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03 juillet 2012

La Commission européenne a un problème avec le pouvoir d'achat ?

Les Etats peuvent augmenter la TVA à l'infini sans déranger la Commission européenne. Par contre lorsqu'un gouvernement décide de la baisser, Bruxelles sort de ses gonds, au nom de ... la concurrence !




Une baisse de la TVA est toujours une bonne chose pour les consommateurs. On se souvient en effet des résultats de la baisse sur les travaux destinée à permettre l'amélioration du parc des logements existants qui avait dopé la demande des particuliers.Néanmoins, la Commission Européenne n'aime pas les baisses qui selon elle pourrait mettre en péril la concurrence !

Ainsi, alors que la France et le Luxembourg viennent de décider d'appliquer un taux réduit de TVA aux livres numériques, la Commission Européenne vient de leur adresser une lettre de mise en demeure.

A quel titre ?

Hé bien  : « (...) La législation de l'UE ne permet pas aux Etats membres d'appliquer un taux réduit aux livres numériques (...) expliquant qu'on pourrait donc être en présence d'une violation claire des règles communautaires (...) »

Vioation ?

Il faut savoir nous dit la Commission que : « (...) par ce biais ils ont pu attirer chez eux certaines activités de vente de livres numériques (...) La Commission aurait : (...) reçu des plaintes de plusieurs ministres des Finances, notamment du Royaume-Uni, de Pologne et des Pays-Bas, qui ont déjà relevé l'effet négatif sur les ventes de livres sur leur marché domestique (...) Selon la Commission, le taux appliqué par le Luxembourg est directement à l'origine d'une chute des ventes de 4,5 millions d'unités au seul Royaume-Uni en janvier et février, soit 30 millions de livres sterling (37,3 millions d'euros) »

Ce discours est tellement surréaliste que Neelie Kroes, elle même Commissaire Européen a déclaré : « Est-ce que des taux différents de TVA entre les livres numériques et papier ont un sens au XXIe siècle »

Même si la Commission reconnaît étudier de près le sujet, et qu'elle pourrait revoir sa décision en 2013, elle campe sur ses postions : « (...) nous prenons au sérieux notre mission de gardien des traités (...) »

Voilà donc pourquoi, vous risquez, si vous achetez des livres numériques, de contineur à les payer plus chers !

Mais que vaut le pouvoir d'achat de quelques consommateurs à côté de l'orthodoxie de la  concurrence de la Commission Européenne ?


04 octobre 2011

Secrets et manipulations ? : « Au cœur du Medef » par Eric Verhaeghe

« Au cœur du Medef - chronique d’un fin annoncée » C'est le titre du dernier ouvrage d'Eric Verhaeghe qui n'avait pas hésité en janvier de claquer la porte Medef pour désaccord complet avec la politique menée par Laurence Parisot depuis 2008


En janvier dernier nous vous présentions « Jusqu'ici tout va bien » (1) le premier livre d'Eric Verhaeghe écrit, suite à sa démission de l'APEC et de tous les mandats qu'il exerçait au nom du Medef. Dans cet ouvrage, il égratignait certaines méthodes et positions de l’organisation de Laurence Parisot. Mais l'essentiel était une remise en cause d'idées reçues et dogmes dans les domaines économiques.

Lors d'une rencontre, il avait évoqué l'hypothèse d'un futur autre livre consacré exclusivement au Medef et nous avait promis une interview en cas de sortie. Il a tenu parole, puisque nous l'avons rencontré à nouveau ce mois ci, pour la sortie de : « Au cœur du Medef - chronique d’un fin annoncée » où l'on découvre les dessous d'une organisation en voie de sclérose et une Laurence Parisot opportuniste, autoritaire et peu efficace.

Slovar : Bonjour Eric Verhaeghe. Tout d'abord, comment allez-vous depuis notre dernier entretien consécutif à la sortie de votre premier livre ?

Eric Verhaeghe : Je suis très en forme. Et à titre personnel, puisque je me suis marié cet été, et à titre professionnel, puisque je me lance dans l'aventure d'une création d'entreprise.

Slovar : Dans « Jusqu'ici tout va bien » le fonctionnement du Medef où vous avez évolué pendant trois ans et demi ne représentait que quelques pages. Votre dernier livre lui est entièrement consacré. On va enfin connaître la face cachée du Medef et de ses dirigeants ?

Eric Verhaeghe : Pas forcément. L'esprit du livre n'est certainement pas de laver du linge sale, et ceux qui y cherchent des polémiques croustillantes seront déçus. Cela fait d'ailleurs le désespoir de mon éditeur, qui préconise de longues polémiques pour lancer le livre. Malgré cela, je ne souhaite pas me placer sur un plan personnel. Depuis ma démission de janvier, je n'ai guère eu l'occasion d'expliquer les raisons de mon départ. J'ai souhaité prendre la plume pour expliquer ces raisons, en montrant je crois très clairement qu'elles répondent à des sujets de fond et n'ont rien à voir avec des questions de personnes.

Slovar : Vous semblez indiquer que Laurence Parisot et le Medef auraient été, malgré ce qu'on aurait pu croire, une force d'inertie vis à vis de Nicolas Sarkozy et n'aurait pas honoré certains engagements prévus ?

Eric Verhaeghe : Ce n'est pas exactement cela. Je dis plutôt que, depuis les lois Auroux, les gouvernements, de gauche comme de droite, ont mené une politique assez cohérente de développement du dialogue social dans l'entreprise et d'affaiblissement des structures paritaires. Nicolas Sarkozy a voulu accélérer l'histoire en proposant des réformes de fond comme la mise en place d'une sécurité sociale professionnelle, qui rencontre l'agrément de syndicats de salariés, comme la CGT par exemple.

Paradoxalement, c'est le Medef qui s'est montré le plus rétif à ces évolutions, et qui les a toutes entravées, voire noyées. Le plus caricatural fut sans doute la réforme de la formation professionnelle, que le Medef a enterrée alors qu'elle constitue un enjeu crucial pour la compétitivité des entreprises. Le paradoxe est là : alors qu'un président très volontaire était élu, alors que les syndicats de salariés jouaient le jeu, comme sur la réforme de la représentativité, le Medef s'est assez rapidement cramponné à une conception CNPF du dialogue social.

Slovar : Le Medef aurait donc volontairement torpillé les accords sur la modernisation du marché du travail et celui de la représentativité au profit de vielles querelles et au nom du conservatisme ?

Eric Verhaeghe : Je modérerais un peu le propos, mais il correspond globalement à une vérité. Il y a une sorte de force centripète au Medef, et le centre, c'est le CNPF de toujours, celui qui fut créé par De Gaulle en 1945 pour gérer le paritarisme. En transformant le CNPF en Medef, Seillères et Kessler ont tenté de négocier un virage historique du mouvement patronal. Force est de constater que le virage est manqué.

Slovar : Pensez-vous que l'audience accordée au Medef par les pouvoirs publics et les média ne soit pas en rapport avec sa représentativité ?

Eric Verhaeghe : Personne n'en sait rien. A la différence de ce qui existe pour les syndicats de salariés où, depuis la loi du 20 août 2008, la capacité à négocier est liée aux résultats aux élections, la représentativité du Medef est restée sur les bases gaulliennes de la reconnaissance par le gouvernement. Mais personne ne peut prouver que les chefs d'entreprise se reconnaissent dans les positions frileuses et peu imaginatives du Medef.

Slovar : Laurence Parisot ne cesse de pousser le gouvernement et les partis politiques, a laisser plus de champs à la négociation, entre partenaires sociaux. Mais quelle est réellement l'attitude du Medef vis à vis des syndicats de salariés ?

Eric Verhaeghe : En fait, je raconte dans mon livre comment le Medef a refusé d'envisager un système à l'allemande où l'Etat n'aurait aucune compétence en matière de dialogue social. Cette idée épouvante le patronat, qui ne pourrait plus mettre les négociations en échec, en attendant que l'Etat arbitre.

Slovar : Le Medef a été un des promoteurs du report de l'âge légal de la retraite au fait que cela permettrait aux salariés âges de trouver plus facilement un emploi. Pouvez-nous dire ce qu'on en disait en off au Medef ?

Eric Verhaeghe : Pas grand chose en réalité. A la base, tout le monde a constaté que, à périmètre de cotisations constant, l'âge minimum de départ à la retraite nécessaire à atteindre pour rétablir l'équilibre financier du système se situait autour de 64 ans. Tout le monde le sait, et tout le monde sait que le relèvement de l'âge de la retraite à 64 ans effectifs est inévitable. Je sais que cela vous agace, mon cher Slovar, mais la science actuarielle est têtue. Le relèvement à 64 ans est incontournable, sauf à élargir l'assiette de cotisations en fiscalisant les recettes de la sécurité sociale. Mais ce scénario-là implique l'étatisation définitive de la Sécurité Sociale.

Slovar : Permettez-moi de préférer le deuxième scénario au premier en ce qui concerne l'âge légal de la retraite. Du moins tant que le Medef ne tiendra pas ses engagements sur l'emploi des seniors, ce qui vous l'avouerez est loin d'être gagné ! Mais peut être aurons-nous l'occasion d'en reparler ?

Eric Verhaeghe : Avec plaisir

Merci Eric pour cette interview et bonne chance à vous et au livre


Interview réalisée le 3 octobre 2011
(1) Extraits en PDF


« Au cœur du Medef - chronique d’un fin annoncée » Eric Verhaeghe Editions Jacob-Duvernet - Présentation de l'éditeur

« Nicolas Sarkozy arrive au pouvoir en mai 2007 avec un programme de réformes sociales où le Medef doit jouer un rôle essentiel : mise en place d'une « flexisécurité à la française, recomposition du paysage syndical, remise à plat des 35 heures. A ce moment commence à s'écrire une pièce à rebondissements, une sorte de marivaudage où n'est pas forcément cocu celui qu'on croit. Entre fâcheries patronales, affaire de l'UIMM, crise de 2008, et autres revirements de situation, Eric Verhaeghe raconte de l'intérieur comment la France a manqué le virage de sa réinvention sociale pendant plus de 3 années intenses, faites de tergiversations, de malentendus et d'hésitations. Reste une question majeure : l'héritage du CNPF que le Medef incarne est-il encore adapté aux besoins de notre temps ? Est-il capable de porter la vision dont la France a besoin pour demain ? En lui demandant de réformer le monde pour lequel il a été inventé, ne lui demande-t-on pas, tout simplement, de scier la branche sur laquelle il est assis ? Avec des mots simples et percutants, et après le succès de Jusqu'ici tout va bien, Eric Verhaeghe propose un autre modèle pour demain »


Crédit image
Editions Jacob-Duvernet

31 mars 2010

Crise économique et monde du travail : "Les nouveaux carnets d'un inspecteur du travail" par Gérard Filoche

L'arrivée d'un livre de Gérard Filoche est toujours un grand moment ! Surtout que celui-ci sort en pleine crise économique et de confiance des salariés dans leurs dirigeants politiques et économiques.

Et bien justement, son éditeur annonce la sortie de son deuxième opus sur la réalité du monde du travail : "Les nouveaux carnets d'un inspecteur du travail - Travailler mieux, moins, tous "

Les fidèles de Slovar les Nouvelles ont pris l'habitude de lire, assez régulièrement, des communiqués ou déclarations de Gérard Filoche que nous publions lorsqu'il nous fait le plaisir de nous les envoyer.

S'il est un militant de la gauche du Parti Socialiste, pour beaucoup de français, il reste l'inspecteur du travail qui dénonce depuis toujours les dérives de certains employeurs et surtout la "mise à sac" du code et des conditions de travail par les gouvernements de droite.

Droite qui continue, après sa raclée aux dernières élections régionales, à maintenir un cap refusé par la très grande majorité des français, à savoir : " François Fillon s’est montré doucereux mais pour annoncer la poursuite des mêmes choix, imposer le recul de l’âge de la retraite, une politique d’ultra-austérité, la démolition du Code du travail, ... /... , l’amputation des services publics ... / ... " Comme l'écrit Patrick Apel-Muller dans l'Humanité

Droite, symbolisée par son Président, qui touche un peu plus le fond en termes de popularité et voit l'ensemble de sa politique économique désavouée par 70% des français

" ... / .. Sept Français sur dix jugent "mauvaise" la politique économique du gouvernement (+7 points par rapport à février), contre 27% qui la jugent "bonne" (-5 points), selon un sondage BVA/Absoluce/Les Echos/France info publié mercredi 31 mars. Il s'agit d'un "record absolu d'impopularité" de la politique économique du gouvernement depuis l'élection de Nicolas Sarkozy, notent les sondeurs ... / ... " Source Nouvel Obs

Droite qui se divise sur la mesure emblématique du Président : Le bouclier fiscal mais garde les pieds sur terre en proposant de supprimer dans le même temps ... l'ISF !

Et enfin, droite, qui paniquée par le retour du Front National, continue d'essayer de focaliser l'attention des français sur l'interdiction du voile intégral alors, que selon les propres mots du Préssident UMP de l'Assemblée Nationale : " ... / ... Il y a des priorités plus pressantes, qui sont celles de l'emploi et du pouvoir d'achat ... /... "

Le seul problème c'est que l'emploi et le pouvoir d'achat ne dépend ni du gouvernement, ni des élus de la république mais bien des employeurs. Or, à la rubrique pouvoir d'achat il semble que beaucoup de salariés passeront devant la glace : " Pas de hausse de salaire dans une entreprise sur trois. Pouvoir d'achat et salaires seront mal orientés au premier semestre, indique l'Insee. Selon une enquête, 30 % des dirigeants français ne prévoient pas d'augmenter les salaires cette année, contre 16 % en 2009 ... / ... " Source Les Echos

Pour les chômeurs et notamment les fins de droits, on est sans nouvelle des centaines de millions promis par Laurent Wauquiez avant fin mars !

Cette ambiance permet aux responsables politiques et économiques de faire l'impasse sur les conditions de travail de ceux qui ont un emploi (même précaire) et dans certains cas de montrer du doigt ces "privilégiés" qui du haut de leur CDI narguent ceux qui n'en ont pas !

Or, ceux qui travaillent savent pertinnement que le monde du travail n'a rien à voir avec celui des bisounours et que la compétition internationale est très souvent prétexte à des emplois de "mauvaise qualité" ou à des pressions quotidiennes.

Pressions qui peuvent aller dans le "meilleur" des cas à une rupture conventionnelle et dans le pire à un harcèlement moral

Il existe peu de témoignages de salariés, surtout dans les TPE où le MEDEF et la CGPME font front pour refuser le "projet de loi sur le dialogue social dans les TPE" : " ... / ... Après l'échec, cet hiver, des négociations interprofessionnelles, la Rue de Grenelle doit rapidement présenter un projet de loi, a priori ce printemps, sur le dialogue social et la mesure de l'audience syndicale dans les TPE (moins de 10 salariés) ... / ... " - Source Les Echos

Car la situation de relation quasi fusionnelle entre patrons et salariés des TPE que nous présentent trop souvent les medias n'est parfois qu'un décor !

" ... / ... Exemple avec Malika, employée d’une publication spécialisée parisienne qui compte six salariés. « Cela fait dix ans que j’y travaille. J’étais dans un rapport très fusionnel avec ma patronne, qui connaît même mes parents. Mais, récemment, j’ai décidé de prendre mes distances, car j’ai réalisé que notre proximité lui permet de me demander n’importe quoi, notamment au niveau du temps de travail. » Et il y a pire : « Il y a dix-huit mois, elle nous a sucré nos tickets-restaurant, pour “raison économique”. On a accepté sans sourciller alors que cela aurait fait un tollé dans une grande boîte. » Mais, pour autant, pas question de traîner son employeur aux prud’hommes : « Cela risquerait de mettre en péril toute la structure et l’emploi de collègues dont je suis très proche .. / ... " - Source L'Huma

Au passage signalent Les Echos l'adoption du projet de loi est incontournable puisque : " ... / ... faute d'inclure les 4 millions de salariés de TPE dans la boucle, toute la réforme de la représentativité de 2008 risque l'inconstitutionnalité ... / ... "

C'est pourquoi, le livre de Gérard Filoche : "Les nouveaux carnets d'un inspecteur du travail - Travailler mieux, moins, tous" est un témoignage important sur la réalité quotidienne de millions de salariés au moment où on ne s'offusque même plus au gouvernement et dans sa majorité sur le fait qu'on propose : "137 euros par mois en Tunisie" aux salariés de Continental, licenciés économique de l'usine de Clairoix ! - Source L'Expansion

Ce nouveau livre fait suite à : “Carnet d’un inspecteur du travail” dans lequel, bien au delà du portrait idyllique que les medias brossent du monde du travail,il nous racontait sa vision des conditions de travail de nombreux salariés en France.

Les choses ont-elles vraiment changé, dans cette période de crise économique où ceux qui ne sont pas au chômage subissent des pressions de plus en plus importantes ? Où en est-on de la "valeur travail" et du "travailler plus pour gagner plus " chers à notre président et sa majorité parlementaire ?

Présentation de l'éditeur de : "Les nouveaux carnets d'un inspecteur du travail - Travailler mieux, moins, tous"


" Regardez autour de vous les visages blêmes à 5 h 30 du matin dans la première rame de métro, regardez le vieil ouvrier du bâtiment de 55 ans derrière son marteau piqueur, regardez la serveuse de restaurant qui souffre de varices, sortir, enfi n, d’une journée de 14 heures. Observez la femme de ménage pliée en deux, le mécanicien posté en 3 X 8, l’étudiant qui se brûle les mains à l’huile du fast-food, l’aide soignante de nuit, le vieux chauffeur de taxi immigré qui fait 70 heures par semaine. Étudiez bien aussi, derrière son apparence, la secrétaire surbookée, l’ingénieur stressé ou le cadre de banque, la tête rongée par les objectifs à atteindre et par la peur d’être saqué. Parlons d’eux"

Pas certain qu'à l'Elysée, au gouvernement ou à l'UMP on en fasse son livre de chevet ...

Les nouveaux carnets d'un inspecteur du travail - Travailler mieux, moins, tous
Editions Jean-Claude Gawsewitch


Du même auteur

Les caisses noires du patronat
"La vie, la santé, l'amour sont précaires. Pourquoi le travail ne le serait-il pas ?" Faut-il brûler le Code du travail ?
On achève bien... les inspecteurs du travail

Crédit et copyright images et photos
Babouse
Editions Jean-Claude Gawsewitch
Le Placide



01 décembre 2009

Copinage et coup de pouce : Les Chroniques du Monolecte en librairie

Agnès Maillard fait partie des blogueurs qui comptent. Tout d'abord parce qu'elle possède cette écriture "brute" et sans concession et surtout parce que tous ses textes sont des petits morceaux d'émotion ou de révolte.

Et bien, notre amie blogueuse, vient de quitter provisoirement l'écriture sur support virtuel pour passer au format papier. Et quel papier, puisqu'il s'agit d'un livre !

Quelques critiques lu ça et là

Lulu.com

"Le Monolecte est un blog. Presque l'inverse d'un livre. Le problème d'un blog, justement, c'est qu'au fil de temps et des chroniques, la mémoire des événements s'y dilue, enfouie toujours plus profondément sous de nouvelles strates. D'où l'intérêt d'exhumer les histoires anciennes et déjà oubliées, même si elles ne remontent jamais qu'à l'année 2005, et d'en faire un livre, un bouquin, un truc à emporter dans les transports, à compulser dans les toilettes ou à effeuiller au camping.

Le Syndrome du poisson rouge, c'est donc 150 textes classés par ordre chronologique, avec références et renvois divers, 440 pages bien tassées, à picorer au gré des humeurs, avec les carnets du chômage ordinaire, le microcosme politique, la diarrhée télévisuelle, mais aussi de petits récits sur le temps qui passe, les petits malheurs et les grandes joies de la vie ordinaire, des critiques cinéma et même des recettes de cuisine"

France2 (Et, Agnès, on ne se refuse rien :-)

" ... / ... Agnès Maillard a retravaillé, contextualisé, mis en pages et imprimé ses chroniques du Monolecte des années 2004 et 2005. Ainsi est né "Le syndrome du poisson rouge. Les chroniques du monolecte Saison 1", livre papier de 440 pages qui conte la France contemporaine.

Quelle France ? Celle, écrit-elle, du "chômage ordinaire",du " microcosme politique", de "la diarrhée télévisuelle", mais aussi du "temps qui passe".

Sont ainsi décrits "petits malheurs et grandes joies de la vie ordinaire" dans une langue unique (celle du Monolecte ici défini) : langue malicieuse, poétique et politique, qui pointe avec brio fissures et fractures se multipliant dans une société de plus en plus injuste. En tout, 150 textes qui avaient déjà conquis sur la Toile des milliers d'internautes ("sur Internet", dit-elle drôlement, "j'ai mon pâté de maisons" et une notoriété certaine : depuis septembre 2006, plus de 1,2 millions de visiteurs uniques) ... / ... "

Bon, maintenant, il va falloir l'appeler Madame ! Non je rigole ... Bonne route à ton livre et continue à nous réjouir avec le Monolecte !

"Les chroniques du Monolecte : Le syndrome du poisson rouge" Agnès Maillard

Le blog du Monolecte

23 avril 2008

Coup de pub, coup de coeur : L'histoire de France selon ... Nicolas S

Slovar souhaite présenter à ses lecteurs un ouvrage qui vient de paraître et dont le titre est : "Comment Nicolas Sarkozy écrit l’histoire de France"

Guy Môquet, Jaurès, les colonies et tant d’autres… Nicolas Sarkozy en campagne, puis au début de son mandat, n’a cessé d’utiliser et de brandir des références historiques. Cet usage immodéré de l’histoire a alors mobilisé autant de mises en scène grandiloquentes que de discours de filiation destinés à dessiner les contours d’une France mythique du candidat puis du président. Comment voir clair dans tous ces personnages et événements sans cesse mélangés et associés les uns aux autres en dehors de tout contexte ? Comment comprendre le brouillage de références qui empruntent autant aux grandes figures de la gauche qu’à celles de la droite ? Quels sont les enjeux et les effets politiques de telles constructions historico-politiques ? Une vingtaine d’historiens ont disséqué les usages que fait de l’histoire Nicolas Sarkozy pour permettre de saisir les mécaniques à l’œuvre dans cette vaste entreprise de reconstruction d’un roman national. Sous la forme d’un dictionnaire, un véritable parcours critique dans l’histoire de France revue et corrigée par une droite qui entend refabriquer de l’ "identité nationale"

En librairie depuis le 18 avril 2008 - Collection "Passe et Present"

Editions AGONE
Comment Nicolas Sarkozy écrit l’histoire de France
Comité de Vigilance face aux usages publics de l’histoire

27 février 2008

Coup de coeur, coup de pub

"Laïcité. Réplique au discours de Nicolas Sarkozy, Chanoine de Latran" - Par Jean-Luc MELENCHON

"Le Président de la république Nicolas Sarkozy a accepté d’être nommé Chanoine honoraire de Latran, la paroisse du Vatican à Rome. A l’occasion de son intronisation, il a prononcé un discours qui adopte le concept de « laïcité positive » défendu par le pape Benoît XVI. Le ridicule du ton de prédicateur qu’il adopte, les injures et les provocations auxquelles il se livre contre les Lumières, la vision républicaine de l’histoire de France et les maîtres de l’école publique, ne doivent pas faire perdre de vue l’objectif politique qu’il poursuit.

Il s’agit de faire
entrer la France dans la logique du « choc des civilisations », où les religions définissent les personnes, les sociétés et le système des relations internationales. Pour cela, il veut tourner la page de la loi de 1905 de séparation des Églises et de l’État. Danger !"


Aux Editions Bruno Leprince (80 pages, 5 euros)
Téléchargement bon de commande ICI

Retrouvez Jean-Luc MELENCHON sur
http://www.jean-luc-melenchon.fr
http://www.pourlarepubliquesociale.org

06 février 2008

Coup de coeur - coup de pub

En ces temps d'immigration choisie (?) et de la présence d'un ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du ... codéveloppement, il est agréable de découvrir des ouvrages qui préfèrent parler d'histoire d'amour plutôt que de quotas réclamés par des entrepreneurs désireux de main d'oeuvre docile et bon marché. L'ouvrage en question "Douleur de Peau" est écrit par Aysseline de Lardemelle.

Extrait : " Qui n'a pas un jour vécu ce parcours initiatique qu'est le premier voyage au-delà de nos repères? Je ne savais pas qu'il me mènerait si loin, loin dans la vie, dans la beauté, dans l'amour et la souffrance aussi. Je ne savais pas que je rencontrerais Souleymane." Elle est française, blanche, noble, catholique. Il est sénégalais, noir, pauvre, musulman.Ils vont s'aimer à la folie ..."

Vous souhaitez lire d'autres extraits et même le commander en ligne ? C'est ICI . Vous pouvez aussi vous procurer le livre chez votre libraire. C'est à notre avis la meilleure solution pour continuer à avoir des petits commerces en bas de chez vous (n'est ce pas M. ATTALI ?)

Sources et copyright
Aysseline de Lardemelle

22 janvier 2008

Intemporelle spéculation

Bien que Madame LAGARDE nous ait expliqué ce matin sur Europe1 que le choc boursier actuel n'est "qu'un réajustement" et que la France est à l'abri puisqu'elle a su mettre en place la défiscalisation des heures supplémentaires, on est pas vraiment rassurés.

On est même en droit de se demander si les pouvoirs publics ne vont pas encore couvrir (suivant le principe de la privatisation des bénéfices et de la mutualisation des pertes) une crise majeure basée sur la recherche de rendements à "deux chiffres"

Pour ceux qui souhaitent mieux connaître les chemins tortueux de la spéculation, Slovar leur conseille la lecture d'un formidable livre signé Georges CONCHON " Le sucre"

Résume :

L'inspecteur des impôts Adrien Courtois épouse sur le tard une pharmacienne, laquelle fait bientôt un assez coquet héritage. Pour gérer ce magot, Adrien n'hésite pas à prendre sa retraite. Avec son expérience, il doit y faire merveille. Vraiment the right man : placé pour.

Huit mois après, il se retrouve ruiné. Lavé. Essoré.

Par hasard, par rencontre, il avait mis le doigt (un tout petit vieux million) dans une chose très sérieuse, le Marché à terme des marchandises" Pignon sur rue. L'Etat derrière.
Le doigt dans le sucre, tout a suivi. Inexorablement. Tellement compétent, tellement méfiant de profession, le malheureux s'est fait piéger comme béjaune dans cette énorme "Affaire du sucre" (1974-1975) dont on se demande encore pourquoi la France a si peu entendu parler.

Le plus pharamineux des sacs d'embrouilles, le piège le plus aberrant que se soient jamais monté entre eux des financiers voraces jusqu'à l'imbécillité et quelques banques complices, ou idiotes. Un trou de 66 milliards que l'État - vous, moi ! - a réglés en grande part, afin que les plus gros spéculateurs ne perdent pas un centime et que trois banques n'aient pas à faire face à leurs engagements. II fallait bien : elles sautaient.

Corrosif. Désopilant. Des côtés Hellzapoppin, mais aussi la tendresse de Macadam Cow-boy sous la merveilleuse amitié d'Adrien et du jeune Raoul, époustouflant vicomte voyou qui s'est engagé à lui "récupérer ses billes" dans cette arnaque d'enfer.

Le Sucre c'est aussi un film avec Jean CARMET, Gérard DEPARDIEU, Michel PICCOLI (terrifiant prédateur sous le nom de Grézilo), Claude PIEPLU, Roger HANIN (Roger Karbaoui et sa mère Marthe Villalonga) et tant d'autres "seconds" rôles tous plus brillants les uns que les autres.

Un des dilaogues devrait pourtant vous rester pour longtemps en mémoire : Georges DESCRIERES recevant les financiers responsables de cette escroquerie et leur disant avec le plus grand détachement : "Bien, messieurs, puisque vous n'avez pas su faire payer les gros, maître Pergamon huissier de justice se chargera de faire payer les petits"

Si livre et film peuvent parfois paraître cyniques, ils le sont toutefois beaucoup moins que tous ceux qui ont voulu gagner "toujours un petit sou de plus" (comme le dit Grézilo) en prêtant à des populations de plus en plus modestes pour l'achat de leur habitat !!!


Intemporelle spéculation ....

Espérons qu'une des chaînes de télévision ait l'audace de le diffuser dans les prochains jours les aventures d'Adrien Courtois et de Raoul de la Vibraye. Chiche ?

Filmographie de Jacques ROUFFIO