22 avril 2011

Emploi des seniors : Chronique d'une catatastrophe annoncée !

S'il est un sujet sur lequel gouvernement et patronat se font discrets, c'est bien l'emploi des plus de 50 ans. Les plans ou accords cosmétiques peinent à dissimuler ... une catastrophe, que le report de l'âge légal de la retraite à 62 ans devrait accélérer !

Aujourd'hui, indique Anne Marie Guillemard sociologue et chercheur au Centre d'étude des mouvements sociaux : « 6 salariés sur 10 qui font valoir leurs droits à la retraite ne sont déja plus en emploi » Et d'ajouter : « (...) Le gouvernement s'est contenté d'augmenter le temps de latence entre le dernier emploi et la retraite (..) Entre mars 2009 et mars 2010 le chômage des plus de 50 ans a augmenté de 21,2% après une hausse de 16,7% au cours des 12 mois précédents (...) »

Tout cela est bien loin des engagements et promesses du Président, si fier de son « bon bilan »

En effet, en mai 2008 : le chef de l'Etat déclarait que : « (...) le sous-emploi des seniors constituait une erreur économique doublée d'un scandale social (...) » et d'indiquer comme première mesure : « le relèvement progressif du seuil de déclenchement des dispenses de recherches d'emploi pour les salariés de 57,5 ans et plus »

Ceci ayant été suivit comme chacun le sait du passage de l'âge légal de la retraite à 62 ans à partir du 1er juillet 2011

Son ministre de l'époque Laurent Wauquiez, du haut de ses certitudes, assénait : « (...) L'idée serait de permettre aux entreprises qui embauchent des chômeurs âgés d'être exonérées de charges. Il faut arrêter de se voiler la face, les entreprises n'embauchent pas les seniors parce qu'ils coûtent trop cher. C'est une des pistes à l'étude (...) »

Qu'en est-il en 2011 ?

Le Figaro a consacré, le 13/04/2011, un article, aux divers plans et accords seniors, dans les entreprises. Que dit-il ?

« (...) Au 1er janvier 2010, les employeurs devaient en avoir signé un sous peine de payer une pénalité (...) »Si les divers accords signés, reposent en quasi totalité, sur le maintien des seniors dans les entreprises : « (...) ont surtout été privilégiés les engagements en matière de formation, d'anticipation des carrières (entretien seconde partie de carrière, bilan de compétences…) et d'aménagement de fin de carrière (...) »

En ce qui concerne l'embauche de seniors au chômage le tableau est carrément sombre, puisque, pour la région IDF par exemple : « (...) seuls 14% des dispositifs franciliens fixent des objectifs chiffrés de recrutement (...) Et un des spécialiste interrogé par Le Figaro, d'ajouter : « (...) la majorité des entreprises se contentent pour le moment de mesures cosmétiques, les plus simples à mettre en œuvre ».

Les spécialistes que le Nouvel Economiste du 14 au 20 avril 2011 ont interviewé sont encore plus féroces sur les dernières mesures proposées par le gouvernement :

Aides financières accordée, depuis janvier 2011, aux entreprises embauchant en CDI ou CDD d'au moins 6 mois d'un chômeur âgé d'au moins 55 ans

Prime de 2000 € pour l'embauche en contrat de professionnalisation d'un demandeur d'emploi de 45 ans ou +

La réponse de Nicole Turbé-Suétens (expert auprès de la Commission européenne et fondatrice de Distance expert) est sans appel : « (...) Avec de telles propositions, on frise le comique de situation. Ce ne sont que des mesurettes qui n'ont aucune chance d'avoir un impact notable sur le problème de l'emploi des seniors. Au mieux, elles feront l'objet d'effets d'aubaine (...) » De son côté, Anne Marie Guillemard rappelle que de toute façon : « (...) les entreprises ne sont pas là pour faire des actions citoyennes (...) » Ce que n'oublie pas de nous confirmer Laurence Parisot ... à chaque déclaration sur le sujet !

Et dans la mesure où, comme l'affirme l'OFCE : « (...) sous l'effet cumulé de la suppression des départs anticipés des seniors, de l'extinction des dispositifs d'accompagnement des licenciés économiques et des premiers effets de la réforme des retraites (...) le taux de chômage en métropole passerait de 9,2 à 9,4% de la population active (...) » Force est de constater, qu'à moins qu'une majorité des chômeurs de 55 ans, ne disparaisse dans le « trou noir » des fin des droits, les statistiques ne risquent pas de s'améliorer !

En bref, on va droit à la catastrophe, pour une grande partie de la population, en âge et obligation de travailler !

Alors, en ces temps de bilan, préparatoire à la présidentielle de 2012, il serait bon que le Président qui a tenu ses promesses de 2007, consistant à : « Supprimer la dispense de recherche d’emploi pour les seniors (...) » Veuille bien, mettre toute sa détermination, avant la fin de son quinquennat, pour réaliser la deuxième partie de son engagement : « (...) créer les conditions juridiques, économiques et sociales pour permettre aux seniors de conserver une activité professionnelle le plus longtemps possible (...) »

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Montréal à Moi

21 avril 2011

Partage des bénéfices : De 1/3 à une prime exceptionnelle ... aléatoire !

D'un tiers des bénéfices promis en 2009, la prime exceptionnelle de 1000 € pour tous, devrait laisser place, à une prime au montant négocié par les partenaires sociaux, dans les entreprises ... de plus de 50 salariés !

Les salariés français, devenus fatalistes, ne pourront que constater, une fois de plus, que les politiques, y compris leur Président, ne peuvent strictement rien faire pour augmenter leurs salaires !

Ainsi, Nicolas Sarkozy ayant retrouvé, comme le dit le Canard Enchaîné, son « costume d'ouvrier » pour rejouer au Président du pouvoir d'achat a affirmé qu'il : ne cèderait pas sur le versement de primes aux salariés dans les entreprises versant des dividendes à leurs actionnaires (...) »

Une peu comme en 2009, lorsqu'il : avait estimé qu'un tiers des bénéfices des entreprises devait aller aux salariés



Ce à quoi Laurence Parisot répliquait, avec le plus grand sérieux : « (...) Il y a des statistiques qui ne sont peut-être pas si faciles à comprendre quand on n'a pas eu la possibilité de faire un an ou deux de sciences-éco, mais ces statistiques sont très claires. Elles sont publiées par l'Insee et elles indiquent la modalité de partage de la valeur ajoutée dans notre pays. Ces dernières années, il n'y a eu aucune déformation de ce partage au détriment des salariés. C'est même le contraire (...) »

Expliquant lors de son dernier déplacement dans les Ardennes que : « (...) en l'espace de deux ans, les négociations avec le patronat sur cette question centrale n'avaient pas avancé d'un centimètre (...) » il a lancé : « Donc, je prendrai mes responsabilités »

Alors, quel devrait être le résultat de ce bras de fer ?

« (...) Dans toutes les entreprises de plus de 50 salariés soumises à la loi sur la participation, si les dividendes distribués sont supérieurs à l'année d'avant, il y aura obligation de verser une prime négociée avec les partenaires sociaux", explique une source gouvernementale. Elle précise également que le gouvernement souhaite une application de ce dispositif "dès cette année". Cette prime sera soumise jusqu'à un montant d'au moins 1 000 euros au même taux de cotisation sociale que les primes de participation, c'est-à-dire 8 %. Ce montant pourrait être revu à la hausse ultérieurement. Les entreprises de moins de 50 salariés ne seront, pour leur part, qu'incitées à verser une prime identique à leurs salariés. Elle sera exonérée des charges fiscales (...) » - Le Monde

Or, il faut savoir que, selon les chiffres produits par l'INRS au 1er avril 2011, les entreprises de moins de 50 salariés représentent aujourd’hui 98 % des entreprises !

Du côté de l'INSSE, la lecture des chiffres 2009 éclaire le débat : Entreprises selon le nombre de salariés - Au 1er janvier 2009

Seront concernés par le caractère obligatoire de la prime après négociation avec les partenaires sociaux. Les entreprises de :

50 à 99 salariés : 26 084
200 à 499 salariés : 4 798
500 à 1999 salariés : 2 051
2000 ou + : 506

Se limitent à une incitation, sans autre négociation, que celle de gré à gré

Si nous excluons les entreprises ne comptant aucun salarié et qui représentent :
1 911 485 entreprises. On obtient :

1 à 9 salariés : 995 199
10 à 49 salariés : 167 455

Ce qui signifie, pour ces derniers, qu'à moins de décrocher, rapidement, une place dans une entreprise de plus de 50 salariés (Ce qui leur permettrait de profiter du caractère obligatoire de la prime), la très grande majorité des salariés ne sera pas ou peu concerné par la prime !

Néanmoins, les salariés le savent tous, une prime exceptionnelle, comme son nom l'indique n'a qu'une vocation éphémère et ne résoudra, en aucun cas, les problèmes soulevés par un certain ... Nicolas Sarkozy, en 2007 : « (...) Les prix sont trop hauts et les salaires sont trop bas (...) Quand on est hanté par les fins de mois difficiles, on n'est pas entreprenant, on est pas dynamique, on n'est pas productif. Je vois avec plaisir tous ces théoriciens de l'économie qui m'expliquent que le problème du pouvoir d'achat cela n'existe pas, c'est la compétitivité des entreprises. Parfait. Mais comment peuvent elles être compétitives, les entreprises, avec des salariés qui sont eux-mêmes démoralisés et qui ont le sentiment qu'ils ne sont pas payés au juste prix de leur investissement personnel ? (...) »

Prochaine étape : Citer à nouveau Jean Jaurès et invoquer Guy Môquet ?


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Direct Matin

20 avril 2011

Quand Laurent Wauquiez confond aides sociales et bénitier !

La Droite Sociale, créée par Laurent Wauquiez a semble t-il trouvé une bonne idée : Expliquer que la baisse du pouvoir d'achat de ceux qui travaillent est due aux titulaires d'aides sociales ! Version moderne du : « Que celui qui ne travaille pas mange pas » ?

Quatre ans après son élection, le Président du Pouvoir d'achat est de retour. Problème : Cette fois-ci les français ont pu le voir, lui, son gouvernement et sa majorité à l'oeuvre. Si les déclarations sont moins flamboyantes pour causes de caisses vides, la stigmatisation d'une partie de la population fait partie du nouveau message social ! Témoin les brillantes idées de la Droite sociale de Laurent Wauquiez.

La Droite sociale ?

Créée par Laurent Wauquiez elle se définit comme un : « cercle de réflexion chargée de donner plus de visibilité à l’action sociale de la majorité et à proposer un nouveau pacte social à droite (...) » Son histoire est disponible sur le site Web de Pierre Morel A L'huissier, autoproclamé « Avocat de la ruralité » : « (...) Historiquement la Droite a toujours eu un coté social, au début de la constitution du clivage droite gauche avec le catholicisme social du XIXème siècle (...) »

Est ce au nom de ce catholicisme social que Laurent Wauquiez vient de déclarer : « Les classes moyennes ont le sentiment d’être les « vaches à lait » du système : de contribuer à la solidarité nationale en travaillant et en payant des impôts, mais de ne rien recevoir en retour, avec un système d’aides qui s’arrête à leur porte à quelques dizaines d’euros près (effets de seuils) et un travail de moins en moins bien considéré et valorisé »

Et de proposer : « S’il est impératif que les revenus du travail demeurent supérieurs aux revenus de l’assistance, et que l’assistance légitime que l’Etat apporte à ceux de nos concitoyens qui sont le plus en difficulté (par exemple les titulaires du RSA) s’accompagne d’une contrepartie que l’individu peut réaliser sous la forme d’un service social dans le cadre d’une collectivité locale par exemple. Il ne s’agit nullement d’une sanction, mais d’une manière de remettre le pied à l’étrier et de maintenir les bénéficiaires de ces prestations dans l’activité. C’est fondamental pour le retour à l’emploi ensuite »

Notre ministre spécialiste du « social » ... vu de la droite ne serait-il pas en train de confondre aide sociale et ... bénitier ?

En effet, celui qui a organisé dans son fief de Haute Loire, la visite du Président, sur le thème des « racines chrétiennes de la France » nous refait le coup de la bible dans laquelle on peut lire : « Nous n'avons mangé gratuitement le pain de personne ; mais, dans le labeur et dans la peine, nous avons travaillé nuit et jour pour n'être à charge à aucun de vous » Paul Verset 8

En clair, de réhabiliter cette partie de nos racines chrétienne indiquant : « Que celui qui ne travaille pas mange pas »

Et hop là ! Envolées les promesses de son Président, en 2007, qui annonçait : vouloir réduire la pauvreté : « (...) J'ai voulu prendre un risque : fixer un objectif de réduction de la pauvreté (...) J'ai en effet fixé au gouvernement l'objectif de réduire d'au moins un tiers en cinq ans la pauvreté dans notre pays (...) J'ai voulu nous mettre dos au mur pour rendre des comptes aux Français (...) Je ne veux pas gérer la pauvreté, je veux la combattre (...) » - TF1 LCI

Oui mais répondra t-on à l'UMP, c'était avant la crise économique. A présent, il faut faire preuve de réalisme et se ressourcer dans des valeurs essentielles ... du goupillon. Du moins, pour les pauvres !


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Le Monde

19 avril 2011

« Liste des métiers en tension » : De qui se moque le gouvernement ?

Dernier ajustement sur les thèses du FN : la limitation de l'immigration professionnelle est la dernière lubie du gouvernement, qui brandit, sous forme de préférence nationale, une « liste des métiers en tension » comme argument contre le chômage !


Soucieux de satisfaire l'électorat de droite extrême et de donner l'impression qu'il cherche des solutions pour réduire le chômage, le gouvernement vient d'évoquer à deux reprises la : « liste des métiers en tension » Métiers, sur lesquels Xavier Bertrand a déclaré, au « Grand Jury RTL » : « (...) je veux surtout modifier la politique de l’emploi en faisant des métiers en tension une priorité d’action » tout en affirmant prévoir de « réorienter l’action de Pôle emploi et de tous les acteurs de l’emploi »

Ce qu'oublie de préciser le ministre, c'est comme l'explique Laurence Parisot, pour une fois avec justesse, c'est qu' « on parle de 20.000 personnes…» ce qui est effectivement ridicule, face à la situation, de plus de 4 millions de français !

Mais au fait, c'est quoi les « métiers en tension » ?

On peut en trouver la liste sur le site Pour la promotion de l'immigration professionnelle. Celui-ci est : édité et géré conjointement par le Ministère de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire (MIIINDS) et par l’Office Français de l’Immigration et de l’Intégration (OFII) - Mentions Légales

Comment ça fonctionne ?

« La situation de l’emploi en France n’est pas opposable aux entreprises qui souhaitent faire appel à des étrangers pour les qualifications connaissant une pénurie de candidats. La liste de ces métiers en difficulté de recrutement, dits métiers en tension, est répertoriée dans une liste nationale ou négociée dans le cadre des accords bilatéraux. Leur nombre peut varier selon le pays d’origine des migrants » Peut-on lire, sur le site

Et quels sont les métiers en tension ?

Il existe plusieurs listes dont celle correspondant à l' « Arrêté du 18 janvier 2008 relatif à la délivrance, sans opposition de la situation de l’emploi, des autorisations de travail aux étrangers non ressortissants d’un Etat membre de l’Union européenne, d’un autre Etat partie à l’Espace économique européen ou de la Confédération suisse » dans lequel on trouve une liste par région de ces métiers

Dans la liste régionale, à de rares exceptions, on trouve les mêmes métiers. Ceux qui reviennent le plus souvent sont :

Technicien de la vente à distance.
Attaché commercial en biens intermédiaires et matières premières.
Cadre de l’audit et du contrôle comptable.
Informaticien d’étude.
Informaticien expert.

Marchandiseur.
Responsable d’exploitation en assurances.

Mécanicien d’engins de chantier, de levage et manutention et de machines agricoles.
Opérateur de formage du verre.
Pilote d’installation de production cimentière.
Conducteur de machine de fabrication des industries de l’ameublement et du bois (et matériaux associés) ...


C'est à dire, des emplois qualifiés pour lesquels on peut trouver des salariés de nationalité française ou ... européenne, puisqu'il n'existe de restrictions qu'en ce qui concerne les ressortissants bulgares et roumains.

Pour trouver ceux qui font référence aux ouvriers non qualifiés, manœuvres ou employés sans diplômes, il faut se reporter aux listes relevant des : « (...) accords de gestion concertée des flux migratoires conclus entre la France et différents pays d’origine définissent des listes élargies de métiers en tension ». Ils concernent :

Bénin – 16 métiers
Congo – 15 métiers
Gabon – 9 métiers
Maurice – 61 métiers
Sénégal – 108 métiers
Tunisie – 77 métiers

Or, note Le Parisien, ces listes ne sembleraient pas, pour l'instant, concernées. On y trouve, selon le journal : les métiers « peu prisés des demandeurs d’emploi » Ce que confirme l'enquête : « Besoin de main d'oeuvre » , de Pôle emploi, publiée en avril, qui révélait que : « (...) sur les 37,6% des embauches projetées par les employeurs en 2011 qui buttaient sur des difficultés de recrutement : (...) près de 40% des emplois offerts sont saisonniers (...) » Précision : . « (...) parmi les profils recherchés (...) il s'agit en majorité de métiers souvent mal rémunérés : cuisiniers, serveurs, aides ménagères, emplois de maison, agents de sécurité (...) » C'est à dire, essentiellement des emplois non délocalisables, générateurs de précarité, mais très demandés par les branches d'activités concernées !

Rien n'empêchait le gouvernement, de contraindre le MEDEF et les autres organisations d'employeurs, à se pencher sur les conditions de travail et de salaires des métiers en tensions que sont le : BTP, les services à la personne et les métiers de la restauration hôtellerie. Afin d'en rendre leur exercice plus attractif !

Rien ne l'empêchait non plus, de consacrer un vrai budget, permettant de revoir de fond en comble la formation et l'orientation des chômeurs ! Et en profiter, au passage, pour mettre fin à la discrimination à l'embauche, pratiquée par l'ensemble des employeurs, à l'encontre des plus de 50 ans !

Mais une fois de plus, le gouvernement, sous l'impulsion du Président, a préféré utiliser un « symbole électoral fort » à destination d'un électorat, qui continue de lui échapper, puisque, c'est auprès des sympathisants du FN, que sa baisse de popularité est la plus importante : - 10 %

Mais qu'importe, puisque le Président est, ce matin, partit rejouer ... au candidat à la présidentielle : « (...) renouer avec l’électorat populaire. Comme en décembre 2006, dans les Ardennes. Pour parler de « la vraie France (...) la France qui souffre et dont on ne parle jamais (...) » et qu'il dirige depuis 4 ans ... avec le succès qu'on connaît !


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Le Figaro

18 avril 2011

Emploi et prime aux salariés : Autant en emporte le vent ?

La prime aux salariés lancée par le gouvernement ressemble à s'y méprendre à la « prime Villepin » de 2005 qui n'avait concerné que très peu de salariés. Celle de 2011 en concernera t-elle encore moins ?

Si les français sont hermétiques, sur le rôle de l'immigration, dans l'ensemble des maux de la France, au point que, dans la dernière étude IFOP/JDD, on apprend, qu'en termes de satisfaction, Nicolas Sarkozy recueille : « 28% de satisfaits contre 72% de mécontents » Ils n'ont pas oublié que, celui-ci avait beaucoup promis ... à tous les salariés !

Témoin cette déclaration, qu'il doit probablement regretter, mais qu'il se doit aujourd'hui d'assumer : « (...) Quand on est hanté par les fins de mois difficiles, on n'est pas entreprenant, on est pas dynamique, on n'est pas productif. Je vois avec plaisir tous ces théoriciens de l'économie qui m'expliquent que le problème du pouvoir d'achat cela n'existe pas, c'est la compétitivité des entreprises. Parfait. Mais comment peuvent elles être compétitives, les entreprises, avec des salariés qui sont eux-mêmes démoralisés et qui ont le sentiment qu'ils ne sont pas payés au juste prix de leur investissement personnel ? (...) »

D'ailleurs, c'est à se demander pourquoi, en 2007, alors que la crise financière n'avait pas pointé le bout de son nez, il n'avait pas obligé les entreprises à augmenter les salaires ? Mais, crise et laisser faire économiques aidant, force est de constater que le politique ne peut plus aujourd'hui influer sur les prix, l'emploi et surtout ... les salaires !

Conclusion : Pour éviter une débacle en 2012, il faut faire du « social » et s'occuper dare dare de l'emploi et de l'augmentation des salariés ! Mais, que faire lorsqu'on a plus de 4 millions de personnes concernées par le chômage partiel ou à temps complet ?

Il suffit, pour Xavier Bertrand, de dégainer une mesure phare : La préférence nationale à l'emploi !

S'appuyant sur 2,7 millions de demandeurs d’emploi en France, il a proposé de : « (...) réduire l'immigration légale, notamment liée au travail dont il a estimé qu’elle représentait à peu près 20.000 personnes (...) » Mais comme le fait remarquer Patrick Lozes, sur le Nouvel Obs : « (...) En supposant que la baisse soit effectivement de 20 000 personnes, cela ne ferait que…0,7% des 2.7 millions de chômeurs (...) bien utile pour envoyer des messages vers la frange la plus sensible aux thèses de l’extrême droite (...) » Chassez le naturel ...

En ce qui concerne la fameuse prime aux salariés, bien peu de français se souviennent de la « prime Villepin » de 2005

Le site Web de l'Entreprise la présentait en 2005 : « (...) le Premier ministre a annoncé un programme de mesures destinées à relancer, d'ici à 2007, la croissance, l'emploi et le pouvoir d'achat (...) La possibilité donnée aux entreprises de distribuer à leurs salariés un bonus de 1 000 euros au maximum, entièrement exonéré d'impôt et de charges patronales fiscales et sociales (...) »

Résultat ? : Au final, comme le rappelle Laurence Laigo de la CFDT « (...) la prime Villepin (pas obligatoire, plafonnée à 1.000 euros), tout le monde l'a attendue et ça a dû toucher quelque 330.000 personnes »

Alors, quelles en seraient les modalités et combien de salariés seraient concernés cette fois- ci ?

Un chiffre tout d'abord : Il faut savoir que, dans le domaine de la participation : « 92% des salariés des entreprises de plus de 500 salariés ont accès à au moins un dispositif, contre 11,6% des salariés des très petites entreprises (...) » Nous dit 20Minutes.

Et dans la mesure où, plus de 90% des salariés français, travaillent dans des entreprises de moins de 20 personnes, le projet de prime prend toute son ampleur !

Néanmoins, selon Christine Lagarde, on s'éloigne de plus en plus de la première annonce de François Baroin, puisqu'elle déclare : « (...) Je ne pense pas qu'on puisse lui donner un caractère obligatoire dans son montant. Ce à quoi nous réfléchissons actuellement, c'est la chose suivante : un mécanisme d'exonération de charges sociales pour que les entreprises puissent payer des primes exceptionnelles à leurs salariés, à titre négocié (...) »

En gros : Faire financer une prime au montant aléatoire par une augmentation du déficit des régimes sociaux ! Ce qui ne gêne pas, outre mesure, Laurence Parisot, pourtant si pointilleuse sur leur gestion. En effet, devant si peu d'obligations, celle-ci a affirmée être « rassurée » par les propos de la ministre. Quant à la CGPME, elle est carrément aux anges puisqu'elle se réjouit de savoir : « que cette prime serait à négocier entre les patrons et les représentants des salariés » - TF1/LCI

Alors, en fin de compte, qui serait réellement concerné ?

Selon François Chérèque qui connaît bien le dossier : « Cela concernera très peu d’entreprises : les entreprises du CAC 40 (...) cela écarte donc les entreprises qui ne font pas de bénéfices ou dont les bénéfices sont en baisse, toutes les entreprises qui ne sont pas cotées en bourse, toutes les petites entreprises (...) »

Que peuvent attendre ces exclus du dispositif ?

Xavier Bertrand indique : « (...) Pour les entreprises qui ne seraient pas concernées par ce dispositif, il faut que ce soit les salaires qui bougent, a insisté le ministre. Il faut que les branches professionnelles se mettent autour de la table pour en parler (...) »

YAPLUKA ... Attendre !

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L'Express

15 avril 2011

Législatives 2012 : Bataille entre l'UMP et le Parti Radical pour ... le Benelux ?

Les législatives de 2012 seront difficiles pour la majorité présidentielle. Si certains visent, telle Chantal Jouanno, une place au Sénat, d'autres seraient prêts à en découdre pour devenir députés ... des Français de l'étranger !

Ces derniers temps, Dominique Paillé n'était pas tendre, à l'égard du Président de la République et de l'UMP. La décision de cette dernière, de l'écarter des investitures pour les circonscriptions des Français de l'étranger, en vue des législatives de 2012 pourrait ne pas arranger les choses !

En décembre dernier, Slovar vous expliquait, comment, par la magie du découpage électoral, siègeront, entre autre, à partir de 2012, à l'Assemblée Nationale les représentants de : L’Amérique du Nord, de Russie-Asie-Océanie, du Benelux, du Liechtenstein-Suisse ...

Cette nouveauté permettra l'élection de 11 nouveaux députés ( liste des circonscriptions) qui représenteront, selon l'Assemblée des français de l'étranger : 2.100.000 expatriés. Normal direz-vous, que ces français, soient représentés par des parlementaires ! Certes, sauf qu'ils le sont déjà, par ... 12 sénateurs !

Oui, mais dans la mesure où, il n'y aura pas assez de places disponibles, au Sénat, pour y caser tous ceux, qui craignent le suffrage universel direct. On s'est beaucoup bousculé au portillon pour obtenir l'investiture de l'UMP pour des circonscription aussi exotique que la 2e : Belize, Costa Rica, Guatemala, Honduras, Mexique, Nicaragua, Panama, Salvador ; Bolivie, Colombie, Equateur, Pérou, Venezuela ; Brésil, Guyana, Surinam ; Argentine, Chili, Paraguay, Uruguay ; Antigua-et-Barbuda, Bahamas, Barbade, Cuba, République dominicaine, Dominique, Grenade, Haïti, Jamaïque, Saint-Christophe-et-Niévès, Sainte-Lucie, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Trinité-et-Tobago

Et pourquoi cet engouement ?

Simplement nous expliquait Le Monde, parce que : « (...) Dans la composition des 11 circonscriptions des Français de l'étranger telle qu'elle est proposée par le projet d'ordonnance, le candidat de droite arriverait en tête dans 9 circonscriptions et la gauche dans 2 circonscriptions »

Donc, cette semaine, l'UMP a investi onze candidats dont, nous dit L'Express : trois membres du gouvernement.

Qui sont les heureux nominés ?

« Christine Lagarde (Economie), dans la 1ère circonscription, celles des Etats-Unis et du Canada, Eric Besson (Industrie) dans la 5e (Espagne, Portugal, Andorre, Monaco) et le secrétaire d'Etat aux Transports Thierry Mariani dans la 11e (Russie, Asie, Océanie) » liste complète par L'Express et Le Figaro

En ce qui concerne les autres circonscriptions, l'une est en passe de causer un casus belli, entre l'UMP et le Parti Radical : Le Benelux !

En effet, Dominique Paillé ancien co-porte parole de l'UMP aux côtés de Frédéric Lefebvre (vous savez, celui de Dodo et Fredo, chers au Petit Journal de Canal+) viré par Jean-François Copé, avait envie de retrouver un mandat, pour porter haut, les couleurs du radicalisme valoisien !

Son choix s'était porté sur le Benelux qui, vous l'avouerez, est moins contraignant que, la 11e circonscription : Arménie, Azerbaïdjan, Biélorussie, Géorgie, Kazakhstan, Kirghizstan, Moldavie, Ouzbékistan, Russie, Tadjikistan, Turkménistan, Ukraine ; Afghanistan, Bangladesh, Inde, Iran, Maldives, Népal, Pakistan, Sri Lanka ; Chine, Corée du Sud, Japon, Mongolie ; Birmanie, Bruneï, Cambodge, Indonésie, Laos, Malaisie, Palaos, Philippines, Singapour, Thaïlande, Timor oriental, Vietnam ; Australie, Fidji, Kiribati, Marshall, Micronésie, Nauru, Nouvelle-Zélande, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Salomon, Samoa, Tonga, Tuvalu, Vanuatu. Puisqu'elle permet, au cas où, le député a besoin irrépressible ... de serrer les mains des électeurs, de faire l'aller retour, dans la journée par le TGV.

Or, l'UMP ne l'a pas entendu de cette oreille et a investi Pascale Andreani (représentante de la France auprès de l'Otan) au grand dam de Dominique Paillé !

Ce qui a fait dire au candidat malheureux : « Ce n'est ni une surprise ni un handicap insurmontable pour moi (...) Pour l'heure, avec ou sans investiture de l'UMP, je suis candidat pour le Bénélux » Donc, nous allons directement vers un duel de type fratricide dont l'enjeu est un mandat tranquille avec des administrés peu turbulents !

Nul ne sait encore si les candidats viendront lors de leur campagne parler à ces électeurs : du pouvoir d'achat, de l'augmentation des salaires, de la place de la religion dans la société française, du service du travail obligatoire pour les chômeurs et les titulaires du RSA, de l'abolition des 35H00, de l'avenir de la fonction publique, du déficit commercial, de la dette publique, de l'évasion fiscale, ...

Peut être, se focaliseront-ils, plutôt, sur la probable future taxe sur : « Les étrangers disposant d'une résidence secondaire en France (...) afin de contribuer au financement des services publics (...) » que le gouvernement compte mettre en place dans le cadre de sa réforme fiscale.

Ce qui devrait nous promettre de belles envolées à l'Assemblée Nationale sur « l'injustice imposée à ces français qui représentent notre pays à l'étranger et qu'on voudrait pénaliser »

Après tout, en ces temps de chômage endémique, en France, un CDD de 5 ans, ça se mérite !


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Le Post

14 avril 2011

Jean Sarkozy : Spécialiste de l'économie sociale et solidaire ?

Le titre de cet article peut faire sourire ou surprendre. Et pourtant Jean Sarkozy est bien le Vice Président, chargé de l'Economie sociale et solidaire et de l'Insertion par l'économie du CG des Hauts de Seine

A la lecture du site Neuilly journal du 12 avril on découvrait l'information suivante : : « Patrick Devedjian, président du Conseil général des Hauts-de-Seine, vient d'attribuer les délégations de fonctions aux 13 vice-présidents de la nouvelle Assemblée départementale. Jean Sarkozy, 7e vice-président et conseiller général de Neuilly Sud est chargé de l'Economie sociale et solidaire et de l'Insertion par l'économie (...) »

Les mauvaises langues feront remarquer que les problèmes d'insertion sont assez rares à Neuilly sud, néanmoins, notre Vice président l'affirme sur son blog : L'économie sociale et solidaire, c'est son truc !

Il en parle d'ailleurs avec passion dans deux billets publiés en janvier 2011

Ainsi il écrit le 17 janvier 2011, suite à un commentaire d'internaute : « (....) même si l’économie sociale existe depuis le 19ème siècle, elle incarne aujourd’hui les aspirations de beaucoup de nos concitoyens : un meilleur équilibre entre capital et travail. Ce que le général de Gaulle avait imaginé en défendant le principe de « participation » (dont l’économie traditionnelle s’est timidement emparée) (...) » Avant de conclure par : « (...) Il est grand temps que les Hauts-de-Seine renouent avec ce qui a fait sa renommée : une politique économique à visage humain »

Le 19 janvier 2011, à une autre question d'un internaute : « Les épiceries solidaires et sociales devraient vous intéresser. Elles apportent une aide alimentaire à des personnes fragiles et exclues »

Il répond : « Dès que je le pourrai, je prendrai contact avec vous pour faire une réunion de travail là-dessus. Ce genre de démarche correspond tout à fait à l’engagement du comité départemental, je crois vraiment que les Hauts-de-Seine ont des initiatives à prendre dans ce domaine »

Et à un incrédule qui écrit : « Si les gens de droite se mettent enfin à comprendre ce que vivent leurs voisins, où va-t-on ? J’aimerais tellement pouvoir vous faire confiance ! Mais j’y crois pas »

Il écrit : « Je ne sais pas de quelle génération vous êtes pour croire encore que la droite ne se préoccupe pas des questions sociales… Moi je crois que les lignes de partage entre les courants politiques ont bougé. A droite comme à gauche, il y a ceux qui pensent que le développement économique ne sert que des intérêts financiers et ceux qui pensent qu’il est le meilleur moyen d’accroître le bien être social de ceux qui la font marcher… c’est pour ça que la question du travail et de l’emploi est essentielle dans notre pays (...) »

Quelle audace. Et dire, que ce garçon n'est que : Vice Président du Département !

Un bémol toutefois dans le combat qu'il mène pour : une politique économique à visage humain

Les élus de l'opposition font remarquer que : « (...) En contradiction flagrante avec la démarche de l’ESS, une commission d’appel d’offre a attribué, mi février, 70% d’une prestation d’insertion à destination des bénéficiaires du RSA à la société CLAF accompagnement.

Le groupe CLAF, société cotée en bourse, vient de se voir suspendre ses activités avec la direction régionale Poitou Charentes du Pôle emploi car cette dernière attend qu’elle « fournisse la preuve de sa capacité à répondre normalement à toutes les exigences des cahiers des charges ». Ici, dans les Hauts-de-Seine on vient de lui confier 20 000 personnes. Les services de la commission d’appel d’offre du conseil général constataient d’ailleurs eux-mêmes une insuffisante du dossier d’un point de vu qualitatif mais seul le prix de la prestation a compté dans la décision (...) » lire aussi la lettre de Patrice Leclerc, conseiller général, adressée à Jean Sarkozy

Mais ne faisons pas la fine bouche. En effet, un Sarkozy qui envisage de mettre à l'ordre du jour : les épiceries solidaires et sociales, dans les Hauts de Seine, ce n'est pas rien ! C'est d'autant plus méritoire qu'il n'existe pas, de point d'aide alimentaire, des restos du coeur à Neuilly sur Seine !

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Le Monde

13 avril 2011

Medef : 20 propositions pour privatiser la dépendance !

Le Medef vient de publier ses propositions sur le financement de la dépendance. S'il écarte toute contribution, même minime, des entreprises, son intention est bel et bien de récupérer la majeure partie du magot !

Slovar les Nouvelles a consacré plusieurs articles sur le financement de la dépendance que notre Président a décidé de mettre en place avant la fin de son mandat. L'UMP envisage d'offrir le magot de la « dépendance" aux assureurs ! et : Financement de la dépendance : Les jeux sont (déja) faits. Vous payerez !

Si nous sommes très loin, de la création d'un cinquième risque, promis par le candidat Sarkozy, force est de constater que, mois après mois, le recours à une solution d'assurances privées fait son chemin, pour le plus grand bonheur de la FFSA, une des principales fédérations contributrice du Medef.

Et c'est justement le Medef qui vient de livrer le 12 avril, lors d'un conférence de presse ses solutions : Réforme de la prise en charge de la dépendance - 20 propositions du Medef pour concilier solidarité, innovation et responsabilité - Pour un partenariat public-privé global publié par Les Echos

Que propose le Medef ?

Tout en citant abondamment le rapport Vesselle-Marini publié sur le site « 5 eme risque » le Medef affirme son opposition virulente à la création d'un cinquième risque : au nom de la compétitivité des entreprises et de l'emploi et de l'état des finances publiques !

En revanche, le Medef propose un système à deux niveaux, dont un socle public de couverture des plus démunis. Tout en précisant qu'il « (...) écarte tout nouveau financement par les entreprises indiquant que le financement de cette couverture relève d'une optimisation des dépenses (...) » et éventuellement en cas de recours à la solidarité nationale de créer un impôts à assiette large de type CSG

A noter au passage que le Medef rejette l'idée d'instaurer une deuxième journée de solidarité. « Outre les difficultés pratiques de mise en œuvre pour les entreprises, cette proposition conduirait à faire peser à nouveau le financement de la protection sociale sur les revenus du travail et en particulier sur les salariés » (Page 10 du document)

En outre afin de forcer les gens n'appartenant pas à la catégorie des plus démunis, à souscrire une assurance privée, de préférence obligatoire, le Medef propose de réserver l'APA (allocation personnalisé d'autonomie) aux plus modestes, en la liant à des conditions de ressources (Page 16 du document)

Mais tout ceci n'est qu'un verbiage habituel du Medef destiné à masquer ses vraies propositions qui consistent ... à mettre la main sur le marché de la dépendance et son magot !

Exemples

Faire interdire les subventions dont disposent les associations, évoluant sur le marché des services à la personne ! Arguant, ce qui est faux, que le marché des services à la personne est verrouillé et que les entreprises ne peuvent pas faire jouer la libre concurrence : Le Medef demande à l'état de libéraliser le marché, dans le cadre d'une « économie régulée » ( Page 14 et 22 du document)

Ouvrir aux assureurs privés et aux représentants des entreprises de services à la personne, le conseil de la CNSA (Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie des personnes âgées et des personnes handicapées ) qui est un établissement, pour l'instant, public.

Et le gros morceau : Restructurer à la baisse les moyens de l'hôpital public. Tout d'abord en supprimant des lits dans les CHU au profit des Ehpad qui, s'il peuvent être public ou associatif, peuvent surtout être ... privés à but lucratif.

Pour ce faire, le Medef propose de : « (...) conduire un plan volontaire de réduction des capacités hospitalières publiques dans un soucis d'optimisation de l'offre de soins (...) » (Page 19 du document) Et donc, de transférer les remboursements de la sécurité sociale vers les cliniques ou hôpitaux privées !

Ce qui signifie, si les parlementaires de l'UMP donnaient satisfaction au Medef, avant l'élection de 2012, sur ses propositions, cela permettrait une formidable main mise du privé sur le marché, formidablement juteux, de la dépendance !

Mais comme le dit le Medef, en page 4 de son document : « (...) Le marché de la dépendance est le deuxième au monde après les Etats Unis avec 5 millions de souscripteurs, plus de 500 millions d'€ collectés (...) » Il est clair qu'avec un coup de main des pouvoirs publics et des élus de la majorité, le titre de champion du monde est à la portée des adhérents du Medef : assureurs, hôpitaux et cliniques privées ou sociétés de services !

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LCI TF1

12 avril 2011

Les étonnants « Management café » du Medef !

On connaît l'attachement du Medef à la baisse du coût du travail qu'il prône dans toutes ses réunions. Néanmoins, il sait aussi s'intéresser aux thématiques sociales, avec comme priorité : L'addiction des salariés ... aux drogues !

Le Medef 71 a décidé de lancer des « Management café » destinés, selon lui, a informer ses adhérents de thèmes concernant : les négociations salariales, le management des équipes, etc.

Il faut dire que les sujets ne manquent pas dans un période où les salaires n'augmentent pas et que les carnets de commandes ne sont toujours pas remplis. Peut être le Medef aurait-il pu aborder le sujet de la participation des salariés aux bénéfices des entreprises, chère à notre Président et rejetée par par Laurence Parisot ? Et bien non, pour ce premier « Management café », le Medef a préféré aborder un sujet beaucoup plus important à leurs yeux : les addictions des salariés

Le journal le Bien Public a fait un compte rendu de cette première qui se déroulait fin mars 2011 : « (...) le Medef organisait son premier “management café” à Chalon (...) pour cette première séance, l’addiction et le travail. Un lancement aussi efficace que décapant grâce aux intervenants. Pendant plus d’une heure, Jean-Philippe Blondel, de la Police nationale, responsable adjoint de la Brigade des stupéfiants, a d’abord exposé les modes de production des drogues et leurs effets spécifiques aux patrons (...) Immense, une carrure de boxeur, une cicatrice sur la pommette, le policier a son petit effet. Et en plus, Jean-Philippe Blondel sait raconter. Des « oh » et des « ah » ont ponctué son exposé.

Sans emphase, dur, et réaliste. On apprend, entre autres détails, que pour faire du cannabis – que certains enfants consomment dès l’âge de 7 ans – les narcotrafiquants ajoutent à la résine du kérosène, du cirage, du pneu brûlé ou encore de la « PM ».« Ne vous réjouissez pas trop vite. Il ne s’agit pas d’un policier municipal qu’on balance avec le reste. Mais de la pâte à modeler » Rire général, qui vient détendre les mines tendues du public.


S’ensuivent quelques conseils pour reconnaître un employé qui se drogue : écoulements de nez fréquents, yeux très ouverts, hyperactivité lorsqu’il s’agit d’excitants (feuilles de coca, cocaïne, amphétamines, crack…) ou un comportement lymphatique, hagard sur le long terme pour les drogues calmantes (opium, morphine, benzodiazépine, héroïne…). La troisième catégorie de drogues, les perturbateurs, regroupe entre autres le cannabis, les champignons, l’huile, le GHB (“pilule du viol”) et les drogues les plus dangereuses, les solvants et les colles
(...) »

De quoi paniquer à la vue d'un salarié victime du rhume des foins ou d'une gueule de bois du dimanche soir. Et appeler en urgence le sieur Blondel si un des vos salariés vous fait une déclaration d'amour ou demande à ne pas être payé de ses heures supplémentaires !

Nous avouons que nous sommes impatients de connaître le prochain sujet du « Management café » ! Au cas où, l'imagination manquerait, nous pourrions leur proposer : « Quel attitude avoir face à la découverte d'une caisse noire ? » ou « Comment faire payer ses frais d'avocat par le Medef ? » avec comme animateur : un magistrat instructeur, qui trouvera certainement les mots, qui détendront ... « les mines tendues du public »

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Things you don't need

11 avril 2011

La « prévention de la pénibilité » ou comment mystifier les salariés !

« la première réponse à la pénibilité, c'est d'éviter d'y être exposé » clamait en septembre 2010 Eric Woerth. En fait, en avril 2011, on apprend que le texte de loi censé améliorer les conditions de travail des salariés, ne pourrait être qu'une mystification !

Les syndicats de salariés ne décolèrent pas ! Le fumeux texte de loi relatif à la « définition des facteurs de risques professionnels » pourrait concerner .. aucune entreprise.

Volet important de la réforme des retraites, la prévention de la pénibilité a été codifiée dans la : loi n° 2010-1330 du 9 novembre 2010, portant réforme des retraites. Le texte définit que : (...) L'employeur doit prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs (...) »

De quelle façon ?

Explication du 26/01/2011, par les éditions juridiques TISSOT : « (...) Pour ce faire, l'employeur devra, dans un premier temps, identifier les situations de pénibilité dans l'entreprise et dans un deuxième, mettre en place un plan d'actions dédié (...) Cette identification passe par la mise en place d'une fiche d'exposition à la pénibilité et par la mobilisation des acteurs internes de l'entreprise (...) Le texte, qui reprend les mêmes modalités prévues par le dispositif destiné à favoriser l'emploi des seniors, stipule que les entreprises « employant au moins cinquante salariés, ou appartenant à un groupe [...] dont l'effectif comprend au moins cinquante salariés, sont soumises à une pénalité (1 % des rémunérations versées aux salariés) à la charge de l'employeur lorsqu'elles ne sont pas couvertes par un accord ou un plan d'action relatif à la prévention de la pénibilité » et Tissot de préciser : Un décret viendra préciser les thèmes obligatoires qui devront être abordés à l'occasion de ces négociations. (...) »

Bon, ça c'est la théorie. Mais en pratique, qu'en est-il en avril 2011 ?

A part quelques sociétés de Conseil en Prévention des Risques Professionnels qui ont surfé sur l'opportunité que leur offrait le Décret n° 2011-354 du 30 mars 2011 relatif à la définition des facteurs de risques professionnels, il semble bien qu'il ne s'est pas passé grand chose. Du moins pour les salariés exposés aux risques !

C'est ce qu'indique le journal Les Echos : « (...) de nombreuses entreprises ne seraient pas concernées (...) » En effet : « (...) L'obligation ne s'appliquerait qu'à celles dont au moins : « 50 % de l'effectif » est exposé aux facteurs de pénibilité, comme les produits toxiques, le travail de nuit ou encore le port de charges lourdes (...) »

En outre : « Les projets de décrets prévoient (...) des exonérations pour les entreprises en défaillance, traversant des difficultés économiques, des restructurations, fusions ou toute procédure collective (...) »

Ce qui a, pour conséquence, comme l'explique un représentant de la CFDT de permettre à quasiment toutes les entreprises, de passer au travers de la loi : « Ce seuil est inacceptable, presque aucune entreprise ne serait concernée (...) Tous les grands groupes industriels, qui ont aussi de nombreux emplois tertiaires, y échapperaient ! (...) »

Ce qui signifie, en l'état, le texte n'aurait aucun impact sur la pénibilité et ses conséquences, et que les entreprises récalcitrantes éviteraient toute pénalisation. Et surtout que, la prévention des risques professionnels, qui était censée mieux faire passer la pilule du report de l'âge de la retraite, ne serait ... qu'une fumisterie de plus !

Merci qui ?


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UMP

08 avril 2011

Musulmans et chômeurs : Boucs émissaires de l'incompétence gouvernementale !

Les grands axes de la campagne de 2012 pour l'UMP et son candidat de président sont en place. On en connaît maintenant, les boucs émissaires : Islam, immigrés et chômeurs fainéants !

Après avoir stigmatisé les musulmans « trop nombreux », essayé de persuader les français d'une hypothétique vague d'immigration, et même comme ce matin, sur Europe1, de proposer d'arrêter « de distribuer un certain nombre de prestations sociales d’un niveau supérieur à l’ensemble des autres états membres de l’UE aux migrants » Christian Estrosi

Le Président a annoncé, hier, la nouvelle cible : Les chômeurs

Pour quelle raison ?

Ils sont plus de 4 millions, si l'on ajoute les demandeurs d'emploi en stage, en formation, à apporter quotidiennement la preuve de l'échec du « travailler plus pour gagner plus » qui fut en grande partie l'atout majeur de la victoire de 2007 ! Alors, pour embellir un bilan catastrophique, la logique sarkozyenne est de les fustiger en laissant croire qu'ils profitent du système et en essayant de les livrer à la vindicte populaire !

Démonstration

« Puisque nous commençons à sortir de la crise (...) » a affirmé le Président, il va falloir être : « (...) plus précis et plus exigeants pour les chômeurs qui bénéficient d'allocations et qui refuseraient des offres d'emploi disponibles » Puis il a ajouté : « (...) c'est un problème de justice, de justice sociale envers les salariés et les ouvriers qui travaillent dur que de s'assurer que celui qui est au chômage et qui a des allocations grâce à la solidarité nationale fera tous ses efforts pour accepter une offre d'emploi, pour accepter une formation pour s'en sortir (...) » - Libération

Seulement, cette fois-ci, monsieur le Président, vous ne tromperez personne !

En effet, il n'existe pas en France une famille dont l'un des membres ne soit pas touché par le chômage. Et ces salariés et ouvriers « qui travaillent dur », dont le conjoint ou les enfants galèrent depuis des mois ou des années, sont plus sensibles à leurs difficultés et détresse, qu'à vos insinuations et vos préoccupations de contrôle ! Quand ils ne sont pas eux mêmes en train de se demander, à quel moment, leur lettre de licenciement va arriver !

Vos propos sur le refus d'une « offre d'emploi raisonnable ou un cursus de formation professionnelle » par ceux qui sont au chômage est, au mieux, l'aveu de votre méconnaissance du marché du travail, au pire une basse manipulation politique !

Allez-vous dans vos prochains discours, nous ressortir le cas de chômeurs nababs qui passent leurs journées devant leur un écran plat géant de télévision et qui font bombance avec leurs allocations ?

Allez-vous soutenir la proposition de loi du député de votre majorité qui souhaite instituer : Un travail obligatoire et gratuit, pour les chômeurs de plus de 6 mois, en contrepartie de leurs indemnités ?

Vous qui avez 56 ans, savez-vous ce que c'est pour un chômeur de cet âge, d'essuyer des refus en série, sans l'ombre d'un entretien d'embauche, tout en pensant à chaque pointage mensuel combien de mois vous séparent ... de la fin de vos droits ?

Mais que vous importe, puisque vous avez trouvé là, de nouveaux boucs émissaires pour justifier un ratage complet de votre politique et de vos promesses !

Dans votre logique, monsieur le Président, ces nouveaux boucs émissaires, qui représentent un obstacle à votre réélection sont certainement responsables :

Des heures supplémentaires défiscalisés, tueuses d'emplois,
des procédures de licenciements collectives déguisées en ruptures conventionnelles,
des discriminations à l'embauche, dues : au sexe, à l'âge, à l'origine.
de l'effondrement du commerce extérieur, dont les chiffres de février sont qualifiés de : Déficit record et dont les économistes affirment qu'il est bien plus mauvais que ce qu'ils attendaient ?

Alors, une question, monsieur le Président : Au cas où cette nouvelle stigmatisation d'une partie de de la population ne donnerait pas de bon scores, dans les sondages commandées par l'Elysée : A qui le tour ?


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Jiho