactement inverse, fondée sur les principes universalistes et républicains » J'imagine que Malek Boutih ne considère pas que sa candidature en Charente est a priori légitime, tandis que celle d'une militante antillaise à Paris serait par nature communautariste."
Harlem DESIR

Il est bon de rappeler que nous n’avons le droit, en tant que citoyens, à cette agitation uniquement lors des rendez-vous électoraux. Si gauche et droite s’opposent sur leurs visions de notre avenir, ils se rejoignent sans aucun problème pour l’attribution des circonscriptions les moins difficiles.

Vous ne serez pas surpris d’apprendre que cette excitation n’a pas lieu pour les circonscriptions « perdues à l’avance »

Que l’on doive renouveler une partie des élus de la nation pour que de nouvelles statures et projets émerge est une réalité que personne ne nie ! Mais considérer qu’un « bastion » doit servir à imposer quelqu’un qui ne connaît pas la région, ses habitants et ses problèmes revient à prendre les électeurs pour des imbéciles.

A l’époque ou la majorité des dirigeants politiques prônent la décentralisation et le retour à des responsables proches de leurs administrés, est-il encore normal de substituer l’élu ou le militant de terrain à une personnalité politique ou médiatique.

Les citoyens commencent à se lasser de la façon dont on leur choisit un ou une représentante et bien que les candidats correspondent à leurs idées, il est probable qu’ils finissent par élire des candidats d’opposition du cru.

Est ce bien rendre service à la politique que de continuer à considérer les circonscriptions comme des points de chute commodes ?

Combien de temps encore, les suppléants continueront-ils à exercer les fonctions des élus qui n’ont ni le temps ni l’envie d’arpenter leur territoire et préfèrent les douceurs de la capitale à une banlieue ou une région économiquement déshéritée ?

Malek Boutih comme les autres futurs parachutés ne feraient-ils pas mieux de prendre le temps de s’installer et de découvrir les habitants d’une région plutôt que d’être imposés par les faits du prince ?


* Malek Boutih a été président de SOS Racisme de 1999 à 2003 avant de devenir le secrétaire national aux questions de société du Parti socialiste.

Proche de Julien Dray, Malek Boutih soutient aujourd'hui la candidature de Ségolène Royal à l'investiture PS pour l'élection présidentielle de 2007.





13 juillet 2006

Actionnaires ou gogos ?



La lamentable affaire EUROTUNNEL que nous avons été beaucoup à commenter est en train de pousser à la réflexion un certain nombre de français sur la clarté du jeu boursier dans lequel ils peuvent être impliqués volontairement ou non.

Pourquoi place-t-on ses économies en bourse ?

Epargner a toujours été un réflexe des ménages et si les bouleversements issus de l’après deuxième guerre mondiale (sécurité sociale et régimes de retraite) ont changé les habitudes financières des français (livrets A et épargne logement ) leur retour vers la bourse s’est fait dans les années au début des années 80 où les rendements les plus médiocres se situaient à 11 %

Attirés par des scores « aberrants » les nouveaux investisseurs ont oublié que la bourse n’est pas garante de résultats positifs. Même en intégrant cette donnée, il n'est pas facile ces derniers temps d'être certain que seule la bonne gestion des entreprises est un critère de rendement.

Petits porteurs contre investisseurs institutionnels ?

Etre actionnaire (très) minoritaire peut causer de graves problèmes. Des associations comme SOS petits porteurs ou l’ADAM (association pour la défense des actionnaires minoritaires) relèvent et dénoncent de façon régulière des entorses à l’éthique ou des irrégularités de gestion.

Les "golden parachutes", les stock options, les salaires démesurés et des soupçons récents de délits d’initiés laissent amer ceux qui ont misé tout ou partie de leurs économies.

Actionnaires salariés et petits porteurs même combat ?

"Il y a clairement un lien social plus fort dans les entreprises où l'actionnariat salarié est pratiqué " déclare Jean-Claude Mothié, le président de la FAS, la Fédération Française des Associations d'Actionnaires Salariés. Mais il semble que ce lien soit dû avant tout à la bonne volonté des directions d'entreprises pour lesquelles la décision de mettre en place un actionnariat salarié exprime la volonté de mieux impliquer les salariés dans la vie et le devenir de la société.

Doit-on pour cela oublier les scandales Enron, WorldCom, Tyco, Dynegy, ABB, Merck, Adelphia, Xerox ?

Même si la SEC américaine a renforcé les mesures de contrôle et de répression, nul n’est à l’abri de nouvelles « astuces » qui laisseraient petits porteurs et salariés dans le même cas que les détenteurs « d’ emprunts russe »


Les « class action » à la française peuvent-elles améliorer le problème ?

Quelle est la position des entrepreneurs à ce sujet ?

MEDEF : A l'occasion de son point presse mensuel du 11 juillet, Laurence Parisot se prononce contre l'introduction de toute procédure de type action de groupe. Dénonçant les risques de dérive juridique et l'impact économique très lourd qu'engendreraient un tel système, elle appelle le gouvernement à "entendre les arguments du MEDEF sur ce sujet". "Ce serait un signe certainement assez dur qui serait adressé aux entreprises françaises d’introduire un tel principe dans notre droit et notre économie."

CGPME : La CGPME, en tant qu’organisation patronale représentative des PME, s’oppose à l’intégration en France des class actions. Si certains ont pu considérer que ce sujet n’intéressait que les grandes entreprises, il est indéniable que les PME pourraient, elles aussi être soumises à des actions collectives de consommateurs. Or, elles ne pourraient justifier des mêmes moyens de défense, notamment financiers.

La CGPME rappelle que la France dispose d’un droit de la consommation particulièrement protecteur à l’égard du consommateur, avec une multitude d’obligations à respecter. Dans ce cadre, diverses procédures sont susceptibles de répondre à une action de groupe, notamment celle de l’action en représentation conjointe.
Aller plus loin ferait peser un risque mortel sur les PME, en ouvrant la porte aux dérives déjà constatées aux Etats-Unis.

Il est étonnant de noter que les Etats Unis ne font pas recette cette fois auprès des entrepreneurs français !!!

Alors doit-on se tourner vers les placements éthiques ?

Des organismes comme NOVETHIC peuvent donner des indications sur la responsabilité sociale des entreprises et permettre aux actionnaires de mieux choisir leurs placements. Il faut savoir néanmoins que certaines normes sont peu contraignantes et que l’on est en droit d’attendre des critères de plus en plus pointus.

Il est à noter que NOVETHIC donne un avis (favorable) sur son site en ce qui concerne les « class actions »

L’économie française et européenne ont besoin de l’argent des épargnants. Cet argent doit permettre aux entreprises de se développer et de créer si possible de l’emploi. Tant que la moralisation des marchés financiers ne sera pas effectuée, il sera impossible aux entreprises de ne pas être soupçonnées de s’enrichir sur le dos des actionnaires minoritaires.

Il est temps de se mettre autour de la table pour créer un statut de l’actionnaire, qu’il soit salarié, investisseur petit ou grand … rapidement.

12 juillet 2006

Eurotunnel : La voie de l’avenir ?

"Chers actionnaires,

L'assemblée générale du 27 juillet porte sur deux résolutions majeures pour l'avenir de votre entreprise : la procédure d'alerte la restructuration financière La procédure d'alerte Elle a été déclenchée le 12 février dernier par les Commissaires aux Comptes. Ceux-ci ont considéré qu'ils étaient dans l'impossibilité de certifier les comptes 2005 compte tenu des incertitudes qui existent sur la continuité d'exploitation. Ce qui en clair revient à ce que j'ai toujours dit : à défaut de la mise en place rapide d'une restructuration consensuelle, Eurotunnel est menacée de dépôt de bilan."

C’est ainsi que jacques GOUNON le PDG de Eurotunnel débute sa lettre aux actionnaires

Tonneau des danaïdes ou farce boursière tragi comique ?

On savait par avance lors de la négociation entre François MITTERAND et Margaret THATCHER qu’un projet de ce type ne pouvait pas avoir de viabilité en faisant appel à l’épargne publique. Ce fantastique ouvrage d’art qui a permis à la Grande Bretagne de perdre sa totale insularité doit-il être victime de tractations permanentes.

Plus personne aujourd’hui ne comprend comment se sortir de ce bourbier. Même l’ADACTE (association de défense des actionnaires d’Eurotunnel) ne maîtrise plus rien. Et pourtant il y a quelques temps on pouvait lire sur leur bulletin de communication

« Après la démission de M. Maillot du Conseil d’Administration d’Eurotunnel, il y a quelques mois et à l’initiative de l’Adacte qui pressentait ce départ un peu précipité, notre Association a proposé qu’un spécialiste des transports et un grand chef d’entreprise prenne la succession.

C’est ainsi que Jacques Gounon a été coopté pour remplacer M. Maillot.
Lors de notre dernière assemblée générale le 11 décembre 2004, place St Germain des Prés à Paris, l’Adacte avait dores et déjà contacté ce grand chef d’entreprise susceptible d’intégrer le conseil d’administration d’Eurotunnel en remplacement de Pierre Cardo démissionnaire.

Les discussions avaient lieu à l’époque entre l’Adacte et Jacques Gounon pour étudier les conditions dans lesquelles celui-ci devait entrer dans ce Conseil d’Administration et pour quoi faire.
Nous nous sommes, ensuite, mis d’accord avec M. Gounon pour que le remplacement de celui-ci se fasse par un haut fonctionnaire susceptible de défendre avec nous, Adacte, un grand projet industriel, élément essentiel pour la survie et le sauvetage d’Eurotunnel. »

Alors, si même un grand manager est proche de jeter l’éponge !!!!

Où on reparle de Nicolas MIGUET. Vous n’avez certainement pas oublié le candidat à la présidence de la république qui utilise cette élection comme une oépration de marketing pour ses affaires. Il vient de s’acheter une demi page de publicité dans « Le Parisien » pour proposer aux petits porteurs de lui donner pouvoir pour s’opposer au plan du PDG. Il en profite d’ailleurs pour faire de la publicité pour un abonnement à prix cassé pour « Bourse Hebdo Plus ».

Au delà de la crise permanente et du silence assourdissant des pouvoirs publics français et britanniques, il y a vraiment lieu de se poser la question de conserver le nom de EURO à ce tunnel. En l’état, il ne me semble pas judicieux de transférer la propriété aux établissements financiers mais d’effectuer la première nationalisation européenne.

Oui vous avez bien lu : Nationalisation. L’Union européenne peut et doit devenir le propriétaire d’un ouvrage qui deviendra patrimoine de ses habitants.

L’Union Européenne si avide de prendre pied dans notre vie quotidienne et nos comportements ne doit plus se contenter de réglementations et de dérégulations mais opter pour une attitude gouvernementale lorsqu’il s’agit de l’avenir de ses ressortissants

Sources

Eurotunnel

ADACTE

11 juillet 2006

Remettre l’homme au coeur de l’économie ?


Ils sont nombreux les « experts » et journalistes économiques à nous commenter régulièrement l’économie de marché qui sauve et guéri absolument tous les maux de notre société.

Mondialisation et globalisation sont devenues les deux mamelles auxquelles la planète entière devra s’abreuver. Lorsqu’on a l’outrecuidance d’émettre une objection sur les effets pervers de la mondialisation mal ou pas contrôlée, la réponse fuse : « Les pouvoirs publics des nations doivent jouer leur rôle d’amortisseur »

Cette belle théorie de l’économie de marché trouve toutefois de temps en temps ses limites. Une de ces limites se nomme : Economie et droits de l’homme.

Le magazine TERRA ECONOMICA dans son hors série été 2006 aborde clairement des sujets qui semblent concerner de plus en plus de consommateurs et de citoyens.

Extraits

« La sécurité collective est indissociable de la sécurité individuelle et dépend pour beaucoup du respect des droits de l’homme. Non seulement les droits civils, mais aussi les droits économiques et sociaux : le droit à des conditions de vie décentes, à la santé, à l’instruction ». C’était en 1998. De passage en France, le secrétaire général des Nations unies Kofi Annan célébrait le cinquantième anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’Homme. Les mots de Kofi Annan rappellent qu’il n’est pas de développement durable sans développement équilibré. »

Etre citoyen du monde n’exclut pas de se renseigner sur la façon dont les biens ou services sont produits

Direction la Birmanie, pays d’Asie verrouillé par une junte militaire depuis 1962 et refuge des dernières forêts primaires de la planète. Depuis la fin des années 1990, l’exportation de meubles en teck vers la France et les Pays-Bas notamment, a explosé. Selon l’ONG Les amis de la Terre, « cette course à l’exportation dans des conditions sociales catastrophiques est en passe de détruire les forêts primaires ».

Quand la planète le veut, elle a le pouvoir de défendre les droits humains.

Si les délocalisations sont un fait acquis et considérées par la très grande majorité des économistes comme un bienfait pour les consommateurs des pays riches, celles-ci nous sont en général présentées comme un apport économique au pays bénéficiaire. Or, a y regarder de plus près, on peut constater régulièrement que la production y est faite dans des conditions sociales et humaines bien en dessous des normes internationales.

« 115 syndicalistes assassinés, plus de 1 600 victimes d’agressions violentes et 9 000 autres arrêtés. 10 000 salariés licenciés en raison de leur activités syndicales : c’est le bilan du rapport annuel des violations des droits syndicaux, publié début juin par la Confédération internationale des syndicats libres (CISL). « Une majorité de pays dans le monde, 137 sur les 190 répertoriés, font la chasse au syndicalisme »

Et là le masque tombe. Où sont-ils les arguments plaidant pour une redistribution des revenus mondiaux de la production ? Où est l’élévation du niveau de vie des travailleurs de ces pays ?

René DUMONT disait « qu’après leurs matières premières c’était leur climat qu’on allait voler au tiers monde »

"L’image est impressionnante : l’équivalent de la population de la France et de l’Allemagne jetée sur les routes, contrainte à quitter son lieu de vie. Selon plusieurs études relayées par les Nations unies, le changement climatique pourrait pousser 150 millions de personnes à fuir leur territoire, notamment sur les côtes, avant 2050. 20 millions de personnes se trouveraient déjà dans cette situation, 50 millions avant 2010..."

Est-il du seul ressort des états de financer des solutions alternatives pour éviter ce désastre ?

Les situations décrites plaident pour une VRAIE participation financière des industriels qui par leurs activités contribuent à la dégradation de la planète et des équilibres humains.

Une taxe « TOBIN » ne suffirait pas à régler le problème. Les entreprises ne peuvent plus s’exclure de la responsabilité commune qui façonnera le monde de demain. L’immigration, les guerres, les violences faites aux populations concernent la finance mondiale et ses actionnaires au même titre que les chefs d’état.

Je laisserai la parole de la fin à "Sœur Cécile Renouard" (enseignante, docteur en philosophie politique)

« Dans les entreprises, comme dans tout groupe humain, on trouve toutes les catégories. Les cyniques disent : « le développement durable est une mode, allons-y ». Ils réagissent en fonction de l’image de l’entreprise. À l’autre extrémité, on trouve des gens sincères, mais pour qui le développement durable remet en cause 20 ou 30 ans de pratiques professionnelles. Ceux-là sont prêts à avancer. Ils pensent que l’entreprise doit agir mais que ce n’est pas à elle de fixer le cadre politique de cette action »

Source et bibliographie

Terra Economica

Touche pas à mon PPD !!!

Après l’éviction de Karl ZERO sans autre commentaire de la direction de Canal+ et remplacé par Laurence Ferrari, c’est au tour de « 90 minutes » l’émission de Paul MOREIRA de passer à la trappe (AFP). En effet, l’émission disparaîtra de la grille des programmes à la rentrée.

Cette saison, l’émission hebdomadaire "Lundi Investigation" était diffusée chaque lundi en deuxième partie de soirée sur Canal+. "90 Minutes" était un magazine trimestriel programmé le mardi en première partie de soirée.

On apprend dans la foulée et ce sans aucun rapport (faut-il le penser) que Thomas Hugues sera à la rentrée à l’antenne de i-TELE, la chaîne d’information en continu du groupe Canal+.

A ce point de l’information, on se dit qu’il ne s’agit plus d’un « mercato » mais bel et bien d’un accord à l’amiable entre les deux chaînes. En effet, si TF1 a permis à Canal+ de retransmettre des matchs de la coupe du monde de football c’était en partie en représailles contre M6 qui avait eu l’outrecuidance de leur « voler » des animateurs et surtout de recruter ... Thierry ROLAND.

Sans remettre en cause les qualités professionnelles du couple Ferrari Hugues, il est évident que la future ligne éditoriale et la grille des émissions va furieusement ressembler à du Tf1 « haut de gamme » puisqu’il faudra payer pour voir.

Alors, ZERO, MOREIRA, ils ne vont quand même pas toucher à mon PPD, guignol qui s’en dément !!!


Sources

AFP

09 juillet 2006

Mais vous n’avez donc rien d’autre à faire ?

C’’est en lisant une dépêche récente que je me suis posé la question. Mais quel sujet peut il être nécessaire de discuter si rapidement en ce moment à part l’emploi cher à notre premier ministre ?


Allez, je ne vous fait pas attendre. Le sujet est :

"Les députés veulent interdire seulement les sex-shops près des écoles"

Mercredi soir, la commission des affaires sociales de l'assemblée nationale avait adopté un amendement de Bernard Perrut (UMP) au projet de loi de protection de l'enfance, destiné à interdire l'implantation de magasins proposant au public "des publications ou des produits dont la vente aux mineurs est prohibée"

Mais qui est donc M. PERRUT ?

Quelques indications sur les spécialités de cet éducateur de notre jeunesse

Commission :
· Vice-Président de la commission des affaires culturelles
· Rapporteur pour avis au nom de la commission des affaires culturelles : Travail et emploi
Groupe d'études :
· Vice-Président : - Conjoints survivants - Viticulture

· Membre : - Appellations d'origine - Artisanat - Assurance - Cancer - Consommation - Construction et logement - Démographie - Droit de l'enfant - Droits de l'homme - Énergies - Formation alternée en milieu rural - Gens du voyage - Illettrisme - Industrie de la chaussure, du textile et de l'habillement - Jeunesse, intégration, citoyenneté - Longévité - Médicament - Modernisation de la vie politique française - Musique - Personnes âgées - Personnes fragilisées - Presse - Professions de santé - Professions libérales - Protection de l'enfance - Protection des animaux - Route, sécurité routière - Sans-abri - Santé et environnement - Sectes - Sécurité civile - Sécurité intérieure - Sport et éducation sportive - Tourisme - Toxicomanie - Vie associative - Villes et banlieues - Voies d'eau et voies navigables

Groupe d'amitié :
· Président : - Grèce
· Vice-Président : - Islande - Japon - Maurice - Québec
· Secrétaire : - Mongolie
· Membre : - Arménie - Bénin - Brésil - Canada - Chine - Chypre - Colombie - Israël - Macédoine - Maroc - Russie - Thaïlande

Groupe d'études à vocation internationale :
· Membre : - Vatican

Valérie Pécresse a affirmé que dans l'esprit de la commission « il ne s'agissait pas d'interdire "les cafés ou les débits de tabac" à "moins de 200 mètres" des établissements scolaires ou des lieux de culte, mais seulement "les sex-shops »

Cet amendement devrait être examiné par les députés lors de la session ordinaire d'octobre à une date encore indéterminée

Depuis quand le nombre de sex-shops est-il aussi important en France qu’il faille légiférer sur le problème ?

Combien d’écoles sont réellement situés à côtés de commerces sexuels ? S’il y en a, en ce cas pourquoi notre émérite député ne s’en est pas inquiété jusqu’à présent ?

Il ne fait nul doute que le retour à l’ordre moral fait rage mais il semble que certains de nos élus soient persuadés que la société française mérite un retour à la « révolution nationale » d’avant le gaullisme perturbateur.

Il ne se passe de jour sans qu’un élu ne veuille briller en proposant un retour à la France du maréchal. Envie de briller ou peur de d’affronter des candidats extrémistes qui d’élection en élection gagnent du terrain. On ne se bat pas contre les populismes en tenant un discours que ceux qui les tiennent ne renieraient pas.

Je plains Mme Pécresse d’avoir à rattraper les propos ou idées les plus rétrogrades d’une partie des élus de l’UMP mais il faut dire que les élections législatives de 2007 doivent donner des sueurs froides à un grand nombre de députés élus lors de la défaite socialiste de 2002.

Alors que tout le monde est à la recherche d’un projet, d’un souffle qui permettrait de faire repartir la France d’un bon pied, est-il nécessaire de mobiliser les parlements pour des sujets aussi marginaux ?

Le jour où les élus de la nation vont comprendre que leur travail ne consiste pas à faire reculer la France de 50 ans à chaque déclaration, il me semble que nous serons parés pour le 21 eme siècle.

Source et bibliographie

Assemblée Nationale
AFP

06 juillet 2006

Le vote « BLANC » va-t-il devenir tendance en 2007 ?


Si j’ai toujours eu l’habitude d’assister à des réunions politiques ou économiques ces dernières années. Je dois dire que 2006 est un plaisir pour tous ceux qui aiment cette forme de communication.

Il y a peu, j’étais présent à une réunion organisée par un mouvement dont j’ignorais l’existence : « Energie démocrate » Peu tenté au début de m’y rendre, j’appris que l’intervenant majeur était un certain Christian BLANC.

Christian BLANC, vous vous souvenez ?

Pour certains c’est l’homme qui aux côtés de Michel ROCARD mis fin aux graves émeutes de Nouvelle Calédonie avec un talent de négociateur hors pair.

Passé par la direction de la RATP et surtout d'Air France où il gagnera ses galons de manager moderne et efficace, il disparaîtra de la vie publique pour y revenir en 2002 comme député des Yvelines apparenté UDF (ce qui en surprendra plus d’un, compte tenu de sa « famille » politique d’origine »

En ce 1 er juin 2006, j’étais donc dans la salle pour voir « de près » ce qui me semblait être un OPNI (objet politique non identifié) Cette réunion était l’occasion du lancement d’un mouvement : « ENERGIES2007 » à la Mutualité.

Hormis le nombre important de participants (environ 600 personnes) je restais sur ma faim. Trois orateurs, brillants, mais sans charisme, sans passion, des intellectuels honnêtes mais hermétiques à beaucoup, et un fonds solide, mais discutable ici ou là.

J’aurais pu ranger cette réunion au rayon des archives, mais la lecture d’une tribune dans le journal Le Monde du 3/07/06 m’a fait réagir : Ainsi, Christian BLANC (UDF), Jean Marie BOCKEL (PS) et Alain LAMBERT (UMP) se rejoignaient pour lancer un « mouvement d’opinion » ?

Extraits

« …Dans ce but, nous avons décidé d'unir nos forces au sein d'un comité d'action pour la modernisation de la France. Cette démarche au-dessus des partis politiques est rendue possible par un diagnostic partagé et des convictions identiques sur la méthode pour réformer.

Le diagnostic peut être résumé en trois points.


Premièrement, l'économie française patine, elle ne profite pas du dynamisme mondial et gâche ses potentiels, ce qui se traduit par une croissance molle.
Deuxièmement, rares sont les domaines d'intervention de la puissance publique qui n'ont pas besoin d'une refonte de leurs modes de fonctionnement. Education, solidarités, recherche... Partout l'organisation est inadaptée. A tel point que même une augmentation des moyens ne permettrait pas de progrès sensibles.

Troisièmement, l'endettement de l'Etat a atteint un niveau insoutenable et fragilise notre édifice national. La dette est une contrainte qui impose que les réformes s'accompagnent d'une baisse globale de la dépense publique de l'ordre de 20 %. Et ce au moment où un effort devra être consenti pour la recherche et l'enseignement supérieur. Mais cette contrainte peut aussi être une chance. En effet, résoudre un problème en distribuant des subsides n'est plus une option disponible : quand les caisses sont vides, la démagogie et la lâcheté ne peuvent que s'effacer devant l'intelligence et le courage … »

Mais que signifie cette démarche ?

Certains prétendront qu’il s’agit pour des élus « isolés » de faire parler d’eux et pourquoi pas se faire remarquer par les candidats officiels de l’UMP et du parti socialiste. Car enfin, si on connaît le positionnement quasi centriste de Jean Marie BOCKEL, les efforts d’Alain LAMBERT pour obtenir la présidence du Sénat, on connaît beaucoup moins la stratégie de Christian BLANC.

Alors, alliance de la carpe et du lapin ou véritable remise en cause du statut monolithique des partis majoritaires ? Remise en cause de l’esprit « godillot » de l’UMP ? Contre offensive socio-démocrate destinée à camper sur les dernières positions de Ségolène ROYAL ?

Et surtout quelle devient la place de l’UDF dans le cadre de l’échéance de 2007 ?

Cette tribune est-elle l’annonce d’un futur « vote BLANC » ?

Si Christian BLANC prend le temps de lire mon article et accepte de me répondre vous en serez les premiers informés !!!


Sources et bibliographie

Le Monde
Assemblée Nationale
Sénat
Blog Pourquoi pas Christian Blanc
Energie2007