31 décembre 2012

Les voeux du Medef aux salariés : Précarité, flexibilité et ... profitabilité !

Ce n'est pas un mystère : le Medef aura sabordé la négociation nationale interprofessionnelle qui devait sécuriser les droits des salariés. La CGT nous explique les folles exigences de l'organisation patronale


Ne cherchez pas de message de voeux pour 2013, sur le site du Medef. Il les a exprimé tout au long de 2012 en réclamant encore plus de flexibilité de la part des salariés !

Même avec beaucoup de naïveté, nul ne pouvait croire que le Medef et sa cheftaine Laurence Parisot auraient fait le moindre effort pour aboutir à un consensus "historique" avec les syndicats de salariés. Comme Slovar les Nouvelles vous l'a expliqué ces derniers mois, l'organisation patronale n'avait qu'un objectif : La flexibilité à outrance de tous les salariés afin de regonfler les marges, pour le plus grand profit ... des seuls actionnaires.

La CGT a publié le 27 décembre un constat et un appel aux salariés pour qu'ils se mobilisent avant qu'il ne soit trop tard et que leurs salaires ne deviennent une simple variable d'ajustement et que le chômage ne devienne la seule politique pratiquée par les DRH.

Nous vous en donnons de larges extraits  : " Le Medef s’obstine à exiger plus de flexibilité. Votre intervention est indispensable ! "

" (...) Après avoir touché 20 milliards d’aides publiques, le Medef en veut plus : licencier plus vite, plus facilement, moins cher et sans contrôle (...) C’est une révolution dans le Code du Travail qui se prépare. La CGT vous informe et vous alerte. Prenez connaissance de ce qui vous menace :

Le contrat de projet : nouveau contrat précaire

Il existe déjà une multitude de contrats de travail qui permettent une extrême souplesse pour les employeurs et qui provoque une extrême précarité pour les salariés. (Temps partiel, CDD, contrats de chantier, saisonnier, intérimaire, aidé, intermittent, d’alternance,… bientôt contrat de génération et contrat d’avenir.)

Le Medef innove encore avec le contrat de projet : Votre employeur pourrait vous employer demain en CDI de projet qui n’a de CDI que le nom puisque vous pourriez être licencié dès la fin de la tâche confiée. Cela pouvant se produire à tout moment et sans l’application des droits liés à un licenciement économique. Vous n’auriez aucune indication précise sur la fin de votre contrat. Comment construire votre avenir, obtenir un logement ou un crédit bancaire face à une telle incertitude ?

La mobilité… forcée (...) Demain, le Medef veut se débarrasser des clauses individuelles du contrat de travail : dès lors qu’un accord collectif serait passé dans l’entreprise pour soi disant « préserver l’emploi », tout salarié serait contraint d’accepter une baisse de son salaire, une modulation du temps de travail, un changement d’affectation de son lieu de travail, une détérioration des conditions de travail… (...)

Droit du travail : la Jungle contre l’État de droit !

Aujourd’hui, vous avez 5 ans pour réclamer les salaires payés ou contester tout manquement de votre employeur. Le patronat veut ramener ce délai de prescription à 18 mois (...)

Plus de chômeurs moins d’indemnités

Aujourd’hui, moins d’un salarié sur deux est indemnisé par l’allocation chômage, les femmes, les jeunes ayant peu travaillé sont les plus pénalisés. C’est l’état, avec l’argent public, qui vient de plus en plus en aide aux chômeurs par l’attribution de diverses allocations : les entreprises licencient, la collectivité paie ! Le patronat veut bien revoir le mécanisme d’indemnisation des chômeurs… mais à coût constant. Autrement dit, ceux qui sont indemnisés devront accepter une diminution de leurs droits pour que d’autres en bénéficient (...)

Pour la CGT : C’est NON  ! Face à l’urgence sociale, à la précarité galopante, à l’explosion du chômage ; il faut des garanties nouvelles pour les salariés, des emplois stables et bien rémunérés, des droits nouveaux d’interventions sur la stratégie des entreprises, un parcours professionnel attractif et sécurisé, une protection sociale de haut niveau
"

Inquiétant non ? C'est pourquoi, il sera en 2013, encore plus nécessaire d'être vigilants et ne rien accepter sans contre parties précises !

Alors, bonne année 2013 à tous et, courage pour les nombreux combats sociaux qu'il faudra mener contre des organisations patronales, qui vous promettent la précarité et la flexibilité au nom de l'emploi, de la croissance et de la profitabilité ... pour les actionnaires ! 


Slovar les Nouvelles


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19 décembre 2012

Négociations emploi : L'étonnante vision du patronat des droits sécurisés des salariés !

Les négociations entre syndicats et patronat sur la réforme du marché du travail avaient pour but de sécuriser les salariés face à la demande accrue de flexibilité. En l'état, il s'avère que ce sont surtout les employeurs qui devraient être les grands bénéficiaires de ce qui s'apparente à un énorme recul des droits des salariés.


Déjudiciarisation, mobilité interne et accords de maintien dans l'emploi, voilà les termes que vous devriez entendre ou lire dans les tous prochains jours et qui correspondent à d'importantes modifications du droit du travail pour lesquelles, les organisations patronales font le forcing. Et qu'elle pourraient bien obtenir, si une majorité de syndicats donnaient leur accord.

A quoi correspondent les termes déjudiciarisation, mobilité interne et accords de maintien dans l'emploi?

Déjudiciarisation : Les organisations patronales ne veulent plus qu'un juge retoque leurs plans sociaux. 

Un exemple ?

En juin 2011, Libération nous expliquait comment les salariés de Viveo France, éditeur de logiciels bancaires, s'étaient opposé à un plan social de 64 personnes, suite à son rachat par un concurrent suisse. Philippe Brun, l’avocat des salariés plaidait devant les tribunaux et obtenait que le plan social, qui ressemblait à s'y méprendre, à un licenciement boursier soit retoqué. A l'époque, Libération écrivait à ce sujet : « C’est un jugement qui donne des sueurs froides au patronat »

Explication : Les organisations patronales savent qu'il est toujours plus facile de négocier avec les pouvoirs publics qu'avec la justice. C'est pourquoi écrit Le Monde : Elles veulent que : « les plans sociaux soient homologués par l'administration » moins inflexible que les juges en cas de licenciements boursiers.

Toujours au sujet des licenciements, les organisations patronales font très fort, puisqu'elles réclament que le montant des dommages et intérêts accordés aux salariés par les prud'hommes soient limités !

En résumé : Adoucissement des peines prononcées à l'égard des entreprises ayant eu une attitude incorrecte, pour ne pas dire plus, envers leurs salariés !

Mobilité interne : Les salariés ne pourraient plus s'opposer à des changements de postes ou de lieu de travail qui leur seraient imposés

Un des grands rêves du patronat en termes de flexibilité. Si cette demande était acceptée, elle imposerait à tout salarié d'accepter un changement d'affectation dans la limite de 50 kms ou de quarante cinq minutes de transport. 

Où est le piège direz-vous ?

Tout simplement dans le fait que si le salarié refuse, il serait licencié pour « motif personnel »ce qui éviterait à son entreprise, précise Le Monde, de recourir à un plan social. En gros certaines entreprises, pourraient proposer à certains salariés, dont elles souhaitent se débarrasser, une affectation à un poste moins attrayant pour que ceux-ci refusent et soient licenciés en toute discrétion. Quand au temps de trajet, rien ne prouve qu'il serait pas « élastique » et que les 50 kilomètres à vol d'oiseau ne correspondent pas en réalité à 3 ou 4 heures aller et retour. Ce qui pourrait en dissuader plus d'un !

Accords de maintien dans l'emploi : Que voila une jolie expression pour parler des accords compétitivité-emploi qui étaient inscrits dans le programme de l'UMP. Et qui, comme nous l'avons écrit à de nombreuses reprises dans Slovar les Nouvelles ne sont qu'un chantage à l'emploi ! Nous pensions, peut être à tort qu'ils étaient passés aux oubliettes. Or, selon Le Monde, ils pourraient être dans le « paquet cadeau » que les organisations patronales essayent de fourguer aux syndicats.

Comment cela fonctionnerait-il ?

Les entreprises en difficulté obtiendraient de la part de leurs salariés des sacrifices (salariaux, temps de travail, réduction de RTT) en échange d'un engagement de ne pas licencier. Grande nouveauté, il suffirait que des syndicats représentant 50% des salariés les approuvent pour qu'ils entrent en vigueur. Cerise sur le gâteau patronal : « Les salariés qui refuseraient l'accord seraient licenciés sans que l'employeur n'ai besoin d'avoir recours à un plan social » précise Le Monde 

Bien entendu, il n'y aurait aucune obligation pour les employeurs imposant un accord de maintien dans l'emploi de s'engager à un retour aux conditions antérieures en cas de redressement de l'activité ou de profitabilité. Il suffirait en cas de revendication des salariés de leur expliquer que : la mondialisation, la concurrence des pays émergents ... ne le permette pas pour continuer à geler durablement les rémunérations des salariés.

Théoriquement, les accords entre le patronat et les syndicats devaient aboutir à une sécurisation des parcours des salariés. On a même parlé un temps de flexisécurité à la danoise. Qu'en est-il ?

Aux dernières nouvelles, pas de formation tout au long de la vie ou d'amélioration du service de l'emploi au programme, ce qui permettrait pourtant une meilleure employabilité des salariés. 

La sécurisation porterait essentiellement sur deux chevaux de bataille de la CFDT : Une extension à tous les salariés de complémentaires de santé financées par les employeurs, ce qui ravira les assureurs et banquiers adhérents au Medef (voir notre article d'hier) mais qui selon des sources patronales serait trop coûteuse, et l'instauration de droits rechargeables à l'assurance-chômage. 

Mais pour bénéficier de ces quelques miettes incertaines, les syndicats doivent avaliser la déjudiciarisation, la mobilité interne et les accords de maintien dans l'emploi!

Dernier point qui unit encore l'ensemble des syndicats : La mise en place d'une taxation des CDD de courte durée. Mais, vous vous en doutez, le Medef s'y oppose, au fait que, affirme Laurence Parisot :  « Je ne vois pas en quoi cela favoriserait l'emploi ». Sachez également que le Medef réfléchit seul à une renégociation, courant 2013, de la convention d'assurance-chômage qui serait, bien entendu, moins favorable pour les futurs chômeurs.

En gros, soit les syndicats de salariés cèdent (ce qui ne sera pas le cas pour la CGT qui ne signera pas d'accord en l'état) et les organisation patronales, Medef en tête auront obtenu la quasi totalité de ce que la droite était prête à leur concéder. Soit ils résistent et le gouvernement se trouvera obligé de légiférer. Et comme les organisations patronales, se sentiraient plus à l'aise en face de politiques à qui ils pourront mettre la pression en évoquant une future avalanche de plans sociaux, il y a tout lieu de penser qu'elles obtiendront d'une façon ou d'une autre ce qu'elles souhaitaient !

Il ne restera plus, ensuite, aux organisations patronales qu'à obtenir la disparition de l'horaire légal de travail et la négociation du SMIC par branche et pourquoi pas par entreprise, pour ramener les salariés français en 1950 où, la durée annuelle du travail était de 2 230 heures (1 559 heures en 2007) et où le SMIG, ancêtre du SMIC n'existait pas. 

La seule différence étant que contrairement aux années 50, le taux de chômage lui, ne baissera pas. D'où des salaires et des conditions de travail qui ne pourront que se dégrader. Par contre, il sera possible d'augmenter les commandes de champagne destiné à abreuver les actionnaires qui ne pourront que se féliciter de cette « bonne gestion compétitive » !


La vigilance s'impose, vous ne croyez pas ?


Sources et crédits

Le Monde du 21 décembre 2012
Le Figaro
Libération
L'Internaute
INSEE

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Faujour

17 décembre 2012

Les belles légendes du Medef : Travailler plus longtemps pour préserver le régime de retraite !

Laurence Parisot s'en prend à nouveau à l'âge de départ à la retraite. Alors que les 50-64 ans ne sont qu'environ 44 % à être encore dans l'emploi, Elle réclame le passage de 62 à 63 ans ! Mais cette attaque est un leurre puisque l'objectif est de rendre de plus en plus difficile le départ à la retraite de ceux qui ne pourront pas avoir recours à la capitalisation individuelle !

En termes d'âge de départ à la retraite, Laurence Parisot ne désarme pas. Après avoir hurlé de bonheur lorsque François Fillon s'était prononcé pour un départ à 67 ans et essayé d'imposer une partie de capitalisation obligatoire aux salariés, devenus caducs par la défaite de la droite à la présidentielle et aux législatives, elle remonte au créneau pour exiger que les salariés français travaillent une année de plus que l'âge légal actuel.

Quels sont ses arguments ?

Ils nous sont livrés par Reuters : " La France doit repousser au moins à 63 ans l'âge minimum de départ en retraite afin de financer les pensions, a estimé dimanche la présidente du Medef Laurence Parisot. La réforme menée sous le mandat Sarkozy qui a porté de 60 à 62 ans l'âge minimum et à 65 ans l'âge requis pour bénéficier d'une pension à taux plein quelle que soit la durée de cotisations est insuffisante (...) Nous disions déjà en 2010 qu'il faudrait au moins 63 ans, et je le redis aujourd'hui. Il faudra à nouveau repousser l'âge légal de départ à la retraite, allonger la durée de cotisations (...) Est-ce que nous, en France, on peut être les seuls à rester à 62 ans, alors que nos voisins espagnols, italiens, anglais allemands, sont suivant les cas entre 65 et 67 ans? Non, ce n'est pas possible (...) "

On rapellera pour mémoire à madame Parisot que :

En Allemagne : La réforme de 2007 fait passer l’âge d’obtention d’une pension complète de 65 ans et un mois en 2012 à 67 en 2031 (...) L’âge minimum de départ reste, lui, fixé à 63 ans - sous réserve de 35 années de cotisation. Mais de fortes décotes sont prévues pour les travailleurs qui souhaitent liquider leur pension à cet âge (...) "

Espagne : " (...) La durée de cotisation nécessaire à une retraite à taux plein est de 35 ans dans la plupart des cas (...) Les professions dites "à grand danger", comme les mineurs, les cheminots ou les marins peuvent profiter de départs anticipé dès 60 ans. L'Espagne propose également des départs à 61 ans aux salariés mutualistes, aux licenciés économiques et aux chômeurs de longue durée qui peuvent faire valoir 30 ans de cotisation (...) En juillet 2011, le Parlement espagnol a adopté une loi qui définit l'âge de la retraite à 65 ans. Si le salarié a cotisé 35 ans, il pourra toucher sa retraite à 100% (...) "

Italie : " Les Italiens doivent désormais verser entre 40 et 42 annuités pour les hommes et 41 pour les femmes avant de partir en retraite. A partir de 2018, hommes et les femmes partiront en retraite à 66 ans. Cet âge légal sera, par la suite retardé en fonction de l'évolution de l'espérance de vie "

Royaume-Uni : (...) Depuis 2007, Il faut seulement trente ans de cotisation pour bénéficier de la (minuscule) retraite d'État de base (116 euros par semaine). Mais, avec la réforme engagée, à savoir un départ à 68 ans à l'horizon 2046, une pension à taux plein nécessitera, de fait, quarante-quatre ans de cotisation pour les hommes et trente-neuf pour les femmes. Actuellement, les retraites anticipées sont monnaie courante : depuis 2006, un salarié peut liquider sa retraite complémentaire (seconde pension d'Etat ou fonds de pension privé) dès 50 ans, c'est-à-dire avant même de pouvoir percevoir sa retraite de base. - Source : Myeurop

Donc, à part l'italie dont les durées de cotisation se rapprochent des nôtres, la démonstration de Laurence Parisot est comme à l'habitude tronquée !

On rappellera également à la patronne du Medef qu'en France : " Les seniors voient leur taux de chômage augmenter, comme d’habitude, plus que la moyenne,  de 1,9 % en un mois, de 17,6% en un an (pour la France métropolitaine, catégorie A) " écrivait Michel Abhervé le 27 novembre dernier. Par ailleurs : " (...) Fin août 2012, le nombre de demandeurs d'emploi seniors (autrement dit, âgés de 50 ans et plus) s'élevait à 946 300 chômeurs seniors pour les catégories A, B, C (...) "  indiquait l'association Grenadine

Ce qui signifie que reporter d'un an l'âge légal de la retraite ne ferait qu'allonger la file des chômeurs seniors à Pôle Emploi.

Mais revenons en au système britannique, cité par Laurence Parisot, et qui nous le pensons, est un modèle absolu en ce qui la concerne. En effet, un système de retraite qui assure moins de 500 € par mois pousse la totalité des salariés à souscrire un plan privé de retraite. Et c'est d'ailleurs le but. 

Ce qui fait qu'un salarié bien rémunéré peut se constituer une épargne retraite individuelle sur 20 à 30 ans et prendre sa retraite à partir de 50 ans sans tenir compte du minimum retraite assuré par l'état. Pour ceux dont les revenus sont faibles ou aléatoires, il faut trimer longtemps pour que le cumul de la pension d'état et de sa pension privée permette de survivre. A condition, bien entendu que les placements des fonds de pensions donnent d'excellents résultats. Faute de quoi ...

Ne nous y trompons pas, l'avenir du système de retraite français est bien la dernière préoccupation de madame Parisot. Son combat est tout autre, puisqu'il consiste à rendre l'accès à la retraite le plus difficile possible pour que les salariés acceptent de cotiser individuellement à des fonds de pension ou d'investissements comme en Grande Bretagne ou aux Etats-Unis. 

Pour quelle raison ?

Tout simplement, comme nous l'avons expliqué à de nombreuses reprises parce que la Fédération française des sociétés d'assurances dirigée par Bernard Spitz et la Fédération Bancaire Française dirigée par Ariane Obolensky sont tous deux adhérents au Medef et lorgnent avec insistance sur le magot que représenterait la mise en place de fonds pensions à la française. Ajoutons à cela que madame Parisot est administrateur de la BNP.

En fait, les coups de boutoirs successifs du Medef contre le système social français n'ont qu'un but : Assurer une rente aux établissements bancaires et aux compagnies d'assurances. Pour la grande majorité des salariés dont le salaire moyen n'atteint pas 2000 € par mois, ce serait tout simplement catastrophique. Car, au delà de leur capacité à épargner pour se constituer une retraite, ils seraient livrés pieds et poings liés aux performances des marchés financiers pendant de très longues durées sans le moindre engagement de performances.

Pas certain que ça permette aux français de disposer d'une retraite, mais certain que dans certains milieux patronaux on doit allumer tous les jours des cierges pour que le miracle de la rente se produise un de ces jours. Si ça vous tente ....


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10 décembre 2012

Coût du travail : Les belles études ( tronquées) du Medef !

Pendant qu'il continue de trainer les pieds aux négociations sur la sécurisation de l'emploi, le Medef continue d'abreuver les français de ses données statistiques censées faire porter sur les salariés et l'Etat la responsabilité du manque de compétitivité.



Même si le Medef s'est félicité du cadeau, sans contre partie, du crédit d'impôt compétitivité, il continue à publier invariablement, des études destinées à prouver qu'il n'y a pas de patrons incompétents, mais seulement des salariés couteux. 

C'est le sens à peine caché de la dernière : " l'analyse de la compétitivité des entreprises françaises " publiée le 7 décembre et disponible sur son site, qui porte le nom de : " Les chiffres du Medef - Novembre 2012 "

La dite analyse de la compétitivité des entreprises françaises n'est en réalité une compilation, partiale, de schémas empruntés : au FMI, aux douanes, à la Banque de France, l'INSEE, Eurostat, et autre OCDE.

Certainement réalisé par le service communication du Medef, il se veut une démonstration de la perte de marché et de compétitivité des entreprises françaises.

Et je dois dire que c'est bougrement bien fait puisque qu'à partir de graphiques tous plus parlants les uns que les autres, on "voyage" du constat de perte de vitesse des exportations françaises, pour passer à la baisse des marges, pour en arriver aux " responsables ", qui sont, dans l'ordre :

1 - le coût de la main d'oeuvre

Peu importe que les salariés français soient considérés, étude après étude  parmi les plus efficaces du monde en termes de productivité, le Medef brandit ses tableaux à la façon de François Lenglet et affirme, graphiques Eurostat à l'appui, que les salariés et l'état coûtent trop cher !

1ere cause : Les " Charges annexes au salaire " !

Sachez que pour établir ce graphique, Eurostat définit le coût horaire de la main d'oeuvre de la façon suivante : " Comprend la rémunération des employés, avec les salaires et espèces et en nature, les cotisations patronales de sécurité sociales, les frais de formation professionnelle, les autres dépenses telles le coût de recrutement et le vêtements de travail, et les taxes sur l'emploi considérées comme coût de main d'oeuvre déduction faite des subventions reçues

Selon ce graphique, en intégrant tous les paramètres d'Eurostat, la France se trouve la plus onéreuse d'une sélection de pays de l'Union Européenne.

De quoi faire sourire plus d'un salarié qui n'a jamais obtenu la moindre heure de formation ni avantage en nature et qui n'a jamais croisé un recruteur professionnel de sa vie !

2eme cause : " Le partage de la valeur ajoutée des entreprises "

Et là, étonnamment, plus de comparaisons avec nos voisins européens mais uniquement des courbes montrant une forte augmentation, de 2007 à 2012, tout d'abord des rémunérations "chargées" soit 3,6%, puis des salaires, qui bien qu'impressionnante en termes de courbe, ne représente en fait que ... 2,6% en 5 ans !

On pourra donc s'étonner que dans le graphique suivant qui représente le : " Partage de la valeur ajoutée depuis le début de la crise ", l'évolution des rémunérations chargée soit de + 10,9% et pas + 3,6%, alors qu'il s'agit de la même période. Mais dans la mesure où aucune explication n'est donnée, il faudra s'en contenter.

On n'oubliera pas de rappeler aux petits génies de la communication du Medef ce qu'est la notion de "charges" si bien expliquée par mon ami Gérard Filoche : " (...) Regardez vos feuilles de paie : ce qu’il y a, c’est un « salaire brut » en haut et un « salaire net » en bas. Expliquez-le autour de vous : dans les deux cas, c’est du « salaire ». Un « salaire net » qu’on touche et que l’on consomme tout de suite. Et un « salaire brut » constitué d’une partie de « cotisations sociales » : c’est une part de salaire socialisé, mutualisé, mise dans un pot commun et redistribuée à chacun selon ses besoins. C’est-à-dire que chacun cotise pour celui qui est dans le besoin lorsqu’il est malade, en accident du travail ou maladie professionnelle, au chômage, en charge de famille nombreuse, en difficulté de logement, ou encore en retraite. C’est un prélèvement volontaire et progressif, avec redistribution égalitaire. Les libéraux haïssent cela (...)

Néanmoins, la conclusion du graphique est que si la part affectée aux salariés a considérablement augmenté, la marge brute des entreprises a chuté au point de faire baisser leur profit net de 3,6% !

Ce qui exclut de facto toute augmentation de salaires et permettrait de justifier les mesures de gel et de flexibilité salariale et horaire revendiquées par le Medef. Flexibilité horaire qui bien entendu permettrait de faire travailler les salariés sans leur payer la moindre heure supplémentaire !

S'ensuit des pages de graphiques sur les finances publiques où la France est la plus mauvaise en termes de dépenses publiques, prélèvements obligatoires et déficit public, l'Allemagne étant dans tous les cas de figure meilleure que le reste de l'Europe.

Par contre, ne cherchez pas, il n'existe pas dans l'empilement de statistiques, de données sur le coût du crédit impôt recherche, sur les baisses de cotisations sociales sur les bas salaires ou sur les commandes publiques dont les entreprises privés sont bénficiaires.

Il n'en existe pas non plus sur la responsabilité des dirigeants d'entreprises qui ont préféré choyer leurs actionnaires plutôt que d'investir dans la recherche et le développement, ceux qui ont laissé vieillir l'outil de travail, le rendant de moins en moins compétitif ou bien ceux qui ont délocalisé progressivement leur production dans des pays à très faible coût de main d'oeuvre.

Le Medef n'en a pas non plus trouvé sur l'utilisation des bénéfices records des grands groupe français qui en 2007 atteignaient 95 milliards d'euro, 50 milliards en 2009 , sans oublier les 80 milliards de 2010 et les petits 46 milliards de 2011 ? 

Pas un mot non plus sur l'endettement et la gestion des entreprises. Car, comme tout le monde le sait, la dette des entreprises est forcément une bonne dette et tous les patrons sont forcement des gestionnaires hors pair ! 

En résumé un parfait document de propagande qui ne trompe personne mais qui en dit long sur le niveau d'intox que le Medef est prêt à utiliser pour flexibiliser à outrance les salariés tout en leur proposant de travailler plus pour ... regonfler les marges des entreprises et continuer de choyer leurs très chers actionnaires !


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20 novembre 2012

Salariés : Vous serez les seuls à payer le prix de la compétitivité et de la crise !

Les salariés seront les seuls à faire les frais de la compétitivité, symbole selon les « experts »  de la sortie de crise économique qui frappe, entre autre, l'Europe. En attestent les déclarations de Moody's, du Medef et du très libéral REXECODE, expliquant que le salut est dans la mise en place d'une plus grande précarité des salariés français !

Savez-vous quel est le principal obstacle à la sortie de la crise économique et financière qui frappe la France depuis la crise spéculative des subprimes ?

Les spéculateurs de tous poils, l'évasion fiscale organisée par les banques et les multinationnales dans les paradis fiscaux, les délocalisations sauvages ? Rien de tout ça, si l'on en croît l'agence de notation Moody's, le Medef et son officine Rexecode.

Non, le fléau qui nuit à la reprise économique, c'est ... le salarié !

Hé oui braves gens, le salarié français dont la rémunération moyenne tournait en 2010 autour des 2000 €, c'est à dire, dans beaucoup de cas, à peine de quoi payer le loyer et la nourriture correcte d'une famille serait donc un handicap majeur pour la relance de l'économie française.

Car, il faut savoir que l'agence de notation Moody's les a clairement montré du doigt dans sa décision de dégrader la note de la France. Extrait : « (...) La France a aussi un autre défi structurel selon Moody's : la réforme du marché du travail dont l'agence pointe des rigidités durables. Et de dénoncer : « une protection importante pour les contrats à durée indéterminée, rendant les licenciements particulièrement difficiles et source de freins à l'embauche (...) » 

Ce qui a permis à Laurence Parisot de se ruer sur le premier micro pour déclarer : « il est temps, pardonnez le néologisme, de détabouiser le mot de flexibilité, c'est la clef pour réussir cette négociation, il faut arrêter d'avoir peur du mot, nous avons besoin de flexibilité pour recréer des emplois »

En clair : Il n'y a plus assez de travail à partager, donc, partageons le chômage entre tous ! 

Et la patronne du Medef d'ajouter : « (...) Nous ne signerons pas d'accord si du côté des organisations syndicales, il n'y a pas une acceptation de principe ou des principes que nous mettons derrière la notion de flexibilité (...) Pour que les entreprises embauchent, il faut diminuer l'aléa judiciaire sur les procédures individuelles ou collectives de licenciement (...) en plafonnant pour les TPE et PME les dommages et intérêts accordés aux salariés par les prud'hommes (...) » Et de conclure, sans rire : « (...) que les entreprises puissent procéder à des reclassements ou redéploiements sans avoir à passer par un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE), afin d'aller beaucoup plus vite et de manière beaucoup plus rassurante pour tout le monde (...) »

Seul regret inavoué de notre amie Laurence, c'est que les salariés aient cessé trop tôt de croire au Père Noël ! C'eut été préférable, dans la mesure où, chacun d'eux sait parfaitement qu'il n'existe aucune corrélation entre facilité de licenciement et embauche. Si ce n'est de recruter des salariés moins payés, en lieu et place de ceux dont on s'est débarrassé ! Quant à croire que les employeurs vont gentiment reclasser les salariés dont ils n'ont plus besoin, on frise le grandiose ! Surtout lorsqu'on se souvient des offres de reclassements en Bulgarie ou Roumanie avec, bien entendu, un salaire ... local. 

Il ne vous étonnera pas, au passage, que le Medef allié de circonstance de la CGPME n'entend pas céder à la demande de modulation des cotisations chômages, pour les contrats précaires. Demande qu'elle a renvoyé à la renégociation de l'assurance chômage, prévue fin 2013.

Dans ce concert, il ne manquait que la caution traditionnelle d'une officine pseudo scientifique souvent citée par le Medef pour ses études et travaux, j'ai nommé : Rexecode

Dans la mesure où on apprenait que la France avait cessé de perdre des parts de marché à l'exportation, il était nécessaire de faire intervenir ces spécialistes, pour ne pas gâcher le tableau brossé par Moody's et le Medef. Ainsi, Rexecode, après avoir du bout des lèvres, constaté que la compétitivité française avait tendance à se : « (...) stabiliser par rapport à celle des autres pays de la zone euro (...) » montre à son tour du doigt ces nuisibles de salariés français : « (...) l'évolution du coût du travail n'incite pas à l'optimisme. Depuis deux ans, le coût salarial unitaire augmente plus vite que dans les pays du sud de l'Europe, alors que ce n'était pas le cas auparavant. En d'autres termes, l'Italie, l'Espagne ou encore le Portugal regagnent en compétitivité-coût au prix de l'austérité salariale, ce qui n'est pas le cas en France (...) Pour Rexecode, l'annonce d'un crédit d'impôt de 20 milliards pour les entreprises est donc forcément une bonne nouvelle (...) Mais cela ne peut être suffisant, selon lui. Il faut qu'il s'accompagne d'une flexibilisation du marché du travail, sur le modèle allemand (...) notamment la possibilité de déroger, par accord d'entreprise, aux conditions imposées dans la branche, notamment sur la question des salaires et du temps de travail (...)  »

Le taux de chômage a t-il baissé en Italie, au Portugal ou en Espagne ? Non, bien entendu, mais comme nous vous l'expliquions précédemment, la baisse des salaires a fait le bonheur de constructeurs automobiles comme Renault ou Ford qui se sont rués en Espagne où, il est facile d'imposer à peu près n'importe quoi à des salariés forcés de l'accepter, sous peine de voir les emplois partir ... où c'est encore moins cher, et moins contraignant socialement parlant !

Les actionnaires quant à eux se réjouissent de ces propositions qui, sans nul doute, devraient, au travers du regonflement des marges des entreprises, leur offrir d'excellents dividendes. Du moins dans un premier temps, puisque dans la mesure où chaque pays de l'union européenne aura à coeur de paupériser toujours un peu plus ses salariés, qui consommeront de moins en moins, le jeu devrait prendre fin à moyen terme.

Ensuite que fera t-on ?

Hé bien nul ne le sait. Après tout, c'est ça la mondialisation Coco ! 


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12 novembre 2012

Sondage IPSOS/Le Figaro : Le chantage aux plans sociaux a de l'avenir !

IPSOS vient de publier un sondage dans lequel il explique que : " Les salariés sont prêts à des concessions sur les salaires et le temps de travail pour échapper à des suppressions de postes " Donc avec un bon chantage, on pourrait obtenir l'accord des salariés sur les accords compétitivité-emploi réclamés à cor et à cri par le MEDEF !


Le Figaro jubile sur son site Web. En effet selon le sondage réalisé par Ipsos pour le Cesi, en partenariat avec ... Le Figaro, les salariés seraient 64% à renoncer aux 35H00 et 59% accepteraient un gel de leurs salaires. Voila qui va ravir le MEDEF qui n'a toujours pas digéré l'abandon (provisoire ?) des accords compétitivité-emploi promis par Nicolas Sarkozy et l'UMP en cas de victoire.

Que dit l'étude/sondage ?

Que les salariés seraient prêts à abandonner les 35H00 et un gel des salaires pour les raisons suivantes : « Près d'un salarié sur cinq indique avoir observé dans son entreprise une recrudescence de licenciements économiques individuels ou de plans sociaux  » commente Étienne Mercier, directeur adjoint du département opinion Ipsos Public Affairs, qui ajoute : « Plus d'un salarié sur cinq juge même qu'il existe une importante probabilité qu'il connaisse une période de chômage dans les deux prochaines années »

Vous avouerez que ce sondage tombe à pic pour le MEDEF dont l'unique objectif est la mise en place de la flexibilité des salariés. D'autant que ce sondage survient à mi course des négociations entre patronat et syndicats, initiées par le gouvernement. On imagine avec quelle gourmandise les négociateurs du MEDEF vont le brandir devant les syndicalistes.

Pour ceux qui seraient tentés de dire : Après tout, pourquoi pas ? nous leur soumettrons un exemple de ce qui pourrait se passer au cas où la flexibilité horaire et le gel des salaires devenaient la règle 

Cet exemple se nomme Renault 

« (...) la direction du groupe a été claire. Elle n'attribuera de nouveaux véhicules ainsi que des volumes minimaux de production à ses différents sites hexagonaux que si un accord est trouvé sur une meilleure organisation du travail et les salaires. Avec comme modèle le site de Palencia, en Espagne, qui serait – c'est en tout cas ce que les partenaires sociaux entendent à longueur de réunions – le plus compétitif du groupe (...) »

En attendant de connaître les exigences réelle de la direction de Renault, les salariés français ont appris que leurs homologues espagnols étaient soumis aux contraintes suivantes : « (...) un accord qui permet notamment d'allonger la durée du travail de un à trois jours par an, de plafonner les hausses de salaires à la moitié de l'indice des prix et de créer une nouvelle grille pour les salaires d'embauche, démarrant à 72,5 % du salaire d'un agent qualifié (...) »

Mais Renault ne se limite pas à mettre la pression aux salariés français, puisque en Espagne, nous explique Le Monde, la référence c'est : L'usine roumaine ! Et donc, pour maintenir l'emploi , que ce soit à Palencia, Seville ou Valladolid, le constructeur exige des concessions des syndicats. Et comme l'Espagne compte près de 25% de chômeurs...

Cette particularité n'a pas échappé non plus à Ford qui n'a pas hésité à annoncer la fermeture de son unité de production en Belgique pour la tranférer ... en Espagne !

Sans oublier que ce chantage est sans fin puisque comme l'expliquent Les Echos : « (...) La durée de travail normale sur d'autres sites européens est bien plus importante, comme à Novo Mesto en Slovénie (environ 1.650 heures par an) ou Tanger au Maroc (plus de 1.950 heures). L'usine turque de Bursa, qui assemble la nouvelle Clio, constitue un cas extrême avec 2.050 heures environ (...) » Après tout, l'objectif n'est pas que les salariés soient en mesure d'acheter les véhicules qu'il fabriquent mais d'augmenter la marge réalisée sur chaque voiture assemblée ! Marge qui permettra de continuer de rémunérer grassement les équipes dirigeantes et les actionnaires.

Mais, se désolent IPSOS et Le Figaro, ces impertinents de salariés français, s'ils sont, selon eux, prêts à abandonner les 35H00 et à voir leur salaires gelés, ne seraient que 32% à accepter de baisser leurs salaires


Salariés qui sont, toujours selon le duo IPSOS/Figaro, responsables de leur possible future perte d'emploi, puisque   : « (...) seule une minorité d'entre eux consulte régulièrement les offres d'emploi pouvant les concerner (22%) et soigne ses relations à l'intérieur de l'entreprise (26% le font régulièrement) ou en dehors de l'entreprise (seuls 17%), y compris via les réseaux sociaux professionnels (seuls 7% le font régulièrement) »

En résumé, aux salariés français d'apprendre à vivre avec un salaire inférieur au seuil de pauvreté et d'anticiper leur licenciement !

Dégueulasse ? assurément ! Mais c'est la mondialisation Coco !


31 octobre 2012

Négociations sur le marché du travail : Pourquoi le Medef joue la montre !

Le Medef par ses propositions outrancières et son apathie dans le cadre des négociations sur le marché du travail, est en train de torpiller les négociations avec le syndicats. Un seul but pousser le gouvernement à légiférer sur le sujet, en le menaçant de charrettes de licenciements au cas où il n'obtiendrait pas gain de cause !


En temps normal, le Medef répète à l'envie qu'il préfère négocier avec les syndicats de salariés plutôt que de voir le gouvernement ou les parlementaires s'immiscer dans le dialogue social. Ce qui ne l'a pas empêché d'utiliser régulièrement des ministres ou élus de la nation de l'ancienne majorité pour porter ses demandes, comme ce fut le cas pour la rupture conventionnelle, la modification du temps de travail ou les assouplissements sur les 35H00. 

Or, cette fois-ci, alors que le gouvernement a choisi de permettre à l'ensemble des partenaires sociaux de travailler en semble, puis de faire des propositions concrètes sur l'avenir du marché du travail, curieusement, le Medef traine les pieds.

Cette attitude est-elle surprenante ?

Certes non, puisque, avant que la négociation commence, Laurence Parisot avait indiqué que le sujet principal en serait la flexibilité des salariés. Ce à quo est venu s'ajouter les vielles revendications sur la fin de l'horaire légal de travail, le plafonnement des indemnités de licenciement et la remise en cause des obligations liées aux plans de sauvegarde de l'emploi (plans sociaux), c'est à dire tout ce que l'ancien président et son ex majorité avaient accepté d'intégrer dans leur programme électoral !

Si du côté des syndicats on commence à s'impatienter. François Chérèque ayant, après avoir pointé du doigt : " le coût du travail comme un facteur de perte de compétitivité" et, cerise sur le gâteau recommandait : " (...) de le baisser en transférant une partie des charges sur la CSG ", fait part de son agacement, du côté de la CGT on ne cache pas que : " le Medef  joue la montre dans les négociations sur la sécurisation de l'emploi "

Agacement qui ne devrait qu'augmenter puisque comme le dit Bernard Thibault : " Une partie du patronat semble conditionner son attitude dans la négociation au débat et aux arbitrages futurs du gouvernement sur ses revendications visant à diminuer le coût du travail "

Or, il faut le savoir, la négociation ne porte pas simplement sur le coût du travail mais aussi sur : La lutte contre la précarité, l'anticipation des évolutions d'activité, les dispositifs de maintien de l'emploi en cas de difficultés, et la réforme des licenciements collectifs.

Ce à quoi le Medef répond avec une naïveté qui fleure bon le cynisme : " Au prochain rendez-vous, on va construire "

Construire, oui mais quoi ?

Car, l'objectif de Laurence Parisot est clair, ramener le débat au seul sujet qui intéresse le Medef et qu'elle définissait, il y a peu de la façon suivante : " Il y a une dimension dans la compétitivité "qui est l'adaptabilité, la souplesse, la flexibilité, ce mot tabou, et c'est de ça dont nous parlons dans la négociation avec les organisations syndicales "

Il est bien évident que dans ces conditions, aucun syndicat de salarié ne trouvera un accord avec le Medef, ce qui fera échouer la négociation. En ce qui nous concerne, nous ne partageons pas le point de vue de certains experts qui affirment que : le Medef a intérêt à aboutir à un accord avec les partenaires sociaux pour bloquer toute autre initiative du gouvernement. Ce que nous pensons, c'est qu'en cas d'échec, prévisible, des négociations, le Medef et ses nombreuses "boutiques" annexes brandiront devant le gouvernement d'innombrables plans sociaux ... incontournables, au cas où, adaptabilité, souplesse et flexibilité ne serait pas au rendez-vous ...

Et quelle forme prendrait ces exigences ?

Hé bien, généralisation des accords compétitivité-emploi auxquels les salariés ne pourraient pas s'opposer à titre individuel, avec à la clé : Augmentation sans contre partie financière de l'horaire de travail, gel des salaires et autre abandon de RTT ...

Cela suffira t-il à limiter les licenciements ?

En aucun cas, puisque si les entreprises considèrent que les accords signés ne donnent pas satisfaction en termes de compétitivité, elles auront recours, à nouveau à des réductions d'effectifs. Bien entendu, en cas de retour à la prospérité des entreprises, aucune garantie de retour à l'ancienne situation n'est prévue. 

Conclusion : Le Medef qui a soutenu le mouvement dit des pigeons n'aurait aucun remord à " pigeonner" les salariés français. Car, au delà de salaires plus bas issus du "travailler plus pour gagner moins", l'idée est de leur faire payer au travers de leurs impôts leur protection sociale. Avec comme rêve, à peine secret, qu'un gouvernement plus docile finisse par confier aux banques, assurances et cliniques privées adhérentes au Medef, la gestion de leur santé.

Salariés, à vous d'être vigilants et d'éviter de devenir les dindons de la farce !

22 octobre 2012

A quand un contrat de génération pour les seniors ... au chômage ?

On ne peut que saluer les partenaires sociaux d'avoir trouvé un accord pour la mise en place du contrat de génération. Seul problème, celui-ci ne concerne pas les seniors qui sont au chômage et qui pourraient pourtant être d'excellents tuteurs !


Conserver les seniors dans l'emploi tout en embauchant des jeunes à qui ils apprendront le métier. C'est en résumé l'un des engagements de François Hollande qui portait le nom de contrats de génération et qui vient d'être signé par les organisations patronales et les syndicats de salariés.

Une bonne chose ? Certainement !

Tout d'abord parce que la transmission des savoirs est un atout pour les entreprises et ensuite parce que l'ensemble des organisations patronales et la quasi totalité des syndicats (la CGT réservant sa signature mais indiquant que : « ce n'est pas un accord négatif ») ne s'étaient pas mis d'accord sur un projet de cette envergure.

Fort bien, direz-vous, mais les seniors sont-ils tous concernés par cet accord ?

Pour ceux qui ont un emploi, la réponse est oui, par contre pour tous ceux qui ont été victimes d'un plan social, de la fermeture de leur entreprise ou de pressions pour accepter une rupture conventionnelle la réponse est non. Et c'est à notre sens une faille dans le dispositif des contrats de génération. En effet, dans les plus de 800 000 plus de 55 ans inscrits à Pôle Emploi, beaucoup sont d'excellents professionnels dont la carrière s'est interrompue pour les raisons citées plus haut.

Or, tous les seniors chômeurs vous le diront, à moins d'avoir un formidable coup de chance, toutes vos candidatures servent au mieux à alimenter le destructeur de documents des recruteurs. La réalité est là : « Retrouver un CDI est quasi impossible » expliquait, Sylvain Grevedon, spécialiste de l’emploi des seniors au Cabinet Mercuri Urval.

Alors, puisque les organisations patronales acceptent l'idée de conserver leurs seniors, tout en continuant à  réclamer régulièrement un report de l'âge de la retraite, (67 ans si l'on en croît Laurence Parisot) pourquoi, au lieu de laisser ces salariés tomber dans le chômage de longue durée qui les pousse vers la la fin de leurs droits à l'indemnisation, ne pas proposer aux partenaires sociaux d'inclure dans le dispositif les professionnels chômeurs seniors qualifiés ?

Et qu'on ne nous dise pas que c'est difficile de les identifier, où alors à quoi servent les fichiers de Pôle Emploi ! 

Pôle Emploi qui pourrait par ailleurs, puisque cela fait partie de ses attributions, se charger de leur trouver des formations leur permettant d'être rapidement opérationnels et d'être de très bons tuteurs pour les jeunes générations.

Le coût d'une telle mesure argueront certains ?

Inférieur à celui de l'indemnisation chômage, et surtout, ceux qui entreront dans le dispositif auront une chance de revenir dans l'emploi et de verser à nouveau des cotisations sociales comme salarié !

Pourquoi le gouvernement, les organisations patronales et les syndicats de salariés n'y ont pas pensé ? C'est la question qu'on peut se poser, tout en ayant une petite idée de leurs non motivations.

Si du côté du gouvernement on considère trop souvent, à tord, que les contrats aidés sont la panacée pour les chômeurs seniors, du côté des syndicats de salariés, ( à part la CGT chômeurs ) aucun ne se préoccupe de ceux qui après tout ne cotisent plus et ne sont plus mobilisables. Quant aux organisations patronales, la rupture conventionnelle dont leurs adhérents usent et abusent avec les salariés âgés est un énorme scandale.

Alors, un petit effort de plus mesdames et messieurs les négociateurs afin de pouvoir crier à l'accord historique en ce qui concerne l'emploi des seniors ! 


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L'Express

16 octobre 2012

Propositions emploi et chômage de Fillon et Copé : Blanc bonnet et bonnet blanc !

Après Jean-François Copé, c'est au tour de François Fillon de nous expliquer que les français ne travaillent pas assez, que les chômeurs ne cherchent pas d'emploi et que le code du travail est un obstacle à l'emploi des jeunes. Comparons les !

La légende propagée par les soutiens de François Fillon pour la présidence de l'UMP voudrait que celui-ci soit très différent de Jean-François Copé son adversaire. Toujours selon eux, il serait : un « gaulliste social réformateur ».

Donc, François Fillon serait très différent du très libéral Jean-François Copé ?

Et pourtant, à la lecture d'interviews des deux candidats à la présidence de l'UMP, on s'aperçoit qu'il n'existe la moindre différence entre les deux, en ce qui concerne la politique de l'emploi et le traitement du chômage.

Jean-François Copé - 3 octobre 2012 dans son opuscule : « Manifeste pour une droite décomplexée » que nous avions décortiqué sur Slovar les Nouvelles

Suppression de toute référence à l'horaire légal de travail pour le remplacer par un temps de travail négocié entreprises par entreprises, dans la limite maximale de 48H00 par semaine

Instauration d'un contrat de travail unique

Chômeurs : Formation obligatoire et une indemnisation moins longue.

Comparons maintenant avec les propositions du «gaulliste social réformateur»

Interview François Fillon : Les Echos - 10 octobre - Extraits 

Contrat de travail : « (...) C'est la rigidité de notre droit du travail qui écarte une grande partie de la jeunesse française de l'emploi. L'angoisse dans notre société est d'abord liée au fait qu'une grande partie de la jeunesse n'a pas d'avenir professionnel (...) Je crains une crise politique majeure s'il n'y a pas rapidement d'assouplissement (...) »

Temps de travail :  « (...) Je milite pour des mesures d'urgence, en remettant en cause certaines dépenses sociales et en allongeant la durée du travail (...) Le redressement national passe par un effort de travail supplémentaire. Il faut supprimer la référence à la durée légale et autoriser une négociation collective dans les entreprises sur le temps de travail, dans les limites des règles européennes (...) »

Les chômeurs : « (...) D'abord, il faut faire la réforme fondamentale de l'assurance-chômage et de la formation professionnelle que Nicolas Sarkozy avait proposée. Il s'agirait de rémunérer les demandeurs d'emploi non pas parce qu'ils sont demandeurs d'emploi mais parce qu'ils sont en formation (...) »

En résumé, vous avez le choix entre le programme de Jean-François ... Fillé et François ... Copon. « Etonnant non ! » comme disait le regretté Pierre Desproges dans : « la rubrique nécessaire de monsieur cyclopède ».

Sauf que les deux prétendants à la présidence de l'UMP n'ont aucun humour et qu'ils appliqueront l'un comme l'autre l'intégralité des demandes formulées par Laurence Parisot qui, ne l'oublions pas, indiquait dans Libération le 9 octobre dernier, qu'il était nécessaire de :  « (...) Trouver les bonnes modalités pour adapter la durée du travail et la masse salariale en échange du maintien des effectifs lorsque l’entreprise fait face à une baisse d’activité significative (...) »

En fin de compte, la seule différence entre les deux repose sur le fait de savoir, en cas de retour de l'UMP au pouvoir, lequel sera ... le petit télégraphiste du Medef ... Pas vraiment étonnant à vrai dire ... 


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15 octobre 2012

« Recours radiation » : Dernier rempart des chômeurs contre les radiations abusives !

Etre radié par Pôle Emploi, voila la pire des angoisses pour tous les chômeurs. D'autant qu'il est de plus en plus difficile, en cas de radiation abusive, de se défendre face à un Pôle Emploi qui ressemble de plus en plus à monstre froid réfugié derrière son site Web. Heureusement, pour tous ceux qui craignent ou subissent une radiation, il existe le site Recours radiation.



Au de là de la difficulté de retrouver un emploi lorsqu'on l'a perdu, le plus grand tracas du chômeur est sa relation avec Pôle Emploi. Certes, le nombre d'inscrits a considérablement augmenté depuis la fin 2011, mais dans la mesure où obtenir un rendez-vous avec son conseiller relève de l'exploit, comment se défendre lorsque le courrier ou le mail de radiation temporaire ou définitive tombe ?

Si vous vous rendez sur le site de Pôle Emploi et que vous lancez la recherche "radiation", voilà ce que vous y trouverez

«  (...)  Le Code du travail précise les actes que les demandeurs d'emploi sont tenus d'accomplir à ce titre et les propositions qu'ils ne peuvent refuser sans s'exposer à être radiés.
Les motifs de radiation sont :

    insuffisance d'actes positifs et répétés de recherche d'emploi,
    refus d'un contrat d'apprentissage et d'un contrat de professionnalisation,
    refus d'un contrat aidé,
    refus de suivre une formation s'inscrivant dans le cadre du PPAE,
    refus d'une action d'insertion,
    absence à convocation, y compris convocation à une visite médicale,
    fausses déclarations,
    refus de définir ou d'actualiser le PPAE,
    refus de suivre une action d'aide à la recherche d'emploi s'inscrivant dans le cadre du PPAE,
    refus à 2 reprises sans motif légitime d'une offre raisonnable d'emploi

Les durées de radiation varient entre 15 jours et 12 mois en fonction de la nature des manquements constatés et de leur répétition
(...) »

Bon, ça c'est la théorie, mais dans la pratique, que se passe t-il ? Prenons au hasard un exemple significatif, publié sur le site Recours radiation

« (...) je suis jeune maman d'un petit garçon de 6 ans. Mon ordinateur a rendu l'âme depuis peu donc, j'etais dans l'impossibilité de consulter mes mails. Ce matin de chez une amie j'ai voulu m'actualiser. à ma grande surprise j'ai vu qu'on m'avait radiée, forcement je n'avais pas pu consulter le rendez vous qu'il m'avais donné du 27aout (...) j'ai pris mon telephone ce matin pour leur expliquer la situation mais la dame m'a dit que j'etais radiée depuis hier donc que maintenant tout se passe avec le directeur à qu'il faut que j'envoie un courrier beton pour qu'il puisse annuler ma radiation (...) » - Forum Recours radiation ( voir aussi : Radié 2 mois pour 10 min de retard )

En gros, vous êtes seul au monde face à un organisme qui lui, est le maître d'un jeu qui vous échappe. Prendre un avocat ? impossible financièrement pour la majorité des chômeurs.

Bien sur, vous pouvez faire appel au médiateur national ou régional de Pôle Emploi, mais sachez que : « (...) qu'il soit national ou régional, ils ne formulent que des recommandations aux Directeurs/trices d'agence locale mais n'ont pas le pouvoir d'imposer leurs décisions... (...) »


Alors, pour s'en sortir, quels que soient ses moyens financiers, la seule solution c'est de se rendre sur le formidable site Recours radiation qui, comme le faisait remarquer Michel Abhervé sur son blog, au début du mois d'octobre, a fait peau neuve : « (...) un site consacré aux recours sur les radiations faites par Pôle emploi) qui, quotidiennement, aide, des demandeurs d’emploi, victimes de radiations parfois justifiées, souvent abusives, et en tous cas toujours rétroactives et donc sur ce point illégales (..) » nous ajouterons : Et foi de professionnels du web, la nouvelle version de leur site est franchement claire et efficace ! 

Qui sont-ils ?

« (...) Agé de 32 ans, David, le créateur du site, est juriste. Il a notamment eu l'occasion d'enseigner le droit à l'Université et de travailler pour des juges internationaux. Trois semaines après la mise en ligne du site et du forum, Rose-Marie (alias Rosecelavi) a rejoint le projet, enthousiasmée à l’idée qu’enfin un site sur les droits des demandeurs d’emploi face à ces radiations ait été créé.  Conseillère à Pôle emploi pendant 28 ans, elle a permis la traduction et le décryptage de nombreuses procédures suivies par Pôle Emploi. Syndicaliste, elle a siégé dans les années 90 à la commission départementale de recours où elle a essayé de défendre l'intérêt des chômeurs radiés par l'ANPE, ou exclus par la DDTEFP. Depuis plus de 2 ans, Rose-Marie assure de manière quotidienne l’animation du forum. Comme le disait récemment un juge du Tribunal Administratif de Lyon dans une affaire de radiation abusive : "les droits du justiciable sont sacrés". Mais ce site est là parce que justement les droits des demandeurs d'emploi sont parfois sacrément mis à mal... Ce site est mis à jour et animé de manière complètement indépendante (...) »

Il se trouvera bien quelques chafouins du genre « Medef et associés » pour reprocher aux animateurs du site de fournir des solutions gratuites et légales à : « des chômeurs qui ont gravement failli à leurs obligations » mais tous les autres ne pourront que tirer leur chapeau bien bas à David et Rose-Marie ! 



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11 octobre 2012

Marché du travail européen : Les recettes à l'emporte-pièce de la BCE !

Selon la BCE, les problèmes d'emploi en Europe se résument à : Salariés trop payés et chômeurs dont les qualifications sont inadaptés aux offres. C'est du moins ce qu'on peut lire dans sa dernière analyse que l'association "Sauvons l'Europe" a décortiqué et conteste à juste titre !


Si les politiques n'ont toujours pas trouvé la martingale du plein emploi et que l'OIT pousse depuis des mois des cris d'alarme sur l'envolée du chômage et la montée de la précarité, la BCE dirigée par Mario Draghi affirme haut et clair qu'elle détient LES solutions pour résoudre toutes les difficultés. Elle les a mises noir sur blanc dans un rapport (en anglais) de 126 pages, qu'elle vient de publier : " Euro aera labour and the crisis

Ce rapport a été décortiqué par l'association Sauvons l'Europe qui a notamment extrait les morceaux d'anthologie.

La première cause du chômage selon la BCE : Les salaires trop élevés !

" la rigidité salariale à la baisse empêche la résorption de la crise de compétitivité "

Ben voyons ! Ainsi, pour lutter contre la concurrence asiatique il suffirait de baisser les salaires, un peu comme en Grèce où la population est en train de passer de la précarité à la misère. Ce dont se moque la BCE, puisque l'essentiel c'est que les salaires et le temps de travail se rapprochent le plus possible de ceux des travailleurs asiatiques afin de produire au moindre coût. La quasi totalité de cette production sera bien entendu exportée dans des pays où les salariés ont provisoirement un meilleur pouvoir d'achat.

Ce à quoi Sauvons l'Europe ajoute : " (...) La question centrale des entreprises n’est pas, en effet, combien me coûte une heure de travail dans tel pays, mais bien combien me coûte un travailleur pour fabriquer une valeur de 100 dans tel pays (...) "

L'OIT de son côté donne un avis avisé sur cette baisse des salaires : " (...) L’Organisation Internationale du travail (OIT) met en garde contre des mesures entraînant une baisse de la consommation intérieure et affectant négativement la croissance (...)  De plus, insistent les économistes de l’OIT, si des réductions compétitives de salaires sont menés simultanément dans plusieurs pays, on ouvre alors la voix à une dépression globale de la situation de l’emploi "

La deuxième cause du chômage élevé selon la BCE : l’inadéquation des qualification des chercheurs d’emploi aux besoins des entreprises ! En fait affirme la BCE : " le chômage est d’abord un problème structurel "

" (...) Ainsi, par la magie de la crise, une force de travail qui était plus ou moins adaptée aux besoins des entreprises deviendrait entre 2008 et 2009 soudainement inadéquate ? Un choc de productivité majeur a eu lieu qui a transformé profondément la majeure partie des métiers sans que les salariés ne suivent ? Une vague d’alcoolisme due à la crise a brusquement produit une foule d’handicapés (...) " lui répond Sauvons l'Europe, qui ajoute : " (...) Le plus atterrant dans cette affaire est que ce débat, dans un contexte politique chargé, a eu lieu de manière très étendue aux Etats-Unis, où un consensus a fini par se dessiner sur le fait qu’il n’y a pas de mismatch structurel, mais une bête crise de la demande de travail (...) La BCE donne la sensation curieuse de travailler en apesanteur et de postuler la singularité de l’espace économique européen par rapport au reste du monde.(...) Qui plus est, la BCE rejette l’explication d’un chômage purement géographique, avec des salariés formés dans un pays et les entreprises souhaitant les embaucher dans un autre. C’est bien à l’intérieur de chaque pays que les salariés sont devenus des inadaptés à la tâche productive !!! (...) "

Sauvons l'Europe qui nous livre le diagnostic plus cohérent de l'économiste américain Paul Krugman : " (...) il suffit d’une part de vérifier si les entreprises tournent à plein régime ou ne trouvent plus de débouchés, et surtout si le chômage est fort dans quelques activités économiques alors que la demande non satisfaite est importante dans d’autres, ou bien si le chômage a partout augmenté. Pour le premier critère, la lecture des activités économiques sur le moral des entreprises européennes et leur carnet de commande renseigne : les entreprises n’ont pas aujourd’hui un besoin féroce d’embaucher. Pour le second, un rapide tour non exhaustif sur le site d’Eurostat ne m’a pas permis de trouver des masses d’activités en tension de main d’oeuvre ; le chômage augmente partout (...) "

.En clair, la BCE a décidé que les pays les moins-disants au niveau salarial et social étaient devenus la nouvelle référence mondiale, et que l'avenir des salariés d'Europe se résumait à une précarisation généralisée de ceux qui ont un emploi et à des mini jobs obligatoires, mais aléatoires, pour les chômeurs.

Bienvenue dans un monde de dumping permanent où seuls les marchés financiers, dont monsieur Draghi est issu, seront les gagnants !

Sources