12 octobre 2007

Merchandising sportif

Demain la France a de grandes chances d'aller en finale du mondial de rugby.

Dans ce cas, Bernard LAPORTE devra donc encore attendre pour prendre ses fonctions de Secrétaire d'Etat. Cette prise de fonction comme l'a fait savoir notre Président et l'intéressé le privera de contrats publicitaires (d'un montant évalué à 700 000 €)

Jusque là, notre sélectionneur national aura pu vanter les jambons sous emballage et autres curiosité dont vous pouvez admirer quelques photos.

Kit viral envoyé à des blogueurs (photo ci-dessus)

* un sachet de 4 rasoirs Bic® Comfort 3 Advance
* un flyer de présentation du produit
* un ballon de rugby Gilbert®, avec la signature de Bernard Laporte au feutre
* une pompe pour gonfler le ballon

Quant au Gaillac, espérons que ce sera tournée générale en lieu et place de la lettre de Guy MOQUET qui semble t-il nous avait valut une "déconvenue argentine"

Allez l'équipe de France


Toutes les marques citées dans cet articles sont des copyrigth

11 octobre 2007

Les français et l'accès aux soins

Alors que le gouvernement semble inflexible sur ses franchises médicales, il serait intéressant de connaître l'évolution de l'avis des français sur leur perception. Jusqu'à présent, rien de palpable à se "mettre sous la dent" C'est IPSOS qui tire la première "salve" avec une enquête dont Slovar vous livre ci-dessous quelques extraits.

Une enquête IPSOS-CISS du 10 octobre 2007 réalisée auprès d’un échantillon représentatif de Français mais aussi de personnes malades (ALD) révèle la convergence des points de vue. Dans l’ensemble, les Français sont largement hostiles aux franchises médicales, et restent très attachés au système actuel de solidarité.

Extraits :

Sept français sur dix hostiles à l’instauration d’un système de franchises médicales.

Une très nette majorité de Français (70%) ne souhaite pas l’application d’un système de franchises pour répondre aux problèmes de financement de notre système de santé. Seuls 28% d’entre eux sont d’accord avec l’idée de déterminer un montant fixe de frais de santé pour lequel le patient ne serait pas remboursé ... / ...

84% d’entre eux souhaitent la conservation du régime de cotisation obligatoire qui couvre l’essentiel des frais de santé pour tous et qui autorise le recours à des assurances complémentaires. Seuls 15% d’entre eux se prononcent pour un système où chacun paierait pour sa propre assurance santé, avec un coût défini en fonction de l’état de santé et de l’âge de la personne et un niveau de remboursement variable selon la cotisation payée ... / ...

il faut noter que le renoncement aux soins en raison de difficultés à obtenir un rendez-vous dans un délai suffisamment rapide est moins fréquent chez un généraliste que pour un spécialiste, la proportion passant à 23% dans le cas des généralistes.

Cet écart entre généralistes et spécialistes se retrouve pour ce qui est des difficultés liées au coût de la consultation : celui-ci a poussé 5% des Français à renoncer à des soins chez un généraliste, 13% à renoncer à des soins chez un spécialiste ... / ...

Les dépassements d’honoraires ont, eux, une toute autre ampleur. En effet, plus d’un Français sur trois (35%) a dû, au cours des trois dernières années, versé un supplément non remboursé par la Sécurité sociale mais faisant l’objet d’une facturation. Si les bénéficiaires de la CMU y ont été moins confrontés que la moyenne (25%) – tout comme d’ailleurs les ménages aux revenus les plus modestes –, les cadres et professions intellectuelles supérieures l’ont été beaucoup plus (46%) ... / ...

Neuf Français sur dix (90%) déclarent bénéficier aujourd’hui d’une couverture complémentaire de type mutuelle ou assurance santé. Et parmi eux, 86% jugent satisfaisant le niveau de la prise en charge de leur couverture complémentaire. Plus d’un tiers (36%) jugent même « très satisfaisant » le remboursement de leur frais de santé par leur complémentaire santé.

Leur estimation du coût que cette couverture représente pour eux est, elle, plus précise : 45% des Français situent ce coût à moins de 50 €, 38% à 50 € ou plus. Mais des différences notables apparaissent sur ce point entre les bénéficiaires de la CMU – qui situent en majorité (55%) ce coût à moins de 50 € - et les pris en charge au titre d’une affection longue durée qui le situent en majorité (57%) au-dessus des 50 €. A noter que ces bénéficiaires d’une couverture complémentaire la possèdent plus à titre individuel (48%) que via leur employeur (26%) ou un parent ou conjoint (25%). Et parmi ces bénéficiaires d’une complémentaire à titre individuel, seuls 12% - le double chez les bénéficiaires de la CMU – en profitent dans le cadre du dispositif d’aide à l’acquisition d’une complémentaire santé ... / ...

Enquête IPSOS-CISS

Sources et copyrights
IPSOS
Crédit image
PANCHO

10 octobre 2007

A l'école des blogs

Samedi dernier, je me trouvais à la bibliothèque de Bondy où j'étais invité par l'équipe du Bondyblog. Le thème avait tout pour m'intéresser puisqu'il était question de permettre à de jeunes (ou moins jeunes ?) citoyens de s'exprimer en ligne.

Comment les animateurs du Bondyblog voit-ils cette "école"

"L’idée est simple. Chaque seconde, un blog se crée dans le monde, dit-on. Il y en aurait entre 6 et 9 millions en France, selon les estimations. Pourquoi une pratique aussi répandue n'aurait-elle pas son école ? Bien sûr, il y a blog et blog. Ceux qui ne font que mettre en ligne leurs goûts et leurs couleurs, et ceux qui publient des informations qui n'existeraient pas sans eux. Appelons ces derniers des journalistes-citoyens. Et faisons le pari que ceux-là ont de beaux jours devant eux, s'ils savent tirer de leur vécu, de leur voisinage, de leur expérience des infos originales et de qualité, qui continueront de vivre aux cotés des médias traditionnels" ... / ...

Cette école est gratuite, sur inscription. Les cours se déroulent le samedi matin à la bibliothèque Denis-Diderot de Bondy ... / ...

Il est légitime pour les créateurs du Bondyblog de transmettre l'expérience acquise aux côtés des journalistes suisses de l'Hebdo qui avaient été les seuls à venir vivre dans une cité de Bondy après les émeutes des banlieues afin de comprendre et de relater une vérité que la presse française ne préférait pas affronter. L'objectif est de permettre à tous ceux qui participeront à ces sessions de l'école du blog d'éviter de "galérer".

Cette école aura des parrains et des intervenants prestigieux qui viendront tous les mois témoigner ou faire part de leur expérience professionnelle : Marie-Françoise Colombani (Elle), l’équipe des guignols (Canal+), Mathias Hillion (Dimanche+), l’équipe de l’Hebdo de Lausanne, Edouard Zambeaux et Patrick Pépin (Radio France), Julien Laroche-Joubert (Yahoo actualités), Eric Hacquemand (Le Parisien), Paolo Woods (photojournaliste au Times), Alain Rebetez (TSR)

Pour la première, deux journalistes Suisse (Serge Michelet et Alain Rebetez) étaient présents ainsi que M.F. COLOMBANI écrivain et éditorialiste (ex rédactrice en chef) au magazine ELLLE

Si l'ambiance était aussi décontractée que studieuse, j'ai été particulièrement troublé par les déclarations de M.F. COLOMBANI sur le journalisme citoyen qui, selon elle n'exiterait tout simplement pas. En effet, nous aurions ou pas, le talent de passer de la libre écriture au salles de rédaction. Chacun de nous ne serait en fin de compte qu'un journaliste professionnel qui s'ignore.

Selon M.F. COLOMBANI, il suffirait de prendre contact avec les rédactions pour être publié à condition d'apporter la fraicheur indispensable à des rédactions qui en manquent cruellement. D'ailleurs selon elle, les vrai journalistes (ceux qui ont une carte de presse) seraient tellement formatés qu'ils seraient incapable de fantaisie et d'imagination.

Alors, le blog passerelle vers la presse écrite ? fantasme refoulé ?

Non, je ne le crois pas. Tout d'abord, parce que comme l'a fait remarquer une des participante, il existe des barrages psychologiques lorsque l'on vient des banlieues. j'ajouterai qu'il existe également des barrages liés ... aux cursus.

Quant à nier la notion de journalisme citoyen, c'est faire fi des millions de gens qui expriment des bonheurs, douleurs, passions ou révoltes. Non Mme COLOMBANI tout le monde ne rêve pas de devenir pigiste chez ELLE. Il est cependant un fait que vous ne pouvez pas nier : Ce sont les blogs qui ont bousculé la presse institutionnelle. Si aujourd'hui tous les journaux ou magazines ont un site Web ou un blog c'est pour ne pas disparaître complètement du paysage de l'information.

Les nombreux forums et blogs créés par la presse ne peuvent cacher que pendant des années la parole des citoyens n'a jamais été reproduite par les quotidiens et magazines. La liberté d'écriture n'est pas la même lorsqu'on dépend d'un (ou plusieurs) annonceur(s) publicitaire(s) sur lequel il serait de mauvais goût de médire ou ... d'enquêter.

Il existe bien un nouvel espace d'expression qui s'appelle la blogosphère mais n'en déplaise à M.F. COLOMBANI la très grande majorité ne rêve d'aucune passerelle.

Ce petit "coup de gueule" ne m'empêche pas de souhaiter à l'équipe de Nordine une formidable réussite pour leur Ecole du Blog

L'école des blogs
Bondyblog

09 octobre 2007

Hasta Siempre, Comandante

Aprendimos a quererte,
Desde la histórica altura,
Donde el sol de tu bravura
Le puso cerco a la muerte.
Aquí se queda la clara,
La entrañable transparencia
De tu querida presencia,
Comandante Che Guevara.

Tu mano gloriosa y fuerte
sobre la historia dispara,
cuando todo Santa Clara
Se despierta para verte.

Aquí se queda la clara,
La entrañable transparencia
De tu querida presencia,
Comandante Che Guevara.

Paroles de Carlos Puebla - Le texte intégral

"Soyez réalistes : demandez l'impossible"
Ernesto "Che" GUEVARA
1928 - 1967

08 octobre 2007

Séparabilité en vue au MEDEF ? Acte 2

Laurence Parisot affirme que le Medef est en "état de choc" après la découverte de nouveaux retraits en liquide sur les comptes de l'UIMM et prend certaines distances avec son président, Denis Gautier-Sauvagnac

Tout en confirmant la place de Denis Gautier-Sauvagnac comme négociateur principal avec les syndicats, Laurence Parisot indique lundi dans Les Echos qu'elle prendra "quotidiennement la mesure de la situation."

Laurence Parisot, qui avait qualifié la semaine dernière ces retraits "d'inacceptables", réaffirme que le Medef est "totalement étranger à cette affaire", car l'UIMM "n'est pas une filiale de l'organisation que je préside." ... / ...

"Il est absolument aberrant que certaines organisations syndicales et professionnelles n'aient pas de comptes certifiés", déclare-t-elle. "La voie est évidente: il faut aller à la fois vers une gouvernance plus démocratique (...) et vers plus de transparence financière".

Nous sommes tout à fait d'accord !!!! Mais qu'est ce qui empêche de le faire immédiatement au MEDEF ?

Concernant la position de M. Gautier-Sauvagnac comme chef de file officiel dans la négociation sur le marché du travail, Mme Parisot affirme prendre "la mesure de la situation (...) quotidiennement", et sur la base de trois critères: "un, compétence, deux, aptitude physique, psychique et morale, trois, présomption d'innocence"..

Or, on peut lire en date du 5/10/07 sur le site officiel du MEDEF la déclaration suivante de Denis Gautier-Sauvagnac, chef de file de la délégation patronale.

"Le débat a fait apparaître que le point de départ de la discussion pouvait être différent entre organisations syndicales et patronales. Certains considèrent que la rigidité du code du travail est mise en avant par la partie patronale alors qu’elle ne constitue pas un obstacle à l’emploi. Pragmatiques, nous constatons pour notre part que cette rigidité est un frein à l'emploi. Nous sommes cependant tous tombés d'accord pour dire que si le contrat de travail ne peut règler à lui seul le problème du chômage, en revanche plus de souplesse dans le marché du travail est un élément de développement de l'emploi et de lutte contre le chômage. Ces points de départs un peu différents ne devraient pas nous empêcher de trouver des points d’accord, dans la mesure où tout le monde a manifesté sa volonté d'aboutir" Lire l'intégralité de la déclaration

Dans l'intérêt de millions de salariés, n'est-il pas temps Madame PARISOT de clarifier la situation ?

Sources
AFP
Reuters

05 octobre 2007

Séparabilité en vue au MEDEF ?

En ces temps de dures négociations entre syndicats de salariés et d'employeurs, la presse généraliste et économique fait ces derniers jours ses gros titres sur une perquisition au siège de l'Union des industries des métiers de la métallurgie (UIMM), un des plus importants adhérents du Medef.

La brigade financière agissant dans le cadre d'une enquête préliminaire pour "abus de confiance" ouverte la semaine dernière par le parquet de Paris sur des retraits en espèces de 5,64 millions d'euros effectués entre 2000 et 2007 sur le compte de l'UIMM.

La police a également perquisitionné au domicile parisien de Denis Gautier-Sauvagnac, président de l'UIMM et haut responsable du Medef, qui était l'ordonnateur des retraits en espèces.

Laurence PARISOT a commenté cette affaire en ces termes :

"S'il ne l'était pas (innocent), je suis garante de la bonne continuité des négociations mais lui-même me dirait qu'il n'est plus en état de respecter ces trois critères"

La présidente du Medef a déclaré n'avoir eu "absolument pas" connaissance des pratiques de retrait d'argent liquide et l'avoir découvert "dans la presse" la semaine dernière. Interrogée sur les destinataires de ces sommes, elle a répondu : "Je n'en ai pas la moindre idée".

Indiquant avoir rencontré "plus d'une fois" M. Gautier-Sauvagnac depuis la révélation de l'affaire, Mme Parisot a souligné ne pas en avoir parlé avec lui. "Il le dit, il réserve ses réponses aux autorités compétentes" ... /...

"Même si le Medef est totalement étranger à cette affaire, j'estime que c'est une affaire grave", a poursuivi la responsable patronale, jugeant "totalement incompréhensible" des "retraits de telles sommes d'argent"

"Nombre d'organisations syndicales et professionnelles bénéficient d'un statut juridique totalement légal qui leur évite d'avoir une transparence financière, une comptabilité, qui leur évite d'avoir à rendre des compte", a observé Laurence Parisot. "C'est aberrant dans le monde d'aujourd'hui", a-t-elle jugé.

Et bien, qu'attendez-vous pour faire cette réforme pour votre propre mouvement madame ?

En attendant, nous attendons de voir si vos si poétiques propos concernant les salariés :

"Trente-deux ans après l’invention en France du divorce par consentement mutuel, quelle audace, je propose que nous commencions à définir dans le monde du travail une séparabilité à l’amiable et aux conditions honorables pour les deux parties."

"On nous fait d’ailleurs bien des reproches à ce sujet. Je répondrai seulement que les mêmes reproches ont été adressés en leur temps au divorce à l’amiable. Ceux qui aujourd’hui nous accusent de penser que les salariés sont jetables, ce qui n’est jamais notre façon de voir, c’est une autre démagogie que de l’insinuer, ceux- là me rappellent les traditionalistes d’autrefois qui s’opposaient au divorce à l’amiable sous prétexte qu’il allait favoriser les caprices !"

S'appliqueront au MEDEF lui même en cas de "S'il ne l'était pas (innocent), ... / ...

Crédit, sources et copyright

Nouvel Obs
Challenge

Quand l'UMP "cause la France"

La majorité présidentielle et surtout l'UMP souhaitent une obligation de formation linguistique et veulent imposer l’apprentissage du français au fin fond des villages du monde.

Pourquoi pas ? Mais alors, il serait nécessaire de faire passer un test aux responsables de la communication Web de l'UMP (voir image ci-dessous)

Le petit Larousse penche pour un "e" à "précédent" mais c'est peut être la novlangue de la droite décomplexée ?

Source
UMP - Lettre d'information du jeudi 4 octobre 2007

03 octobre 2007

Pouvoir oh! mon beau pouvoir ?

"Je ne suis jamais l'ennemi d'une participation à une oeuvre d'intérêt général. S'il y a un sujet qui touche à mes compétences, sur le droit, l'international, la culture, l'éducation, je peux rendre service" Le Parisien, 01 octobre 2007

Attention Jack et autres responsables du PS qui seraient charmés par le chant élyséen des sirènes : Les contes pour enfants sont réservés aux enfants.

La marche pourrait être très haute et le retour impossible. Mais c'est vous qui voyez !!!

02 octobre 2007

Comment Nicolas Sarkozy choisit-il les "meilleurs" à gauche ?

Tout le monde se posait la question de savoir sur quels critères se basait notre président pour recruter des responsables socialistes.

Toujours à la pointe de l'investigation, Slovar apporte un témoignage photographique qui montre bien que le critère d'hyper activité a été retenu pour ces débauchages.

Etonnant non ?

01 octobre 2007

Reconstruire la Gauche

Plus de 800 personnes se sont retrouvées samedi 29 septembre à Sciences-Po pour participer aux deux tables rondes et écouter le discours de clôture de Laurent Fabius. L'affluence a été telle qu'il a fallut ouvrir une seconde salle avec retransmission en direct par vidéoconférence.

Vous pouvez retrouver en vidéo ci-dessous le discours de Laurent Fabius.


Voir toutes les vidéos de la journée du 29 septembre

28 septembre 2007

« Au CRIBLE ! » : La politique expliquée aux jeunes ?

On fait parfois des découvertes sur le Web. C’est par contre moins le cas en ce qui concerne le monde de l’édition de livres. Il y a quelques jours, au détour d’un site, je découvre un encart dont le titre avait tout pour m’attirer : « La politique ne se limite pas au bulletin de vote ! » le tout présentant la jaquette d’un livre où on voyait notre président de la république barré par le titre suivant : « Qu’y a-t-il derrière « Valeur travail » et « identité nationale ».

L’encart proposait des tracts (ou un PDF) afin de participer à la diffusion du livre. L’adresse du site Web de l’éditeur y étant indiqué, j’ai pris contact avec l’éditeur et lui est proposé une « interview citoyenne » sur le lancement de ce livre. Et que pensez-vous qu’il arriva ? : Il a accepté et surprise complémentaire, l’auteur du livre s’est joint à l’interview.

Interview de Sandrine MINI directrice de la maison d’édition SYROS, et de Philippe GODARD, auteur du premier volume de la collection « Au crible ! ».

Bonjour,

Quelques sites Web parlent d’un livre qui doit sortir début Octobre 2007 dont le titre est « Valeur travail » et « identité nationale ». Je cite un extrait du texte de promotion qui lui est associé : « Selon Nicolas SARKOZY, « La France est devenue le pays qui travaille le moins en Europe » Pourtant les statistiques de l’OCDE montrent que les Français sont parmi ceux qui travaillent le plus en Europe et que leur productivité est l’une des meilleures du monde » … / … En refusant la polémique facile, les titres de la collection « au crible ! » sont des outils politiques à part entière » Cet ouvrage est publié aux éditions SYROS et doit sortir en librairie le 4 Octobre.

Q : Pouvez vous nous présenter les éditions SYROS ?

Sandrine Mini : Syros a été fondé en 1972 par trois membres du Parti Socialiste Unifié, le PSU. Dès le départ, cette maison d’édition a donc occupé une place à part dans l’édition française. En 1980, la CFDT est entrée dans le capital, puis la Ligue de l’enseignement et diverses mutuelles. Les éditions Syros ont longtemps été liées aux éditions Alternatives puis aux éditions La Découverte. En 2005, le fond adulte est repris sous la marque La Découverte. Syros Jeunesse, secteur qui est né en 1984, devient Syros, un éditeur qui se consacre essentiellement aux livres pour enfants.

Editeur pionnier, Syros a installé sa notoriété grâce à une politique éditoriale militante et audacieuse. Avec « Souris noire », puis « Rat noir », Syros fut le premier éditeur à proposer aux enfants et aux adolescents des polars écrits par les plus grands noms du roman policier adulte. Toujours leader dans ce genre, Syros a su ouvrir son catalogue à la littérature, aux albums, aux contes et aux documentaires. Le secteur documentaire Syros touche plus particulièrement les grands adolescents. Conçues à partir de discours et de témoignages, « J’accuse ! » (collection créée en 1992), « Femmes ! » et « Les documents Syros » proposent des ouvrages intergénérationnels, qui permettent aux adultes et aux adolescents d’échanger entre eux sur les grands enjeux du monde. La nouvelle collection « Au crible ! » s’inscrit dans cette continuité.

Q : Votre site Web présente une collection orientée jeunesse sans référence précise à la collection « Au CRIBLE ! » pourquoi ?

Sandrine Mini : La collection n’est pas encore mentionnée sur le site web, en effet, mais nous sommes en train d’y remédier. Nous sommes une petite équipe et manquons souvent de temps ! Elle sera présentée avec les trois autres collections documentaires que vous pouvez d’ores et déjà découvrir en suivant le lien Collection (livres en feuilletage, présentations, interview…)

Q : Quel sont les origines et les objectifs de cette collection ?

Philippe Godard : Je suis parti d’une constatation : il n’est pas facile de décrypter le discours politique de Nicolas Sarkozy parce qu’il dit souvent tout et son contraire. Ou alors il annonce quelque chose, comme un New Deal écologique planétaire, et il fait le contraire en France même, par exemple en renonçant purement et simplement au plan rail-route.

Il est donc nécessaire d’analyser ce discours qui part dans toutes les directions, et de mettre l’accent sur les contradictions énormes que Sarkozy nous présente avec aplomb, comme s’il ne s’agissait que de banales évidences. Par exemple, les Français seraient selon lui ceux qui travaillent le moins en Europe. Mais non ! Nous ne sommes pas ceux qui travaillent le plus, mais nous travaillons à coup sûr davantage que les Norvégiens, les Italiens, les Néerlandais ou les Allemands ! C’est l’OCDE qui l’affirme. J’ai donc proposé une idée de collection à Sandrine Mini…

Q : Cette collection se veut-elle un outil de vulgarisation ? Dans quels domaines ?

Sandrine Mini : Plutôt que de vulgarisation, avec l’idée de faire œuvre encyclopédique, là, il s’agit d’un outil critique, avec, il est vrai, l’idée d’expliquer de façon simple des choses complexes. Mais l’auteur ne se limite pas à expliquer, ni même à décrypter. Il donne aussi des outils qui permettent de réfléchir, de débattre, de se forger une opinion, de critiquer. Pour le moment, les deux premiers domaines traités sont la « valeur travail » et l’ « identité nationale », puis, dans le deuxième volume, la sécurité et la politique des « quartiers ».

Q : Dans le contexte actuel ou l’on parle de faire disparaître les acquis de 68, n’avez-vous pas peur qu’on vous reproche d’initier les adolescents à la chose politique ?

Philippe Godard : Tant mieux ! Pour nous, ce n’est pas un reproche, c’est exactement ce que nous souhaitons faire !

Q : SYROS diffuse des ouvrages qui ont été sélectionnés par l’éducation nationale. Ne craignez-vous pas des réactions ministérielles après la sortie de ce livre ?

Sandrine Mini : De nombreux livres Syros sont en effet reconnus et plébiscités par les enseignants, pour leurs qualités et leurs sens profonds (ouverture d’esprit, autre regard sur le monde…). Ce sont les qualités littéraires de nos textes qui expliquent que l’Education nationale en ait inscrit un certain nombre à la liste de référence des ouvrages de littérature jeunesse pour l’école primaire (cycle 3)

Je crois qu’il ne faut pas oublier qu’une maison d’édition est une entreprise d’abord intellectuelle et culturelle. Et que l’Éducation nationale n’est pas un ministère de censure politique. Nous ne pensons pas qu’il y aura un retour de bâton. Si cela se produisait, ce serait un recul flagrant de la démocratie dans ce pays, mais franchement, nous n’y croyons pas.

Q : Le ministère de l’Éducation nationale est-il au courant de la parution de ce nouvel ouvrage ?

Sandrine Mini : Non, il n’y a pas de relation directe entre le ministère et la totalité des parutions. La dernière fois que nous avons été sollicités, ce fut pour la constitution d’une liste de référence d’œuvres littéraires et graphiques pour les petits (cycle 2), qui devrait bientôt être diffusée. Et encore une fois, le premier titre d’ « Au crible ! » n’est pas une parution strictement jeunesse, mais un livre critique pour les 15 ans et plus, vendu en rayon adulte.

Q : Le tract indique clairement « La politique ne limite pas au bulletin de vote » et plus loin : « Décortiquer le programme politique de Nicolas SARKOZY. Comprendre et critiquer l’action du gouvernement, Débattre avec ses proches » Vous donnez l’impression de vouloir faire du prosélytisme anti-gouvernemental. Est ce le cas ?

Philippe Godard : « Prosélytisme », sûrement pas. Cela supposerait que nous représentons un parti dans lequel regrouper nos prosélytes. Or, ce n’est absolument pas le cas. Nous prétendons apporter un outil critique présentant des arguments sérieux, de caractère non polémique, et permettant donc de nourrir une réflexion critique au meilleur sens du terme. Nous espérons que « Au crible ! » aidera ses lecteurs à élaborer un discours politique critique, sérieux, qu’ils seront toujours mieux à même d’’argumenter pour qu’ils ne se laissent pas abuser par certaines propagandes.

Q : Philippe GODARD, vous êtes un familier des éditions SYROS. Quels sont vos ouvrages déjà publiés par la maison d’édition?

Philippe Godard : Je dirige la collection « J’accuse ! », dans laquelle j’ai publié un livre sur les castes en Inde avec un dalit indien (Une enfance intouchable), un volume sur les prisonniers en France (Derrière les barreaux), un autre sur la violence des gangs en Amérique centrale (Marabuntas), et enfin je viens tout juste de publier, avec une ethnologue péruvienne, Bidonplanète, sur la question des bidonvilles.

Dans la série des « Documents Syros », je suis l’auteur de trois livres éminemment politiques sur Malcolm X, Che Guevara et Gandhi. Pour ces trois derniers livres, j’ai notamment traduit l’intégralité de discours inédits de ces personnages majeurs du siècle passé.

Q : Pour le lancement de ce livre, vous semblez avoir joué la carte du « buzz » en proposant aux internautes des tracts en format numérique. Est ce une première et pourquoi ce choix ?

Philippe Godard : Le but de « Au crible ! » est de toucher le plus large public possible. C’est pour cela que son prix n’est que de 4,90 euros : nous voulons le mettre à la portée de toutes les bourses. Il nous a semblé logique de faire fonctionner tous les réseaux de diffusion, afin que les lecteurs aient envie de lire ce livre, même si, d’habitude, ils ne sont pas des habitués des librairies.

Q : Est ce une expérience ou pensez-vous généraliser ce type de promotion pour la collection « Au CRIBLE ! » ?

Sandrine Mini : C’est vrai que c’est une première fois. Le tract, disponible en PDF et téléchargeable, permet à tous de participer à la diffusion de l’information sur ce livre. Le bouche à oreilles sur le web nous semble un excellent outil pour ce type d’ouvrage, dont la vocation est de toucher un public le plus large possible !

Nous espérons également mieux utiliser ce média pour faire découvrir nos autres collections documentaires qui trouvent difficilement leur place en librairie (il n’y a pas de rayon grands adolescents en non-fiction !).

Q : Envisagez-vous de « prolonger » la collection par un forum ou un blog qui donneraient la parole à vos lecteurs ?

Philippe Godard : Nous en avons en effet déjà parlé. Mais pour le moment, nous ne pouvons pas répondre à la question, car il faut d’abord voir comment marche la diffusion du livre avant d’envisager les suites possibles. En tout cas, il y aura d’autres volumes dans la collection, c’est certain.

Q : Le livre peut-il (ou pourra t-il) être commandé sur votre site ?

Sandrine Mini : Non, nous ne faisons pas de vente directe en ligne. Le plus simple est d’aller chez votre libraire. Le livre sort le 4 octobre, et on le trouvera dans toutes les librairies. En cas de problème, les lecteurs peuvent nous contacter à l'adresse suivante : contact@syros.fr


Merci à tous les deux d’avoir répondu à mes questions


Jean Claude BENARD

Sources et crédit photo
Editions SYROS