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14 juin 2012

Think tank Ultra libéral recherche futurs exilés fiscaux pour ... témoignage !

L'ultra libéral think tank IFRAP lance un appel à témoignage sur son site web aux entrepreneurs et entreprises qui pensent quitter la France. Une démarche insolite pour des gens qui prétendent être en contacts permanent avec les entrepreneurs. 





Dans la famille des think tank libéraux et ultra libéraux, il en est un qui se détache, c'est l'IFRAP. C'est entre autre celui qui déteste le plus : l'administration, les fonctionnaires, les régimes de retraites, les aides sociales, le SMIC, le code et le droit du travail, Pôle Emploi, les syndicats et bien entendu tous les impôts, notamment l'ISF responsable selon eux de la « délocalisation des patrimoines »

On aurait pu penser que de tels spécialistes entretenaient comme beaucoup de think tanks des relations étroites avec des entrepreneurs et des entreprises, ce qui leur permettrait de connaître les tendances et réactions de ceux-ci. Or, on peut lire depuis le 8 juin dernier sur leur site un appel à témoignage étonnant 

« (...) La Fondation iFRAP fait un appel à témoignages auprès des entrepreneurs et entreprises qui pensent à quitter la France pour les pays limitrophes pour des raisons fiscales afin de pouvoir donner aux décideurs des exemples non nominatifs montrant que les mesures fiscales punitives ne sont pas la bonne solution (...) »

Quel est l'argumentaire qui suit cette demande pour le moins insolite ? Extraits

« Le Ministre des Finances Pierre Moscovici ne veut pas commenter les « rumeurs » de délocalisations de personnes physiques et morales qui circulent en France en ce moment (...) Ces « rumeurs » font clairement suite aux annonces d’augmentation de la pression fiscale sur les personnes physiques (et morales) dont nous avons déjà largement explicité les incidences négatives potentielles (...) »

Suit une description de plusieurs cas « dramatiques » d'entrepreneurs qu'on risque entre autre, de priver de bouclier fiscal, et que l'IFRAP semble bien connaître. Pour en arriver à ce morceau d'anthologie 

« (...) A ce stade, il nous a semblé nécessaire que la Fondation iFRAP puisse recueillir des témoignages sur les raisons de ce choix de l’exil afin de faire la pédagogie de la situation auprès de nos décideurs. Ces témoignages n’ont pas besoin d’être nominatifs mais juste détaillés (expliquer comment la conjonction des différentes mesures fiscales incitent au départ) afin de les publier sur notre site internet et de démontrer que la fiscalité punitive n’est pas la bonne démarche (...) »

Suivent quelques témoignages anonymes que nous vous laissons découvrir mais dont les pseudos comme : « Henri IV , Picsou75 ou equité » devraient en réjouir plus d'un. 

Vous avouerez que la méthode est assez étonnante, sauf que IFRAP signifie : Fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques ce qui n'a qu'un lien lointain avec la vie des entreprises.

Par contre, Agnès Verdier Molinié sa directrice n'a pas hésité à chiffrer le programme de François Hollande : « A la demande du Figaro Magazine » et d'Eric Brunet qui revendique le fait d'être le premier réactionnaire de France et qui n'hésitait pas à écrire, le 8 juin dernier, sur le droitier site Atlantico : « Pourquoi Nicolas Sarkozy a gagné la présidentielle »

Mais dans la mesure où ni le Figaro, ni Eric Brunet ne semblent plus informés que l'IFRAP sur : « des entrepreneurs et entreprises qui pensent à quitter la France pour les pays limitrophes pour des raisons fiscales » il ne reste plus qu'à attendre la publication des résultats de la consultation en ligne sur le site de l'IFRAP qui, à notre avis ne devrait probablement pas être très favorable à l'actuel gouvernement ...


Crédit et copyright image

11 mai 2011

Réforme fiscale et prime aux salariés : Champagne et fumisterie ?

Etonnante coïncidence : Le gouvernement espère faire voter en même temps, les textes sur la prime des salariés et de la réforme fiscale. Une habile façon de détourner l'attention des salariés sur les cadeaux fiscaux faits aux plus aisés ?


Selon l'Usine Nouvelle, le gouvernement envisage, en ce qui concerne la prime aux salariés : « (...) une adoption définitive du texte avant l’été par le Parlement. La première lecture doit avoir lieu dans la semaine du 14 juin à l’Assemblée Nationale (...) et en ce qui concerne la réforme fiscale, il : « (...) souhaite une adoption du projet de loi avant le 14 juillet. La première lecture à l’Assemblée nationale pourrait donc être effectuée début juin (...) »

Si certains diront qu'il s'agit de rationaliser le temps et l'énergie des nos parlementaires, d'autres, s'attarderont sur le machiavélisme du tempo !

En effet, ce n'est qu'en 2012 que le bouclier fiscal devrait disparaître. Néanmoins, il est maintenu pour cette année et le gouvernement a décidé, comme l'écrit l'AFP : « (...) pour plus de discrétion (...) » que « (...) le fisc n'adressera plus de chèques cette année-là aux contribuables aisés. Ils déduiront eux-mêmes, ni vus, ni connus, le montant du bouclier et celui de l'ISF dont ils s'acquittent parallèlement (...) »

Sur l'ISF en particulier, les allègements représenteront un perte de : « 900 millions pour les caisses de l'Etat que le gouvernement a promis de compenser à l'euro près (...) »

Toutefois : « (...) Selon les calculs du syndicat des impôts Snui-SUD Trésor, les 1000 ménages disposant à la fois d’un capital de plus de 16 millions d’euros et de très hauts revenus devraient ainsi économiser, chacun, près de 400 000 € par an (...) »

De quoi irriter la fameuse classe moyenne, que prétend défendre Laurent Wauquiez, le pourfendeur ... de l'assistanat social !

En effet, le site Web de L'entreprise, qui semble bien informé, donne aujourd'hui, les détails du projet de prime, que le gouvernement devrait soumettre aux assemblées. Et là, pas de quoi pavoiser !

Première information : « La nouvelle prime sera exonérée de cotisations jusqu'à 1200 € »

Quelles seront les entreprises qui y seront assujetties ?

« (...) Les entreprises (ou les groupes) de 50 salariés et plus qui ont versé des dividendes en hausse par rapport à la moyenne des dividendes des deux années précédentes (...) »

Le montant et les modalités seront-ils fixé par la loi ?

« (...) Le montant et les modalités de versement de la prime seront librement déterminés dans chaque entreprise (...) »

Quelle fiscalité lui sera t-elle imposée ?

« (...) Le salarié sera imposé sur cette prime. Pour les entreprises, elle sera déductible de l'impôt sur les sociétés (...) »

Question qui fâche : A défaut de connaître le montant que chaque entreprise acceptera, après négociations, accord avec le personnel ou tout simplement de façon unilatérale. Combien de salariés toucheront quelque chose ?

Partant du principe que : le nombre d'emplois salariés s'établissait à 16,4 millions au 3e trimestre 2010 et que, comme l'expliquait Le Monde : « (...) Une minorité d'entreprises verse des dividendes (...) » Et que seules : « 16,4 % des PME étaient concernées (...) » Rapport Cotis

« (...) environ quatre millions, seraient concernés par la prime, obligatoire dans les entreprises au-dessus de cette taille dont le dividende a progressé l'année par rapport à la moyenne des deux années précédentes. Cette annonce revient sur l’estimation effectuée par le même ministère fin avril. A l’époque, il évoquait un chiffre atteignant les huit millions de salariés concernés par les négociations (...) » explique l'Usine Nouvelle

Alors, opération de communication destinée à cacher au plus grand nombre, les petits cadeaux destinés à l'électorat traditionnel de l'UMP ?

C'est ce que pense Jean Arthuis, le très peu primesautier président de la commission des finances du Sénat (et partisan de la suppression totale de l'ISF) : « (...) Tout cela c’est de la gesticulation, cela ne fait pas une politique salariale et cela relève seulement de considérations de conjoncture politique (...) » Ce qui ne saurait, modifier l'attitude du gouvernement et de sa majorité parlementaire, qui ont d'ores et déjà décidé, des attributaires ... du champagne et de la fumisterie !

24 janvier 2011

Les "acrobaties fiscales" du gouvernement et de l'UMP sur l'ISF

Bonne nouvelle pour les finances publiques : L'ISF de 2010 a rapporté 400 millions de plus que prévu. Embêtant pour l'Elysée et l'UMP qui vont devoir imaginer de nombreuses acrobaties fiscales pour compenser son montant en cas d'abolition !

Il est toujours étonnant, dans une période de budget de rigueur, où on voit le gouvernement opérer des coupes sombres, de constater qu'on puisse, concentrer toute son énergie, à faire disparaître une ressource fiscale. Sans d'ailleurs, vraiment savoir comment, la compenser !

C'est pourtant la principale préoccupation du Président de la République et de l'UMP. Comment abolir ou, au pire, adoucir le sort des contribuables soumis à l'ISF ?

Or, d'après une brève de l'agence REUTER, reprenant une information des Echos on apprend que : " (...) Le gouvernement prévoyait des rentrées fiscales de 3,5 milliards d'euros lors du vote de la loi de finances initiale pour 2010 (...) le chiffre définitif avoisine finalement les 4,5 milliards, selon Les Echos, soit : 400 millions de plus que prévu dans le collectif budgétaire de fin d'année (4,1 milliards), et 1 milliard de mieux qu'attendu lors du vote de la loi de finances initiale "

Bien qu'en général, le quotidien Les Echos soient parfaitement informés, ils précisent que : " (...) Le ministère du Budget, qui refuse de confirmer ce chiffre, indique qu'il communiquera à la mi-février sur le sujet (...) " c'est à dire à la période où il devrait dévoiler les probables mesures de sa "réforme" de la fiscalité !

C'est néanmoins, une pierre dans le jardin des "abolitionnistes" de l'ISFP, au moment même, où la "solution de rechange", qui consistait à "mutualiser" sur l'ensemble des propriétaires le montant de cet impôt, ne fait absolument pas l'unanimité au sein de l'UMP !

Mais Jean-François Copé, s'il est hostile à la solution émise par François Baroin et Jêrome Chartier son collègue de l'UMP, tient avant tout à la suppression de l'ISF : " Le bouclier fiscal a limité la casse, mais si on veut revenir sur le bouclier fiscal, il faut revenir sur l'ISF " - Reuters

Et bien justement, que se passerait-il si les deux étaient supprimés ?

" (...) Côté économies, la fin du bouclier représentera environ 700 millions d'euros. Ce qui serait loin de compenser une suppression totale de l'ISF. Plus celui-ci rapporte, plus sa disparition nécessitera de hausses d'impôts (...) " écrivent Les Echos qui indiquent au passage un formidable effet pervers en cas d'abolition de l'ISF : " la suppression complète de l'ISF entraînerait l'abandon de l'ISF PME , mécanisme qui permet aujourd'hui de drainer environ 1 milliard d'euros par an vers les PME " et que le gouvernement pourrait compenser, par une nouvelle niche fiscale, qui bien évidemment serait : " (...) un coût supplémentaire à prendre en compte (...) "

En bref, une technique plus proche de celle, chère au sapeur camenber, qui creusait un trou pour y mettre ... la terre d'un autre !

Oui mais promesse électorale et harmonisation franco allemande obligent, il faut trouver des ressources pour donner satisfaction à 562.000 contribuables et leurs familles !

Il y aurait bien une idée pour trouver facilement des recettes. Sacrifier : " L'exonération d’impôt sur les sociétés des plus-values encaissées par des personnes physiques ou morales (holdings) en cas de vente de leurs filiales ou titres de participation détenus depuis plus de deux ans "

Cette très grosse niche fiscale qui a : " (...) représenté un manque à gagner de 3,4 milliards d’euros en 2007, 12,5 milliards en 2008 et 6,1 milliards en 2009. Soit un total de 22 milliards d’euros sur trois ans (..) " qui a entre autre bénéficié à : " Suez, Danone ou le fonds PAI Partners " et qui devait selon son "créateur" être d'un coût : " (...) extrêmement raisonnable, estimé à moins d’un milliard d’euros à compter de 2008 (...) " et dont : "( ...) le gouvernement s’est abstenu d’estimer son coût en 2010" - Libération

Il fait dire que du côté UMP, remettre en cause cette niche fiscale serait ennuyeux puisque son initiateur est, le ministre du Budget en 2004, un certain : Jean-François Copé

Mais il est plus probable que l'UMP propose des ressources alternatives "incontournables" comme celle des indemnités d'accident du travail. En effet, c'est Jean-François Copé qui fut à l'origine de cette mesure, qui devait rapporter à l'état, le montant "record" de : 135 millions d'euros ! - La Tribune

Et qui déclarait à cette occasion, qu'il s'agissait : " (...) d'une mesure d'équité pour corriger une anomalie fiscale (...) " En clair, le pire reste à venir ...

13 octobre 2010

Non, Monsieur le Président, la suppression de l'ISF n'est pas une priorité !

En pleine agitation sociale sur les retraites, le Président a décidé de lancer l'idée d'une grande réforme de la fiscalité. Ainsi François Baroin vient de déclarer que le bouclier fiscal était devenu " un symbole d'injustice" ajoutant que : "s'il n'y a plus de bouclier, il faut avoir le courage d'affronter le dossier, lui aussi symbolique, de l'ISF". Est ce vraiment une priorité ?

Le bouclier "boulet" fiscal, c'est une certitude, est devenu un profond handicap pour la majorité présidentielle. Ce boulet pourrait d'ailleurs coûter très cher lors des prochaines cantonales de 2011 comme l'explique Jérôme Sainte-Marie, directeur général adjoint de l'institut CSA, à Public Sénat, qui prédit : " une facture politique lourde pour l’UMP lors des cantonales "

" ... / ... Il y aura un mécontentement contre le gouvernement, un gros passif, une grosse rancœur qui s’exprimera dès mars 2011. Il y aura une facture politique lourde pour l’UMP lors des cantonales ... / ... La négociation sociale avait été un point fort de Nicolas Sarkozy, notamment avec Bernard Thibault. Il avait surpris en bien l’opinion. Désormais, il n’arrive pas à sauver la face avec syndicats. On est dans un climat de pré-crise sociale. On rentre dans l’évènement et donc l’imprévisible ... / ... "

Dès lors, il est indispensable pour Nicolas Sarkozy dont la côte de popularité est de plus en plus basse nous dit IPSOS, puisqu'il n'obtient que : "... / ... 31% d’avis favorables (-3 points par rapport au mois dernier), contre 65% de mauvaises opinions (+3 points) ... / ... " De trouver les arguments et les idées pour remonter la pente !

Car, s'il n'envisage pas de convaincre les électeurs de gauche, il se doit de reconquérir une partie de son propre électorat et de continuer à courtiser ceux de la droite radicale. Et là aussi, il y a du boulot !

En effet, comme l'écrit IPSOS : " ... / ... Les jugements n’ont d’ailleurs jamais été aussi bas dans son propre camp : 71% d’avis favorables chez les sympathisants UMP, en baisse de 5 points par rapport au mois dernier et de 15 points depuis juillet. Les bonnes opinions chutent également chez les retraités (-8 points à 38%), et chez les proches du Front National (-22 points, 30%). Nicolas Sarkozy a perdu aujourd’hui auprès de l’électorat frontiste tous les gains réalisés depuis le discours de Grenoble ... / ... "

Alors, comment faire, lorsque comme l'écrit L'Express, on a échoué dans toutes les mesures emblématiques promises en 2007 ?

" ... / ... Nicolas Sarkozy avait martelé le 'travailler plus pour gagner plus' lors de sa campagne électorale en 2007, et ce slogan s'était incarné dans la défiscalisation des heures supplémentaires ... / ... le volume d'heures sup' a baissé de 7% en 2009, représentant 676 millions d'heures alors que le gouvernement en espérait au moins 750 millions ... /... la publicité n'a pas encore trouvé sa juste place à France Télévisions ... / ... la police de proximité, supprimée ... / ... " laisse place aux : " Unités territoriales de quartier " qui "font leur retour depuis 2008 - et ont été renforcées cet été ... / ..."

Et bien en établissant une nouvelle priorité : une loi pour réformer la fiscalité en juin 2011!

Or comme l'écrit l'AFP : " ... / ... La réforme fiscale est une question à trois milliards d'euros, à savoir la différence entre le produit de l'ISF (environ 3,5 milliards) et le coût du bouclier fiscal (quelque 600 millions d'euros) plafonnant l'impôt à 50% des revenus déclarés ... / ... " comme nous l'indiquions dans Slovar les Nouvelles du 8 octobre dernier : " Poker fiscal : Comment gagner 678 millions pour mieux perdre 4 milliards ?"

D'autant que les solutions pour rendre indolore la suppression de l'ISF sont aussi diverses que ... peu convaincantes !

" ... / ... Les trois milliards seraient trouvés sur les catégories les plus favorisées", envisage M. Méhaignerie, citant "un impôt sur les revenus du patrimoine et un impôt sur les plus-values immobilières et mobilières. A 18 mois de la présidentielle, M. Méhaignerie exclut de remplacer l'ISF par un impôt sur le revenu, qui pénaliserait les classes moyennes, ou une hausse de la TVA, qui pèserait sur la croissance et la consommation. Il écarte du même coup l'idée d'une "TVA anti-délocalisation" de Jean-François Copé ... / ... " D'autres comme François Fillon émettent l'idée : ".. /... de taxer davantage les plus-values et de relever les droits de succession ... / ... " Ce qui selon Les Echos, reviendrait à : " ... / ... tourner le dos à une réforme emblématique de 2007 ... / ... "

Néanmoins, pendant qu'on phosphore à l'Elysée sur les moyens de faire un très beau cadeau aux plus fortunés des français, il ne faudrait pas oublier que : " Si la pauvreté touche aujourd'hui 1 Français sur 10 (13% des Français vivent en dessous du seuil de pauvreté, selon la dernière étude de l'Insee), 1 Français sur 5 se vit en situation de fragilité sociale ... / ... " comme l'indique le premier baromètre des priorités sociales, établi par TNS-Sofres pour le Mouvement des entrepreneurs sociaux " - Source Ashoka Et qui sera révélé aujourd'hui, 13 octobre

Oui, mais ceux là ne quittent ou ne menacent de quitter la France pour des raisons fiscales et ... ne font pas partie du "Premier Cercle" de donateurs de l'UMP, dont la participation annuelle minimum est de 3000 € - Source UMP

Quoi qu'il en soit, Monsieur le Président, il est clair que cette fois, vous aurez beaucoup de difficultés à nous convaincre que : " ... / ... Bernard Arnault (7ème fortune du monde), Martin Bouygues, Serge Dassault, Vincent Bolloré, Jean-Claude Decaux, Stéphane Courbit, Jean-Claude Darmon, Arthur, Johnny Hallyday, Christian Clavier ... / ... " amis émus et aimés du Fouquet's sont une priorité sociale !

Crédit photo
ICES

08 octobre 2010

Poker fiscal : Comment gagner 678 millions pour mieux perdre 4 milliards ?

Le bouclier fiscal, pourtant déclaré intouchable, pourrait disparaître en 2011, en même temps que l'ISF. Cette idée populaire dans l'opinion, engendrerait cependant, une perte de 4 milliards pour le budget de l'état !

Devenu un boulet électoral, le bouclier fiscal (à 50%), ce symbole du quinquennat, vivrait selon L'Express, ses derniers mois : " ... / ... lors du petit-déjeuner de la majorité mardi matin, à l'Elysée, Nicolas Sarkozy aurait donné son accord pour que les choses évoluent lors du collectif budgétaire qui sera adopté en juin 2011... / ..."

Ainsi, le bouclier fiscal à 50% que candidat Sarkozy déclarait indispensable en 2007 pour faire, entre autre, revenir les expatriés fiscaux, n'aurait-il pas apporté la preuve de son efficacité, face à l'exode des plus grandes fortunes ?

Il faut croire que non, puisqu'en avril 2010, François Baroin, qui venait défendre l'utilité du bouclier fiscal devant commission des Finances de l'Assemblée nationale, était bien obligé de reconnaître que si : " Le gouvernement a(vait) comptabilisé 312 retours d'expatriés fiscaux redevables de l'ISF en 2008, soit 27 % de plus qu'en 2007 ... / ... les départs avaient été de ... 821.

Pour justifier cette situation, il n'avait trouvé que cette "brillante" réponse : " Tant que les expatriés fiscaux n'auront pas confiance dans la stabilité du système, il n'y aura pas de retour significatif " - Orange Finances

Alors, puisque le bouclier fiscal n'a pas donné : " confiance dans la stabilité du système", la majorité présidentielle (avec l'aval du Président) a donc émis une nouvelle idée : Se débarrasser du très impopulaire bouclier fiscal (ce qui en termes de communication politique est excellent) tout en liant sa disparition ... à celle de l'ISF !

Donc : " une centaine de députés UMP ont annoncé qu'ils déposeraient un amendement en ce sens dans le cadre du projet de budget pour 2011, afin de rendre la fiscalité française plus juste, à impact budgétaire neutre "

Neutre ?

Ce n'était pas ce qu'on pouvait lire dans un article du journal Les Echos du 26/05/09 qui expliquait que Bercy avait fait tourner ses ordinateurs pour effecteur une simulation sur la suppression de l'ISF et du bouclier fiscal .

" ... / ... les premières simulations pointent deux inconvénients majeurs. D'abord, la réforme ne serait pas neutre pour les finances publiques. L'impôt progressif ne suffit pas à compenser le manque à gagner provoqué par la suppression de l'ISF, reconnaît Jean Arthuis. L'autre point noir : les foyers disposant d'un patrimoine important gagneraient beaucoup à la suppression de l'ISF, sans forcément pâtir du relèvement de l'impôt sur le revenu. Les contribuables à hauts revenus, mais sans patrimoine, seraient en revanche pénalisés ... / ... "

Ce qui est confirmé par les mêmes Echos dans un article du 5 octobre 2010 : " ... / ... porter le taux marginal supérieur de l'IR de 41 % à 45 % rapporterait moins de 1 milliard d'euros ... / ... "

Que pensent les français de cette "lumineuse" idée ?

C'est BVA qui leur a posé la question. Résultat :

" ... / ... 71% des Français sont pour la suppression du bouclier fiscal (27% sont contre)
64% sont contre la suppression de l'ISF (35% pour) Par contre : 64% sont pour supprimer le bouclier fiscal et l'ISF si le taux d'imposition des personnes dont les revenus sont les plus élevés est augmenté (33% contre) ... / ... " - Source Reuters/Yahoo

Mais, dans le détail, a t-on expliqué à ces français combien coûterait en réalité la suppression de ces deux impôts ?

C'est Le Figaro qui donne la réponse : " ... / ... Le bouclier coûte 678 millions à l'État, l'ISF rapporte près de 4 milliards .... / ... "

Néanmoins, comme l'écrit Le Point : " ... / ... Selon Pierre Méhaignerie, le gouvernement veut attendre la parution, fin décembre, d'un rapport de la Cour des comptes sur la fiscalité européenne. Ce document devrait en effet servir de base à l'organisation d'un "débat" de 4 mois dans le pays sur les spécificités de la fiscalité française. L'occasion de faire de la pédagogie auprès de la population et de préparer le terrain à la suppression simultanée du bouclier fiscal et de l'ISF ... / ... "

Cette prudence aurait-elle un lien avec la méaventure électorale de l'un des prédécesseur de Nicolas Sarkozy ?

En effet, un certain Jacques Chirac ayant supprimé en 1986 l'IGF (ancêtre de l'ISF) et perdu la présidentielle de 1988, n'a plus jamais par la suite évoqué la suppression de l'ISF (rétablit par Michel Rocard en 1989) - Slovar les Nouvelles

Mais son successeur en quête de voix pour 2012, aura t-il cette prudence ?

Après tout, pourrait-on dire à l'Elysée : " que représentent 4 petits milliards à côté des 1.591,5 milliards (fin juin 2010) de dette publique " ... Lorsqu'il s'agit de conserver le pouvoir et de faire payer l'addition à tous les français, au cours d'un deuxième mandat qui sera, de toute façon le dernier ?

Et oui, comme dit Patrick Bruel : "Le plus important au Poker, ce ne sont pas les cartes, c’est ce que vous en faites" ...

Crédit photo
FlickR CC - Justyn

17 septembre 2010

Le bouclier fiscal, meilleur ami du pouvoir d'achat .... des plus riches !

Rabotage des niches fiscales, c'est l'expression à la mode au gouvernement. Cependant certaines sont intouchables, bien que ruineuses, pour le budget de l'Etat, comme la TVA sur la restauration, la "niche Copé" ou le très symbolique ... bouclier fiscal !

François Baroin est à la recherche d'économies pour équilibrer le budget. S'il a du baisser pavillon sur la TVA réduite de la restauration et sur la "niche Copé" : "un boulet à 22 milliards ... / ... " qui " ... / ... exonère d’impôt sur les sociétés (33,3%) les plus-values encaissées par des personnes physiques ou morales (holdings) en cas de vente de leurs filiales ou titres de participation détenus depuis plus de deux ans" comme l'écrivait Libération, il en fera de même sur la mesure emblématique de Nicolas Sarkozy : Le bouclier fiscal à 50%

Même si ce "bouclier" est une goutte d'eau face au déficit de la France, il est assez détestable de constater que les efforts demandé à l'ensemble des français ne s'appliquent pas aux plus fortunés d'entre eux !

Le président socialiste de la commission des finances de l'Assemblée, Jérôme Cahuzac, a bien essayé de proposer : " ... / ... d'inclure le bouclier fiscal dans le coup de rabot prévu par le gouvernement sur les niches fiscales" ainsi que la : " niche Copé" arguant que " Cela soulagerait un peu les salariés" Rien n'y fera !

Et pourtant, en observant les derniers chiffres communiqués par le ministère du Budget révélés, jeudi 16 septembre, par Le Parisien et l'AFP, le bouclier fiscal à 50% des revenus a coûté en 2009 679 millions d'euros à l'Etat. Nous dit Challenge Le Point de son côté précise : "En 2008, l'Etat avait restitué environ 563 millions d'euros "

Dans le détail : " 18.764 contribuables en ont bénéficié, soit un chèque moyen de 36.186 euros, mais la répartition est nettement inégalitaire: les 9.789 contribuables les moins aisés ont obtenu une restitution de 559 euros en moyenne chacun, tandis que les 1.169 les plus fortunés (6% des bénéficiaires) ont empoché un chèque du Trésor de 362.126 euros en moyenne, soit plus de 62% de l'enveloppe totale ... / ... "

Un peu choquant en période d'austérité, "Mais il n'est pas question pour le gouvernement de renoncer au principe du bouclier fiscal", a prévenu mercredi la ministre de l'Economie, Christine Lagarde " - Le Point

Une façon d'assurer, en quelque sorte, aux plus riches d'entre nous, une garantie de pouvoir d'achat !

Pouvoir d'achat si bien décrit par le candidat Sarkozy en 2007 : " Je veux être le Président du pouvoir d’achat. Pour cela, je permettrai d’abord à ceux qui veulent travailler plus pour gagner plus de le faire, dans le secteur privé comme dans le secteur public ... / ... Les salaires sont trop bas dans notre pays. Je demanderai aux entreprises de faire un effort sur les salaires car l’État fait lui-même un effort sur les allégements de charges. Dès le mois de juin, je réunirai une conférence avec les partenaires sociaux afin que l’égalité salariale et professionnelle entre les femmes et les hommes soit totale d’ici 2010 ... / ... " - Source Abécédaire 2007 Nicolas Sarkozy

Si la très grande majorité des français a l'impression de s'être faite avoir, il en existe, par contre, qui sont très contents de leur pouvoir d'achat ! Exemple : Olivier Dassault qui écrivait à Xavier Bertrand, une lettre du 7 avril 2010, publiée par Rue89

« Cher Xavier, Tes prises de position sur le maintien du bouclier fiscal me réjouissent. Je suis consterné de l'attitude irresponsable et des reculades de certains de nos collègues. Quel signal politique envoyons-nous à nos électeurs et aux Françaises et aux Français qui souhaitent réussir ? Il ne faut nous étonner ni de l'abstention -qui est une protestation violente contre les égarements de notre politique-, ni des délocalisations, ni de l'exil de celles et ceux qui sont les moteurs de la croissance et de la consommation. Nous devons tenir le cap ! Tu peux être certain de ma détermination et de mon soutien. Avec mes amitiés et mes félicitations pour ton courage. Olivier Dassault. »

Alors, vous voyez, promesse tenue ...