16 mai 2011

Service civique : Futur fournisseur de salariés bon marché ?

A l'UMP, si on a peu d'idées pour faire reculer le chômage, on en a plein sur : les obligations de travail des titulaires du RSA et des prisonniers ou la mise en concurrence des salariés et chômeurs avec des populations sous rémunérées !

Ainsi, après Laurent Wauquiez, proposant d'imposer une contrepartie d'activité au versement du RSA. Oubliant au passage comme l'expliquait Marc Landré sur son blog, qu'actuellement ces missions sont déjà effectuées par des personnes : « (...) la plupart du temps en contrat aidé - déjà très éloignées du marché de l'emploi (bénéficiaires de minima sociaux, chômeurs de longue durée ou en fin de droits, handicapés...) et dont le petit boulot qu'elles exercent est censé les aider à leur remettre le pied à l'étrier (...) »

Ou Richard Mallié, député UMP des Bouches-du-Rhône (monsieur travail du dimanche ) qui propose, d'exiger que les détenus soient obligés de travailler, au fait que : « Un détenu est nourri, logé, blanchi aux frais de la princesse par le contribuable. Si on exige de lui qu’il fasse une activité utile, et payée en plus si c’est un travail, cela vous choque ? » - Libération

C'est au tour de Jean-François Copé, d'utiliser une autre idée de son meilleur ennemi, Martin Hirsch : Le service civique, pour proposer : (...) l'instauration d'un service civique obligatoire de quatre mois pour tous les jeunes entre 18 et 25 ans (...) Originalité de la proposition : . « Après un tronc commun de quinze jours, au cours duquel chaque jeune définirait son projet personnel, le service proprement dit suivrait. Il s'agirait de missions de service public pour lesquels les jeunes seraient rémunérés 350 € par mois (...) ».

Mais qu'en est-il actuellement du service civique ?

Prenons un exemple, publié le site de la République des Pyrénées : « (...) Pour expliquer aux Billérois la gestion des espaces verts selon les principes du développement durable et la nouvelle organisation de la collecte des déchets, la municipalité a décidé de faire appel à deux personnes majeures en contrat service civique, pour une durée de 6 mois (...) L'indemnisation prévue est de 442,11€/mois auxquels s'ajoutent 105€ de chèques restaurant/mois pour une durée de travail hebdomadaire de 28h (...) »

Ou cet autre exemple d'interview publiée dans Ouest France, de la mission locale de Redon : « (...) L'avantage pour les structures, c'est le coût. Elles déboursent peu. Nous n'aurions pas eu les moyens d'engager quelqu'un en CDD. En service civique, si, affirme d'ailleurs Bruno Chéron, directeur de la Fédération d'animations rurales en Pays de Vilaine (Fédé), qui a recruté deux jeunes hommes depuis janvier dernier (...) »

En fin de compte, le service civique est un excellente affaire pour les : « associations, fondations, fédérations, ONG ou personnes morales de droit public : Etat, collectivités locales, établissements publics » - Association Mode d'Emploi qui bien que bénéficiant de moyens financiers (collectes, subventions, budget de l'état ou des collectivités) restent ... des employeurs, comme les autres !

Maintenant, imaginez une seconde ce qui pourrait se passer, si du volontariat (à peine 10.000 jeunes par an), on passait, pour les 18 à 25 ans à une obligation ?

Nous assisterions tout simplement à une mise en concurrence impitoyable entre les salariés (et demandeurs d'emplois) et ce nouveau « vivier » de main d'oeuvre bon marché. Le tout arbitré par les « bénévoles » du RSA !

Scandaleux ? Certainement ! Et, surtout inconscient, dans un contexte ou plus de 4 millions de français sont touchés par le chômage total ou partiel !

Mais dans la mesure ou pour l'UMP, des jeunes de 18 à 25 ans occupés pendant 4 mois dans des : associations, fondations, fédérations, ONG ou personnes morales de droit public, ce seraient des jeunes qui sortiraient (provisoirement) des chiffres du chômage ... Le pire est à craindre !

13 mai 2011

De quelle gauche Terra Nova parle t-elle ?

Terra Nova le think tank de gauche l'affirme : « la gauche centrée sur la classe ouvrière est en déclin » et explique l'incapacité de cette gauche à renouer avec ces classes populaires. Mais de quelle gauche parle t-elle ?

Ainsi, après l'UMP, spécialiste des débats « sans tabou », c'est au tour de Terra Nova, think tank qui se réclame de gauche, de succomber à cette mode .

Dans un rapport publié sur son site Terra Nova affirme que : La sociale démocratie ne pourrait gagner en 2012 qu'en faisant l'impasse sur le vote des classes populaires et en misant sur celui d'autre catégories plus porteuses !

Or, au moment où les appels à l'union à gauche se multiplient, essayant de regrouper sous une même bannière, toutes les composantes de celle-ci. Le débat que viennent de lancer Bruno Jeanbart et Olivier Ferrand ressemble bien à un mauvais coup porté à leur camp.

Et, bien qu'Olivier Ferrand essaye de se défendre dans un billet, parfaitement contradictoire avec le rapport et portant le titre de : Qui défend les classes populaires publié aujourd'hui, le mal est fait !

Outre ce qu'expliquait mon camarade Variae sur son blog hier : « (...) Le groupe de travail Terra Nova, confondant cause et conséquence, inspecte les facteurs déterminant le vote de gauche aux dernières élections, et en tire, au petit bonheur la chance, un inventaire à la Prévert de catégories mélangeant genre (les femmes), origine (les immigrés), âge (les jeunes), diplôme (les diplômés du supérieur) et situation professionnelle (les CSP+) (...) »

Terra Nova écrit que : « Partout en Europe, la social-démocratie est en crise. Elle ne gouverne plus que dans 6 pays sur 27 (...) Le modèle de société porté par la social-démocratie – l’économie sociale de marché, autour de la construction de l’Etat-providence – n’est plus compatible en l’état avec le nouveau monde globalisé. Il doit être refondé (...) »

Mais, vous êtes vous posé messieurs les beaux esprits de Terra Nova la question de vraiment savoir pourquoi la sociale démocratie ne fait plus recette en Europe ?

Peut être d'avoir finit, dans beaucoup de cas, à tellement ressembler à la droite que leurs électeurs ont préféré voter pour les écologistes, des formations plus à gauche ou tout simplement se réfugier dans l'abstention !

Ou peut être d'avoir oublié ses valeurs en cours de route comme l'écrivait Philippe Marlière sur D&S : « (...) Avant son recentrage des années 80, la social-démocratie s’était définie à travers son action contre les injustices sociales (économiques et culturelles). A ce titre, elle a toujours été perçue par le public comme une force de gauche. Après vingt années de « modération » économique, de cogestion néolibérale et d’alliances avec la droite sur le plan national et européen, la nature de gauche des partis sociaux-démocrates est incertaine. En tout cas, elle n’apparaît plus comme allant de soi pour un nombre croissant d’électeurs. L’Europe sociale, revendiquée par les sociaux-démocrates, n’a connu aucune avancée majeure, car elle est rejetée par une majorité des partis issus du Parti des socialistes européens (...) »

En France, la sociale démocratie n'a pas perdu ses électeurs des classes populaires parce : « (...) Les classes populaires (ouvriers et employés) ont (...) des valeurs culturelles conservatrices (ordre et sécurité, refus de l’immigration et de l’islam, rejet de l’Europe, défense des traditions…) » Mais bien parce qu'elle a délaissé le champ social, le laissant aux seuls partenaires sociaux avec le déséquilibre que l'on connaît entre la puissance des organisations d'employeurs et les syndicats de salariés.

La mondialisation acceptée, telle quelle, par la droite et une partie des sociaux démocrates a touché en premier ces mêmes ouvriers et employés qui ont du, soit accepter de baisser leurs salaires (travailler plus pour le même tarif) ou simplement voir fermer leurs usines !

Ce qui serait, selon Terra Nova, une chance pour les sociaux démocrate puisque: « (...) il est possible d’identifier au sein des classes populaires des sous-catégories plus aisées à raccrocher à la gauche. Il y a d’abord les précaires, les chômeurs, les exclus : ceux-là votent à 70% à gauche (...) » Quant aux autres, pas de temps à perdre puisque :« le problème de la gauche se situe avec les classes populaires au travail, qui sont en CDI mais qui ont peur du déclassement (...) »

Mais direz-vous, quid des réactions à gauche et notamment au PS sur cette vision bien particulière de faire de la politique ?

Arnaud Montebourg a écrit sur son blog : « (...) Mon analyse diffère radicalement de celle de la note de Terra Nova (...) Même si les catégories populaires s’abstiennent massivement aux élections régionales, cantonales ou européennes, je n’oublie pas que le taux de participation a été massif en 2007 parmi elles comme dans l’ensemble du pays. Je n’oublie pas que leur vote est déterminé par la capacité ou non de la gauche à répondre aux causes et conséquences de la mondialisation. La clé de la victoire pour la gauche, dans l’avenir proche comme sur le long terme, c’est le lien qu’elle doit renouer avec ces classes populaires (...) »

Pierre Moscovici a également, sur RFI, rejeté les arguments de Terra Nova !

Et enfin, Solférino 2012 qui est un groupe de plus de 50 députés socialistes qui veut conforter l'action de Martine Aubry à la tête du Parti socialiste a écrit : « (...) Ce choix, défendu dans certains milieux bien pensants et ripoliné en modernisme, serait mortifère pour la Gauche. D'abord parce que ce qui a toujours été au coeur de la Gauche et qui l'a réunie est la volonté d'améliorer d'un même mouvement les conditions de vie quotidiennes des classes moyennes et populaires. Toutes les victoires de la Gauche se sont bâties sur ce principe, et notamment celle du 10 mai 1981 (...) »

Et oui, monsieur Ferrand, il ne suffit pas aujourd'hui de publier une sorte de rectificatif qui permettrait de décrypter ce que vous avez publié la veille. C'est hier qu'il fallait le faire figurer avec votre « essai » !

Reste maintenant à savoir si certains candidats à la primaire socialiste sont en mesure d'approuver le raisonnement de Terra Nova. Si c'est le cas, qu'il se fassent connaître rapidement, afin que les votants à cette primaire, les éliminent rapidement et sans remord !


Crédit photo
Terra Nova

12 mai 2011

Mais ou est donc passé : l'Observatoire du fabriqué en france ?

Particulièrement prisés par les politiques et les milieux économiques, les observatoires ont pour utilité de calmer l'opinion tout en ayant vocation au mieux à végéter, au pire à disparaître. Il semble que c'est le cas de " l'observatoire du fabriqué en France "

Qui à part Christian Estrosi, l'éphémère ministre de l'industrie ou quelques initiés, se souviennent de : « l’Observatoire du Fabriqué en France » ? En septembre 2010, le blogueur Eugène repris par Marianne2 en faisait état lors de son lancement, rappelant que : « (...) les indicateurs du premier tableau de bord du Fabriqué en France, dévoilé le 31 août par Christian Estrosi, étaient dans le rouge »

Rappelons nous un instant les déclarations du ministre toujours disponibles, sur le site du gouvernement : « Christian Estrosi a présenté l’Observatoire du Fabriqué en France, à Paris le 31 août 2010. Ce nouvel outil permettra de faire le point chaque année sur l’état de l’industrie française (...) En créant l’observatoire du Fabriqué en France, Christian Estrosi souhaite préparer la France d’après crise. Pour le ministre, il s’agit de redonner à l’industrie française les moyens de regagner des parts de marché et de créer des emplois, tout en augmentant la production industrielle de 25 % d’ici à 2015 (...) »

Suivaient de très sérieux indicateurs : « (...) L’Observatoire du Fabriqué en France va se fonder sur trois indicateurs, mis à jour chaque année (...) » Pour finir par ce morceau d'anthologie : « L’Observatoire que vous découvrez aujourd’hui n’a pas été conçu comme un simple outil de description statistique, mais comme un objet de dialogue, de débat, et de décision »

Les activités concernés par l'observatoire étaient : « Automobile, ferroviaire, aéronautique, construction navale, technologies et services de l'information et de la communication, industrie de la mode et du luxe, industries des biens de consommation, chimie et matériaux, industries de santé, agroalimentaire et éco-industries »

Et puis plus rien ... jusqu'au 4 avril dernier où, on apprenait, que : « Eric Besson a annoncé qu'une double concertation serait bientôt engagée sur le marquage des produits français mis en vente sur le marché communautaire d'une part, et sur l'éventuelle création d'une indication géographique protégée industrielle au niveau communautaire d'autre part (...) le ministre a annoncé l’engagement de travaux destinés à mettre en œuvre les propositions formulées par Yves Jego, en faveur du made in France, dans le rapport qu’il a remis au président de la République en mai 2010. (...) »

Nouveauté : Eric Besson a créé en mars 2011 un : « Comité stratégique de filière des industries des biens de consommation » dont la mission sera d'examiner : « (...) La valorisation du fabriqué en France (...) »

Maintenant, en termes d'efficacité, il ne semble pas possible de connaître les résultats du : « nouvel outil qui devait permettre de faire le point chaque année sur l’état de l’industrie française » et à fortiori de ceux qui devait permettre : « à l’industrie française les moyens de regagner des parts de marché et de créer des emplois »

Mais pas d'impatience, puisque, comme l'indiquait, le site du ministère de l'économie et des finances, le 4 mars 2011 : « Les résultats de ces travaux (Comité stratégique de la filière des industries des biens de consommation) seront rapportés devant la conférence nationale de l’industrie (CNI) »

Résultats qui, sans doute seront longuement étudiés ... jusqu'au lancement officiel de la campagne présidentielle de 2012. Pendant laquelle, il sera toujours temps de promettre de : « redonner à l’industrie française les moyens de regagner des parts de marché et de créer des emplois, tout en augmentant la production industrielle de 25 % d’ici à 2015 » !

Crédit image
Portail du gouvernement

11 mai 2011

Réforme fiscale et prime aux salariés : Champagne et fumisterie ?

Etonnante coïncidence : Le gouvernement espère faire voter en même temps, les textes sur la prime des salariés et de la réforme fiscale. Une habile façon de détourner l'attention des salariés sur les cadeaux fiscaux faits aux plus aisés ?


Selon l'Usine Nouvelle, le gouvernement envisage, en ce qui concerne la prime aux salariés : « (...) une adoption définitive du texte avant l’été par le Parlement. La première lecture doit avoir lieu dans la semaine du 14 juin à l’Assemblée Nationale (...) et en ce qui concerne la réforme fiscale, il : « (...) souhaite une adoption du projet de loi avant le 14 juillet. La première lecture à l’Assemblée nationale pourrait donc être effectuée début juin (...) »

Si certains diront qu'il s'agit de rationaliser le temps et l'énergie des nos parlementaires, d'autres, s'attarderont sur le machiavélisme du tempo !

En effet, ce n'est qu'en 2012 que le bouclier fiscal devrait disparaître. Néanmoins, il est maintenu pour cette année et le gouvernement a décidé, comme l'écrit l'AFP : « (...) pour plus de discrétion (...) » que « (...) le fisc n'adressera plus de chèques cette année-là aux contribuables aisés. Ils déduiront eux-mêmes, ni vus, ni connus, le montant du bouclier et celui de l'ISF dont ils s'acquittent parallèlement (...) »

Sur l'ISF en particulier, les allègements représenteront un perte de : « 900 millions pour les caisses de l'Etat que le gouvernement a promis de compenser à l'euro près (...) »

Toutefois : « (...) Selon les calculs du syndicat des impôts Snui-SUD Trésor, les 1000 ménages disposant à la fois d’un capital de plus de 16 millions d’euros et de très hauts revenus devraient ainsi économiser, chacun, près de 400 000 € par an (...) »

De quoi irriter la fameuse classe moyenne, que prétend défendre Laurent Wauquiez, le pourfendeur ... de l'assistanat social !

En effet, le site Web de L'entreprise, qui semble bien informé, donne aujourd'hui, les détails du projet de prime, que le gouvernement devrait soumettre aux assemblées. Et là, pas de quoi pavoiser !

Première information : « La nouvelle prime sera exonérée de cotisations jusqu'à 1200 € »

Quelles seront les entreprises qui y seront assujetties ?

« (...) Les entreprises (ou les groupes) de 50 salariés et plus qui ont versé des dividendes en hausse par rapport à la moyenne des dividendes des deux années précédentes (...) »

Le montant et les modalités seront-ils fixé par la loi ?

« (...) Le montant et les modalités de versement de la prime seront librement déterminés dans chaque entreprise (...) »

Quelle fiscalité lui sera t-elle imposée ?

« (...) Le salarié sera imposé sur cette prime. Pour les entreprises, elle sera déductible de l'impôt sur les sociétés (...) »

Question qui fâche : A défaut de connaître le montant que chaque entreprise acceptera, après négociations, accord avec le personnel ou tout simplement de façon unilatérale. Combien de salariés toucheront quelque chose ?

Partant du principe que : le nombre d'emplois salariés s'établissait à 16,4 millions au 3e trimestre 2010 et que, comme l'expliquait Le Monde : « (...) Une minorité d'entreprises verse des dividendes (...) » Et que seules : « 16,4 % des PME étaient concernées (...) » Rapport Cotis

« (...) environ quatre millions, seraient concernés par la prime, obligatoire dans les entreprises au-dessus de cette taille dont le dividende a progressé l'année par rapport à la moyenne des deux années précédentes. Cette annonce revient sur l’estimation effectuée par le même ministère fin avril. A l’époque, il évoquait un chiffre atteignant les huit millions de salariés concernés par les négociations (...) » explique l'Usine Nouvelle

Alors, opération de communication destinée à cacher au plus grand nombre, les petits cadeaux destinés à l'électorat traditionnel de l'UMP ?

C'est ce que pense Jean Arthuis, le très peu primesautier président de la commission des finances du Sénat (et partisan de la suppression totale de l'ISF) : « (...) Tout cela c’est de la gesticulation, cela ne fait pas une politique salariale et cela relève seulement de considérations de conjoncture politique (...) » Ce qui ne saurait, modifier l'attitude du gouvernement et de sa majorité parlementaire, qui ont d'ores et déjà décidé, des attributaires ... du champagne et de la fumisterie !

10 mai 2011

Medef : Des tickets sports pour améliorer le climat social ?

Comment faire oublier aux salariés, la prime gouvernementale, la pénibilité, le stress, et améliorer le climat social dans les entreprises ? Voila une question à laquelle le Medef a une réponse simple : Offrir des «tickets sport» aux salariés !

Avec le Medef, en termes de propositions pour l'amélioration des conditions de travail, on est jamais déçu ! En effet, alors que celui-ci mène toujours un combat âpre pour minimiser le montant de la (future possible) prime gouvernementale pour les salariés, comme le montre le communiqué du Medef de l'Aude, publié aujourd'hui, dans le journal l'Indépendant

Extraits : « (...) Le Medef Aude s'élève contre cette décision qui vise une fois de plus à faire peser sur les entreprises de nouvelles dépenses obligatoires (...) les entrepreneurs ne comprennent pas l'ingérence d'un État dépensier dans le dialogue social des entreprises. Le dialogue social est de la compétence de chaque dirigeant ainsi que de leurs syndicats représentatifs. Ce que souhaitent réellement les salariés ce sont des augmentations de salaire pérennes, qui ne sont possibles que s'il y a de la croissance. Or, les entreprises de l'Aude sont encore trop fragiles pour prétendre à une telle augmentation (...) Un dispositif qui oppose au lieu de rassembler. De quoi favoriser un profond sentiment d'injustice sociale que les syndicats ont d'ailleurs parfaitement perçu. Sauf à révolutionner le modèle économique et social et à prendre le pouvoir dans les entreprises, l'État n'a pas à intervenir dans la gestion des entreprises. Nous ne pouvons accepter qu'il décide de donner l'argent des autres et ne remette pas en cause sa propre gestion (...) »

Il continue de réfléchir à l'amélioration du dialogue social et des conditions de travail des salariés ! Et de quelle façon, direz-vous ?

Et bien, en réfléchissant à la possibilité de distribuer des : « (...) titres sport comme il existe des titres restaurant (...) »

Extrait de Medef argu de mai 2011 : « Le sport un levier de croissance durable pour la France : (...) Les problématiques de santé et de bien-être au travail prennent une importance de plus en plus grande, pour les salariés, comme pour les chefs d’entreprise. Or quoi de mieux que le sport pour garder ou retrouver la forme et le moral !

L’entreprise peut être un des vecteurs majeurs du développement des activités physiques et sportives qui peuvent contribuer à réduire le stress professionnel, à répondre à la demande de mieux-être au travail des salariés et à améliorer le climat social dans l’entreprise. C’est pourquoi le Comité Sport du MEDEF a lancé une réflexion sur la mise en place d’un titre sport, comparable au titre restaurant (...) Des études d’impact sont en cours pour évaluer l’équilibre budgétaire de ce dispositif, l’impact en matière de santé publique et donc de moindre déficit de la sécurité sociale venant idéalement compenser les avantages fiscaux (...) »

Oui, car bien entendu, le Medef n'envisage pas de financer ce programme, puisqu'il indique en toutes lettres que celui-ci serait : « exonéré de charges sociales et fiscales pour l’entreprise » mais toutefois (il faut dire merci ?) « net d’impôt pour le salarié »

En gros : Des employés destressés, moins revendicatifs, souffrant moins de troubles squeleto musculaires et qui, par conséquent coûteraient moins cher à la sécurité sociale. Une idée de génie non ?

Enfin idée seulement, car, le Medef, toujours soucieux que l'Etat finance ses idées, mais refuse que celui-ci intervienne dans la gestion des entreprises, n'oublie surtout pas d'indiquer clairement que le titre sport serait : « facultatif pour l’entreprise » ! Non mais !


Crédit image
TMS par CFDT Auchan

09 mai 2011

Wauquiez et Goasguen : Perdre son âme plutôt qu'une élection ?

Pour les hommes politiques au pouvoir, perdre les élections est leur pire cauchemar. Certains, comme Laurent Wauquiez ou Claude Goasguen, sont d'ailleurs prêts à adopter certaines demandes du Front National pour s'y maintenir !

Dans une chronique du 23 mars 2011, Marie-Bénédicte Allaire, du service politique de RTL déclarait : « (...) en 1987, une tribune de Michel Noir, à l'époque député maire RPR de Lyon avait jeté un pavé dans la mare ... il écrivait qu'il valait mieux perdre une élection que son âme ... l'UMP n'en est pas aujourd'hui à se poser la question d'une alliance avec le FN ... mais si elle ne veut pas en arriver là ... elle doit montrer qu'elle a d'autres réponses à apporter ... et notamment des réponses économiques sociales ... or on peut se poser la question ... lancer des débats qui tournent au défouloir anti-musulmans ... jeter l'opprobre sur les roms ... n'est-ce pas d'une certaine façon perdre son âme quand on se réclame d'une droite républicaine (...) »

Or, les dernières déclarations de Laurent Wauquiez au nom de la droite sociale et celles de Claude Goasguen au nom de la droite populaire laissent à penser que l'UMP préfère se focaliser sur le fait que : « (...) Marine Le Pen devient la personnalité qui recueille le plus de suffrages auprès des sympathisants de droite : 55 % (+ 10 points en un mois ) » que des : « réponses à apporter, notamment économiques sociales »

Laurent Wauquiez a : « jugé anormal que le système de protection social, le plus généreux d'Europe, permette aux étrangers, très facilement, de bénéficier de nos différents outils de solidarité. Il est normal que quelqu'un qui vienne en France bénéficie de notre système à condition qu'il ait un minimum contribué (...) suggérant d'établir une durée minimale de travail - cinq ans - pour pouvoir y prétendre (...) » - Le Monde

Franchement novateur, lorsqu'on sait que la proposition de monsieur Wauquiez a été émise en ... 1985 et en ... 2001 !

« (...) nous offrons pratiquement gratuitement aux gens qui rentrent chez nous sans aucun contrôle des services sociaux qui sont gratuits pour ceux qui en bénéficient mais pas pour la communauté Française qui les paie avec ses impôts (...) » J-M Le Pen à L'heure de vérité

Dans le même registre, on trouve : « (...) Dans cet esprit, je veux que la priorité soit de nouveau accordée aux citoyens français pour les emplois et les prestations sociales. Et cette mesure ne constituera pas seulement une mesure de justice à l'égard de nos compatriotes, mais contribuera aussi à dissuader les étrangers peu scrupuleux de venir chez nous abuser de notre pays (...) » Bruno MEGRET - Discours de lancement de la campagne présidentielle

Le tout synthétisé dans le programme du FN : « (...) Supprimer les pompes aspirantes en réservant les aides sociales diverses et les allocations familiales aux seuls Français et en réinstaurant, dans le cadre de nouvelles dispositions législatives, la préférence nationale pour les prestations sociales (...) »

Moins médiatisé mais pourtant aussi significatif : Claude Goasguen, qui ne souhaitait pas être en reste a lancé : « (...) Je souhaite que l'on commence par enregistrer les situations de double nationalité au moment des actes de mariage, de naissance ou de naturalisation. On disposerait ainsi à terme d'un registre des binationaux, (...) En France aujourd'hui, on ne sait pas combien ils sont, sans doute 4 à 5 millions. Je souhaite aussi qu'on aille progressivement vers une limitation de la double nationalité (...) »

Qui n'est qu'une variante de : « (...) Lancer une réforme du droit de la nationalité, en supprimant notamment la binationalité et l’acquisition automatique de la nationalité (celle-ci ne serait alors automatique que si l’on est de père ou de mère français) » Programme du Front National ou de : « (...) Oui je crois qu'il faut changer le code de la nationalité, qu'il faut supprimer le droit du sol et je pense qu'il faut supprimer la double nationalité (...) » Marine Le Pen en 2009

Et qui fait suite à l'échec d'une tentative du même Goasguen à l'Assemblée Nationale, avortée par le Sénat qui a : « (...) retoqué deux dispositions, introduites par les députés à la demande de la Droite populaire (issue de la droite de l'UMP), modifiant l'accès à la nationalité. Le premier supprimait l'automaticité de l'acquisition de la nationalité pour les jeunes étrangers de 18 ans (...) » - Le Figaro

Mais qu'en est-il vraiment, de l'application des ces mesures, destinées à convaincre l'électorat de droite extrême de revenir dans le giron de l'UMP ?

Danièle Lochak, professeur à l'université de Paris X-Nanterre et présidente du Gisti donne une réponse précise : « (...) L'administration ne saurait, de son côté, refuser à un étranger le bénéfice d'un droit ou d'une prestation aussi longtemps qu'il n'existe aucun texte législatif ou réglementaire réservant ce droit ou cette prestation aux Français. L'article 187-1 du Code pénal punit en effet de peines de prison et d'amende « tout dépositaire de l'autorité publique ou citoyen chargé d'un ministère de service public » qui refuse sciemment à une personne, en raison de son origine, ou de son appartenance ou de sa non appartenance à une race ou une nation déterminée, le bénéfice d'un droit auquel elle pouvait prétendre (...) »

Néanmoins, ajoute Danièle Lochak, un débat reste toujours possible puisque : « (...) Le Conseil constitutionnel n'a jamais eu à se prononcer directement sur cette question. Dans une décision rendue le 23 janvier 1987, il n'a pas considéré comme inconstitutionnelle la loi qui ouvrait la possibilité de subordonner à une durée minimale de résidence sur le territoire français le bénéfice de certaines prestations sociales, se bornant à indiquer que la mise en oeuvre de cette loi par le pouvoir réglementaire ne devrait pas aboutir à dénaturer le principe posé par le Préambule de la constitution de 1946 selon lequel « la nation garantit à tous (...) la protection de la santé, la sécurité matérielle (...) »

Alors, l'UMP et ses dirigeants pousseront-ils leur raisonnement jusqu'à rendre un peu plus crédible la déclaration de Jean-Marie Le Pen : « les électeurs préféreront un jour l'original à la copie » ? En tous cas, il semble bien qu'à l'UMP, on ait choisit de : perdre son âme plutôt qu'une élection !

Crédit et copyright image
Hervé Baudry

06 mai 2011

2007 - 2011 : Que reste t-il du sarkozysme flamboyant ?

Que reste t-il, aujourd'hui, du sarkozysme en 2011 ? C'est ce qu'on est en droit de se demander, au moment où seuls 17% des français jugent son bilan plutôt positif et que sa côte de confiance est de 20%. Peut être quelques vidéos flamboyantes et ... accablantes !

Il n'y aura, aujourd'hui, de fête à l'Elysée pour célébrer les quatre ans de présidence de Nicolas Sarkozy. La seule manifestation publique aura lieu à Toul, fief de Nadine Morano, où François Fillon fera semblant de se réjouir d'un bon bilan !

Mais, au delà des quatre années passées, il ne faut pas oublier que le début de la conquête du pouvoir par Nicolas Sarkozy et l'UMP remonte à 2005. Nous avons d'ailleurs trouvé une vidéo UMP dans laquelle les promesses d'un monde nouveau et meilleur abondaient



Pour ce qui concerne la suite, nous avons décidé de vous remémorer les spots de campagne du candidat Sarkozy qui sont, vous l'avouerez, des morceaux d'anthologie !


Nicolas Sarkozy - Spot campagne



Nicolas Sarkozy - Spot Campagne 2



Nicolas Sarkozy - Spot Campagne 3


Ne pas oublier, bien entendu, le très célèbre : « Je ne vous décevrai pas .... »


Sarkozy: je ne decevrai pas par dagrouik


Ni l'engagement formel sur le maintien de la retraite à 60 ans



Quand à la « présidence du pouvoir d'achat » , les français retiendront que, pendant qu'on s'active sur l'allègement de l'ISF, la très grande majorité des salariés ne seraient pas concernés par la prime « médiatique », puisque celle-ci pourrait, en fin de compte, ne concerner que ceux des entreprises du CAC40 !

En fait, chaque citoyen électeur peut mesurer la distance, qui sépare les promesses du candidat à celle du Président, qui pourtant, continue à ne pas douter de ses chances, pour un nouveau mandat de 5 ans.

En effet, c'est sans le moindre complexe qu'il a déclaré, lors d'une récente réception des députés UMP à l'Elysée : « (...) Moi, la situation je la sens bien. Je viens de si loin. Depuis 1995, j'ai tant d'expérience du pays, les Français regardent leurs dirigeants, comment ils se comportent et, dans la difficulté, s'ils sont solides (...) Quand le paysan sème, l'imbécile au bord de la route ne voit pas qu'il sème et qu'il a labouré profond depuis longtemps (...) cette élection, je commence à pas trop mal la sentir (...) »

Au delà de cette immodestie, Monsieur le Président, permettez-nous de vous dire, que ce sera aux français, et à eux seul, de juger de vos capacités à diriger le pays ... en 2012 !

05 mai 2011

« Management responsable » : La nouvelle charte bisounours du Medef ?

Les salariés sont insatisfaits de leurs conditions de travail et de salaires. Le Medef propose une réponse sous forme d'un « projet de manifeste pour un nouveau management » qui ressemble, à s'y méprendre, à un nouveau code bisounours de l'entreprise !

Le Medef rejette tout ce qu'il considère : comme une intrusion ou une ingérence, dans la gestion des entreprises. Ainsi, après avoir fait échouer le dossier du dialogue social dans les très petites entreprises, où il a pesé de tout son poids, pour faire échouer l'accord que les artisans de l'UPA avaient trouvé, avec les syndicats de salariés

Il a trouvé, dans la prime aux salariés, décidée par le gouvernement, un nouveau combat qu'il est probablement, en passe de gagner. En effet, de jours en jours, celle-ci annoncée à 1000 €, prend la forme d'une obole ou d'une prime panier !

Par contre, lorsqu'il est mis en cause, le « truc » du Medef, en cas d'alerte, c'est d'inventer des chartes ou des codes de bonne conduite.

Rappelons-nous le code l'AFEP / MEDEF sur les politiques de rémunérations des dirigeants. Code, basé sur le volontariat, qui lui a permis d'éviter de voir le gouvernement légiférer sur le sujet. Tout en gardant, bien entendu, la possibilité de déroger à telle ou telle disposition du code de gouvernement d'entreprise, sous réserve, de s'en expliquer, selon la règle comply or explain

Dernier sujet de contrariété au Medef : le mécontentement des salariés vis à vis de leurs rémunérations et de leurs conditions de travail.

En effet, le 24 mars, L'Expansion publiait une étude sur la satisfaction des salariés, dans laquelle on pouvait lire : « (...) Les possibilités d'évolution professionnelle sont également une source d'insatisfaction pour une majorité de salariés : 52%. La rémunération est également la première priorité citée par les salariés : 59% (...) »

Plus grave encore : Une étude internationale menée par le cabinet d’études américain Forrester Research fin 2010, sur le niveau de perception que les salariés ont de leur entreprise, révélait que 64% des salariés français ne recommanderait pas leur entreprise - Source Blog Interview

Si on ajoute, comme l'expliquait le Journal du Net que : la baisse de la motivation s'accentue depuis 2 ans, concernant désormais 40 % des salariés (+ 4 points). Vous direz qu'il est grand temps pour les entreprises d'avoir recours au dialogue social pour éviter, la perte de compétitivité, chère au Medef !

Et bien, le Medef a réagit, fin avril, en publiant un : projet de Manifeste pour un Nouveau Management.

Présentation par le Medef :

« Dans un contexte de mondialisation, de complexité croissante et dans une perspective de reprise économique, les membres du Comité Management présidé par Philippe Vivien (DRH D’Areva), chefs d’entreprises et praticiens des RH, ont souhaité identifier, exprimer et promouvoir le plus largement possible des lignes de conduite et principes d’un management durable et responsable. « Donner du sens et responsabiliser les salariés », « créer un environnement de travail favorable à leur engagement », « revisiter les modes de rétribution et de reconnaissance », tels sont les trois principes structurants du Manifeste pour Un nouveau Management (...) »

Et de quelle façon se traduit le : « management moderne et distinctif qui mette en lumière l’importance des contributions individuelles et collectives dans le développement de la croissance et de l’emploi » dont parle le projet de manifeste ?

Pour l'exemple, nous avons retenu quelques principes que nous vous livrons ci-dessous

Une entreprise respectueuse soucieuse de son rôle sociétal

(...) Une entreprise qui promeut la lutte contre les discriminations et le respect des différences
Un bon usage des stages, CDD, et emplois intérimaires

Des modes d’organisation qui préservent la qualité de vie au travail.

Un mode de management attentif au développement professionnel de chacun

(...) Un management attentif, bienveillant, qui tient compte des compétences, qualités, capacités et aspirations de chacun dans la définition des objectifs individuels et dans la répartition des tâches au sein des équipes
(...) La mise en place de programmes de développement personnel (apprentissage, formation, tutorat, coaching, etc.) pour les collaborateurs et de valorisation des métiers.

Rétribution et reconnaissance

Des politiques de rémunérations variables, individuelles et collectives, équitables
(...) Un système de rémunération qui établit l’égalité professionnelle hommes-femmes.
(...) La mise en place de systèmes de reconnaissance collective (monétaire ou non, formelle/informelle, immédiate/long terme) à tous les niveaux de l’entreprise

Franchement intéressant et digne d'intérêt, si dans le même temps les salariés n'avaient pas connaissance :

Du succès de la rupture conventionnelle qui a permis de se séparer des salariés âgés de plus de 50 ans qui sont surreprésentés parmi les demandeurs d'emploi qui entrent à Pôle emploi

Du refus systématique de Laurence Parisot de voir augmenter les salaires au niveau national et du partage par tiers, des profits des entreprises

Du peu d'intérêt des entreprises, à prendre en compte les dégâts du stress au travail. Ou celle des troubles musculo-squelettique (TMS) dans la pénibilité donnant droit à un départ anticipé à la retraite

Et bien entendu : Du torpillage de la prime aux salariés qui ne va toucher, au mieux, que quelques milliers de personnes, qui pourraient se voir allouer la prise en charge d'une mutuelle ou bien, quelques chèques vacances ou pourquoi pas ... un filet garni !

Mais, rassurez-vous puisque dans son projet, le Medef écrit : « La croissance à moyen et à long terme n’existe que si elle est partagée ; que si chacun peut prétendre à un traitement juste et équitable (...) »

Maintenant, si le projet était un jour ou l'autre, transformé en charte ou code, et que certaines entreprises trouvent le moyen de déroger à cette future charte : « sous sous réserve de s'en expliquer, selon la règle « comply or explain » , cela ne saurait remettre en cause ... la bonne volonté du Medef !

04 mai 2011

Pour gagner en 2012 : Copé invente les « ambassadeurs du bilan » !

Même si le Président répète qu'on « n'est pas élu président sur son bilan » l'UMP sait que les français mettront celui-ci, au premier plan de leur décision, en 2012. Alors quoi de mieux qu'une opération de propagande pour préparer ... les esprits !

Au de-là des fanfaronnades élyséennes : « Cette élection, je commence à pas trop mal la sentir
», à l'UMP, on ne peut que constater que la popularité du président, ne dépasse pas, en moyenne, les 30% de satisfaction, depuis des mois. Or, cette très faible satisfaction est liée aux quatre années d'exercice du Président supportées et défendues par les élus de l'UMP.

En effet, en 2012, chaque candidat UMP aux législatives aura a répondre de l'action du Président et de son gouvernement et devra, éventuellement, la défendre. A moins que beaucoup, ne ressortent la stratégie, utilisée pour les dernières cantonales, qui a consisté à omettre la présence du logo de l'UMP ... sur leurs affiches électorales !

Alors, en attendant, il va bien falloir essayer de faire croire aux français que ces quatre ans, ont été, les meilleurs qu'ils aient jamais connu.

C'est ce que Jean-François Copé vient de décider de faire, en faisant parvenir un mail à tous les militants et sympathisants abonnés aux News internet de l'UMP. Dans ce mail auquel est attaché un « livret » il annonce l'organisation, du 6 mai (date anniversaire de l'élection de Nicolas Sarkozy) jusqu'au 7 d'une :

Opération « 24h pour le bilan » - Le 6 mai au soir, des réunions publiques se tiendront dans chaque département. - Le 7 mai, nous irons à la rencontre des Françaises et des Français pour diffuser des tracts sur le bilan et engager la discussion avec eux.

Cette annonce est couplée à une injonction pour les sympathisants et militants à devenir « ambassadeurs du bilan »

Et de quelle façon ?

Extraits : « (...) Nous allons donc expliquer une à une chacune des réformes menées depuis 4 ans afin que tous puissent mesurer le travail accompli, notamment en diffusant ce livret (...) Pour cela, j’ai besoin de vous ! En transférant ce message à au moins 3 de vos proches, vous permettez la création d’une dynamique forte autour de l’opération « 24h pour le bilan » (...) Envoyer ce message, c’est un acte militant. Toutes les études sur la circulation de l’information démontrent que les messages sont mieux compris lorsqu’ils passent par une médiation personnelle (...) Alors n’hésitez plus, transférez ce message à au moins 3 de vos proches et devenez ambassadeur de notre bilan ! (...) »

A vrai dire, nos « ambassadeurs » ne devraient pas avoir trop de mal à diffuser un livret, tout à la gloire de notre Président et de l'UMP. Ainsi les amis des ambassadeurs du bilan, pourront apprendre qu'ils ont, entre autre :

Défendu le pouvoir d'achat,
Mis en place une formidable réforme de l'enseignement (et facilité la scolarisation des enfants handicapés ),

Renoué avec les valeurs du travail et récompensé l'effort (travailler plus pour gagner plus, mais aussi travailler mieux),

Modernisé l'état,

Se sont battus pour une immigration choisie,

Ont soutenu les plus faibles dans les domaines de la santé et de la solidarité,

Ont fait rentrer la France dans l'après pétrole,

Ont renforcé les atouts de la France face à la mondialisation,

Ont fait de la France une nation forte et respectée au sein de l'Europe


Au passage, les amis chômeurs, qui n'ont vraiment pas à se plaindre, si on en croit le « livret», pourront sourire (jaune) du satisfecit de l'UMP, sur rôle bénéfique de la rupture conventionnelle : « (...) Près de 390000 accords ont été homologués en deux ans » et seront content d'apprendre que : « (...) le nombre d’heures supplémentaires est revenu en 2010 à son niveau d’avant la crise : plus de 700 millions d’heures pour un total de 5,3 millions de salariés. C’est près de 11 Mds d'€ de revenus supplémentaires pour les français qui, en travaillant, ont gagné plus » Voir : travailler plus pour gagner plus, mais aussi travailler mieux

C'est rageant, toutefois, pour les rédacteurs du livret promotionnel, d'avoir manqué de place pour parler, entre autre :

Du bouclier fiscal qui, même si sa disparition est programmée, aura coûté au budget de l'état, en 2010 : « (...) 591 millions d'euros aux caisses de l'Etat et bénéficié à 14.443 contribuables selon une situation provisoire établie par Bercy en date de février 2011 (...) »

Ou de la réforme de l'ISF qui induit que : « (...) les contribuables qui paient l’ISF et bénéficient du bouclier fiscal vont payer moins d’impôts pendant un ou deux ans. En effet, le taux de l’impôt sur la fortune devrait être largement abaissé dès 2011 ou 2012 pour compenser la suppression dudit bouclier fiscal (...) »

Des sociétés multinationales françaises comme, par exemple : Total, qui ne payent pas d'impôts en France : « (...) Total est d'ailleurs en train de renégocier avec Bercy la possibilité de réduire à nouveau - voire annuler -son impôt sur les sociétés par le mécanisme du bénéfice mondial consolidé. Une fois le feu vert de François Baroin obtenu, le groupe pourra donc continuer d'additionner le résultat de ses filiales dans le monde pour éventuellement réduire son impôt en France, et ce jusqu'en 2013 (...) »

De la suppression de la taxe professionnelle : « On supprimera la taxe professionnelle en 2010 parce que je veux qu’on garde les usines en France. Je veux qu’on arrête les délocalisations » dont l'allégement fiscal de 7,6 milliards d’euros pour les entreprises aura été payé, en grande partie par les ménages

De la niche fiscale à 22 milliards pour les entreprises : « Depuis 2007, les entreprises ne payent plus d'impôt sur les plus-values lorsqu'elles vendent leurs filiales. Une mesure indispensable à leur compétitivité pour les uns, mais ruineuse pour les finances de l'État (...) » Soit : « (...) un manque à gagner pour l'État de 3,4 milliards en 2007, 12,5 milliards en 2008 et 6,1 milliards en 2009, selon les chiffres de Bercy (...) »

De la baisse de la TVA dans la restauration qui représente : « (...) 2 milliards et demi à l’Etat, et dont chaque emploi créé, coûte 100 000 Euros par an à l’Etat (...) »

Mais aussi

De la fiscalisation des indemnités pour accidents du travail : « (...) soutenue publiquement par le président Nicolas Sarkozy et plusieurs ministres, notamment Christine Lagarde, Xavier Darcos et Eric Woerth »

Des vagues de déremboursement des médicaments, comme celle du 2 mai

Et enfin, de la création d'une cinquième branche de la sécurité sociale destinée à financer la dépendance et promise par un certain : Nicolas Sarkozy et dont Le Monde nous dit : « (...) il ne devrait pas y avoir de création d’un cinquième risque de la sécurité sociale : la mesure nécessiterait une loi organique, peu envisageable à l’approche de la présidentielle (...) »

Mais, nul doute que ces sujets feront l'affaire d'un prochain livret, que les « ambassadeurs du bilan », se feront un plaisir de relayer... au moins à 3 de leurs proches !


Crédit image
UMP le magazine de l'Union

03 mai 2011

42 Propositions UMP : Un catalogue de banalités en attendant ... le pire ?

l'UMP vient de publier ses 42 propositions pour l'emploi en vue de 2012. Si le « big bang social » promis en janvier, n'y figure pas, le reste ressemble beaucoup, à un catalogue de banalité. A l'exception de quelques gourmandises offertes ... aux organisations patronales !

« (...) Après la simplification des normes, règlements et lois, après l’application des peines, après la laïcité et la liberté religieuse, l’UMP débat, dans une nouvelle convention ce mardi 3 mai, de l’emploi et plus particulièrement des mesures à mettre en place en faveur de la croissance des PME et de l’emploi (...) » peut-on lire sur le site de l'UMP.

Comme précédemment, ce sont les réformateurs du très libéral Hervé Novelli, qui sont à la manoeuvre.

Rappelons aux lecteurs que c'est le même Novelli qui s'était illustré, en janvier dernier, en appelant de ses voeux à un big bang social : « (...) Au-delà de la durée légale du travail qu’il souhaite faire sauter, Hervé Novelli prône une réforme globale des contrats de travail et de certains pans du Code du travail, par exemple les seuils sociaux (...) La flexibilité jouerait sur tous les plans (...) En contrepartie de la flexibilité sur le temps de travail et les contrats de travail, les entreprises perdraient progressivement, sur une période de cinq ans, une partie des allègements de charges correspondant à la facture des 35 heures pour l’Etat (...) Les exonérations fiscales et sociales des heures supplémentaires (près de 4 milliards d’euros) s’éteindraient également (...) »

Or, on ne trouve plus trace dans les 42 propositions d'avril 2011 : de la durée légale du travail, de la reforme des contrats de travail, des 35H00 ou des heures supplémentaires !

Cette absence des 35H00 dans les propositions de l'UMP est probablement due à l'affrontement entre Xavier Bertrand et ses troupes avec le duo Copé Novelli. Ainsi, hier, Nathalie Kosciusko-Morizet estimait que : « (...) revenir sur les 35 heures (...) reviendrait à abandonner un acquis très important du quinquennat de Nicolas Sarkozy, les heures supplémentaires défiscalisées. Ne rouvrons pas ce dossier qui épuiserait notre énergie sans donner le coup de fouet dont a besoin notre économie! (...) »

Pour en revenir aux propositions de l'UMP : Ce qui surprend le plus en lisant les constats et propositions, c'est qu'on se demande si ses élus et responsables ne sont pas dans l'opposition depuis 2007.

En effet, qu'est ce qui a empêché l'UMP, majoritaire dans les deux assemblées, de faire voter certaines des mesures qu'elle prétend appliquer dans le cadre d'un deuxième mandat présidentiel et législatif ?

Constat de l'UMP

« En France, sur 2 700 000 entreprises, à peine 5 000 ont plus de 250 salariés. 95 % de nos entreprises ont moins de 20 salariés. 920 000 comptent moins de 10 salariés. Quand l’Allemagne compte 65 000 PME et grandes entreprises entre 50 et 999 employés. Pour faire du prochain quinquennat celui des PME conquérantes, il est nécessaire de réfléchir aux moyens de renforcer la compétitivité de nos PME » page 4

Proposition de l'UMP : Si l'UMP reconnaît sa responsabilité dans le fait que : « Le dispositif ISF/PME (...) ne cible pas les secteurs les plus porteurs – en termes de création d’emploi ou de valeur ajoutée – ou alors est détourné par des intermédiaires » elle souhaite le maintenir sans autre forme de contrôle !

« (...) Les PME, en particulier en phase de lancement, manquent cruellement de fonds, et de ce fait, ont souvent des difficultés à accéder aux prêts bancaires. Le faible niveau de capital-risque en France par rapport à la moyenne de l’Union européenne explique également en partie les difficultés de développement des PME (...) »

Et l'UMP de proposer cette idée qu'elle n'a semble t-il pas eu jusqu'à présent : Faire d’Oséo la banque publique des PME. Oséo qui selon l'UMP, va tout faire puisqu'elle va : dynamiser le micro crédit des TPE, faciliter l'accès aux marchés financiers des PME ou Regrouper les aides à l’export pour les PME dans un instrument unique - pages 16, 17 et 22

Constat de l'UMP

« Fin 2008, 58 % des 16 millions de salariés du secteur marchand non agricole, soit 9,3 millions de salariés, étaient couverts par au moins un dispositif de participation, d’intéressement ou d’épargne salariale (plan d’épargne entreprise ou plan d’épargne retraite collectif) (...) ces dispositifs restent concentrés dans les grandes entreprises : seuls 16 % des salariés des entreprises de moins de 50 salariés sont couverts par un accord de participation, d’intéressement ou d’épargne salariale. En revanche, 92% des salariés des entreprises de plus de 500 salariés, sont couverts par au moins un dispositif » page 12

Lorsqu'on voit le franc succès de la prime de 1000 € ... devenue aléatoire, et dont le nombre potentiel de bénéficiaire diminue de jour en jour, on est impatient de découvrir les propositions de l'UMP dans les domaines : participation, d’intéressement ou épargne salariale !

Et l'UMP de brandir son « arme fatale » : « redistribution des fruits de la croissance : Mettre en place une loi d’application générale qui fasse que tous les salariés puissent prétendre à une prime versée sous forme de chèque vacances. Cette prime serait versée quelle que soit la taille de l’entreprise (...) » page 33

Autre nouveauté participative : la prime individuelle au mérite !

« (...) Un employeur, satisfait d’un salarié, devrait pouvoir donner une prime nette de charges salariales et patronales, avec un plafond annuel par salarié. S’il souhaitait, par exemple, donner une prime de 50 euros, cela rapporterait 50 euros au salarié et cela coûterait 50 euros à l’employeur. On pourrait plafonner cette prime à 500 euros maximum par an. Cette prime au mérite serait inscrite sur le bulletin de paie, ajoutée au salaire net. Elle ne serait donc pas forcément distribuée à tous les salariés de l’entreprise, mais concernerait bien les salariés de toutes les entreprises (...) » - page 34

Sinon, on retrouve quelques demandes récurrentes des organisations patronales, comme :

« Supprimer les effets de seuil : (...) Nous plaidons pour un doublement des effets des seuils (10 à 20, 50 à 100). Les obligations ne seraient pas applicables dès l’embauche du 20ème ou du 100ème salarié mais après un lissage (100 salariés sur les 3 dernières années…) »

« Fusionner les différentes instances de représentation du personnel : Pour une fusion des différents organes de représentation des personnels (CHSCT, comité d’entreprise, représentants du personnel) au sein d’un seul conseil d’entreprise » réclamée par le rapport Attali et plébiscité par le Medef et qui lui permettrait de court-circuiter les syndicats de salariés.

Enfin, ne pas oublier, ces passages sur l'apprentissage, cheval de bataille de Nadine Morano, porteurs de dérives et qui concerneraient si l'on en croît l'UMP des ados à partir de 14 ans !

Si l'UMP affirme qu'il : « (...) paraît nécessaire de revaloriser le statut de l’apprenti, notamment en améliorant ses conditions de vie » - page 23 - Elle propose certains aménagements qu'on ne peut qualifier de ... revalorisation !

« Abaisser l’âge minimum d’entrée en apprentissage en étendant le dispositif d’initiation aux métiers de l’alternance (DIMA) aux jeunes de 14 ans, au lieu de 15 ans actuellement, qui souhaiteraient apprendre un métier » - page 25

ou, plus insidieux, la mise en place d'un : décompte mensuel du travail pour les apprentis. C'est à dire ?

Constat de l'UMP : « Actuellement, l’apprenti de 15 ans bénéficie d’un repos quotidien de 14 heures consécutives. Le travail de nuit lui est interdit entre 20 heures et 6 heures du matin (...) »

Proposition : « Pour permettre aux maîtres d’apprentissage, en particulier les artisans, de ne pas avoir à arrêter une tâche en cours avec leur apprenti au motif que le décompte horaire journalier est épuisé, nous proposons de mettre en place un décompte mensuel du travail pour les apprentis » - page 26

Alors, entre mesures qui auraient pu être mises en place depuis longtemps et petits cadeaux délicats au patronat, rien de très révolutionnaire ! Néanmoins, ceux qui auraient la naïveté de croire que le tandem Copé Novelli a abandonné toutes vélléités sur le big bang social promis se rassurent, car comme l'expliquent Les Echos : « (...) les propositions sur les 35 heures - et corrélativement la suppression des allégements de charges - ainsi que sur le financement de la protection sociale - avec la TVA sociale - seront abordées fin juin-début juillet, à l'occasion d'une convention sur la compétitivité (...) »

En clair, le pire, reste à venir !


Crédit photo
UMP

02 mai 2011

Bertrand veut donner des moyens à Pôle Emploi mais ignore encore lesquels !

Pôle Emploi manque cruellement de moyens comme l'attestent plusieurs rapports officiels. Pour y remédier, Xavier Bertrand vient d'annoncer qu'il voulait lui en donner plus, sans toutefois préciser lesquels !

Ayant noté que les débats sur l'immigration et la religion dans la société française n'avait pas eu l'impact souhaité dans l'opinion, le gouvernement a enfin décidé de se pencher sur la priorité des français : Le chômage. Avec comme point de mire : Pôle Emploi !

Car, il ne faut pas oublier que Pôle Emploi que le candidat Sarkozy décrivait de la façon suivante dans son projet pour 2007 : « L'ANPE, l'Unedic, les Maisons de l'emploi seront réunies en un seul service public de l'emploi, qui interviendra immédiatement et de manière personnalisée pour permettre à tous ceux qui le souhaitent de trouver ou retrouver un emploi beaucoup plus rapidement qu'aujourd'hui (...) » n'est absolument pas en mesure d'aider la très grande majorité des chômeurs à : trouver ou retrouver un emploi

La principale raison ?

Un sous effectif chronique que le gouvernement et notamment Xavier Bertrand ne peuvent pas ignorer. D'autant, qu'il y a quelques semaines, on obtenait la confirmation de ce sous effectif par rapport à l'Allemagne, modèle absolu du gouvernement et de l'UMP : « Il y a 215 agents du service public de l’emploi pour 10 000 chômeurs en France, contre (...) 420 en Allemagne selon une étude de l’Inspection générale des finances (...) »

Dans le même temps, le Sénat auditionnait les principaux syndicats de salariés et organisations patronales dans le cadre d'une : Mission commune d'information relative à Pôle Emploi , dont Michel Abhervé nous donne des extraits sur son blog

Qu'on déclaré les partenaires sociaux ?

« (...) Les problèmes rencontrés par les demandeurs d’emploi au quotidien sont multiples : difficulté d’accès à leur conseiller référent, manque de suivi, durée insuffisante des entretiens, rendez-vous de contrôle plus que d’accompagnement, perte de dossiers, offres d’emploi non proposées, courriers illisibles, formations non proposées, etc ... (...) » Laurent Berger, secrétaire national à la CFDT

« (...) La fusion devait permettre aux agents de gérer des portefeuilles de soixante demandeurs d’emploi. Or les portefeuilles varient aujourd’hui entre cent et quatre cents demandeurs d’emploi. Nombre d’agents gèrent des portefeuilles de deux cents à trois cents demandeurs d’emploi et se trouvent dans l’impossibilité de faire leur travail correctement (...) » Gabrielle Simon, première vice-présidente confédérale à la CFTC

« (...) l’Etat n’a pas tenu ses engagements financiers : à titre d’illustration, 187 millions d’euros de subvention n’ont pas été versés et le transfert des personnels de l’Afpa n’a pas été compensé (...) » Benoît Roger-Vasselin, président de la commission des relations du travail au Medef.

« (...) Au sein du conseil, l’Etat est tantôt totalement muet, tantôt très contraignant, nous imposant une triple peine : des promesses budgétaires non tenues, des restrictions budgétaires et une pression sur les partenaires sociaux pour financer ce qu’il ne veut plus prendre en charge (...) » Jean-Michel Pottier, président de la commission formation et éducation à la CGPME

En bref un franc succès !

Munis de ces informations qu'il ne pouvait ignorer, Xavier Bertrand a décidé, du moins en parole, de donner des moyens à Pôle Emploi.

Il a déclaré que : « Pôle Emploi devra bénéficier de beaucoup plus de moyens pour mettre en relation demandeurs d'emplois et entreprises (...) Il faut ramener sur le terrain beaucoup plus de moyens pour Pôle Emploi, qui, aujourd'hui, sont plutôt au niveau régional (...) On ne peut pas continuer à avoir autant d'entreprises qui cherchent à pourvoir des métiers et autant de demandeurs d'emplois qui cherchent à prendre un métier. Il faut les rapprocher (...) »

La seule satisfaction actuelle du ministre est la restauration dont l'activité pourrait : « (...) se traduire par la création de plus de 80.000 emplois » - L'Expansion

Restauration qui semble bien être le filon d'emploi avec lequel Xavier Bertrand compte résorber une partie du chômage. D'autant que selon une récente interview au Figaro, selon le ministre, si les emplois sont légions, il sont surtout ... royalement payés !

« (...) J'ai vu sur la côte atlantique ou à Aix-les-Bains des postes de plongeur à 1 500 euros net par mois ou de serveur à 2 100 euros pour lesquels aucun candidat ne se présentait (...) »

Ce qui a fait dire, à François Chérèque : « (...) Il vit dans quel monde, Xavier Bertrand : 1500 euros nets pour un plongeur, c'est un restaurant de luxe ! On ne fait pas d'un cas une généralité, je sais très bien que ces emplois n'existent pas. Il va même plus loin en parlant de postes de serveurs à 2100 euros nets. Soyons réalistes, c'est un salaire d'ingénieur débutant ! (...) »

Il aurait peut être aussi pu rappeler que ces salaires « mythiques » ont un prix : Celui de la baisse de la TVA pour les restaurateurs ! En effet, comme le démontre Michel Abhervé, Professeur associé à l'université de Paris Est Marne la Vallée : « (...) la baisse de la TVA coûte 2 Milliards et demi à l’Etat, et la profession assure avoir créé 25 000 emplois (...) à partir de ceux qui sont annoncés par la profession elle même, il est possible, par l’effet d’une simple division, de déterminer que chaque emploi créé coûte 100 000 Euros par an à l’Etat (...) »

C'est vrai qu'avec de telles conditions de financement public, nous connaissons tous de nombreuses professions qui embaucheraient avec plaisir !

Néanmoins, pour des raisons de caisses vides, il y a de grandes chances pour que Xavier Bertrand trouve son inspiration dans les propositions que le député UMP Pierre Lang et de son collègue, Laurent Wauquiez. A savoir : « demander aux chômeurs indemnisés depuis plus de six mois et aux bénéficiaires du revenu de solidarité active d’effectuer des travaux d’intérêt général (...) »

Après tout, un chômeur qui effectue des travaux d'intérêt général, c'est un peu comme un qui est en formation : ça améliore les statistiques. Et ça c'est bon pour présenter son bilan en 2012 !


Crédit photo
La Fusion pour les nuls