05 août 2011

L'UMP prend t-elle goût aux partis communistes d'asie ?

En 2009, l'UMP signait un accord avec le Parti Communiste Chinois. En sera t-il de même en 2011, avec le Parti Communiste vietnamien qui vient d'accueillir officiellement une délégation de l'UMP ?

Quasiment aucun média français n'a parlé de la visite officielle d'une délégation UMP au Vietnam du 1er au 4 août . Il faut dire que les accords signés par Xavier Bertrand et confirmés par Jean-François Copé avec le Parti Communiste communiste chinois avaient fait quelques remous dans le mouvement.

En 2009, on apprenait que : « (...) A l'occasion d'une visite officielle du secrétaire général du parti présidentiel français, Xavier Bertrand a signé un protocole pour « une meilleure compréhension, une meilleure connaissance et beaucoup plus d'échanges » entre les deux formations politiques (...) »

A cette occasion, Xavier Bertrand avait visité : « (...) l'Ecole des cadres du PPC, parti unique de 76 millions de membres qui règne d'une main de fer sur cet immense pays depuis 60 ans (...) puis avait été reçu par : Jia Qinglin chef de la Conférence consultative politique du peuple chinois (CCPPC) et surtout l'un des neuf membres permanents du puissant Bureau politique du PCC (...) » indiquait de son côté Aujourd'hui la Chine

Rapprochement confirmé par Jean-François Copé expliqué dans un article de 2010 du très démocrate Quotidien du Peuple : « Raffarin et Copé en Chine : l'UMP cherche à développer les échanges avec le PCC » Mais surtout pour lui l'occasion de lancer : « Désormais, le soleil ne se couche plus sur Génération France! Jean-François Copé l'a dit sur le mode de l'autodérision, mais il n'était pas peu fier, samedi à Pékin, de célébrer l'ouverture de l'antenne chinoise de son club Génération France (...) »

Y aurait-il un projet de création d'antenne de l'UMP et de Génération France à Hanoï ou Hô-Chi-Minh-Ville ? C'est la question qu'on peut se poser en lisant le communiqué disponible sur le site Vietnam+

« Une délégation de l'Union pour un mouvement populaire (UMP), conduite par son secrétaire national en charge de l’Asie Chenva Tieu, membre du Bureau politique (voir organigramme de l'UMP page 2 et également fondateur du contesté Conseil Représentatif des Associations Asiatiques de France CRAAF ) , a effectué du 1er au 4 août une visite au Vietnam (...) »

« Cette délégation a été reçue par Nguyen Manh Hung, vice-président permanent de la Commission des relations extérieures du CC du Parti communiste du Vietnam. Les deux parties se sont informées de la situation de chaque parti et de chaque pays, ont échangé les problèmes régionaux et internationaux d'intérêt commun et discuté des orientations afin d’intensifier les relations entre deux partis. Auparavant, la délégation de l’UMP avait travaillé avec les représentants du ministère vietnamien des affaires étrangères, du Comité central de l'Union de la jeunesse communiste Ho Chi Minh et de l’Institut des sciences agricoles du Vietnam afin de discuter des mesures à prendre pour développer les relations entre les deux pays dans certains secteurs »

Doit-voir dans cette visite une forme de remerciement à Nong Duc Manh le secrétaire général du Parti communiste du Vietnam, qui avait adressé en décembre 2010, un message de félicitations à Jean-François Copé pour son élection à la présidence de l'UMP ?

Mais nul doute que Jean-François Copé, lorsqu'il trouvera le temps de faire une visite officielle au Vietnam, aura à coeur d'évoquer avec les responsables du Parti Communiste Vietnamien : « (...) la situation des droits de l’homme des personnes qui vivent dans l’extrême pauvreté, et sur les politiques sociales, en particulier en matière de protection sociale (...) » dont parle le rapport des Nations Unies du 9 mai 2011

Tout comme, il aura à coeur d'évoquer le sort de Cu Huy Ha Vu, dissident vietnamien condamné en avril 2010 : « A l'issue d'un procès expéditif (...) à sept ans de prison pour « propagande contre l'État » (...) « il risquait jusqu'à 12 ans de prison pour des propos, dans les médias étrangers et sur internet, appelant au multipartisme. Ce docteur en droit formé en France, est notamment accusé d'avoir calomnié le Parti communiste du Vietnam (...) »

Il pourra peut être aussi se pencher, en tant qu'avocat, sur le sort de ses confrères vietnamiens condamnés à la prison pour les mêmes motifs

Tout comme il pourrait recevoir au siège de l'UMP, Vo Van Ai du Comité Vietnam pour la Défense des Droits de l’Homme qui a été distingué en juin 2011 par le « Prix Spécial International de la Liberté ». Prix qui lui a été décerné pour son parcours au service de la cause de la liberté et des droits de l’Homme dans son pays.

D'autant que le Vietnam est candidat au Conseil des droits de l’homme pour le mandat 2013-2016.

Néanmoins, la mésaventure des tibétains abandonnés par l'UMP au profit du Parti Communiste Chinois ne laisse rien augurer de bon pour les les défenseurs des droits de l'homme vietnamiens

Surtout que le 18 février 2011, le Medef International organisait une rencontre à Paris avec le Ministre du Plan et de l’Investissement du Vietnam, dont le but était entre autre de : « (...) de faire part aux autorités vietnamiennes des obstacles à l’accès au marché et au renforcement des investissements (...) »

Et comme se fâcher, avec le secrétaire général du Parti communiste du Vietnam et Laurence Parisot, n'est pas le genre de la maison ...


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FlickR CC - Maurice Koop

04 août 2011

UMP : Humour « extrême » ou ... raciste ?

Humour « extrême » ou raciste ? c'est la question qu'on est en droit de se poser à la lecture du mail « humoristique » envoyé par un conseiller municipal des Alpes Maritimes,le 1er août, jour du début du ramadan.


« Peut-on rire de tout ? peut-on rire avec tout le monde ? » lançait Pierre Desproges en 1982 lors de l'émission le Tribunal des Flagrants Délires où l'invité était Jean-Marie Le Pen. Il faut dire que le leader du Front National était à l'époque, un des rares « spécialiste des dérapages humoristiques »

Mais les temps ont changé et l'angoisse électorale a permis à un certain nombre d'élus UMP de s'essayer avec plus ou moins de bonheur à la provocation ou au « trait d'humour » ... plus ou moins calculé !

Et la liste commence à être longue. Pascal Boniface dans son dernier livre : « les intellectuels faussaires», nous remémore au passage : les auvergnats de Brice Hortefeux et la très célèbre Josaine Plataret, candidate aux cantonales, qui s'était illustrée par ses « blagues et devinettes », sur sa page Facebook.

Mais revenons en à La Colle sur Loup, petite commune des Alpes Maritimes où sévit Gilbert Garelli , conseiller municipal et délégué UMP pour la circonscription.

Le 1er août jour du début du ramadan, ce grand comique a envoyé, nous dit Nice Matin, un mail : « à ses amis politiques » Quel en était le contenu ?

« Afin di préparer la prochaine réunion UMP di la colle qui devrait si tenir li lundi 26 septembre salle Paillere, ji vous propose étudier le programme di PS (...), Ji vous propose aussi un voyage di pèlerinage pour li 15 août à la mosquée di Strasbourg qui vient d’ouvrir, mesdames prévoyez un foulard. Ji vous souhaite un bon ramadan » Ce à quoi il faut ajouter : « En pièce jointe du mail, Gilbert Garelli proposait également d’étudier le programme socialiste... qui apparaissait écrit en arabe ! Et terminait par : « Je vous avais dit de lire de droite à gauche »

Hilarant non ?

Réaction de l'intéressé ?

« (...) il ne pensait que ce qu’il présente comme « simplement de l’humour » allait entraîner « une telle histoire, une telle affaire (...) »

Au delà du maire qui affirme : « Je ne sais pas quoi vous dire d’autre que mon étonnement. Je ne l’ai jamais entendu tenir de tels propos. Je ne le connais pas du tout comme ça » et de Christian Estrosi qui affirme que « cela ne restera pas sans suite, des décisions fortes vont être prises » On notera la réaction de Corinne Guidon, déléguée de circonscription UMP : « J’espère que Gilbert a été maladroit dans son vocabulaire. Ce n’est pas sa façon de faire d’habitude. J’ai un peu tiqué en le lisant, en me disant juste que moi je n’aurai pas fait ce genre d’humour. »

Maladresse ou décomplexion ?

Pour ceux qui l'ignoreraient, le député de la circonscription de Gilbert Garelli est un certain ... Lionnel Luca, cofondateur de la Droite Populaire, Secrétaire National à la Cohésion Nationale et à l'Immigration de l'UMP, grand pourfendeur de la binationalité et initiateur de l'initiative « apéritif saucisson-vin rouge dans un salon de l'Assemblée nationale » ou de la proposition de loi : « tendant à réserver le versement de l'Allocation de Solidarité aux Personnes Agées, de nationalité Française ou ayant travaillé en France »

A y regarder de plus prêt, on constatera que le mail « humoristique » de notre élu trouve ses racines dans des déclarations de son député : « (...) Quand votre enfant n’a plus la possibilité de manger du jambon à la cantine sous prétexte que cela dérange ceux pour qui c’est interdit religieusement… quand vous ne pouvez plus aller dans un fast-food sans autre choix que de consommer une viande abattue rituellement… quand vous ne pouvez plus accéder à la piscine publique parce qu’elle est réservée exclusivement à des femmes… Vous pouvez effectivement ne plus tout à fait « vous sentir chez vous » comme l’a exprimé à juste titre Claude Guéant. Et tous ceux qui feignent de s’offusquer de ces propos sont les complices d’un communautarisme inavoué » 18.03.2011 Ou bien « (...) Monsieur le Ministre, Benoist Apparu, prend le risque de mettre un terme à notre pacte majoritaire en proposant d'utiliser l'argent des Français pour financer la construction de mosquées. Alors que la France est accablée par les déficits publics et sociaux, nos compatriotes demandent aux ministres de gérer l'argent public dans l'intérêt général du pays et non de faire du prosélytisme » 18.02.2011 - Blog de Lionnel Luca

Certains diront que si quelques destinataires du mail ( qu'ils qualifient d'ignoble ou totalement déplacé ) ne l'avaient pas communiqué à l'extérieur, nul n'en aurait eu connaissance. Ce qui aurait sans doute permis, comme bien souvent sur l'internet, un échange d'autres bonnes blagues du même tonneau !

Et c'est bien le plus grave, car cet humour est le reflet d'une contagion malsaine qui touche des élus censés être les garants de l'unité nationale. Néanmoins, sachez que : « (...) Gilbert Garelli a tenu très vite à présenter des excuses publiques et a envoyé un courriel de regrets à ses amis (...) »

Mais aux dernières nouvelles, il est toujours : conseiller municipal et délégué du parti présidentiel ! Un message adressé aux élus dont la vocation de « comique » ne demande qu'à s'exprimer ?

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Fédération UMP des Alpes Maritimes

03 août 2011

Prévention de la pénibilité : La formidable usine à gaz du gouvernement !

Après avoir porté l'âge légal de la retraite à 62 ans, le gouvernement a validé l'allongement de la durée de cotisation à 41,5 ans pour la retraite à taux plein. Il s'est montré plus discret sur le dispositif de prévention de la pénibilité. Et c'est bien dommage !

En juin 2010, Eric Woerth affirmait que la pénibilité du travail serait prise en compte pour un départ anticipé en retraite. Il qualifiait les propositions du gouvernement de : « droit nouveau dans le système de protection sociale et une avancée sociale absolument majeure »

Il s'en expliquait avec la « chaleur humaine » qu'on lui connaît lors d'une émission/chat de L'Internaute




Les conditions de ce départ anticipé ont été codifiées dans la Circulaire DSS, du 18 avril 2011 relative à la mise en œuvre de la retraite à raison de la pénibilité.

Extraits : « (...) La retraite à raison de la pénibilité est réservée aux assurés victimes d’une maladie professionnelle ou d’un accident de travail. Cette dernière notion s’entend stricto sensu, c’est-à-dire à l’exclusion des accidents de trajet, lesquels n’ouvrent pas droit à la retraite à raison de la pénibilité.

Pour prétendre au bénéfice de la retraite à raison de la pénibilité, les assurés devront justifier d’un taux d’incapacité permanente reconnu :

- soit au titre d’une maladie professionnelle ;
- soit au titre d’un accident du travail ayant entraîné des lésions identiques à celles
indemnisées au titre d’une maladie professionnelle (...) Le taux d’incapacité permanente requis devra être d’au moins 10 %. Lorsque ce taux sera au moins égal à 20 %, le droit à retraite sera ouvert sans autres conditions que la seule vérification, pour les victimes d’accidents du travail, de l’appréciation de la notion de lésions identiques.

En revanche, lorsque le taux sera au moins égal à 10 % et inférieur à 20 %, le bénéfice de la retraite sera subordonné :

- d’une part, au fait que l’assuré puisse apporter la preuve qu’il a été exposé, pendant au moins dix-sept ans, à des facteurs de risques professionnels ;
- d’autre part, à l’avis d’une commission pluridisciplinaire chargée d’apprécier à la fois la validité des modes de preuve apportés par l’assuré et l’effectivité du lien entre l’incapacité permanente et l’exposition aux facteurs de risques professionnels (...) »

En clair, à part les éclopés qui ne feront probablement pas de vieux os à la retraite, aucune possibilité de passer au travers des 62 ans même si vous êtes usé par le boulot !

A l'époque, les syndicats de salariés avaient fait part de leur opposition à cette individualisation de la pénibilité. D'autant qu'Eric Woerth leur avait annoncé que ce dispositif n'était : « pas ouvert à des salariés dont la santé n’est pas altérée mais risquerait de l’être plus tard » Précisant qu'il : refusait : « l’approche qui consisterait à fixer par avance une liste de métiers réputés pénibles »

Histoire de faire passer cette énorme pilule, le gouvernement instaurait : « un dispositif de prévention de la pénibilité »

On peut en trouver les modalités sur le site gouvernemental «Travailler Mieux » qui propose un kit « pédagogique » pour en comprendre le fonctionnement. « (...) Il a été préparé, par une équipe pluridisciplinaire placée sous l’égide de la Direction générale du travail, composée de juristes, de médecins, d’ingénieurs, et communicants, du ministère du travail de l’emploi et de la santé et des organismes de prévention associés au deuxième Plan de santé au travail (...) » Ouf !

Commençons par : « De quoi parle t-on ? »

Tout d'abord, un grand éclat de rire en lisant : « Ni la loi , ni les décrets ne parlent de « facteur de pénibilité ». Il est revanche question de « facteurs de risques professionnels ». Par commodité, les fiches de ce site parleront de « facteurs de pénibilité (...) »

S'ensuivent 29 fiches indiquant comment la loi définit la pénibilité jusqu'à la composition d'un « groupe de travail chargé de caractériser la présence et l’exposition à des facteurs de pénibilité au sein de l’entreprise ou du groupe » Une de fiches a néanmoins attiré notre attention. Il s'agit de : « Comment calculer l’effectif de référence de l’entreprise »

Car, en effet, comme le précise la page 14 d'un Power Point disponible sur le site : « L’entreprise a moins de 50 salariés : pas d’obligation de négocier ou d’élaborer un plan d’action » et surtout elle doit : « employer au moins 50% de salariés exposés à un ou plusieurs facteurs de pénibilité définis par la loi »

Et donc en fonction de l'effectif, il y aura ou non un plan d'action ! Alors comment va s'effectuer le calcul ?

Le site nous donne deux exemples

« (...) 15 intérimaires de trois mois, 2 CDD de huit mois et un CDD de 4 mois, comptent pour (15x3)+(2x8)+4, soit 69/12 soit 5,75 EQTP

Les salariés mis à disposition de l’entreprise par une entreprise extérieure sont également comptés au prorata de leur temps de présence, mais à condition d’y être présent et d’y travailler depuis au moins un an.

Les salariés à temps partiel sont pris en compte au prorata de leur temps de travail. On divise donc la somme totale des horaires inscrits dans leur contrat de travail par la durée légale du travail (ou la durée prévue par la convention collective de l’entreprise si elle est différente).

Exemple : 3 CDI à 25 heures hebdomadaires et 2 CDI à 31 heures, comptent pour (3x25/35) + (2X31/35), soit 3,91 unités. (Pour les temps partiels en CDD, il faut faire une application combinée des règles. 2 CDD de 4 mois travaillant 26 heures par semaine compteront pour (4/12) x 2 soit 0,66 x 26/35, soit 0,49 EQTP.

On notera au passage dans la rubrique « Seuils » que : (...) Les apprentis, les titulaires d’un CIE, d’un CAE ou d’un contrat de professionnalisation ne sont pas comptés (..) dans l'effectif

Calculs, vous l'avouerez, qui risquent de donner lieu à de nombreuses discussions et ... exemptions. D'autant que comme l'expliquait Yves Housson dans L’Humanité: (...) Quant à la pénalité prévue (1 % de la masse salariale), en cas de non-respect de ces très modestes « obligations », les entreprises pourront y échapper simplement en invoquant une « défaillance », de type « difficultés économiques », « restructurations ou fusions en cours (...) la loi contraint à travailler plus longtemps sans donner de véritables moyens de s’attaquer à la pénibilité de ce travail » Vous en doutiez encore ?

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CFDT

02 août 2011

Salariés contre robots : Le dumping salarial et social ultime ?

Les ouvriers chinois sont devenus trop chers, trop revendicatifs et trop fragiles. C'est le constat du patron du groupe taïwanais Foxconn qui va les remplacer ... définitivement par des robots, d'ici trois ans.

La logique actuelle de l'économie de marché est simple et particulièrement perverse. Afin d'optimiser les profits des entreprises, les salaires doivent rester bas. Le pouvoir d'achat qui en découle, implique que les produits doivent coûter de moins en moins cher. D'où une production située dans les pays à bas coûts salariaux et sans protection sociale.

Mais qui dit « boom économique » dans ces pays, dit revendications salariales et donc augmentation des coûts de production. Dans ce cas, les seules solutions sont la délocalisation vers des pays encore moins disants où le remplacement définitif des ouvriers ... par des robots.

Rien de bien nouveau diront certains. En effet, au XIXeme siècle : « (...) la science, la technique et une plus grande richesse permettaient de rassembler des centaines d'ouvriers pour fabriquer des quantités très importantes de marchandises variées. On appelle cette période la révolution industrielle parce qu'elle correspond à un changement total dans la production et la consommation d'objets fabriqués (...) »

Cette production de masse avait un prix : Celui de la misère des ouvriers soumis au chantage à l'embauche et vivant dans des conditions au delà du précaire. Misère et précarité qu'on retrouve aujourd'hui en Asie et notamment en Chine où la main d'oeuvre est abondante, peu rémunérée et surtout sans aucune protection sociale.

Le 27 mai dernier, les entreprises Apple, Dell et HP faisaient mine de s'émouvoir du dizième suicide d'ouvrier (30 au total) dans l'usine chinoise de leur sous-traitant taïwanais Foxconn où travaillent 400 000 personnes.

Apple se disait : « attristé et bouleversé » par cette vague de suicides et indiquait qu’il menait sa propre enquête sur les conditions de travail dans les usines de son principal sous-traitant, qui fabrique l’iPhone, l’iPod et l’iPad.

Dell réclamait que : « ses fournisseurs adoptent les mêmes normes que les siennes »

HP indiquait qu’il étudiait : « les pratiques de Foxconn qui peuvent être associés à ces événements tragiques »

Probablement très impressionné par ces « violentes réactions », le PDG de Foxconn avait demandé formellement aux employés de : (...) s’engager par écrit à ne pas attenter à leur vie (...) Mais il avait été également obligé par la pression des salariés et de leurs organisations de défense d'augmenter de près de 70% les salaires dans ses usines chinoises !

Ce qui remettait en cause la logique que nous vous expliquions plus haut. Or, comme il est difficile, voir impossible, de délocaliser l'outil de production dans des conditions plus optimales que la Chine. Afin de de contourner les problèmes de grèves et de suicides auxquels il est de plus en plus confronté : « (...) Le président du groupe, Terry Gou, a annoncé à la presse chinoise lundi 1er août qu'il souhaitait ainsi remplacer 500.000 employés du groupe par des robots d'ici trois ans (...) Foxconn possède actuellement 10.000 robots effectuant des tâches de peinture, de soudure et d'assemblage. Ce nombre devrait progressivement être porté à 300.000 en 2012 et à un million en 2014 (...) » - Challenge

Notons au passage que cette nouvelle n'a pas fait réagir Apple, Dell ou HP qui vont pouvoir continuer à obtenir des prix d'achat exceptionnels, sans avoir à faire part de leurs inquiétudes sur le sort des salariés, ne baisseront pas pour autant leurs prix et pourront probablement améliorer leur notation sociale.

Il est clair que cette décision devrait faire tâche d'huile auprès des très nombreuses entreprises chinoises ou installées en Chine et pousser encore un peu plus leurs dernières concurrentes américaines ou européennes à faire le même choix ... définitif !

Questions : Assistera t-on dans un futur proche à des débats concernant la taxation sociale des robots et se dirige t-on, à terme, vers un dumping fiscal entre nations pour obtenir l'hébergement des usines de robots ?

Et que fera t-on des salariés qui auront perdu leur emploi et comment compensera t-on ce déficit d'emploi ?

Nul ne le sait, puisque, contrairement aux grandes périodes d'industrialisation précédentes, aucun grand secteur d'activité comme l'affirmait l'économiste Alfred Sauvy, n'est en mesure de recycler un nombre aussi important de gens. D'aucuns répondront que les entreprises de fabrication de robots, par l'effet de la demande, créeront de nouveaux emplois. Sauf que celles-ci ont déjà largement ... automatisé leur production. Tout comme d'ailleurs les entreprises de services en quête d'une meilleure rentabilité (voir les robots traiders )

L'innovation vont hurler en choeur les économistes, entreprises et élus politiques de tous bords !

Edouard Bareiro économiste écrit à ce sujet : « (...) si l’innovation conduit, à terme, à réduire le besoin de travail dans certaines activités du secteur tertiaire, rien n’exclut que ce ne soit pas au profit de nouvelles activités qu’elle aura permis de faire émerger (...) Mais est obligé de reconnaître : « (...) la compensation entre les emplois détruits et les emplois créés ne concernent pas les mêmes individus, si bien qu’il existe un chômage technologique structurel, issu du déclin de certaines activités industrielles (...) »

En clair, il y aura de la casse et ce sera aux politiques de gérer le problème !

Une bonne base de réflexion pour les candidats à la présidentielle qui pourraient y trouver l'occasion de nous donner des réponses sincères, arguments à l'appui, au lieu de nous abreuver de lieux communs et de ... boules puantes qui nécessairement feront leur apparition au fil des mois séparant l'échéance de mars 2012. Les quelques 6 millions de chômeurs ou précaires français apprécieraient !


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UIMM

01 août 2011

Agressions d'inspecteurs du travail : Silence radio du gouvernement ?

Les inspecteurs du travail continuent de se faire menacer et agresser par certains employeurs sans que le gouvernement n'en prenne vraiment ombrage. Laxisme ou volonté de ne pas fâcher les chefs d'entreprises à l'approche des élections de 2012 ?

« Le ministère du Travail a constaté dans un rapport de 2009 une hausse de la pénibilité des conditions d'intervention des agents. Les demandes de protection fonctionnelles ont augmenté, ainsi que les obstacles, les outrages, les injures et les violences » écrivait le 18 juillet dernier le Berry.fr, citant une affaire, dans laquelle un garagiste a été condamné à : deux mois de prison avec sursis et six cents euros de dommages et intérêts, pour avoir outragé des fonctionnaires de l'inspection du travail.

Or, ces inspecteurs du travail venaient lui poser quelques questions sur les conditions de travail des salariés, comme la loi les y autorise : « (...) Les agents de l’inspection du travail disposent d’un pouvoir d’investigation qui les autorisent à : pénétrer dans l’entreprise et à la visiter, sans avertissement préalable, mener une enquête, notamment en interrogeant les salariés, en demandant communication de documents (...) » - Source Ministère du Travail

Imaginez maintenant, que quelqu'un ait l'outrecuidance d'insulter des policiers ou des gendarmes dans le cadre de leurs fonctions et même de s'en prendre à leur véhicule, il est clair que le ministère de l'intérieur réagirait immédiatement par des déclarations et sanctions dures et immédiates.

Par contre, lorsque deux inspecteurs du travail se rendent le 28 juillet dernier, dans une entreprise afin de poser des questions relatives à un accident du travail, se font insulter et retrouvent leur véhicule de service pneus crevés et rétroviseur cassé, nulle clameur en provenance du ministère du travail ne se fait entendre.

L'Union Presse qui nous relate ce fait et qui a enquêté auprès des partis précise que : « (...) nous n'avons pu, pour notre part, obtenir aucune information, de la part de la direction (...) notre interlocuteur, limite menaçant quant aux suites qu'il donnerait à notre article, au cas où celui-ci ne lui conviendrait pas (...) »

Réaction officielle d'un responsable du ministère du travail ou de la droite populaire, si prompte à dégainer, lorsqu'il s'agit de problèmes d'insécurité ? Aucune !

Et pourtant, le gouvernement se repose sur ces fonctionnaires pour la chasse au travail dissimulé depuis 2009, année ou Xavier Darcos éphémère ministre du travail annonçait des : « Renforcement de l'inspection du travail et des contrôles croisés, objectifs chiffrés, nouvelles sanctions très dissuasives (...) » Priorité réaffirmée le 8 avril 2001 par François Fillon et Xavier Bertrand. Il faut néanmoins noter comme l'écrivait Gérard Filoche que le gouvernement ne dit : « (...) Pas un mot contre l’essentiel du travail dissimulé : les heures supplémentaires impayées ! (...) »

Comme en atteste pourtant le conflit chez Pizza Hut où la direction ne procède pas à : « (...) la rémunération pleine et entière des heures complémentaires effectuées régulièrement par les employés, majoritairement à temps partiel (...) »

Ce qui est confirmé par cette opération réalisée le 22 juillet dernier à Sète : « (...) les inspecteurs se sont aperçus que plus de la moitié des établissements contrôlés ne font pas pointer leurs salariés (...) par expérience, ils savent que l’absence de décompte est destinée à cacher des heures supplémentaires non rémunérées, ce qui est une forme de travail dissimulé (...) »

Et face à tout celà, le gouvernement et sa majorité ont les réponses suivantes : « (...) suppressions de postes, externalisation de services entiers, accroissement de la pression hiérarchique et de la politique du chiffre sans lien avec la demande des usagers reçue quotidiennement (...) incertitudes sur le devenir des missions (les services publics de renseignement en droit du travail et l’inspection du travail font partie des « chantiers » de la RGPP2 qui doivent déboucher sur de nouvelles mesures d’ici la fin de l’année). Elles entraînent la destruction progressive des collectifs de travail, la rupture du lien avec les usagers et au final la remise en cause du sens même des missions, qui devraient viser à assurer la protection des droits des salariés (...) » accuse l’intersyndicale CGT-SUD-FSU-Unsa-CFDT-FO

Sans oublier bien entendu la façon scandaleuse dont Gérard Filoche s'est vu refuser par le directeur général du travail : « (...) la protection fonctionnelle (l’Etat prend normalement en charge les frais de justice de ses fonctionnaires) » dans l'affaire qui l'oppose à un employeur indélicat !

Néanmoins, le but de l'inspection du travail reste de faire appliquer le Code du Travail d'ailleurs recodifié à la baisse par la majorité parlementaire en 2007.

Mais comment le faire appliquer alors qu'il n'y a : « (...) aujourd’hui que 450 inspecteurs du travail et 1.100 contrôleurs pour 17 millions de salariés, pour veiller à l’application non seulement de la législation relative à l’emploi de salariés étrangers, mais également à l’ensemble de la législation du travail sur le territoire (...) » reconnaît Guillaume VERDIER, avocat, sur le site du Medef

Medef qui ne semble pas choqué outre mesure, par les agressions verbales ou physiques à l'encontre des inspecteurs ou contrôleurs, mais s'avère beaucoup plus préoccupé par : « (...) les lois du marché, les contraintes économiques des entreprises (...) » qui lui ont permis en 2006 de bloquer : « une très forte augmentation des effectifs »

On pourra encore une fois s'étonner que Xavier Bertrand n'ait pas, comme en 2007, condamné et soutenu publiquement les agents de l'inspection du travail. Son silence, comme celui des parlementaires de la majorité équivaudrait-il à la validation de la phrase de Laurence Parisot : « La liberté de pensée s'arrête là ou commence le Code du travail » ?


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Chambre des métiers et de l'artisanat Charente Maritime

29 juillet 2011

Les idées du Medef pour l'emploi des jeunes : Sets de tables et bénévolat ?

La posture du Medef sur l'emploi des jeunes est de plus en plus montrée du doigt. Celui-ci ne cesse pourtant d'expliquer son implication, pour améliorer leur recrutement. Mais du discours à la réalité de terrain ...

« Le chômage des moins de 25 ans a ainsi progressé de 1,4% en juin (...) parallèlement, les entrées en stages ont enregistré une forte hausse en juin (18%) » écrit France Soir. Et même si le gouvernement va essayer de déployer une stratégie de nouveaux secteurs à l'apprentissage, comme : « l'intérim, les emplois saisonniers ou le particulier employeur (...) » C'est à dire : apprentis précaires ou futurs personnels de maison. Il ne peut pas grand chose contre la frilosité en matière de recrutement de jeunes par les entreprises.

Frilosité qui avait été dénoncée par Laurence Parisot lors des : « Libres Échanges du lundi 31 janvier 2011 sur le thème : Emploi des jeunes : la balle dans le camp des entreprises ?, organisés par l'Institut Montaigne » Au cours desquelles elle déclarait

« (...) Toutes les idées sont les bienvenues, toutes les idées peuvent être mises sur la table sur cette question de l'emploi des jeunes (...) Développer l'emploi des jeunes, c'est développer l'emploi d'une manière générale (...) nous pourrons peut être améliorer un certain nombre de mécanismes : Supprimer les dysfonctionnements, optimiser telle ou telle modalité (...) »


Débat Emploi des jeunes : Laurence Parisot (2/6)

avant de mettre en cause, comme d'habitude, l'organisation du marché du travail, qui privilégie ceux qui ont un emploi, et qui empêchent les jeunes d'en trouver un. Puis de fustiger (gentiment) le « formatage des DRH » (qui bien entendu sont autonomes par rapport aux employeurs !) la mauvaise habitude des entreprises de ne « signer que des CDD au lieu de CDI » et d'affirmer que dans ce domaine, « il y a vraiment une évolution à encourager »

En termes de « bonnes idées qui peuvent êtres mises sur la table » on peut signaler celle du Medef Sarthe qui vient de lancer, avec l'aide la mission locale mancelle : « (...) un projet original pour dix jeunes en recherche d'emploi » nous expliquait Ouest France

En quoi consistait-il ?

« Pendant six semaines, dix jeunes volontaires ont donc bénéficié du dispositif « Un choix, une rencontre, un emploi ». Au programme : atelier théâtre, mise en situation de recrutement, communication écrite. Le but de la manoeuvre : prendre confiance en soi et être préparé à un entretien d'embauche (...) »

Le « bouquet final » comme l'écrit Ouest France étant, l'impression ... de set de tables CV !

En effet : « (...) 5 000 exemplaires de set de tables comportant le CV des jeunes volontaires ont été disposés dans 13 restaurants du Mans, afin d'attirer l'oeil des chefs d'entreprises (...) Ils ont dû démarcher les restaurateurs afin qu'ils acceptent une nouvelle décoration de leurs tables (...) » Et Ouest France de préciser, que dans l'un des restaurants : « (...) les chefs d'entreprise présents sont étonnamment surpris : « On ne s'imaginait pas un instant que l'on pourrait trouver un CV qui nous intéresse pendant notre pause-déjeuner ! »

Bilan de cet intérêt ? : Dans l'immédiat, la plus chanceuse des volontaires a obtenu ... un entretien et : « est désormais en attente de recrutement, dans le domaine de la petite enfance »

Mais on sait également faire preuve d'initiatives pour l'emploi des jeunes à la Réunion. En effet, la SR21 ( agence réunionnaise de développement durable et d’innovation ) vient de lancer un appel à candidature, pour fournir une équipe de participants capables de : « vanter les atouts économiques de la Réunion (...) » au Medef Réunion en vue de l'Université d'été du mouvement, du 31 août au 2 septembre.

A cette occasion : « (...) le MEDEF Réunion occupera un stand de 24 m² dédié à la valorisation économique de l’île de La Réunion et de son réseau d’entreprises (...) »

Quelle sera la mission de ces jeunes : « (...) dynamiques, sérieux et au fait des réalités économiques de La Réunion (...) ?

Et bien : « La valorisation du territoire réunionnais : environnement des affaires, expertises, position géostratégique… La valorisation des entreprises du MEDEF Réunion et la mise en relation »

Et quel sera le contrat qui leur sera proposé ? Aucun, puisque ces jeunes « (...) dynamiques, sérieux et au fait des réalités économiques de La Réunion (...) seront ... bénévoles.

Merci qui ?


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Ouest France

28 juillet 2011

Nous serons tous un jour des salariés seniors ... au chômage !

Quelques semaines après que Medef et UMP aient proposé de supprimer la durée légale du temps de travail, les chiffres du chômage sont tombés et ils sont très mauvais, surtout pour les seniors qui voient l'emploi s'éloigner de plus en plus !

Il faut se faire une raison : le gouvernement a prouvé son impuissance à trouver des solutions pour endiguer le chômage qui frappe de plus en plus de français. En effet, malgré les incantations et les satisfecits du mois de mars, fin juin 2011, 4 103 700 personnes étaient inscrites à Pôle Emploi (catégories A, B, C)

Incantations comme celle de Laurent Wauquiez, alors en charge de l'emploi qui se félicitait de la : « Mobilisation des branches professionnelles sur l'emploi des seniors »

« Pour la première fois ça bouge (...) On a envoyé un message clair aux entreprises. Elles disent OK, on a compris, c'est pas facile pour nous on va essayer de faire bouger les choses. Notre but c'est de deshooter notre pays à ce quoi il s'est trop habitué : Mettre les seniors dehors ! On ne gère pas la politique de l'emploi en mettant les seniors dehors (...) »


wauquiez : emploi seniors


Et quel est le bilan de ce « deshootage »?

« (...) les seniors sans travail de catégorie A sont de plus en plus nombreux. Les plus de 50 ans étaient 544 300 en juin 2011, soit une progression de 2% en un mois et de 13% en un an. Si l'on réunit les trois catégories A, B et C, le nombre de chômeurs seniors s'élève à 797 800, soit un accroissement mensuel de 1,5% et annuel de 14,3%. Les femmes de plus de 50 ans au chômage (413 600) restent plus nombreuses que les hommes (384 200). Quant à la durée moyenne d'inscription sur les listes de Pôle Emploi des sortants (catégorie A, B et C), elle augmente aussi chez les seniors en juin, de 14 jours pour s'établir à 413 jours, contre 265 jours pour les personnes entre 25 et 49 ans et 142 jours pour les moins de 25 ans. Sur un an, la durée d'inscription des plus de 50 ans augmente de 72 jours, contre 30 jours pour ceux âgés de 25 à 49 ans et 14 jours pour les moins de 25 ans (...) » - Tout sur la Retraite

Car, le fameux texte auquel Laurent Wauquiez faisait référence est une imposture en termes d'emploi des seniors au chômage puisqu'il indiquait : « (...) L’entreprise A a un effectif de 47 salariés constaté au 31 décembre 2009. Elle n’est pas redevable de la pénalité tout au long de l’année 2010. Fin décembre 2010, son effectif s’établit à 51 salariés. Elle est redevable de la pénalité à compter du 1er janvier 2011, si elle n’a pas établi un plan d’action ou conclu un accord, ou si la branche à laquelle elle appartient n’a pas conclu un accord validé et étendu (...) »

Et dans le cas ou des accords ont été conclus, sur quoi ont-ils porté ?

Il suffit de lire le bilan de mai 2010 établi par Intelligence RH qui indique : « (...) Dans leur majorité, les textes signés ne citent que trois domaines d’action avec des objectifs chiffrés, en cohérence avec la loi. Parmi ces domaines d’action, le recrutement des salariés âgés est le moins souvent retenu. Par ordre décroissant, les domaines d’action les plus fréquemment retenus sont les suivants :
Développement des compétences et des qualifications et accès à la formation (retenu dans 64 accords)

Transmission des savoirs et des compétences et développement du tutorat (retenu dans 64 accords)

Anticipation de l’évolution des carrières professionnelles (retenu dans 63 accords)
Amélioration des conditions de travail et prévention des situations de pénibilité (retenu dans 44 accords) Aménagement des fins de carrière et de la transition entre activité et retraite (retenu dans 43 accords) et
Recrutement des salariés âgés (retenu dans 19 accords)»

Alors, soyons clair : Les entreprises avec la bénédiction du gouvernement après avoir usé et abusé des plans sociaux et de la rupture conventionnelle ne veulent plus embaucher de seniors. Et ce ne sont pas les formations alibis, les exonérations de charges sociales ou les primes à l'embauche qui changeront les choses.

Alors, qu'attendent le Président de la République et Xavier Bertrand pour convoquer les organisations d'employeurs pour leur demander d'appliquer ce que le Medef affirmait en 2008 : « Le MEDEF s’engage pleinement à tout faire pour augmenter le taux d’emploi des seniors dans le secteur privé (...) » Puis en 2009 : « (...) L’emploi et le maintien dans l’emploi des seniors font partie des objectifs prioritaires (...) Rompre avec la culture de la sortie précoce d’activité est une nécessité, ne serait-ce que pour faire face aux enjeux démographiques et préserver les régimes de retraite (...) Pour y parvenir, une véritable révolution des esprits a été ébauchée et doit se poursuivre (...) »

Mais probablement qu'ils ne le feront pas dans la mesure où ils continuent à vivre sur une planète où : « (...) la vérité, c'est que plus il y a de gens qui travaillent, plus on crée de richesses, plus il y a de croissance et plus il y a de travail pour tout le monde (...) » Comme le déclarait Nicolas Sarkozy en 2008 !

Néanmoins, ce matin, sur Europe1, Xavier Bertrand, entre deux voyages militants, a plaidé pour ... la patience et ... les heures supplémentaires défiscalisées ! Et oui, avec 4 103 700 personnes inscrites à Pôle Emploi, il y en a encore qui essayent de nous vendre le « travailler plus pour gagner plus » !


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Le Point

27 juillet 2011

« Conseil de déontologie » : Un projet UMP pour museler les journalistes ?

Un député UMP vient de déposer une proposition de loi : « visant à instituer un conseil national de déontologie journalistique » Cette proposition n'est-elle pas simplement une vendetta contre certains médias ayant mis à mal des élus et ministres de la majorité présidentielle ?

Depuis bien longtemps, le mois de juillet est traditionnellement celui dont les parlementaires profitent, pour présenter des propositions de lois, difficiles à présenter en temps normal. Exemple, le 13 juillet 2011, le député UMP Jean-François Mancel a fait enregistrer à la Présidence de l’Assemblée nationale une proposition de loi : « visant à instituer un conseil national de déontologie journalistique »

Que dit-elle ?

« Les exemples ne manquent pas pour illustrer les excès auxquels certains journalistes peuvent succomber. Les atteintes au secret de l’instruction, au secret défense, à la dignité et à la vie privée de la personne sont autant d’abus qui ont connu une certaine recrudescence ces dernières années. (...) ces excès sont surtout imputables à la surenchère médiatique, course effrénée à l’audimat et aux tirages, qui conduit parfois à occulter les droits les plus essentiels de la personne et les exigences qualitatives de la profession (...) Ces principes ne sont pas une idée nouvelle et beaucoup sont déjà définis par des chartes nationales et internationales, à l’instar de la Charte de Munich du 24 novembre 1971. Cependant, faute d’un accord, la convention collective nationale de travail des journalistes du 1er mars 1976, qui a force de loi depuis le décret d’extension ministériel du 2 février 1988, ne contient aucun protocole annexé traitant des questions d’éthique ou de déontologie (...) »

Charte de Munich à laquelle se réfèrent notamment les membres du Syndicat de la Presse Indépendante d'information en ligne (SPIIL) dont les membres fondateurs sont : @rret sur images, Indigo Publications, Mediapart, Rue89, Slate, Terra eco et dont certains ont affolé le monde politique, comme Rue89 et surtout Mediapart, qui s'est illustré dans l'affaire dite « Woerth/Bettencourt »

Or, il faut savoir que Jean-François Mancel, avant de devenir son mentor, a engagé dans les années 80 : « un jeune diplômé, fort d’une première expérience chez Arthur Andersen, pour diriger l’Agence de développement de l’Oise : Eric Woerth »

Il fut d'ailleurs un de ses plus fervents défenseurs comme l'atteste un billet publié sur son blog le 11 septembre 2010 : « (...) la dérive de certains médias et journalistes qui se moquent totalement de la vérité et du respect des personnes instaure progressivement une démocratie de la haine. Je viens de le constater en suivant depuis des semaines cet acharnement sordide contre Eric Woerth (...) » et de conclure par : « (...) C’est pourquoi j’ai proposé de créer (...) un véritable code déontologique (...). C’est l’intérêt de la presse car l’autorégulation actuelle n’est plus en phase avec l’évolution des temps (...) »

La vengeance étant un plat qui se mange froid, c'est donc en juillet 2011 que notre député aura déposé sa proposition de loi ! Comment envisage t-il le fonctionnement de son « conseil national de déontologie journalistique » ?

Explications d'Olivier Da Lage (1) : « (...) selon le quatrième alinéa de l’article 2 de cette proposition de loi, le conseil comprend « sept membres représentant la société civile, extérieurs aux métiers du journalisme et de l’édition, ayant répondu à un appel à candidature et sélectionné par un comité dont la composition sera fixée par décret et après avis des commissions parlementaires compétentes ». Vu que les décrets, par définition, sont pris par le gouvernement et que les commissions parlementaires reflètent la majorité du moment, ce n’est pas beaucoup s’avancer que d’affirmer que les « représentants de la société civile » seront, dans la pratique, choisis par le pouvoir (...) Cette volonté de mise sous tutelle est d’autant plus évidente à la lecture de l’alinéa 7 du même article, qui prévoit qu’« est adjoint au comité exécutif du conseil national de déontologie journalistique avec voix consultative un représentant du ministère de la culture et de la communication ». Non seulement un représentant du ministère siégerait dans cet organisme, mais il aurait une voix consultative (...) Si ce n’est pas le retour au ministère de l’Information, cela y ressemble diantrement (...) »

Et même si l’Association de préfiguration d’un Conseil de presse (APCP) relativise les propos d'Olivier Da lage, elle ne manque pas d'écrire : « (...) Le projet du député de droite concrétise sans doute l´énervement de nombre de membres de la majorité qui enragent d´être malmenés par les journaux. En ce sens, et en prévision des élections présidentielles, il est certainement opportuniste (...) » et certainement un peu ... revanchard !

Mais, l'ambition de notre député n'est-elle pas de remettre au goût du jour « l'actualité heureuse » diffusée il y a quelques années par « Jours de France », ce concept créé par Marcel Dassault (qui fut son mentor politique) afin que les français puissent rêver, à nouveau sur des pages de mode, de chronique mondaine, ... et redécouvrir des dessins bien conservateurs de Jacques Faizant ou les « sympathiques » parisiennes de Kiraz au lieu de se repaître de : « la dérive de certains médias et journalistes qui se moquent totalement de la vérité et du respect des personnes » Non mais !


(1) Journaliste à RFI, syndicaliste SNJ, vice-président de la FIJ (Fédération internationale des journalistes) et ancien président de la Commission de la carte d´identité des journalistes professionnels (CCIJP)

26 juillet 2011

Obésité en France : L'industrie alimentaire ni responsable ni coupable ?

Sans communication excessive, le ministère de la Santé a lancé, son Plan obésité 2010-2013. Programme de bonnes intentions, il fait totalement l'impasse sur les produits industriels trop gras, trop sucrés ou trop salés pourtant premiers responsables de l'obésité !

Les slogans : « Evitez de manger trop gras, trop sucré, trop salé », « Evitez de grignoter entre les repas » et « mangez bougez » ne donnent pas les résultats escomptés par les pouvoirs publics qui reconnaissent que : « (...) En France, près de 15 % de la population adulte est obèse. La prévalence était de l’ordre de 8,5 %, il y a douze ans. Un enfant sur six présente un excès de poids (...) Les conséquences sur la santé sont dominées par le diabète et l’hypertension, les maladies cardiovasculaires et respiratoires, les atteintes articulaires sources de handicap et certains cancers (...) - Site du Premier Ministre

En clair, même si le gouvernement refuse de le dire : L'autodiscipline que devaient s'appliquer les industriels de l'agroalimentaire, validée par ce même gouvernement, est un désastre !

Il est amusant de noter que le plan précédent datant de 2006 avait été été présenté par ... Xavier Bertrand qui indiquait à l'époque que : « (...) avec le PNNS 2, nous demandons aux industriels de mieux élaborer leurs produits (...) Le PNNS 2 reprend les dix principes généraux du PNNS 1 mais en les élargissant. On y retrouve des principes fondamentaux et auxquels les professionnels de l’alimentation, en particulier ceux des métiers de bouche, sont attachés : aucun message émanant du PNNS ne saurait interdire ou bannir la consommation d’un quelconque aliment (...) » pouvait-on lire sur le site de la Confédération générale de l'alimentation de détail

Au delà du fait, qu'aucun progrès n'a semble t-il, été réalisé, pour diminuer le trop gras, le trop sucré et le trop salé, comme le souhaite le Programme Nutrition santé sur son site :

« (...) Réduction de la contribution moyenne des apports lipidiques totaux à moins de 35% des apports énergétiques journaliers, avec une réduction d’un quart de la consommation des acides gras saturés au niveau de la moyenne de la population.
Réduction de 25% la consommation actuelle en sucres simples, et augmentation de 50% la consommation de fibres.
Réduction de la consommation moyenne de chlorure de sodium (sel) à moins de 8g par personne et par jour (...) »

On notera aussi que, l'une des propositions (Page 5) émise dans la : Synthèse des propositions des Sociétés savantes et d’experts en nutrition, publiées à l'automne 2010, et concernant le PNNS 2011-2015 : « (...) La régulation de la publicité télévisée aux heures de grande écoute des enfants et le développement en volume horaire des campagnes nationales nutrition santé (...) » et qui proposait :

« - de réguler la publicité aux heures de grande écoute des enfants pour les produits particulièrement gras, sucrés ou salés sur la base de normes élaborées par des spécialistes de la nutrition et par le PNNS ;
- d’imposer un volume horaire minimal de campagnes nutrition INPES ou du PNNS à ces heures à des tarifs préférentiels et ceci quel que soit le volume horaire ;
- initier la réflexion en vue de réduire la pression publicitaire qui s’exerce sur les enfants via les autres canaux de communications très largement utilisés par les industriels : Internet, merchandising, placement de produits dans les films, etc »

Ne figure en aucune place dans le document officiel disponible sur le site du gouvernement.

Rappelons pour mémoire qu'en 2009 : « (...) les députés de l'Assemblée Nationale ont voté contre un amendement qui souhaitait interdire les publicités pour les produits sucrés ou gras à la télévision « dans les quinze minutes qui précèdent et suivent » des programmes pour la jeunesse, principale cible de l’obésité. La ministre de la Santé, de l'époque, Roselyne Bachelot, s'était opposée à cet amendement, estimant qu’il n’était pas nécessaire puisque les publicitaires et professionnels de l'audiovisuel ont signé une charte de bonne conduite contre l'obésité chez les enfants (...) »

La seule référence à l'implication d'entreprises est à découvrir en page 38 du nouveau Plan Obésité. Il concerne : « (...) La vente de compléments alimentaires, d’appareils, de méthodes ou produits divers, faisant état d’une action sur l’amaigrissement dans différents médias (...) » et même si les rédacteurs du document reconnaissent que leur efficacité : (...) ne repose, dans la majorité des cas, sur aucun argument justifiant ces allégations (...) » Hors de question de les interdire à la vente, puisque : L’objectif est d’engager les opérateurs concernés à s’assurer de la conformité à la réglementation en vigueur des produits (...) via des mesures d’autodisciplines (...) » qui seront élaborés ... en 2012 pour une finalisation en ... 2013. Jusqu'à là ....

Néanmoins, le gouvernement a trouvé un responsable : Les consommateurs !

En effet, on peut lire sur le site du Premier Ministre : « (...) L'obésité ne saurait se résumer à une alimentation déséquilibrée ou à un apport hypercalorique. Elle est la résultante de nombreux facteurs tels que le mode de vie, les impacts environnementaux, les déterminants sociaux, les contraintes économiques, les facteurs biologiques, les prédispositions génétiques (...) les pouvoirs publics s’engagent résolument dans la prévention de l’obésité, l’amélioration de sa prise en charge, la coordination des soins au niveau national et territorial, tout en accroissant l’effort de recherche (...) »

On pourrait en rire, si ce n'était pas si grave ! Au delà du fait qu'une alimentation saine est hors de prix et que les campagnes de prévention ont prouvé leur inefficacité, il est ahurissant de constater qu'on préfère consacrer des sommes qui seront de plus en plus astronomiques à la recherche sur l'obésité plutôt qu'interdire la vente de produits qui la provoque !

Constat étayé par le refus de Xavier Bertrand, ministre de la santé, de légiférer sur le sujet comme il l'a prouvé lors de son voyage express aux Antilles où : « De nombreux produits commercialisés en Outre Mer présentent une teneur en sucre supérieure à celle que l’on retrouve dans des mets similaires en hexagone (...) Autant d’éléments qui font le lit de l’obésité dans des départements déjà fortement touchés (...) » Et où il a préféré : « (...) mandater pendant l'été les directeurs d'ARS (Agence régionale de santé) ultra-marins de façon à ce qu'ils engagent avec les fabricants dès la rentrée des discussions pour baisser la teneur en sucre des produits (...) »

Et oui, toujours cette bonne vielle autodiscipline des entreprises, face à des consommateurs irresponsables !

Que les obèses actuels et à venir le sachent, ce gouvernement et sa majorité ne : sauraient interdire ou bannir la consommation d’un quelconque aliment ... un chantage à l'emploi des organisations patronales saurait de toutes façon leur rappeler ! Et comme les élections approchent ...

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Mutualité Française

25 juillet 2011

L'UMP« tour express » de Xavier Bertrand aux Antillles et en Guyane

Privé de caravane de l'été par Jean-François Copé, Xavier Bertrand avait annoncé sa propre tournée. Antillais et guyanais auront eu moins de 24H00 pour faire valoir leur remarques et revendications au ministre ... militant ?


C'est Xavier Bertrand lui même qui avait annoncé sa volonté de compenser l'annulation du tour des plages de l'UMP par Jean-François Copé en se déplaçant tout d'abord au Touquet, dans le bassin d’Arcachon, en Vendée, en Corse et ... aux Antilles. Le tout représentant selon le JDD : 9 réunions avant fin juillet

La question qui se pose, compte tenu de la brièveté de ses séjours en Martinique, Guadeloupe et en Guyane est la suivante : S'y est-il rendu en tant que Conseiller politique de l'UMP ou comme Ministre du Travail, de l’Emploi et de la Santé ? En effet, s'appuyant sur la décision de Xavier Bertrand, d'aller à la rencontre des militants, on pourra trouver surprenant un tel marathon sur un temps aussi si court, ne pouvant que provoquer, la frustration des élus et de la population de ces départements d'Outre Mer ?

Accrochez vous, le «Xavier Bertrand tour express » commence !

20 juillet 2011, La Martinique. Durée de la visite : moins de 24 heures

Motif de la visite : « (...) inauguration du centre hospitalier de Mangot Vulcin au Lamentin, avant de se rendre à l’hôpital de la Meynard ». Il aurait également : « rencontré les acteurs du Service Public à l’Emploi (...) » Mais évité, soigneusement, de rencontrer les responsables syndicaux de Pôle Emploi, comme nous l'explique France Antilles

« (...) C'est une visite santé alors que la Martinique est championne de France du chômage de longue durée ironisait Mario Moreau, de la CDMT-Emploi. Hier matin, à la préfecture, ce n'est pas Xavier Bertrand en personne qui a reçu les quatre syndicalistes de la CDMT-Emploi, mais Stéphane Rémy, un de ses conseillers techniques. Pendant près d'une heure la délégation, emmenée par Albéric Marcelin, secrétaire général de la CDMT emploi Martinique, a décliné une plate-forme de revendications d'une dizaine de points. Après quoi, le conseiller technique s'est engouffré dans une voiture qui l'attendait aux pieds des marches de la préfecture. Il filait rejoindre le ministre de la santé, du travail et de l'emploi à Trinité (...) »

C'est assez curieux, lorsqu'on sait que Pôle Emploi dépend de Xavier Bertrand et qu'il aurait pu apprendre que la Martinique compte : « (...) 48 000 inscrits, mais au total il y a plus de 70 000 chômeurs en Martinique. Nous sommes dans une situation pré-explosive (...) indique Albéric Marcelin qui ajoute : « (...) Le bilan de la fusion ANPE-Assedic est catastrophique (...) » dénonçant au passage : « une opération de com en évoquant la signature d'une convention de 439 contrats aidés avec le Conseil général (...) » signée à ... La Trinité.

Il aura néanmoins, trouvé le temps d'une rencontre ... avec les militants UMP locaux comme en atteste le diaporama en bas de l'article

Le 21 juillet notre ministre est en Guadeloupe : Durée de la visite 24H00.

Motif de la visite : « (...) faire le point sur les dossiers prioritaires de la Guadeloupe (...) » avec Marie Luce Penchard

« Après un dépôt de gerbe en l'honneur de Victor Schoelcher, ils se rendront au CHU pour une visite et un point presse. L'épineux dossier de la reconstruction du CHU sera forcément abordé (...) Demain matin deux réunions sont programmées, dès 9h les deux ministres participeront à une séance de travail d'une heure quarante cinq avec le Service Public de l'Emploi Régional à Jarry, puis direction l'Agence Régionale de Santé (ARS) pour une réunion sur l'obésité. Xavier Bertrand quittera la Guadeloupe à 15h00 à destination de la Guyane (...) » Domactu

Et justement, de quel ordre est-il le problème d'obésité « survolé » par Xavier Bertrand ?

C'est un dossier suivit par le ministre puisqu'il est au pilotage du Plan obésité 2010-2013 qui préconise de : « Faciliter l’accès de tous à une alimentation de qualité » et « Améliorer l’offre alimentaire » (page 7)

Or : « De nombreux produits commercialisés en Outre Mer présentent une teneur en sucre supérieure à celle que l’on retrouve dans des mets similaires en hexagone. En outre, certains sodas fortement caloriques sont proposés en Guadeloupe et en Martinique et n’existent pas en Europe. Autant d’éléments qui font le lit de l’obésité dans des départements déjà fortement touchés. Aussi, le président du Conseil régional de Guadeloupe Victorin Lurel (PS) a déposé le 9 juin une proposition de loi visant à interdire ces différences. (...) » écrit le Journal International de la Médecine

Réponse du Ministre : « Je vais (...) mandater pendant l'été les directeurs d'ARS (Agence régionale de santé) ultra-marins de façon à ce qu'ils engagent avec les fabricants dès la rentrée des discussions pour baisser la teneur en sucre des produits, pour qu'elle soit la même qu'en métropole, mais ces discussions n'ont pas vocation à s'éterniser (...) »

Ce qui fait dire au site Bonda Manjak : « (...) Dans le réel on voit très mal Christian Ursulet le directeur de l'ARS Martinique aller voir ceux qui font les yaourts, les boissons et autres nectars dans cette île où on confond pistache et cacahuète et leur dire la bouche en coeur : hé les mecs Xavier m'a dit de vous dire qu' il faut baisser le taux de sucre dans vos produits (...) »

Qu'à celà ne tienne ! Le 22 juillet, selon France Guyane, il foulait le sol de la Guyane, mais sans Marie Luce Penchard rentrée à Paris. Durée de la visite : Un peu moins de 24H00 !

Motif et chronométrage de la visite : « (...) Xavier Bertrand atterrira d’un vol des Antilles à 19h35. Selon un programme non encore définitif, il rencontrera d’abord les adhérents de l’UMP, à 20h30, au Novotel. A 22 heures, il visitera le service d’accueil des urgences et le centre de télémédecine de l’hôpital de Cayenne.

Demain matin, il découvrira les urgences et la maternité de l’hôpital de Saint- Laurent-du-Maroni. A 10h45, il présidera une réunion sur l’emploi à la sous-préfecture. De retour à Cayenne, il visitera l’Institut Pasteur à 14h30 et signera un accord-cadre Etat-Région d’objectifs et de moyens sur l’apprentissage une heure plus tard. Il décollera pour Paris à 17h50 »

Il en a profité pour donner une interview à France Guyane dans laquelle soumis à de nombreuses et importantes questions de santé, il a répondu, sans rire : « (...) je tiens à vous dire que lorsque je vois l’ensemble des questions qui me sont posées dans cette interview, j’ai vraiment bien fait de venir ici, en Guyane » surtout moins de 24H00 !

Tout ceci ne l'empêchant pas d'être aujourd'hui, comme convenu en : Aquitaine sur le thème de l’emploi et de la santé comme l'indique son agenda officiel puis d'être présent les jeudi 28 & Vendredi 29 juillet en Corse, sur le même thème.

Ce qui lui permettra, dès le 1 août, comme les autres ministres, de prendre ses congés d'été en Corse, sur son lieu habituel de vacances, dans sa propriété dans la région de Balagne, à proximité de Calvi et de l'Ile Rousse

Etonnante façon de se rendre compte des problèmes de nos concitoyens que celle de Xavier Bertrand. Oui, mais nouveau challenge pour son adversaire Jean-François Copé qui va devoir se motiver pour battre ce record aussi insolite ... qu'onéreux !

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Diaporama par People Bo Kay de la visite en Martinique

22 juillet 2011

Rachida Dati : Nouvelle pasionaria de la pastoralité ?

La très punchy et « bling bling » maire du 7 eme arrondissement vient de se découvrir une grande cause à défendre : L'agneau de Sisteron ! Elle a donc chaussé ses « rangers » à talons afin ... de se faire photographier au milieu des ces animaux martyrisés par les loups.

Le torchon brûle entre Daniel Spagnou, député maire UMP de Sisteron et la ministre de l'Écologie Nathalie Kosciuscko-Morizet. Sujet de la discorde : les attaques de loup qui ont décimé une soixantaine de brebis dans le département !

Daniel Spanou ayant menacé de prendre la tête d'une manifestation devant le ministère à Paris, en compagnie des éleveurs et de leur cheptel. Il a reçu le soutien d'une personnalité « spécialiste » des problèmes ruraux : Rachida Dati

Etonnant non ? Mais certains mauvais esprits (dont nous sommes) feront remarquer qu'il est toutefois assez difficile de trouver des grandes causes humanitaires ou pastorales dans le très chic 7 eme arrondissement de Paris.

Et même si la maire affiche sur 7 à vous le magazine d'information de la mairie du 7 eme quelques actions « remarquables » comme : « (...) le salon du livre des tout-petits, les cours d’échecs, une chasse aux oeufs de Pâques dans le jardin de la mairie, plus de 1000 places pour le cirque Pinder, un concours de bande-dessinées pour les écoles du 7e, la visite du Conseil constitutionnel par 600 élèves de CM2, une remise de livres aux 3e et Terminale pour les encourager avant leurs examens, une cérémonie de remise des cartes électorales aux nouveaux majeurs, et beaucoup d’autres… (...) Et que la députée européenne maire ajoute : « Je n’oublie pas au quotidien les personnes seules ou âgées en leur offrant tous les ans le bal des seniors, une sortie au cabaret Don Camilo, des goûters en mairie, des promenades, des expositions, des conférences… (...) » On est très loin de la ruralité !

Tout à son nouveau combat, notre passionaria de la pastoralité s'est fendue d'un texte publié sur sa page Facebook.

Extraits : « (...) Je me suis rendue à plusieurs reprises à Sisteron pour rencontrer des éleveurs. Et encore le 1er juillet dernier, j'ai pu constater les dégâts importants de ces attaques sur l'ensemble de la filière ovine (...) Avec Daniel Spagnou et les éleveurs, nous souhaitons des mesures encore plus efficaces pour préserver notre agriculture dont la qualité et la sécurité alimentaire sont reconnues au niveau mondial ! La convention de Berne qui donne au loup le statut d'espèce « strictement protégée » doit évoluer pour lui donner le statut moins contraignant « d'espèce protégée ». La directive européenne concernant la conservation des habitats naturels, ainsi que de la faune et de la flore sauvages ne doit pas non plus être un obstacle à l'action. Car au loup il faudra toujours préférer l'Homme ! (...) »

Le Dauphiné nous raconte la dernière visite militante de Rachida Dati, en Haute Provence

« (...) Rachida Dati aime venir en Haute-Provence et l’a confirmé hier, au cours de son deuxième séjour dans le département (...) Je suis très heureuse d’être ici, j’avais fait la promesse de revenir au moment de la transhumance. Je suis entourée d’amis et je souhaiterais remercier Daniel Spagnou qui m’a apporté son soutien lors de la campagne de dénigrement dont j’ai été victime et cela ne s’oublie pas »

Ah bon ! Alors, il ne s'agirait pas simplement d'un amour immodéré de la pastoralité ?

En effet, on peut lire sur le site Nos Souvenirs : « (...) Chaque samedi, Harry Roselmack confie la direction du Journal Inattendu (...) Ce samedi 12 février, c’est Rachida Dati qui sera à l’antenne à 13 heures avec une interview iconoclaste d’un de ses fidèles amis, Daniel Spagnou »

Plus être plus précis, il est nécessaire de lire ce texte publié par Daniel Spagnou en 2008

« (...) Le Député rural de base que je suis, écoute le ventre et les bras de la France qui trouve çà choquant et qui loue au contraire les mérites d’une femme qui a enfin fait bouger les choses (...) Abattre quelqu’un à terre, n’est pas dans la tradition rurale ; même les bêtes sont respectées car le bon sens gouverne dans la France profonde quand les appareils de tout bord ultra centralisés et conservateurs résistent en la fustigeant (...) C’est sans doute pour cela que Rachida Dati est populaire jusque dans nos campagnes, car son courage n’a d’égal que sa volonté de combattre les inerties (...) »

A t-on lu plus belle défense appelant ... un coup de pouce pastoral en retour ?

Néanmoins, au cours du déjeuner à la cabane pastorale située à 1400 mètres d’altitude elle : « (...) s’est dite très attachée à la défense des labels dont l’agneau de Sisteron fait partie (...) Je suis solidaire des éleveurs face au loup et aux problèmes qu’ils rencontrent. Je ferai remonter leurs revendications. Vous avez dans votre département des spécificités qu’il convient de prendre en compte (...) »

Spécificité qu'elle se promet de promouvoir de la façon suivante : « L’agneau de Sisteron est servi à l’Elysée et je pense qu’il le sera prochainement à la mairie du 7 e arrondissement » et ... de partir présenter et dédicacer son dernier livre !

Les loups et ... Nathalie Kosciuscko-Morizet n'ont qu'à bien se tenir !


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Le Dauphiné