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19 juillet 2012

Corruption : Les entreprises multinationales loin d'être vraiment transparentes

La dernière étude de Transparency International montre que les multinationales ont encore pas mal de chemin à faire en ce qui concerne la corruption. Avec une mention spéciale pour les banques et assurances !




Bien que peu connu du grand public Transparency International fait un formidable travail sur : « la transparence et à l’intégrité de la vie publique et économique » Ils ont décidé de traquer l'un des pires fléaux que connaisse nos sociétés modernes : La corruption.

Ils s'en expliquent sur leur site

« TI France a pour objectif principal de contribuer à améliorer significativement, dans notre pays, la gouvernance publique et privée en termes de transparence, d’intégrité et de responsabilité. Ceci passe notamment par une action résolue de prévention et de lutte contre les différentes formes de corruption, le blanchiment de l’argent sale et les divers types de fraudes. TI France entend contribuer au développement de comportements éthiques, citoyens et responsables et, ce faisant, aux conditions de la confiance entre les différents acteurs de la société »

Compte tenu des effets de la crise économique et des efforts demandés aux populations le tout couplé à des licenciements massifs, la lecture du rapport de Transparency International,  publiée le 10 juin, sur le site web français, est particulièrement intéressante. Même si le rapport intégral est rédigé en anglais, la lecture des nombreux graphiques devrait largement vous édifier.

Que dit le résumé publié sous forme de communiqué de presse par Transparency International France ? Extraits

« (...) Le rapport, intitulé Transparency in Corporate Reporting: Assessing the World's Largest Companies [Transparence du reporting : évaluation des plus grandes sociétés dans le monde], évalue les 105 entreprises les plus importantes cotées en bourse sur la base de leur engagement public en faveur de la transparence (...) Les notes obtenues par les entreprises vont de 0 à 10, 0 indiquant le plus faible degré de transparence et 10 le plus élevé. Ces notes se basent sur la disponibilité publique d’informations concernant les systèmes anti-corruption mis en place, l’organisation des entreprises évaluées et  la quantité d’informations financières qu’elles fournissent pour chacun des pays dans lesquels elles opèrent (...) L’étude révèle (...) que, dans l’ensemble, les banques et les compagnies d’assurance ne publient pas suffisamment d’informations sur leurs mesures de transparence, alors même que l’opacité des structures de certaines sociétés a joué un rôle prépondérant dans les récentes crises financières et que des efforts considérables ont été entrepris pour pallier le manque de transparence dans ce secteur. Les vingt-quatre compagnies financières évaluées dans le rapport obtiennent une note moyenne de 4,2 (...)

Et le communiqué d'ajouter : « (...) À cause du manque de transparence, il est plus difficile d’identifier les pays dans lesquels les compagnies font des profits, paient des impôts ou contribuent à des campagnes politiques. L’étude montre, par exemple, que les trois quarts des entreprises évaluées n’indiquent pas où sont enregistrées leurs filiales et la moitié environ ne publie pas d’informations relatives à leurs contributions politiques (...) »

Et de conclure : « (...) Les gouvernements et les organismes de régulation doivent faire de la transparence une obligation pour toutes les entreprises qui sollicitent des subventions à l’exportation ou qui concourent à des marchés publics. Les investisseurs doivent réclamer plus de transparence dans la publication d’informations par les entreprises afin de garantir une croissance des activités éthique et durable ainsi qu’une saine gestion des risques (...) »

On ne pourra qu'être d'accord avec la conclusion de Transparency International, au moment même où les multinationales réclament toujours plus de compétitivité de la part des salariés et surtout toujours plus d'aides à leurs gouvernement pour gagner des marchés à l'export !

A méditer ...


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02 juillet 2012

Rigueur budgétaire : Allons chercher l'argent dans les paradis fiscaux d'Europe !

Alors qu'elle est en pleine crise financière, l'Europe subirait une évasion fiscale annuelle de 1.000 milliards d’euros, sans compter son économie noire. Qu'attendent les chefs d'état et de gouvernement à la recherche de recettes ?



Dans toute l'Europe, on ne fait que parler de coupes budgétaires et de mesures d'économies drastiques. La dernière mode étant à la liquidation du moindre acquis social et du droit du travail. Hé oui, nous répète t-on les caisses des états sont vides ! 

Or, à la lecture d'un petit article de L'Express.be daté du 29 juin, on s'aperçoit que de l'argent, il y en a beaucoup. La seule condition pour le trouver étant de s'intéresser aux paradis fiscaux européens et à leurs clients qui eux se portent à merveille !  

Que nous apprenent-ils ?

« La Commission Européenne vient d’épingler plusieurs pays européens dans un rapport dans lequel elle les accuse d’avoir permis une évasion fiscale de l’ordre du millier de milliards d’euros, le double des 5 plans de sauvetage additionnés (492,5 milliards d’euros), et même, dans certains cas, de s’opposer à la mise en place de législations pour lutter contre les paradis fiscaux.

Le rapport met ainsi en cause la Bulgarie, Chypre, ainsi que la Grèce, pour l’importance de leurs économies souterraines, respectivement 30%, 26% et 24% de leur PIB. Chypre a été très critiquée pour ne pas avoir implémenté de façon adéquate la législation européenne existante. Au total, la valeur de l’économie noire est estimée à 2.000 milliards d’euros en Europe (...)  »

Rappelons à ceux qui l'ignoreraient que Chypre s'apprête à prendre la présidence semestrielle de l'UE et à fait appel à l'Union européenne pour son secteur bancaire en difficultés. Et même si le directeur du Réseau pour la justice fiscale concède que : « En termes d'échelle, c'est un acteur insignifiant dans le secteur des services financiers offshore (...) à côté des monuments européens : « (...) c'est une niche pour les flux illicites entre les ex-pays de l'Union soviétique » Les monuments européens étant : Londres, Luxembourg ou Zurich

Quelques chiffres qui en disent long !

Ainsi, Algirdas Šemeta, le commissaire européen à la Fiscalité et à l’Union Douanière, indique que : « (...) 35% des dépôts non bancaires des pays de l’UE sont détenus par des sociétés-écran à l’étranger, dont 20%, soit 1.400 milliards d’euros seraient placés en Suisse et aux Iles Caïman, un territoire britannique ». Algirdas Šemeta n'oublie pas dans sa liste l'île de Jersey qui s'impose de plus en plus en plus : « (...) comme paradis fiscal et centre de placement non bancaire (...) »

Il semble que les britanniques eux même commencent à être excédés par la facilité avec laquelle cerains contribuables pratiquent l'évasion fiscale. En effet, cette évasion représente 5,6 milliards d'euros par an !

Jersey est dans le collimateur des autorités britanniques, qui ont de plus en plus de mal à justifier une rigueur accrue à la population, alors que des particuliers et des entreprises profitent du statut de paradis fiscal pour échapper au fisc. 

Pour la petite histoire, sachez que le ministre-adjoint au premier ministre de l'île de Jersey a menacé  la couronne britannique ... de devenir indépendante du Royaume-Uni. Mais pas l'Union européenne à laquelle elle est est associée ! 

Alors, on fait quoi ? 

Face à cette situation, la Commission européenne devrait  : « (...) s'atteler à donner forme aux idées exposées (...) Avant la fin de l'année, elle présentera un plan d’action pour lutter contre la fraude et l’évasion fiscales, contenant des mesures spécifiques qui pourraient être mises en place rapidement. Parallèlement, la Commission présentera également son initiative sur les paradis fiscaux et la planification fiscale agressive (...) »

Autrement dit, vu le temps nécessaire à à la Commission pour présenter son plan d'action et, celui que l'ensemble des pays adhérents à l'union européenne mettra pour se mettre d'accord, il est assez vraissemblable que l'évasion fiscale a encore de longs et beaux jours devant elle.

Pendant ce temps là, les gouvernements continueront d'appliquer à leurs populations toujours plus de coupes budgétaires et de mesures d'économies dratiques ! 


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27 octobre 2011

Les DRH prédisent l'explosion sociale en France pour 2012 !

Entreprise & Personnel , le think tank des DRH de grandes entreprises envisage une explosion sociale, due à la rigueur en 2012. Il appelle les patrons à faire preuve de pédagogie et à se montrer exemplaires en termes de responsabilité sociale. Pas gagné !

Inconnu du grand public mais adulé par les experts et journalistes économiques, la note de conjoncture d' Entreprise & Personnel, est attendue, tous les ans comme le messie. Il faut dire que ce think tank regroupe aujourd'hui plus de 110 des grandes entreprises, organisations privées et publiques.

Originalité de leur dernière note de conjoncture : Une vision apocalyptique de la situation sociale. En clair, une explosion sociale liée à la rigueur qui devrait s'accroître en 2012 et à l'incompréhension grandissante entre les salariés et leurs employeurs.

Sandra Enlart directrice général d'Entreprise & Personnel s'en expliquait sur BFM Business le 21 octobre dernier.

Outre indiquer aux entreprises qu'il est nécessaire de faire attention au climat social interne, elle prône la pédagogie du : « Vivre ensemble » et les appelle à assumer leurs responsabilités et obligations et se montrer exemplaires termes de responsabilité sociale. Elle tire également la sonnette d'alarme sur le dialogue social en panne, craignant que les partenaires sociaux ne se fassent déborder par leur base !

Quelques extraits du rapport sur l'avenir des salariés en 2012 ?

De nouvelles délocalisations à venir !

« (...) L’atonie des marchés européens et américains risque en outre d’entraîner des délocalisations vers l’Asie et l’Amérique du Sud (...) ce contexte doit inciter les entreprises à redoubler d’efforts d’« explication » des stratégies auprès de salariés déboussolés (...) » - Le Collectif

Les salaires en berne !

« (...) Pour les grandes entreprises, ce rendez-vous risque d'être difficile (...) Elles vont annoncer de bons résultats, la distribution de bonus mais leurs politiques salariales vont tenir compte des réalités économiques et de l'inflation. Les négociations risquent d'être tendues (...) Et la prime dividende n'est pas venue simplifier les discussions. Elle a généré plus de déceptions que d'attente (...) elle aura un impact sur la renégociation des accords d'intéressement et sur les politiques de rémunération en 2012 »- Actuel-RH

« Des entreprises qui (...) vont devoir expliquer à leurs troupes pourquoi, alors qu’elles vont enregistrer en 2011 des résultats records, elles vont revoir à la baisse les augmentations de salaires qu’elles prévoyaient encore au printemps dernier : leur hausse devrait ainsi être comprise entre 2 % et 2,5 % contre les 3 % précédemment annoncés »- Pour se former

Le chômage en augmentation !

« Le chômage de longue durée tout comme le chômage des jeunes devraient repartir à la hausse (...) Les entreprises devraient continuer à maîtriser les coûts et à couper dans les effectifs afin de maintenir leur compétitivité (...) »

Le modèle social remis en cause ?

« (...) Personne ne peut dire aujourd'hui si, même en augmentant les prélèvements fiscaux, on pourra préserver notre modèle social ou s'il faudra le remettre en cause (...) les questions de son coût et de son financement, notamment via la TVA sociale, on ne les évitera pas (...) » - Blog Marc Landré

TVA sociale que, justement, le MEDEF vient de revendiquer en réclamant un transfert de 30 à 80 milliards vers les consommateurs qui, du coup ... diminueront leurs achats auprès des entreprises qui, elles mêmes diminueront le nombre de leurs salariés ....

Devant ce cocktail de « bonnes nouvelles», Entreprise & Personnel ajoute : « Reste à se demander jusqu'où le corps social acceptera ces restrictions » bonne question à laquelle devront répondre les candidats à la candidature suprême et surtout le vainqueur de l'élection présidentielle !

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Fañch Ar Ruz

26 octobre 2011

Monsieur le Président : Et si vous nous reparliez des paradis fiscaux ... disparus ?

En 2009, Selon Nicolas Sarkozy, les paradis fiscaux, c'était terminé. Or, en 2011, la moitié des échanges commerciaux transitent toujours par les paradis fiscaux. En sera t-il question au G20 de Cannes ? Rien de moins certain.


Si l'on en croit la très informée Mathilde Dupré, du CCFD-Terre Solidaire, et auteure du rapport « Paradis fiscaux : le G20 de la dernière chance » : « (...) La moitié des échanges commerciaux transitent par les paradis fiscaux. « Ils abritent 21% des filiales des 50 premières grandes entreprises européennes et le problème n’est pas tant celui des « petites îles » mais davantage celui des grandes places financières occidentales, qui abritent la plus importante partie de la finance off shore (...) »

Donc, contrairement à ce qu'affirmait notre Président en 2009 : « Il n'y a plus de paradis fiscaux. Les paradis fiscaux, le secret bancaire, c'est fini » ce n'est justement pas fini !



Pour s'en convaincre, il suffit de prendre connaissance du tableau disponible pages 7, 8 et 9 du rapport de CCFD-Terre Solidaire.

Si on peut constater que pour l'OCDE il ne reste que 5 territoires non-coopératifs, du côté des organismes gouvernementaux et des ONG, les résultats sont bien différents.

Pour le Groupe d'action financière (GAFI) il existe 41 pays qui restent propices au blanchiment d’argent
Bercy, de son côté, a identifié 18 territoires qui ne coopèrent pas avec le fisc français
Et selon le réseau Tax Justice Network, le réseau d'ONG et de chercheurs, il existe au moins 54 territoires qui cultivent un fort degré d’opacité.

CCFDTerre Solidaire dans son rapport pose LA question : Le G20 peut-il publier une liste exhaustive des paradis fiscaux ?

La réponse est claire et nette : NON. Et pourquoi ?

« Pour la simple et bonne raison que les États membres représentent à eux seuls 39 % de l’opacité internationale, et 88 % si on y ajoute les autres pays de l’Union européenne et les territoires sous son influence (...) » Et l'ONG d'indiquer : « (...) parmi les premiers pourvoyeurs d’opacité, dans lesquels afflue l’argent sale (produit de l’évasion fiscale, de la corruption ou d’activités criminelles), on trouve le Luxembourg, les États-Unis, la Suisse, les îles Caïmans et Hong Kong (...) » Mais aussi (Voir tableau page 12 du rapport des « territoires les plus nocifs ») : Le Japon, l'Allemagne, le Royaume Uni et la Belgique !

Mais alors, à quoi ont servi les fameux « traités d’échange d’informations avec au moins 12 autres territoires » à qui ils promettent de communiquer des renseignements en matière fiscale, à la demande ?

Rappelons tout d'abord que ceux-ci excluaient : « (...) les territoires un peu trop connectés politiquement à certains États du G20 comme les îles vierges britanniques ou Hong-Kong ou Macao (...) » Ce qui a eu le don de mettre en rage la Suisse qui affirme que la plupart des fonds hébergés chez elle s'y seraient réfugiés en toute impunité depuis 2 ans !

En ce qui concerne les autres pays, CCFDTerre Solidaire nous explique qu'il : « (...) a suffi pour de nombreux paradis fiscaux de signer des traités entre eux ou avec des partenaires non significatifs pour atteindre le chiffre de 12 (...) Il est probable, par exemple, que l’Italie aurait su faire meilleur usage d’une convention d’échange de renseignements fiscaux avec Monaco que les Bahamas ou le Groenland mais la Principauté a préféré ces deux derniers (...) »

Alors, lorsque l'OCDE se satisfait des 14 milliards de dollars, que la lutte contre les paradis fiscaux a rapporté depuis deux ans, on pourrait être tenté de sourire lorsqu'on sait que le montant est, non significatif, par rapport à l'ampleur de la fraude et l'évasion fiscale !

Car comme le rappelle CCFD-Terre Solidaire (en pages 57 et 58 de son rapport ) : Les entreprises multinationales n'ont pas d'obligation de publier leurs comptes pays par pays. Les sociétés écran se portent bien. Et, la délinquance économique et financière, notamment en matière fiscale, perdrait énormément de son intérêt si elle cessait de faire l’objet d’une large impunité !

Alors, que va faire notre Président « tueur de paradis fiscaux » ?

Et bien pas grand chose semble t-il, puisque : « (...) force est de constater que les rangs de la lutte contre les paradis fiscaux au sein du G20 se sont éclaircis. Et les alliés de 2009, notamment l’Allemagne et les États-Unis semblent aujourd’hui concentrer leur attention sur d’autres sujets ou préférer des mesures unilatérales ou bilatérales (...) le Royaume-Uni qui doit une part de sa prospérité à l’envergure de la place financière londonienne, avance à reculons sur la question (...) »

Et surtout ajoute CCFD-Terre Solidaire : « Malgré les annonces de Nicolas Sarkozy en décembre 2010, la France n’a pas retenu le sujet au rang de ses priorités (...) »

C'est d'autant plus dommage que les mesures que vont évoquer les pays participants au G20 vont en partie se résumer à faire payer leurs dettes aux populations en diminuant les montants affectés à la santé, l'éducation, le traitement de la précarité, tout en augmentant sans cesse ... l'âge de départ à la retraite !

Après tout, pourquoi perdre du temps à traquer des sommes colossales qui échappe aux fiscs des pays du G20, dans la mesure où depuis 2009 : « Il n'y a plus de paradis fiscaux. Les paradis fiscaux, le secret bancaire, c'est fini » ?


Bibliographie et sources
Rapport CCFD-Terre Solidaire
Novethic : Paradis fiscaux et finance illicite
Secours Catholique

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Stop Paradis Fiscaux

16 septembre 2011

Intersyndicale : La CFDT saborde la journée d'action du 11 octobre !

Les négociations de l'intersyndicale, en vue d'une journée d'action interprofessionnelle, le 11 octobre contre le plan antidéficit du gouvernement, sont un échec. La CFDT et l'UNSA s'opposant à toute action nationale concertée !

« Qui ne dit mot consent » dit le proverbe. En clair qui reste silencieux ou peu revendicatif face à une situation ne pourra en aucun cas nier par la suite son adhésion à celle-ci !

C'est ce que le gouvernement pourrait arguer aux syndicats de salariés qui ont décidé à l'issue de la dernière réunion de l'intersyndicale de ne lancer : « Aucun appel à la grève ou à des arrêts de travail pour manifester contre le plan antidéficit du gouvernement »

En effet, selon Les Echos, la CFDT soutenue par l'UNSA a réitéré : « (...) son opposition à un appel à des manifestations et des grèves, jugeant que « ce n'est pas la réponse adaptée à la situation et à l'attente des salariés » Conclusion : « Il reviendra donc aux troupes de décider au cas par cas des actions »

Car selon la CFDT : « le principal souci des salariés est actuellement le risque d'éclatement de la zone euro, pas le plan Fillon »

Donc, exit la mobilisation nationale portant sur des revendications pourtant approuvées le 1er septembre 2011, par la CFDT et l'UNSA. Et qui devait être défendue lors de la journée du 11 octobre prochain :

« (...) Abandonner la taxation des complémentaires santé ; supprimer les exonérations et la défiscalisation des heures supplémentaires ; conditionner toute aide publique à son efficacité sociale et économique, aux politiques sociales dans les entreprises.
• Mettre en œuvre la taxe sur les transactions financières.
• Faire de l’emploi, en particulier celui des jeunes, une priorité. Stopper les suppressions d’emplois dans la Fonction publique.
• Soutenir le pouvoir d’achat notamment des plus bas revenus et réouvrir les négociations salariales dans les entreprises et la Fonction publique pour réduire les inégalités notamment entre les femmes et les hommes (...) »

Ce qui n'empêche pas Marcel Grignard, secrétaire général adjoint, et négociateur de la CFDT, de souhaiter que la journée du 11 octobre soit réussie, tout en proposant comme moyen d'action : « D'aller à la rencontre des salariés pour leur expliquer la position de la CFDT » !


Aller à la rencontre des salariés pour leur dire quoi ?

Que le gouvernement et le Medef n'ont pas cédé un pouce de terrain aux demandes de la CFDT ?

Car, que reste t-il de la main tendue de François Chérèque à Laurence Parisot lors des grèves et manifestations sur les retraites ? ou de la réunion ( qui a remplacé le « sommet social » réclamé par la CFDT) avec François Fillon ?

Ou tout simplement leur expliquer à la façon Coluche, que la CFDT : « C'est celui qui fait le moins grève ... donc, on gagne plus »

Ou plus plus prosaïquement, que la CFDT, dont le réformisme n'a pas fait ses preuves ces quatre dernières années, préfère ne pas mettre la pression de la rue sur le gouvernement, dans l'attente du résultat incertain des élections de 2012 ?

Et pour finir, leur expliquer, le plus sérieusement du monde, qu'en fin de compte, leur principal souci est : « le risque d'éclatement de la zone euro, pas le plan Fillon » ?

Succès assuré !

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L'Express

06 septembre 2011

Pour Dassault : « Les pauvres c'est fait pour être très pauvres et les riches très riches » ?

« Les pauvres c'est fait pour être très pauvres et les riches très riches » disait en 1971, Louis de Funès dans « La Folie des grandeurs ». Serge Dassault vient, quarante ans plus tard de nous en offrir une imitation moins amusante mais plus réaliste !

Ne cherchez pas le nom de Serge Dassault, 6eme fortune française, dans la liste des seize grands patrons qui : « ont demandé à payer une taxe exceptionnelle destinée à les faire participer davantage à l’effort collectif de réduction des déficits » il ne s'y trouve pas !

En effet, comme la quasi totalité des 500 plus grandes fortunes françaises, il ne s'est pas associé au coup de communication réalisé par Maurice Levy, le patron de Publicis. Mais si les titulaires de ces fortunes se sont montrés discrêts sur leur ... non motivation, c'était sans compter sur Serge Dassault, qui a décidé de nous gratifier d'un avis tranché, sur la question !

Le sénateur avionneur et président de la Fédération des métiers de l’Air, de l’Espace et de la Défense de l’UMP : Serge Dassault, dont la diversité des questions au gouvernement peuvent surprendre, allant de la : « Robotisation des entreprises industrielles » à celui de la : « pérennité de la filière cressicole » aime prendre souvent la parole.

Ses sujets de prédilection sont le budget de la défense dont il est ... un des principaux bénéficiaires, la dévaluation de l'Euro pour mieux vendre ses avions, l'interdiction des grèves et la chasse toutes les sortes « d'assistés » et de « parasites chômeurs » qui plombent les finances publiques.

Pour mémoire, nous citerons une de ses déclarations de juin 2008 : « (...) c'est quand même anormal de vouloir donner de l'argent de l'Etat qui n'en a pas beaucoup à des gens qui ne veulent pas travailler parce qu'on les paye trop et coûtent aussi beaucoup d'argent à l'Etat (...) On réduirait carrément les aides aux chômeurs, ce serait quand même plus efficace si on veut les faire travailler que de vouloir donner de l'argent sur denier de l'Etat (...) » insistant au passage sur ce qui relève pour lui du scandale suprême : la Prime pour l'emploi !

Or, pour Serge Dassault, la décision de Nicolas Sarkozy de mettre en place une taxation exceptionnelle sur les plus riches d'entre nous, est une honte !

Il s'en est ouvert aux délégués présents à l'université d'été de l'UMP d'une façon que Louis de Funès, qui disait, dans la folie des grandeurs : « Ne vous excusez pas, ce sont les pauvres qui s'excusent. Quand on est riche, on est désagréable ! » n'aurait pas renié !


Déclaration de Serge Dassault : « ça ne sert à rien, ce n'est pas comme ça qu'on va régler le problème du déficit. C'est idiot et nul ! » avant d'ajouter : « On ferait mieux de supprimer la prime pour l'emploi, on économiserait beaucoup plus d'argent ! »

Jusqu'à aujourd'hui, aucun responsable national de l'UMP ne s'est exprimé sur cette ... généreuse idée. Mais, poussé dans ses derniers retranchements, il se trouvera bien un responsable du mouvement pour affirmer que le sénateur Dassault a voulu « éveiller les consciences par le rire » !

Néanmoins, comme le disait Guy Bedos dans un de ses sketch : « Je crains que ce ne soit pas vraiment un rire de bonne qualité » Qualité qu'il nous faudra subir encore un certain temps, puisqu'à 86 ans, il a annoncé être à nouveau candidat aux sénatoriales. Avis à ceux qui, de la droite populaire à la droite sociale, voudrait lui prendre son leadership !


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Le Media

24 août 2011

Economies budgétaires : Les RTT nouvelle cible prioritaire de l'UMP ?

Jean-françois Copé propose de sacrifier les RTT des salariés mais refuse de remettre en question : « l'exonération des plus values de ventes des filiales de holdings » qui est une niche fiscale ... dont il est le créateur !

Une déclaration de Jean-François Copé sur RMC le 11 août a été peu médiatisée. Et pourtant, celle-ci était particulièrement importante pour tous les salariés.

En effet, évoquant la crise de la dette, il présentait une piste d'économie : « Il y aura un certain nombre de remises en question de dépenses publiques qu’on ne peut plus continuer de faire (...) Mais aussi des mesures à plus long terme : la question du temps de travail, qui est aujourd’hui financé pour partie par l’Etat – la RTT coûte 12 milliards d’euros par an ; pourra-t-on la financer éternellement intégralement ? C’est pas sûr. Il y a un certain nombre de dispositions sur lesquelles il faut qu’on travaille »

Ce qui signifie que cette mesure n'est pas envisagée dans l'immédiat mais fait partie des objectifs de l'UMP en cas de victoire à la présidentielle et aux législatives.

Il existe pourtant une autre mesure financée par l'état et qui coûte elle 22 milliards et sur laquelle Jean-François Copé ne voit rien à redire : L'exonération des plus-values de vente des filiales de holdings dite « niche Copé »

En quoi consiste t-elle ?

Le blog « Résultat d'exploitation » a consacré un article particulièrement détaillé à cette niche fiscale ruineuse qui a surtout bénéficié aux grands groupes est selon le blog : le bouclier fiscal puissance 10
« (...) Elle exonère d'impôt sur les sociétés les plus-values liées à la cession d'une filiale possédée depuis au moins 2 ans (...) il s'agit d'une défiscalisation qui a été votée pour éviter que les sociétés françaises (et notamment les holdings) ne s'exilent vers des cieux plus cléments comme les Pays-Bas par exemple (...) c'est un peu une sorte de bouclier fiscal. Mais nettement plus coûteux que l'autre : environ 22 Mds€ en trois ans là où Bercy estimait que la mesure ne coûterait qu'un seul petit milliard par an ! Et qui a au final majoritairement profité aux grands groupes dans un bel effet d'aubaine (...) Des exemples plus concrets? En 2007, Danone revend sa filiale "Danone Biscuit" et économise 500 millions d'impôt sur les sociétés (IS) en 2008 (l'IS se paye en décalé comme l'impôt sur le revenu). Pour Suez, c'est 800 millions de gagnés (...) »

« (...) Dix entreprises se partagent près de la moitié (44 %) du coût du dispositif (...) » précise le blog Conte Public

Ce qui signifie qu'en rabotant, en aménageant ou même en supprimant cette niche, on pourrait aisément trouver tout ou partie des 10 milliards recherchés par le gouvernement.

Qu'en pense Jean-François Copé ?

Réponse de l'intéressé : « (...) Il n’y a que les socialistes qui jugent qu’elle est inutile (...) » Un peu court direz-vous ! Ce qui ne l'empêche pas d'enchaîner directement sur la : « (...) réserve phénoménale : les RTT (...) » qui coûte : 12 milliards par an. Et pour ce faire, il nous ressort la demande du Medef de : « (...) proposer aux branches professionnelles de négocier les 36 heures payées 36, les 37 payées 37, etc (...) » C'est à dire une perte sèche pour les salariés sans aucune contrepartie !

Mais que les salariés ulcérés de savoir qu'ils risquent d'être les seuls à payer l'addition se rassurent, Franck Riboud, le PDG de Danone SA, grand bénéficiaire de la niche Copé, fait partie de la liste des 16 dirigeants ou actionnaires de grandes entreprises qui ont lancé mardi un appel pour : l'instauration d'une contribution exceptionnelle qui toucherait les contribuables français les plus favorisés. C'est bien le moins !


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Gérard Cerles AFP

23 août 2011

Taxation des plus riches : Une aimable plaisanterie ... communicante ?

Dans quelques mois, le Président devra rendre des comptes sur les avantages fiscaux concédés aux plus riches des français. Les opportunes propositions de l'UMP d'une taxe temporaire, appliquée aux très hauts revenus, viennent à point sans pourtant convaincre !

« D’ores et déjà, des mesures sur les grandes entreprises, le secteur financier, les heures supplémentaires et la taxation des personnes les plus riches sont à l’étude » écrivait la CFDT après sa réunion téléphonique avec François Fillon.

Le « Président des riches » après les avoir choyés s'apprêterait-il à leur reprendre une petite partie de leurs gains engrangés depuis 2007 ?

Quel revirement, lorsqu'on se repenche sur ses délarations : « (...) J'ai pas été élu pour augmenter les impôts, moi (...) mon but c'est de faire venir en France et investir en France des gens qui ont de l'argent dans nos usines et dans nos entreprises, c'est pas de les faire partir (...) »

Que les plus riches, toutefois, se rassurent, il ne s'agit pas, de réagir comme : l'Allemagne qui a créé en 2007 une tranche marginale à 45% ou le Royaume Uni qui en 2010, a relevé à 50 % le taux de la plus haute tranche de son impôt sur le revenu ! Mais d'instituer : « (...) une contribution provisoire, pour répondre à une situation de crise (...) »

Et oui, comme le disait Eric Woerth : « Je n'ai jamais pensé un instant qu'en augmentant les impôts de ceux de nos compatriotes qui en payent déjà énormément on réglerait le problème »

Cette attitude du Président que l'Expansion qualifie de : « (...) caractéristique de la schizophrénie du chef de l'Etat quand il s'agit de taxer les plus riches (...) » est déféndue par quelques ministres et membres de l'UMP.

Ainsi, Anne GROMMERCH, députée UMP de la Moselle indique que : « Dans l’immédiat, il s’agirait d’une contribution provisoire, pour répondre à une situation de crise (...) » Mais lorsqu'on lui demande : « A quel niveau situez-vous les « hauts revenus » on obtient la réponse suivante : « C’est encore à discuter. Nous allons réfléchir entre parlementaires. »

Anne GROMMERCH qui au passage appartient à la Droite Sociale de Laurent Wauquiez, le spécialiste de la chasse aux titulaires des minima sociaux qui fustigeait, il y a peu les : « dérives de l'assistanat » qualifiées de « cancer de la société française » Néanmoins, si Laurent Wauquiez avait un maximum d'idées pour faire rendre gorge aux profiteurs des minima sociaux, son mouvement : la droite sociale, est assez discrêt sur ... la méthode à appliquer aux plus riches.

On pourrait conseiller au gouvernement, l'UMP et la Droite Sociale la relecture de la proposition de mars 2009 de Pierre Méhaignerie, rejetée à l'époque par Elysée, de surtaxer de 2 à 3% les foyers affichant plus de 300 000 euros de revenus. Mais là, pas question !

Alors, vers quoi s'achemine t-on ?

Sachant que : Valérie Pécresse, souhaite une : « (...) contribution sur les rémunérations exorbitantes au-dessus d'un million d'euros (...) » et que la piste la plus fréquemment évoquée serait celle d'un : « prélèvement de 1% à 2% sur ces revenus, qui pourrait être acquitté soit par les contribuables, soit ... par leur employeur » Ce qui signifierait, au passage, que les salaires des plus grands patrons pourraient dans certains cas, passer au travers de la taxation, en la faisant payer sur les bénéfices de l'entreprise.

Le montant de cette contribution devrait être du domaine symbolique, comme l'indiquait Gilles Carez, rapporteur UMP du budget, à l'Assemblée Nationale : « (...) un prélèvement de 2% au-dessus d'un million d'euros de revenu fiscal toucherait 30.000 ménages pour rapporter 300 millions d'euros (...) » c'est à dire trois fois rien à côté des revenus des 500 plus grandes fortunes françaises, qui se feront un plaisir de faire cette obole à la nation, histoire de faire oublier les formidables gains, obtenus durant les « années bonheur», de la présidence Sarkozy.

Il faudra attendre mercredi pour connaître les détails de ce qui s'annonce déjà comme : Une aimable plaisanterie ... communicante !


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Dijonscope Bloëm

18 août 2011

L'enjeu des syndicats de salariés face à la crise ? : S'unir ou disparaître !

Existe t-il autant de façon de faire le bonheur des salariés que de centrales syndicales ? C'est la question qu'on peut légitimement se poser au moment où l'intersyndicale réduite à la CGT, CFDT, Unsa, FSU et Solidaires, est en désaccord sur les actions à mener !

Si les syndicats de salariés sont d'accord sur le fait que, la croissance à l'arrêt et la politique d'austérité ne présagent rien de bon pour les salariés, il divergent, malheureusement, une fois de plus sur les moyens de se faire entendre ! D'autant que la réunion de l'intersyndicale ne fera pas le plein puisque ni FO, ni la CFTC, ni la CGC ne seront présents.

La représentativité de cette réunion de l'intersyndicale est-elle quand même assurée ?

La représentativité des syndicats de salariés issue des dernières élections prud'hommales (L’abstention était de 74,5 %) donne les résultats suivants - Source La Croix

CGT : 33,9 %
CFDT : 21,8 %
FO: 15,8 %
CFTC : 8,7 %
CFE-CGC : 8,2 %
Unsa : 6,3 %
Solidaires : 3,9 %
Autres organisations : 1,4 %

Donc la réponse est oui. Mais une fois de plus la dispersion et les désaccords sont dommageables pour tous les salariés français qui attendent des syndicats une entente au moment où la politique d'austérité va les frapper de plein fouet.

Alors, où en est-on avant le début des discussions ? : « (...) L'un des enjeux de la réunion de ce matin est donc de dégager une série de revendications communes, sur lesquelles l'intersyndicale a échoué jusqu'à présent. S'il y a des désaccords sur l'analyse même de la crise ou la nécessité ou non de réduire l'endettement, il y a des points d'accord clairs sur de nombreuses mesures concrètes : les syndicats veulent tous des mesures en faveur de l'emploi public, la fin des exonérations sur les heures supplémentaires ou encore une imposition des hauts revenus (...) » écrit Leïla de Comarmond dans Les Echos

Il faut dire que pour tout arranger, François Chérèque, soucieux de montrer une fois de plus, qu'il est « l'interlocuteur privilégié du gouvernement », a tenu à se faire remarquer en lançant sa propre initiative de : « sommet social »

Proposition reprise rapidement par François Fillon, interlocuteur historique de la CFDT sur les retraites qui a proposé à l'ensemble des syndicats, un entretien : « (...) pour se livrer à « un tour d'horizon des principaux sujets économiques et sociaux » du Fillon pur sucre ! Puisqu'au fond, le but est de faire échouer l'idée de la CGT d'une grande journée de mobilisation unitaire fin septembre ou début octobre.

Qu'y aura t-il à négocier lors de ce : « tour d'horizon des principaux sujets économiques et sociaux » ?

A priori rien, puisqu'en cette période pré électorale, le Président a exclut toute remise en cause de la TVA réduite dans la restauration et la défiscalisation des heures supplémentaires réclamées ... par François Chérèque dans son offre de sommet social.

Si on ajoute à celà les convergences de plus en plus importantes entre l'UMP et le Medef sur la suppression de l'horaire légal et la refonte du contrat de travail, on se demande vraiment pourquoi les syndicats se rendront à Matignon. Néanmoins, il faut savoir que : « (...) Laurence Parisot, s'est dite favorable, elle aussi, à l'idée d'organiser prochainement un sommet social pour aborder les sujets de la rentrée (...) » Histoire de refuser toute nouvelle contribution des entreprises, rejouer l'éternelle ritournelle des charges trop élevées et de l'incontournable maintien des exonérations multiples, ... et de rendre la pareille à François Chérèque qui lui avait tendu la perche après les manifestations sur les retraites ?

Au delà de cette réunion médiatique qui ne satisfera personne mais donnera un peu de crédit ... photographique, au Premier Ministre. Il est évident que les salariés à temps complet, partiel et les chômeurs, vont une fois de plus se désespérer de voir les syndicats faire preuve d'impuissance par la désunion.

Impuissance et désunion qui ne sont pas de mise lorsqu'il s'agit de prendre le contrôle des caisses de sécurité sociale ou de retraite. En effet, le « mercato » expliqué par Les Echos en juillet dernier nous prouve que lorsqu'on veut ... : « (...) On retrouve au coeur des manoeuvres de ce mercato syndical FO et la CFDT. En dépit de leurs divergences, les centrales se sont résolues, comme lors des récentes négociations interprofessionnelles, à accorder leurs violons pour s'imposer, avec l'aval du patronat, comme les principales bénéficiaires du futur jeu de chaises musicales (...) »

Impuissance qui semble de mise, par contre lorsqu'il s'agit de faire respecter les trois priorités des salariés des entreprises des TPE et PME de moins de 50 salariés (97% des entreprises françaises) : « Conditions de travail, revalorisation du salaire, réglementation du travail » comme l'indiquait une étude de 2010 disponible sur le site de la CFDT.

Et quid du rôle d'accompagnement des syndicats vis à vis des chômeurs ? Car à ce jour, seule la CGT au travers du Comité national des privés d'emploi leur accorde une importance en les associant à l'action syndicale. Conçoit-on dans les autres centrales que ce rôle est dévolu aux seuls collectifs et associations de défense des chômeurs, qui font au demeurant un travail formidable, comme AC, l'APEIS ou le MNCP ?

« La rentrée de septembre sera froide » écrivait Marc Landré, au sujet des stratégies syndicales. A moins que les syndicats ne comprennent que, le seul enjeu qui compte pour eux et ceux qu'ils défendent, soit : S'unir ou disparaître.

Dans le cas contraire, salariés, précaires et chômeurs pourraient bien rapidement se passer d'eux pour faire entendre leur refus d'être les seuls à payer une crise dont ils ne sont pas responsables !

Crédit et copyright photo
Le JDD

26 février 2010

L'hypothétique "refondation du capitalisme" fait toujours le bonheur des spéculateurs !


C'est Le Figaro qui nous l'apprend : " Des dirigeants de hedge funds majeurs se sont accordés lors d’un dîner discret à Manhattan pour parier gros sur la baisse de l’euro, selon le Wall Street Journal vendredi. Parmi eux, le milliardaire américain George Soros ... / ... "

Mais encore ?

" ... / ... Par exemple, si George Soros - célèbre pour avoir fait «sauter» la banque d’Angleterre - décide de mettre sur la table 10 millions de dollars sur une position courte sur l’euro (pari à la baisse), il spécule en fait avec 200 millions de dollars. Or, si le taux de change recule de 10%, comme cela a été le cas ces trois derniers mois, George Soros aura gagné quelque 20 millions d’euros sur ce trade. En excluant les 10 millions qu’il a engagé au début, il reste dans sa poche quelques 10 millions d’euros. Taux de rendement : 100% en trois mois ! ... / .. "

Ce qui en termes courant s'appelle de la spéculation financière.

La spéculation, vous savez, cette "habitude" des milieux financiers si décriée au G20, à laquelle Nicolas Sarkozy a annoncé vouloir mettre fin ? Et bien même après toutes ses déclarations et discours, y compris celui de Davos : où il a dressé sur un ton très offensif : "un long réquisitoire du système qui a abouti à la crise, devant une assemblée de patrons de multinationales et de banquiers " ... parfaitement indifférents ! (Voir Slovar du 24 février 2009 ) elle ne s'est jamais si bien portée !

Et pourtant, le 8 octobre 2009, on pouvait lire sur le site du Gouvernement un article/communiqué portant le titre suivant : "G20 : le sommet de Pittsburgh a posé les bases d'une nouvelle gouvernance économique et financière mondiale"

" ... / ... A Pittsburgh, le monde s’est doté d’une nouvelle instance de pilotage de l’économie mondiale grâce à l'institutionnalisation du G20. ... / ... Lors du sommet de Pittsburgh, les 24 et 25 septembre, le G20 est devenu la nouvelle instance de coordination de l’économie mondiale ... / ... Cette harmonisation permettra notamment d'envisager un renforcement des fonds propres des banques en regard de certaines opérations spéculatives. En effet, le comité de Bâle publiera d'ici à fin 2009 une nouvelle norme de liquidité minimale, qui introduira un "ratio de couverture".

Ainsi, les activités de spéculation qui représentent un risque pour la stabilité financière seront découragées ... / ... Dernier point, souligné par le président de la République, les pays du G20 ont décidé de mettre à l’étude une taxation des activités spéculatives ou risquées. ... / ... "Source Gouvernement

Tout récemment, le 19/02/2010 : Le Premier ministre britannique Gordon Brown s'est dit confiant vendredi sur l'obtention d'un accord au sujet "d'une constitution mondiale pour le système financier mondial" lors des sommets du G20 au Canada et en Corée du Sud cette année : " ... / ... "Une chose est claire: soit les gouvernements coopèrent au niveau international, soit la main invisible d'un marché sans entraves pourrait nous faire défaut une fois de plus". ... / .. Gordon Brown, dont le pays a présidé le G20 en 2009, a estimé qu'à moins que le monde ne tire les leçons de la crise financière, "nous retomberons dans les anciennes méthodes de travail et attirerons de nouveau une crise sur nous"- Source Le Figaro
... /... "
Ce qui semble "terroriser" les fonds spéculatifs qui s'en donnent à coeur joie contre la monnaie européenne !

" Jean-Pierre Jouyet pense que des fonds spéculatifs sont à l'origine de ces attaques mais explique qu'il ne peut les nommer avec certitude, étant donné que ces marchés n'opèrent aucune centralisation des ordres, des volumes de transaction et des prix."Objectivement, c'est plus immoral qu'illégal, c'est un des problèmes et une des lacunes qu'il faudra combler dans les futures réunions du G20"- Source Le Monde

Et le site Boursier.com d'ajouter : " En 11 ans d'existence, l'Euro n'avait jamais connu un telle attaque spéculative... Ces dernières semaines, les investisseurs et autres fonds spéculatifs ont amassé des positions vendeuses atteignant 8 Milliards de Dollars sur des contrats à terme sur la monnaie européenne, un montant record depuis la création de l'Euro ... /... Il reste que la spéculation grandissante sur l'Euro, accompagnée d'une chute brutale des marchés boursiers, accroît les risques de faire capoter la toute jeune reprise économique... "

Pendant ce temps là, " ... / .. les dirigeants de hedge funds majeurs se sont accordés lors d’un dîner discret à Manhattan pour parier gros sur la baisse de l’euro, selon le Wall Street Journal vendredi. Parmi eux, le milliardaire américain George Soros. ... / ... Avant de réfléchir à une possibilité d’un retour à la parfaite égalité entre l’euro et le dollar, ces géants de la finance auraient parié des sommes gigantesques sur le repli de l’euro. Or leur poids énormes sur les échanges internationaux pourraient bien expliquer une bonne partie du recul de la monnaie européenne ... /...

sur le marché des changes, appelé chez les professionnels le Forex (pour Foreign Exchange), il est possible de miser cent fois sa mise. C’est l’effet de levier. Autrement dit, avec 10.000 euros, n’importe quel investisseur qui travaille sur les devises peut engager 1.000.000 euros sur le marché ... / ... ces stars des hedge fund sont les premiers à profiter des paniques successives sur l’endettement public du pays, qui poussent les CDS (Credit Default Swap, contrats assurance qui gère le risque d’un crédit émetteur) à la hausse, et l’euro à la baisse. En un mot, c’est le jackpot
... / ... "

Qu'est ce qui a changé en fin de compte depuis le début de la crise financière devenue crise économique ?

Pour les fonds spéculatifs (banques comprises) rien ! Mais pour les populations des pays de l'Union Européenne touchées par la crise : Baisse des salaires, fermeture ou délocalisation des usines, chômage ou précarité (voir "8 millions de personnes pauvres en France... et ce n'est pas fini" ) accrue, report de l'âge de la retraite (voir : "UE : une réforme des retraites chez les 27 nécessaire selon M. Barroso"), diminution des prestations sociales et de santé, ...

Et, naïfs que vous sommes, nous pensons que les chefs d'état et de gouvernements présents au G20 vont taper violemment du poing sur la table et prendre des mesures déterminantes pour contrer ces "vautours" de la finance mondiale !

Et bien, sachez que : " ... / ... Fin janvier, le premier ministre canadien déclarait au Sommet de Davos que « le Canada n'opterait pas pour une réglementation excessive, arbitraire ou punitive du secteur financier ... / ... En novembre dernier, Jim Flaherty avait déjà annoncé son intention de rejeter la proposition britannique d'une telle taxe ( mondiale sur les transactions et les services bancaires) ... /... alors que la crise économique se résorbe graduellement " - Source Radio Canada

Dans l'immédiat : Le Figaro, qui semble pourtant bien informé sur la réunion des "dirigeants de hedge funds majeurs" n'a pas été en mesure de nous dire, si ceux-ci , ont repris plusieurs fois du dessert et combien de bouteilles de champagne ils ont consommé à l'issue de ce "dîner discret à Manhattan".

Ni, s'ils se sont repassés, afin de rire un peu, les vidéos indignées des responsables politiques du G20 et surtout, celles où ils expliquent à leurs populations, les réformes drastiques qu'il vont leur appliquer ... pour sauver le capitalisme !




24 novembre 2009

Michael Moore : le retour du cauchemar des "réformateurs du capitalisme" entre amis !

Souvenez-vous, de cette photo ci-dessous du G20. Ils avaient fière allure et le sourire conquérant, les dirigeants des pays les plus importants de la planète, puisqu'ils allaient terrasser le "mauvais capitalisme" et ses infâmes paradis fiscaux !

Ils déclaraient en gros, d'une seule voix : "Plus jamais ça !"

Si nul n'a de nouvelles en ce qui concerne le Delaware, ne se pose plus de question au sujet de Hong Kong et Macao et que les principaux états paradis fiscaux ont signé des conventions ... entre eux, par contre, pour les banques et établissements financiers, c'est : "back in business"!

Et pourtant, notre Président, était formel, il a presque un an jour pour jour, à Toulon, lorsqu'il annonçait : Une croisade pour en finir avec les «spéculateurs» et tourner la page des «dérives du capitalisme financier». ... / ... le président a délivré un réquisitoire implacable contre ceux qui «ont trahi l'esprit du capitalisme». ... / ... il a appelé à «refonder le capitalisme». «Le monde est passé à deux doigts de la catastrophe, on ne peut pas prendre le risque de recommencer»,... / ... Évoquant «la fin d'un monde», Nicolas Sarkozy n'a pas caché que la bourrasque financière aura des «conséquences» dans les mois qui viennent sur la croissance, le chômage, le pouvoir d'achat.

... /... Pas question toutefois de jeter le bébé avec l'eau du bain. «Il ne faut pas sombrer dans l' “anticapitalisme”, mais moraliser le capitalisme», nuance Nicolas Sarkozy. Il en appelle à un retour aux valeurs d'origine, «de l'effort, de l'esprit d'entreprise et du travail», par opposition au capitalisme financier «irresponsable, où l'argent va à l'argent" - Source Le Figaro

Quelques cadeaux fiscaux plus tard (voir Slovar d'hier) on ne peux pas dire que notre "présidentissime" ait terrassé, réformé ou refondé ... quoi que ce soit, dans le fonctionnement du système capitaliste.

A sa décharge, nous dirons que les autres participants au G20 non plus !

La crise nous répète t-on est née au USA, et même si toutes les banques du monde entier se sont battues pour gagner jusqu'au dernier moment le "dernier petit sou spéculatif" possible, c'est bien chez eux que la population continue à payer le plus lourd tribu à la crise financière et économique.

Au delà des analyses des spécialistes qui annoncent : "la sortie de crise", "la reprise de l'emploi", "des frémissent positifs", on sait aujourd'hui que les responsables de la destruction de millions d'emplois et d'entreprises ont repris leurs affaires et que la spéculation et les rémunérations scandaleuses ont repris leur cours, comme si de rien n'était.

Cette situation est décrite dans le dernier film documentaire de l'empêcheur de tourner en rond : Michael Moore. Le film sort en France le 25 novembre et porte le titre suivant : "Capitalism : A love story"

Nous vous en donnons ci-dessous le synopsis

"Le capitalisme, c'est le mal et l'on ne réforme pas le mal, on l'éradique pour le remplacer par le bien pour tous : la démocratie", affirme Michael Moore avec son dernier brûlot sur la crise économique aux Etats-Unis. ... / ... Enfants en larmes à la rue ou forcés de dormir dans un camion avec leurs parents, familles ou retraités ruinés émaillent "Capitalism: a love story". Car la crise actuelle frappe de plein fouet les Américains modestes ... / ... Elle est liée, dit le film, à la collusion entre les grandes banques d'affaires et l'administration de l'ex-président George W. Bush, mais aussi à un travail de sape antérieur nommé "dérégulation", qui a permis à Wall Street de se transformer en "vrai casino où l'on peut parier sur n'importe quoi" ... / ... A love story, pamphlet contre le modèle capitalisme dans un contexte de crise. Le film a été présenté en septembre à la 66ème Mostra de Venise ... / ...

Source Video : Le Web 2 Zéro

Moore travaille depuis de nombreuses années sur son nouveau film, ironiquement intitulé Capitalisme : A love sotry, et il déclare l'avoir pensé comme si c'était le dernier documentaire qu'il tournait : « Je me suis demandé de quoi voudrais-je parler si ce devait être mon dernier film. » Ce sont les inégalités de plus en plus flagrantes provoquées par le modèle capitaliste qui l'ont donc poussé à s'attaquer à Wall Street et à ses plus hauts dirigeants, « qui ont détruit la structure industrielle des Etats-Unis pour faire d'énormes bénéfices ».

« Les gens de Wall Street ont utilisé notre argent pour le placer sur d'invraisemblables produits dérivés. La crise que nous connaissons aujourd'hui nous oblige à remettre en question ce fonctionnement et à proposer un nouveau modèle économique qui sera bénéfique à tous, qui génèrera de l'argent tout en créant des emplois... » ... / ... " - Source Ecran Large

"Etats-Unis : une croissance sans emploi se dessine pour 2010", titre le Figaro du 23 novembre 2009 et précise : "Depuis décembre 2007 et le début de la récession dont les Etats-Unis viennent de sortir, l'économie a détruit 7,3 millions d'emplois, le taux de chômage progressant au dessus de la barre symbolique des 10% (10,2% précisément) de la population active en octobre, au plus haut depuis 26 ans et demi" ...

Mais, pas de panique, puisque : Olivier Blanchard, chef économiste du Fonds monétaire international, nous le dit le même jour dans Le Monde : "L'économie mondiale est entrée en convalescence"

" ... /... Nous avons évité la catastrophe. Nous prévoyons que la croissance sera positive en 2010 dans les économies avancées, peut-être un peu plus de 1,5 %, avec quelques bonnes nouvelles dans tel ohu tel pays. Le chômage continuera pourtant à croître durant une bonne partie de l'année ... / ... Certains de ces pays risquent de connaître des mouvements de capitaux, des accumulations de réserves et des bulles qui seront difficiles à contrôler. Ce n'est pas encore la grande forme ! Mais nous sommes entrés en convalescence et c'est le mieux que nous puissions espérer après avoir frôlé la "Grande Dépression ... / ... " Source Le Monde

Alors, si : "sommes entrés en convalescence ... "


Capitalism a love Story site officiel du film


Crédit photo
Reversus

01 septembre 2009

La Suisse n'est plus tendance ? : Fraudeurs fiscaux, d'autres endroits vous tendent les bras !

Si la Suisse a toujours eu des habitudes déplorables en termes de protection de capitaux à origine douteuse, elle a bon dos en moment et la focalisation dont elle fait l'objet fait oublier un peu vite que le monde est truffé de paradis fiscaux qui vont prendre ou on déjà pris le relais de la confédération Helvétique

Nous évoquions hier, dans Slovar, les rodomontades de notre ministre du budget qui brandissait le chiffre de 3000 exilés fiscaux français en Suisse, le tout, de façon anonyme et donc invérifiable.

Eric Woerth s'est fait menaçant en donnant jusqu'à la fin de l'année à ces récalcitrants pour avoir rapatrié leurs fonds et payé leur du.

Nouveau miracle de la dialectique sarkozienne : On va régler le problème en parlant vite et fort, moraliser et refonder le capitalisme tous seuls !

Or, une très intéressante interview parue dans le journal Swiss Info nous explique le marché de dupes qui est en train de se mettre en place sous les yeux impuissants (ou complices) de certains chefs d'état ou de gouvernement du G20 et des populations a qui on a promis de réguler la finance internationale.

Swiss info est allé interviewer Thierry Afschrift (grand spécialiste du droit fiscal européen) Avocat inscrit aux barreaux de Bruxelles, Luxembourg, Madrid et Genève et professeur à l'Université libre de Bruxelles.

Extraits :

... / ... swissinfo: Le secret bancaire est de nouveau la cible de toutes les attaques – elles proviennent non seulement des Etats-Unis, mais également du G7, du G20, de l'UE, de l'OCDE. Qu'en pensez vous?

T.A.: Tout dépend de ce qui se passera au niveau mondial. Les seules attaques à redouter, ce sont celles qui pourraient venir de l'OCDE et du G7, 8 ou 20. Dans ce contexte, c'est paradoxalement un Etat communiste, la Chine, qui détient la clé du secret bancaire.

C'est en effet à Hong-Kong qu'il est le mieux protégé – Pékin en a besoin. Aussi longtemps que Hong-Kong tiendra bon, le secret bancaire survivra partout sous une forme ou sous une autre. Or, Hong-Kong est jusqu'à présent resté sourd aux appels de l'Union européenne et Singapour s'abrite derrière lui.

swissinfo: Et la Suisse derrière ces deux places financières, et le Luxembourg derrière la Suisse, etc....

T.A.: Le Luxembourg a une position constante: il fera comme la Suisse, ni plus, ni moins. La Suisse, quant à elle, a beau jeu de dire aux Européens: ça ne sert à rien d'essayer de nous imposer des obligations qui risquent de provoquer une fuite des capitaux vers Hong-Kong ou Singapour, qui sont des places financières importantes et crédibles.

C'est même antidémocratique: si le secret bancaire saute en Suisse, seuls les petits fraudeurs en pâtiront. Les grosses fortunes pourront toujours se permettre d'aller en Asie, pas les petits pensionnés.

... / ... swissinfo: La France a déjà obtenu gain de cause, non?

T.A.: Oui. La Suisse et la France ont récemment signé un avenant à leur convention prévenant la double imposition. Il prévoit que la Suisse devra fournir des renseignements bancaires sur des cas de fraude, au sens français du terme, qui est large, chaque fois que la France le réclamera, sur base de soupçons établis. Ce que la France a obtenu, les autres pays de l'Union pourront l'obtenir aussi.

swissinfo: Ce serait problématique?

T.A.: Une fois de plus, les petits contribuables, incapables de fonder une société au Panama ou de placer leurs capitaux en Asie, seraient les premières victimes de ce compromis. C'est un peu cynique, mais c'est souvent comme cela que se résolvent les problèmes ... / ...

Car attention, comme l'explique Thierry Afschrift, l'enjeu est de taille pour l'avenir de la Suisse et par extension de tous les pays qui ont basé leur développement uniquement sur les services financiers (comme la Grande Bretagne par exemple) :

Si le secret bancaire disparaît, ce qui fera la différence, c'est la productivité. Or, à ma connaissance, les banques helvétiques n'ont pas démontré qu'elles offraient un meilleur rendement au portefeuille moyen de l'investisseur que leurs concurrentes britanniques, américaines ou chinoises. Elles ont déjà toutes des bureaux – pas de simples boîtes aux lettres – à Nassau ou à Singapour. Le problème, c'est que la Bank of America peut y aller aussi.- Source Swiss info

Les propos de Thierry Afschrift confirment ce que les milieux bancaires disent du bout des lèvres : Les plus gros dépôts sont déjà partis pour Hong Kong ou Macao et on va, sommes toutes, ne capturer que du petit gibier. Car au delà du coup de "terreur" organisé par Eric Woerth, la prochaine réunion du G20 ne fera qu'entériner une situation qui a été quasiment officialisée par l'OCDE

" ... / ... La Chine figure sur une liste "blanche", sur laquelle figure les Etats qui ont sensiblement amélioré leur législation pour l'adapter aux normes internationales. L'OCDE constate en revanche que Hong Kong et Macao, deux régions administratives spéciales chinoises se sont pour l'instant "limitées à des engagements"... / ... - Source L'Express

D'ailleurs, un Juriste en fiscalité internationale de la sociétéHK est formel dans un forum portant le nom de "Bonjour Chine":

L'engagement d'Hong Kong et de Macao de se conformer aux standards internationaux n'implique pas de modification quant à la fiscalité appliquée à Hong Kong et au maintien du secret bancaire dans le cadre d'opérations économiques justifiées (import-export et prestations de services).

Cette liste est conforme aux attentes de la Chine. Jeudi 2 avril 2009, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, M. Qin Gang, a assuré que la Chine était solidaire de l'initiative de lutter contre le paradis fiscaux à condition qu'Hong Kong et Macao n'en fassent pas partie: "La Chine est un pays responsable et soutient absolument les efforts internationaux visant à résoudre le problème actuellement posé par les paradis fiscaux", a déclaré M. Qin Gang. "Mais notre point de vue ne serait pas le même si les régions chinoises sous administration spéciale de Hong Kong et de Macao était considérées comme des paradis fiscaux".

Les conventions fiscales de non-double imposition signées avec Hong Kong (notamment avec la Belgique, cf. http://www.societe-holding.com/convention-fiscale.html) continuent donc de s'appliquer. - Juriste en fiscalité internationale pour http://www.societeHK.com (création et gestion de société à Hong Kong) - Liste officielle de l'OCDE

Il n'y a d'ailleurs qu'une simple recherche à effectuer sur le Web pour trouver des opérateurs qui ne se cachent pas et vous proposent des services parfaitement clairs.

Voici les principaux avantages d’une société offshore à Hong Kong:

- Pas d’impôt sur les sociétés ni sur les bénéfices
- Pas de T.V.A
- Pas de droit de succession sur les actions détenues par les non-résidents
- Une seule personne est nécessaire pour la constitution de la société
- Pas de capital minimum pour constituer la société
- Anonymat garanti des actionnaires et des directeurs
- Le secret bancaire est respecté
- Enregistrement de votre société en 7 jours
- Parfaite transparence vis-à-vis de vos clients et fournisseurs
- La meilleure renommée et image dans le milieu des sociétés offshore et internationales

Enfin, un point important: il n’est pas nécessaire de résider à Hong Kong pour y créer une société ou d’y exercer des activités commerciales.

... / ...

Le régime fiscal de Hong Kong est simple, il est basé sur la territorialité des activités commerciales. Concrètement, vous contrôlez les activités de votre société offshore en France et achetez des produits auprès de vos fournisseurs en Asie du Sud-Est que vous revendez à vos clients en Europe, l’imposition sera de 0%!

- Seuls les bénéfices et les revenus tirés directement de Hong Kong sont imposés
- Il n'y a pas d'impôt sur les gains en capital, les dividendes ou les intérêts
- La réglementation concernant les déductions fiscales pour l'investissement et l'amortissement est généreuse
- Hong Kong n'a pas de taxes de vente ou de taxes sur la valeur ajoutée - Source Ascon Group

Cette "trouvaille" est néanmoins celle du petit gibier évoqué plus haut, puisque les initiés ont déja pris place sans attendre dans le nouvel eldorado fiscal !

Piqués au vif et montrés du doigt comme le seul pays responsable de l'évasion fiscale, les banquiers helvétique n'hésitent pas à "balancer". Nous attirons votre attention sur le texte publié par l' ASSOCIATION DES BANQUIERS PRIVES SUISSES portant le titre : "Le G20 ou quand les gros se ménagent et s’en prennent aux petits - Par Michel Y. Dérobert, Secrétaire général de l’Association des banquiers privés suisses"

Extraits :

" ... / ... Seuls les initiés sauront expliquer pourquoi l’Argentine a l’honneur de la liste blanche alors que le Brésil ne se retrouve nulle part, un « no man’s land » où l’on suppose aussi la présence de l’Afrique du Sud, de l’Arabie Saoudite, de l’Inde et de l’Indonésie, par exemple. Cette « non-catégorie » englobe aussi des pays industrialisés, comme Israël, ainsi que les dépendances chinoises de Hong-Kong et Macao, qui ont été détachées de la Chine (liste blanche) à la faveur d’une note de bas de page. Seul un lecteur attentif et doué d’un esprit déductif aura compris que les auteurs de ce classement auraient voulu ranger dans la liste grise ces « Special Administrative Regions ». Mais les dirigeants chinois, s’inspirant sans doute du modèle américain, s’y sont apparemment opposés.

... / ... D’un point de vue politique, il fallait s’attendre à ce que les pays représentés au G20 se ménagent mutuellement. D’où l’extrême discrétion à propos des territoires américains et chinois évoqués plus haut. D’où les questions qui se posent aussi à propos des pays « oubliés », dont on ignore s’ils doivent être considérés comme plutôt bons ou plutôt mauvais ... / ... "

En effet, il est bon de rappeler que les États-Unis font partie de la liste blanche de l'OCDE et cela sans aucune note désignant les pratiques opaques d’États tels que le Delaware ou le Wyoming. Et pour terminer, les petits malins pourront toujours dans l'immédiat se tourner vers quelques pays en passe de devenir tendance, du moins jusqu'à fin 2010 : "... / ... Israël, la Slovénie et l'Estonie sont engagés dans des négociations d'adhésion à l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) qui compte actuellement trente membres. Ces discussions pourraient aboutir en 2010 .../ ... " - Source Cbanque

Tremblez spéculateurs et évadés fiscaux de tous poils .... c'est Eric Woerth qui vous le dit !




10 août 2009

Moralisation du capitalisme : New York propose à ses SDF de continuer à l'être ... Ailleurs !

Confrontée à la crise économique, la montée du chômage et de la précarité, qui jettent dans la rue, un grand nombre d'américains, la ville de New York semble avoir trouvé "la panacée" pour régler le problème de ses SDF : Les envoyer ailleurs !

Cette "idée" ne semble pas choquer plus que cela la communauté internationale ni les media puisque cette information trouvée sur Google Actualité est localisée dans la rubrique : "divertissement"!

Aujourd'hui, la misère fait peur aux citoyens et indispose les dirigeants. Alors faute de trouver des solutions au déclassement et à la déchéance, on éloigne les miséreux de quelques kilomètres, ou comme le propose le maire de New York, on les "décentralise" définitivement !

Les pères fondateurs des Etats Unis ont inscrit dans la tête de ses habitants une maxime issue des écritures saintes : "Je n'ai rien pris à personne, je ne reçois rien gratuitement. Chaque jour, avec mes mains et à la sueur de mon front, je gagne ma vie, sachant que l'Apôtre a écrit : «Celui qui ne travaille pas ne doit pas manger.» (2 Th 3,10)"

En clair, c'est un boulet pour la communauté qui ne voit pas pourquoi elle payerait pour lui !

Comme nous l'expliquent des travaux de la Faculté des Sciences Humaines et sociales Sorbonne :

"... / ... La ville de New York a bâti au cours des années 1980 un système hiérarchisé et segmenté d’aide aux sans-abri qui complète la politique répressive menée contre cette population. Les institutions de secours ont été privatisées mais demeurent étroitement contrôlées par l’administration publique. Elles sont engagées dans un processus d’adaptation aux pressions de l’environnement qui va de la " conformisation " à la " résistance ".

Les exigences du welfare tendent à être imposées à leurs résidents. Les familles sans-domicile sont les cibles privilégiées de ce contrôle social. Les hommes seuls, pauvres non-méritants par excellence, n’ont droit qu’à une aide minimale, d’abord destinée à les maintenir hors de la rue. Placés en position de subordination, les sans-abri sont néanmoins capables de manipuler les règles de l’assistance et de participer à la construction de leur identité et de leur statut social .../ ... " - Source Faculté des Sciences Humaines et sociales Sorbonne - Année 2000-2001 -

Or, crise économique aidant, le chômage et le déclassement ont vite fait de vous mener à la rue. Il faut savoir que : " Sur les 6,5 millions d’Américains qui sont venus grossir le nombre des chômeurs depuis le début de la crise, 45 % ne retrouveront pas d’emploi dans leur domaine, selon les statistiques du ministère de l’emploi - Source La Croix

Ce à quoi il faut ajouter les "poor workers " dont beaucoup sont sans logement fixe ou en instance de devenir SDF

"En 2007, selon le Census Bureau [Washington], 37,3 millions de personnes, ou 12,5% de la population [américaine], vivaient sur ou en deça du seuil de la pauvreté. Bien que la majorité des personnes pauvres étaient des enfants ou des adultes n’ayant pas participé au marché du travail durant l’année, 7,5 millions étaient des « travailleurs pauvres ». Ce niveau est légèrement plus élevé que celui établi pour 2006. Les travailleurs pauvres sont des individus ayant été actifs au moins 27 semaines (c’est-à-dire ayant occupé un emploi ou ayant été à la recherche d’un emploi), mais dont les revenus sont demeurés sous le seuil officiel de pauvreté .../ ... " Source Politique sociale

Qui sont-ils ?

Libération nous livre quelques portraits :

Rosa Agnant fait partie de ces temporaires éternels. Licenciée il y a quatre ans d’un centre de service à la clientèle, elle va de job temporaire en job temporaire, souvent à temps partiel. «Je ne touche plus que 100 dollars [70 euros, ndlr] par semaine de l’assurance chômage et dans un mois, c’est fini», raconte cette femme d’une quarantaine d’années qui dit vivre de la générosité des amis qui l’hébergent. Pour la première fois de sa vie, elle touche les coupons alimentaires que l’Etat accorde aux indigents. ... / ... »

Miguel Arias, 41 ans, ... / ... a perdu son emploi de manutentionnaire dans une entreprise de toilettes portatives. «Ce n’est pas glamour, mais ça payait le loyer», dit-il avec un sourire résigné. Il a été licencié pour avoir osé demander le remboursement d’heures supplémentaires qui s’accumulaient. En retard sur le paiement de son loyer, il est désormais menacé d’expulsion. «Ce n’est pas avec les 330 dollars par semaine que je touche du chômage que je pourrai payer les 1 100 dollars de loyer et faire vivre ma famille.» - Source Le Monde

Et justement, à New York

" ... / ... A New York, l’hiver, les articles sur les SDF se succèdent . De qui parle-t-on ? De familles monoparentales noires, la plupart du temps. C’est un changement assez radical par rapport à l’époque du Hobo. Dans l’imaginaire médiatique, le SDF n’est plus un individu isolé ; ce n’est plus non plus, même par effet de miroir, un artisan du développement américain : c’est une femme, un enfant à la peau sombre du ghetto. La composition de ce groupe aurait-elle évolué si radicalement ?

En l’absence de données globales sur la situation du début du siècle, constatons que 32% des sans-abri (secourus) sont des femmes. 15% des clients des centres de secours sont des familles, dirigées 84 fois sur 100 par des femmes. Tous les adultes membres de familles et 91% des clients individuels ont moins de 54 ans. 41% des sans-abri sont blancs (non-hispaniques), 40% sont noirs (les noirs présentant 11% de la population totale américaine). Vraisemblablement, la réalité a changé, mais peut-être pas autant que les médias le laisseraient penser.


Mettre en avant les familles, c’est rendre moins antipathique une population qui tend à l’être de plus en plus. Mettre en avant les familles, c’est en fait, appeler la générosité du grand public autour du sort des milliers d’enfants en manque de foyer. De fait, l’attention des médias reflète l’attention des politiques, des activistes : les familles sans domicile sont moins déméritantes que les adultes isolés, elles sont plus souvent aidées. Au contraire, les hommes sans-abri, en particulier s’ils sont noirs, sont les pauvres non méritants par excellence : " Ils sont perçus comme dangereux et agressifs, on les laisse dans la rue ... / ... " écrit Homeless USA

Est ce au nom de ces raisonnements que le maire de la ville de New York, Michael Bloomberg, explique avoir trouvé une solution pour gérer le problème des sans-abri... Il offre aux SDF un billet, ALLER SIMPLE, de train, de bus ou d’avion pour la destination de leur choix... La personne doit juste y avoir un proche qui accepte de l’accueillir.

Ce programme à un but hautement humanitaire : L’hébergement de ces familles coûte à la ville l’équivalent de 25 000 euros par an et par famille. L’objectif est donc simple : réaliser des économies et alléger la fiscalité des citoyens new-yorkais. Selon le New-York Times ce programme lancé en 2007 coûte environ 500 000 dollars par an à la ville de New-York.

Parmi les villes les plus prisées : Orlando, Johannesburg, Hawaï ou encore Paris. Grâce à ce programme, un couple et ses trois enfants devraient bientôt décoller pour Granville, dans la Manche. Ce voyage pourrait coûter 6332 dollars à la la ville de New York. - Source France Info

Oui, vous avez bien lu : Granville !!! Et, il en pense quoi le maire de Grandville ?

" ... / ... Le maire de Granville n'est au courant de rien. Ancien vice-président national de Peuples solidaires, cet horticulteur de 63 ans, élu en 2008 à la tête d'une liste «humano-pragmatique au-delà des clivages» ne mâche pas ses mots : «On connaissait déjà les charters pour Africains. Cette fois, on assiste à la marchandisation et à l'exportation de la pauvreté

Interrogé par CNN, Michael Bloomberg a déclaré : " Est-ce que l'on est en train de transférer le problème ailleurs ? Je ne sais pas. Peut-être trouvent-ils un nouvel emploi quand ils arrivent dans un nouvel endroit, peut-être pas. C'est peut-être plus facile pour eux. Ce qui est sûr, c'est que l'on a deux choix : faire ce programme [de billets d'avions] ou payer très cher, chaque jour, pour leur fournir un hébergement.» Un hébergement qui coûte 36 000 dollars (25 000 euros) par an et par famille. Chaque nuit, 38 000 SDF sont accueillis dans les centres d'accueil de la grande métropole. - Source Le Figaro

Mais, New York, ce ne sont pas uniquement les SDF qui hantent les rues, c'est aussi le siège de la finance américaine et mondiale : Wall Street

Et, à Wall Street, visiblement, après avoir bénéficié des largesses de l'Etat et oublié le Huitième commandement, qui proclame : "Tu ne voleras pas point", on voit la vie sous un jour différent :

" ... / ... Des grandes banques américaines ont recommencé à verser de copieuses primes à leurs dirigeants moins d'un an après le début de la crise financière, au risque de démontrer qu'elles n'ont rien appris de la débandade de septembre 2008.

Goldman Sachs, qui a annoncé la semaine dernière des bénéfices record, a fait savoir qu'il avait mis de côté au premier semestre pas moins de 11,4 milliards de dollars pour la rémunération de ses dirigeants. Son concurrent Morgan Stanley a suivi le mouvement mercredi en annonçant une enveloppe de 3,9 milliards -- en dépit d'un troisième trimestre consécutif de pertes.

Pour certains, le retour de primes mirifiques est le signe de la guérison de Wall Street, où l'indice Dow Jones est repassé jeudi au-dessus de la barre des 9.000 points pour la première fois depuis huit mois.

Goldman Sachs et Morgan Stanley ont remboursé à l'Etat les fonds qui leur avaient été avancés au plus fort de la crise et peuvent donc s'affranchir des pressions politiques.

... / ... Après les centaines de milliards déboursés pour sauver le secteur, le président Barack Obama n'apprécie guère la prospérité retrouvée de certains banquiers. "On n'a pas l'impression que les gens de Wall Street ressentent le moindre remords d'avoir pris tous ces risques. On n'a pas l'impression qu'il y ait eu un changement de culture ou de comportement malgré tout ce qui s'est passé", a-t-il déclaré lundi à la chaîne de télévision PBS ... "

Comme Christine Lagarde et Ariane Obolensky la directrice générale de la Fédération bancaire française (et membre du du conseil exécutif du MEDEF ) en France, "... / ... les banques américaines dénoncent un débat populiste et expliquent qu'elles n'ont guère le choix si elles veulent conserver leurs meilleurs éléments... / ... " - AFP/Google

Ce dernier argument est d'autant plus amusant que Christine Lagarde prétendait, au plus fort du tollé sur le futur milliard d'€ de bonus promis aux traders de la BNP, que les traders français risquaient de tous partir ... aux Etats Unis !

C'est vrai que c'est beaucoup plus important que l'éradication de ceux qui sont tombés du manège économique et donnent une mauvaise opinion de la ville et de la société américaine !

Il y a encore peu, certains dirigeants déclaraient la main sur le coeur, vouloir "moraliser le capitalisme". A New York, il semble qu'on ait une vision quelque peu différente de la moralisation, plus proche du : "Just do it !!!!

Crédit photo
Le Routard