09 novembre 2010

An 2010 : Le Père Noël "social" est-il une ordure ?

Le titre de cet article est celui que j'avais choisi, en décembre 2005. Cette année là, les partenaires sociaux modifiaient à la baisse les règles d'indemnisation du chômage. 5 ans plus tard, près de 4 millions de français pointent à Pôle Emploi et une part de plus en plus importante d'eux est totalement décrochée !

Ces fêtes de fin d'année qui sont, traditionnellement, symbole de trêve pour le monde politique et source d'activité pour les entreprises vont semble t-il être moroses. En effet, le "président du pouvoir d'achat" s'est mué en gestionnaire de crise, et le terme de "Ri-Lance" lancé par l'inénarrable Christine Lagarde n'a même pas réussit à faire sourire les français !

Cette morosité est gênante pour le gouvernement, car depuis de nombreuses années, seule la consommation des ménages permet d'obtenir quelques points de croissance et joue comme l'expliquait, le BercyBlog du Monde, commentant une note de l'INSSE : "Un rôle d'amortisseur".

Si l'INSEE se montre confiante pour la fin de 2010, expliquant que la consommation : " ... / ... devrait surtout être portée par la hausse des revenus et du pouvoir d’achat ... / ... " (sic) L'étude du 9 novembre 2010, que Deloite publie tous les ans sur les " prévisions de dépenses des Européens pour Noël " semble bien contredire ses prédictions.

Extraits

" ... / ... Après la crise de 2008, 62% des Français continuent de penser que leur pays est en récession. Ils ont perdu l’espoir d’une reprise en 2011, puisque seulement 11% d’entre eux l’envisagent ... / ... Les Français perdent pour la première fois confiance dans la sécurité de leur emploi : contrairement à ce que nous avons toujours relevé à l’occasion de nos études précédentes, le solde entre le nombre de Français confiants quant à la sécurité de leur emploi par rapport à ceux qui craignent de le perdre est devenu négatif (-3%) ... / ... "

La conséquence ?

" ... / ... les Français ... / ... envisagent de réduire leur budget de dépenses de Noël (-4,4%). Ils sacrifieront surtout le poste de dépenses en cadeaux (-4,9%), en veillant à réduire le moins possible les repas de fêtes (-2,2%) ... / ... La France fait partie, avec les autres pays du sud et le Royaume Uni, des pays pour lesquels nous avons relevé les prévisions les plus pessimistes ... / ... "

Un symbole fort dans cette étude

" ... / ... les parents souhaitent acheter des cadeaux éducatifs (49%) pour leurs enfants, cela traduisant leur préoccupation de préparer leurs enfants à affronter un futur plus difficile ... / ... " Intégralité de l'étude

Bon, même si on peu regretter ces quelques "privations" ou "restrictions" que le gouvernement justifiera d'une façon ou d'une autre. Nul ne pourra faire l'impasse sur les derniers chiffre communiqués par le Secours Catholique qui, avec beaucoup d'autres associations caritatives, n'arrivent plus à "gérer" la file toujours plus longue de ceux qui sont victimes du système !

Le pire, honte à nos décideurs politiques et économiques, c'est qu'au delà des familles, ce sont les plus jeunes qui sont de plus en plus nombreux à frapper à la porte d’une organisation caritative pour recevoir un colis alimentaire !

Que dit le rapport du Secours Catholique ?

" ... / ... Après une baisse observée en 2007, le nombre de situations rencontrées par le Secours Catholique augmente en 2009 pour la seconde année consécutive avec 1 480 000 personnes accueillies. Cette année, l’étude analyse particulièrement les ressources des personnes et démontre l’impossibilité pour les ménages de s’en sortir. Une fois réglées en début de mois les charges contraintes, qui représentent 68 % du budget, il reste environ 250 euros pour se vêtir, se soigner, se nourrir et payer ses dettes ... / ...Cette étude démontre clairement qu’aucun ménage rencontré n’est en mesure de faire face à ses dépenses sans tomber dans l’endettement, non pas par mauvaise gestion, mais du fait de la faiblesse de ses ressources ... / ... " Intégralité du rapport et Statistiques d’accueil 2009 du Secours Catholique

Quant aux jeunes : " L’association note une augmentation du nombre de moins de 25 ans dans ses antennes, qui représentent désormais 11 % des personnes accueillies ... / ... Les jeunes se retrouvent très tôt en situation de détresse, s’alarme Didier Piard, directeur de l’action sociale à la Croix-Rouge. Plus diplômés et plus qualifiés que les générations précédentes, les jeunes de 18 à 25 ans ... / ...sont aussi plus précaires. Un sur cinq (sur)vit en dessous du seuil de pauvreté, avec moins de 950 € par mois. C’est la classe d’âge la plus touchée par la pauvreté mais aussi par le chômage. Près d’un quart d’entre eux (23,3%) sont aujourd’hui à la recherche d’un emploi ... / .... " - Le Parisien

Chiffres que connaissent Laurence Parisot auteure du célèbre : " Les entreprises n'ont aucune responsabilité dans le chômage des jeunes ... / ... embaucher coûte si cher que nos entreprises doivent se restreindre pour recruter"- Slovar Ou notre Président de la République, qui court d'un G20 à l'autre, en brandissant sa "réforme du capitalisme" dont aucun des participants ne veut !

Mais chiffres auxquels on répond par le "glorieux" " je dirige la 5° puissance économique du monde" dans laquelle on laisse ses ministres, l'un expliquer que : " Faire travailler bénévolement les chômeurs serait une excellente idée" tout en regrettant que : "cette mesure serait difficile à appliquer en France" - L'Union Ou l'autre affirmer qu'il " ignore le nombre de chômeurs sans ressources " - Slovar

Il serait peut être temps, Monsieur le Président, de vous souvenir de vos déclarations et promesses de campagne de 2007, disponibles sur le site "ABECEDAIRE des propositions de Nicolas Sarkozy". Site, qui vient très récemment ... d'être supprimé par l'UMP (disponible, provisoirement, en cache Google) : " Je veux donner à chaque Français les moyens de réaliser ses projets et tout particulièrement à la jeunesse parce qu’elle porte en elle le monde de demain " Discours Besançon (13/03/07)

Au fait, monsieur le Président : Les restos du Coeur vont ouvrir leur 26e campagne d’hiver lundi 29 novembre 2010 et ils manquent de locaux . Peut être pourriez-vous donner quelques consignes ...


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08 novembre 2010

CGPME : Comment faire son lobbying pour 2012 tout en "bouffant" du MEDEF !

En général d'accord avec le MEDEF lorsqu'il s'agit de réduire des avantages sociaux, la CGPME s'en prend ouvertement à celui-ci, (sans jamais le nommer) dans un document baptisé "code éthique de l'entrepreneur" remis à Hervé Novelli Les "petits patrons" seraient t-ils plus progressistes que ceux du CAC40 ? Pas certain !

Les rapports entre la CGPME et le MEDEF ont toujours été tendus. Il est vrai que le MEDEF bénéficie d'une plus grande aura auprès des gouvernements. Néanmoins, dans la mesure où il n'existe aucun instrument de mesure de la représentativité patronale ( alors que depuis 2008 les syndicats de salariés sont soumis à des mesures d'audience) la CGPME essaye régulièrement de s'attaquer au "monopole" que représente à leurs yeux l'organisation de Laurence Parisot

Un des récents faits d'armes de la CGPME est assez significatif de l'ambiance entre les deux organisations. En effet, en juillet 2010 : la CGPME a déposé un recours au conseil d'état pour pour "excès de pouvoir" Le Secrétaire général de la CGPME, Jean-Eudes du Mesnil du Buisson affirmant : " C'est un aboutissement juridique d'un conflit qui est larvé depuis plusieurs mois" entre le Medef et la CGPME .. / .. Reconnaissant "une rivalité entre CGPME et Medef sur la représentation des PME", il a estimé que son organisation ne pouvait "pas accepter que le Medef s'arroge le quasi-monopole des PME car ça ne correspond pas à la réalité" du terrain ... / ... " - Daily Bourse

Calendrier électoral oblige, la CGPME entend bien apporter sa contribution aux "idées de campagne" de la majorité présidentielle, et vient de publier et remettre en mains propres au ministre Novelli un : "Code éthique de l’Entrepreneur CGPME - réflexion de la CGPME sur les valeurs de l'entrepreneur patrimonial"

Et d'entrée : feu sur l'adversaire ... MEDEF !

Extraits du communiqué sur le site de la CGPME : " A chaque instant de son engagement, le chef d’entreprise doit anticiper, décider, agir, transformer, créer, innover, produire, résister, durer...autant d’actions susceptibles de le placer face à un choix « éthique » ... / ... il est ici question de l’entreprise patrimoniale et donc du patronat réel, incarnation personnifiée de l’entreprise qui le distingue du patronat de gestion ... / ... "

Si dans ce "code éthique de l’Entrepreneur ", la CGPME se donne le beau rôle, elle en profite pour crucifier les patrons "stars" du CAC40 et leurs méthodes sans pour autant convaincre sur sa capacité à faire mieux au niveau sociétal ou social.

" Le patronat réel se distingue du patronat de gestion : le patron qui dirige une entreprise qui ne lui appartient pas a certainement pour ambition d’y faire carrière. Mais il ne gère que le patrimoine d’autrui. Il n’utilise et n’engage que ses capacités personnelles. Si éminentes soient elles, elles ne représentent pas l’engagement absolu et illimité qui est celui du patronat réel. Le patronat de gestion dépend de puissances qui le dominent et l’utilisent. Le patronat réel ne dépend que de lui-même. Il vit, meurt ou se perpétue le plus souvent avec les entreprises qu’il crée de ses mains... / ... " page 2

Au delà de cette attaque qui s'adresse directement aux adhérents de l'organisation dirigée par Laurence Parisot, les adhérents de la CGPME sont-ils meilleurs que ceux du MEDEF dans les domaines : du dialogue avec ses salariés, des discriminations dans l'emploi, du respect du consommateur ou de la responsabilité écologique ?

Dialogue social

" Organisation représentative du patronat réel, la CGPME adhère au principe d’un dialogue social fondé sur la négociation collective en partant d’une représentation paritaire des acteurs économiques employeurs-salariés... / ... " page 59

La preuve ?

Ce communiqué publié sur le site de la CGPME concernant : le projet de loi initial sur la démocratie sociale dans les TPE (moins de 11 personnes)

" ... / ... Relayée à travers toute la France par le biais de ses Unions territoriales, la forte mobilisation de la CGPME a payé ... / ... Le résultat est là : les TPE échapperont à une nouvelle forme de bureaucratie permettant aux syndicats de salariés de se voir attribuer un droit de regard là où ils ne sont pas présents.... / ... "

Résultat : suppression du texte concernant la création facultative de commissions mixtes paritaires dans lesquelles les représentants élus des TPE devaient siéger - Chef d'Entreprise

Discriminations

" ... / ... En favorisant l’employabilité de chacun de nos salariés au bénéfice de la performance de l’entreprise ... / ... En faisant de la diversité une force de l’entreprise en sachant mêler âge, sexe, handicaps, origines ethniques ou raciales différentes " Page 46 et " faire ses meilleurs efforts pour améliorer le niveau de formation de ses salariés, traiter à même niveau de responsabilité sociale l’emploi des jeunes comme le maintien dans l’emploi des seniors, et ne pas pratiquer de politique discriminatoire d’embauche en favorisant la diversité ... / ... " Page 10

La preuve ?

On pouvait lire sur le Parisien, la déclaration suivante : " ... / ... La mise en oeuvre d'une politique de quotas, qui ne dit pas son nom, est une erreur ... / ... Veut-on demain interdire aux chefs d'entreprise de décider librement qui ils embauchent ? ... / .. "

Plus précis, ce communiqué publié sur le site de la CGPME

" La CGPME est résolument hostile à la mise en place d’une politique de quotas, qui plus est inapplicable dans les PME. Elle rejette toute sanction qui aurait, à nouveau, pour résultat d’opposer les catégories de salariés les unes aux autres ... / ... "

Sans oublier bien entendu le CV anonyme dont la CGPME affirme que : "Lutter contre les discriminations, trois fois oui, mais complexifier un recrutement, trois fois non!" La confédération fait valoir que le CV anonyme "peut s'avérer contre-productif" dans les PME-PMI ne disposant pas de service RH " - l'Express


Le respect du consommateur

" ... / .... Il s’engage à produire et démontrer la qualité des produits et services qu’il met sur le marché sans contrevenir à la moralité, et dans le strict respect de l’environnement"

La preuve ?

Ce communiqué publié sur le site de la CGPME

" Assises de la Consommation : ... / ... la CGPME ne souhaite pas l’instauration en France d’actions collectives, qui, sous couvert, de conflits de consommation de masse avec certains grands groupes, risqueraient, au final, de pénaliser également les PME. Les petites entreprises particulièrement fragiles dans la période actuelle, ne doivent pas être les victimes collatérales d’un débat, qui, nous dit-on, ne les concernent pas "

Strict respect de l'environnement ?

" ... / ... La décision de renoncer à l'instauration d'une taxe carbone nationale est sage. Cette taxe instaurait une distorsion de concurrence au détriment des entreprises françaises. La CGPME se réjouit de ce ballon d'oxygène ... / ... " - CGPME

Cependant, la CGPME se veut magnanime en ce qui concerne tous ceux qui sombrent dans la précarité, puisqu'elle concède que ces "éclopés" peuvent être réparés par l'économie solidaire. Pour mieux réintégrer les entreprises "normales" ?

" ... / ... Mais si le marché est un mécanisme nécessaire, il ne peut régler à lui seul les problèmes de distribution. Certains facteurs humains (handicaps) entrainent des besoins collectifs ou de biens publics qui, faute de ressources suffisantes, échappent à la loi du marché. De nécessaires politiques d’insertion relevant de la solidarité humaine justifient la prise en compte de ces populations en leur donnant ouverture au monde économique marchand par le canal de l’économie solidaire ... / ... " Page 21

Ce qui est beaucoup plus facile que d'y participer comme l'expliquait Jen-François Roubaud le leader de la CGPME au site handicap.fr au sujet de l'emploi des handicapés. Intégralité de l'interview

" ... / ... Je vous donne juste un exemple, dans un autre domaine, pour illustrer certaines incohérences : une PME qui passerait une annonce spécifique pour recruter un senior serait accusée de discrimination. Comment composer avec toutes ces contraintes ? Des quotas pour l'embauche des seniors, des jeunes, des personnes handicapées... C'est difficilement réalisable pour les petites entreprises qui n'ont pas forcément des postes spécifiques pour chacune de ces catégories d'employés.... / ... Il y a néanmoins une mesure qui nous paraît assez simple à mettre en œuvre : pouvoir faire appel à des travailleurs indépendants handicapés en sous-traitance, avec les mêmes avantages et équivalences que pour les établissements spécialisés ... / ... "

Si vous voyez une différence avec une autre organisation patronale ...


Sources
Code éthique de l’Entrepreneur CGPME

Crédit et copyright photo
Challenge

05 novembre 2010

Le faux "rebond" des chômeurs en fin de droits !

En décembre 2009, Pôle Emploi annonçait que le nombre de chômeurs en fin de droits était estimé à 100.000 en 2010. Ramené à 325 000 en avril 2010, ils devaient être pris en charge dans le cadre du "plan rebond". Or ils ne seraient, à ce jour, qu'à peine 3.000 à en avoir bénéficié !

Le 15 avril dernier, le Gouvernement et les partenaires sociaux, à l'exception de la CGT, concluaient un accord portant le nom de Plan rebond pour l'emploi : "destiné à apporter des réponses concrètes aux demandeurs d'emploi en fin de droits à l'assurance chômage"

Cet accord définissait

la mise en place de 70 000 formations rémunérées et de 170 000 contrats rebond, pour faciliter le retour à l'emploi. Pour compléter cet effort, les régions seront sollicitées pour proposer 20 000 formations supplémentaires ; une Aide exceptionnelle pour le retour à l'emploi. Pour bénéficier de cette aide, les demandeurs d'emploi devront s'engager à suivre une formation ou à conclure un contrat aidé, selon une logique de droits et de devoirs ... / ... " - Source Gouvernement

Du côté des signataires, comme la CFDT, on se réjouissait du fait : " ... / ... qu’aucun chômeur en fin de droits ne soit laissé pour compte et que les partenaires sociaux et l’Etat aient pris leurs responsabilités dans la prise en charge de cette question ... / ... "

En clair, problème réglé et passons à autre chose !

Or, le 3 novembre, on apprenait que : " Les mesures pour quelque 325.000 demandeurs d'emploi arrivant en fin de droits à une indemnisation en 2010 ont concerné à peine 3.000 personnes pour l'instant, a affirmé mercredi la CGT, réclamant "une explication sur ce fiasco"

Sur quoi s'appuie la CGT pour affirmer cela ?

" D'après nos informations et après avoir consulté les agents de Pôle emploi, à peine 3.000 personnes ont pu bénéficier du "plan Rebond"» arrivant à échéance fin 2010 et «les contacts auprès du cabinet du secrétariat d'Etat à l'Emploi ou de la direction de Pôle emploi confirment le fiasco... / ... " La CGT : "... / ... appelle à identifier les dysfonctionnements pour trouver enfin une solution aux demandeurs d'emploi en fin de droits et exige d'ores et déjà que les 750 millions d'euros de fonds mobilisés et provisionnés soient reconduits sur 2011. Et que les demandeurs d'emploi arrivant en fin de droits au cours de l'année prochaine puissent également bénéficier du dispositif " - Libération

Et oui, car au delà de la mise en place qui s'effectue très lentement, le plan rebond est extrêmement provisoire et de nombreux chômeurs ayant atteint la limite de leurs droits pourraient se retrouver sans aucune ressource dans quelques mois !

Et qu'en dit l'un des "promoteurs" du plan rebond : Laurent Wauquiez ?

" ... / ... Interrogé lors de son audition devant la Commission des Affaires sociales de l'Assemblée nationale sur ce nombre de bénéficiaires d'environ 3.000, M. Wauquiez a répondu que "les chiffres qui ont été donnés sont faux" et le ministre d'ajouter : " On aura bientôt lors d'un comité de pilotage avec les organisations syndicales le point sur les chiffres. Pour l'instant, je ne les ai pas ... / ... "

Néanmoins, fait remarquer le site Boursorama : " Lors d'un point d'étape sur la politique de l'emploi début octobre, le secrétaire d'Etat à l'Emploi Laurent Wauquiez n'avait livré aucun bilan sur le plan pour les chômeurs en fin de droits, affirmant que "ce sont des remontées de données très longues ... / ... "

Epatant, un ministre qui ne possède aucun chiffre sur un sujet aussi important, mais s'est plut à brandir le plus vite possible, les résultats d'une consultation web, auprès des chômeurs, contestée par nombre de syndicats comme la CFDT ou le SNU, comme l'indiquait La Fusion pour le Nuls reprenant un article de l'AEF : " ... /... L'échantillon (…) ne concerne que des demandeuses et demandeurs d'emploi ayant communiqué une adresse e-mail », ce qui représente seulement « 55 % » des demandeurs d'emploi selon le SNU. L'organisation estime que les 45 % « écartés » par l'enquête « sont les moins autonomes et les plus précaires ... / ... "

Mais peut être que Laurent Wauquiez a la tête ailleurs, puisque, en plus d'attendre de savoir dans quel ministère il exercera ses talents après le remaniement, il est avec Nathalie Kosciusko-Morizet, chargé du débat, sur le projet de l'UMP pour la présidentielle de 2012 !

Pour l'instant, le ministre/conseiller politique de l'UMP, maire du Puy en Velay et fondateur du club de réflexion "la droite sociale", travaille sur : " ... / ... les grandes questions inhérentes à l’éducation, l’ascenseur social, l’avenir des enfants, leur chemin vers l’emploi" - UMP

Ce qui devrait ravir les enfants de chômeurs et tout particulièrement ceux dont les parents sont en fin de droit ...

04 novembre 2010

Assistantes sociales : Un métier de crise ou en crise ?

Symboles de la dernière chance pour certains ou sommet de l'humiliation pour d'autres, les assistantes sociales communiquent peu. Et pourtant en ces temps de crise économique et de précarité accrue, elles sont obligées, suivant la formule du gouvernement, de : "faire mieux avec moins"

C'est le leitmotiv d'une partie de la majorité présidentielle ces dernières semaines : Il faut un Premier Ministre "social" pour calmer des millions de français en colère contre la très injuste réforme des retraites ! Seulement un ministre, et surtout le Premier, c'est tellement loin du terrain que, pour parodier Pierre Desproges, je dirais qu'un ministre qui parle de social c'est un peu "comme si le pape parlait du stérilet de ma belle soeur !"

Le terrain, chez les assistantes sociales on connaît ! Et on est bien loin de l'actrice Véronique Jeannot dans la série "Pause Café" diffusée sur TF1 en 1981-82 dans laquelle elle répondait toujours "présente" pour aider les adolescents en difficulté. Car, l'assistante sociale ce n'est pas seulement devenir l'amie des élèves d'un lycée de banlieue en leur offrant son écoute autour d'une tasse de café ! Les compétences qui leur sont demandées et leur champs d'intervention, vont bien plus loin comme l'explique le site Studya

En bref pas de quoi chômer ! Surtout que ceux qui leur demandent d'intervenir sont souvent au bord de la rupture et ne peuvent comprendre la notion de délai ou même de refus (voir forum "À quoi sert une assistante sociale" sur Au Feminin.com )

Valérie Agha est l'une d'entre elles. Elle est aussi blogeuse et a baptisé ironiquement son blog "Pause Café". Depuis 2008, elle a pris l'habitude d'y écrire son quotidien et depuis peu d'en réunir une partie dans un vrai livre papier. Et un blogueur qui parle de social et qui se retrouve dans les librairies, ça m'a donné de me le procurer. Ce que j'ai fait. Puis, je l'ai contactée pour lui proposer de répondre à mes questions et le plus simplement du monde, elle accepté.

Slovar : Vous évoquez dans votre livre un manque de moyens financiers, de personnel et d'implication de la hiérarchie. Pensez-vous, par rapport à vos débuts dans le métier que ces moyens et cette implication se dégradent ?

Valérie Agha : En ce qui concerne les moyens financiers, les budgets d’action sociale sont réduits d’année en année. En polyvalence de secteur (service social de « quartier »), mes collègues me rapportent que le manque est encore plus criant. A l’époque où j’y travaillais, on disposait déjà de très peu de moyens pour soutenir les familles en difficulté. Aujourd’hui, les aides financières sont octroyées au compte-goutte.

La mise en place de barèmes financiers (auparavant, l’évaluation de l’assistante sociale primait sur les considérations purement mathématiques du budget familial) excluent du système d’aide sociale les salariés, même les moins bien rémunérés et alimente la problématique des « travailleurs pauvres. » Les prises en charge hôtel (certains conseils généraux prennent en charge tout ou partie des frais d’hôtel des familles sans domicile) se font exceptionnelles et extrêmement réduites dans la durée. Même les départements dont la politique est axée sur le social depuis toujours peinent à alimenter les budgets d’action sociale ; l’Etat leur a confié des missions telles que le RSA ou la MASP sans leur allouer de budget nécessaire à leur mise en place. Je ne parle pas des contingents de logements sociaux, notamment dans la fonction publique, qui se réduisent à une peau de chagrin (actuellement moins de cent logements pour la quasi totalité des fonctionnaires d’Ile de France).

S’agissant du personnel, j’évoque dans le livre les services judiciaires de protection de l’enfance. Ils croulent littéralement sous les mandats et n’ont pas le temps d’exercer leurs missions que la mesure arrive à son terme. Pendant ce temps, l’enfant et la famille qui ont besoin d’aide sont toujours dans la même situation. Les services sociaux (secteurs, hospitaliers, scolaires…) manquent bien sûr également de personnel. Mais je suis de plus en plus surprise de constater que nombre de mes collègues en province peinent à trouver un emploi. Cette situation m’interpelle et j’ai du mal à en saisir la cause : suppressions de postes ? De la même manière, des services tels que les CAF, les MDPH, les sécurités sociales…accusent des retards tels qu’ils doivent fermer leurs portes plusieurs mois dans certains départements, afin de traiter les dossiers. Une personne handicapée peut attendre un an ou plus en Seine Saint Denis pour voir son dossier aboutir.

Concernant le manque d’implication de la hiérarchie, je suis plus mesurée. Dans mon secteur d’activité (la fonction publique d’état), je rencontre assez régulièrement des responsables de services, des institutions plutôt soucieuses du bien-être des agents qu’ils encadrent. Bien sûr, il m’arrive aussi de croiser des directions plus soucieuses de la « rentabilité » de leurs services que des personnes avec qui elles travaillent, des responsables plus ou moins à l’écoute, plus ou moins ouverts aux difficultés de leur prochain, tout simplement.

Slovar : Alors que la France s'enfonce dans la crise, pensez-vous voir arriver dans vos services des personnes très différentes de celles que vous évoquez dans votre livre ?

Valérie Agha : Cela fait déjà un moment que je constate que le public que je reçois se diversifie. Je ne sais pas si cette situation peut directement être imputée à la crise et je suis prudente quant aux raccourcis à employer pour expliquer ce phénomène. Il y a différents facteurs, notamment celui de la communication : je suis de mieux en mieux connue dans l’institution dans laquelle je travaille et je suis identifiée comme étant à la disposition de tous les types de populations, ce qui est somme toute très positif.

Ce que je constate, c’est une accentuation de la « chronicité » des situations. C’est-à-dire de plus en plus de personnes qui ne réussissent pas à « refaire surface », malgré les aides octroyées, et qui sollicitent très régulièrement le service social. Certaines ne parviennent plus à se loger à Paris et en banlieue. D’autres repoussent d’elles-mêmes leur départ en retraite, faute d’avoir accumulé un nombre suffisant de trimestres ou faute de moyens.

Slovar : A l'aune des mesures de rigueur annoncées par le gouvernement, pensez-vous que vous écririez le même livre dans les mois ou années à venir ?

Valérie Agha : Mon livre raconte en premier lieu des histoires de vies et au travers de ces portraits, mon quotidien d’assistante sociale. Ces personnes qui sont amenées à se rendre au service social peuvent être n’importe qui : vous, moi. La barrière est mince, le décrochage de plus en plus facile. Ce sont avant tous ces aspects que j’avais envie de mettre en valeur. Donc à priori, les mesures du gouvernement ne changeraient rien à cela.

Slovar : Les medias évoquent ces dernières semaines la possible arrivée d'un premier ministre plus "social" que le précédent. Selon vous, cela peut-il avoir une influence sur votre métier ?

Valérie Agha : Je le suppose, et je l’espère. Il est évident que des mesures sociales telles que la mise en place du RSA, des lois d’envergure concernant le handicap, l’accès aux soins, la retraite, l’immigration, ont des retentissements directs sur l’activité des assistants sociaux. Nous sommes en charge de mettre en œuvre, sur le terrain, cette politique. De plus, il ne faut pas oublier qu’en qualité de fonctionnaires nous sommes nous-mêmes des représentants de l’Etat. Ce qui peut parfois nous mettre dans des positions délicates, lorsque les dispositions étatiques ne sont en adéquation ni avec notre vision personnelle de la société ni avec notre éthique professionnelle.

Merci Valérie

Bibliographie
Chronique de vies ordinaires

03 novembre 2010

Réforme des retraites : La machine à précariser les chômeurs seniors !

Même si, de l'Elysée à l'UMP ont fait profil bas sur le vote de la réforme des retraites et que du côté du patronat on fait mine d'accepter une une discussion de principe sur les chômeurs jeunes et âgés, on commence à percevoir les dégâts que va provoquer le report de l'âge légal de départ à 62 ans !

C'est vrai qu'à part Eric Woerth, qui s'est distingué, en s'autoproclamant sauveur du modèle social français : " Ce qui sort victorieux de tout cela, c'est le régime par répartition qui est consolidé, régime par répartition de nos retraites. C'est comme ça qu'il faut voir les choses. Il n'y a pas de victoire, il n'y a pas d'humiliation. Il n'y a pas des gens qui gagnent ou des gens qui perdent : c'est la France qui gagne." - Wat TV

On s'est très vite dépêché à l'UMP de changer de sujet pour mieux se consacrer à la préparation des élections de 2012 en lançant un nouveau site : Les rendez vous pour la France !

" il n'y a pas des gens qui gagnent ou des gens qui perdent " Ben voyons !

Nous allons essayer, au travers de 3 analyses, de vous montrer que le gouvernement et sa majorité, viennent bien de mettre en place la plus formidable " machine à précariser les chômeurs seniors " en transférant à l'UNEDIC la responsabilité financière de la "réforme" avec à court terme une véritable paupérisation des plus de 50 ans sans emploi !

Le premier à "ouvrir le feu" est Henri Sterdyniak, économiste à l'OFCE, qui s'est confié sur le sujet au journal l'Union Presse

Union Presse : Le report de l'âge légal du départ à la retraite va-t-il se répercuter directement sur le chômage des jeunes?

" Le taux de chômage devrait être de l'ordre de 10 % l'année prochaine ... / ... Or, le report de l'âge de la retraite suppose que l'on retrouve 1,4 million d'emplois supplémentaires et pour cela il faut une croissance très vive.

Si l'on veut réussir à embaucher les seniors avec un taux de chômage de 5 % en 2020, comme le prévoit le projet gouvernemental, il faudrait une croissance annuelle de 2,7 %. Donc on a deux scénarios possibles. D'abord un scénario rose où la croissance aboutit à 2,7 % et effectivement il est possible d'embaucher des jeunes et des seniors. Mais il apparaît très peu probable.

Ensuite, il y a un scénario gris, malheureusement le plus probable, qui est celui d'une croissance médiocre. On aura dans ce cas une hausse du chômage des 58-62 ans qui ne réussiront pas à se maintenir en emploi. Et quand ils réussiront à le faire, cela aura une répercussion assez nette sur l'emploi des jeunes"

Union Presse : Y aura-t-il un transfert de charges entre les caisses de retraites et l'assurance chômage ?

Oui. Heureusement, les chômeurs coûtent en général deux fois moins cher que les retraités. On va peut-être économiser 20 milliards sur les retraites mais en payant 10 de plus sur le chômage. Cela veut dire que la réforme des retraites sera payée par des jeunes qui ne trouveront pas d'emploi, et qui du coup n'auront pas d'indemnités, et par le fait que les 60-62 ans marineront à l'Unedic ... / ... "

Et il semble que ces 60-62 ans devraient être de plus en plus nombreux, puisque de façon discrète, les entreprises continuent à se séparer des 55 ans et plus !

En effet : Le Centre d'analyse stratégique indique, dans une étude remise au Premier Ministre, dont-il dépend, que la rupture conventionnelle : " ... / .... a connu une montée en charge spectaculaire depuis sa création il y a deux ans, avec 400.000 ruptures conclues... / ... " Et l'étude de préciser : " ... / ... L'une des dérives pourrait être l'utilisation de la procédure par l'entreprise pour alléger son effectif senior. Selon une étude du régime d'assurance chômage (Unedic), l'inscription au chômage après une rupture conventionnelle touche plus fréquemment des salariés âgés, surtout les plus de 55 ans ... / ... " - AFP/Google

Alors, comment ne pas prendre très au sérieux l'interview publiée le 7 octobre dernier d'Eric Aubin et Maurad Rabhi membres de la direction confédérale de la CGT, chargés respectivement des retraites et de l'emploi parue sur Mediapart

" ... / ... Que se passerait-il avec le recul de l'âge légal du départ en retraite?

La plupart resteraient chômeurs au lieu d'être retraités ... / ... L'actuelle convention Unedic permet aux demandeurs d'emploi de plus de 50 ans d'être indemnisés sous conditions pendant 36 mois à hauteur en moyenne de 57 % de leurs revenus d'activité antérieurs. A l'issue de cette durée, ils basculent dans le régime des minima sociaux (RSA ou ASS) pour un montant d'environ 460 euros par mois ... / ...

Les chômeurs qui ont cotisé suffisamment mais n'ont pas atteint l'âge légal du départ à la retraite sont pris en charge par l'Etat, via l'allocation équivalent retraite (AER) d'un montant d'environ 980 euros par mois. Mais ce dispositif arrive à échéance à la fin de l'année ... / ... Autrement dit, l'Unedic est appelé à la rescousse pour pallier les conséquences de la réforme des retraites ... / ... Sachant que le Medef ne veut pas entendre parler d'une augmentation des cotisations ... / ... Au bout du compte, la réforme des retraites risque donc de se payer au prix d'une hausse de la pauvreté chez les salariés en fin de vie professionnelle, avec des répercussions en chaîne sur le montant de leur future pension ... / ... "

l'UNEDIC tiendra t-elle le coup longtemps, à ce régime ?

Selon le Canard Enchaîné de ce matin : " la nouvelle convention UNEDIC qui fixer bientôt le montant des cotisations et des allocations expire en mars 2011" Et il semble que les dirigeants de l'organisme auraient suggéré à : " l'Elysée de la prolonger d'un an" Ce qui signifierait : Une baisse des allocations de chômage couplée à une hausse des cotisations en mars 2012 juste avant les présidentielles"

Notre président envisageant très clairement de faire un nouveau mandat, on peut donc, selon toute vraissemblance, tabler sur l'après présidentielle, pour voir : " une hausse de la pauvreté chez les salariés en fin de vie professionnelle, avec des répercussions en chaîne sur le montant de leur future pension " !

Merci qui ?

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Le Point

02 novembre 2010

Relocalisations : Un retour très sélectif et des emplois ... à minima !

En août, le gouvernement, mettait en place une aide à la relocalisation de la production industrielle. Si quelques entreprises ont acté leur retour en France, force est de constater que les emplois créés, ne compenseront jamais ceux détruits par les délocalisations

Le 4 férvrier dernier, Christian Estrosi le ministre de l'industrie déclarait : " La France « doit redevenir une grande puissance industrielle » et relocaliser au lieu de délocaliser " - Achetons français

Quelques mois plus tard, dans une note d'analyse " L'emploi salarié en 2009 niveau record des destructions d'emploi " parue en août 2010, Pôle Emploi écrivait : " Après une année 2008 en léger recul (– 0,5%), l’année 2009 se caractérise par des pertes nettes d’emploi en très forte accélération... / ... Ce recul avoisine celui enregistré en 1992, année correspondant à la précédente récession économique ... / ... L’année 2009 voit s’accélérer les pertes d’emploi dans le secteur industriel et dans le tertiaire. le poids de l’industrie continue à diminuer, celle-ci n’employant plus qu’un peu moins du cinquième de la population salariée (19,0 %, soit une baisse de près de 9 points depuis 1993) ... / ... " Intégralité de la note d'analyse

Ce constat, lourd de conséquences, donnait lieu à la mise en place d’un dispositif d’aide à la relocalisation, doté de 200 millions d’euros, censé donner envie aux entreprises ayant délocalisé leur production, de revenir sur le territoire national et d'y créer des emplois.

Pour quel résultat estimé ?

Selon la direction du trésor : " cette mesure devrait permettre de créer seulement 2.000 emplois dans l’industrie, alors que 2 millions ont été supprimés en 30 ans ... / ... " - Capital

Qu'en disent les entreprises qui relocalisent une partie de leur production en France ?

Après le retour en fanfare du Coq Sportif , pour lequel ... 13 emplois "assez hautement qualifié" ont été créés. Libération nous présente celle de Rossignol qui : " après une délocalisation en 2007, devrait rapatrier sa production asiatique en Haute-Savoie d’ici janvier "

Et là, une fois de plus, si : " Rossignol va rapatrier d’ici janvier la production de 60 000 paires de skis de Taïwan à Sallanches, en Haute-Savoie" par contre : " Le nombre de créations d’emplois résultant de cette relocalisation est en revanche plus modeste. Vingt équivalents temps plein, pour la plupart des CDD ou des CDI à temps partiel " Et libération de préciser : " En cinq ans, le groupe a perdu près la moitié de ses salariés, passant de 2 300 emplois dans le monde en 2005 à 1 200 aujourd’hui ... / ... "

Alors, " patriotisme industriel " comme le clamait Christian Estrosi ?

Certainement pas puisque Bruno Cercley, le patron du groupe, qui a refusé les aides, est parfaitement clair sur cette relocalisation : " ... / ... On n’est pas là pour sauver des usines. S’il fallait en fermer, nous en fermerions. Même s’il est vrai que cela nous fait toujours plaisir de faire revenir des emplois en France ... / ... " et d'ajouter, en ce qui concerne le plan d’aide aux relocalisations de 200 millions d’euros : ... / ... Cela ne sert à rien de relocaliser pour relocaliser. Il faut que cela soit intéressant stratégiquement pour l’entreprise, sinon ça ne marchera pas ... / ... "

Et oui, comme l'écrit Come4news : " Il s’agit avant tout de quelques segments d’activité qui ont besoin d’un savoir-faire très particulier ; pour les autres industries à main d’œuvre importante le choix sera toujours de rechercher les pays à faible coût salarial "

Ce qui donne encore plus de relief au propos de Christian Estrosi, en février 2010 : " Oui je crois qu'avec le président Sarkozy une grande politique industrielle digne de ce nom est de retour pour notre pays ... / ... "

Nicolas Sarkozy qui déclarait en 2007 : " Contre les délocalisations, je mettrai en oeuvre une politique industrielle, en choisissant les secteurs stratégiques sur lesquels concentrer nos efforts ... / ... Accepter la fin de l’industrie comme une fatalité est une erreur stratégique ... / ... Je propose que soit mise en œuvre une politique de filières qui permette à la France d’exploiter ses atouts et de tirer le meilleur parti de ses avances technologiques et de son image de marque dans le nucléaire, le ferroviaire, l’espace, l’automobile, la santé, l’agro-alimentaire, le tourisme ou le luxe, ou encore dans les technologies propres où la France est en mesure, si elle s’en donne les moyens, de prendre un avantage décisif ... / ... " - Abécédaire des propositions de Nicolas Sarkozy

Sans commentaire !


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Studio Guezou

01 novembre 2010

Contrat de travail unique : Déshabiller les uns pour ... à peine habiller tout le monde !

Trop de chômage et pas assez d'emplois. La gauche avait initié le concept du "partage du travail" au travers des 35H00. La droite, bien aidée en cela, par ses fondations et think tanks libéraux tiens à son idée : Flexibiliser à tous prix le contrat de travail et ainsi, "partager le chômage" entre tous !

Claude Bébéar le président de l'Institut Montaigne et ex patron du groupe d'assurances AXA vient de profiter des propos échangés entre François Chérèque et Laurence Parisot sur le chômage des jeunes et seniors pour remettre sur la table : " ... / ... la suppression du contrat à durée déterminée au profit d'un CDI plus flexible... / ... "

Et oui, braves gens, la rupture conventionnelle qui permet aux parties de se séparer sans choisir entre démission et licenciement pour faute et qui devait apporter plus de fluidité n'est en réalité pas suffisante !

Quels sont leurs arguments de l'Institut Montaigne pour faire disparaître le CDI ?

Le 17 septembre dernier l'Institut Montaigne écrivait : " Le CDI présente aujourd'hui une rigidité inadaptée, compte tenu de la souplesse exigée des entreprises par le marché et de l'évolution souhaitable des carrières professionnelles "

Et jamais à cours d'idées, le rapport présenté par l'Institut Montaigne propose, au delà d'un assouplissement du contrat de travail que : " ... / ... les conditions de rémunérations comprennent une part fixe, et une autre part variable. Celle-ci pourra s'adapter à l'activité de l'entreprise, un nouveau client ou un nouveau chantier. Cette partie variable pourrait s'achever à la fin de ce surplus d'activité (fin de chantier, fin de contrat avec le client) ... / ... " - Easybourse

Dit comme ça, il y a peu de chances que l'opinion y soit favorable ! C'est pourquoi Claude Bébéar interviewé par Le Monde essaye de minimiser les propos de Laurence Parisot : " Les entreprises n'ont aucune responsabilité dans le chômage des jeunes" et se lance dans une opération "pédagogie" pour nous faire avaler une très grosse couleuvre !

" Non, nous sommes tous responsables de cette situation. Et les entreprises sont de plus en plus nombreuses à reconnaître qu'elles ont une responsabilité sociétale" Avant de pointer du doigt ce qui lui semble être l'obstacle à leur intégration dans le monde du travail : " ... / ... cette stupidité que représente le contrat à durée déterminée, devenu le moyen d'utiliser le personnel comme variable d'ajustement "

Et hop, retour inopiné du vieux fantasme patronal : La mise à mort du CDI au profit du contrat de travail unique à droits progressifs.

Que propose Claude Bébéar ?

Ni plus ni moins que la mise en application du : " ... / .. Le projet de contrat unique présenté par deux économistes Pierre Cahuc et Francis Kramarz en 2004 ... / ... Le projet de contrat unique formulé par les libéraux se fonde sur plusieurs arguments : la flexibilité favoriserait l’emploi, les pays ayant libéralisé leur marché du travail connaîtraient des taux de chômage moins élevés, la réglementation française du licenciement serait inefficace et inégalitaire ... / ... " Fondation Copernic

En gros, l'idée serait de vous reproposer les "fameux" CPE et CNE. Mais en les réunissant, cette fois, en une même formule ! Et surtout de faire baisser considérablement le montant des indemnités dues en cas de licenciement. voir : tableau des contrats de travail au ban d'essai de 2006

Un peu comme l'ont fait les danois, qui comme l'explique le site idéologie européenne a donné le droit aux : " patrons de licencier à leur guise, quasiment sans préavis"

Et ça créé de l'emploi ?

" ... / ... Certains libéraux sont d’ailleurs forcés de le reconnaître. Michel Camdessus dans son rapport de 2005 intitulé Le sursaut, vers une nouvelle croissance pour la France, écrit ainsi : « Force est de constater que cette plus grande flexibilité de l’emploi n’a pas permis une réduction significative du chômage. » ... / ... Au Danemark, le nombre important de chômeurs en formation sont sortis des statistiques. Ainsi aux côtés des 190 000 chômeurs officiels formant le taux de 6%, il convient de mentionner 38 000 chômeurs en stages ou contrats aidés, 43 000 chômeurs en fin de droit, 95 000 « passifs » jugés inemployables ... / ... " Ecrivait la Fondation Copernic

Au fait, ils en sont où les danois avec leur système ?

" ... / ... Aujourd’hui, l’assurance chômage est de plus en plus exigeante avec les chômeurs. ... / ... Le périmètre dans lequel on est en devoir d’accepter un emploi est plus large qu’avant (étendu à 4 heures de transport par jour). Et pour pouvoir bénéficier de l’allocation chômage, il faut désormais avoir travaillé 52 semaines dans les 3 années qui ont précédé" Ce qui n'empêche pas : " ... / ... le syndicat des employeurs de réclamer toujours plus de flexibilité et une réduction de la durée d’indemnisation chômage ... / ... " - Base DPH

Néanmoins, selon Claude Bébéar, nous ne comprenons toujours pas le formidable intérêt de la globalisation : " ... / ... les Français ont une relation très particulière au travail. Ils sont productifs, appréciés comme tels à l'étranger. En même temps ils dénigrent le travail, se disent fatigués, aspirent aux congés, à la retraite. Au Canada, aux Etats-Unis jamais vous n'entendrez un tel discours ... / ... " - Le Monde

Et plus, aurait-il pu ajouter, ils ont le droit de vote, dont ils pourraient se servir pour virer les soutiens politiques des libéraux en 2012 ...

Mais, il ne fait nul doute que les français seront séduits par un projet de solidarité qui consiste à accepter de ... partager le chômage pour ... le plus grand profit des entreprises et de leurs actionnaires !


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FRAP

29 octobre 2010

Laurence Parisot : Les entreprises n'ont aucune responsabilité dans le chômage des jeunes !

François Chérèque a t-il pu croire une seconde à la validité de l'offre de Laurence Parisot d'une : " délibération sociale " sur le chômage des jeunes et seniors ? En tous cas, celle-ci est formelle : Il n’y a pas de responsabilité des entreprises dans le fait que le taux de chômage des jeunes soit très élevé !

Le leader de la CFDT aurait du lors de l'émission "Mots croisés" lundi soir, se rappeller de cette phrase de Nicolas Sarkozy : " pour négocier il faut avoir quelque chose à négocier" avant de lancer son : ... / ... Il faut absolument maintenant entrer dans les négociations sur l'emploi des jeunes, l'emploi des seniors, c'est une urgence"

Car, si cette offre de négociation immédiatement reprise au vol par Laurence Parisot : " ... / ... qualifiant cette proposition de "scoop" ... / ... " et affirmant " Je suis d'accord pour qu'on ouvre une délibération sociale, pour voir si on peut, sur ces sujets évoqués par François Chérèque commencer à travailler ensemble" ... / ..." - Slovar

Néanmoins, il semble bien, qu'on se soit un peu payé la tête des français, car ce joli dialogue, digne d'une pièce de Feydau, était dépourvue de spontanéité, comme le faisait remarquer le Canard Enchaîné, puisque " Raymond Soubie, le conseiller "social" de l'Elysée avait annoncé la veille sur Europe 1, le principe de telles négociations, quasiment dans les mêmes termes" - Le Monde

Au delà de ce constat, ce que nous regrettons, c'est que madame Parisot n'ait pas eu le courage de profiter de l'émission Mots croisés, pour expliquer sa perception du chômage des jeunes, qui tourne autour de 25 %

Elle a préféré se confier à Paris Match, (repris par Le Monde) où elle répond d'une façon aussi creuse que surréaliste !

Paris Match : Le taux de chômage des jeunes tourne autour de 25 %. N’y a-t-il pas une responsabilité des entreprises dans ce mal français ?

Laurence Parisot “Non, car embaucher coûte si cher que nos entreprises doivent se restreindre pour recruter. Restaurons le zéro charge pour toute embauche dans les TPE, elles sont le gisement de l’emploi futur ! " et de nous brandir : " l’Allemagne où le coût du travail est moins élevé, quoique les salaires y soient supérieurs"

Ce qui est parfaitement faux comme l'écrit Intox2007, se référant à un article du Monde du 24 mars 2010, où Mathilde Lemoine, directrice des études économiques de la banque HSBC France expliquait : " Le coût du travail est plus élevé au Royaume-Uni ou en Allemagne qu'en France"

Mais qu'à celà ne tienne puisque, Laurence Parisot a sa vision du "modèle social français "

Paris Match : Vous suggérez que le modèle social français est à revoir ?

Laurence Parisot : " ... / ... Notre modèle social doit évoluer pour intégrer une autre échelle, celle du monde, et ce fait majeur que la France est en perte de compétitivité ... / ... La ­Corée du sud va nous ravir la cinquième place des exportateurs mondiaux. C’était inimaginable il y a dix ans. Lorsque nos entreprises ne sont pas compétitives, elles doivent fermer, délocaliser, supprimer des emploi ... / ... "

Alors monsieur Chérèque, toujours persuadé de l'opportunité d'une "... / ... négociation entre le patronat et les organisations syndicales sur l'emploi des jeunes et des seniors ... / ... " ou sur ... le modèle social français du futur vu par le MEDEF ?

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Le Figaro

28 octobre 2010

Financement de la Sécurité Sociale : Les perdants et les gagnants !

Après avoir expédié la "réforme" des retraites, le gouvernement et sa majorité vont s'occuper de la Sécu. Au programme : Economies sur le dos des assurés et de plus en plus de transferts vers les assureurs qui voient d'un bon oeil cette nouvelle rente !

" Quand on a un marteau en tête, on voit tous les problèmes sous forme de clous " dit un proverbe, qui illustre, à merveille la façon dont le gouvernement et sa majorité sont en train de façonner la vie des français pour les années à venir.

Même si le dossier des retraites n'est pas, à notre sens clos, au gouvernement et à l'UMP, on est déja "passé à autre chose". Et cet autre chose, c'est, comme l'appelle, Christian Saout : " ... / ... Le détricotage du filet de sécurité que constitue l’assurance maladie ... / .. "

En effet : " Les députés ont commencé mardi soir l'examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2011 ... / ... présenté par François Baroin, ministre du Budget, et Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, qui proposent 4,5 milliards d'euros de recettes nouvelles et un plan d'économies de 2,4 milliards d'euros ... / ... "

Et là encore, le gouvernement fait preuve de sa "volonté de concertation" puisque : " L'examen de ce projet de loi ... / ... devrait s'achever vendredi soir ou samedi, l'Assemblée devant se prononcer le 2 novembre par un vote solennel sur l'ensemble du texte " - Le Point

Alors, tous aux abris ?

Si du côté de l'UMP on essaye de mettre en valeur les quelques nouvelles taxes qui pourraient contribuer à la baisse du déficit, comme nous l'expliquent Les Echos

- La hausse du forfait social sur la participation et l'intéressement de 4 % à 6 %
- L'augmentation des cotisations des employeurs au titre des accidents du travail.
- Assujettisement aux cotisations sociales les indemnités de licenciement supérieures à trois fois le plafond de la Sécurité sociale, soit 103.860 euros
- Soumission des actions gratuites au même régime que les stockoptions (le gouvernement y est hostile)
- Taxation des retraites chapeaux (seuil pas encore définit)

La réalité est beaucoup plus prosaïque, puisque ce sont les assurés qui vont payer au prix fort la majeure partie de ces économies !

C'est ce que nous explique la Mutualité Française : " Plusieurs ... / ... dispositions vont pénaliser les ménages et leurs complémentaires, à travers des transferts de charge directs pour un montant de 340 millions d’euros ... / ... les dispositifs médicaux, comme les attelles ou les pansements, seront remboursés à 60% au lieu de 65% ... /... relèvement du seuil à partir duquel la contribution du malade est plafonnée à 18 euros pour les actes coûteux, réalisés en ville ou à l’hôpital. Ce seuil passera de 91 à 120 euros. Les dépenses de transport ne seront plus systématiquement prises en charge pour les patients en affection de longue durée (ALD) ... / ... l’hypertension artérielle isolée ne sera plus inscrite à la liste des ALD ... / ... De fait, ces transferts de charge seront tout simplement imposés aux usagers après la publication des différents textes réglementaires ... / ... "

D'où proviennent ces informations ? Et bien, tout simplement des déclarations de Roselyne Bachelot, lors de la présentation du Projet de loi de financement de la sécurité sociale 2010. Et que disait-elle ?

" Tous les acteurs du système de soins devront poursuivre les efforts engagés et les maintenir dans la durée" ... Les patients compris !

Si certains argueront que la baisse du remboursement de quelques médicaments ou pansements n'est pas un drame, en ce qui concerne les ALD, on ne parle pas de remèdes au "Service médical faible ou insuffisant" Car, il s'agirait ni plus ni moins que de faire payer ceux que de graves maladies rendent les plus fragiles, en : Supprimant la prise en charge systématique des patients atteints d’affections de longue durée (ALD) comme l'indiquent la Mutualité Française et Futura santé

Ces mesures, que condamne Catherine Lemorton, député PS qui fait remarquer qu'il y a : " ... / ... quasi-obligation, pour ceux qui en ont les moyens, de recourir à une complémentaire santé pour se garantir un taux de couverture décent ... / ... "

C'est vrai ! Mais, si on en parlait, justement des organismes d'assurances qui vendent de la "complémentaire santé" et se voient accorder par le gouvernement la plus belle des rentes ?

C'est UFC-Que Choisir, qui s'en est chargée et nous donne ses constatations dans une enquête publiée le 30 septembre, sur le coût des dépenses de santé des ménages : " ... / ... l’inflation des primes est sans rapport avec les remboursements ». Soit une progression de 44% par personne couverte, entre 2001 et 2008, contre seulement une croissance de 27% des prestations de remboursement ... / ... Quand une personne consacrait 407 euros à se soigner en 2001, elle devait y consacrer 618 euros, sept ans plus tard. Soit une progression de 52% ... " Nous dit le site 24Ore

Si les assurés sont pieds et poings liés face à cette nouvelle "réforme", il n'en est pas de même semble t-il du côté du corps médical.

En effet, dans un article mis en ligne le 26 octobre 2010 par le site Le Journal de Médecine, on apprend que : " ... / ... L’attention des professionnels de santé et de l’ensemble des observateurs devrait se concentrer sur les garanties données quant au respect des hausses de tarif (notamment le passage du C à 23 euros pour les généralistes) ... / ... la disposition qui prévoit que les augmentations d’honoraires pourront s’appliquer trois mois (contre six auparavant) après la signature d’un accord entre l’Assurance maladie et les professionnels de santé devrait se révéler très rassurante ... / ... "

Mais comme le fait remarquer Le Figaro : " Alors que l'Assurance-maladie devrait enregistrer cette année un déficit historique de 14,5 milliards, la revalorisation des généralistes lui coûtera environ 250 millions par an. Le prix, espère le chef de l'État, de la réconciliation avec le corps médical, l'une des cibles électorales traditionnelles de la droite, qui a visiblement déserté lors des régionales, marquant son exaspération ... / ... " CQFD !

27 octobre 2010

Le chômage total ou partiel touche 3,999 millions de français !

Triste record des tenants du "travailler plus pour gagner plus" ! les personnes sans activité (au chômage) et ceux qui ont une activité réduite étaient à fin septembre 2010 près de 4 millions en France, selon le Ministère de l'emploi.

Obnubilé par sa "pédagogie" sur la "réforme" des retraites, le gouvernement semble avoir oublié que : Le chômage est de loin la plus grande inquiétude des Français. En effet : " Pour 28,8% d'entre eux, c'est la première des préoccupations " ! - L'Expansion

Or, les chiffres de septembre 2010 sont tombés hier et il sont franchement mauvais !

" ... / ... Le nombre de demandeurs d'emploi sans aucune activité (catégorie A) a progressé de 4.600, à 2,697 millions en septembre. En incluant les personnes ayant exercé une activité réduite, le nombre des inscrits au Pôle emploi a crû de 28.300, se rapprochant du seuil fatidique des 4 millions (à 3,999 millions) ... / ... " Ces chiffres viennent malheureusement confirmer ceux du mois d'août : " ... / ... +15.900 pour la catégorie A ... / ... " Détails sur AFP

Et que répondent les ministres concernés : Christine Lagarde et le secrétaire d'Etat à l'Emploi Laurent Wauquiez. ?

" Cette hausse limitée n'interrompt pas la tendance à la stabilisation du marché du travail observée depuis plusieurs mois ... / ...Les chiffres de septembre "montrent que le choc du mois d'août est en train de se résorber ... / ... L'année 2010 se terminera avec un recul du taux chômage ... / ... "

Ben voyons. Vous ne croyez pas, madame et monsieur les ministres, qu'il faudrait arrêter de prendre les français pour des enfants en bas âge ?

Car, si l'on en croit Eric Heyer, économiste à l'Observatoire français des Conjonctures économiques (OFCE), la situation devrait empirer : " la croissance n'est pas assez forte et visible à long terme pour inciter les entreprises à reprendre les embauches massives". "L'ajustement sur le marché de travail n'est pas terminé, même s'il y eu un peu de croissance".

Prévoyant un "essoufflement de la croissance en 2011", Eric Heyer : " table sur "une hausse du taux de chômage à 9,7% fin 2011, après 9,4% cette année" AFP/Google

Ces chiffres, qui parlent mieux que le bel étalage de propos technocratiques et politiques de nos ministres, mettent en "valeur" une donnée, au combien importante, au moment où les deux assemblées viennent de voter la "réforme" des retraites

" ... / ... le point noir reste la dégradation continue de l'emploi des seniors, sujet qui a été au coeur des polémiques sur la réforme des retraites. Le nombre des plus de 50 ans --sans activité ou avec activité réduite-- en quête d'un emploi a cru de 1,5% sur le mois et bondi de 16,3% sur un an (soit 727.200 personnes). Par ailleurs, le chômage de longue durée continue de progresser et touche désormais 1,469 million de personnes, plus du tiers du total des inscrits ... / ... " - AFP/Google

Ce qui vient contredire de façon formellle les propos que Laurent Wauquiez tenait dans une tribune libre, publiée le 13-10-2010 sur le site Le Marché des Seniors.

Extraits

" ... / ... La réforme des retraites veut inciter les séniors à demeurer en activité plus longtemps. Cette population a trop longtemps été considérée comme une variable d’ajustement en cas de ralentissement de l’activité économique ... / ... Le combat pour l’emploi des seniors est une priorité du gouvernement. Pour le gagner les incitations financières et les nouveaux dispositifs légaux doivent s’accompagner d’une véritable révolution des mentalités. ... / ...

En fait, cette population continue d'être la : " variable d’ajustement en cas de ralentissement de l’activité économique " contrairement à ce qu'affirme monsieur Wauquiez !

Et ce n'est pas le : " lancement du club "emploi seniors" qui " s'ajoutera à d'autres dispositifs: l'aide à l'embauche pour les demandeurs d'emploi de plus de 55 ans et le doublement de l'aide, jusqu'à 700 euros par mois, pour les entreprises dont les seniors assurent en toute fin de carrière le tutorat de jeunes ... / ... " ni d'ailleurs : " l'évaluation en milieu de travail, qui permet au candidat de tester l'entreprise (gratuitement) pendant quelques jours ... / ... " qui vont faire illusion !

A qui ferez-vous croire que les entreprise qui ne recrutent jamais de salariés de plus de 50 ans le feraient parce que l'état lui verserait des subsides. A moins de considérer que celles-ci ne sont que des vulgaires "chasseuses de primes" ?

Où est la : " véritable révolution des mentalités" dont vous parlez, si bien, monsieur Wauquiez, dans votre tribune ?

Non madame et monsieur les ministres, la réalité, c'est que vous ne pouvez rien faire contre des "allègements" d'effectifs ou comme l'écrit Eric Heyer : " ajustement sur le marché de travail " rendus plus faciles, notamment, grâce à la rupture conventionnelle. Vous avez accepté le principe pervers des organisations d'employeurs qui vous ont chanté une fois de plus : " la liberté de mieux licencier pour mieux embaucher " le tout sur fond de politique industrielle inexistante !

Devant une situation gravissime, les français ne pourront que constater que vous restez particulièrement silencieux le volet de la loi TEPA sur les "fameuses" heures supplémentaires qui représentent : " ... / ... chaque année environ 4 milliards d'euros (0,2% du PIB) pour inciter les salariés et les entreprises à faire des heures supplémentaires ... / ... " - Alternatives Economiques

Alors, s'il vous plaît : Arrêtez de prendre les français pour des enfants en bas âge !


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Babouse

26 octobre 2010

CFDT : Lacher la proie de la "réforme" pour ... l'ombre de la négociation avec le MEDEF ?

Alors que la CGT souhaite durcir le conflit avec le gouvernement, sur la réforme des retraites , Christine Lagarde vient de se réjouir en déclarant qu'elle pensait que : " l'expression est en train de changer et saluait à la fois le retour de la raison et du dialogue". L'appel du pied de François Chérèque au MEDEF n'y est pas certainement pas étranger !

Christine Lagarde semble bien informée, puisqu'elle a : " estimé mardi, sur Radio Classique, que le conflit sur les retraites était à un "tournant", ajoutant que le "retour au dialogue" était "une très bonne chose" et de lancer : " Je pense que l'expression est en train de changer et je salue à la fois le retour de la raison et du dialogue"

Ces propos faisaient référence à une "négociation sur l'emploi des jeunes et des seniors" proposée par le leader de la CFDT, François Chérèque et immédiatement acceptée par la présidente du Medef Laurence Parisot, lors de l'émission Mots croisés lundi soir sur France 2 " -AFP/Google

Alors, fin du front syndical uni au profit de négociations au contenu ... hypothétique ?

Souvent CFDT varie serait-on tenté de dire et de penser. Alors qu'il y a encore 4 jours, François Chérèque déclarait au sujet de la mobilisation sur la "réforme" des retraites : " Les salariés nous demandent de continuer et on le fait" Il soulignait dans ses propos : " un sondage ... / ... selon lequel 69% des personnes interrogées approuvent les grèves et manifestations contre le projet de loi" et ajoutait qu'il y avait "un fort sentiment d'injustice sur cette réforme et sur beaucoup d'autres choses" indiquant au passage : qu'il était " temps de se remettre à dialoguer " AFP/Google

" temps de se remettre à dialoguer " : C'est cette dernière phrase qui aurait du mettre la puce à l'oreille des salariés opposés dans leur grande majorité à la "réforme" !

Car, depuis quelques heures, visiblement la détermination du leader de la CFDT a du plomb dans l'aile !

En effet, François Chérèque, a déclaré lundi : " ... / ... La meilleure chose qu'on a à faire ... / ... c'est qu'on ouvre une négociation entre le patronat et les organisations syndicales sur l'emploi des jeunes, l'emploi des seniors" ... / ... On ne peut plus y couper, la responsabilité des entreprises est engagée. Le patronat a voulu cette réforme, sa responsabilité est engagée. Il faut absolument maintenant entrer dans les négociations sur l'emploi des jeunes, l'emploi des seniors, c'est une urgence"

Cette offre de négociation a été immédiatement reprise au vol par Laurence Parisot qui, pleine d'enthousiasme, a répondu : " Je voudrais dire à François Chérèque que je suis d'accord", qualifiant cette proposition de "scoop" ... / ... Je suis d'accord pour qu'on ouvre une délibération sociale, pour voir si on peut, sur ces sujets évoqués par François Chérèque commencer à travailler ensemble" ... / ... Elle a ajouté que " ce serait une bonne façon de passer à autre chose" - AFP/Google

"Négocier", "passer à autre chose". Celà signifierait-il que la CFDT a fait son deuil du recul de l'âge légal de départ à la retraite auquel elle était opposée ? Cela signifie t-il aussi qu'elle aurait fait défiler et fait faire grève à des millions de salariés pour rien ?

A vrai dire, l'offre de négociation de la CFDT au MEDEF s'apparente à une capitulation en bonne et due forme. Capitulation qui devrait permettre au Président et à sa majorité d'affirmer que la "pédagogie" a rallié un partenaire social de poids !

Comme en 2003, où la CFDT a validé une réforme des retraites qui devait selon ses dires avoir pour priorité : l'état de l'emploi des seniors ?

Capitulation que François Chérèque aura du mal à expliquer aux salariés, alors qu'il fustigeait le 29 septembre : " la volonté d'humilier les Français mobilisés contre la réforme" tout en dénonçant l'Elysée, qui affirmait une moindre mobilisation : " C'est le signe que le pouvoir est gêné par notre mouvement parce qu'il reste maîtrisé et républicain ... / ... " - JDD

Des négociations avec la corde au cou ?

Plus que probablement, puisque Laurence Parisot a clairement revendiqué : " ... / ... le statut de « marraine » de la réforme engagée par le gouvernement et le recul des bornes d'âge (de 60 à 62 de l'âge légal de départ et de 65 à 67 de la retraite sans décote) et l'allongement de la durée de cotisation ... / ... " - Boursorama

D'autant que le MEDEF qui a obtenu, pêle-mêle : De larges modifications du code du travail, la suppression de la contribution Delalande, la mise en place du licenciement par rupture conventionnelle et a réussit à interdire aux salariés des les TPE toute représentation syndicale, sera en position de force face à une CFDT qui n'aura plus, qu'à manger le chapeau d'un vague : " code de bonnes pratiques " que ne manquera pas de lui imposer Laurence Parisot !

Alors, assisterons-nous au retour en fanfare du calamiteux CDD seniors pour les plus âgés et celui du scandaleux CPE pour les plus jeunes ou de leurs équivalents "modernisés", au nom de la "négociation entre le patronat et les organisations syndicales sur l'emploi des jeunes, l'emploi des seniors" ?

A vous de nous le dire monsieur Chérèque ... et vite !

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Ouest France