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29 juin 2012

Monsieur Montebourg : Il est temps d'aller parler du patriotisme économique à Renault !

Renault n'en finit plus d'inventer des « voitures à vivre » fabriquées ... hors de France. Le dernier modèle Dacia baptisé « Dokker Van » n'est ni plus ni moins qu'un Kangoo killer qui va mettre en danger les emplois dans les usines françaises ! 




En mars dernier, nous écrivions : En février, Eric Besson inaugurait avec Carlos Ghosn une usine Renault géante au Maroc. Il affirmait à cette occasion que les véhicules produits seraient réservés Maghreb et ne rentreraient en France que de façon marginale. Un bien vilain mensonge !

Cette information n'est que la confirmation de ce qu'écrivait la presse spécialisée en janvier : « (...) En tête de production, le monospace Lodgy de Dacia pour une commercialisation en France au printemps. Avec un prix aux alentours de 12 000 euros, le Lodgy est presque deux fois moins cher qu’un Scenic ( ... ) Pour réduire ses coûts, Dacia mutualise les composants (en valeur) avec ses autres modèles à hauteur de 70% et réutilise des composants déjà rentabilisés (...) Mais surtout, les usines marocaines ont un avantage salarial sur les sites roumains, avec des salaires nets deux fois moins élevés (...) »

Nous ajoutions : Il faut savoir, qu'un : « un ludospace style Kangoo sera produit dans la nouvelle usine géante de Tanger ce modèle devrait coûter deux fois moins cher que le célèbre Kangoo (...) » qui est fabriqué, lui, à Maubeuge

Hé bien, il faut savoir que ce « Kangoo killer » sera commercialisé à l'automne en France. Selon le site AutoNews : « le prix, devrait passer sous la barre des 9 000 euros » et devrait se présenter comme la : « nouvelle terreur des ludospaces ». D'autant qu'il recevra : « le très moderne 1.2 TCe 115 ch et les excellents 1.5 dCi 75 et 90 » made in Renault.

Et là, pas question de nous ressortir l'argument du Lodgy qui selon Renault ne cible pas la même clientèle que celle du Scenic, puisque le Dokker Van s'adresse prioritairement aux artisans et commerçants, acheteurs potentiels de Kangoo. En clair, si le dernier né de Dacia va prendre des clients aux autres contructeurs, il va en toute certitude mettre en péril les ventes de Kangoo.

L'argumentaire commercial de Renault parle de lui même ! : « (...) Si la fiabilité et la qualité de fabrication Dacia sont déjà reconnues par les clients et par la presse, Dacia renforce encore ses atouts en s’appuyant sur l’expertise de Renault, leader du Véhicule Utilitaire Léger en Europe depuis 1998. La conception de nombreuses pièces de Dokker Van a été réalisée selon les exigences du cahier des charges utilisé par Renault pour ses véhicules utilitaires. Le véhicule a également été soumis aux tests sévères réservés aux VU Renault, et représentant les usages clients les plus contraignants »

Alors, pourquoi perdre son temps et son argent à acheter un Kangoo ?

En cas de succès commercial, l'alliance Renault Nissan empochera de solides bénéfices tandis que la production des Kangoo baissant, il faudra avoir recours au chômage partiel en France en attendant quelques plans sociaux inévitables.

Il serait vraiment temps que le ministre du redressement industriel ait une discussion sérieuse avec Carlos Tavarès le président de Renault qui, s'il est capable de faire fumer les pneus d'une pseudo Alpine au Grand Prix de Monaco, ne semble pas trop bouleversé par le fait que l'entreprise qu'il dirige, se fait manger par Dacia en entrée de gamme et par Nissan/Infiniti par le haut.  

Il pourra aussi lui faire remarquer qu'avant que ne sorte éventuellement, un véhicule Renault de haut de gamme qui porterait le non de « Initiale Paris » et peut être fabriqué en France, il est pitoyable qu'un constructeur d'envergure mondiale en soit réduit comme offre haut de gamme, à proposer des Samsung coréennes (dont il est propriétaire) rebadgées !

Ce qui tombe bien puisque Arnaud Montebourg vient d'appeler au : « patriotisme économique, en particulier par la solidarité entre grands groupes et PME, pour reconstituer l'industrie française et s'attaquer au déficit commercial » Et comme l'état français reste l'un des premiers actionnaires de Renault, le message devrait être plus facile à faire passer ...

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23 février 2012

Produit en France : L'entreprise Caddie pourrait-elle disparaître ?

Caddie®, marque produite en France, devenue pour beaucoup de français un terme générique, et symbole du pouvoir d'achat serait en difficulté. Le Président candidat sera t-il sensible à la lettre que les salariés lui ont adressé ?

Si les marques ont envahi notre quotidien, il en est certaines dont le nom est devenu avec le temps, un terme générique. On peut citer le Formica, le Frigidaire (devenu Frigo) ou le Caddie.

Le Caddie cet outil que les français ont découvert avec l'arrivée des super marchés et qu'on remplissait à ras bord dans les années fastes. Ce chariot, du moins son contenu, qui représente aujourd'hui un indicateur de pouvoir d'achat.

On n'oubliera pas de signaler que le Caddie est fabriqué en France et fait travailler 600 salariés en Alsace. De quoi se réjouir alors ?

Eh bien non, semble t-il si l'on en croît 20Minutes qui consacre un court article à cette marque créée en 1928 et nous explique que celle-ci traverse une mauvaise passe.

Selon le site du quotidien : « (...) Le tribunal de commerce de Strasbourg pourrait se pencher le 5 mars prochain sur les comptes du leader du marché des chariots de supermarché et d'aéroport. Son placement en redressement judiciaire ne serait pas à exclure, selon certains (...) »

La raison ?

Un des syndicalistes de l'entreprise aurait affirmé à 20Minutes que Caddie aurait « besoin que l'État lui prête un peu d'argent car les banques ne veulent plus le faire » Cet argent : « (...) permettrait notamment de finaliser un projet de transfert de son pôle peinture d'Oberhausbergen à Drusenheim, où se trouvent ses lignes de production (...) »

Inquiets pour leur avenir, les salariés : « (...) ont décidé d'écrire au Président Nicolas Sarkozy, à son ministre et président de la région Philippe Richert, ainsi qu'à l'ancien député (UMP) François Loos (...) »

Même si nous ne connaissons pas la situation actuelle de la trésorerie et la qualité de la stratégie commerciale de l'entreprise Caddie, il est évident que l'hypothèse d'une disparition serait un très mauvais signe pour les produits d'origine France, tant vantée par le gouvernement et pour l'emploi !

Cette histoire ne serait pas complète si nous n'indiquions pas que le principal concurrent de Caddie, Wanzl® est Allemand et possède un site de fabrication situé ... en Alsace à Sélestat.

Si les deux entreprises ont une stratégie de production internationale : Allemagne, France, République Tchèque et en Chine pour Wanzl et France, Portugal et Chine pour Caddie, devrait-on conclure que les banques allemandes seraient moins frileuses que les banques françaises en termes de prise de risque ?

Si c'était le cas, ne serait-il pas urgent de séparer les activités de banques d'affaires et de dépôt afin d'inciter la sphère financière à développer prioritairement les activités les plus utiles à l'économie ?

Dans l'immédiat, fait remarquer un des syndicalistes de Caddie : « Il faut aider l'entreprise car elle s'est toujours battue pour ne pas délocaliser ! »

Espérons que le Président candidat qui nous a fait, hier soir, une « brillante »démonstration de sa TVA anti délocalisation, déploiera plus d'énergie pour sauver un savoir-faire national que celle déployée jusqu'à présent pour l'aciérie de Florange !

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Creetik

19 janvier 2012

Industrie française : Nous sommes tous ou serons tous un jour des « Lejaby » !

Etonnant symbole ! Au même moment où le Chef de l'Etat nous imposait son très communicant sommet social, on apprenait que les repreneurs de la marque française Lejaby, annonçaient la fermeture de la dernière usine française de production !

Le 13 décembre dernier, Nicolas Sarkozy s'exprimait sur la « réindustrialisation de la France » au travers de la visite de l'usine Rossignol de Sallanches. la marque de ski qui avait rapatrié une partie de sa production en France, venait d’obtenir le label « origine France garantie » distinguant les produits fabriqués sur le sol français.

Ce label un tantinet gadget « pensé » par Yves Jégo missionné par Nicolas Sarkozy devait être un début de réponse bien mièvre aux : plus de 500 000 emplois industriels perdus, sachant que la part de l’industrie dans le PIB français est passée de 24 à 14 %. La France constataient Patrick Artus, Marie-Paule Virard dans leur livre La France sans ses usines : « (...) a vécu dans l’idée qu’elle pouvait bâtir une économie sans usines, tournée vers les services. Mais il apparaît aujourd’hui que, lorsque les usines partent, les services finissent par suivre le mouvement (...) »

En ce qui concerne le textile, nous vous expliquions le 2 décembre 2011 comment Frédéric Lefebvre s'était démené pour obtenir le label d'état d' Entreprise du Patrimoine Vivant, ainsi que les aides afférentes, à la marque John Galliano. Sachant que « (...) Le label Entreprise du Patrimoine Vivant est une marque du Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie, mis en place pour distinguer des entreprises françaises aux savoir-faire artisanaux et industriels d’excellence (...) »

Il faut dire que la marque John Galliano est la propriété de LVMH appartenant à Bernard Arnault qui n'a jamais caché sa proximité avec Nicolas Sarkozy.

Attention dont n'auront visiblement bénéficié les ouvrières pourtant talentueuses de Lejaby victimes des choix stratégiques de leurs dirigeants, et qui ont appris hier, que le repreneur de leur marque : « (...) envisage de conserver 195 salariés sur les 450 que compte encore Lejaby et de fermer l'unité de production d'Yssingeaux (Haute-Loire), qui emploie près d'une centaine d'ouvrières, pour finir de délocaliser la fabrication dans le Maghreb (...) » Les salariés licenciées seront néanmoins ravies d’apprendre que celui-ci : « a indiqué vouloir lancer une nouvelle marque baptisée Lejaby-Luxe qui sera fabriquée en France, à Rillieux-la-Pape, par une quarantaine de personnes si le projet démarre bien (...) »

Ce qui signifie en clair que la TVA sociale chère à notre Président et à Laurence Parisot si elle avait été en place, n’aurait pas de toute façon pas pu sauver les emplois.

Xavier Bertrand le toujours ministre du travail a trouvé le moyen de se féliciter de ce que : « le tribunal de commerce de Lyon ait désigné un repreneur de l'entreprise (...) » tout en précisant que les salariées licenciées : « verront 98% de leur rémunération maintenus pendant un an (...) »

Ce à quoi il faut ajouter : « Un budget de 500.000 euros prévu pour l'accompagnement du plan social, afin d'aider les salariés à se reconvertir (...) » fourni par le repreneur.

Au de-là des propos qui frisent la provocation et l'offre dérisoire qui ne permettra en aucun cas aux salariées de retrouver rapidement un emploi équivalent leur permettant, comme elles disent elles-mêmes, de nourrir leurs gamins ou payer leurs maisons ! il faut noter l’absence de réaction de l’UMP.

Oui, mais ils ont un excuse ! En effet, après s’être félicités de la qualité du sommet social, l'UMP a une autre préoccupation. Ils sont en train de remettre en selle Jean-Louis Borloo qui avait été reçu par Nicolas Sarkozy pour préparer le sommet social du 18 et surtout contrer la poussée de François Bayrou !

Que voulez-vous, on a les priorités qu’on peut chez le « Président courageux qui protège » !


Crédit et copyright photo
Nouvel Obs

14 mars 2011

« Le scandale des délocalisations » : Non la mondialisation n'est pas heureuse !

Quelques beaux esprits se plaisent à nous expliquer régulièrement que les délocalisations sont : au pire inéluctables, au mieux insignifiantes. Ce n'est pas l'avis d'Eric Laurent qui vient de publier : « Le scandale des délocalisations». Il a accepté de répondre aux questions de Slovar

Les délocalisations sont un très grave problème. A tel point que le 17 février, la Cour des comptes dans son dernier se montrait sévère sur le soutien public, accordé aux entreprises exportatrices . Allant comme l'écrit le Moniteur du Commerce International : « (...) jusqu’à appeler à « la définition d’une politique d’internationalisation des entreprises tenant compte de ses conséquences en termes d’emplois », une manière d’inciter les pouvoirs publics à ne pas favoriser des délocalisations via leurs soutiens (...)»

On pourrait également évoquer l'information de l'Auto Journal n°824 du 10 mars 2011 qui indiquait en page 32 que : « (...) PSA et Renault n'ont produit que 29,7% de leurs automobiles sur le sol français en 2010 (...) » A noter que si Peugeot affiche 37,2% et Citroën 36,8% de véhicules assemblés en France, Renault dont l'état est toujours actionnaire n'en a produit que ... 26,4% !

C'est dans ce contexte que, le livre d'Eric Laurent « Le scandale des délocalisations », vient opposer la réalité du terrain, aux propos d'économistes libéraux nous expliquant que : « les délocalisations sont des atouts puisqu'elles permettent de créer de nouveaux emplois chez nous». Il a accepté de répondre à nos questions. Attention c'est du lourd !

Slovar : Vous êtes grand reporter et spécialiste de politique étrangère. Vous venez de publier « le scandale des délocalisations » pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Eric Laurent : Je m’intéresse avant tout aux ressorts cachés qui sous tendent les grands enjeux politiques et économiques. Mes livres sont le résultat d’enquêtes qui ont porté aussi sur la famille Bush ( « La guerre des Bush ») que sur les manipulations et des informations autour du pétrole (« La face cachée du Pétrole »), pour ne citer que ces deux exemples. Si je devais résumer ma démarche, je dirais que je m’efforce de découvrir la réalité, cachée derrière la vérité ou les discours officiels.

Slovar : Dans votre livre vous dressez un portrait sans concession de la destruction massive d'emplois en Europe et aux Etats Unis. N'avez vous pas peur de vous faire clouer au pilori par les économistes français qui de leur côté, minimisent l’ampleur du phénomène ?

EL : L’ampleur des délocalisations constitue le scandale politico économique probablement le mieux dissimulé à l’opinion, en Europe et aux Etats Unis. Alors que la France est le pays européen qui se désindustrialise le plus vite, que son secteur des services et lui aussi touché de plein fouet par ce phénomène, il n’existe depuis 2005 aucun rapport officiel, aucune évaluation publique sur la grandeur de ce processus en cours, qui s’est d’ailleurs accéléré depuis la crise de 2008. Les économistes, comme d’ailleurs tous les experts ont tendance à corroborer avant tout une pensée dominante, celle d’une « mondialisation heureuse » où il n’y aurait que des gagnants. Ils font le choix de l’illusion au détriment de la réalité, alors qu’il faudrait au contraire dissiper l’illusion pour maîtriser la réalité. Et cette réalité, en France, en Europe et aux Etats Unis est angoissante : la liste des perdants, ou plutôt des vaincus de la mondialisation qui ont vu leurs emplois dévalorisés, ne cesse de s’allonger, alors que celle des gagnants se ramène en tout et pour tout en trois catégories : les dirigeants des entreprises qui délocalisent, leurs actionnaires et les pays émergents qui bénéficient non seulement des emplois délocalisés mais aussi les transferts de technologie qui les accompagnent.

Slovar : Depuis un certain nombre d'années, les économistes et politiciens libéraux nous expliquent que nous serions destinés à devenir des pays de "services". Or vous nous expliquez, par exemple, que l'Inde est en train de prendre ces emplois. Sommes-nous condamnés aux services à la personne et autres emplois artisanaux peu délocalisables ?

EL : Le développement de la mondialisation a incité les entreprises occidentales à opérer deux choses : se réorganiser et délocaliser. Une réorganisation ne revêt pratiquement jamais un caractère définitif mais les délocalisations, au contraire, ont crée des dommages irréversibles.

Pendant des années, nous avons observé, fascinés, la montée en puissance de l’Asie, pour découvrir tardivement qu’elle était, due à notre aide involontaire. En « exportant » ( l’Europe et les Etats Unis), nous avons crée les conditions de notre dépendance. Les « bienfaits du libre échange » défendus par les libéraux constituent le credo plus totalement erroné. La Chine et l’Inde sont, elles, les économies ouvertes pratiquant le dite échange ? La réponse est clairement non. L’accès à leur marché est délicat, limité, et leurs entraves visent à renforcer leurs champions nationaux qui deviennent déjà concurrentiels sur la scène mondiale. Le résultat est édifiant : le déficit commercial de l’Union Européenne avec la Chine atteignait en 2009 le montant de 169 milliards de dollars et ne cesse de s’accentuer. Par contre la Chine exporte ou s’installe sans entraves sur le marché européen.

Dans un tel contexte, imaginer que nous pourrions rester des pays de « services » témoigne d’un aveuglement sans nom. Nous ne sommes plus en mesure de décider de notre avenir et croire que nous pourrions encore imposer une division du travail qui prolongerait notre domination relève de la stupidité. Les faits sont là : à compétence équivalentes, un informaticien indien est payé 1/5 e du salaire de son homologue européen ou nord américain, selon Alan Blinder, professeur à Princeton et ancien président du bureau des gouverneurs de la Réserve Fédérale, 28 des 42 millions d’emplois dans le secteur des services américains sont « susceptibles d’être délocalisés » et il semblerait que cette nouvelle vague de délocalisation soit si importante et rapide que les sociétés occidentales éprouvent de grandes difficultés d’ajustement. Pour lui, et je partage son opinion, à l’avenir la distinction cruciale ne sera plus entre travailleur hautement qualifié et les autres, mais entre ceux dont l’emploi peut être délocalisé et ceux qui ne courent aucun risque.

Slovar : Néanmoins, de par la libre circulation des personnes en Europe, les français ne vont-ils pas à terme être en concurrence (directive Bolkestein ) avec d'autres travailleurs venus de l'UE ? En clair les emplois peu ou pas délocalisables ne risquent-ils pas de souffrir de dumping de la part de salariés d'autres pays de l'UE ?

EL : Il faut le dire clairement : l’Europe encourage et finance les délocalisations à l’intérieur de son propre espace. Ses règlements, si contraignants, pour la conquête de nouveaux marchés extérieurs, se révèle à l’intérieur de ses frontières un véritable pays de cocagne pour les chefs d’entreprise, et un véritable cauchemar pour les travailleurs. Le secteur automobile s’est vu octroyer des aides massives alors qu’il avait déjà largement délocalisé, après la chute du mur de Berlin, dans des pays d’Europe de l’Est à bas salaires. Entre 2000 et 2005, la production automobile ainsi délocalisée a augmenté de 39,2% alors que les ventes ne progressaient que de 11%. Une nouvelle preuve que les économies de coûts sont au cœur de cette stratégie. La Cour de justice européenne, elle, se prononce en faveur du dumping social à travers plusieurs de ses jugements. Elle a donné raison à une entreprise lettonne qui faisait travailler en Suède, des salariés lettons payés aux normes salariales de ce pays ; même chose pour des travailleurs estoniens employés en Finlande. En France, quand on ne peut pas délocaliser les chantiers, on utilise des travailleurs portugais, payés entre 1300 et 1500€, primes comprises, et travaillant 6 jours sur 7, 60 heures par semaine. Ce travail à bas coût digne des conditions du 19e siècle a été pratiqué par une filiale de France Télécom.

Slovar : Que répondez-vous à l'Institut Montaigne qui affirme, en citant le même exemple que vous sur la Porsche Cayenne : " (...) N’oublions pas que les délocalisations peuvent aussi sauver des emplois. Par exemple, on sait que les constructeurs automobiles allemands ont préservé leur compétitivité en délocalisant en Europe de l’Est une partie de la production, et en important aussi plus de pièces détachées (...) Pourtant cela n’empêche rien, ni le succès de cette voiture, ni l’idée qu’on se fait de sa « germanitude », ni le fait qu’elle crée des emplois en Allemagne ! (...) " quelle est votre réaction ?

EL : La démonstration de l’institut Montaigne n’est pas tout a fait exact. L’économiste Hans Werner Sinn qui a popularisé l’exemple de l’effet Cayenne parlant de : « l’économie de bazar », pour illustrer ces délocalisations allemandes dans les pays d’Europe de L’Est. Pour ce président de l’institut de la recherche économique de Munich, cette évolution est « favorable aux entreprises mais pas aux travailleurs » « Le commerce internationale, ajoute-t-il, ne va pas contribuer à développer le marché du travail ce qui est le vrai test pour mesurer la capacité d’un pays à réagir au mouvement de la mondialisation. Beaucoup d’emplois industriels ont disparus et leurs anciens titulaires ne changent pas forcement de secteurs d'activité mais deviennent des assistés sociaux »

Slovar : Vous expliquez dans votre livre qu'un grand nombre d'entreprises délocalisent avec la complicité et l'aide de l'état, des régions et de l'Union européenne. Quelques exemples ?

EL : Il existe un exemple saisissant, celui de l’équipementier automobile Treves, qui obtenu 55 millions d’euros d’aide publique pour délocaliser. Depuis des mois, les salariés de deux de ses usines étaient mobilisés contre la fermeture. Ils ont appris que le groupe avait perçu un financement venant d’une filiale du fond stratégique d’investissement, un organisme crée en 2008 par Nicolas Sarkozy pour justement atténuer les effets de la crise et tenter de maintenir l’emploi. Le 14 octobre 2009 les élus du comité d’entreprise on été reçu à Bercy par le directeur de cette branche du fond d’investissement qui a déclaré « nous avons décidé en janvier 2009 d’intervenir dans le groupe Treves pour éviter un dépôt de bilan et la décision a été prise en février. Nous ne pouvons intervenir sans une restructuration massive, la seule solution viable était le fermeture de deux usines non rentables » Ainsi l’argent destiné à la sauvegarde de l’emploi en France, octroyé par un organisme d’état a permis aux dirigeants de ce groupe de licencier en toute quiétude plusieurs centaines de salariés et de financer leur délocalisation dans un pays à bas coût.

En 2001, l’aide aux entreprises se montait à 1,09% du PIB français, soit 15,8 milliards d’euros pour les seules aides de l’état soumises à la réglementation européenne. Un montant qu’il convient en réalité de doubler. Au niveau européen, un seul parmi de nombreux plans d’aides aux entreprises se chiffre à 50 milliards d’euros. Sur l’autre versant le montant dévolu aux salariés victimes des délocalisations est inférieur à 500 millions d’euros. Ce qui veut dire qu’un ancien travailleur autrichien ou français obtiendra une aide, en tout et pour tout de 22 euros.

Slovar : Que vous inspire la déclaration d'Ernest Antoine Sellières ancien Président du MEDEF et président de Business Europe en 2008 : " (...) Depuis 5 ans en pleine mondialisation, alors que le thème de la délocalisation est constant, on a créé en Europe 9 millions d’emplois, et donc nous avons le sentiment qu’il ne faut pas exagérer et c’est pourtant ce qu’on fait politiquement (...) "

EL : Les propos d’Ernest Antoine Sellières sont doublement faux. Ils reprennent les arguments rejetés en boucle par les partisans des délocalisations : « Ces délocalisations sont un processus naturel, une espèce de darwinisme social sur lequel il est inutile de s’attarder puisque à terme les bénéfices réalisés par l’entreprise qui délocalise lui permettrons de créer de nouveaux emplois dans le pays d’origine. C’est en fait un simple slogan dépourvu de toute réalité. Les emplois nouveau qui sont crées ne découlent jamais, ou presque, des délocalisations. Par contre les entreprises se comportent à la fois comme des mendiants et des fossoyeurs : elles quêtent les aides, de l’UE, de l’Etat, des régions, puis ensuite ferment les usines, contrairement à leurs promesses, les délocalisent dans les pays émergents. J’évoquais auparavant le nombre de perdants qui s’accroît rapidement : les gouvernements occidentaux confrontés à une économie mondiale ouverte, n’ont plus, ni les moyens, ni la volonté de protéger leurs populations ; et encore moins le pouvoir d’encadrer les entreprises.

Slovar : Vous citez de très nombreux exemples de délocalisations aux Etats Unis et les dégâts irréversibles qu'elles ont produit. Pensez-vous que ce "massacre industriel" soit en marche en Europe ?

EL : Le célèbre prix Nobel d’économie, Paul Samuelson, est sorti de son silence en 2004 et ses propos ont fait voler en éclats les arguments des pro délocalisations. Il démontre que « des pays à bas salaires comme la Chine ou l’Inde, qui augmentent rapidement leur potentiel technologique, ont la capacité nécessaire pour changer les termes actuels du commerce avec les Etats Unis, et aussi avec l’Europe. Le nouveau marché de travail, ajoute-t-il, aboutit à des rémunérations plus faibles. ». Il explique que les délocalisations ont un effet négatif sur le secteur des services et conduisent les ingénieurs et les programmeurs à accepter des baisses de salaires ou à se résigner au chômage. Il y a, aux Etats Unis, des programmeurs hautement qualifiés acceptant de travailler pour l’équivalent des salaires indiens. Le « massacre industriel » que vous évoquez dans votre question a déjà eu lieu aux Etats Unis, se déroule en France et en Europe, mais touche massivement aussi le secteur des services. Les entreprises sont dominées par un seul objectif: celui du profit à court terme doublé d’un mépris croissant pour les salariés.

Slovar : Vous mettez, à plusieurs reprises, en cause le transfert de technologies dans votre livre, notamment celui à direction de la Chine. Va t-il détruire définitivement les dernières industries de pointe française ? Et n'est ce pas la pire des délocalisations ?

EL : Désormais la mondialisation s’est retournée contre nous et nous ne disposons plus d’aucune carte maîtresse. En délocalisant massivement en Chine et en Inde, les entreprises occidentales sont tombées dans un piège qui se referme désormais sur elles. Face à un occident imprévoyant, la Chine a depuis longtemps anticipé chaque étape de sa stratégie : elle a d’abord ciblé des … d’emplois occidentaux et après les avoir obtenu, elle exige des transferts de technologies, puis l’accès à la recherche et au développement de ces sociétés. Pour Pékin, racheter des firmes occidentales est parfaitement superflu puisqu’elles acceptent d’opérer ces transferts et de se laisser piller. En agissant ainsi les sociétés occidentales n’hypothèquent pas seulement leur avenir, elles programment leur suicide.

Slovar : Nos dirigeants économiques et politiques nous affirment que nous ne pouvons nous en sortir que par la recherche et le développement. Or d'après vous, les laboratoires d'Asie sont déjà en avance par rapport à nous. Cela signifie t-il qu'il est déjà trop tard ?

EL : Deux données expliquent la gravité de la situation. En 2000 le sommet européen de Lisbonne avait décidé que chaque pays consacrerait 3 % de son PNB à la recherche et au développement pour faire de l’Europe la région la plus moderne te la plus innovante au monde. Onze ans plus tard, c’est un échec absolu aucun pays européen n’a respecté ses engagements et le seul pays qui ait appliqué activement la stratégie de Lisbonne, c’est la chine dont les centre de recherche ne cessent de se développer tandis qu’en même temps il accueille les centres de recherches et de développement mondiaux des plus grandes entreprises mondiales. En agissant ainsi l’Europe a signé son arrêt de mort industriel et technologique face à une Asie dont la montée en puissance traduit probablement un nouveau basculement du pouvoir et de la richesse au niveau planétaire comme il s’en produit tous les deux ou trois siècles. Jusqu’en 1825 l’Asie représentait 65 % du PNB. Ensuite la domination et passé à la grande Bretagne, puis au début du vingtième siècle aux Etats Unis. Nous assistons désormais à un véritable glissement vers l’ouest, et à un retour du statut quo. Au fond la domination occidentale n’aura peut-être duré qu’un siècle et demi.

En toute honnêteté, croyez-vous que nos gouvernants et les élus de la nation aient la possibilité d'empêcher les délocalisations ? Et si oui que devraient-elles entreprendre ?

EL : Les responsables politiques pratiquent une véritable omerta en ce qui concerne cet enjeu, alors que depuis quinze ans, le lien de confiance avec la société s’est peu à peu distendu jusqu’à se rompre totalement. Une part croissante de l’opinion se sent totalement impuissante face à la passivité des responsables politiques. Or tout système vacille lorsqu’il apparaît comme trop injuste à ses citoyens. Les entreprises du CAC 40 viennent de réaliser des bénéfices de 80 milliards de dollars. Or, sur l’autre versant elles ont fait passer leurs effectifs en France de 50% à 28%. Il faut savoir que toute entreprise qui délocalise ne détruit pas seulement des emplois mais aussi de la richesse nationale. L’argent qu’elle soustrait en réalisant à l’étranger des bénéfices qu’elle ne rapatrie pas, compromettant le financement des systèmes de santé, d’éducation…

Il faudrait si elle décide de délocaliser qu’elle en paye le prix à la collectivité en acquittant une indemnisation prélevée sur les bénéfices qu’elle réalise en France. Une telle démarche est politiquement réalisable et n’entraverait nullement la compétitivité de ces firmes.

Aux Etats Unis, les fonds spéculatifs s’indignent d’être imposés à 15%, s’ils l’étaient à 40% ils ne partiraient pas pour autant. Faut-il rappeler que la prospérité sans précédent des Etats Unis dans les années 50-60 s’accompagnait d’une taxation sur les hauts revenus qui pouvaient atteindre jusqu’à 90%.

Slovar : Que souhaitez-vous ajouter ?

EL : Le constat peut paraître alarmant, mais je pense que la réalité en terme de délocalisation est encore réversible. Mais je crois qu’il est fondamental que l’opinion soit informée sur ce phénomène volontairement occulté par les responsables politiques et le monde des affaires.
Je terminerais par une question en forme de boutade : Connaissez vous la différence entre un pessimiste et un optimiste ? Réponse : un pessimiste est un optimiste mieux informé…

Merci Eric Laurent

Bibliographie
Le scandale des délocalisations Editions Plon
Blog d'Eric Laurent
Crédit photo
Editions Plon



Note à nos lecteurs : Suite à une attaque anonyme, le blog Slovar les Nouvelles a été suspendu par blogger ce week end. Cette coupure du service a pu faire croire que Slovar avait disparu de la blogosphère, ce qui n'est pas le cas. Mauvaise nouvelle pour ceux qui ne nous aiment pas, c'est repartit pour longtemps !

Je tiens à remercier tous ceux qui, par mail ou sur Twitter nous ont alerté et fait part de leur sympathie.

22 septembre 2009

Patrick Devedjian et Christian Estrosi : "C'est pas parce qu'on a rien à dire qu'il faut fermer sa gueule"

Qu'est ce qu'il ne faut pas faire pour sauver l'industrie de la publicité et de la communication et ... les ministres en quête de bonnes nouvelles !

Ainsi : le gouvernement a lancé lundi une grande campagne de promotion du plan de relance de l'économie française présentant les différents chantiers lancés depuis sa mise en oeuvre, a annoncé le ministre chargé du plan, Patrick Devedjian.

En clair on va faire la promotion des "bonnes idées" à venir qui sont suspendues ... au grand emprunt. Ou comme l'écrit l'express "la relance de la relance" ...

Vidéo issue du site du Ministère de la relance
" Déclinée par départements sous le slogan "la relance est en marche", la campagne expose par voie d'affichage et dans la presse les détails de certains des 700 projets déjà lancés sur le millier prévu par le gouvernement. Son coût est de ... 1,3 million d'euros, a affirmé le directeur du Service d'information du gouvernement (SIG), Thierry Saussez" - Source AFP/Google

Comment, 1,3 millions pour nous expliquer la "brillante" réussite passée et à venir du ministre Devedjian ?

Et oui : "Une campagne déclinée dans 84 départements, sur 9 000 panneaux, et dans la presse quotidienne régionale (200 parutions prévues): voilà comment, à partir du 21 septembre, Patrick Devedjian, ministre de la Relance, compte sensibiliser les Français aux travaux initiés par son ministère pour soutenir l'économie face à la crise. Grâce à un site Internet, chacun pourra connaître les programmes proches de son domicile... / ... " - Source L'Express

Néanmoins, cet "enfumage" ne pourra pourtant pas cacher l'essentiel. Car, que ce soit au ministère de la relance ou celui de l'industrie, où, on se flatte d'avoir "sauvé" 60 emplois, alors que la réalité est la suivante : "Selon cet accord, HIG doit reprendre immédiatement 15 à 20 salariés, puis progressivement arriver à 60 à 70 personnes. "Je veux une montée en puissance de 200 à 300 dans les trois ans qui viennent", a déclaré Christian Estrosi" - Source Nouvel Obs

On sait parfaitement que la catastrophe est imminente et que n'importe quelle entreprise peut "rouler dans la farine" n'importe quel élu, ministre ou même Président de la République !

Car, lorsqu'on prend connaissance de l'actualité boursière, on peut lire :

Molex : L'action du spécialiste de la connectique automobile gagnait 4,57% à 21,31 dollars sur le Nasdaq vers 14h35 GMT.

Molex précise dans un communiqué que l'accord conclu récemment sur la fermeture de son usine française de Villemur-sur-Tarn lui permettra de comptabiliser plus rapidement certains coûts de restructuration. ... / ... Pour le premier trimestre de son exercice fiscal, Molex prévoit un bénéfice par action de 12 à 16 cents hors éléments exceptionnels, alors qu'il ne tablait jusqu'à présent que sur quatre à dix cents. Son chiffre d'affaires trimestriel devrait se situer entre 650 et 665 millions de dollars, contre 590 à 630 millions prévus auparavant. - Source Reuters/Yahoo

Donc, toutes nos félicitations à Christian Estrosi !!!

Toutefois, n'accablons pas celui que le canard enchaîné appelle le "motodidacte" et grand libéral économique devant l'éternel, puisqu'une récente affaire vient le toucher au plus profond de ses convictions de ministre et d'élu local.

Comme tout le monde le sait, les élus de l'UMP n'ont jamais rien trouvé à dire lorsque les sociétés françaises d'électronique ou d'informatique ont délesté leurs effectifs français pour mieux s'épanouir en Afrique du Nord, Chine et surtout en Inde. Il fallait s'adapter nous disaient-ils !

En effet : "En 2008, les prestations de services informatiques en France réalisées en « offshore » (Espagne, Afrique du Nord, Europe de l'Est, Amérique du Sud, Canada, Asie-Pacifique) ont représenté, selon le cabinet Pierre Audouin Consultants (PAC), un volume d'affaires de 1,2 milliard d'euros, soit 5 % du marché des services informatiques.

Le cabinet estime que « durant les dernières années, le modèle indien sur la France s'est illustré par des investissements importants de sociétés françaises en Inde », citant Capgemini, Steria et Atos Origin, et « la présence de plus en plus significative des acteur indiens » comme Wipro, Tata Consultancy Services (TCS), Infosys, et HCL. - Source Zdnet

Or, Christian Estrosi ne semble plus être d'accord avec cette théorie de l'adaptabilité, surtout lorsqu'elle s'applique à son fief des Alpes Maritimes

"Le ministre de l'Industrie a convoqué cette semaine la direction européenne de Wipro. Christian Estrosi se dit indigné que 5 millions d'euros d'aide publique aient été perçus par la SSII indienne le 8 juin, soit trois jours avant l'annonce du risque de fermeture de Wipro NewLogic en France. .. / ... En juin 2009, le groupe (5 milliards de dollars de chiffres d'affaires en 2008 et un bénéfice de 678 millions) a annoncé son intention de fermer début octobre le site. Une douche froide pour les salariés, qui ne s'y attendaient pas, d'autant que Wipro venait de toucher, dans le cadre du plan de relance, les 5 millions d'euros de crédit impôt recherche.

Et oui, "pas de ça lisette" puisque, déjà :

"Au printemps 2009, Texas Instruments a confirmé la suppression de plus de 300 emplois à Villeneuve-Loubet. Hewlett-Packard et Alcatel-Lucent prévoient aussi des plans sociaux. HP devrait supprimer 134 postes à Sophia-Antipolis dans les services de la R&D. Chez Alcatel-Lucent, l'avenir du site sophipolitain (32 per­­son­nes) est compromis avec le transfert, craignent les salariés, de l'activité en Inde"

Et que : "Selon l'observatoire économique consulaire Sirius, le secteur des TIC sur la Côte d'Azur (1.260 établissements, 20.390 emplois et un chiffre d'affaires de 4,2 milliards d'euros) a enregistré au premier semestre 2009 une baisse de 11 % de son chiffre d'affaires (- 13 % à l'export) et les perspectives sont mauvaises ... / ... Egalement maire de Nice, Christian Estrosi entend créer un « comité stratégique » afin de préserver les emplois de ce site installé à Sophia-Antipolis. Spécialisé dans le domaine du sans-fil (Wi-Fi, Bluetooth…), Wipro NewLogic conçoit des circuits intégrés.- Source AFP/Yahoo

Et pourtant, comme on pouvait le lire en Avril 2008 : "Azim Premji (Wipro)compte sur « Nicolas Sarkozy pour mener les réformes ». Sur ses sites de la Défense, Sophia Antipolis et Clermont-Ferrand, Wipro emploie déjà quelque 169 salariés dont une majorité d'autochtones "

Alors que dans le même temps, Jean-François Rambicur, président de la commission économie-marchés de Syntec informatique s'extasiait sur l'inverse : "... / ... L'offshore a doublé entre 2005 et 2007, il est passé de 2 à 4 % du marché français et pourrait atteindre entre 8 et 10 % à horizon 2010-2012 ... / ... " - Source 01informatique

Alors, de quoi Christian Estrosi peut-il s'étonner ?

En effet, doit-on penser que comme beaucoup de français, il n'avait pas lu le programme de l'UMP pour les présidentielles de 2007, en ce qui concernait le chapitre "Emploi informatique - offshore" : " La question n'est pas spécifique au secteur informatique, les réponses font partie du socle du programme de l'UMP. Il n'y a pas de solution miracle, il faut créer des conditions qui facilitent le travail en France, en favorisant les initiatives individuelles et les micro-projets et en rendant le marché du travail moins rigide" - Source Monde Informatique

Ou pris connaissance des idées et propositions du Club89, (dont Jacques Toubon est le président) qui indiquait dans sa "Contribution au programme législatif de l'UMP"

" ... / ... La mondialisation n’est pas une idéologie anglo-saxonne comme essaient de le faire croire une partie de la gauche et les altermondialistes. C’est un état de fait résultant des progrès technologiques qui au cours des 50 dernières années ont modifié les échelles d’espace et de temps ... / ... Au lieu de chercher à ériger des lignes Maginot illusoires, posons-nous les bonnes questions : pourquoi la France actuelle recule en Europe : PIB, chômage, dette ? ... / ... " - Source Club89

Seulement, lorsqu'on est dans l'incapacité de gérer ses contradictions et obligé de "jouer au pompier" avant les prochaines élections régionales, il ne reste plus qu'à mettre en application la célèbre phrase de Michel Audiard : "C'est pas parce qu'on a rien à dire qu'il faut fermer sa gueule" ...


Copyright titre
"C'est pas parce qu'on a rien à dire qu'il faut fermer sa gueule" film français de 1974 réalisé par Jacques Besnard




26 décembre 2008

Gérard Filoche : "Haussez la part des salaires, baissez celle des actionnaires !"

Nombreux sont les dirigeants politiques qui nous parlent du "petit" plan de relance de notre Président.

Ils sont d'ailleurs de plus en plus nombreux à dire qu'il sera probablement insuffisant alors qu'il n'a même pas encore été voté. Néanmoins, nos Ministres et élus étant partis en congés soit dans leur circonscription soit ailleurs pour les plus "chanceux", nul n'évoquera pendant les jours présents le fait que le(s) plan(s) de relance évite(nt) soigneusement les citoyens salariés et consommateurs.

En outre bien que le Président et son Premier Ministre aient "fait les gros yeux" aux entreprises , les plans de licenciements continue à s'afficher sans le moindre problème. Et oui, nous diraient les MINC ou MARSEILLE, il faut bien que les profits se reconstituent !!!

Ce n'est, vous le savez en aucun cas notre avis ni celui de Gérard FILOCHE qui nous a fait parvenir une réaction écrite sur ces licenciements boursiers et abusifs. Comme à l'habitude, nous publions en intégralité ce texte.


Contrôle sur les licenciements boursiers et abusifs : Haussez la part des salaires, baissez celle des actionnaires !

Parce qu’ils ne veulent pas renoncer à 15 % de marge, les actionnaires multiplient les plans sociaux tous injustifiés sous prétexte de « la crise », de LEUR crise. Non pas parce qu’ils ne gagnent plus d’argent, mais ils n’acceptent pas d’en gagner moins. Ils gagnent encore autant aujourd’hui, ils anticipent qu’ils pourraient gagner moins demain.

Ainsi l’automobile et les équipementiers, les actionnaires vont toucher autant cette année 2008 que l’année précédente. Mais ils défendent déjà leurs marges en multipliant les chômages partiels, licenciements, subventions publiques, exonérations de cotisations sociales. Ils veulent faire payer « les autres », c’est-à-dire nous, les salariés - 93 % de la population active. Laurence Parisot prétend que « faire payer les riches », ça ne marche pas parce qu’ils ne sont pas assez nombreux.


Commençons pourtant par eux car il y a de quoi faire.

Refaisons les comptes rapides : 100 milliards d’euros de bénéfices pour le CAC 40 cette année comme la précédente. C’était 57 milliards en 2003, ils ont fait la culbute en 5 ans.

Entre 148 milliards et 170 milliards, selon les économistes, siphonnés des salaires vers les profits depuis 20 ans. 72 milliards de niches fiscales. 60 milliards donnés sur nos impôts aux chefs d’entreprises sous forme « d’aides » (qui n’ont jamais rien donné ni pour l’emploi ni pour les salaires).

Les 500 premières familles ont gagné 80 milliards d’euros que l’an d’avant. Les patrons ont vu leurs salaires augmenter de 58 % en 2007, ce ne sera pas moins en 2008. En 2007, la loi Tepa, c’est 15 milliards de « bouclier fiscal » pour protéger les riches qui ne travaillent pas et pousser les salariés à travailler plus pour gagner moins. 10 % de la population possède près de 50 % du patrimoine.

Sarkozy a redonné 40 milliards et 320 milliards de cautions aux banques pour qu’elles continuent à jouer à l’économie casino comme avant. Des coupes drastiques contre les hôpitaux, les écoles, les services publics, un fonctionnaire sur deux supprimé. Moins de profs et d’infirmières alors qu’il en faut plus. 26 milliards de « plan de relance » pour les actionnaires qui licencient et rien pour les salariés licenciés : des accords Medef, gouvernement signés par ceux des syndicats qui s’y soumettent, aggravent le sort des chômeurs et baissent les retraites.


L’argent est là, les caisses privées sont pleines, elles débordent, débordent, débordent ! Cinquième puissance industrielle du monde, la France n’a jamais été aussi riche et la richesse aussi mal partagée. C’est le pays qui a le plus fort taux d’épargne au monde et la fameuse « dette » n’est pas celle de tous les Français : l’état a emprunté aux plus riches pour compenser ses baisses de recettes dues au fait qu’il a diminué leurs impôts.

Alors, on ne va pas pleurer sur le « Gotha » des amis banquiers et banqueroutiers de Sarkozy qui ont perdu chez Madoff. Qu’ils ne nous disent pas que "les capitaux vont fuir » : trop tard ! Ces gens-là ont de la chance qu’on ne pende plus aux réverbères au son de la Carmagnole. Le seul plan de relance, c’est de faire confiance aux travailleurs, pas aux spéculateurs.

Le Smic immédiatement à 1500 euros, et 200 euros pour tous, c’est la seule clef de la relance : car les salariés achèteront et feront marcher l’économie, alors que les actionnaires thésauriseront pour leurs marges regrettées. Compléments de cet indispensable « plan de relance » : l’établissement immédiat d’un nouveau contrôle sur les licenciements abusifs et boursiers, le rapprochement des durées effectives du travail de la durée légale à 35 h, deux jours de repos consécutifs, retraite à 60 ans à taux plein pour toutes et tous...


Gérard Filoche,
membre du Conseil National du Parti socialiste

Crédit Montage
Sarkoshow

02 mai 2007

Responsabilité sociale ou avenir des actionanires ?

Ce n’est un secret pour personne : L’industrie automobile française va mal. Le plan de suppression de 4800 postes annoncé par Christian Streiff, le nouveau dirigeant de PSA n’est qu’une confirmation de plus sur l’avenir incertain de la fabrication d’automobiles sur le sol national.

Ce qui est le plus étonnant en ce qui concerne PSA, c’est que le nombre de suppressions n’aura pas vraiment provoqué de remous dans les media. Il semblerait que ces suppressions d'emplois ne soient pas des licenciements mais des départs à la retraite et volontaires. Alors, si c'est le cas, pourquoi s'inquiéter ?

Le communiqué ci-dessous, trouvé sur le site officiel du groupe PSA l’explique d’ailleurs assez bien les raisons de cette diminution des effectifs :

Le Comité Central d’Entreprise de PSA Peugeot Citroën est convoqué en séance extraordinaire le 9 mai 2007. Cette réunion portera sur un projet de réduction des effectifs de structure de l’activité automobile sur la base de départs volontaires.

Le contexte de l’entreprise est marqué depuis 4 ans par la stagnation des ventes du groupe en Europe et par la baisse de sa rentabilité. Le projet qui sera présenté au CCE, pour consultation, vise à contribuer à la réduction des frais de structure, un des objectifs du groupe pour retrouver croissance et rentabilité.


Dans le journal Automobile, on peut même lire

La société Faurecia Sièges d'Automobiles, qui appartient au groupe Faurecia, vient d'annoncer un "plan de redéploiement industriel" qui comprend un plan de licenciements portant sur 690 emplois en France d'ici 2008. A l'issue du dernier Comité central d'entreprise, Faurecia a confirmé que "le plan de redéploiement industriel", concernant Faurecia Sièges d'Automobiles, "conduira à une réduction de 690 postes sur 2007-2008". Suite de l'article

C’est sans appel et si j’étais investisseur, je me poserai des questions sur la rentabilité du groupe.

Alors peut être pour rassurer l’investisseur le groupe PSA a mis dans sa rubrique investisseurs le texte suivant dont je vous donne ci-dessous de larges extraits :


26/04/2007 - Hausse du chiffre d’affaires consolidé au 31 mars 2007 de 6,5 %, à 14,9 milliards d’euros - Part de marché en Europe : 14,3 %, contre 14,4 % au 31 mars 2006 - Ventes mondiales en croissance de 0,5 % - Bonnes performances de Peugeot 207, Citroën C4 Picasso

Le chiffre d’affaires consolidé au 31 mars 2007, s’établit à 14 874 millions d’euros, en progression de 6,5 % par rapport à celui du premier trimestre de 2006 qui s’élevait à 13 963 millions d’euros.

Le chiffre d’affaires réalisé au titre de l’activité automobile, à 11 595 millions d’euros, augmente de 5,6 % par rapport à celui des trois premiers mois de 2006 (10 979 millions d’euros).

Le chiffre d’affaires de Banque PSA Finance s’est élevé à 475 millions d’euros, contre 431 millions d’euros au premier trimestre de 2006.

Le chiffre d’affaires de Gefco est ressorti à 888 millions d’euros, contre 814 millions d’euros pour la même période de 2006, en hausse de 9,1 %

Le chiffre d’affaires de Faurecia s’inscrit à 3 243 millions d’euros, contre 2 908 millions d’euros à fin mars 2006. Il est en progression de 11,5 % et de 10,7 % hors ventes de monolithes et à taux de change et périmètre constants

Alors, bonne ou mauvaise affaire pour les investisseurs ?

En ce qui concerne les salariés, on est malheureusement certain qu’il ne s’agit que d’un pas de plus vers des délocalisations toujours plus importantes !!!

C’est vrai que dans ce contexte la petite phrase : « Travailler plus pour gagner plus » ressemble bel et bien à une provocation.

Crédit image
PSA carte Monde des implantations