13 mars 2013

Le droit du travail, ennemi public n°1 des ultra libéraux de tous poils !

Selon un économiste « libertarien » : le concept de  contrat de travail en France ne : « s’est jamais libéré d’une relation ambiguë avec celle de l’esclavage ». Une théorie bien fumeuse destinée à nous vendre ... la fin du droit du travail, au profit de la liberté de ... la jungle !

Vous avez sans doute entendu à de nombreuses reprises des responsables politiques ou patronaux remettre en cause de façon virulente le modèle économique et social français sans forcément vous demander d'où pouvaient venir leurs arguments.

Prenons un exemple qui fait fureur à l'UMP : Le big bang social défendu par Hervé Novelli et récemment repris par Jean-François Copé. Il consisterait en une réforme globale des contrats de travail et de certains pans du Code du travail, tout en supprimant toute référence légale de la durée du travail.

Et d'où vient cette idée de big bang appliquée à l'économie et au social ? Eh bien, en partie des idées professées par des libertariens économiques (ultra libéraux) qui ont, au travers de quelques think tanks, pignon sur rue auprès de pas mal d'élus de droite et de patrons.

Mais au fait, c'est quoi la doctrine libertarienne ?

D'inspiration américaine, elle s'est fait entendre lors de la présidentielle aux USA où Ron Paul s'était fait son apôtre. Quelques définitions :

André Teissier du Cros Président du Comité Bastille : « (...) Pour un libertarien pur et dur (... ) la seule bonne pression fiscale est de zéro pour cent. Le seul bon Etat est un état inexistant. La société est gérée uniquement par des contrats et par des lois minimales, fondées sur les droits de l’individu et sur la totale liberté d’entreprendre, et aussi figées que les Dix Commandements de Moïse. Dans cette société idéale, les fonctions de l’Etat sont devenues inutiles, ou sont déléguées à des firmes privées »


Wikilibéral : « Les libertariens sont des libéraux radicaux, opposés à l'État dans sa forme contemporaine. Pour eux, les pouvoirs de l'État devraient être extrêmement restreints (minarchisme), ou même supprimés (anarcho-capitalisme) Contrairement à l'idée libertaire, les libertariens ne sont pas pour une société gérée en commun, mais pour une société où les interactions entre les individus découlent de contrats librement consentis, conformément au Droit naturel et à l'axiome de non-agression. (...) »

En clair, si vous n'aviez pas compris : Détestation de l'état, donc, mort aux services publics, puisque le marché a toutes les vertus et, son auto régulation fonctionne à merveille. Et mort à tout ce qui peut ressembler à un assisté puisque : « les libertariens défendent le droit qu’ont ceux qui produisent de garder ce qu’ils gagnent, contre une nouvelle catégorie de politiciens et bureaucrates qui veulent s’emparer de leurs gains pour les redistribuer à ceux qui ne l’ont pas produite »

Si les libertariens ont comme principal ennemi l'état, ils ont aussi, en France, une bête noire : Le droit du travail, qui serait une bête nuisible, empêchant la création ou le développement d'entreprises et, surtout, entretiendrait le chômage de masse.

Prenons pour exemple Philippe Simonnot. Il est vrai qu'à moins de faire partie du petit monde des ultra libéraux addicts, vous ignorez son nom et son oeuvre. Et pourtant, il a fait une conférence à l'Assemblée Nationale le 21 février dernier où il présentait son opuscule : « Chômeurs ou esclaves ? Le dilemme français »



Tout d'abord, sachez que, selon monsieur Simonnot : de l'extrême gauche à l'extrême droite en passant par Charles de Gaulle et même Edouard Balladur, la totalité du monde politique français est anti capitaliste, ce qui les disqualifie à ses yeux.

Mais revenons en à son livre. Que dit-il ?

 Il explique que : « le concept de « contrat de travail » en France ne s’est jamais libéré d’une relation ambiguë avec celle de l’esclavage, ce qui a sans doute en partie légitimé que le marché du travail en France soit hyper-réglementé » Et l'auteur de nous expliquer que : (...)  le contrat de travail n’a pas su, à ce jour, se libérer d’une fiction juridique dans laquelle il s’est enfermé lors de la rédaction du code civil en 1804. La crainte à l’époque était de faire renaître la notion d’esclavage en même temps qu’on donnait au salariat ses lettres de noblesse (...) »

Au delà du concept un peu fumeux, on aura soin de lire les critiques dithyrambiques, publiées notamment par l'Institut Molinari ou le site ContrePoint, tous deux fervents défenseurs du libéralisme sans entraves, qui en ont publié les bon morceaux et qu'ils vous livrent ... avec délectation . Extraits 

Cécile Philippe directrice générale de l'Institut Molinari : « (...) La répugnance des Français a l’égard du travail a conduit à l’empêcher de fonctionner comme un marché où s’y confronterait librement des offres et des demandes, de sorte qu’émergent des niveaux de salaire propre à satisfaire demandeurs d’emplois et offreurs (...) la grande absente du marché du travail est l’approche économique alors que l’échange de travail a pour but premier de satisfaire les envies et besoins des consommateurs et que pour ce faire les échanges volontaires sont sans doute ce qu’il y a de mieux. Car ils permettent d’orienter les ressources, les talents, le travail là où il est le plus nécessaire (...) L'auteur s’attaque au tabou en France de l’existence d’un chômage volontaire. Il explique qu’il est lié notamment à l’existence d’un arsenal d’indemnités et allocations associées au statut de chômeur ou de sans-emploi qui rend d’autant plus dur le retour à une activité rémunérée qu’il faut renoncer à ces avantages qui peuvent représenter plusieurs centaines d’euros. Le calcul peut amener des personnes parfaitement rationnelles à renoncer à prendre un emploi »

Francis Richard sur Contrepoints : « Le salaire minimum, Smic, qui s'applique uniformément en France, "sans distinction d'âge, de lieu, d'activité ou de profession", se situe "au-dessus du salaire qui s'établirait à la suite d'une libre confrontation de l'offre et de la demande de travail non qualifié", avec pour résultats mirifiques une augmentation de l'offre et une baisse de la demande, en conséquence un chômage massif et une proportion toujours plus grande de smicards (...) Face au manque de flexibilité du marché du travail (...) Les entreprises françaises, pour ne pas sombrer, n'ont d'autres possibilités que d'embaucher des immigrés, notamment en provenance d'Europe centrale, de délocaliser ou de substituer du capital au travail (...) L'interdiction du licenciement économique pour améliorer la rentabilité d'une entreprise, a pour but de bloquer la destruction d'emplois et se traduit en fait par le blocage de la croissance et de la création d'emplois (...)  »

A noter également, ce morceau d'anthologie : « À préférer le chômage à l'esclavage, beaucoup de nos concitoyens [...] amplifient la terreur d'être virés dans le camp de ceux qui ont encore un emploi  (...) »

Dites donc braves gens, tout ça ne vous rappelle pas, entre autre, la manifestation autour du « vrai travail » du 1er mai 2012 organisée par Nicolas Sarkozy et l'UMP ?

Qu'y disait-on ?

« (...) le rassemblement sur le Champ-de-Mars s'adresse à "ceux qui travaillent dur, ceux qui sont exposés, qui souffrent, et qui ne veulent plus que quand on ne travaille pas on puisse gagner plus que quand on travaille". "Le vrai travail, ça veut dire les gens qui prennent leur voiture le matin pour se rendre dans leurs entreprises, leurs usines, leurs exploitations, qui travaillent toute la journée, rentrent le soir et ont encore mille choses à faire pour leur famille, pour eux-mêmes, pour gérer leur foyer. C'est la différence avec ceux qui vivent des revenus de l'assistance" à qui "nous voulons demander des contreparties (...) »

Ou le très célèbre : « L'amour est précaire. Le travail doit l'être aussi » sans oublier le non moins célèbre : « Si on libère le licenciement, on libèrera l'embauche » de Laurence Parisot

Alors, prêts pour le bing bang libéral ou prêts à vous battre pour conserver ce qui reste de vos droits ? C'est vous qui voyez ! 


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12 mars 2013

Marges, chômage, protection sociale : le nouveau mix de Laurence Parisot !

En pleine campagne pour un possible troisième mandat, Laurence Parisot continue de débiter des contre vérités à la chaîne. Mais les ennemis sont toujours les mêmes : Le code du travail et l'Etat !  


En termes d'échec d'entreprises, la crise financière et économique peut avoir bon dos. En effet, il ne faut pas oublier que beaucoup d'entreprises défaillantes ont été victimes d'inadéquation entre leurs produits et les demandes des clients et parfois aussi d'une gamme dépassée.

C'est d'autant plus grave, lorsque l'entreprise fabrique ses propres produits. Combien, de fois, au cours de ma carrière, ai je croisé des entreprises aux locaux et moyens de production vétustes. Et combien de fois ai je entendu le chef d'entreprise m'expliquer qu'investir pour faire évoluer l'outil de travail pouvait attendre, puisque : « ça diminuerait la marge »

Puis, sont arrivés les nouveaux pays de l'Union Européenne et « l'eldorado chinois » qui ont mis à mal tous ceux qui pensaient qu'investir  « ça diminuerait la marge » Coût de l'opération, les salariés qui n'ont aucun droit de regard ou de conseil sur la stratégie des entreprises ont commencé à être licenciés, avec le point culminant que nous connaissons ces dernières années.

On aurait pu penser que les organisations patronales auraient pu s'imposer un droit d'inventaire avant de montrer du doigt l'état et les salariés. Or, à écouter Laurence Parisot, les entreprises n'ont rien à se reprocher.

Démonstration

Le 11 mars, chez Yves Calvi  sur France 2 : « Nous n’arrivons plus à créer de richesses en France. Nos entreprises ont des taux de marges structurellement bas et c’est cela qui est à l’origine d’un taux de chômage anormalement élevé, d’une augmentation beaucoup trop faible du pouvoir d’achat et du coup d’une incapacité à financer nos systèmes sociaux »

et d'ajouter : « La fiscalité en France pénalise l’investissement et empêche la prise de risque entrepreneuriale, or il n’y aura pas de réduction du chômage s’il n’y a pas toute liberté à l’entrepreneur »

Belle équation qui ... ne tient absolument pas la route ! Car, si les clients continuent de bouder les produits français, la marge des entreprises n'augmentera que très provisoirement, donc elle n'embaucheront pas, donc le pouvoir d'achat ne progressera pas et à terme, il faudra encore diminuer les effectifs ...

Par contre, en ce qui concerne les systèmes sociaux, chacun sait que le Medef dispose d'entreprises membres, dont les hôpitaux et cliniques privées ou les banquiers et assureurs accepteraient volontiers d'en prendre la charge ainsi que ... le fabuleux pactole qui va avec !

Où est le lien avec la baisse du chômage ? nul ne le sait ! Mais, sur ce damné chômage, notre amie Laurence a d'autres idées

Le 10 mars, sur France 3, Laurence Parisot après avoir exigé des parlementaire de transposer sans modification l'accord ANI de flexibilité, a estimé que : « (...) Les chefs d’entreprise n’ont qu’une envie, voir leur entreprise se développer (…) et pour grandir il faut embaucher (...) Simplement, nous avons une législation sociale qui crée une peur de l’embauche qui est terrible (...) »

Il faudra m'expliquer pourquoi des entreprises qui sont exangues au niveau du carnet de commandes embaucheraient qui que ce soit, même en pouvant licencier plus facilement.

C'est d'ailleurs ce que pense Geoffroy Roux de Bézieux ( candidat contre Parisot à la tête du Medef ) puisqu'il  déclare au sujet de l'ANI  : « (...) Maintenant, il ne faut pas se dire que cet accord va tuer directement la peur de l’embauche (...) »

Donc, une fois de plus, aucun lien avec la baisse du chômage !

Quant à l'état, il lui est reproché sa dépense publique : « la dépense publique en France étouffe la création de richesses et empêche la création d’emplois. Si nous ne réduisons pas la dépense publique, nous n’inverserons pas la courbe du chômage. »

Comme on dit trivialement : tu dis ça à un cheval de bois et il te met une ruade ! Il faudra que Laurence Parisot nous explique ça un jour, graphique à l'appui.

Mais comme d'habitude, il faudra se contenter d'affirmations jamais prouvées. L'essentiel étant que ces déclarations, qui ne sont qu'une compilation de ce qu'on peut trouver sur les sites des think tank libéraux comme l'IFRAP, la Fondation Concorde, Fondapol, ou le célébrissime Institut Turgot  soient reprises par la presse, friande de déclarations tonitruantes qui se chargera de reproduire, à la virgule près, la belle légende de la restauration des marges et de la baisse de la dépense publique qui inverseront la courbe du chômage !  
 

11 mars 2013

UMP : La parité en politique, c'est simple comme ... un trou dans les caisses ?

Jean-François Copé vient de lancer un vibrant appel aux militantes et élues de l'UMP pour que le parti ait davantage de candidates aux prochaines municipales. Les caisses vides du parti ne lui permettraient plus de payer les amendes ?



L'UMP vivrait-elle sa révolution en ce qui concerne la parité hommes femmes en politique ? C'est la question que certains pourraient se poser en prenant connaissance des dernières déclarations de Jean-François Copé sur le sujet.

Selon Libération le Président de l'UMP aurait écrit : « aux militantes, cadres et élues de l’UMP pour les appeler « à la mobilisation », afin que le parti puisse présenter davantage de femmes lors des prochaines élections »

Que dit-il dans ce courrier ?

« Depuis de nombreuses années, je suis investi dans la lutte pour l’égalité entre les sexes à travers plusieurs lois que j’ai initiées ou portées avec les députés UMP (...) la loi pour la parité dans les conseils d’administration des entreprises cotées, la loi contre le port de burqa, la loi contre les violences faites aux femmes, les mesures de sanction contre les entreprises qui ne respectent pas l’égalité salariale » Il assure également que son « combat en faveur des femmes est guidé à la fois par une volonté de justice sociale et par une volonté de sortir des stéréotypes (...) Individuellement et collectivement, nous devons nous saisir de la question de l’égalité entre les hommes et les femmes et la faire vivre dans les circonscriptions, dans les villes, dans les territoires ruraux. Nous devons aboutir au partage de toutes les responsabilités. Le chemin n’est plus législatif, il est culturel et il ne tient qu’à nous de l’emprunter jusqu’au bout »

Etonnant non ? d'autant plus que le parti qui s'est : « investi dans la lutte pour l’égalité entre les sexes » s'est jusqu'à présent illustré comme étant celui qui résiste le plus à la parité hommes femmes en politique !

Pour mémoire, L'Express publiait le 21 mai 2012 un article portant le titre suivant : « La parité est un luxe que l'UMP ne veut pas se payer »

Qu'y apprenait-on ?

« Cette année encore, l'UMP n'entend pas respecter la loi, qui impose aux partis politiques de présenter un nombre égal d'hommes et de femmes, avec un écart maximal de 2%. Avec 28% de femmes investies, ce parti est le mauvais élève de cette élection. Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP, a plaidé coupable avec regret (...) C'est un arbitrage que nous avons eu à rendre et qui était difficile dès lors que nous avions 317 députés sortants et qu'une bonne part d'entre eux se représentent (...) » Ajoutant sans le moindre complexe :  « (...) Chacun doit comprendre que dans la période qui est la nôtre, il nous faut absolument avoir le maximum de députés et que cela passe par le poids, l'ancrage local de beaucoup d'entre nous (...) »

Cette attitude dénoncée à l'intérieur du mouvement, notamment par Marie-Jo Zimmermann, la secrétaire nationale en charge des droits des femmes à l'UMP a d'ailleurs un prix. Celui des amendes que la formation politique réglait jusqu'à présent « avec regret »

Rien qu'en 2007, elle a représenté 4 millions d'€. Seulement, depuis les dernières élections de 2012, les finances de l'UMP sont dans le rouge. A tel point que l'UMP Paris a décidé de ne pas organiser de meeting pour les primaires, au fait que : « c'est trop coûteux ».

Il faut dire que le parti « des droits et des devoirs » cumule une dette de l’UMP de 55 millions d'€ qu"elle est censée rembourser en quatre ans. Sans parler des 11 millions d'euros que l'UMP pourrait être amenée à rembourser, suite à l'invalidation des comptes de campagne du candidat Sarkozy ....

Ce qui pourrait expliquer, en grande partie, le brusque élan de parité et de féminisme de Jean-François Copé. 

Militantes de l'UMP ayant vocation à être candidates aux prochaines municipales, vous connaissez maintenant la signification de : « (...) nous devons nous saisir de la question de l’égalité entre les hommes et les femmes et la faire vivre dans les circonscriptions, dans les villes, dans les territoires ruraux ... »

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05 mars 2013

Les belles légendes du Medef : L'égalité hommes femmes en entreprise est en marche !

Selon Laurence Parisot, les femmes ont progressé ces dernières années, tout en regrettant que : Pas une seule femme ne soit à la tête des entreprises du Cac 40. Les employées et ouvrières qui connaissent le temps partiel imposé et des salaires toujours inférieurs à leur homologues masculins apprécieront !


Evoquant la journée du 8 mars prochain, journée internationale de la femme, Laurence Parisot, invitée d'Europe1, a souhaité envoyer un message à toutes les femmes qui travaillent : « Longtemps on a pensé que pour exercer des responsabilités, les femmes devaient avoir un comportement masculin. Je récuse cette idée (...) les femmes ont progressé ces dernières années. Mais, nous n’avons pas encore engrangé tous les dividendes de cette progression ( …) Pas une seule femme à la tête des entreprises du Cac 40. Ce n’est pas normal »

Lu tel quel, ça pourrait à la limite faire sourire les millions de femmes qui se rendent quotidiennement au boulot, sans le moindre espoir de voir leur nombre d'heures ou leur salaire augmenter. Sauf que, madame Parisot est la représentante officielle d'entreprises qui se moquent de toute notion d'égalité salariale. Et ça ce n'est pas normal !

Car, au delà de la présidence d'une entreprise du CAC40, nous aurions aimé que notre amie Laurence s'exprime sur le constat, réalisé par le Conseil Economique et Social. Extraits : « En France, en 2009, 4,4 millions de femmes avaient un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté estimé à 60 % du revenu médian (...) on constate parallèlement une bipolarisation croissante entre emplois féminins qualifiés et peu qualifiés. Dans cette dernière catégorie, liée au développement des activités tertiaires, la surreprésentation féminine est manifeste (61 %). Les intéressées y sont en outre particulièrement concernées par le sous-emploi (5,9 % d’actifs occupés dans cette situation dont plus des trois-quarts sont des femmes), les situations professionnelles instables (10,8 % de femmes sont en CDD contre 6,5 % des hommes, tous secteurs confondus) et le travail à temps partiel dont le taux de féminisation atteint 82 % (...) d’une manière générale, les femmes sont proportionnellement plus nombreuses que les hommes à n’être qu’en activité courte, de moins de 78 h par mois. Dans tous ces emplois faiblement qualifiés, les intéressées sont le plus souvent confrontées à des conditions de travail (pénibilité, horaires atypiques…) préjudiciables à leur santé, leur vie personnelle, familiale et perçoivent une faible rémunération : les deux-tiers des salariés à bas salaires sont des femmes. Les répercussions sur le niveau de leurs pensions de retraite sont dès lors inéluctables (...) il existe ainsi un risque fort de basculement dans la pauvreté d’une partie de la population féminine au grand âge (...) »

Alors, que propose le Medef pour aider ces femmes ?

On peut trouver une liste de propositions faites par le « Comité égalité hommes femmes » du Medef.

« Le comité Egalité hommes/femmes au sein de la Commission Respect de l’Homme invite aujourd’hui la société et les entreprises à s’emparer de ce sujet et propose les quatre grandes actions suivantes

1. Faire évoluer les mentalités en cassant les stéréotypes
2. Favoriser une meilleure conciliation vie privée vie professionnelle et un meilleur partage des tâches familiales
3. Mettre en place une politique managériale favorisant une meilleure égalité de carrière et de salaire entre les hommes et les femmes
4. Inciter les acteurs de la société civile, les partenaires sociaux et les politiques à s’engager d’avantage en faveur de l’égalité homme-femme
»

D'accord, mais plus concrètement ?

Nous passerons rapidement sur l'idée qui consiste à : « Revoir les manuels scolaires en profondeur pour montrer une image non stéréotypée des femmes mais aussi des hommes dans la société comme dans le monde du travail » et qui ne coûte pas bien cher au Medef et à ses adhérents, pour nous focaliser sur celles consacrées à l'entreprise.

« Dans les entreprises, nous proposons de :

Mettre à l’honneur des femmes de l’entreprise qui ont un beau parcours professionnel et dans lesquelles les autres salariées peuvent se reconnaître pour faire évoluer les mentalités et donner envie aux autres femmes de les imiter.
Inciter les entreprises à mettre fin aux communications pouvant être discriminantes pour la femme (ex image de la femme utilisée dans les publicités)
Sensibiliser l’ensemble des entreprises aux bonnes pratiques notamment par le biais des Medef Territoriaux et des branches professionnelles en diffusant des outils pratiques
»

Et les salaires, et les conditions de travail direz-vous ?

Hé bien, il est résumé par ces quelques lignes dont la prose typiquement patronale ne vous étonnera pas : « A partir du rapport de situation comparée, réaliser un diagnostic chiffré des écarts de rémunération et une évaluation des carrières mettant en exergue les effets de structures, de secteur, de classifications et prenant en compte le temps partiel permet aux entreprises d’établir des marges de progrès et de mettre en place des objectifs chiffrés réalistes de réduction des écarts »

Quant aux problèmes de retraites des femmes, Laurence Parisot s'était exprimée en juin 2011 sur le sujet. Elle déclarait : « (...) Baisser l’âge légal de départ à la retraite des femmes par rapport aux hommes, cela équivaut à entériner cette inégalité de fait (...) Puisque les femmes vont travailler moins longtemps, celà veut dire moins de belles carrières que les hommes (...) il n’est pas question non plus que les entreprises soient les seules responsables de cette situation scandaleuse alors que bien souvent cela commence ailleurs dès l’école ou dans le foyer (...) »

Ce qui n'empêchait pas Laurence Parisot d'écrire, dans un éditorial, publié sur le site de l'égalité professionnelle : « (...) le combat pour l’égalité entre les hommes et les femmes doit nous animer à chaque instant. Parce que la misogynie est un racisme. Parce que l’inégalité est contraire à nos valeurs républicaines les plus fondamentales (...) »

En langage de la rue, tout ça porte un nom : « faire du bruit avec la bouche » et un peu aussi se foutre de la gueule du monde. Mais, il n'y a pas à dire, pour la création de belles légendes, le Medef n'a pas d'équivalent !

28 février 2013

Xavier Bertrand : Un spécialiste du chômage cynique ou incompétent ? Les deux mon capitaine !

Xavier Bertrand, l'un des plus mauvais ministre du travail de la 5 eme République, en ce qui concerne l'éradication du chômage de masse, vient d'apostropher François Hollande sur les derniers chiffres de l'emploi en, France. On pourrait en rire si le sujet n'était pas aussi grave !

Ainsi, Xavier Bertrand se pose en expert de la réduction du chômage de masse qui affecte notre pays. Il réclame des mesures d'urgence. Ce qui doit faire sourire un grand nombre de français mais pas forcément ceux qui ont découvert le chômage à l'époque où il officiait au ministère du travail.

Que déclare t-il au juste ?

« Depuis vingt ou trente ans, on ne réussit pas à avoir un niveau de chômage qui se situe au niveau des autres pays européens, il faut des mesures d'urgence et je demande au gouvernement de se réveiller (..) Je demande aussi au président de la République de prendre la question du chômage au sérieux (...) avant toutefois d'avouer« personne ne peut faire le malin sur les questions de l'emploi (...) se souvenant avoir dû annoncer comme ministre "parfois de bonnes nouvelles et souvent des mauvaises". Mais "le chômage augmente deux fois plus vite qu'il n'augmentait au début de l'année 2012 (...) Première mesure d'urgence, " une baisse des charges dans les très petites entreprises, chez les artisans (...) » - Le Point

Outre que le montant des cotisations sociale n'a strictement aucun lien avec le carnet de commande des artisans, n'oublions pas que Xavier Bertrand a contribué avec Jean-François Copé au torpillage du processus de représentation des salariés dans les TPE défendu par les patrons de l'artisanat. Ce qui fait effectivement de lui un fin connaisseur de ce type d'entreprise !

Mais regardons de plus près comment notre expert a lutté contre le chômage

Avril 2011 : « Très sûr de lui » comme écrivait L'Express : Parce que les emplois qui manquent, Xavier Bertrand va les créer, en utilisant massivement les contrats aidés. Une recette que la droite boude, car contraire au dogme libéral, mais qu'elle pratique parce qu'elle est bien commode pour faire baisser les mauvais chiffres. L'argent sera débloqué puisque le chef de l'Etat a promis 250 millions d'euros supplémentaires pour financer 50 000 emplois aidés de plus. Déjà, en 2002, Jean-Pierre Raffarin, alors à Matignon, et son ministre des Affaires sociales, un certain François Fillon, avaient juré la fin de ces dispositifs avant d'y recourir quelques mois plus tard (...) grace à cette technique, il comptait : (...) réduire le taux de chômage de 9,2 % (fin 2010) à 8,5 % en décembre 2011 (...) »

Le tout s'étant soldé par la célèbre phrase de Nicolas Sarkozy sur la : « baisse tendancielle de l'augmentation du nombre de chômeurs »

Or, ces contrats aidés s'adressent aux populations les plus éloignées de l'emploi et comme le rappelle La MAIF, sont très souvent réservés aux organismes publics, parmi lesquels l'éducation nationale joue souvent le premier rôle. 

Donc, exit la création de richesses au travers de l'emploi marchand que nous serinent régulièrement Xavier Bertrand et ses collègues de l'UMP ! Ce qui était d'ailleurs confirmé par les Les Echos : « (...) l'Etat compte concentrer son effort sur le premier semestre pour limiter la casse avant l'élection présidentielle. C'est ce que révèle la traditionnelle circulaire de programmation des contrats aidés que le ministère du Travail vient d'adresser à ses services déconcentrés. En date de 19 décembre, elle prévoit que, sur les 340.000 contrats du secteur non marchand (CUI-CAE) inscrits au budget, 225.000 devront être conclus au premier semestre. Cela correspond à une moyenne de 37.500 par mois. Un rythme particulièrement soutenu si on le compare à celui décidé pour le premier semestre de 2009, au plus fort de la récession, qui était de 32.000 par mois (...) l'éducation nationale (...) sera en particulier mise à contribution (...) »

L'emploi des seniors

A part déplacer l'âge de la dispense de recherche d'emploi pour les plus âgés dont, on trouve trace dans : un des volets de la loi n° 2008-758 du 1er août 2008 : La suppression à compter du 1er janvier 2012 de la dispense de recherche d’emploi pour les chômeurs âgés qui visait à : «  (...) à relever progressivement l’âge d’accès à la dispense de recherche d’emploi, jusqu’à la supprimer définitivement en 2012, conformément à la politique d’augmentation du taux d’emploi des seniors (...) » on cherche vainement toute mesure en faveur de l'emploi des salariés âgés.

D'ailleurs, tout le monde a pu se rendre compte que le nombre d'embauches de seniors a flambé durant la période où Xavier Bertrand était aux manettes ! 

On pourrait aussi, aborder les fameux « emplois non pourvus », qui permettaient à Xavier Bertrand et Nicolas Sarkozy de rejeter la faute sur les chômeurs. Ce qui faisait écrire au journaliste MarcLandré, du Figaro : « Plus c'est gros plus ça passe (...) D'où sort ce chiffre de 500 000 ? En fait, de nulle part. C'est un chiffre pifométrique et fantasmagorique (...) Il est tiré, à l'origine, d'un sondage réalisé il y a quelques années par les chambres des métiers afin d'estimer le nombre d'emplois non pourvus dans leurs secteurs d'activité (...) »

Par contre, Xavier Bertrand a su nous expliquer que les chômeurs étaient des privilégiés à qui il convenait de réduire la durée de leurs indemnités qui étaient : « des freins au retour à l'emploi » et qu'il fallait envisager : « la réintroduction d'une dégressivité des allocations chômage, incitative à la reprise d'emploi (...) »

En fin de compte, le seul domaine où Xavier Bertrand a su montrer l'étendue de son talent, c'est lorsqu'il déclarait que : « Nicolas Sarkozy est le seul à proposer des mesures puissantes pour faire reculer le chômage » et nous vantait la manifestation sarkozyste pour le vrai travail : « Certains font mine aujourd’hui de s'étonner que nous voulions un rassemblement pour fêter la valeur travail (...) Ni la gauche, ni l’extrême gauche ne nous imposeront un couvre-feu pour nous empêcher de nous mobiliser pour la valeur travail le 1er mai (...) Nous on veut mettre en avant la valeur travail et la différence avec l’assistanat (...) »

Et c'est ce brillant spécialiste qui vient aujourd'hui pérorer et donner des conseils ? On aurait pu penser qu'avec de telles références, Xavier Bertrand aurait eu la pudeur de se taire. Mais sachez qu'en politique l'outrance, l'incompétence et le cynisme font bon ménage !

26 février 2013

La retraite à 65 ans ? : Laissez nous d'abord travailler jusqu'à 62 !

Que ce soit au Medef ou à l'UMP, le son de cloche est le même : Il faut augmenter l'âge de départ à la retraite ! Or, le taux d'emploi des 55-64 ans ne progresse pas et leur nombre à Pôle emploi ne cesse d'augmenter !


Nul n'a oublié l'inénarrable Xavier Bertrand notamment dans sa période ministre du travail et du choooooommmage, comme aimait à le qualifier le regretté Patrick Roy ! Hé bien, Xavier Bertrand qui, rappelons le, ambitionne de devenir Président de la République en 2017 (du moins s'il gagne la primaire de l'UMP) vient de prendre la parole pour nous parler de ... l'âge de la retraite.

Que dit-il ?

« (...) La prochaine étape pour les retraites, disons-le sans détour, c'est 65 ans entre 2025 et 2030" mais "certainement plus près de 2025 (...) Il va falloir accepter de travailler plus longtemps (...) » - Libération

Ce que dit également Geoffroy Roux de Bézieux, candidat à la présidence du Medef : « (...) L'allongement de l'espérance de vie implique d'augmenter la durée d'activité. C'est non négociable ! (...) »

La seule différence entre ces deux promoteurs du travailler plus longtemps ?

Le fait que Roux de Bézieux ajoute : « (...) Cela passe aussi par un effort des entreprises pour maintenir les seniors dans l'emploi car, même si du chemin a été fait depuis dix ans, c'est loin d'être suffisant (...) »

Un effort des entreprises vis à vis des seniors ? Parlons en justement, au travers d'une étude publiée par l'association "A compétence égale" reprise par Capital sur son site Web.

Qu'y apprend-on ?

« (...) Les recruteurs ont tendance à écarter leurs profils perçus comme trop coûteux ou surdimensionnés par rapport au poste. Les consultants en recrutement, eux, redoutent qu'une recrue âgée ne s'intègre pas dans une équipe jeune, voire témoigne d'une trop grande résistance au changement (...) la loi de 2009, qui oblige les entreprises de plus de 50 salariés à mettre en place un plan d'action pour le maintien dans l'emploi et le recrutement des seniors, n'a eu qu'un effet très limité. Pour 84% des DRH et 83% des consultants en recrutement, elle s'avère même totalement inefficace (...) le taux d'emploi des 55-64 ans n'a quasiment pas progressé à 41,5%, un niveau encore bien en deçà de la moyenne européenne à 47,4%. Parallèlement, la crise a entraîné la flambée du taux de chômage des 55-64 ans (à 6,8% fin 2012). Ils sont ainsi plus de 682.000 quinquas à pointer à Pôle emploi (+16,9% sur un an) soit la plus forte hausse, toutes générations confondues (...)  »

Est ce à dire que M. Roux de Bézieux, comme ses collègues du Medef, se moque du monde ?

Certainement, dans la mesure où les entreprises françaises ont outrageusement abusé de la rupture conventionnelle pour se débarrasser de leurs salariés âgés !

Ainsi : « 17% des ruptures conventionnelles ont été signées par des salariés de 50 ans ou plus au 1er semestre 2012 (...) » et : « (...)  6,7% des ruptures conventionnelles concernent des salariés de plus de 58 ans (...) » Ecrit sur son blog Nathalie LAILLER avocate spécialisée en droit du travail. 

Ce que confirme son confrère Frédéric Benoist : « (...) La rupture conventionnelle est utilisée dans 3 cas sur 4 par les entreprises de moins de 50 salariés. Elle concernerait majoritairement les seniors (...) » tout comme le site Intelligence RH : « (..) un demandeur d’emploi de 55 à 60 ans sur cinq s’est inscrit à Pôle emploi au cours du premier trimestre 2010 suite à une rupture conventionnelle de son contrat de travail (...) »

Loin d'être suffisant disiez vous M. de Bézieux ? Reconnaissez tout simplement que l'objectif des entreprises est de transférer à l'UNEDIC la charge des salariés les plus âgés.

Hé oui, certains, après deux ou trois ans de chômage indemnisé, pourront faire valoir leurs droits à la retraite. Ceux nés en 1952 ou 1953 pourront espérer toucher l'allocation équivalent retraite (AER) rétablie à compter du 1er mars, quant aux autres ....  

Du côté de Xavier Bertrand qui, au passage, avait supprimé l'AER pour faire des économies, pour ensuite lui substituer l'ATS, quasi impossible à obtenir, puisqu'elle n'avait concerné que 500 personnes en juillet 2012, au lieu de 68 700 allocataires en janvier 2008 pour l'AER, on évite le sujet, préférant reprendre l'éternel fantasme du Medef : La capitalisation retraite !

Or, ce que demandent les salariés seniors, ce n'est pas de jongler d'une indemnisation ou d'une aide à l'autre. Ce qu'ils réclament, c'est :

Le droit de continuer à travailler sans subir de discrimination à cause de leur âge
Le droit à être formé si nécessaire pour s'adapter à toute nouvelle technologie
Et surtout celui de ne pas voir leurs candidatures être rejetées avant même d'avoir été étudiées ou même simplement lues !

Alors, MM. de Bézieux et Bertrand, avant de nous obliger à attendre 65 ans pour partir à la retraite, laissez nous déjà travailler jusqu'à ... 62 ans !


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22 février 2013

Manifestations du 5 mars contre l'ANI : Demandez le programme !

Le 5 mars prochain sera l'occasion pour les syndicats non signataires de l'ANI (accord national interprofessionnel) de manifester contre la possible mise en place d'une des plus grande dérèglementation du code du travail !


Slovar a été de ceux qui ont souhaité attirer l'attention des salariés sur le contenu de  l’accord interprofessionnel sur l’emploi du 11 janvier 2013 dit ANI. Nous l'avons fait au travers, notamment de l'interview de Maurad Rhabi de la CGT qui avait décrypté pour nos lecteurs le contenu du texte.

Nous vous conseillons par ailleurs les nombreux billets publiés par Gérard Filoche sur son blog, qui analysent le texte et ses conséquences.

Cet accord, rappelons le a été signé par l'ensemble des organisations patronales ainsi que la CFDT, la CFE-CGC et la CFTC. Ce qui lui donne fort peu de légitimité dans la mesure où la loi de 2008 sur la représentativité syndicale considère que la CFTC n'est plus représentative et que la CFE-CGC n'est représentative que des cadres.

Cette situation a fait réagir ATTAC qui a lancé une pétition soutenue, entre autre par : CADAC, CGT Commerce Paris, CGT Hôtels Prestiges et Economiques, CGT-Finances, CNDF, CNT-Solidarité ouvrière Ile-de-France, Convergence de défense et développement des services publics, Convergences & Alternative, Fédération pour une alternative sociale et écologique, Fondation Copernic, FSU, Gauche anticapitaliste, Gauche unitaire, Les Alternatifs, Les efFRONTé-e-s, Marches européennes contre le chômage, Mouvement national des chômeurs et précaires, Nouveau parti anticapitaliste, Osez le féminisme !, Parti communiste, Parti communiste des ouvriers de France, Parti de gauche, Réseau féministe « Ruptures », Résistance sociale, République & Socialisme, Union syndicale Solidaires...

La plupart seront présents aux manifestations du 5 mars. De notre côté nous avons décidé de relayer ici le texte publié par la CGT sur son site Web

" Le 11 janvier 2013, les négociations nationales dites de "sécurisation de l’emploi" se sont terminées par un accord d’une extrême gravité pour les droits des salariés. Les confédérations CGT et FO (qui représentent plus de salariés que les trois organisations syndicales signataires) ont refusé de signer cet accord de régression sociale. Elles appellent ensemble, et c’est une première depuis de nombreuses années, à l’action dans toute la France le 5 mars par des rassemblements, des manifestations et des arrêts de travail.

La FSU et Solidaires appellent à la mobilisation

La FSU a fait savoir jeudi 15 février, lors de son 7e congrès national à Poitiers, qu’elle s’associerait à la journée de mobilisation du 5 mars organisée par la CGT et FO, l’union syndicale Solidaires indiquant peu après qu’elle ferait de même.


 

nous recenserons au fur et à mesure de leur parution tous les appels des professions et des organisations territoriales " (Pour plus de détails, cliquez sur la carte)

Maintenant, c'est vous qui voyez !


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Faujour

15 février 2013

Les belles légendes du libéralisme : Salariés et chômeurs obstacles à la sortie de crise !

Oubliée la spéculation financière responsable de la crise économique et sociale qui frappe tant de pays. Aujourd'hui, selon les économistes libéraux, ce sont ces s.... de salariés qui ont un emploi et, ceux qui n'en n'ont pas qui sont des obstacles à la reprise !


On doit l'avouer, on n'est jamais déçu par les analyse de l'OCDE, dont l'objectif, rappelons le est : « (...) de promouvoir les politiques qui amélioreront le bien-être économique et social partout dans le monde (...) En nous appuyant sur les faits et l’expérience concrète, nous recommandons des politiques dont le but est d’améliorer la vie de l’homme de la rue (...) »

Et de quelle façon rend t-on plus heureux l'homme de la rue ?

« (...) D’abord et avant tout, les gouvernements doivent restaurer la confiance dans les marchés ainsi que les institutions et les entreprises qui les font fonctionner (...) Ensuite, les gouvernements doivent rétablir les finances publiques saines qui sont à la base de la croissance économique durable de demain (...) Enfin, pour asseoir l’innovation et la croissance, nous devons nous assurer que chacun, quel que soit son âge, peut acquérir les compétences nécessaires aux emplois de demain et à un travail productif et satisfaisant (...) »

C'est donc au nom du travail productif est satisfaisant que l'OCDE a publié aujourd'hui sur son site un texte « enthousiasmant » : Les réformes structurelles plus importantes que jamais pour le retour d’une croissance forte et équilibrée 

Focalisons nous sur la partie qui concerne directement l'homme de la rue et le travail productif et satisfaisant.

Extraits : « (...) Affronter les conséquences de la crise sur le marché de l’emploi est sans doute le plus grand défi auquel sont actuellement confrontés les pays membres de l’OCDE et du G20 (...) Par rapport aux années précédentes, l’édition  2013 d’Objectif croissance contient davantage de recommandations à l’intention des gouvernements à court de liquidité qui doivent trouver les moyens de préserver la couverture sociale du chômage tout en améliorant les politiques du marché du travail susceptibles de faciliter le retour à l’emploi des chômeurs »

Vous craignez le pire ? vous avez raison !

Concentrons-nous sur la vielle Europe à laquelle, appartient notre beau pays :  « (...) En Europe, où le chômage demeure supérieur aux niveaux d’avant la crise, de nombreux pays (dont le Danemark, l’Espagne, la France, l’Italie, le Portugal, la Slovénie et la Suède) doivent encore réduire les obstacles à la création d’emplois, à l’embauche et à la mobilité des travailleurs, tout en renforçant les incitations à prendre un emploi (...) »

Ce qui devrait ravir entre autre, les espagnols, italiens et portugais dont le marché du travail a été considérablement flexibilisé et dont l'indemnisation du chômage a été diminuée mais qui affichent des chiffres du chômage colossaux !

C'est donc dans ce contexte « performant » qu'on apprend, d'après Le Figaro, que dans le cadre de sa publication économique Objectif croissance qui doit être dévoilé aujourd'hui à 14H30, l'OCDE est sévère pour le marché du travail français.

Florilège

« Le coût du travail en France reste « élevé » et « réduit les possibilités d'emploi, en particulier pour les travailleurs jeunes et peu qualifiés » (...) l'OCDE recommande de « laisser diminuer le coût minimum du travail par rapport au salaire médian, en particulier pour les jeunes». À moyen terme, il faut « alléger encore les cotisations de Sécurité sociale tout en réduisant les dépenses publiques et les dépenses fiscales inefficientes »

Mais encore

« (...) L'assouplissement du marché du travail va dans le sens préconisé par l'OCDE: des CDI et des licenciements plus flexibles pour, en principe, faciliter les embauches (...) la France « doit réformer l'indemnisation du chômage de façon à ce qu'elle soit généreuse à court terme puis dégressive dans le temps, et plus limitée pour les chômeurs âgés »

Transmis aux chômeurs âgés condamnés par le marché du travail !

Par ailleurs, l'OCDE salue l'accord (très contestable) sur l'emploi signé par trois syndicats de salariés et le patronat français et, bien entendu, plébiscite la réforme des retraites de 2010 (dont tout le monde sait qu'elle n'a pas été correctement financée )

Donc si l'on en croît l'OCDE et l'ensemble de ses adorateurs à commencer par les organisations patronales européennes, nous avons :

D'un côté : les salariés privilégiés, qui ont un emploi, et qui doivent travailler plus pour un tarif inférieur afin de le conserver. Mais qui doivent aussi comprendre qu'il est nécessaire d'accepter de goûter régulièrement au chômage, pour laisser la place à ceux qui n'en ont pas.

Une nouvelle version des chaises musicales en quelque sorte, mais adapté à un marché du travail en difficulté !

De l'autre : un tas de pas ou peu courageux qui ne cherchent pas vraiment un emploi et à qui il est nécessaire de couper le plus vite possible le robinet des indemnités afin qu'ils se motivent pour faire baisser les chiffres du chômage.

Variante de « la faim ou le taureau » que chantait Jean Ferrat en 1965 sur la pauvreté de l'Espagne

Alors, heureux l'homme de la rue concerné par le travail productif et satisfaisant ?

08 février 2013

Sécurisation de l'emploi : Il s'agissait bien d'un accord de dupes !

Ceux qui croyaient naïvement que l'accord sur la sécurisation de l'emploi signé notamment par la CFDT était du type « gagnant gagnant » vont tomber de haut. En effet, Laurence Parisot va s'opposer à ce que le texte qui doit être présenté aux parlementaires soit réécrit en droit. En clair, la CGT et FO avaient raison lorsqu'ils affirmaient qu'en fait de sécurité, c'était la seule flexibilité qui attendait les salariés.


Le 21 janvier dernier Maurad Rabhi, membre de la direction confédérale de la CGT,en charge des questions d’emploi et du chômage accordait une interview exclusive à Slovar les Nouvelles, où il déclarait : « Les patrons sont les grands gagnants de cette négociation. Les salariés dans leur grande majorité n'ont pas encore pris la mesure rélle de la portée de l’accord du 11 janvier 2013 (...) » Et ajoutait : « (...) Ainsi, on a parlé de formation, de complémentaire santé, de temps partiel, de droits rechargeables pour les chômeurs. Dont les modalités et le délai de mise en oeuvre sont particulièrement flous (...) »

Ce qui contredisait les propos des organisations signatrices de l'accord qui nous expliquaient qu'enfin la flexisécurité à la française était en marche et que, cet accord était « gagnant gagnant » pour les entreprises et les salariés. Or, hier soir, on apprenait que : « Laurence Parisot n'est pas satisfaite de la réécriture de plusieurs dispositions de l'accord, qui modifie l'équilibre général du texte »

C'est à dire ?

Laurence Parisot, qui essaye de faire modifier les statuts du Medef, pour refaire un autre mandat, est en campagne, et veut montrer à ses adhérents, qu'elle est capable de défier le gouvernement et la représentation parlementaire. 

Pour ce faire, elle refuse que le texte issu de l'accord que le gouvernement doit réécrire en droit, pour le soumettre aux parlementaires, intègre la mise en place immédiate de la généralisation des complémentaires santé, ainsi que celle des droits rechargeables (permettant aux chômeurs de conserver leur reliquat de droits à l'indemnisation en cas de retour à l'emploi). 

Comment le justifie t-elle ?

: « (...) Selon le camp patronal, le ministère du Travail a réintroduit la «clause de désignation» dans l'article 1, qui vise à généraliser les complémentaires santé. Exit dans ce cas la liberté de choix laissée aux entreprises, qui n'auraient donc d'autre liberté que de retenir le prestataire jusqu'ici simplement recommandé par la branche. « C'est un casus belli pour nous », martèle-t-on ce jeudi soir au Medef. 

Donc pas d'égalité de traitement des salariés par branches mais un traitement plus ou moins favorable en fonction de l'humeur des patrons de chaque entreprise ! 
 
Autre disposition litigieuse: la mise en place de droits rechargeables pour les chômeurs est à ce stade «obligatoire», alors qu'elle est conditionnée dans l'accord à la réalisation d'études d'impact préalables. «Cela contrevient à ce que nous avons signé», s'insurge-t-on au Medef (...) » nous dit Le Figaro

Mais, direz-vous, on n'est plus vraiment dans le « gagnant gagnant ». C'est exactement ce que nous expliquait Maurad Rhabi lorsqu'il déclarait : Les patrons sont les grands gagnants de cette négociation.

« Cela contrevient à ce que nous avons signé ».  Ce qui laisserait entendre que la CFDT, la CGC et la CFTC, les trois syndicats signataires étaient non seulement au courant mais ont validé ces dispositions. 

En résumé, la fléxibilité est immédiatement applicable mais la sécurité est remise aux calendes grecques ! Car, ne l'oublions pas, le Medef n'a pas caché il y a quelques jours son intention de mettre en place une réforme en profondeur de l'assurance chômage. Et même si la CFDT affirme qu'il n'est pas question de baisser les indemnités de chômage, on est en droit de penser que la sécurisation des salariés est bien mal partie ! Alors, les droits rechargeables ...

Pour donner la dernière touche à ce tableau, il faut noter que l'une des mesures tant vantée par Laurent Berger le secrétaire général de la CFDT : la représentation des élus dans les conseils d'administration des grandes entreprises, est ... également rejetée par le Medef.

Qu'en dit la CFDT ?

Est-elle en colère ? Hé bien non, puisqu'elle déclare un peu gênée : « Nous avions convenu avec le Medef que ces points seraient précisés au Parlement », avoue-t-on à la CFDT. Justement pour donner du grain à moudre aux députés et ne pas leur donner l'impression de n'être qu'une chambre enregistreuse »

Prendre les parlementaires pour des enfants en bas âge et se moquer ouvertement des salariés, il n'a pas à dire, c'est vraiment un accord « gagnant gagnant » qui ressemble furieusement à ... un marché de dupes !

Sources

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05 février 2013

« Les français pour la retraite à 65 ans » : Une étude providentielle pour la bancassurance !

Une étude réalisée par le Cercle des épargnants affirme que les français seraient d'accord pour reporter l'âge légal de la retraite à 65 ans. Sauf que le Cercle des épargnants est un promoteur de l'épargne retraite par capitalisation et ami ... des bancassureurs.



Nombreux sont les média qui ont repris ou vont reprendre l'étude du Cercle des épargnants : « 11ème enquête du Cercle sur l’épargne et la retraite » publiée aujourd'hui sur son site web et disponible en intégralité sur leur blog. Et pourtant ! 

Que dit-elle ?

Extraits : « En 2013, plus des deux tiers des Français se déclarent inquiets en matière de retraite (67 %), soit le plus haut niveau enregistré depuis 2006. La proportion des « très inquiets » progresse de 8 points en un an (...) De ce fait, il n’est pas illogique que les sondés placent parmi les priorités le financement de la retraite (56 %) devant l’assurance-maladie (43 %) et l’aide au logement (26 %) (...)  Si le report à 65 ans n’est pas réellement souhaité, il s’impose, en revanche, dans les esprits. 60 % des Français considèrent ce report  comme nécessaire contre 37 % qui ne la jugent pas nécessaire (...) »

Pour ceux qui ignoreraient qui est le Cercle des épargnants, nous leur avions consacré un long billet lors de la publication du même rapport le 18 mai 2010.

Qui est le Cercle des épargnants ? écrivions nous le 18 mai 2010. Lors d'un de leurs rapports

« L'association est domiciliée 11, boulevard Haussmann 75009 Paris au beau milieu du "quartier des assureurs". Le Cercle des Epargnants, issu de l’Association Générale pour l’Assurance et la Prévoyance (AGAP) créée en 1950, est présidé par Jean-Pierre Gaillard, journaliste économique à LCI et à France Info. Le Cercle des Épargnants supervise plus de 210 contrats de groupe (essentiellement des contrats Madelin) et cinq plans d’épargne retraite populaire. A ce titre, le Cercle est enregistré auprès de l’Autorité de Contrôle des Assurances et des Mutuelles comme Groupement d’Épargne Retraite Populaire. Elle assure des fonctions de contrôle et d’information auprès de tous ses adhérents (...) peut-on lire sur leur site

Jean-Pierre Gaillard ? Mais si, vous savez, celui que Libération décrivait comme celui qui : " scande comme un métronome les cotations, sur les ondes et les écrans" et son célèbre : " En direct de la Bourse de Paris" qui eu un temps sa marionnette au Guignols de l'Info de Canal+

Il est à noter que le site du "Cercle des Epargnants" est également accessible par l'adresse "alias" : http://www.agirpourmaretraite.com/ dont il est propriétaire du nom de domaine. Et que "Agir pour ma retraite" est également le nom d'une "Lettre" et d'un blog édités par Philippe Crevel, le Secrétaire général du même "Cercle des Epargnants"

Il est d'ailleurs amusant de noter que Philippe Crevel, sur son site, indique habiter : 7, Bd HAUSSMANN 75009 PARIS. Adresse qui correspond à celle de la compagnie d'assurances GENERALI : "dont le siège social est situé au 7/9 Bd Haussmann 75009 Paris" comme l'indiquent les mentions légales de leur site (...)
»

Donc, il ne vous étonnera pas que le Cercle des épargnants porte le logo de GENERALI et  distribue cerains de ses contrats. Tout comme il ne vous étonnera pas d'apprendre que GENERALI ainsi que de nombreux assureurs ou institutions de prévoyance qui commercialisent des contrats de capitalisation retraite, sont sponsors du Medef.

En clair cette étude ne fait que promouvoir l'idée que Laurence Parisot avait lancée en ... mai 2010 et qui  préconisait de : «  rendre très incitatif, voire obligatoire une part de capitalisation dans la retraite des salariés français (...) »

Ajoutons à cela, que notre amie Laurence fait des pieds et des mains, pour que le gouvernement reporte une nouvelle fois l'âge de la retraite, souhaitant toujours arriver à terme à 67 ans, au fait que, comme elle l'expliquait : « quand on aura 67 ans en 2030, on sera dans un état de santé, un état physique comparable à 62 ans aujourd’hui ».

Sans oublier bien entendu que la Présidente du Medef est membre du conseil d'administration de BNP Paribas, l'un des plus grands bancassureurs français.

Foutage de gueule direz-vous ?

Non, il s'agit d'une opération parfaitement concertée destinée à imposer par l'angoisse et un jour par ... la loi l'obligation pour tous les français de souscrire un contrat retraite par capitalisation.

Car, il faut savoir que justement, les négociations sur les retraites auront lieu au printemps 2013, et qu'il ne fait nul doute que les négociateurs du Medef utiliseront l'enquête du Cercle des épargnants lors des ces négociations !

Alors, imaginez qu'on décide de reporter une fois de plus l'âge de la retraite et qu'on décide comme le préconise le COR, d' une remise en cause du principe des « 25 meilleures années » pour le calcul de celle-ci. Nombreux seront les salariés tentés par un contrat de capitalisation destiné à compléter une retraite dont le montant deviendra encore un peu plus hypothétique.

Dans ce cas, à terme, un énorme jackpot à se répartir entre les banques et les compagnies d'assurance sans aucune garantie de retour pour des épargnants qui confieront leur argent pour des durées supérieures à 40 ans !

Quand on vous disait qu'il s'agissait d'une opération parfaitement concertée ...


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Blog la retraite

31 janvier 2013

ça ne dépend que de vous : Le site Actuchomage ne doit pas disparaître !

Actuchomage, l'un des seuls sites incontournables d'actualité et de défense des chômeurs menace de jeter l'éponge par manque de moyens financiers. Impossible d'être indifférent à cette hypothèse en cette période de plans sociaux massifs et de chômage de longue durée  !


Le chômage nous concerne tous. Qu'on soit salarié ou retraité, qui n'a pas dans ses proches quelqu'un touché ou en passe d'être touché par le chômage ?

Et une fois au chômage  :

Qui n'a pas connu la sensation de découragement face au site Web de Pôle Emploi qui tel un monstre froid se fout de votre niveau de compréhension ou d'angoisse ?

Un exemple vécu ? 

Vous avez trouvé un CDD de 3 mois, du coup, vous ne prenez plus le temps de vous connecter dans votre espace personnel. Vous recevez un mail vous annonçant que votre espace va être fermé. Un peu angoissé vous téléphonez au 39 49 pour vous expliquer et vous vous faites rembarrer par un conseiller anonyme qui vous répond sèchement : « ça dépend de l'informatique et je peux rien y faire » sauf qu'il est impossible de joindre quelqu'un au service informatique.

En clair, le chômeur vit dans l'angoisse permanente. Celle d'avoir loupé une convocation, envoyée par mail, qui aurait pu être considérée comme un spam, par sa messagerie. Ou celle plus grave, d'une remise en cause de ses droits, contre laquelle il aura toutes les peines du monde à se défendre, face à un conseiller dont certains  gèrent de 300 à 600 dossiers, et vous renvoient souvent vers ... le site Web de Pôle Emploi. 

Contrairement à ce que prétendent certains économistes distingués et politiciens « chasseurs d'assistés », le chômeur ne se déconnecte pas de l'actualité. Par contre, il regrette que les seules informations sur le chômage et sa réalité, disponibles dans la presse, soient exclusivement centrées sur le coût et le déficit de l'assurance chômage.

C'est pourquoi des sites web d'analyses, de conseils et de défense comme Actuchomage sont essentiels.

Actuchomage, c'est : 80.000 à 100.000 visiteurs qui fréquentent le site chaque mois, les 5.500 inscrits à leur lettre d’infos, des dizaines de milliers de messages postés sur leurs forums et sur leurs articles, 200.000 vidéos vues sur leurs chaînes Dailymotion et YouTube.

Un beau succès direz-vous !

Oui, sauf que, explique Yves Barraud, le Président d’APNÉE/Actuchomage dans un édito publié sur le site : « c’est à peine si nous réussissons à lever 1.700 euros en un mois de campagne d’adhésions et de ré-adhésions »

Hé oui, contrairement aux sites disposant de subventions ou de financements privés, ou ceux truffés de publicités clignotant comme des sapins de noël, Actuchomage ne fonctionne que par les adhésions et dons, et l'énergie de ses animateurs. 

Et combien ça coute pour adhérer ou soutenir Actuchomage ?

« 5 € par an, pour les personnes sans revenu ou relevant des minimas sociaux (ASS et RMI), les femmes au foyer et les étudiants.
10 € par an, pour les personnes relevant du régime général d'Assurance Chômage
35 € par an pour les retraités, les salariés et autres activités (professions libérales, artisans, commerçants…).
Les Membres bienfaiteurs devront s'acquitter d'une cotisation d'un montant minimum de 60 € par an »

Malgré tout, déplore Yves Barraud : « (...) Nous disposons de 400 à 500 euros pour faire tourner ce site 24/24, 7/7 et 365/365, depuis septembre 2004. Un exploit ! Parce que c’est du boulot, mine de rien (...) Selon les périodes, il nous arrive aussi de nous investir dans des actions collectives avec les autres mouvements de chômeurs et précaires, de participer à des manifestations, à des colloques, à des réunions. On répond à toutes les questions qui nous parviennent (25 à 30% d’augmentation sur un an). On conseille les gens par téléphone. On cherche des solutions pour eux. On anime et supervise nos forums. On soutient des procédures juridiques engagées par des chômeurs spoliés. On décrypte l’actualité de l’emploi, du chômage et de la précarité au quotidien »

Et de poser cette question : « Si celles et ceux qui nous suivent de près ou de loin ne voient pas l’intérêt de soutenir notre association et le site Actuchomage, nous le comprenons et l’acceptons sans rechigner. Si nous ne sommes pas capables de réunir 200 à 300 personnes autour de nos actions et un budget annuel de 6.000 euros, est-ce que l’initiative mérite d’être poursuivie ? »

A priori, sans réaction des lecteurs et de ceux qui se sentent concerné par le chômage et son isolement, il est possible que le site ne cesse son activité en 2014. Ce qui serait complètement fou au moment où les entreprises devraient continuer à diminuer les effectifs pour des raisons de « compétitivité » notamment en raison des accords signés entre certains syndicats et le patronat

Mais, c'est avant tout, à vous de décider si un site aussi important doit continuer de vivre et, d'aider des milliers de gens, ainsi que l'expliquent les animateurs du site : « Comme nous sommes des gens sérieux, on préfère ouvrir le débat avant de prendre des décisions irréversibles.  Car « c'est pas nous qu'on décide », comme dirait l'autre. C'est vous !

• Soit vous estimez que notre association et Actuchomage ont une utilité.
• Soit vous vous en désintéressez. Ce n'est pas un problème. Nous voulons juste savoir »

Alors, au lieu de vous dire que ce serait vraiement dommage et d'espérer secrêtement que ce soient les autres qui mettent la main au porte monnaie, réagissez si vous vous sentez concernés !

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