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26 juin 2012

Le Medef envisage t-il de torpiller le « contrat de génération »?

Le Medef trouve l'idée du contrat de génération « intéressante » mais pas au point de sacrifier ses allégements des cotisations sur les bas salaires. Chronique d'un sabordage en vue ?  



Habile torpillage en vue du contrat de génération ? C'est la question qu'on peut se poser après avoir appris que le Medef aurait refusé les exonérations de cotisations sociales attachées au contrat de génération. 

En effet, ses représentant préfèrent en discuter dans le cadre de  : « (...) l'ouverture d'une négociation entre syndicats et patronat (...) » mais surtout : « (...) se prémunir contre la remise en cause du dispositif général d'allégements des cotisations sur les salaires entre un et 1,6 Smic (...) »

Contrat de génération késako ?

C'était l'une des promesses phares du candidat Hollande destinée à maintenir les salariés âgés dans les entreprises, tout en embauchant des jeunes à la recherche d'un emploi.

Contrairement au tutorat défini par la loi du 21 décembre 2006, qui permet à un ancien salarié, parti à la retraite, de devenir le tuteur d’un ou de plusieurs salariés de l’entreprise, le contrat de génération, lui, vise les seniors salariés encore en activité.

Extrait du programme de François Hollande 

« (...) Le dispositif consisterait en la conclusion d’un contrat entre l’employeur et deux de ses salariés : un jeune, de moins de 30 ans et un senior, de plus de 55 ans. Par ce contrat l’entreprise s’engagerait à former le jeune salarié en recourant à l’expérience du salarié senior. Le salarié senior devrait consacrer une part de son temps de travail (le quart ou le tiers du temps) à former, entraîner et guider le jeune salarié. Le senior serait donc chargé d’apprendre son métier au jeune. Le dispositif serait réservé aux jeunes titulaires d’un diplôme dont le niveau restera à discuter avec les partenaires sociaux ; l’objectif de cette mesure est de favoriser l’emploi dans l’industrie, et d’éviter le déclassement des diplômes pour des jeunes qui, à l’issue de leur formation, ont des difficultés à trouver un travail (...) »

Bien que des dérives ou des effets d'aubaine soient toujours possibles, il est clair que la volonté de maintenir dans l'emploi les plus âgés tout en intégrant les jeunes générations mérite qu'on s'y arrête. En effet, il s'agit des deux catégories les plus exposées au chômage.

Comment devraient-ils être financés ?

Apparement par la fin de l'exonération des heures supplémentaires, parfaitement contreproductive, alors qu'on compte un peu plus de 5 millions d'inscrits à Pôle Emploi, et un redéploiement des éxonérations de cotisations sociales.

A la surprise générale, Laurence Parisot qui : « (...) réitère son soutien au contrat de génération (...) » a déclaré : (...) il n'est pas nécessaire que cette forme modernisée du tutorat soit accompagnée d'un allègement de charges (...) »

Et par quel miracle, le Medef qui est à l'affût de toutes les aides, refuserait celle-ci ? 

Oh, certes pas au nom de la solidarité budgétaire avec le gouvernement, mais pour un motif beaucoup plus terre à terre que nous explique La Tribune. Ce refus a pour but de : « (...) se prémunir contre la remise en cause du dispositif général d'allégements des cotisations sur les salaires entre un et 1,6 Smic (...) »

Ce qui signifie dans l'esprit du Medef, qu'à terme, le mécanisme du contrat de génération pourrait reposer sur le seul volontariat des entreprises. Et qui dit volontariat ... Entre temps, combien de seniors auront quitté les entreprises par le le biais des ruptures conventionnelles, première raison de la mise au chômage des plus de 55 ans ? Et, combien de jeunes continueront à chercher un emploi ?

On pourra se poser également la question du report de l'âge de la retraite, sachant que de nombreux rapports indiquent que le tutorat effectué par des salariés âgés auprès de jeunes entrants dans l'entreprise, est un des principaux atouts pour maintenir les seniors dans l'emploi ? 

Oui, mais comme le préconisent ces rapports, cette démarche implique des adaptations et une méthodologie qui a ... un coût. Mais dans la mesure où l'actuel combat du Medef serait plutôt : Le refus de la taxation des dividendes, Alors le devenir des salariés âgés et des jeunes sans emploi ... 


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20 juin 2012

Les belles légendes patronales : Le SMIC obstacle à l'emploi des jeunes !

A cadence régulière des économistes ou patrons nous expliquent que le SMIC est un obstacle à l'emploi des jeunes. En clair il faudrait réhabiliter le défunt SMIC-jeunes ! 




« C'est la deuxième chance du « SMIC-jeunes » écrit Jean-Francis Pécresse, éditorialiste aux Echos (et accessoirement beau frère de Valérie, l'ex ministre du Budget).  « Presque vingt ans après l'échec du contrat d'insertion professionnelle (CIP), la notion de salaire minimum minoré, mais progressif, pour les jeunes effectue un timide retour dans le débat d'idées (...) »

Ah bon! mais le SMIC jeunes, le CIP, c'est quoi au fait ?

En 1993, Edouard Balladur qui officiait à Matignon, souhaitait (déja) réduire le chômage des jeunes décidait de créer le Contrat d'Insertion Professionnelle (CIP), réservé au moins de 26 ans jusqu'à bac+3, et plafonné à 80% du SMIC. Il s'agissait d'un CDD dont la durée était comprise entre six mois et un an, renouvelable une fois.

 Les dits jeunes se mobilisaient, et à l'issue de manifestations monstres, Edouard Balladur annonçait la suspension puis le retrait définitif du CIP en 1994.

On aurait pu croire cette idée morte et enterrée, mais c'était sans compter sur l'obstination de certains beaux esprits libéraux, et sur quelques organisations patronales qui, depuis un ou deux ans, se plaisent à expliquer que crise et chômage obligeant, il serait utile de ressortir le projet de sa boîte. C'est ce dont Jean-Francis Pécresse a essayé de nous convaincre.

Quels sont ses arguments ?

Selon Pécresse, ce n'est pas le fait que ce soit un SMIC au rabais qui a fait capoter le projet mais le fait qu'il aurait été préférable de le présenter sous forme de CDI.  Pourtant, écrit-il : « (...) la malédiction du « SMIC-jeunes » est peut-être en passe de se dissiper, doucement. En pratique, le développement de l'apprentissage permet déjà, même si ce n'en est pas l'objectif principal, de contourner l'obstacle que constitue le salaire minimum unique pour l'embauche de jeunes non formés, donc à faible productivité (...) »

Et l'éditorialiste de nous expliquer que le SMIC-jeunes existe déjà dans les faits

« (...) un SMIC à taux réduit est déjà appliqué aux jeunes en apprentissage ou en contrat de professionnalisation, en fonction de leur âge et de la durée de leur contrat. Et les salariés de moins de 18 ans, lorsqu'ils ont moins de six mois d'ancienneté, sont payés 10 % au-dessous du minimum légal (20 % avant 17 ans). On peut, aussi, considérer que, dans une certaine mesure, l'obligation de rémunérer le stage en entreprise, effective depuis la fin 2009, est un autre moyen de faire travailler des jeunes au-dessous du SMIC (...) »

Mais regrette que ces : « (...) contournements discrets sont restés trop spécifiques pour peser sur un taux de chômage des jeunes »

Donc, selon Pécresse, on doit aller plus loin !

Pour ce faire, il cite l'organisation patronale CroissancePlus qui : « (...) entend briser la glace dans laquelle, depuis vingt ans, est enfermé ce sujet (...) »

CroissancePlus, qui est sorte de mini Medef, a des idées bien arrêtées sur le sujet. En effet, il écrivait en février 2012 : « Le taux d’emploi des jeunes est insuffisant en France (...) Cette faiblesse handicape notre compétitivité et alourdit les dépenses publiques. Parmi les solutions qu’il serait possible de mettre en œuvre figure le « SMIC Jeunes » destiné aux jeunes sans expérience ni diplôme, âgés de 17 à 21 ans. Il aurait pour caractéristique d’être inférieur au montant du salaire minimum brut mais une baisse des charges patronales permettrait de garder un salaire net équivalent. Ce dispositif ferait donc baisser le coût du travail, et mettrait le pied à l’étrier de milliers de jeunes qui gagneraient en compétence et en expérience en étant intégrés dans le monde de l’entreprise (...) »

C'est sans doute par pudeur ou oubli que CroissancePlus ne nous indique pas quel serait la source de financement de cette nouvelle baisse des cotisations patronales, mais dans leur esprit la TVA sociale devrait probablement y pourvoir !

L'inénarrable économiste Francis Kramarz pour qui de toute façon : « Une augmentation du Smic détruirait de nombreux emplois » cité par Jean-Francis Pécresse, déclare : (...) Le SMIC n'est pas trop élevé pour un jeune qui sort de l'université, mais il l'est pour un jeune sans diplôme » Précisant sans rire : « L'assurance de trouver un emploi non qualifié plutôt bien payé dissuade de poursuivre une formation initiale »

Même si les hypothèses de CroissancePlus, de Francis Kramarz  et de Jean-Francis Pécresse ont assez peu de chances de trouver grâce aux yeux des actuels gouvernement et parlementaires de gauche, mon petit doigt me dit qu'il ne faudra pas bien longtemps pour que, la mise en place d'un SMIC-jeunes fasse partie des premières revendications des organisation patronales.

Après tout, le remplacement de salariés seniors partant à la retraite ou dégagés par rupture conventionnelle par des jeunes salariés payés au dessous du SMIC serait certainement apprécié de certains milieux patronaux au titre de la compétitivité des entreprises ... 


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02 mai 2012

Apprentissage : Le meilleur et le pire expliqué par les apprentis

Si les politiques n'ont pas assez de mots pour magnifier l'apprentissage. Or, on connaissait peu ou pas l'avis des jeunes qui ont fait ce choix. C'est pourquoi l'étude que la Jeunesse ouvrière chrétienne vient de publier est intéressante !






Très longtemps, l'apprentissage a eu mauvaise réputation. En effet, il serait aisé de faire témoigner de très nombreux anciens apprentis, qui au lieu d'apprendre un métier ont passé le balai, ont fait les courses des employeurs, ont préparé les repas ou on servi de baby-sitters. 

Mais, affirment les dirigeants politiques et économiques aujourd'hui tout cela est terminé. D'ailleurs l'apprentissage est représenté par une Nadine Morano : « ministre auprès du ministre du Travail, de l’Emploi et de la Santé, chargée de l’Apprentissage et de la Formation professionnelle »  qui en parle avec des larmes d'émotion dans les yeux.

Devant une telle unanimité, nul n'avait jusqu'à présent pensé à demander leur avis aux premiers concernés : Les apprentis. C'est en partie réparé grâce à l'enquête réalisée par La JOC (Jeunesse ouvrière chrétienne) auprès de 1080 jeunes de 15 à 30 ans, qui organisait hier 1er mai des tables rondes avec des syndicats, des responsables politiques, des employeurs et des jeunes.

Que disent et pensent les apprentis de leur formation, de leur conditions de travail et de vie ?

S'ils reconnaissent que l'apprentissage est une des moins mauvaises solutions pour obtenir un emploi durable. Ils sont : « (...) 68,3 % des jeunes interrogés à penser qu'ils ne sont ni entendus, ni respectés dans la société (...) Et sont 54,2% à considérer qu'ils n’ont pas de bonnes conditions de travail (...) »

En résumé : S'ils sont une large majorité (61,3%) à indiquer que leur formation est passionnante, ils déplorent majoritairement le très faible niveau de rémunération (70%). Et surtout : Ils disent être perçus comme étant des subalternes qui ne comptent pas dans la vie de l'entreprise ou dans la vie sociale et politique. Le fait que les apprentis n'aient aucune représentation officielle n'y est sûrement pas pour rien écrit la JOC.

JOC qui conclut : « (...) Cette enquête inédite montre bien que les campagnes de publicité ne suffiront pas à changer l'image de l'apprentissage. Reconnaissance, salaire, conditions de travail et d'étude, logement (...) sont autant de sujets qui demandent de vrai changements pour que les apprentis soient enfin reconnus à leur juste valeur »

Ce qui ne semble pourtant pas avoir été la préoccupation des parlementaires de l'UMP dont les priorités auront été de déposer une proposition de loi visant à « adapter l'apprentissage aux situations locales ». C'est à dire : « faire sauter l'interdiction pour les jeunes apprentis de travailler de nuit » et ont cherché par deux récents décrets à remettre en place l'apprentissage à 14 ans !

En clair, permettre à l'éducation nationale de se séparer des gamins les plus en difficulté pour les envoyer dans le monde de l'entreprise. Gamins qui risquent de se retrouver dans une impasse sans possibilité de retour. Mais auront fourni une main d'oeuvre temporaire, bon marché, pour certaines entreprises peu regardantes ou ... opportunistes !

 Alors, plutôt que hurler au miracle comme le font le Président candidat et son gouvernement, n'est-il pas plus judicieux de prendre le temps de réfléchir à la condition d'apprenti et son amélioration au lieu de vouloir pratiquer une politique du chiffre qui relève de la communication politique ?

Le résultat de la présidentielle et des législatives qui suivront donneront certainement un début de réponse ....


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20 octobre 2011

Avenir de la jeunesse mondiale : Traumatisme, précarité et pauvreté ?

A quelques jours du G20 social, l’OIT, publie une étude sur l'avenir de la jeunesse mondiale. Elle met en garde contre le : « traumatisme de toute une génération de jeunes travailleurs, confrontés à un dangereux mélange de chômage constamment élevé, d’inactivité et de travail précaire croissants »

Dans un précédent rapport co rédigé avec l'OCDE, l’Organisation internationale du Travail (OIT) écrivait : « Si la croissance de l'emploi devait rester faible dans de nombreux pays de l'OCDE, il sera impossible à court terme de combler le déficit d'emplois accumulés pendant la crise, qui s'élève à plus de 20 millions »

Néanmoins, nombre d'économiste, théoriciens, politiciens et autres beaux esprits, continuent de nous expliquer que, pour surmonter la crise actuelle, il suffirait de s'adapter, et que les emplois de demain compenseraient, ceux perdus aujourd'hui. En clair, en investissant dans l'innovation et dans les emplois de services le tout saupoudré de quelques dispositifs d'emplois aidés, on caserait sans peine, les millions de jeunes qui arrivent et arriveront sur le marché du travail.

C'est d'ailleurs le propos quotidien du Medef, de ses think tank et des libéraux sauce Madelin ou Novelli qui nous répètent que la mondialisation économique actuelle est une chance et que l'ultra flexibilité des salariés est LA réponse à un chômage endémique. Selon eux, pour lutter à armes égales avec les pays à basses rémunérations, il suffirait de réviser régulièrement à la baisse, outre les salaires, les conditions de travail et revoir à la hausse le nombre d'heures travaillées. Et bien entendu se débarraser des plus âgés au profit de jeunes plus maléables.

Les actionnaires heureux de cet état de fait, accepteraient en contrepartie de partager avec les salariés leurs bénéfices, comme en pu s'en rendre compte les employés d'IPSOS et de Sécuritas à qui on a proposé respectivement 45 € et 7,50 € de prime dividende.

Au-delà du discours de ces « fins analystes», il est indispensable de lire la dernière étude réalisée par l'OIT qui prédit, en fait, un avenir fait de précarité et de pauvreté, pour la jeunesse mondiale.

Dans celui-ci, préparatoire au G20, l’Organisation internationale du Travail (OIT) : « met en garde contre le « traumatisme » de toute une génération de jeunes travailleurs, confrontés à un dangereux mélange de chômage constamment élevé, d’inactivité et de travail précaire croissants dans les pays développés, ainsi qu’à une multiplication du nombre de travailleurs pauvres dans les pays en développement »

Quelques chiffres et donnés

« Le nombre absolu de jeunes chômeurs a légèrement diminué après le pic atteint en 2009 (de 75,8 à 75,1 millions à la fin 2010, soit un taux de 12,7 pour cent); il devrait descendre à 74,6 millions en 2011 soit 12,6 pour cent. Cependant, le rapport attribue cette amélioration au fait que de plus en plus de jeunes se retirent du marché du travail plutôt que de chercher un emploi. Cela est particulièrement vrai pour les économies développées et la région de l’Union européenne (...) »

Face à cette situation qui pourrait selon les auteurs du rapport dégénérer en « printemps arabe » à tout moment, Xavier Bertrand qui présidera au nom de la France le G20 social a déclaré, lors de la réunion préparatoire de septembre 2011 : « Nous avons fait progresser d'une manière décisive notre vision d'une régulation sociale de la mondialisation (...) Une mondialisation (...) qui ne donne pas tout à l'économie et rien au social »

Et d'ajouter sans rire : « Qui aurait imaginé il y a deux ans, en pleine tourmente financière, que les enjeux sociaux seraient inscrits dans l'agenda mondial, au même titre que les priorités économiques et financières ? Grâce à la présidence française, c'est chose faite »

Mais, au cas où un de ses collègues du G20 lui ferait part des brillants résultats français publiés dans le N°92 de La Lettre Trésor-Eco , datée de Septembre 2011 et consacré à l'emploi des jeunes en France, dans laquelle on peut lire en toutes lettres : multiplication des contrats courts et précaires, précarisation et déclassement, ...

Ou de la proposition de son collègue de l'UMP et Rapporteur général du Budget à l’Assemblée Nationale, Gilles Carrez, d'amputer le budget emploi de 780 Millions d’Euros !

Il est assez probable qu'il se contentera d'évoquer la suggestion quasi magique, de l'association nationale des directeurs des ressources humaines (ANDRH), préconisée par le FMI et grand fantasme du Medef, d'instaurer un contrat de travail unique, qui aurait l'avantage de partager équitablement ... le chômage entre tous. Et, surtout de ne plus réserver la précarité de l'emploi aux seuls jeunes !

Pour en savoir plus, il faudra attendre le résultat du G20 social qui se déroulera les 3 et 4 novembre 2011 au Palais des festivals et des congrès de Cannes.


Sources
Synthèse du rapport de l'OIT
Rapport de l'OIT (Eng)

Crédit et copyright photo
Paris Match

29 juillet 2011

Les idées du Medef pour l'emploi des jeunes : Sets de tables et bénévolat ?

La posture du Medef sur l'emploi des jeunes est de plus en plus montrée du doigt. Celui-ci ne cesse pourtant d'expliquer son implication, pour améliorer leur recrutement. Mais du discours à la réalité de terrain ...

« Le chômage des moins de 25 ans a ainsi progressé de 1,4% en juin (...) parallèlement, les entrées en stages ont enregistré une forte hausse en juin (18%) » écrit France Soir. Et même si le gouvernement va essayer de déployer une stratégie de nouveaux secteurs à l'apprentissage, comme : « l'intérim, les emplois saisonniers ou le particulier employeur (...) » C'est à dire : apprentis précaires ou futurs personnels de maison. Il ne peut pas grand chose contre la frilosité en matière de recrutement de jeunes par les entreprises.

Frilosité qui avait été dénoncée par Laurence Parisot lors des : « Libres Échanges du lundi 31 janvier 2011 sur le thème : Emploi des jeunes : la balle dans le camp des entreprises ?, organisés par l'Institut Montaigne » Au cours desquelles elle déclarait

« (...) Toutes les idées sont les bienvenues, toutes les idées peuvent être mises sur la table sur cette question de l'emploi des jeunes (...) Développer l'emploi des jeunes, c'est développer l'emploi d'une manière générale (...) nous pourrons peut être améliorer un certain nombre de mécanismes : Supprimer les dysfonctionnements, optimiser telle ou telle modalité (...) »


Débat Emploi des jeunes : Laurence Parisot (2/6)

avant de mettre en cause, comme d'habitude, l'organisation du marché du travail, qui privilégie ceux qui ont un emploi, et qui empêchent les jeunes d'en trouver un. Puis de fustiger (gentiment) le « formatage des DRH » (qui bien entendu sont autonomes par rapport aux employeurs !) la mauvaise habitude des entreprises de ne « signer que des CDD au lieu de CDI » et d'affirmer que dans ce domaine, « il y a vraiment une évolution à encourager »

En termes de « bonnes idées qui peuvent êtres mises sur la table » on peut signaler celle du Medef Sarthe qui vient de lancer, avec l'aide la mission locale mancelle : « (...) un projet original pour dix jeunes en recherche d'emploi » nous expliquait Ouest France

En quoi consistait-il ?

« Pendant six semaines, dix jeunes volontaires ont donc bénéficié du dispositif « Un choix, une rencontre, un emploi ». Au programme : atelier théâtre, mise en situation de recrutement, communication écrite. Le but de la manoeuvre : prendre confiance en soi et être préparé à un entretien d'embauche (...) »

Le « bouquet final » comme l'écrit Ouest France étant, l'impression ... de set de tables CV !

En effet : « (...) 5 000 exemplaires de set de tables comportant le CV des jeunes volontaires ont été disposés dans 13 restaurants du Mans, afin d'attirer l'oeil des chefs d'entreprises (...) Ils ont dû démarcher les restaurateurs afin qu'ils acceptent une nouvelle décoration de leurs tables (...) » Et Ouest France de préciser, que dans l'un des restaurants : « (...) les chefs d'entreprise présents sont étonnamment surpris : « On ne s'imaginait pas un instant que l'on pourrait trouver un CV qui nous intéresse pendant notre pause-déjeuner ! »

Bilan de cet intérêt ? : Dans l'immédiat, la plus chanceuse des volontaires a obtenu ... un entretien et : « est désormais en attente de recrutement, dans le domaine de la petite enfance »

Mais on sait également faire preuve d'initiatives pour l'emploi des jeunes à la Réunion. En effet, la SR21 ( agence réunionnaise de développement durable et d’innovation ) vient de lancer un appel à candidature, pour fournir une équipe de participants capables de : « vanter les atouts économiques de la Réunion (...) » au Medef Réunion en vue de l'Université d'été du mouvement, du 31 août au 2 septembre.

A cette occasion : « (...) le MEDEF Réunion occupera un stand de 24 m² dédié à la valorisation économique de l’île de La Réunion et de son réseau d’entreprises (...) »

Quelle sera la mission de ces jeunes : « (...) dynamiques, sérieux et au fait des réalités économiques de La Réunion (...) ?

Et bien : « La valorisation du territoire réunionnais : environnement des affaires, expertises, position géostratégique… La valorisation des entreprises du MEDEF Réunion et la mise en relation »

Et quel sera le contrat qui leur sera proposé ? Aucun, puisque ces jeunes « (...) dynamiques, sérieux et au fait des réalités économiques de La Réunion (...) seront ... bénévoles.

Merci qui ?


Crédit et copyright photo
Ouest France

03 décembre 2010

Service Civique : "L'arme de cohésion sociale" du gouvernement est-elle enrayée ?

Nouveau"jouet" de Martin Hirsch, l'agence des Service Civique connait des problèmes de démarrage. Ainsi, on apprend que malgré les engagements de celle-ci, les volontaires n'ont toujours pas été payés !

Martin Hirsch a de l'humour, c'est le moins qu'on puisse dire, puisqu'il déclarait lors d'un déplacement dans une Mission locale : " Je n'ai jamais cessé d'être un militant social, même pendant mes années au gouvernement. Pendant ces trois années en fait, j'ai accompli mon service civique " !

Ce que le "militant social" oublie de dire c'est que le RSA pour lequel il était entré au gouvernement est d'une complexité effroyable (voir le site du Médiateur de la République) à tel point que : " ... / ... au moment de la mise en place du RSA, les autorités s’attendaient à une augmentation des bénéficiaires d’environ 1,2 million au cours de la première année, et 2 millions à terme. On est donc, avec 630.000 nouveaux entrants ... / .. un système intrusif et trop compliqué, comme l’indique le Secours Catholique, qui a constaté que plus de la moitié des personnes éligibles ne font pas de demande. Effectivement la procédure nécessite quantité de déclarations de ressources et de justifications qui rebutent ces personnes ... / ..." IFRAP

Néanmoins, sa mission accomplie, Martin Hirsch a donc décidé de se consacrer à la mise en place du service civique. Celui-ci a été créé, sur mesure : " .. / .. par la loi du 10 mars 2010, après un vote quasi unanime du Sénat " celui-ci étant qualifié, un peu pompeusement, par Martin Hirsch de " Petit miracle républicain" - L'Express

Comment ça fonctionne le Service Civique ?

Présentation sur le site Web de l'agence : " Toute personne de 16 à 25 ans qui souhaite s’engager peut effectuer son Service Civique ... / ... Une mission de Service Civique dure de 6 à 12 mois. Le Service Civique peut être réalisé auprès d’une association, d’une fondation, d’une organisation non gouvernementale à but non lucratif, ou auprès d’un organisme public : collectivités locales (régions, départements, communes), établissements publics ou administrations de l’Etat ... / ... "


Tout ce qu'il faut savoir sur le Service Civique
envoyé par service-civique. -

Dans quelles conditions ?

" Une indemnité de 442,11 € nets/mois est directement versée au volontaire par l'Etat, quelle que soit la durée hebdomadaire de la mission. De plus, la structure d’accueil verse au volontaire une prestation en nature ou en espèce d’un montant de 100,46 €, correspondant à la prise en charge des frais d’alimentation (fourniture de repas) ou de transports.

Cette prestation peut être versée de différentes façons (titre repas, accès à la cantine, remboursements de frais, etc.)
Par ailleurs, les jeunes, bénéficiaires ou appartenant à un foyer bénéficiaire du rSa, ou titulaire d'une bourse de l'enseignement supérieur au titre du 5e échelon ou au delà bénéficient d’une majoration d'indemnité de 100,64 € par mois.

Au total, selon les situations, les volontaires en Service Civique perçoivent entre 542,46 € et 641 €/mois. Le bénéfice de l’aide au logement est conservé pendant le Service Civique. - Service Civique

Fort bien ! Sauf que, comme nous l'apprend le site Lyon Capitale : " .... / ... A Lyon comme un peu partout en France, des volontaires n’ont toujours pas été payés ... / ... "

Encore un problème de caisses vides ou de rigueur budgétaire ?

Non, puisque si l'on en croît le communiqué de presse du 30/09/10, du ministère de tutelle de l'agence, le ministère de la jeunesse et des solidarités actives : " ... / ... Voté en mai dernier, le budget 2010 de l’Agence du Service Civique est fixé à ce jour à 26,3 Millions d’Euros. Il comprend : 24,13 Millions d’Euros de crédits pour l’accueil et les indemnités de mission des jeunes en Service Civique et 1,7 Millions destinés au fonctionnement de l’Agence du Service Civique "

Quelles sont alors les raisons avancées ?

Selon LyonCapitale : " ... / ... La difficulté de mise en place du tout nouveau système serait à l’origine du blocage. L’engorgement de l’institution qui croulait sous les demandes aurait aussi été un facteur aggravant pour la gestion des dossiers. Selon Marion Sessiecq, déléguée territoriale de l’AFEV sur Lyon, ce serait simplement le fait de lourdeurs administratives ... / ... Contactée directement par LyonCapitale.fr, l’Agence du Service Civique assure par la voix de son directeur Jean-Benoit Dujol que tout rentrerait dans l’ordre d’ici la fin de la semaine voir « le début de la semaine prochaine ... / ... "

Du côté des volontaires, la situation est parfois dramatique : " ... / ... Charlotte, étudiante et volontaire à l’AFEV, a eu de gros problèmes financiers. « J’ai eu des problèmes avec ma banque (…) j’ai failli être interdit bancaire » nous explique-t-elle. Pour aider leurs volontaires, les associations ont mobilisé leurs fonds. À l’AFEV, Charlotte a eu une avance de 400. Sa collègue Pauline a elle aussi été au bord du gouffre financier mais elle a pu être soutenue par son entourage : « j’aurais été toute seule, j’aurais eu de vraies difficultés ». De son côté Unis-cité en Rhône-Alpes a octroyé 200 euros à tous ses volontaires ... / ... "

Donc un départ en fanfare pour ces "missions valorisantes" définies de la façon suivante sur le site du gouvernement : " Ce type d’action est pleinement reconnu dans les cursus d'enseignement secondaire et universitaire et dans le cadre de la validation des acquis de l'expérience (VAE). Une valeur ajoutée indéniable dans un curriculum vitae."

Alors, que demande le peuple des 16 à 25 ans volontaires pour le Service Civique, De l'argent ?

Martin Hirsh a bien du batailler contre Jean-François Copé pour éviter de perdre ses 9.200 euros net par mois comme de président de l'Agence » du service civique - La Tribune

Alors, jeunes volontaire, un peu de patience et surtout de l'enthousiasme que diable !

30 novembre 2010

Emploi des jeunes : Après l'impasse, le "SAS" ?

L'emploi des jeunes est devenu LE nouveau sujet que devraient aborder les partenaires sociaux. La CGPME en profite pour proposer de créer une "Session d’Accès Sécurisée à l’Entreprise", sorte de sélection "zéro défaut" gratuite !

Lancé par François Chérèque à Laurence Parisot, lors d'un débat télévisé, le "chantier de l'accès des jeunes à l'emploi" vient de démarrer, par une première rencontre, entre les deux protagonistes, au siège du Medef à Paris.

Si pour l'instant du côté de la CFDT on attend : " ... / ... des engagements concrets et précis de la part des branches professionnelles ou des entreprises concernant l'emploi des jeunes" du côté du MEDEF on qualifie l'entretien de " " très important, utile et efficace "

Au delà de ce satisfecit, on notera que le MEDEF insiste sur le fait que : " ... / ... les engagements en matière d'emploi des jeunes auxquels pourraient souscrire les patrons ne peuvent être pris qu'"au niveau de chaque entreprise individuellement ou au niveau des branches". "Evoquer des engagements nationaux serait illusoire ... / ... " - AFP/Google

En clair : OK pour une photo devant la presse mais aucun accord national. Ce qui condamne les syndicats de salariés à l'impuissance totale !

En ce qui concerne la CGPME, rien n'indique qu'on se dirige vers une rencontre avec les syndicats de salariés, puisqu'on préfère concentrer toute son énergie sur des rencontres avec : " la ministre chargée de l'Apprentissage et de la Formation professionnelle Nadine Morano puis avec le ministre du Travail et de l'Emploi Xavier Bertrand le mardi 7 décembre "

Dans ce but, la CGPME a rédigé un document de 33 pages qui comme l'expliquent Les Echos : " ... / ... reprend évidemment les leitmotivs de l'organisation patronale sur la nécessité d'alléger les charges sociales ou encore de supprimer les effets des seuils sociaux ... / ... " Mais surtout propose de créer : " une formule de « session d'accès sécurisée à l'entreprise », SAS en abrégé ... / ... L'idée est de permettre à l'entreprise de « vérifier la pertinence de la candidature afin de réduire les risques de rupture anticipée » et pour le jeune de « conforter son projet professionnel vers un métier identifié ». Le parcours durerait quatre ou cinq jours en démarrant par la « découverte de l'entreprise "

Nous avons lu ce document et tout particulièrement les pages 27 à 29 qui définissent selon la CGPME ce que serait une " Session d’Accès Sécurisée à l’Entreprise "

Concept

un concept d’immersion pratique courte en entreprise.

• La SAS serait proposée par l’entreprise intéressée soit en vue d’un recrutement direct sous forme d’un contrat de travail, soit pour tester une candidature spontanée.

• Concrètement, il s’agirait de favoriser la découverte mutuelle d’une entreprise par un jeune et d’un jeune par une entreprise pour préparer l’insertion professionnelle du jeune qui pourrait ensuite se traduire par un contrat d’apprentissage ou un contrat de professionnalisation ou encore une autre formule destinée à faciliter l’orientation professionnelle d’un jeune, par exemple stage d’au moins trois mois...

Fonctionnement : Demandez le programme !

1er jour : découverte de l’entreprise
- Visite des locaux
- Identification des structures de l’entreprise (direction, services…)
- Connaissance des métiers pratiqués dans l’entreprise

2ème jour (3ème jour) : identification du ou des métier(s) susceptible(s) d’intéresser le jeune et l’entreprise
- Définition du (des) métier(s)
- Compétences requises pour chacun des métiers
- Premier positionnement du jeune par rapport au(x) poste(s) de travail qu’il est susceptible d’occuper.

3ème jour (4ème jour) : identification précise du parcours professionnel du jeune dans l’entreprise
- Formation initiale en contrat d’apprentissage ou formation professionnelle continue en contrat de professionnalisation ou encore sous une autre forme d’insertion professionnelle... / ... .

4ème jour (5ème jour) : formalisation des étapes pour l’insertion professionnelle du jeune selon la formule choisie conjointement par le jeune et l’employeur.
Cette formalisation se fait si le jeune a manifesté sa volonté claire « d’intégrer » l’entreprise et si l’employeur est favorable à cette candidature ... / ...."

Et dans quel cadre juridique ?

- Dispositif fonctionnant selon les termes d’une convention-type simplifiée définie par la branche professionnelle dont relève l’entreprise ou au niveau national nterprofessionnel ... / ...

Et surtout !

- Garantie juridique donnée par l’Administration du Travail de la non responsabilité de l’entreprise concernée en cas d’accident du travail survenant pendant la période de « Session d’Accès Sécurisé à l’Entreprise » (SAS). Cette garantie figurerait dans la convention-type ... / ..."

En résumé : Un test (période d'essai ?) gratuit et légal de 5 jours (pouvant aboutir à un stage) pendant lesquels on pourrait vérifier les capacités du candidat à "encaisser" et s'adapter. Le tout bien entendu "emballé" dans un contrat rédigé par les patrons eux mêmes et sans couverture en cas d'accident !

Nous sommes vraiment impatients de connaître, l'accueil que réserveront Nadine Morano et Xavier Bertrand à ce "SAS" et les suites qu'ils donneront, à cette "nouvelle piste" du "chantier de l'accès des jeunes à l'emploi" !

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Pratique.fr