29 octobre 2007

Construction européenne : Déni de démocratie ?

C'était en 2005. Jacques CHIRAC avait décidé de demander aux français de s'exprimer par référendum sur la ratification du projet de traité constitutionnel pour l'Europe. La quasit totalité de la classe politique et des media nous affirmaient que ce traité était excellent mais perfectible. A l'époque, il était considéré comme incongru de se prononcer pour le NON et vous savez ce qu'il en advint.

Ce référendum a été un des premiers qui ait fait exploser les clivages politiques. Monté de toutes pièces par notre président de la république, le mini traité n'est en fait que le même projet à quelques très rares exceptions.

J'avais écrit un article sur ce mini traité le 27 juillet 2007. Je vous en rapelle les termes

Conformément aux souhaits de la Grande-Bretagne, de la Pologne et de la République tchèque, le terme de "ministre" des Affaires étrangères de l’UE a été abandonné pour adopter celui de "Haut Représentant pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité". Celui-ci coordonnera toute la politique extérieure de l’UE et sera à la tête d’un service diplomatique.

La Charte des droits fondamentaux ne figurera pas dans le corps du nouveau traité, conformément au souhait de la Grande-Bretagne. Un article du texte ayant une valeur juridique contraignante devra cependant y faire référence, mais ne s’appliquera pas à la Grande-Bretagne... Et probablement pas à la Pologne, puisque cette dernière a indiqué qu’elle envisageait de rejeter la Charte. La ministre des Affaires étrangères polonaise a demandé à "pouvoir garder la possibilité de rejoindre les Britanniques" dans leur refus du caractère contraignant de la Charte. Il semble que l’Irlande fasse la même demande.

Quelles sont les "avancées" obtenues par ceux qui ont échouer le projet de traité constitutionnel ?

Les Pays-Bas et la France ont obtenu l’ajout d’un protocole sur les services publics, soulignant l’importance des services d’intérêt général et mentionnant "le rôle essentiel et la grande marge de manœuvre des autorités nationales, régionales et locales".

Ce que l’on incorpore dans le minitraité, mais qui provient du projet de Constitution

L’Union conserve la personnalité juridique unique. Le terme d’Union remplace partout celui de Communauté.

La présidence de l’UE sera désormais stable. Le mandat du président sera de deux ans et demi, contre les six mois actuels, et il sera élu par ses pairs.

À partir de 2014, la Commission comptera un nombre de commissaires égal aux deux tiers des États membres, et non plus un commissaire par État.

Le renforcement du rôle des Parlements nationaux : la période d’examen d’un texte par les assemblées des États membres passe de six à huit semaines. Si elle est contestée à la majorité simple des voix attribuées aux Parlements nationaux, la Commission devra justifier une décision, la revoir ou la retirer.

La règle de la double majorité (55% des États membres représentant au moins 65% de la population) pour les votes au Conseil est maintenue. Pour arracher un accord sur l’ensemble du texte à la Pologne, les États membres ont accepté de différer l’entrée en vigueur de cette disposition à 2014. Jusqu’en 2017, un État membre pourra demander à ce que s’applique le système de l’ancien traité de Nice.

La majorité qualifiée devient la règle pour 51 domaines supplémentaires, dont la coopération judiciaire et policière, l’éducation ou la politique économique. L’unanimité restera la règle pour la politique étrangère, la sécurité sociale, la fiscalité et la culture. La Grande-Bretagne a obtenu une dérogation sur la coopération judiciaire et policière.

Extension de la procédure de codécision, avec un droit de veto au PE, à de nouveaux domaines comme la justice et les affaires intérieures.

Changement climatique, sécurité énergétique : des références spécifiques seront introduites dans le futur traité sur ces deux sujets.

En fin de compte, c’est essentiellement la Grande-Bretagne qui sort gagnante de cette affaire et qui va une fois de plus tirer vers le bas le statut des salariés et leurs droits. Car enfin, qu’y a-t-il de si terrible dans la charte fondamentale qui puisse rendre hystérique le Royaume-Uni ?

Il semblerait que ce soit le volet IV qui porte le nom de "Solidarité" :

. Article 27. Droit à l’information et à la consultation des travailleurs au sein de l’entreprise.

Les travailleurs ou leurs représentants doivent se voir garantir, aux niveaux appropriés, une information et une consultation en temps utile, dans les cas et conditions prévus par le droit communautaire et les législations et pratiques nationales.

. Article 28. Droit de négociation et d’actions collectives.

Les travailleurs et les employeurs, ou leurs organisations respectives, ont, conformément au droit communautaire et aux législations et pratiques nationales, le droit de négocier et de conclure des conventions collectives aux niveaux appropriés et de recourir, en cas de conflits d’intérêts, à des actions collectives pour la défense de leurs intérêts, y compris la grève.

. Article 29. Droit d’accès aux services de placement.

Toute personne a le droit d’accéder à un service gratuit de placement.

. Article 30. Protection en cas de licenciement injustifié.

Tout travailleur a droit à une protection contre tout licenciement injustifié, conformément au droit communautaire et aux législations et pratiques nationales.

. Article 31. Conditions de travail justes et équitables

1. Tout travailleur a droit à des conditions de travail qui respectent sa santé, sa sécurité et sa dignité.
2. Tout travailleur a droit à une limitation de la durée maximale du travail et à des périodes de repos journalier et hebdomadaire, ainsi qu’à une période annuelle de congés payés.

Article 32. Interdiction du travail des enfants et protection des jeunes au travail.

Le travail des enfants est interdit. L’âge minimal d’admission au travail ne peut être inférieur à l’âge auquel cesse la période de scolarité obligatoire, sans préjudice des règles plus favorables aux jeunes et sauf dérogations limitées.
Les jeunes admis au travail doivent bénéficier de conditions de travail adaptées à leur âge et être protégés contre l’exploitation économique ou contre tout travail susceptible de nuire à leur sécurité, à leur santé, à leur développement physique, mental, moral ou social ou de compromettre leur éducation.

Article 33. Vie familiale et vie professionnelle.

1. La protection de la famille est assurée sur le plan juridique, économique et social.
2. Afin de pouvoir concilier vie familiale et vie professionnelle, toute personne a le droit d’être protégée contre tout licenciement pour un motif lié à la maternité, ainsi que le droit à un congé de maternité payé et à un congé parental à la suite de la naissance ou de l’adoption d’un enfant.

Article 34. Sécurité sociale et aide sociale

1. L’Union reconnaît et respecte le droit d’accès aux prestations de sécurité sociale et aux services sociaux assurant une protection dans des cas tels que la maternité, la maladie, les accidents du travail, la dépendance ou la vieillesse, ainsi qu’en cas de perte d’emploi, selon les modalités établies par le droit communautaire et les législations et pratiques nationales.
2. Toute personne qui réside et se déplace légalement à l’intérieur de l’Union a droit aux prestations de sécurité sociale et aux avantages sociaux, conformément au droit communautaire et aux législations et pratiques nationales.
3. Afin de lutter contre l’exclusion sociale et la pauvreté, l’Union reconnaît et respecte le droit à une aide sociale et à une aide au logement destinées à assurer une existence digne à tous ceux qui ne disposent pas de ressources suffisantes, selon les modalités établies par le droit communautaire et les législations et pratiques nationales. [... ]

En bref une double peine pour ceux qui ont voté NON et la négation de la démocratie. Toujours fidèle à la vielle technique de 2005, la manipulation est de retour puisque selon un sondage CSA paru lundi, dans Aujourd'hui en France/Le Parisien, 68% des personnes interrogées affirment qu'elles voteraient «oui» à une telle consultation.

Devant un tel passage en force, Slovar les Nouvelles soutient la pétition "Respectez notre NON" Cette pétition a déja recuelli 2116 sigantures

Extraits :

En 2005, les citoyennes et les citoyens de notre pays et des Pays-Bas ont refusé la « constitution » européenne que les chefs d'Etat de gouvernement avaient adoptée. Dans plusieurs pays, elle n'a jamais été ratifiée. Fin juin 2007, les chefs d'Etat et de gouvernement ont lancé une procédure éclair pour un nouveau traité européen, sans débat populaire, sans referendum.

Contrairement à ce que dit Nicolas Sarkozy, ce n'est pas un « mini-traité ». Sous un autre nom et une autre forme, il reprend l'essentiel de la « constitution » rejetée.
Contrairement à ce que dit Nicolas Sarkozy, « le respect de l'économie ouverte de marché où la concurrence est libre » restera la pierre angulaire de la construction européenne à laquelle tout est subordonné. Aucune des principales exigences soulevées dans le débat sur le traité constitutionnel n'est prise en compte : services publics, égalité hommes-femmes, laïcité, préservation de l'environnement et des ressources non renouvelables, Europe sociale, refus de la libre circulation des capitaux et du dumping fiscal, surpuissance et missions de la banque centrale européenne (BCE), politique de paix, fonctionnement démocratique de l'Union européenne ... / ...

Nous sommes des partisans déterminés d'une Europe émancipée de cette tutelle des puissances financières, capable de refuser les politiques de domination agressive et les interventions militaires pour mettre en oeuvre de nouvelles relations internationales, notamment avec les pays du Sud. Nous voulons une Europe fondée sur le refus de toutes les discriminations, le respect effectif de la diversité culturelle et la convergence par le haut des droits sociaux, des normes environnementales et des protections des consommateurs. Nous voulons une Europe bâtie sur la volonté et la souveraineté populaire. Voilà pourquoi nous refusons ce nouveau traité. Et nous proposons une démarche : l'élaboration d'un nouveau texte fondateur à la suite d'un processus démocratique, populaire et transparent ; puis sa ratification par referendum dans tous les Etats ... / ...

Sources et crédit
Respectez notre NON

26 octobre 2007

Mini traité européen : Gérard FILOCHE répond à François REBSAMEN

François Rebsamen, s'exprimait auprès de l'Associated Press au sujet de la position du Parti Socialiste vis à vis du futur mini traité européen il entre autre, déclaré :

"... / ... En cas de position commune au PS, les contrevenants devront être sanctionnés ... / ... ” Slovar souhaitant donner corps au débat sur l'avenir de la construction européenne a le plaisir de vous donner ci-dessous la réaction de Gérard FILOCHE

"Etonnante déclaration : elle aurait du crédit si, des responsables du Ps avaient été sanctionnés lorsqu’ils faisaient des déclarations hostiles aux positions du parti sur des questions vitales.

Prenons l’exemple de Michel Rocard en plein mai 2003, alors que le congrès de Dijon à l’unanimité, appelle au retrait de la loi Fillon, en plein mouvement social, celui-ci, sans même venir au congrès, explique qu’il est pour la loi Fillon... et il est nommé tête de liste au européennes en PACA l’année suivante... Alors même qu’il a déjà pris position pour le “oui” au TCER avant tout le monde et qu’il se prononce contre l’Europe des 35 h et contre le Smic européen, deux mots d’ordre qui sont sur les affiches du Ps pendant la campagne qu’il est censé animer...

Il y a quantité d’autres cas, de Kouchner (qui déclare le 26 décembre 2006 vouloir participer à un gouvernement Sarkozy-Royal et qui est promu aussitôt dans le staff de la candidate...) à Rocard encore qui défend Bayrou contre Royal quelques jours avant le 22 avril 2007... François Rebsamenn est bien placé pour savoir que le vote du 1er décembre 2004 était insincère et que s’il avait été sincère la majorité des membres du Ps du Pas de calais, des Bouches du Rhône et de quelques autres grosses fédérations auraient voté “non” : il ne peut y avoir 12 000 socialistes en Pas de calais, 65 % de “oui” en interne et 75 % de “non” en externe...

Quelque chose ne s’explique pas dans ce vote, et cela ne peut être le vote dans les urnes du 29 mai, celui-là était authentique. François Rebsamen est forcément pour la “démocratie participative”, on le sait tous, comme Ségolène Royal, alors il ne peut ignorer qu’en 2005, 59 % des électeurs socialistes ont voté “non”, 75 % de la gauche a voté “non”, comment pourrait on piétiner un tel vote ?

S’il y a des “contrevenants”, ce sont ceux qui ne tiennent pas compte du vote populaire, n’est-ce pas ? Car le peuple et le peuple de gauche sont souverains, ce n’est pas un défenseur de la démocratie participative qui pourra dire le contraire... Enfin que signifie le mot “contrevenant” ? Car ceux qui ont fait campagne pour le “non” en 2005 ne l’ont pas fait au nom du Parti socialiste, ils l’ont fait en leur nom, sans moyens, sans argent, sans ambiguïté : le Parti socialiste a donc disposé de 100 % des moyens du parti, de son argent, de ses moyens, pour faire campagne pour le “oui”.

Ce qui devrait faire réfléchir ceux qui veulent d’avance faire régner l’ordre (pas juste) avant même qu’on ait tranché sur la nouvelle mouture du TCE, c’est qu’avec 100 % des moyens du parti, la direction de celui-ci n’ait obtenu en 2005 en grandeur réelle, que 41 % des voix des électeurs du Ps sur sa position ouiiiste. Il vaudrait mieux dans l’intérêt du parti, de la gauche, rconnaitre la vraie majorité a gauche : elle a dit “non” et elle veut redire “non”, mieux vaudrait ne pas trop contrevenir à cette majorité si nous voulons gagner la prochaine fois.

Car on ne peut gagner contre con camp, des millions de “nonistes” du 29 mai sont vigilants sur ce que le Parti socialiste va dire ce coup-là, à nouveau, et si il ne dit pas ce qu’ils attendent, s’il contrevient a leurs espoirs, la rénovation, la reconstrcution, l’unification de la gauche n’est pas pour demain. Il y a une Europe de droite et un Europe de gauche, une Europe libérale et une Europe sociale, et un fossé entre les deux visages de l’Europe, il faut choisir notre camp"

Gérard Filoche, le 26 octobre 2007

Exclusivité Slovar les Nouvelles

Sources et copyright
YAHOO- Associated Press

24 octobre 2007

Interview de Claude BARTOLONNE

Bonjour Claude BARTOLONE et merci d’avoir accepté cette interview citoyenne. Vous êtes député de Seine Saint Denis, Adjoint au Maire du Pré Saint Gervais et ancien Ministre délégué auprès de la ministre de l'emploi et de la solidarité, délégué à la ville.

Question : Vous êtes élu de longue date de Seine Saint Denis. A écouter et lire les responsables de la droite parlementaire ainsi que les media, ce département cumulerait toutes les turpitudes.

Que vous inspirent ces propos et réactions et quelles actions proposez-vous pour qu'on cesse de montrer du doigt la totalité de notre département et de ses habitants ?

Il faut bien avouer que cette image dépréciée de notre département est soigneusement entretenue par certains médias en mal d’audimat et certains responsables politiques en mal de suffrages. L’effet miroir a cela de terrible que les habitants de Seine-Saint-Denis, eux-mêmes, ont tendance à intérioriser cette représentation négative de leur département, de leur ville, de leur vie.

Tout n’est pas rose en Seine-Saint-Denis. Les ravages du chômage et les problèmes de sécurité sont une réalité. Et ce n’est sûrement pas – comme le fait la droite – en s’attaquant au code du travail, aux services publics et en supprimant des policiers et des juges, que nous viendrons à bout de cette réalité-là.

Mais une chose est sûre, l’avenir est ici. La Seine-Saint-Denis a un immense potentiel. Sa jeunesse est une chance et son attractivité économique est considérable. Je constate simplement que ces dernières années, cela a été insuffisamment souligné et encouragé. L’enjeu des années qui viennent sera de réparer et de construire.

Nous devons mettre le paquet sur le développement économique pour agir efficacement sur l’emploi, le logement et le progrès social. Nous devons faire de la culture, de l’éducation et de la formation professionnelle une priorité permettant de préparer les cerveaux et les bras dont nous aurons besoin dès demain. Nous devons faire du développement durable le préalable à toute politique publique et la condition d’une vie meilleure en Seine-Saint-Denis.

Nous avons une responsabilité particulière car notre département n’est pas un département comme un autre. Ici se dessine aujourd’hui le visage de la France de demain.


Question : Bien que la droite ait gagné les élections présidentielles et législatives, la gauche a fait mieux que résister en Seine Saint Denis comment expliquez-vous ce résultat ?

Je l’explique d’une part par ce que j’évoquais à l’instant. Les habitants de Seine-Saint-Denis savent bien ce que peut représenter une politique de droite dans leur vie quotidienne. Ils voient depuis 2002 les associations asphyxiées par les coupes sombres des crédits de l’État ; ils constatent que derrière les discours sur la sécurité, on leur supprime des effectifs de police dans leur commissariat ; ils se retrouvent confrontés à des files d’attente inimaginables pour obtenir un logement à loyer modéré – parfois jusqu’à dix ans. Sans compter l’inquiétude pour leur emploi et pour l’école de leurs enfants.

D’autre part, ils savent aussi ce que peuvent leur apporter des équipes de gauche. Lorsque l’on voit le travail remarquable mené par les maires socialistes en Seine-Saint-Denis, on réalise qu’au niveau local aussi, la gauche ça sert à quelque chose, et que l’on peut concilier développement économique et progrès social.

Les habitants de la Seine-Saint-Denis veulent d’une gauche qui agit.


Question : Les élections municipales sont depuis toujours l'occasion d'alliances locales entre les partis de gauche. Plusieurs responsable socialistes évoquent l'ouverture de certaines listes à des candidats du MODEM alors qu’on évoque des candidatures socialistes contre des maires communistes candidats à leur propre succession.

Entre ouverture et compétition, n’ayez-vous pas peur que les électeurs de gauche soient désorientés ou découragés ?

Je vais être très clair. Je refuse le principe des « alliances à la carte » qui ne sont en fait que des petites alliances entre amis. On ne peut pas avoir une vision locale déconnectée de sa vision nationale. On ne peut pas trouver telle ou telle organisation politique infréquentable à Paris, et socialo-compatible sur son territoire. La seule stratégie d’alliances qui vaille, c’est celle qui est fondée sur un projet politique global. Il n’est pas interdit d’être cohérent en politique.

Il n’est pas interdit non plus de respecter le choix des électeurs. En Seine-Saint-Denis, on constate qu’au sein de la gauche, les choses bougent, les équilibres évoluent. Au fil des scrutins, les électeurs affirment leur volonté de voir les Socialistes peser davantage. C’est pourquoi le rassemblement de la Gauche – seule stratégie qui permettra de battre la droite, l’unique adversaire des Socialistes – ne peut être conçu comme une idée statique. Cela reviendrait à mépriser le choix des électeurs. Bien au contraire, il doit prendre en compte l’évolution des rapports de force décidés à l’occasion des échéances électorales.

Plus largement, compte tenu de ce qui s’est déroulé durant la dernière campagne présidentielle, nous ne pourrons pas faire l’économie d’une réflexion sur nos stratégies d’alliance. Et de manière plus sérieuse qu’en mai dernier où nous avons dû mettre au pilon nos tracts et nos autocollants anti-Bayrou car ses 18% le rendaient subitement fréquentable.

Je ne suis pas de ceux qui veulent enfermer le Parti socialiste dans un pré carré, mais je veux que l’on soit capable de tenir, en ce qui concerne les alliances, un discours sans ambiguïtés. Les Socialistes ne peuvent larguer les amarres avec le reste de la gauche pour courir après un centre dont on ne sait pas aujourd’hui de quoi il est composé.

Le Parti socialiste est un parti de gauche. Sa stratégie doit demeurer le rassemblement de la gauche. Et si la question d’une alliance avec le centre doit un jour se poser, elle devra l’être sur la base d’un projet qui fasse apparaître des convergences notamment en matière de politique économique et sociale – je n’en vois guère pour le moment. Et d’un principe : ajouter sans retrancher.

Question : François Hollande a déclaré " Cessons de rêver, ne jouons plus à la révolution. "Le Grand Soir, c'est fini" et qu'il faut accepter l'économie de marché et la mondialisation. Cela signifie t-il une reconnaissance de l'impuissance de la politique face à l'économie ?

Et pensez-vous dans ce cas que l'on s'achemine vers un retour aux simples pouvoirs régaliens de l'état ?

Évitons de tomber dans le piège que nous tend la droite, relayée par une certaine presse bien-pensante. Sarkozy s’efforce de diviser la gauche en imposant l’idée qu’il existerait des gentils et modernes sociaux-démocrates scandinaves ou anglo-saxons, et des méchants et archaïques socialistes français.

Mais qui connaît un socialiste français qui veut conquérir le pouvoir par les armes ? Il y a bien longtemps que nous avons opéré notre mue social-démocrate. Avez-vous rencontré récemment un élu, un militant socialiste qui nie l’économie de marché ou qui prône la rupture avec le capitalisme ? Aujourd’hui, nous devons nous extraire de ce faux débat et convaincre les Français qu’il y a trois façons de se positionner face à la question centrale du capitalisme.

Il y a d’abord celle de la droite libérale, incarnée dans sa forme la plus pure par Monsieur Sarkozy : « le capitalisme existe, il faut s’y soumettre. Les chefs d’entreprises seront toujours plus forts que les politiques, et le marché plus intelligent que l’État. » C’est la fameuse « main invisible » qui administre des caresses dans les discours, et qui distribue des gifles dans la réalité.
Il y a ensuite la posture de Monsieur Bayrou et de ses amis : « on ne peut rien faire contre le capitalisme, il faut organiser la charité et l’accompagnement social. »
Il y a enfin celle des socialistes : « le capitalisme existe. Face à lui, la puissance publique doit déterminer ce qui relève ou non du secteur marchand. Sur la question de la santé, de l’éducation, de la culture, l’environnement, c’est l’État qui doit fixer les règles du jeu. »

Si bien qu’aujourd’hui, le véritable débat au sein de la gauche ne doit pas porter sur la reconnaissance ou non de l’économie de marché, mais sur le niveau d’intervention de l’État, sur la définition du compromis social-démocrate qui doit être instauré en ce début de 21ème siècle.

Si l’on donne le sentiment que l’économie de marché est la règle mais qu’elle devient socialement ingouvernable, le risque est grand de voir, dans les années qui viennent, une réponse populiste et autoritaire prendre le meilleur sur la social-démocratie et surtout, comme a su le faire Nicolas Sarkozy avec habileté, imposer l’idée que le compromis social n’est pas tenable collectivement et que c’est individuellement qu’un certain nombre de nos compatriotes peuvent s’en sortir.


Question : La tiédeur des réactions du parti socialiste (voir les acquiescements de certains dirigeants du PS) sur le contrat de travail unique, la flex sécurité, la séparabilité, l'immigration économique, l'allongement de la durée de cotisation retraite ne risque t-il pas de pousser les électeurs traditionnels du PS à se réfugier dans l'abstention ou le votre extrême ?

Dis-moi comment tu t’opposes et je te dirai qui tu es ! Avant de prétendre convaincre les Français que nous sommes porteurs d’une alternative crédible, encore faut-il que nous soyons capables de leur dire ce que nous pensons de la politique menée par la droite. Il est maintenant urgent de qualifier notre opposition. Rien ne serait pire que de donner le sentiment aux Français que les Socialistes, c’est trois doigts de compliments adressés à Sarkozy, deux doigts de critiques sur la méthode, et rien du tout sur le fond.

Pourtant, les occasions de s’opposer ne manquent pas. La victoire ne semble pas suffire au nouveau président. Il lui faut maintenant tenter de rayer l’opposition de la carte avec sa politique de débauchage. Mais, nous le voyons bien, au fur et à mesure que ce gouvernement dévoile sa vraie nature, ces personnalités vont avoir du mal à faire croire qu’elles font partie de cette équipe simplement pour des raisons techniques.

Pour paraphraser une formule célèbre de mon ami Chevènement, lorsque l’on fait partie de l’équipe Sarkozy, on assume les tests ADN, les franchises et le paquet fiscal, ou on démissionne !

Il est donc temps pour les uns et pour les autres d’assumer ou de démissionner.

Assumer le coup de karcher sur les institutions. Un président omniprésent, omnipotent et omniscient, un premier ministre proclamé « collaborateur » du président, des fonctionnaires de l’Élysée autorisés à parler au nom de la France, et un parlement plus godillot que jamais. La France inaugure un système politique bien pire qu’un régime présidentiel à l’américaine. Le système américain présente au moins l’avantage de confier des pouvoirs au congrès. Peut-on dire de même pour le Parlement français ?

Assumer le coup de canif dans le contrat social. Ni plus ni moins que les gouvernements de droite qui se sont succédés ces dernières années : cadeaux fiscaux pour les plus aisés, franchises médicales, suppressions de postes dans l’éducation nationale, remise en cause du SMIC, des 35 heures et privatisation du financement de la santé et des retraites.

À une différence près. En essayant de monter les Français les uns contre les autres (secteur public contre secteur privé, régime général contre régimes spéciaux, Français contre immigrés), Sarkozy s’efforce de détourner l’attention de la détresse sociale, de la situation désastreuse des comptes publics, de la croissance en berne et du plan de rigueur qui nous attend au coin du bois au lendemain des échéances municipales et cantonales.

Assumer le coup de canon sur la politique internationale de la France. Les messages émis par Sarkozy et les déclarations va-t-en-guerre de son ministre des affaires étrangères laissent entrevoir une rupture dans la tradition française avec un alignement sur les thèses des néo-conservateurs américains. L’insistance de Sarkozy à souligner la menace d’une confrontation entre l’Islam et l’Occident en est la plus parfaite illustration. Le président français remet à la mode la vieille théorie d’Huntington sur le choc des civilisations, si chère à Monsieur Bush.

Au final, Sarkozy, c’est la même politique que les derniers gouvernements de droite ; l’odeur de l’argent et la révérence à Bush en plus.

Question : En fin de compte, pour vous, le problème du parti socialiste, c'est un problème de refondation ou de fondamentaux ?

Quels sont au juste les fondamentaux du Parti socialiste ? Faire progresser le pays, ne pas laisser les gens crever dans la rue, promouvoir l’égalité, défendre la République laïque et faire gagner la paix. Croyez-vous vraiment que ces valeurs soient dépassées au moment où le monde entier les réclame ? Je ne le crois pas. Il faut donc défendre nos fondamentaux.

En revanche, il nous faut dans le même temps inventer le socialisme d’un monde nouveau. D’abord en promouvant une autre vision de la mondialisation.

Il n’est pas question de refuser la mondialisation quand elle permet de faire reculer le travail des enfants ou de combattre la pauvreté. Mais quand elle réduit un continent entier à la misère, comme c’est le cas pour l’Afrique, quand on voit les ravages environnementaux dont elle est responsable, que l’administration Bush, à la tête du pays le plus riche du monde, envoie promener l’ensemble de la planète sur la question écologique, en considérant le protocole de Kyoto comme un chiffon de papier, peut-on continuer à penser et à dire que cette mondialisation est spontanément heureuse ?

Quand des salariés se voient privés de leur emploi par une entreprise qui va dégager plus de profits en s’installant dans un pays de l’Est, et que dans le même temps il n’existe pas de politique sociale qui permette la mobilité de l’emploi, la création d’activités et une espérance face à cette mondialisation, pourquoi voulez-vous qu’une partie des électeurs reconnaisse aux socialistes un projet différent ?

La mondialisation doit être régulée, comme le marché dont elle est l’extension à tous les domaines de la vie. C’est sur cette base que les socialistes auront une chance de faire entendre une approche différente.

Question : Souhaitez-vous ajouter quelque chose à notre entretien ?

Oui. Deux choses.
La première, je vous invite à vous rendre dans toutes les bonnes librairies pour vous procurer mon livre « Une élection imperdable » paru chez l’Archipel ! J’y développe tous les points que nous avons évoqués.
La seconde, je veux vous remercier pour le boulot que vous fournissez. Vous ne vous en rendez peut-être même pas compte, mais vous êtes un passeur de démocratie. Longue vie à votre blog !

Merci Claude BARTOLONE d’avoir accepté cette interview.

Jean Claude BENARD

Sources et bibliographie
Assemblée Nationale
Blog de Claude BARTOLONE
Rassembler à gauche

C¹est un concept magnifique que le savoir inconscient collectif

Slovar a abordé très récemment le "problème" de la caisse noire constituée par l'un des responsables du MEDEF. Nous avons décidé de vous proposer le point de vue de Gérard FILOCHE sur ce sujet. Nous reproduisons ci-dessous l'intégralité de son texte.

On n’a jamais eu un scandale avec des sommes aussi énormes :

Cela a commencé par la découverte de quelques millions d’euro retirés en liquide par le principal patron des patrons du Medef, le leader de l’UIMM (Union des industries et métiers métallurgiques). M. Denis Gautier-Sauvagnac , (dit « DGS ») figure éminente du CNPF puis du Medef, faisait retirer régulièrement depuis de longues années, des centaines de milliers, des millions d’euro en liquide… Les enquêteurs ont parlé de 2 millions d’euro, puis de 7 millions retirés de la Banque Martin-Maurel . Puis de 2 millions… par an. On en est vite arrivé à 20 millions d’euro : on en trouvait partout, dans les coffres de DGS, à Paris comme à Marseille. Dans un coffre privé de DGS, il auraient même été trouvé 300 000 euro : un emprunt qu’il se faisait à lui-même au nom de son organisation, pourquoi se gêner ? à rembourser en 2013 !

Dans sa comptabilité, cela figurait sur papier simple ! Et apparemment cela servait pour acheter un appartement « à la découpe », de 190 m° à l’Etoile au prix ridiculement bas de 331 000 euro, à la suite d’un tuyau d’initié…

Non seulement les chefs du patronat n’ont pas nié l’existence de cette « caisse noire », de ce « pactole », de ces « fonds secrets », (comment appeler cela ?), mais ils ont avoué sans vergogne, que c’était une fort ancienne pratique ! « Donner des espèces à divers partenaires dans la vie sociale (c’est) dans la continuité historique de l’UIMM, dans sa mission de recherche du dialogue social » écrit François Ceyrac, ex-président de l’UIMM l et du CNPF (1969-1973), ainsi que deux de ses successeurs, Arnaud Leenhardt (1992-1999), et Daniel Dewavrin (1999-2006) qui renouvellent publiquement leur confiance à DGS. Ils ont fait pareil de leur temps !

Ainsi de perquisition en perquisition, en arrive-t-on au chiffre fabuleux de 160 millions d’euro détournés en liquide pour l’essentiel sur un « trésor de guerre » placé en banque de 600 millions d’euro. Interviewé, François Ceyrac , affirme que « ce que l’on prétend découvrir aujourd’hui, n’est pas un mystère pour tout le monde, c’est même assez largement connu (de qui ?). Ce qui frappe l’opinion, j’en ai pleinement conscience, c’est l’importance des sommes en jeu. (…) « On peut penser qu’autrefois, c’était même beaucoup plus » (sic) !

D’où vient cet argent fabuleux ?

Cet argent nous dit-on est constitué de « cotisations volontaires et supplémentaires », Pourquoi « supplémentaires » ? « Il ne s’agit en aucun cas des cotisations annuelles des adhérents. Au-delà de leur « cotisation normale » explique M. Ceyrac, des entreprises versaient « d’autres cotisations » dûment déclarées et pas en espèces sur un compte bancaire ». Mais pourquoi deux types de cotisations alors ? Pourquoi deux versements séparés ? DGS, lui, assure que l'argent liquide provenait d'un seul fonds informel, baptisé « Entraide pour les industries métallurgiques » (Epim).

Créée, selon lui, en 1972, (une autre fois, il parle de 1901) cette caisse de secours sans existence juridique ne serait que la résurgence d'une première structure ouverte après les grandes grèves de 1947. (D’autres disent après mai 68) À l'origine, 2.000 entreprises y cotisaient, sur la base du volontariat, à hauteur de 0,02 % de leur masse salariale, laquelle représentait 1,3 million de salariés, soit la moitié des effectifs de la métallurgie. Aujourd'hui, elles ne sont plus qu'une centaine à verser une contribution de 0,004 % .

Sur quelle ligne de leur comptabilité figurent ces sommes ? Sur quelles sommes non versées ailleurs (fisc, salaires, cotisations sociales ) figurent-elles ?

Et tout cela fournit 600 millions d’euro qui sont distribués au moins à raison de 2 millions par an, en espèces ? (Ce qui, de source policière, pèserait 24 à 32 kilos selon les coupures employées, et tiendrait dans quatre attachés-cases). Pourquoi en espèces ?

Au fil du temps, entre les cotisations amassées et les indemnités effectivement versées par les entreprises, un pactole de 160 millions d'euro a été constitué. Placé en sicav et autres obligations, via une trentaine de comptes bancaires, (pourquoi tant de comptes différents ? Lesquels ?) il rapporte des intérêts et s'élève actuellement à 290 millions d'euro, a déclaré « DGS », à quoi s'ajoutent des plus-values « latentes » (sic : la valeur des placements en Bourse ?) d'environ 300 millions d'euro. Au total, l'UIMM dispose donc d'un potentiel de près de 600 millions d'euro, selon « Le Parisien ». Selon d’anciens responsables, cela aurait pu atteindre un milliard.

Qui savait ?

Mme Laurence Parisot a toujours le sens extraordinaire des formules. En tant que patronne du Medef, responsable élue des fédérations qui y sont liées, elle a une expression inouïe : « Beaucoup savaient inconsciemment » ! Le « savoir inconscient et collectif » est une notion nouvelle vraiment fascinante.

« Beaucoup » savaient : c'est-à-dire tout le conseil de l’UIMM, tout le conseil du Medef.

Mme Parisot affirme que c’est « ubuesque », (est-ce bien le mot approprié ?) qu’elle « ignorait tout », qu’elle se « sent salie », elle appelle à la « transparence » et propose… de « changer les statuts du Medef » ! Mais c’est du pipo, elle se moque de nous : cette transparence y est déjà prévue…

La page 20 des statuts actuels du Medef consultable sur Internet, est entièrement consacrée aux « cotisations - comité financier » : elle explique dans son article 16, l’assiette, le calcul, le règlement des cotisations, celles des organisations professionnelles, des organisations territoriales, des organisations des membres associées et des personnes morales admises à participer, elle décrit le « comité financier » qui procède aux examens des situations des organisations concernées, il y est même prévu un « audit des comptes » devant le conseil du Medef.

Mme Parisot en rajoute : « Non seulement je ne savais rien, mais je ne comprends même pas. (...) Je suis abasourdie, on ne peut pas défendre l'indéfendable (sic) » sur Europe n°1, puis « Nous sommes libérés par cette révélation, c'est une nouvelle vie qui commence » (sic) « Certains utilisent le mot crise, c'est moins une crise qu'une convulsion qui va permettre d'accoucher d'autre chose, allant vers la modernité et l'ouverture » (sic).

La voilà qui se décrète purifiée, en quelque sorte. Elle ose même, en conférence de presse, affirmer : « Cette affaire et ces révélations, ça me fait l'effet de la révélation d'un secret de famille ». (sic). Est-ce ce genre de secret où l’oncle a violé la petite-nièce et que l’on n’ose pas évoquer ?

« C'est quelque chose que nous ignorions totalement pour l'UIMM et que sûrement nous ignorons pour d'autres ». Ah, quel aveu de plus ? Il y en aurait « d’autres » que l’UIMM qui seraient concernées par le même « quelque chose » parmi les organisations du Medef ? M. De Callan et d’autres auraient touché ? Mme Parisot ne le sait pas « consciemment » alors que les statuts actuels du Medef qu’elle dirige depuis deux ans, lui permettent, lui imposent parfaitement de tout savoir.

Et si on le lui a caché, en dépit des statuts, et alors que cela existait depuis si longtemps, alors que c’était aussi « gros », comment a t elle fait pour ne pas voir ? Elle n’a pas cherché ou bien elle a fermé les yeux ? Qui le lui cachait ? Si c’était légal, normal, usuel, ancien, pour quelles raisons le lui cachait-on ?


Depuis quand ?

« Cela fonctionnait depuis 123 ans » affirme Yvon Gattaz, président du CNPF de 1981 à 1986.
D’autres expliquent que cela remonte à l’après-guerre, 1947.
D’autres encore à l’après mai 68, en 1973.
Ce qui veut dire que le « besoin » de ces fonds corrupteurs se serait fait sentir soit à cause de la guerre froide, soit à cause de la peur de mai 68.
D’autres font mine de s’étonner : pourquoi est-ce que cela n’éclate qu’aujourd’hui ? Comme si, en fait, on devait suggérer que c’était le Medef qui était victime d’un « complot » contre lui !
Ce qui est quand même une façon extraordinaire de « retourner » les faits ! Le comploteur se verrait démasquer à un moment « opportun » : par qui ? Pourquoi ?
Par son ami Sarkozy parvenu au pouvoir ? Quelle stupidité : croit-on que Sarkozy a un intérêt à se heurter à une puissance telle que l’UIMM et le Medef réunis ? À faire ce qu’en 123 ans, aucun pouvoir n’a pu faire ? Il ne cherche qu’à les séduire ! “Avec les dents !”

La vraie question n’est-elle pas : pourquoi y a t il eu une telle complicité pour masquer cela pendant tant d’années ? Les textes sur le blanchiment d’argent et les retraits en liquide ne datent pas d’aujourd’hui. On nous explique qu’il y a eu plusieurs signalements au Parquet depuis l’an 2000.

Qui a empêché que l’enquête ne se déclenche plus tôt ? Il fallait que l’UIMM soit sûre d’elle pour continuer le même système de retraits en liquide en 2007 en dépit des premières alertes en 2004 !

Cela relève t il du droit syndical ? Non.

Les leaders du Medef plaident qu’il s’agit d’une vieille pratique remontant à la loi Waldeck-Rousseau de 1884. Faux et curieux.

Curieux : le Medef qui se veut si « moderne », si empressé de changer le modèle social français archaïque, s’est donc volontairement conformé à une si vieille loi, si peu appropriée ?
Et faux : La loi Waldeck-Rousseau du 21 mars 1884, reconnaît les syndicats mais hors de l’entreprise et des lieux de travail. Elle ne peut en aucun cas couvrir le versement d’argent par les entreprises !

« Les syndicats ou associations professionnelles, même de plus de vingt personnes, exerçant la même profession, des métiers similaires ou des professions connexes concourant à l'établissement de produits déterminés, pourront se constituer librement sans l'autorisation du gouvernement » affirme cette loi, qui accorde également à ces syndicats « le droit d'ester en justice », de disposer du produit de leurs cotisations, d'acquérir les immeubles nécessaires à leur activité, de constituer des caisses de secours mutuels ou de retraites.

La notion de « secours mutuel » correspond-elle bien à l’usage des gigantesques fonds de DGS ? Non ainsi que le reconnaît un membre du bureau de l’« Epim » : « Cet argent sert aussi en préventif auprès des syndicats, pour éviter la grève ». Ce qui ne correspond ni à la notion de « secours mutuel » ni à celle du paiement des retraites prévues par la loi de 1884.

La loi Waldeck-Rousseau précise que les syndicats professionnels peuvent, certes, former des « unions » de syndicats, mais ces « unions » ne peuvent, elles, ni posséder d'immeubles, ni entamer des actions en justice. Elles ont des droits plus limitées que les syndicats.

Le Medef et l’UIMM sont des « unions » ! « Le Medef est une association loi 1901, non un syndicat professionnel » lit-on sur son site. Cela est écrit noir sur blanc sur le diagramme du site patronal à la page : « Nature du Medef et pouvoir normatif de l’interprofession nationale et territoriale au regard de la négociation collective ».

« Le Medef national est une association loi 1901 constituée sous forme de confédération entre les organisations professionnelles et territoriales d’entreprises qui adhèrent à ses statuts ».
Seules « les organisations professionnelles sont des syndicats professionnels loi 1884 dotés de la représentativité légale ».

Le Medef est souvent spécialiste, aux prud’hommes, en TI ou TGI, de mettre en cause les droits d’ester en justice de syndicats de salariés pourtant bien mieux habilités que le Medef et l’Union des IMM. Mais le voilà soudain approximatif : ce serait la loi Waldeck-Rousseau qui l’autoriserait à drainer en secret des millions d’euro en liquide et à en faire… ce que DGS veut.

Quelle enquête ?

Elle ne va pas vite cette enquête.
On dirait qu’elle marche sur des oeufs.

La justice avait été informée par un signalement sur ces retraits de fonds entre 2000 et 2006 provenant de la cellule de lutte contre le blanchiment du ministère de l'Economie et des Finances (Tracfin est un service d'enquête indépendant de son autorité de tutelle : Traitement du renseignement et action contre les circuits financiers clandestins).

Interrogé par la banque sur ces retraits, M. Gautier-Sauvagnac, aurait expliqué que ces fonds étaient « consacrés aux oeuvres sociales de la métallurgie et plus particulièrement aux retraités ou malades du secteur » selon le Figaro. Les retraités et « les malades du secteur » seront contents de le savoir… C’est sans « franchise » sans doute ?

C’est parce que les retraits ont continué en 2007 que le parquet de Paris a ouvert une « enquête préliminaire » pour abus de confiance ». Obligé ? On nous indique qu’une information judiciaire pourrait être ouverte.

Ce qui est extraordinaire c’est qu’on ne voit pas, beaucoup au 20 h, les images des intéressés convoqués à la police, répondant à un juge.

En attendant, Denis Gautier-Sauvagnac poursuit ses activités. Il tarde à démissionner et seulement du poste de président, pas de celui de « délégué général » (salaire de 240 000 euro annuel).

Mme Parisot poursuit ses activités. Elle ne savait qu’inconsciemment ! On attend des mises en examen qui traînent.

Tous demeurent libres et peuvent se rencontrer, se concerter, effacer les traces, les preuves.

Dans n’importe quel autre cas, pour des sommes d’argent bien moindres, la justice de Mme Rachida Dati serait plus exigeante : elle fixerait déjà les peines planchers !
Rarement une association qui pourrait être de « malfaiteurs » bénéficie d’une telle mansuétude.

Personne ne met les nombreux complices possibles de détournement de cette ampleur en prison préventive, et les « perquisitions » sont bien discrètes, polies, avec très peu de « fuites ».

On remarquera que les « journalistes d’investigation » ne sont pas sur le coup. Personne n’entreprend d’enquêter sur la loi de 1884, sur les statuts du Medef, sur les entreprises qui cotisent. La grande presse se contente des dépêches et fait un service minimum d’information. Il n’y a pas d’équipe pour chercher les informations comme pour le Rainbow Warrior ou Urba. Le traitement est plus modeste que pour les abus de biens sociaux de la Mairie de Paris sous Chirac. Pour 600 millions d’euro, et des dizaines de millions en liquide, voilà bien peu d’efforts.

Ils orientent la malversation vers les syndicats de salariés

Pour détourner l’attention des malversations de l’UIMM et du Medef, DGS, Parisot suggèrent que c’est la faute aux organisations de salariés, pas celle des unions patronales. Les unes étaient demandeuses (syndicats pourris) et les dernières étaient généreuses (patrons éclairés).

Finalement DGS ne voulait qu’aider les pauvres syndicats de salariés qui, sans cela, n’ont pas le sou. Quels syndicats ? Quels syndicalistes ?

DGS refuse de « parler » : la police ne lui met pas un spot de lumière et de la fumée dans les yeux pour le forcer à avouer. DGS le clame : il n’est pas un « donneur ». (Forcément, ce ne sont pas les groupes Dassault et Lagardère qui vont cracher le morceau !) Mais DGS était le spécialiste des « négociations » avec les syndicats : très fort pour mettre tout le monde autour de la table, et pour les dessous-de-table, laisse-t-on entendre.

Tout cela revient à salir les syndicats de salariés sans aucune preuve : pour l’instant, les seules « mains sales » ce sont celles de DGS.

La CGT examine même les moyens de porter une plainte efficace pour dénonciation calomnieuse.

Les articles officiels de la grande presse ont laissé entendre que la discrétion était nécessaire, car DGS a affirmé qu’il s’agissait de « fluidifier les relations sociales ». Alors, de façon « entendue », la grande presse fait semblant d’être magnanime en ne remuant pas trop la « boue », n’est-ce pas ? Si c’est pour le bien des syndicats, où si ceux-ci sont mouillés, il ne faudrait pas les mettre en cause !

Depuis quand le Figaro protége t il les syndicats de salariés ?

S’il y a des corrompus au niveau de ces syndicats, pourquoi ratent-ils l’occasion de le faire savoir ? Voilà les grands médias qui s’interrogent doctement pour étudier le financement… des syndicats de salariés. Comme si le « lien » était naturel, évident, direct.

Le Medef propose de même mettre cette question en débat alors que cela fait de nombreuses années qu’elle l’est, et qu’ils la refusent. Xavier Bertrand propose une loi… en 2008.

A quel sujet ? Contre les caisses noires du Medef ?

Il existe sur le financement des syndicats de salariés, des projets de loi de la gauche, depuis belle lurette, dont le patronat n’a jamais voulu discuter. D&S a rédigé depuis longtemps, des propositions en ce sens, mais ce n’est pas le sujet, ni le moment, ni lié à la « caisse noire ».

Alors où va l’argent ?

Le Monde, sous la plume de Patrick Roger, suggère : l’argent de l’UIMM aurait pu servir pour la campagne de Giscard d’Estaing en 1974 ou pour d’autres campagnes de la droite. Ah, il ne s’agit plus de syndicalisme, là. Ni de « secours mutuel » et sûrement pas de la loi Waldeck-Rousseau.

Il est suggéré aussi que cela pourrait servir plus récemment et systématiquement à « faire passer des amendements ». Au Sénat en 2002 et 2004, quelques études de cas suffisent à démontrer l’efficacité du lobbying patronal auprès de certains élus et groupes parlementaires. DGS dément au cas où on supposerait mal : “ - Je n’ai pas arrosé de députés”. Seulement leurs attachés parlementaires ?

Douteux ? Le journaliste du Monde conclut : « L'enchaînement des faits conduit pourtant à s'interroger sur les facilités dont dispose l'union patronale de la métallurgie pour trouver au sein du Parlement les relais par l'intermédiaire desquels ses positions peuvent être défendues ».
Posons la question légitime : n’est-ce pas à cela que servent les retraits en liquide ? « Fluidifier les relations sociales » est devenu nouveau pseudonyme de « corruption ».

Cela consisterait donc à corrompre des élus de droite ? Les enquêteurs de la brigade financière ont noté des « pics de retraits en espèces » sur les comptes de l'UIMM dans la période précédant les années d'élection présidentielle en 2002 et 2007… De quelle « fluidification » s’agissait-il ?

« Certains salariés de l'UIMM percevaient sur cet argent, jusqu'en décembre 2006, des primes en espèces de 10.000 euros par an en moyenne ». Tout les perquisitionnés reconnaissent avoir « touché ». Est-ce à dire que c’était un moyen de ne pas payer les cotisations sociales ? DGS commettait aussi des fraudes à l’Urssaf ?

Des patrons payés pour « tenir bon » ? Et la concurrence libre et non faussée ?


On attend le démenti ou les éclaircissements, car avec des millions en liquide tout est possible : après tout DGS n’est-il pas un financeur de terroristes, un blanchisseur d’argent sale ?

S’ils ont besoin de se cacher avec des « espèces » c’est que leur trafic n’est pas avouable, non ?
S’il s’agissait d’une bonne cause, DGS n’hésiterait pas à expliquer et à « donner des noms ».
Pourquoi Mme Parisot se dit-elle « salie » par l’affaire ?
Parce que le patronat aurait payé des « jaunes » ?
Des briseurs de grèves ?
Des commandos anti-syndicaux ?
Des dirigeants syndicaux pour qu’ils ne défendent pas leurs mandants ?
Des syndicats entiers auraient été subvertis par le patronat ?
Des patrons payés pour « tenir bon » ?
Payés « pour éviter les grèves » ou « après les conflits » les versions divergent.
Dans un cas, c’est pour dissuader la grève, dans l’autre pour annuler les effets de la grève, non ? Mais la grève n’est-elle pas un droit constitutionnel ?
"Ces fonds ont servi à indemniser les entreprises qui sollicitaient notre secours après un conflit", dit DGS dans Le Monde du 23 octobre.

Selon lui, 170 millions d'euro auraient ainsi été utilisés. En gros, il faussait « la concurrence libre » et protégeait certaines entreprises des augmentations de salaires de leurs ouvriers ?

Il existe, on le sait, des cas légaux de financement de syndicat par accord dans les entreprises : par exemple, Sanofi-Aventis signe des accords avec ses syndicats représentatifs et leur verse, telle année, 600 000 euro : mais cela fait l’objet d’un accord publié, déposé aux services des conventions collectives, avec toutes les signatures, côté employeur, (en l’occurrence y figure même la signature de François Sarkozy – ne pas confondre avec Guillaume Sarkozy qui postulait à la direction du Medef il y a peu) et, côté salarié (tous les syndicats sans exception).

On peut en penser ce qu’on veut mais ce sont des signatures officielles, explicites, légales, pas des versements en « espèces ». Cela prouve a contrario que les versements en espèces sont « sales » et que la corruption est certaine. Deux millions de liquide par an !

Le profit maximum : « avec les dents » ?

La thèse de Nicolas Sarkozy c’est qu’en aidant les riches à s’enrichir, cela développera la croissance, car la fortune des uns crée la fortune des autres. Il affirme ainsi tirer la croissance « avec les dents ».

D’où son « paquet fiscal » et son « bouclier fiscal » pour protéger des gens comme Gautier-Sauvagnac et Lagardére. Leur donner plus, les motiver au maximum : car ce sont, pense t il, ces géants de l’entreprise qui prennent des risques et qui créent la richesse.

Mais cela ne marche pas, bien sur : ces gens ne sont que de médiocres exploiteurs avec des visions à court terme, qui n’ont rien de philanthropique, ni de généreux. Ce sont les mêmes Maîtres des forges qu’au siècle dernier : à l’UIMM et à EADS. Ce que l’état leur donne, ils le prennent mais n’en ont jamais assez, plus ils en ont, plus ils en veulent.

Les « initiés » d’EADS et ceux de l’UIMM, du MEDEF, c’est le même monde, ce sont les protecteurs de Sarkozy Nicolas, (François et Guillaume), ceux qui le rejoignent au Fouquet’s, sur le Paloma, à Wolfeborro, ceux qui l’ont hissé de la Mairie de Neuilly à l’Élysée.

Ce sont ceux qui à Jouy-en-Josas, rassemblé par milliers en « université du Medef », font à Sarkozy une « standing ovation ». Ce sont les 500 familles qui ont gagné 80 milliards d’euro de plus l’an passé par rapport à l’année précédente et qui ne ré investissent pas ! Mme Parisot n’est que la 273° sur ces 550 fortunes, ele qui plaide la précarité pour toutes et tous !

Un patron sur deux du CAC 40 était mis en examen, il y a encore dix ans. C’est le milieu des “affaires”, des Loïc-Prigent, des Boublil, etc. des initiés d’Orange-Bouygues-SFR récemment condamnés à 400 000 euro d’amende (seulement) pour “entente illicite”. De ceux qui gagnent mille fois le Smic, des stocks option non imposées, des parachutes dorés, et qui se font encore réparer leur sale de bain sur le compte de l’entreprise qu’ils dirigent.

C’est ce milieu que M Sarkozy et Mme Dati ont l’immense culot de vouloir surprotéger en proposant actuellement de faire adopter une loi pour dépénaliser le “droit des affaires” ! Pour aller chercher la croissance « avec les dents », il faudrait faciliter ce genre de « caisse noire patronale » et pire encore.

Les « initiés d’EADS sont aussi bien traités par la « justice » de Mme Dati que les équipes complices de l’UIMM et du Medef : ils ne sont pas en prison préventive, comme le seraient des vulgaires quidams pour moins que cela. Ils peuvent se concerter pour leur défense, ils peuvent effacer les preuves, dissimuler leurs malversations, ils refusent cyniquement d’expliquer, les uns, comment ils ont réussi à prendre 800 000 millions d’euro en vendant « habilement » leurs actions, les autres, ce qu’ils ont fait de leurs dizaines de millions d’euro secrets en liquide.

Et tandis qu’on alourdit la loi du petit, du pauvre, de l’exclu, Sarkozy s’est engagé à demander au Parlement d’alléger les lois et les contrôles pour ces grands affairistes !

La mentalité ce ces « entrepreneurs-là » est entièrement révélée, projetée sur grand écran, au travers des affaires UIMM, Medef, EADS : la prétendue « libre concurrence » capitaliste n’a rien de sain, elle repose sur ce type de corruption : délit d’initiés et pots-de-vin en liquide. Ce n’est pas « la croissance » qu’ils vont chercher « avec les dents » mais leurs profits sans limites.

Copains et coquins, complices et associés, initiés et cyniques, ne sont pas des « risquophiles » ni des créateurs de richesses : ils s’assurent avant tout contre tout risque en détruisant les droits du travail, en corrompant des élus, et en cherchant à briser, par des caisses secrètes, le droit de grève pourtant constitutionnel. Avec les dents, avec les dents !

Gérard Filoche, le 23 octobre 2007

Sources et copyright
Démocratie et socialisme
Whoswho
MEDEF
WIKIPEDIA

22 octobre 2007

La lettre de Guy MOQUET

Comment détourner le sens de l'histoire à son profit ?

En s'emparant d'un symbole honni (les communistes) par notre actuel Président de la République et en le transformant en une campagne marketing à la sauce politique.

Au delà de la communication, il existe les lois HORTEFEUX qui elles ne se cachent pas et des amendements "MARIANI" qui sont là pour nous rapeller que les symboles ont une toute autre valeur.

Je laisse ci-dessous à MAESTER le grand dessinateur le soin de commenter cette journée conscrée à une lettre très longtemps oubliée

Si vous voulez découvrir qui était Guy MOQUET, rendez vous sur WIKIPEDIA qui lui consacre un chapitre

Crédit image et copyright
MAESTER

19 octobre 2007

Vie politique française

Depuis hier, les français s'interrogent sur le nom de la future première Dame de France. Toujours à la pointe de l'investigation, Slovar a enquêté auprès des possibles prétendantes. L'une des plus célèbres nous a contacté et demandé de plubier sa photo.

Elle nous a également déclarée "Etre prête à s'occuper des opérations pièces jaunes et billets bleus"

Au fait, il paraît qu'il y avait une grève massive des transports et des manifestations hier ?

Ah si, je me rapelle qu'hier soir on en a parlé aux infos ... mais vite


Décidemment, tout est possible

18 octobre 2007

Sarkozy veut réduire la pauvreté d'un tiers en cinq ans

Nicolas Sarkozy a affirmé, mercredi 17 octobre, sa volonté de "réduire d'au moins un tiers en cinq ans la pauvreté", dans un discours devant le Conseil économique et social, à l'occasion de la Journée mondiale du refus de la misère. Il demande au Haut commissaire aux solidarités actives, Martin Hirsch, d'être le "gardien" de cet objectif.

"J'ai voulu que cet enjeu social, trop longtemps négligé, devienne un enjeu politique. J'ai voulu fixer un objectif, car ce n'est pas parce qu'on fixe un objectif qu'on le tient mais quand on ne fixe pas un objectif, on n'a aucune chance de le tenir", a-t-il expliqué.

Slovar est en mesure de vous montrer ci-dessous les premières réactions des concernés

Etonnant non ?

Crédit et copyright image
GREMI

16 octobre 2007

Le concept de la lutte des classes ?

Depuis un certain temps, les syndicats de salariés planchent avec les organisations d'employeurs sur des adaptations du droit social pour semble t-il mieux s'intégrer dans la mondialisation. Ces rencontres ont pour but de faire aboutir le projet de modernisation du marché du travail proposées par ces organisations d'employeurs.

De semaines en semaines, la presse nous révèle l'évolution des négociations ou du moins, la liste des révendications des organisations et confédérations d'employeurs.

Quelles sont les plus récentes ?

Le Medef a proposé vendredi 12 octobre une refonte complète du système d'assurance chômage. Il demande la création d'un régime de base d'indemnisation du chômage "ouvert à tous les demandeurs d'emploi et financé par la solidarité nationale", donc l'impôt, auquel s'ajouterait un régime d'assurance obligatoire prélevé sur le salaire, comparable aux Assedic.

Le montant de l'allocation complémentaire devrait correspondre, dans la limite d'un plafond, à un pourcentage de l'ancien salaire, indépendant du montant de l'allocation de base. cumulées, les deux allocations constitueraient un revenu de remplacement qui ne devrait pas dépasser un pourcentage à déterminer de l'ancien salaire d'activité. Au chapitre du suivi de la recherche d'emploi, le patronat propose que l'offre valable d'emploi tienne compte de l'ancienneté dans le chômage du demandeur d'emploi, de son expérience, de sa formation et des formations qui lui seraient offertes, de son ancienne rémunération et de son lieu de résidence.

En clair: Transférer sur le budget de la nation (en partie celui des salariés) une partie des cotisations patronnales. On notera également la notion de "plafond" que nous retrouverons plus bas.

Très en verve, les négociateurs on ensuite proposé que :

La période d'essai serait allongée. Elle serait suivie d'une période de validation économique avant l'embauche définitive. Pendant ces deux périodes, l'employeur pourrait se séparer du salarié moyennant des indemnités plafonnées dont le montant progresserait avec la durée. Une fois l'embauche définitive réalisée, il serait possible aux salariés et à l'employeur de se séparer « à l'amiable », moyennant là aussi des indemnités plafonnées. Le salarié licencié aurait ensuite accès à une assurance-chômage réformée et bénéficierait d'un accompagnement renforcé pour retrouver un emploi, notamment grâce à la fusion ANPE-Unedic en cours.

Il est bien entendu que le montant des indemnités des licenciés serait affecté au budget de l'état si l'on suit bien le MEDEF. On noetra aussi que le plafonnement est une constante dans les demandes des organisations d'employeurs. Il faut ajouter que du modèle nordique de "flex sécurité", les français risquent de ne conanître que l'aspect "flex" compte tenu de l'état actuel des finances de la France . En tout cas, "la patate chaude" est repassée à l'état.

Mais qu'est ce c'est que ce patronnat qui prend ses salariés pour des bêtes à cornes ?

L'entreprise est-elle redevenue un lieu de lutte des classes ? Il est incroyable, alors que la très grande majorité des salariés du privé se battent quotidiennement aux côtés des employeurs pour faire fonctionner les entreprises de constater que les seules contre parties qui leur soient offertes ne reposent que sur des économies ou des mesures de précarité.

Plusieurs chefs d'entreprises qui sont de grands amateurs (et financiers) de sport au point de confier leurs stages de motivations à des coachs de sports collectifs ou des navigateurs solitaires feraient bien de se demander à quoi ressemblerait une équipe à laquelle on appliquerait cette technique du toujours moins.

Motivation, c'est le maitre mot qui n'apparaît jamais dans les négociations, déclarations ou communiqués récents. Si l'on prend au pied de la lettre les deux propositions citées plus haut, on pourrait imaginer que seules des mesures de précarisation et d'économies sur les idemnités dues en cas de rupture de contrat de travail sont élevées au rang de motivants !!!

Les ouvriers, employés ou cadres qui font vivre au quotidien les entreprises méritent mieux que ce langage de déclassement. En utilisant à loisir cette technique d' "à minima" les organisations d'employeurs ne cherchent-elles pas à faire comprendre que l'entreprise n'est plus une composante de la communauté nationale mais une sorte de machine de guerre qui exige de s'en exonérer ?

Cherche t-on à créer des générations de salariés "jemenfoutistes" ? On se demande bien pourquoi des salariés promis à l'éternelle précarité trouveraient la moindre motivation ? Ne sacrifie t-on pas l'esprit d'entreprise sur l'autel idéologique ?

Pourquoi avoir fait l'impasse sur l'extension de l'épargne salariale à l'ensemble des salariés sans obligation de seuil proposée il y a peu par Jean Louis BORLOO et Gérard LARCHER alors en charge du travail et de l'emploi ?

Pourquoi ne pas envisager de mettre en place de véritables dialogues d'entreprises dans lesquels les salariés volontaires (et appointés comme des actionnaires) pourraient par leurs idées ou réflexions valoriser certaines tâches et améliorer la productivité ? Alors que l'on parle de plus en plus plus de la responsabilité des entreprises dans le cadre du développement durable et que cette notion donne lieu à des dialogues avec des parties prenantes comme les ONG, les collectivités locales et les salariés, le dialogue dans la majorité des entreprises française n'a jamais été aussi insignifiant.

Pourquoi ne parler que des salariés avides de privilèges et capables des pires faignantises (cf. les contre visites médicales privées)

Pourquoi fustiger la durée du travail alors que la très grande majorité des entreprises sont en panne de carnet de commande ?

Pourquoi demander à prolonger la durée de cotisation alors que le taux d'emploi des plus de 50 ans est le plus faible d'Europe ?

Pourquoi faire croire que la disparition des procédures de licenciement ferait reculer le chômage alors qu'aujourd'hui (à condition d'indemniser le salarié) licencier n'est pas un problème ?

En fin de compte, l'analyse est simple : Les salariés et leurs "sur protections" seraient responsables de tous les problèmes économiques de la France.

Ce n'est pourtant pas l'avis de Liêm Hoang-Ngoc économiste et maître de conférences à Paris I-Panthéon Sorbonne

"Le taux d’épargne français est l’un des plus important du monde occidental « grâce » aux politiques ayant organisé la redistribution des revenus en faveurs des ménages à hauts revenus et donc à forte propension à épargner. Les entreprises du CAC 40 disposent de fonds propres pour s’endetter et investir. Elles bénéficient de marges d’autofinancement importantes, compte tenu de l’importance des profits qu’elles réalisent (100 milliards d’euros en 2006). Elles en consacrent malheureusement une part substantielle au versement de dividendes aux nouveaux rentiers. Une autre part est destinée aux achats et rachats d’actions qui alimentent la bulle spéculative ... / ... La pression de la rentabilité conduit ces entreprises à se restructurer, à comprimer l’emploi et les salaires, à réduire leurs commandes en directions des PME sous-traitantes qu’elles mettent en concurrence avec celles des pays à bas coûts. Pour survivre, les PME sont sommées par leurs donneuses d’ordre de baisser leurs prix et donc de comprimer leurs coûts pour préserver leurs marges. La déflation salariale généralisée accentue la perte de pouvoir d’achat des salariés ... / ..."
Et ça, beaucoup de salariés le savent. Alors, pourquoi ne pas mettre fin à ce monologue idéologique qui, loin de faire avancer les choses, contribue à dégrader l'esprit d'entreprise chez les salariés ?

La compétition mondiale ?

Un texte de l'institut de l'histoire sociale positionne bien le débat de l'implication des salariés

Extrait

"Le débat n’est pas celui de savoir s’il faut ou non « moderniser », mais de préciser, de débattre et d’agir sur la finalité de cette modernisation, stratégies de profit soumises de plus en plus aux critères de rentabilité ou recherche d’une efficacité économique et sociale fondée sur les besoins sociaux ? ... / ...

La situation appelle des propositions hardies, novatrices, alternatives, résultant d’un débat et de concertation avec les intéressés et donc en premier lieu, les salariés ... / ...

Ainsi, entre lutte pour les revendications sociales immédiates, primauté à la résistance d’une part, bataille idéologique d’autre part, il n’y aurait que fort peu de place pour l’action sur le terrain économique renvoyée au lendemain de « la rupture ». On vérifiait à cette occasion deux tendances, issue d’origines et de motivations différentes, mais convergentes : celle des dirigeants d’entreprises qui s’efforcent d’empêcher toute intrusion des salariés dans la chasse gardée de la gestion et celle de syndicalistes chez qui dominait le règne du « Vade retro Satanas » face à la gestion. Ainsi, un tabou, celui de la gestion, paradoxalement, et pour des raisons différentes, se cultive alors sur les deux rives : coté patronal et coté syndical ... / ..." Source Institut de l'histoire sociale

Car, enfin, si compétition il y a, c'est avec tout le monde qu'on doit la gagner. En tous cas, il existe une certitude : Une troupe mal nourrie et mal considérée n'a jamais gagné une bataille, à fortiori ... une guerre économique.


Sources crédits et copyright
Coulisses de Bruxelles
http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/
Le Monde
Le Figaro
Wikipedia

15 octobre 2007

Oui aux réformes ... mais pour les autres !!!

« Quand même, on est une profession libérale ! » C’est l’une des petites phrases mises en valeur par « Libération » et prononcée par un des 10 000 internes qui manifestaient le 11 octobre dans les rues de Paris et d’autres villes françaises.

Pourquoi ces manifestations ?

En cause, les mesures de règlementation de l’installation des praticiens. Le différend porte sur l'article 32 du PLFSS, qui prévoit un conventionnement sélectif suivant les zones d'installation. Les internes craignent qu'à terme, les médecins choisissant de s'installer dans des zones considérées comme surmédicalisées ne seront plus conventionnés, et leurs patients non remboursés.

Mais, quid du remboursement des honoraires médicaux et du conventionnement ?

Chacun des actes médicaux et paramédicaux remboursable, fait l'objet d'une codification. Elle se matérialise par l'intermédiaire de lettres clés qui caractérisent la spécialité du professionnel de santé compétent pour pratiquer l'acte.

Les rapports entre les professionnels de santé et la Sécurité sociale sont définis par des conventions qui fixent les obligations de chacun, dont les montants des honoraires. Les praticiens ne sont pas obligés d'adhérer à ces conventions mais lorsqu'ils ont choisi d'être conventionnés, ils doivent respecter les tarifs fixés. Les remboursements de la Sécurité sociale se font sur la base de ces tarifs. Lorsque les professionnels de la santé pratiquent des dépassements d'honoraires (non remboursés par la Sécurité sociale) cela peut être pris en charge par la mutuelle.

Il existe trois catégories de médecins. La position du médecin figure sur la feuille de soins dans la partie "identification du médecin".

Il s'agit :

- Soit d'un médecin "conventionné", tenu d'appliquer les tarifs conventionnels,
- Soit d'un médecin "conventionné honoraires libres ou conventionné DP": ces deux catégories de médecins peuvent pratiquer des dépassements d'honoraires. Dans ce cas, le montant du ticket modérateur et le dépassement d'honoraire restent la charge de l'assuré;
- Soit d'un médecin "non conventionné", dégagé de la convention passée entre la Sécurité sociale et sa profession. Source le Particulier

Ce conflit laisse à penser, alors que chacun de nous va devoir se serrer la « ceinture médicale » que le corps médical nous affiche un remarquable réflexe corporatiste.

La France a fait le choix d’une médecine libérale qui par le jeu du conventionnement dispose d’un revenu « garanti » puisque chaque citoyen affilié à la sécurité sociale peut se rendre en consultation. Si l’on évoque souvent les services publics en montrant du doigt les fonctionnaires, la médecine de ville est un service public confié … au privé.

Le président de la république et les ministres l’ont clamé, la mobilité dans les services publics doit être une règle. Doit-elle seulement s’appliquer à des salariés.

La manifestation a amenée la ministre de la santé à faire plusieurs déclarations : Extraits

«Roselyne Bachelot, a réaffirmé vendredi 12 octobre que la liberté d'installation des médecins ne serait pas remise en cause. Elle a cependant rappelé que, si "nous ne manquons pas de médecins", "ils ne sont pas forcément là où nous avons le plus besoin d'eux" et que leur répartition sur le territoire national "est loin d'être optimale »

Pour aujourd'hui annoncer qu'elle ne reviendrait pas sur cet article.

De nombreux aspirants généralistes insistent d’ailleurs sur le fait que leur combat n’a pour but que d’assurer une médecine de qualité à la population.

Dans le même temps, depuis le 27 septembre, les internes mènent une grève des gardes et des astreintes fortement suivie, tandis qu'une partie d'entre eux sont également engagés depuis le 1er octobre dans une grève "totale", incluant également les activités de jour, mouvement qui pourrait se durcir à compter de lundi 15 octobre.

De leur côté, les syndicats de médecins CSMF et MG France (syndicat de généralistes), ont apporté, leur soutien au mouvement des jeunes internes pour défendre la liberté d'installation des médecins libéraux.

Bon, mais alors, doit-on pour cela faire l’économie de débats sur des questions précises ?

1 °) La sécurité sociale doit-elle se limiter à un rôle d’organisme payeur ?

2°) L’exercice d’une profession libérale de service au public exonère t-il de la solidarité nécessaire à la survie de l’assurance maladie ?

3°) Les professionnels de santé sont-ils conscients que si l’assurance maladie était confiée aux assureurs, ils ne seraient plus que des prestataires de soins agréés … ou non ?

Car enfin, si nos futurs médecins craignent pour leur liberté d’exercice, et la qualité de soins apportée aux français, «Pour un système de soins solidaire, contre une médecine à deux vitesses.» dans le même temps, certains de leurs confrères mieux établis semblent avoir trouvé des pistes pour combattre le déficit de la sécurité sociale : Les contre visites.

Avez-vous entendu parler des services de contre visites médicales privées ?

Une dizaine de sociétés se partagent le marché du contrôle des arrêts de travail.

Comment fonctionnent-elles ?

Tout d’abord, elles constituent un réseau de médecins agréés par la préfecture avec laquelle elle signent une convention transmise au conseil de l’ordre. Cette convention leur permet ensuite de créer des réseaux de médecins contrôleurs. Des entreprises comme Medicat-Partner en comptent 2000 et Medica Europe 4500.

Qui sont les médecins qui effectuent ces contre visites d’arrêts de travail ?

Un médecin généraliste Lillois explique

A son planning habituel de consultation se greffe des missions que lui confie une société privée de contre visites. Depuis 25 ans, il arrondit ses fins de mois avec des contre visites rémunérées 45 € (le double d’une consultation) auxquels s’ajoutent les frais kilométriques : « J’ai commencé à faire de la contre visite au retour de mon service militaire. J’avais besoin de gagner de l’argent pour m’installer en médecine libérale. La contre visite a été un tremplin pour moi » Il avoue toutefois que cette activité représente aujourd’hui 10 % de son chiffre d’affaires. Source Liaison sociale Octobre 2007

Plus sérieusement, les futurs généralistes craignent de se retrouver, à cause de la fermeture des petits hôpitaux ou cliniques de province, le dernier rempart médical. Ces internes évoquent notamment le fait que les actuelles incitations financières actuelles sont insuffisante, que la concertation doit avoir lieu, …

Et que les patients des régions sous-médicalisées devraient peut être venir s’installer dans une grande ville ou l’offre médicale sur abondante leur conviendrait mieux ?

Et pourquoi pas dans les Alpes maritimes (06) où la densité des professionnels de santé est l'une des plus élevées de France.

On dénombre :

3 059 médecins libéraux dont 1 666 spécialistes, soit 13 généralistes et 15 spécialistes pour 10 000 habitants ;
1 140 chirurgiens dentistes ;
3 682 auxiliaires médicaux dont 1 678 infirmiers et 1 343 masseurs-kinésithérapeutes ;
464 pharmacies ;
114 laboratoires privés d'analyses médicales ;
239 maisons de retraite.
22 204 lits ont été recensés dans les 400 établissements sanitaires et médico-sociaux du département. Source Ameli

Mais une visite de la c@rtosanté (cartes interactives pour les professionnels du monde de la santé) de l’URCAM sera à mon avis plus parlante pour étayer le débat.

Crédit image
IRDES
AFP

Pétition contre les tests ADN de Charlie Hebdo et SOS Racisme

Lu sur Ecosociale

"En instaurant des tests ADN pour prouver une filiation dans le cadre d'un regroupement familial, l'amendement Mariani, adopté par l'Assemblée Nationale, fait entrer la génétique dans l'ère d'une utilisation non plus simplement médicale et judiciaire mais dorénavant dévolue au contrôle étatique. Cette nouvelle donne pose trois séries de problèmes fondamentaux.

Tout d'abord, des problèmes d'ordre éthique. En effet, l'utilisation de tests ADN pour savoir si un enfant peut venir ou non rejoindre un parent en France pose d'emblée cette question : depuis quand la génétique va t'elle décider de qui a le droit ou non de s'établir sur un territoire ?

Au-delà, depuis quand une famille devrait-elle se définir en termes génétiques ? Sont pères ou mères les personnes qui apportent amour, soin et éducation à ceux et celles qu'ils reconnaissent comme étant leurs enfants.
Ensuite, cet amendement fait voler en éclats le consensus précieux de la loi bioéthique qui éloignait les utilisations de la génétique contraires à notre idée de la civilisation et de la liberté.

Enfin, cet amendement s'inscrit dans un contexte de suspicion généralisée et récurrente envers les étrangers qui en vient désormais à menacer le vivre ensemble. Car tout le monde s'accorde à dire que la fraude au regroupement familial ne peut être que marginale au regard des chiffres d'enfants annuellement concernés et au regard de l'absence de raison substantielle qu'il y aurait à frauder dans ce domaine. En effet, quelle étrange raison pousserait les immigrés à faire venir massivement dans notre pays des enfants qu'ils sauraient ne pas être les leurs ?

Autrement dit, l'amendement instaurant les tests ADN n'a pas pour fonction de lutter contre une fraude hypothétique mais bien de participer à cette vision des immigrés que nous récusons avec force.
Nous sommes donc face à un amendement qui, sur les plans éthique, scientifique et du vivre ensemble introduit des changements profondément négatifs. C'est pourquoi, nous, signataires de cette pétition, appelons le Président de la République et le Gouvernement à retirer cette disposition, sous peine de contribuer, en introduisant l'idée que l'on pourrait apporter une réponse biologique à une question politique, à briser durablement les conditions d'un débat démocratique, serein et constructif sur les questions liées à l'immigration"

L'équipe de Slovar (signataire) soutient bien entendu cet appel

Le site touche pas à mon ADN et la pétition

Propositions pour une presse libre

"La mission d'information est aujourd’hui menacée dans son existence même Elle l’est dès lors que, par le jeu des rachats-fusions, les entreprises de presse passent sous le contrôle d’actionnaires, de groupes industriels ou financiers, qui vivent des marchés publics ou dont les intérêts économiques et politiques peuvent entrer en contradiction avec le souci d’informer librement et honnêtement"

"L’information n’est pas une marchandise, et la mission d’information
est une mission essentielle du point de vue du débat démocratique.

La démocratie est menacée de disparition partout où il n’y a plus de liberté de la presse.
En effet, une presse indépendante est l’affaire de tous les citoyens : lecteurs, auditeurs,
téléspectateurs, internautes.

De ce point de vue, la mission d’information doit donc être considérée comme étant d’intérêt général"

Ce sont des extraits de la pétition de l'intersyndicale des journalistes pour pour la liberté de la presse et le droit des citoyens à une information honnête, indépendante et plurielle.

"Aujourd’hui, les syndicats de journalistes se sont réunis et lancent une bataille pour que la liberté de la presse et le droit des citoyens à une information honnête, indépendante et plurielle redeviennent ce qu’ils n’auraient jamais dû cesser d’être. Mais ils ne gagneront pas seuls ce difficile combat. C’est pourquoi ils appellent l’ensemble de la profession et tous les citoyens à les rejoindre pour participer à la bataille pour l’indépendance de la presse"

Slovar les Nouvelles est solidaire de cette pétition et vous invite à la signer

Le blog de l'intersyndicale
Le site de l'intersyndicale
La pétition