19 août 2011

Les astuces de l'UMP pour faire financer son campus par les collectivités locales

L'UMP grande donneuse de leçon budgétaire, reçoit annuellement plus de 30 millions de fonds publics pour assurer son fonctionnement. Ce qui ne semble pas assez pour organiser son campus qu'elle compte en partie faire financer par les crédits de la formation !


Le 10 août dernier, Jean-François Copé évoquant la règle d'or déclarait : « (...) Je m'impliquerai d'ailleurs sans réserve dans les débats budgétaires de la rentrée. Mais il ne faut plus se limiter à l'Etat : la Sécurité sociale comme les collectivités locales doivent être concernées (...) »

C'est probablement au nom de cette discipline que l'UMP a décidé de mettre à contribution financièrement, lesdites collectivités locales pour l'organisation de son campus.

De quelle façon ?

C'est le Nouvel Obs qui a révélé la combine : « (...) Il n'y a pas de petites économies. Même lorsque son parti reçoit plus de 30 millions d'euros de dotation publique chaque année. C'est sans doute la réflexion qui a conduit Jean-François Copé, le secrétaire général de l'UMP, à proposer à ses troupes des ateliers de formation lors du campus du mouvement présidentiel à Marseille (...) »

Le montage est expliqué par l'Association Nationale pour la démocratie locale ANDL domiciliée 55 rue de Boétie 75008 Paris c'est à dire au siège de l'UMP et dont le Directeur de publication est : Marc Laffineur Secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Défense et des Anciens Combattants et Secrétaire national de l’UMP, depuis 2008

« (...) Dans le cadre des journées du Campus d'été 2011 qui se déroulent cette année à Marseille les 2, 3 et 4 septembre au Parc Chanot dans le 8ème arrondissement, l'ANDL organise des ateliers de formation pour les élus durant les trois jours. Réforme des collectivités, réforme de l'enseignement, attentes des Français et aménagement du territoire seront au coeur de ces ateliers placés sous le signe du renouveau et de la rentrée politique à la veille de l'échéance de 2012. Ce programme exclusif vous permettra à la fois de bénéficier de l'apport de ces ateliers mais également de participer aux débats organisés dans le cadre du campus en bénéficiant d'une prise en charge par les crédits de la formation (...) » .... des collectivités précise le Nouvel Obs

Ce qui est parfaitement légal mais étonnant de la part de l'UMP grande pourfendeuse du RSA versé en partie par les collectivités locales mais qui ne ne trouve rien à redire lorsqu'il s'agit de contribuer à la vie de son mouvement politique.

Mais nul doute que lorsque les vacances parlementaires seront terminées, on pourra à nouveau entendre Jean-François Copé fustiger les collectivités locales qui : « (...) dépensent énormément, sans aucun contrôle (...) »

Crédit photo
Streetpress

18 août 2011

L'enjeu des syndicats de salariés face à la crise ? : S'unir ou disparaître !

Existe t-il autant de façon de faire le bonheur des salariés que de centrales syndicales ? C'est la question qu'on peut légitimement se poser au moment où l'intersyndicale réduite à la CGT, CFDT, Unsa, FSU et Solidaires, est en désaccord sur les actions à mener !

Si les syndicats de salariés sont d'accord sur le fait que, la croissance à l'arrêt et la politique d'austérité ne présagent rien de bon pour les salariés, il divergent, malheureusement, une fois de plus sur les moyens de se faire entendre ! D'autant que la réunion de l'intersyndicale ne fera pas le plein puisque ni FO, ni la CFTC, ni la CGC ne seront présents.

La représentativité de cette réunion de l'intersyndicale est-elle quand même assurée ?

La représentativité des syndicats de salariés issue des dernières élections prud'hommales (L’abstention était de 74,5 %) donne les résultats suivants - Source La Croix

CGT : 33,9 %
CFDT : 21,8 %
FO: 15,8 %
CFTC : 8,7 %
CFE-CGC : 8,2 %
Unsa : 6,3 %
Solidaires : 3,9 %
Autres organisations : 1,4 %

Donc la réponse est oui. Mais une fois de plus la dispersion et les désaccords sont dommageables pour tous les salariés français qui attendent des syndicats une entente au moment où la politique d'austérité va les frapper de plein fouet.

Alors, où en est-on avant le début des discussions ? : « (...) L'un des enjeux de la réunion de ce matin est donc de dégager une série de revendications communes, sur lesquelles l'intersyndicale a échoué jusqu'à présent. S'il y a des désaccords sur l'analyse même de la crise ou la nécessité ou non de réduire l'endettement, il y a des points d'accord clairs sur de nombreuses mesures concrètes : les syndicats veulent tous des mesures en faveur de l'emploi public, la fin des exonérations sur les heures supplémentaires ou encore une imposition des hauts revenus (...) » écrit Leïla de Comarmond dans Les Echos

Il faut dire que pour tout arranger, François Chérèque, soucieux de montrer une fois de plus, qu'il est « l'interlocuteur privilégié du gouvernement », a tenu à se faire remarquer en lançant sa propre initiative de : « sommet social »

Proposition reprise rapidement par François Fillon, interlocuteur historique de la CFDT sur les retraites qui a proposé à l'ensemble des syndicats, un entretien : « (...) pour se livrer à « un tour d'horizon des principaux sujets économiques et sociaux » du Fillon pur sucre ! Puisqu'au fond, le but est de faire échouer l'idée de la CGT d'une grande journée de mobilisation unitaire fin septembre ou début octobre.

Qu'y aura t-il à négocier lors de ce : « tour d'horizon des principaux sujets économiques et sociaux » ?

A priori rien, puisqu'en cette période pré électorale, le Président a exclut toute remise en cause de la TVA réduite dans la restauration et la défiscalisation des heures supplémentaires réclamées ... par François Chérèque dans son offre de sommet social.

Si on ajoute à celà les convergences de plus en plus importantes entre l'UMP et le Medef sur la suppression de l'horaire légal et la refonte du contrat de travail, on se demande vraiment pourquoi les syndicats se rendront à Matignon. Néanmoins, il faut savoir que : « (...) Laurence Parisot, s'est dite favorable, elle aussi, à l'idée d'organiser prochainement un sommet social pour aborder les sujets de la rentrée (...) » Histoire de refuser toute nouvelle contribution des entreprises, rejouer l'éternelle ritournelle des charges trop élevées et de l'incontournable maintien des exonérations multiples, ... et de rendre la pareille à François Chérèque qui lui avait tendu la perche après les manifestations sur les retraites ?

Au delà de cette réunion médiatique qui ne satisfera personne mais donnera un peu de crédit ... photographique, au Premier Ministre. Il est évident que les salariés à temps complet, partiel et les chômeurs, vont une fois de plus se désespérer de voir les syndicats faire preuve d'impuissance par la désunion.

Impuissance et désunion qui ne sont pas de mise lorsqu'il s'agit de prendre le contrôle des caisses de sécurité sociale ou de retraite. En effet, le « mercato » expliqué par Les Echos en juillet dernier nous prouve que lorsqu'on veut ... : « (...) On retrouve au coeur des manoeuvres de ce mercato syndical FO et la CFDT. En dépit de leurs divergences, les centrales se sont résolues, comme lors des récentes négociations interprofessionnelles, à accorder leurs violons pour s'imposer, avec l'aval du patronat, comme les principales bénéficiaires du futur jeu de chaises musicales (...) »

Impuissance qui semble de mise, par contre lorsqu'il s'agit de faire respecter les trois priorités des salariés des entreprises des TPE et PME de moins de 50 salariés (97% des entreprises françaises) : « Conditions de travail, revalorisation du salaire, réglementation du travail » comme l'indiquait une étude de 2010 disponible sur le site de la CFDT.

Et quid du rôle d'accompagnement des syndicats vis à vis des chômeurs ? Car à ce jour, seule la CGT au travers du Comité national des privés d'emploi leur accorde une importance en les associant à l'action syndicale. Conçoit-on dans les autres centrales que ce rôle est dévolu aux seuls collectifs et associations de défense des chômeurs, qui font au demeurant un travail formidable, comme AC, l'APEIS ou le MNCP ?

« La rentrée de septembre sera froide » écrivait Marc Landré, au sujet des stratégies syndicales. A moins que les syndicats ne comprennent que, le seul enjeu qui compte pour eux et ceux qu'ils défendent, soit : S'unir ou disparaître.

Dans le cas contraire, salariés, précaires et chômeurs pourraient bien rapidement se passer d'eux pour faire entendre leur refus d'être les seuls à payer une crise dont ils ne sont pas responsables !

Crédit et copyright photo
Le JDD

17 août 2011

Le «combat » des élus de Cannes pour la gratuité des services publics ... d’aisance !

Quand on évoque Cannes, on pense immédiatement aux palaces, aux yachts et aux fortunes étalées au grand jour. On imagine moins l'acharnement des élus UMP, à interdire les pourboires du personnel d'entretien, des wc municipaux.

En France, le pourboire n'est pas obligatoire mais fait partie des habitudes. Il sert à récompenser un service ou une qualité d'accueil. On pourrait évoquer par exemple le cas des toilettes parfaitement entrenues, où on laisse une petite pièce à celles qu'on a baptisé les « dames pipi », dont la rémunération et le plan de carrière, restent pour le moins limités.

A Cannes, il existe, nous explique Nice Matin : « six wc municipaux gratuits fréquentés l’été par 10 000 personnes » et pour les entretenir, autant d'employés municipaux portant le titre « d'agents techniques » . Leur rémunération est de 1.100 € net. Et il leur faut : « quinze ans d’ancienneté pour arracher 200 € supplémentaires »

Or, habitude aidant, les visiteurs de ces lieux laissent une piècette ce qui n'est pas du goût des élus de la ville, qui ont décidé de faire strictement appliquer la loi du du 13 juillet 1983 qui indique : « (...) pour le fonctionnaire, d'une part de ne pas se servir de sa position à d'autres fins, d'autre part de ne pas mettre en difficulté son administration (...) » Cette loi est essentiellement applicable aux militaires dans le cadre du droit de réserve. Il est assez probable que les élus de Cannes s'appuient sur l'article 25 de la loi : « L'interdiction de cumuler des emplois et des rémunérations (...) toute personne travaillant dans la fonction publique ne peut pas cumuler des emplois. Le fonctionnaire ne peut exercer à titre professionnel une activité privée lucrative de quelque nature que ce soit (...) » pour justifier l'interdiction

Mais là où le ridicule tourne à l'odieux, c'est que la mairie vient de décider de : « déplacer les dérouleurs de papier plus près des cuvettes afin d'éviter toute ambiguité sur la gratuité du service public gratuit. En traquant coupelles et plateaux tendancieux qui pouvaient traîner ici ou là. En remplaçant les habituelles affichettes volantes par une immanquable plaque « toilettes publiques gratuites, free access » au fronton de chaque site » Et oui, comment ne pas se mobiliser lorsqu'on est élus d'une des villes les plus riches de France des quelques 20 € journaliers que pouvaient percevoir les « agents techniques »

Devant un tel rigorisme qui aurait été jusqu'à, pousser le supérieur hiérarchique des dames pipi à : « (...) courir après un donateur pour lui rendre sa pièce (...) » ces dames pipi ont édité un tract dénonçant : « la générosité interdite à Cannes »

Néanmoins, Bernard Brochand Député Maire UMP dont la seule ambition est de : « Faire de Cannes un modèle économique, social et culturel »campe sur ses positions en ce qui concerne la gratuité des services publics ... d’aisance !

C'est beau de voir qu'il existe encore dans notre pays des élus capables de valoriser à ce point la fonction publique !

16 août 2011

Monsieur le Président : Et si vous nous reparliez de l'emploi des seniors ?

Depuis 2008, le Président ne cesse de répéter que l'amélioration de l'emploi des seniors est une priorité du gouvernement. Or, depuis, il n'y a pas eu un mois de baisse du nombre de chômeurs seniors !

Le 19 septembre 2007, Nicolas Sarkozy lors d'un discours au Sénat : « Pour un contrat social nouveau » déclarait : « Promouvoir le travail, c’est aussi mettre fin au gâchis insensé que représente la mise à l’écart des travailleurs dès 50 – 55 ans (...) Aujourd’hui, près de 6 salariés sur 10 sont chômeurs ou inactifs au moment où ils liquident leurs droits à la retraite (...) Quant aux dispenses de recherche d’emploi, elles seront progressivement supprimées pour ceux que cela concernera à l’avenir (...) » Et d'ajouter : « (...) Il n’est plus admissible que notre système d’indemnisation du chômage encourage cette culture du retrait précoce de la vie active (...) »

Le 12 août 2011, Les Echos écrivaient : « Le seuil des 800.000 demandeurs d'emploi de 50 ans ou plus devrait être annoncé lors de la prochaine publication des chiffres du chômage. En effet : Pôle emploi en a dénombré 797.800 à fin juin, soit 100.000 de plus qu'à la fin juin 2010 (...) »

Outre la faible activité des entreprises et leur peu d'appétence à recruter des salariés de 50 ans et plus, on aura soin de rapeller que cette situation est en partie due au vote, par les parlementaires UMP, dans la nuit du 17 au 18 juillet 2008, de la suppression progressive de la dispense de recherche d'emploi (DRE). Jusqu'à cette date : « les chômeurs seniors de plus de 57.5 ans pouvaient ne plus avoir à chercher un travail sans craindre la radiation et la perte de leurs droits »

Dans le détail : « (...) A partir du 1er janvier 2009, l’âge minimal pour en bénéficier devait être relevé à 58 ans, puis à 59 ans en 2010, et 60 ans en 2011. Le Gouvernement visant ainsi une suppression progressive de la DRE pour 2012 (...) » Détails disponibles sur le site du Ministère de l'Emploi

Ce qui était prévu dans le programme 2007 du candidat Sarkozy : « (...) Supprimer la dispense de recherche d’emploi pour les seniors et créer les conditions juridiques, économiques et sociales pour permettre aux seniors de conserver une activité professionnelle le plus longtemps possible (...) »

Oui, mais à cette époque, le départ à la retraite était possible à 60 ans !

On aura soin de rapeller que cet engagement fut confirmé par Christine Lagarde en 2010 au fait qu’à 57 ans : « on n’est pas fichu, on peut retrouver un emploi »

Oui, mais maintenant l'âge légal de départ à la retraite est fixé à 62 ans et c'est encore plus difficile !

Résultat de cette opération décryptée par Les Echos : « Cette année, 8.720 chômeurs vont rester inscrits à Pôle emploi bien qu'ils aient cotisé assez longtemps pour partir à la retraite, du fait de la hausse de l'âge légal au 1 er juillet. Une part d'entre eux vont épuiser leurs droits à indemnisation, estime l'Unedic (...) »

Ce qui aura pour effet de propulser ceux-ci vers les minima sociaux ou plus aucune indemnisation. Mais pourrait bien arranger le Président et Xavier Bertrand dans leur objectif de repasser sous la barre des 9% de chômeurs.

Car comme l'explique le site Regards : « (...) Si l’on considère que les bénéficiaires des minima sociaux ne sont plus comptabilisés dans les chiffres du chômage, et si on ajoute à cela le fait que très souvent, les chômeurs non indemnisés se désinscrivent des listes de Pôle emploi (...) le chômage devrait enregistrer une baisse dans les mois à venir (...) »

Néanmoins, depuis février dernier où le Président annonçait vouloir : « (...) offrir aux entreprises qui embauchent un demandeur d'emploi âgé de plus de 45 ans une aide supplémentaire de 2 000 euros par contrat (...) » mesure accueillie dans l'indifférence la plus totale des organisations d'employeurs ! ou la discrète visite en Lorraine effectuée en mai sur le thème de l'emploi des seniors où il a lancé, je sais : « Reculer l’âge légal de départ à la retraite à 62 ans, c’est « travailler deux ans plus sans gagner plus » Plus rien !

Ce qui n'empêche pas l'UMP sur son site projet/programme pour 2012 que le Président candidat reprendra sans nul doute d'écrire : « (...) Afin de favoriser une gestion active des âges au sein des entreprises et des branches, le gouvernement s’est résolument engagé depuis mai 2007 en faveur de l’emploi des seniors. C’est la première fois, qu’en période de crise, un gouvernement ne choisit pas d’écarter les seniors du marché du travail mais s’efforce au contraire de les y maintenir (...) »

Ne pensez-vous pas monsieur le Président qu'il serait temps de nous reparler sérieusement de : l'emploi des seniors ?

Crédit photo
L'Expansion

15 août 2011

Monsieur le Président : Et si vous nous reparliez des « patrons voyous » ?

En 2006, Nicolas Sarkozy n'avait pas de mots assez forts pour fustiger les patrons voyous. Le sort des Molex a malheureusement prouvé qu'ils ne s'agissait que d'une posture. En sera t-il de même pour « les Sodimedical » ?

Sodimedical est une filiale du groupe allemand Lohmann & Rauscher. Celui-ci, largement bénéficiaire, mais désireux de délocaliser la production française en Chine, ne paye plus ses salariés depuis 4 mois, au fait que son plan social a été rejeté par la justice.

Donc selon l'expression de notre Président : des patrons voyous !

Pour mémoire, le 22 juin 2006, à Agen, le ministre candidat Sarkozy : « (...) Dans un discours intitulé pour la France du travail, où au passage, il promettait : « (...) l’augmentation du pouvoir d’achat ! » déclarait devant 6000 militants et sympathisants en délire : « (...) Quand l’ouvrier s’inquiète de la délocalisation des usines, les salariés du tertiaire savent bien que l’administration, la conception, la recherche et les services aux entreprises finiront par suivre. (...) Moi je veux faire une politique respectueuse de la morale ! (...) Je veux dire au patron voyou qui déménage son usine la nuit, ou qui vide la caisse pour n’avoir à payer ni les salaires ni les indemnités de licenciement que pour lui ce sera la tolérance double zéro. Quand on a plus de chances dans la vie on a également plus de devoirs (...) »

Discours qui aurait quelques années plus tard pu faire rire les ouvrières et ouvriers de Molex, s'ils en avaient eu le coeur ! Car malgré les rodomontades de Christian Estrosi qui reprenait l'expression de son patron de Président, les propriétaires américains de l'usine de Villemur fermaient l'usine, sans assumer leurs responsabilités vis à vis des salariés, et la localisait en Slovénie !

En ce qui concerne les salariés de Sodimedical, on cherche en vain, la moindre accusation de patron voyou, à l'égard du groupe allemand Lohmann & Rauscher. Et pourtant, nous dit Le Figaro : « (...) Depuis trois mois, le groupe allemand Lohmann & Rauscher, qui possède l’entreprise de fabrication de matériel médical, refuse de payer les salaires de sa cinquantaine de salariés. Une mesure de rétorsion après l’invalidation par la justice en février dernier du plan social concocté par la direction, qui souhaitait délocaliser sa production en Chine (...) »

De son côté l'Est Eclair écrivait le 13 août : « (...) l'analyse de huit pages rendue par le juge enquêteur au tribunal de commerce la semaine dernière, rejoint incontestablement ce que Me Brun (l'avocat des salariés), mais aussi les instances juridiques, s'évertuent à dire depuis plus d'un an. « Dépendance totale » de Sodimédical vis à vis de Lohmann et Rauscher, situation économique prospère de la maison mère (...) »

Conclusion : « Les salariés se trouvent sans travail et sans revenus en toute illégalité », explique Me Brun, leur avocat

La société Sodimedical étant basée à Troyes, les salariés ont demandé à plusieurs reprises, à ce que le maire de la ville, un certain ... François Baroin, vienne à leur secours, pour faire tout simplement appliquer la décision de justice.

Celui-ci après les avoir assuré : « (...) qu'il soutient les salariés pour le versement des rémunérations non perçues depuis l'annonce d'un plan social (...) » vient de les renvoyer ... vers le préfet ... Sans succès ! Il est vrai que le ministère de François Baroin n'a que peu d'influence sur l'économie et qu'il rencontre assez peu son homologue allemand ces derniers jours !

Quant au Président, Il semble bien, que concentré sur la note AAA, la préparation de sa candidature à un deuxième mandat et soucieux de ne se fâcher avec cette « chère Angela », il ait définitivement perdu l'envie d'appliquer à tous les patrons voyous : « la tolérance double zéro ! »

Mais n'affirmait-il pas en 2006 : « Moi je veux faire une politique respectueuse de la morale ! » Nous ne demandons qu'à voir !


Crédit image
Le Placide

12 août 2011

Monsieur le Président : Et si vous nous reparliez du « capitalisme familial » ?

La France a décidé de restreindre les ventes à découvert, l'un des outils financier préféré des spéculateurs. Elle sera limitée à 15 jours. Un coup d'épée dans l'eau qui ne mettra pas fin à l'hégémonie du « capitalisme financier » sur le « capitalisme familial » cher à notre Président !

En septembre 2007, alors qu'on ignorait l'impact réel de la crise des subprimes, Nicolas Sarkozy et Angela Merckel s'affirmaient : « partisans de la moralisation des marchés» Notre Président très en verve ajoutait : « (...) Il faut moraliser le capitalisme financier (...) On ne peut plus laisser quelques dizaines de spéculateurs mettre par terre tout un système international, emprunter dans n'importe quelles conditions, acheter à n'importe quel prix, ne pas savoir qui prête (...) »

Auparavant, le 30 août 2007, devant un parterre de chefs d'entreprises réunis pour l'Université d'été du Medef, Nicolas Sarkozy déclarait, sous les ovations être : « (...) Favorable à « un capitalisme d’entrepreneurs » plutôt qu’à un « capitalisme purement financier »

Or, on apprenait hier que : « L'Autorité des marchés financiers (AMF) a décidé d'interdire la vente à découvert de onze valeurs financières pour quinze jours ». Il s'agit de : Axa, April Group, BNP Paribas, CIC, CNP Assurances, Crédit Agricole, Euler Hermès, Natixis, Paris Ré, Scor et Société Générale

Pour mémoire : « la vente à découvert avait été interdite le 19 septembre 2008 sur le marché parisien par l'Autorité des marchés financiers (AMF) » cette mesure s'appliquait uniquement pour : « quatorze actions du secteur financier comme Axa, BNP Paribas, Crédit Agricole, Scor, NYSE Euronext et Société Générale (...) » et autorisée à nouveau ... le 1er Février 2011.

Et, bien que l'AMF avait expliqué avoir instauré un régime d'encadrement plus strict, force est de constater que l'utilisation de cet outil hautement spéculatif a montré entre temps, à nouveau, sa nuisance !

Mais au fait, c'est quoi la « vente à découvert » que les gouvernements sont incapables d'interdire définitivement ?

« S’il est une technique qui laisse toujours très impressionnés les observateurs amateurs de la Bourse c’est bien la technique de la vente à découvert, aussi qualifiée de « Short Sale », qu’on retrouve dans les stratégies de gestion d’actifs (long/short strategy). S’il est une technique emblématique de toutes les déviances, les errements et les maléfices de la Finance c’est bien cette technique ! » écrit le banquier Pascal Ordonneau qui précise : « Vendre à découvert, c’est fondamentalement vendre une chose qu’on n’a pas (...) Comment une telle opération est-elle possible (...) Très simple, Docteur Watson ! emprunter cette chose à quelqu’un qui en possède (...) »

Un exemple ancien ?

« (...) la fois où George Soros a " fait sauter la Banque d'Angleterre " en 1992. Il a risqué 10 milliards $ sur une chute éventuelle de la livre anglaise et il a gagné. La nuit suivante, Soros empochait 1 milliard $ grâce à cette opération. Il a finalement réalisé un bénéfice de presque 2 milliards $ (...) » - Orientation Finance

Un exemple plus récent ?

Les conseils donnés par ABC Bourse pour devenir un utilisateur avertit « (...) La valeur Alcatel est cotée 6 euros fin janvier 2011. Vous pensez que la conjoncture est mauvaise et que le titre va baisser. Dans ce cas, vous n'allez surtout pas en acheter mais vous allez faire une vente à découvert pour parier sur la baisse de cette action. En mai 2011, l'avenir vous a donné raison et l'action Alcatel est cotée 3,5 €. Votre scénario s'est donc réalisé, la valeur a baissé. A ce moment, vous souhaitez prendre vos bénéfices et pour cela il vous suffit d'acheter Alcatel afin de solder votre position de vente à découvert. Dans cet exemple, vous avez encaissé : 6 euros - 3,5 euros = 2,5 euros par action (...) »

A noter au passage les conseils avisés d'Axa, provisoirement protégé par l'AMF, pour vous lancer dans la vente à découvert si : « (...) détenez pas encore les liquidités nécessaires (...) »

Mais ce qui est le plus grave dans cette affaire, c'est que les analystes sont unanimes. Le Monde nous explique que : « (...) en limitant la spéculation à la baisse, elle maintient artificiellement le cours d'un titre et risque de provoquer sa sous-évaluation. Sans compter le signal qu'elles envoient aux opérateurs de marché, qui risquent d'en déduire que la situation est grave (...) » Christian Parisot, chef économiste chez Aurel BGC indique : « (...) il n'est pas sûr que ce type de mesure résolve tous les problèmes. Ca peut limiter un petit peu les mouvements, mais il y a d'autres techniques pour spéculer à la baisse (...) »

Vous avouerez qu'on est bien loin du capitalisme familial tant vanté par notre Président sur le plateau de TF1 en février dernier ou lors du rendez_vous OSEO de mars de 2011 où il expliquait : « avoir fait ce choix »


La réalité, c'est que l'économie de marché dérégulée dont notre président fut un farouche défenseur, est en train de manger ceux qui l'ont nourrie et aider à croître. Et que tous les propos et déclarations sur la moralisation ou la régulation ne sont que des leurres !

Durant des années, les marchés financiers ont salué les états qui saccageaient leur fonction publique et les entreprises qui licenciaient ou délocalisaient massivement pour améliorer leurs bénéfices. Aujourd'hui plus que jamais libres de toute contrainte, ils peuvent exiger : le report de l'âge de la retraite, des coupes dans les budgets sociaux ou de santé, la flexibilité du marché du travail, et la libéralisation de l'ensemble des services publics, sans que les dirigeants des pays ne puissent s'y opposer.

Car le but final, c'est bien de récupérer des rentes que les pays leur concèderont sous peine de subir les assauts de la spéculation. Et oui, c'est ça la mondialisation Coco !

Alors, Monsieur le Président : Et si vous nous reparliez du « capitalisme familial » ?

Crédite et copyright photo
Daily Bourse

11 août 2011

Délégation française en Lybie : Voyage de pieds nickelés ou diplomatie bis ?

On se borne, au Ministère des affaires étrangères à qualifier le voyage en Lybie à l’invitation de la fille de Khadafi de 4 élus ou anciens élus, de : « déplacements privés ». Du moins pour l'instant ?

Au de là de l'intervention humanitaire de départ, la guerre en Lybie est devenue, quoi que puisse en dire le Président et le gouvernement un bourbier coûteux. Et même si BHL notre philosophe belliciste affirme régulièrement qu'il s'agit d'une question de jours, force est de constater comme l'écrit El Watan que : « Des milieux politiques commencent, du moins, à s’interroger sérieusement sur son efficacité, sa légitimité et ses objectifs (...) »

El Watan qui évoque les : « Quatre anciens députés européens - trois Français et un Britannique - se sont rendus du 4 au 7 août à Tripoli, où ils ont eu des contacts avec des responsables du régime de Mouammar Kadhafi (...) » La délégation française était constituée de : l’ex-député européen radical de gauche Michel Scarbonchi, l’ancien maire de Montélimar (Drôme) et président du Parti radical valoisien, Thierry Cornillet et Margie Sudre, UMP, qui préside aujourd’hui un établissement officiel lié aux marchés publics sur l’île de la Réunion.

Députés qui affirment : « Comment ne pas s’interroger sur une intervention militaire initialement légitime, sous l’égide de l’ONU, pour neutraliser le ciel libyen et protéger les populations civiles de Benghazi et constater qu’elle a perdu ensuite de sa neutralité et de sa raison originelle ? » et « (...) préconisent la tenue à Paris d’une : « commission préparatoire au dialogue inter-libyen réunissant, sous l’égide de l’ONU et de l’Union africaine, les représentants de l’OTAN, de l’Union européenne, des autorités de Tripoli et du CNT »

Quelle est la réaction du gouvernement à cette initiative ?

On peut en lire une, émanant du Ministère des Affaires étrangères, datée du 10 août 2001, publiée sur le site de l'organisation de la presse Africaine

« Question – Quelle est votre réaction au voyage en Lybie de 4 élus ou anciens élus dont Margie Sudre, ancienne député européen, à l’invitation de la fille de M. Khadafi, Aïcha ? Considérez-vous que cela va à l’encontre de la politique actuelle de la France en Lybie ? Etiez-vous au courant de cette visite ?

Réponse – Je n’ai pas de commentaire à faire sur les déplacements privés d’élus locaux ou de citoyens français. Vous connaissez la position très claire des autorités françaises vis-à-vis du régime de Tripoli, telle qu’exprimée par le président de la République et le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères et européennes »

A première vue, on pourrait rapprocher cette initiative de celle du député UMP Didier Julia : chantre du régime de Saddam Hussein, qui s'était, au côté de Phillippe Brett, autoproclamé négociateur en 2004 dans l'affaire de l'enlèvement en Irak des journalistes Christian Chesnot et Georges Malbrunot.

Car la manipulation semble évidente comme l'expliquait Clicanoo : « (...) l’ONG libyenne qui a contacté les élus serait discrètement sponsorisée par Aïcha Kadhafi, fille unique du colonel, avocate et présidente de l’ONG Wa Atassimou (...) »

Mais ne donnerait-elle pas des idées au gouvernement français qui, préoccupé par sa note AAA, se doit de trouver des pistes d'économies budgétaires rapides ?

N'apprendrons nous pas dans quelques temps que, le gouvernement propose comme le préconisent les élus voyageurs, la tenue d'une : « commission préparatoire au dialogue inter-libyen réunissant, sous l’égide de l’ONU et de l’Union africaine, les représentants de l’OTAN, de l’Union européenne, des autorités de Tripoli et du CNT » ?

Car, pour être clair, en juin, ministère de la Défense reconnaissait que la guerre en Lybie avait coûté 87 millions d'euros. Les Echos indiquaient à ce sujet que : « (...) A ce rythme, la facture de l'opération Harmattan pourrait atteindre 200 millions, si la guerre devait durer six mois, ou 400 millions si elle n'était pas finie en mars 2012 (...) »

Alors, voyage de pieds nickelés ou diplomatie bis ? Ce sont probablement les réactions des agences de notation et les marchés financiers à l'annonce de la teneur du budget de rigueur 2012 de la France qui nous le diront.

Crédit photo
Jet Art

10 août 2011

Ontex : Fin de parcours pour 187 salariés !

Les 187 couches envoyées à Carla Bruni-Sarkozy par les ouvriers d'Ontex qui se battaient pour conserver leur emploi n'auront pas empêché la fermeture définitive de leur usine !

L'information avait fait le tour du Net en juillet dernier : Les salariés d'Ontex à Villefranche-sur-Saône qui fabriquait des couches bébé pour la grande distribution en avait fait parvenir 187 à l'épouse du Président qui se reposait au Fort de Brégançon.

Beau coup de communication avaient jugé la plupart des média oubliant que leur geste était surtout ... un appel au secours. Mais une fois les feux de la rampe médiatique éteints et la première dame de France ayant quitté Brégançon pour le Cap Nègre, tout le monde a oublié cette très belle fable moderne et surtout ... le sort des salariés !

Or on apprenait : « Jeudi, les salariés d’Ontex à Arnas ont accepté le plan de sauvegarde de l’emploi. L’entreprise cesse alors toute activité industrielle dès vendredi et les salariés recevront une lettre de licenciement à partir du 5 septembre. Après sept mois de conflits entre le comité d’entreprise et la direction, les 187 salariés ont obtenu une prime de 4500 euros et devraient recevoir des propositions de reclassement en interne ... mais dans des pays étrangers (...) » Selon Bernard Leblond de la CFDT : « la production sera délocalisée en République tchèque et en Allemagne, où Ontex dispose de sites de production »

Donc, pas de « conte de fée », mais une usine de plus de que notre Président, qui les aime tant, ne visitera pas ! Et pourtant, le représentant de la CFDT avait indiqué lors de l'envoi du paquet de couches : « Nous avons joint une lettre où nous demandons l'instauration de garde-fous aux licenciements boursiers, contre lesquels Nicolas Sarkozy s'élève régulièrement (...) »

C'est vrai que ces salariés avaient peut être cru un instant que le Président tiendrait sa parole sur la réforme du capitalisme. Puisqu'il affirmait en 2008 vouloir : « (...) réformer un capitalisme d'entrepreneurs et non de spéculateurs» Néanmoins, c'est un fonds de pension américain (TPG & Goldman Sachs) actuel propriétaire de l'entreprise qui aura eu raison des ces salariés.

Ils pourront toujours se consoler en relisant la déclaration du Chef de l'Etat en Mars 2010 lorsqu'il présentait sa nouvelle politique industrielle : « J’ai la profonde conviction qu’un pays qui n’a pas d’industrie n’a rien à vendre et finit par s’appauvrir. Je conteste l’idée qu’il convient de donner la priorité absolue aux services et d’abandonner l’industrie car le jour où l’industrie sera partie, pour qui les services travailleront-ils ? Toutes les nations qui se développent aujourd’hui assoient leur croissance sur le développement industriel »

Et penser que l'enfant du couple présidentiel portera dès sa naissance des couches « collector » !


Crédit photo
Bloc.com

09 août 2011

« Autolicenciement » des salariés : L'UMP au secours des DRH et des patrons ?

Si en matière de licenciement, les organisations d'employeurs et l'UMP ont plébiscité la rupture conventionnelle, ceux-ci voient d'un très mauvais oeil la « prise d'acte » qui peut permettre aux salariés de s'autolicencier dans de bonnes conditions.

Laurence Parisot l'auteure de : « La vie, la santé, l’amour sont précaires, pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ? » aime à répéter que : « La liberté de pensée s'arrête là où commence le code du travail » Sauf bien entendu lorsque un mode de licenciement proposée par le Medef, comme la rupture conventionnelle y est inscrit.

Mais lorsqu'une forme de licenciement lui échappe, il y a péril en la demeure. C'est le cas de la « prise d'acte » déclenchée par le salarié, qui justement, n'existe pas dans le code du travail.

« prise d'acte » Késako ?

« C'est un mode de rupture du contrat de travail, qui n'est ni un licenciement ni une démission (...) le salarié se considère licencié car son employeur est l'auteur de fautes à son encontre. Par exemple : le salarié est victime de violence, est harcelé, ou bien tout simplement n'est pas payé pendant une longue période (...) On parle parfois d'« auto licenciement ». Ce mode de rupture n’est pas prévu par le code du travail, c’est une création jurisprudentielle (...) nous explique Yves Nicol, avocat Lyon

Un exemple nous est donné le Cabinet Ferly : « Un arrêt de la Chambre sociale de la Cour de cassation du 20 janvier 2010 portant numéro de pourvoi 08-43476 pose comme principe que le fait de ne pas rémunérer l'intégralité de ses heures de travail, de ne rémunérer que partiellement ses heures supplémentaires et de ne pas régler intégralement ses indemnités de repas constitue un manquement de l'employeur à l'égard du salarié suffisamment grave pour justifier la prise d'acte par le salarié (...) » on pourra y ajouter cet exemple de : « Baisse de rémunération à l'occasion d'une rétrogradation »

Néanmoins comme le précisent les sites juridiques et notamment celui d'Yves Nicol : « (...) ce mode de rupture doit être manié avec précaution. Le salarié devra être capable d'apporter au juge des éléments de preuve pour obtenir gain de cause (...) »

Donc, jusqu'à présent, avec quelques dizaines de cas par an, salariés comme entreprises se contentaient des décisions du conseil des prud'hommes et de la jurisprudence issue de la Chambre Sociale de la Cour de Cassation où comme l'indique L'Expansion : « les prud'hommes donnent plus souvent raison aux employeurs (...) »

Jusqu'à un : arrêt de la chambre sociale de la Cour de cassation en date du 12 janvier 2011 (numéro de pourvoi : 09-70838) qui indique : « (... ) Il appartient à l'employeur qui considère injustifiée la prise d'acte de la rupture par un salarié qui, étant victime d'un accident du travail, invoque une inobservation des règles de prévention et de sécurité, de démontrer que la survenance de cet accident est étrangère à tout manquement à son obligation de sécurité de résultat (...) » Traduction : L'entreprise doit prouver dans le cadre d'un accident du travail qu'elle avait tout mis en œuvre pour assurer sa sécurité !

Ce qui a paniqué immédiatement les DRH et donné lieu à une proposition de loi « visant à intégrer au sein du code du travail de nouvelles dispositions relatives à la prise d’acte de rupture du contrat de travail » dans laquelle on peut lire ce morceau de bravoure, dans lequel, les députés s'étonnent que la prise d'acte puisse être justifiée par : « le fait pour l’employeur d’avoir modifié unilatéralement la rémunération d’un salarié, même si c’est dans un sens plus favorable au salarié (...) Ainsi que cette ignorance (ou cynisme) au sujet d'une des techniques utilisée dans le harcèlement moral : « (...) Plus curieux encore, le fait pour un employeur de ne pas donner de travail à un salarié »

Mais, ce que visent clairement les députés UMP et les DRH, ce sont les conséquences que pourraient avoir un nouvel arrêt de la chambre sociale de la Cour de cassation qui confirmerait que c'est à l'entreprise de prouver leur obligation de sécurité !

Ce qui est précisé clairement dans la proposition de loi : « (...) Cette position de la Cour de cassation est assez contestable. En effet, elle laisse supposer que lorsque survient un accident du travail, le salarié peut prendre acte de la rupture aux torts de l’employeur (...) »

Conclusion des députés : « Il serait donc peut-être judicieux pour le législateur d’intervenir sur ce sujet pour qu’il puisse enfin cadrer légalement la prise d’acte de rupture du contrat de travail (...) » et la vider de tout son sens ...

Même si Bérengère Poletti, la députée à l'initiative de cette proposition de loi ne se fait pas trop d'illusion, compte tenu de l'encombrement de l'agenda parlementaire, elle espère : « travailler avec [s]es collègues sur ce sujet dans les meilleurs délais (...) »

Il ne reste plus qu'à attendre la réaction de Laurence Parisot qui devrait selon toute logique rejeter cette proposition de loi au fait que : « La liberté de pensée s'arrête là où commence le code du travail »

Crédit photo
L'Express

08 août 2011

Fichier des allocataires sociaux : L'étonnante « priorité » de Xavier Bertrand

La fraude sociale représente selon un rapport parlementaire récent environ 20 milliards d'€ dont la majeure partie provient de la fraude aux prélèvements (entreprises). Etonnement, la priorité sera mise sur la fraude aux allocations comme le réclamait la Droite Populaire !


Les arguments de la Droite Populaire ont visiblement plus d'effet sur Xavier Bertrand que les chiffres eux mêmes ! Ce qu'il confirmait, lors d'une interview donnée à Nice Matin vendredi dernier : « Nice Matin : Comment maîtriser les 40es rugissants de la Droite populaire ?

Xavier Bertrand : J’y compte des amis comme Thierry Mariani qui a la tête sur les épaules. Parfois, ils parlent fort mais ils traduisent aussi ce que pense une partie de notre électorat. Ils ont des choses à dire, il faut les écouter »

Les écouter et surtout ... appliquer ce qu'ils réclament, puisque : « Xavier Bertrand, ministre du Travail et de la Santé, a annoncé (...) la mise en place d'un fichier unique des allocataires sociaux avant la fin de l'année, qui est selon lui la meilleure façon de renforcer la lutte contre des fraudes sociales. Je suis tout à fait d'accord avec Thierry Mariani (...) »

Sur quoi s'appuient les deux ministres pour prendre cette décision ?

En partie sur le rapport rendu par la : « Commission des affaires sociales en conclusion des travaux de la mission d’évaluation et de contrôle des lois de financement de la sécurité sociale sur la lutte contre la fraude sociale et présenté par Dominique TIAN » le 29 juin 2011, qui interrogeait Xavier Bertrand à ce sujet à l'Assemblée Nationale




Or, la proposition de Xavier Bertrand et Thierry Mariani vise uniquement les allocataires alors que le rapport indiquait clairement que la majeure partie de la fraude concerne les entreprises !

En effet : La fraude aux cotisations patronales et salariales non versées en raison du travail au noir représentent entre 8 et 15,8 milliards et celles aux prestations (indemnités d'arrêts maladie, allocations familiales, RSA, etc.) entre 2 et 3 milliards !

D'ailleurs, le rapport fustige le gouvernement sur son manque de volontarisme contre le travail illégal : « (...) Des pouvoirs publics insuffisamment mobilisés face à l’ampleur du travail illégal (...) Si la mission constate l’amélioration de la détection des fraudes aux cotisations ces dernières années, les redressements ne représentent cependant qu’une faible part de la fraude supposée, montrant ainsi que les fraudes aux cotisations sont insuffisamment poursuivies. En effet, si l’on prend en compte les estimations de l’Agence centrale des organismes de sécurité sociale – faisant état d’une fraude comprise entre 13,5 et 15,8 milliards d’eurosles redressements en faveur des unions de recouvrement des cotisations de sécurité sociale ne représenteraient que 6 % à 7 % du montant de la fraude (...) » Page 28 « (...) Certes, la politique menée par le Gouvernement pour développer la lutte contre le travail illégal a permis d’améliorer les résultats (...) Cependant malgré cette progression, ces redressements sont insuffisants par rapport à l’ampleur du travail illégal. Si on prend en compte les estimations du conseil des prélèvements obligatoires – qui considère que le travail illégal représente entre 6,4 et 12,4 milliards d’euros – les redressements pour travail illégal en 2010 ne représentent qu’entre 1,5 % et 2,9 % de la fraude présumée (...) » Page 29

(...) S’agissant, par exemple de la lutte contre le travail illégal, certains croisements mériteraient d’être automatisés. M. Vincent Ravoux, directeur de l’Union de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d’allocations familiales de Paris et de la région parisienne a constaté « Les relations avec les services fiscaux sont bonnes, mais fonctionnent sur un mode archaïque car elles se font sous forme papier ou par déplacement physique des personnes. Il faudrait moderniser les procédures, d’autant que nous travaillons ensemble au sein des comités opérationnels départementaux anti-fraude. » Page 47 « le taux de recouvrement des redressements consécutifs aux situations de travail dissimulé est de l’ordre de 10 % à 15 %, donc très faible (...) » page 64

Néanmoins, Xavier Bertrand, pour faire plaisir à la Droite Populaire et une partie de l'électorat sensible aux questions « d'assistanat » chères à Laurent Wauquiez, a décidé de s'occuper prioritairement de récupérer une partie des 2 à 3 milliards des allocations plutôt que des 8 à 15,8 milliards !

En clair, dépenser plus pour essayer de débusquer les fraudeurs de la France d'en bas et oublier de mettre assez de moyens pour traquer ceux d'en haut.

Belle leçon de morale et de comptabilité !


Source
Commission des affaires sociales en conclusion des travaux de la mission d’évaluation et de contrôle des lois de financement de la sécurité sociale sur la lutte contre la fraude sociale

Crédit photo
20Minutes

05 août 2011

L'UMP prend t-elle goût aux partis communistes d'asie ?

En 2009, l'UMP signait un accord avec le Parti Communiste Chinois. En sera t-il de même en 2011, avec le Parti Communiste vietnamien qui vient d'accueillir officiellement une délégation de l'UMP ?

Quasiment aucun média français n'a parlé de la visite officielle d'une délégation UMP au Vietnam du 1er au 4 août . Il faut dire que les accords signés par Xavier Bertrand et confirmés par Jean-François Copé avec le Parti Communiste communiste chinois avaient fait quelques remous dans le mouvement.

En 2009, on apprenait que : « (...) A l'occasion d'une visite officielle du secrétaire général du parti présidentiel français, Xavier Bertrand a signé un protocole pour « une meilleure compréhension, une meilleure connaissance et beaucoup plus d'échanges » entre les deux formations politiques (...) »

A cette occasion, Xavier Bertrand avait visité : « (...) l'Ecole des cadres du PPC, parti unique de 76 millions de membres qui règne d'une main de fer sur cet immense pays depuis 60 ans (...) puis avait été reçu par : Jia Qinglin chef de la Conférence consultative politique du peuple chinois (CCPPC) et surtout l'un des neuf membres permanents du puissant Bureau politique du PCC (...) » indiquait de son côté Aujourd'hui la Chine

Rapprochement confirmé par Jean-François Copé expliqué dans un article de 2010 du très démocrate Quotidien du Peuple : « Raffarin et Copé en Chine : l'UMP cherche à développer les échanges avec le PCC » Mais surtout pour lui l'occasion de lancer : « Désormais, le soleil ne se couche plus sur Génération France! Jean-François Copé l'a dit sur le mode de l'autodérision, mais il n'était pas peu fier, samedi à Pékin, de célébrer l'ouverture de l'antenne chinoise de son club Génération France (...) »

Y aurait-il un projet de création d'antenne de l'UMP et de Génération France à Hanoï ou Hô-Chi-Minh-Ville ? C'est la question qu'on peut se poser en lisant le communiqué disponible sur le site Vietnam+

« Une délégation de l'Union pour un mouvement populaire (UMP), conduite par son secrétaire national en charge de l’Asie Chenva Tieu, membre du Bureau politique (voir organigramme de l'UMP page 2 et également fondateur du contesté Conseil Représentatif des Associations Asiatiques de France CRAAF ) , a effectué du 1er au 4 août une visite au Vietnam (...) »

« Cette délégation a été reçue par Nguyen Manh Hung, vice-président permanent de la Commission des relations extérieures du CC du Parti communiste du Vietnam. Les deux parties se sont informées de la situation de chaque parti et de chaque pays, ont échangé les problèmes régionaux et internationaux d'intérêt commun et discuté des orientations afin d’intensifier les relations entre deux partis. Auparavant, la délégation de l’UMP avait travaillé avec les représentants du ministère vietnamien des affaires étrangères, du Comité central de l'Union de la jeunesse communiste Ho Chi Minh et de l’Institut des sciences agricoles du Vietnam afin de discuter des mesures à prendre pour développer les relations entre les deux pays dans certains secteurs »

Doit-voir dans cette visite une forme de remerciement à Nong Duc Manh le secrétaire général du Parti communiste du Vietnam, qui avait adressé en décembre 2010, un message de félicitations à Jean-François Copé pour son élection à la présidence de l'UMP ?

Mais nul doute que Jean-François Copé, lorsqu'il trouvera le temps de faire une visite officielle au Vietnam, aura à coeur d'évoquer avec les responsables du Parti Communiste Vietnamien : « (...) la situation des droits de l’homme des personnes qui vivent dans l’extrême pauvreté, et sur les politiques sociales, en particulier en matière de protection sociale (...) » dont parle le rapport des Nations Unies du 9 mai 2011

Tout comme, il aura à coeur d'évoquer le sort de Cu Huy Ha Vu, dissident vietnamien condamné en avril 2010 : « A l'issue d'un procès expéditif (...) à sept ans de prison pour « propagande contre l'État » (...) « il risquait jusqu'à 12 ans de prison pour des propos, dans les médias étrangers et sur internet, appelant au multipartisme. Ce docteur en droit formé en France, est notamment accusé d'avoir calomnié le Parti communiste du Vietnam (...) »

Il pourra peut être aussi se pencher, en tant qu'avocat, sur le sort de ses confrères vietnamiens condamnés à la prison pour les mêmes motifs

Tout comme il pourrait recevoir au siège de l'UMP, Vo Van Ai du Comité Vietnam pour la Défense des Droits de l’Homme qui a été distingué en juin 2011 par le « Prix Spécial International de la Liberté ». Prix qui lui a été décerné pour son parcours au service de la cause de la liberté et des droits de l’Homme dans son pays.

D'autant que le Vietnam est candidat au Conseil des droits de l’homme pour le mandat 2013-2016.

Néanmoins, la mésaventure des tibétains abandonnés par l'UMP au profit du Parti Communiste Chinois ne laisse rien augurer de bon pour les les défenseurs des droits de l'homme vietnamiens

Surtout que le 18 février 2011, le Medef International organisait une rencontre à Paris avec le Ministre du Plan et de l’Investissement du Vietnam, dont le but était entre autre de : « (...) de faire part aux autorités vietnamiennes des obstacles à l’accès au marché et au renforcement des investissements (...) »

Et comme se fâcher, avec le secrétaire général du Parti communiste du Vietnam et Laurence Parisot, n'est pas le genre de la maison ...


Crédit photo
FlickR CC - Maurice Koop