12 septembre 2011

Gouvernement : L'hypocrite communication sur la taxation des mutuelles de santé ?

Le gouvernement et l'UMP essayent de faire croire que les mutualistes pourraient être les seuls responsables d'une possible augmentation des contrats de santé, alors qu'elle résulterait d'un nouveau prélèvement de l'état. Communication et hypocrisie au programme.

Les français se souviennent de la formidable mobilisation des députés UMP et notamment de celle de Jean-Pierre Raffarin menaçant l'unité de la majorité, pour faire supprimer l'augmentation de la TVA sur les parcs de loisirs.

Le compte-rendu de la réunion de la commission, qui a siégé à l'Assemblée Nationale, le 3 septembre dernier, est éloquent. Extraits :

Michel Bouvard : « La mesure resterait peut-être sans conséquence sur le pouvoir d’achat global, comme l’assure l’étude d’impact, mais il existe un lien entre la demande et le prix d’entrée »

Jean-Yves Cousin : « Les parcs à thème emploient beaucoup de monde, en particulier l’été, et une hausse de 14 points de TVA les placerait dans des difficultés considérables. Je comprends la nécessité de trouver des recettes, mais pas avec une telle brutalité et sans aucun dialogue avec la profession »

François Goulard : « (...) La demande du secteur n’est pas du tout élastique et une augmentation de 14 points induira une baisse brutale de la fréquentation »

En résumé : si on augmente, au travers des taxes, le prix d'un service, celui-ci augmentera irrémédiablement. Celà aura immanquablement une influence sur le consommateur qui pourrait, à cause de son budget qui n'est pas élastique le supprimer de ses dépenses.

Etonnament, cette brillante démonstration de l'UMP ne semble pas s'appliquer aux assurances complémentaires de santé, souscrites par les français, pour faire face à la baisse contante des remboursements de la sécurité sociale !

Concernant la proposition d'augmentation de la taxe sur les contrats de complémentaires santé, nos députés se sont ils offusqués de la : « brutalité et sans aucun dialogue avec la profession ? » NON !

Se sont-ils inquiétés de la « baisse brutale » qui pourrait intervenir dans la mesure ou plusieurs clients des mutuelles et compagnies d'assurance serait amenés à diminuer leurs garanties, ou même à ne plus s'assurer ? NON !

Messieurs Bouvard, Cousin et Goulard auraient-ils, si la TVA sur les parcs d'attraction avait été votée, demandé à leurs propriétaires de diminuer leurs marges, pour ne pas augmenter le prix du ticket d'entrée ? NON !

Néanmoins, comme l'affirme Nora Berra : « Chaque citoyen est capable de comprendre qu'on doit se serrer la ceinture (...) » surtout en ce qui concerne les complémentaires de santé qui ne méritent aucune mansuétude !

En effet, si les députés UMP ont voté sans le moindre remord : : « (...) le doublement de 3,5% à 7% de la taxation sur les contrats solidaires et responsables, qui représentent désormais la quasi-totalité des contrats proposés par les complémentaires santé (...) »

Le gouvernement est en train d'essayer de convaincre les sociétaires des mutuelles que celles-ci pourraient utiliser un hypothétique trésor de guerre pour leur éviter une augmentation liée au prélèvement de l'état !

Xavier Bertrand : « (...) Les mutuelles, les compagnies d'assurances ne sont pas obligées de répercuter totalement cette augmentation (...) Aucune mutuelle, aucune compagnie d'assurance n'est en situation financière difficile (...) »

Nora Berra : « (...) J'appelle la mutualité à la raison pour ne pas répercuter cette somme sur les citoyens » - France Soir

Ce qu'oublient de dire nos deux ministres, c'est que les mutuelles ne fonctionnent pas comme une entreprise classique. En effet, comme le rappelle Etienne Caniard, le président de la Mutualité Française : « (...) elles fonctionnent avec une seule ressource – les cotisations – et une seule source de dépenses, à savoir leurs prestations. Dans ces conditions, comment pourraient-elles faire face aux nouvelles taxes sans les répercuter sur leurs tarifs ? »

Traduction : S'il est impossible de mettre à contribution les actionnaires des parcs de loisir et d'attraction pour ne pas augmenter le prix d'entrée, il serait par contre possible de mettre à contribution les sociétaires/assurés des mutuelles.

Et pour quelle raison le gouvernement et les députés sont-ils si déterminés ?

La taxation des contrats des mutuelles et compagnies d'assurances va toucher infiniment plus de français que celle, morte née, des parc d'attraction et de loisirs. De plus, le gouvernement et sa majorité savent parfaitement que si l'on peut se priver de rendre visite à Mickey, au Futuroscope, à Vulcania ou à Astérix, comment faire l'impasse sur un contrat de santé même minimal ?

Ce qui est toutefois un mauvais coup de plus au pouvoir d'achat des français !

D'où l'idée d'essayer d'accuser les mutualistes de vouloir gagner de l'argent sur le dos de leurs sociétaires en augmentant les cotisations, alors que c'est l'état qui impose un prélèvement (donc un impôt supplémentaire) destiné à renflouer les caisses vides !

Il faut dire que le montant qui sera ponctionné sera impopulaire car important dans la mesure où comme l'explique Challenge il sera de : « (...) 100 millions d'euros dès 2011 puis 1,1 milliard en année pleine, selon les calculs du gouvernement (...) »

C'est donc le gouvernement, qui ne cesse de nous expliquer que chaque nouvel euro de dépense doit être compensé par une recette, qui explique à tous les sociétaires des mutuelles, quelque soient leurs moyens financiers, d'assumer le prélèvement de l'état.

En effet, les mutuelles étant la proprité de leurs sociétaires, comment pourraient-ils refuser de répercuter le prélèvement de l'état sans mettre les finances de l'organisme en danger ?

Belle tentative, toutefois un peu grossière, de manipulation des français, qui ne devrait pas les tromprer. Il faut dire que ceux ci sont bien là, des arguments de communication fallacieux, comme seule solution à un problème aussi important, que leur santé.

09 septembre 2011

Taïwan nouveau modèle économique et social de l'UMP ?

Les ONG sont unanimes : Les conditions de travail dans les usines du secteur de l’électronique de Taïwan sont « inhumaines ». Ce que ne semblent pas avoir perçu un groupe de députés UMP enthousiastes, en visite dans l'île !

La Croix consacrait, il y a peu un fort intéressant reportage sur les conditions de travail des salariés des entreprises de Taïwan. Le journal faisait référence au rapport de l'ONG China Labor Watch, publié cet été sur dix entreprises, travaillant pour de grandes marques mondiales comme : Dell, IBM, Ericsson, Philips, Microsoft, Apple, HP et Nokia.

L'ONG dénonçait : « (...) le fossé existant entre le discours de responsabilité sociale de ces multinationales et la réalité de ces usines (...) » et montrait du doigt : « L’intensité du travail et les horaires excessifs. Les salaires bas obligeant à accepter des heures supplémentaires (...) »

L'exemple type de ces conditions de travail et du respect porté aux salariés étant illustré par la réaction du PDG de Foxconn qui, confrontée à de nombreux suicides d'employés, avait demandé formellement à tous les employés de : « (...) s’engager par écrit à ne pas attenter à leur vie (...) Néanmoins, ce grand humaniste qui avait, devant la bronca générale, été obligé d'augmenter de près de 70% les (très faibles) salaires avait décidé sur le champs de remplacer 500.000 employés du groupe par des robots sous trois ans !

C'est ce « modèle » qu'un groupe de députés UMP est allé visiter : « A l’invitation du ministère des Affaires étrangères à Taipei (...) » écrit Taïwan Info qui précise : « (...) et comme à plusieurs reprises chaque année, une délégation de 7 députés français est en visite dans l’île depuis dimanche. Menée par Denis Jacquat, député de la Moselle et vice-président du Groupe d'études à vocation internationale sur l'expansion économique de Taiwan de l'Assemblée nationale (...) »

Mais pour y faire quoi ?

Et bien d'avoir : « (...) l'occasion de prendre connaissance de la situation politique à Taiwan mais également de ses progrès sur le plan économique et social (...) »

Explications par Denis Jacquat qui selon Taïwan info se rend très régulièrement dans l’île : « Ce type de visite permet de faire connaître à nos députés cette nation souvent trop ignorée (...) Elle est l'occasion de leur faire prendre conscience de son énorme potentiel économique et d’observer la surprenante efficacité de Taiwan en termes de production, un aspect relativement méconnu de sa réussite économique. En effet, ce qu’il est important de noter, c’est que Taiwan, qui fabrique pour un grand nombre de marques étrangères comme Apple, est en fait numéro un mondial en matière de production dans un grand nombre de secteurs. »

Bien que coutumier des voyages à Taïwan, monsieur Jacquat ignorerait donc que la production d'Apple et HP est effectuée par des sous traitants en Chine Populaire où on avait constaté une vague de suicides ?

Néanmoins, Philippe Morenvillier et sa collègue Sophie Delong, de leur côté ont été : « impressionnés » par la capacité et l’ardeur au travail des Taiwanais (...) »

La lecture complète de l'article de Taïwan info suffira à vous faire comprendre à quel point nos élus ont été ravis de leur voyage à tel point que Sophie Delong a trouvé le séjour : « trop court »

Il est clair qu'une visite parfaitement encadrée par les pouvoirs publics taïwannais au cours de laquelle on ne vous propose que des images d'épinal est une référence. Et de plus, lorsque vous êtes reçu par Vincent Siew, le vice-président de la République, ça aide à modérer tout esprit critique, et donner l'idée d' y revenir au plus vite, pour tester la formidable qualité ... de l'accueil réservé aux élus de la nation !

On peut facilement imaginer que le ravissement de Sophie Delong et de ses collègues donne lieu à leur retour en France à des récit parfaitement élogieux de ce merveilleux pays , où on peut travailler plus pour gagner plus et où la notion de code du travail n'est pas un obstacle à l'esprit d'entreprise et ne tolère pas ... l'assistanat.

Assistanat fustigé en avril dernier par le député Pierre Lang, qui proposait de faire travailler gratuitement les chômeurs en échange de leurs indemnités, et qui faisait justement, partie du groupe de visiteurs !

En conclusion, un bien beau voyage au pays du « travailler plus sans entrave » qui permettra sans doute à nos députés enthousiasmés d'expliquer à leur collègues, les vertus d'un système doté d'un : « énorme potentiel économique » et à la « surprenante efficacité », pour peu qu'on accepte des conditions de travail certes, un peu inhumaines, mais tellement importantes pour affronter la mondialisation ....

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Journal du Geek

08 septembre 2011

UMP : Baisse des subventions à Pôle Emploi avant ... privatisation ?

Pour le Président les réponses au chômage, ce sont : L'optimisme et la ténacité. Et certainement des moyens pour Pôle Emploi, que Gilles Carrez, Rapporteur Général du Budget et député UMP, envisagerait pourtant ... de diminuer.

Toujours fidèle au slogan « Travailler plus pour gagner plus », lors de son déplacement dans la Loire, où il n'a pas manqué de lancer une provocation, à plus de 4 millions de français, qui aspirent à un temps plein de 35H00 : « Par inclinaison personnelle, j'ai plutôt envie de donner satisfaction à ceux qui disent laissez moi travailler plus, plutôt qu'à ceux qui disent, je veux travailler moins ». Notre Président, s'est montré moins volubile, quelques jours plus tôt, dans les Vosges pour livrer ses recettes contre le chômage se résumant, si l'on en croît l'AFP à : « (...) une pincée de contrats aidés en plus et, surtout, une bonne dose de ténacité (...) »

Mais l'essentiel pour lui, ses ministres et sa majorité présidentielle est de continuer à jouer aux illusionnistes sur les salaires et le chômage, le tout sur fond ... de caisses vides ! Néanmoins, pendant ce temps là, à l'Assemblée Nationale, on émet des idées, un peu particulière sur le traitement du chômage.

En effet, Gilles Carrez, Rapporteur Général du Budget et député UMP du Val-de-Marne qui a déploré la taxation des boissons sucrées et les parc à thèmes (cette dernière ayant été supprimée par l'Assemblée) a proposé de de diminuer la part de l'état dans : « (...) les dépenses courantes des opérateurs (...) » au travers d'une baisse : « (...) de leurs subventions pour charges de services publics (...) » Il propose donc de placer au rang de premier contributeur : Le ministère du Travail, comme l'indique Acteurs Publics

Et à votre avis, quel opérateur de l'état relevant du Ministère du travail serait touché de plein fouet ?

Et bien Pôle Emploi ! Si l'on en croît Michel Abhervé (1) : « (...) La mission la plus concernée, de loin, est celle du Travail et de l’Emploi, et le plus gros contributeur à cette économie, et de très loin, si cette mesure était adoptée, serait Pôle emploi dont la dotation serait réduite de 68 Millions d’Euros (...) »

Bon, ça c'est pour le présent. Mais à la lecture d'un texte publié par La Fusion pour les Nuls, on soupçonne que l'UMP pourrait aussi réfléchir aux propositions du très libéral think tank IFRAP avec lequel Hervé Novelli est très lié.

L'IFRAP, très écouté par la majorité, propose tout simplement un « renouveau du service public » que le think tank, résume par : « Moins dépenser (réduction homothétique) mais réduire le périmètre de l’intervention publique et supprimer des missions de l’État. (…) » Un des services devant être prioritairement privatisé étant ... Pôle Emploi (Vidéo à 2'31 ) qui n'est : « (...) pas au coeur des missions régaliennes de l'état (...) »


Précisons au passage que la présidente de l'IFRAP, Agnès Verdier-Molinié, auteure de : « Les fonctionnaires contre l’Etat. Le grand sabotage » qui frise la théorie du complot, propose également de retirer le statut de fonctionnaire aux infirmières travaillant dans un hôpital public et de confier au privé les établissement scolaires située en ZEP . Tout en défendant bec et ongles la fameuse niche Copé à 22 milliards et réclamant la suppression de l'ISF au fait que celui-ci : « détruit l’emploi »

Quelques pistes indiquant à quelle sauce les français pourraient être mangés en 2012 en cas de réélection de l'actuelle majorité présidentielle ?

Mais, dans l'immédiat, les députés UMP, qui doivent se représenter en 2012, devraient se concentrer sur des mesures, moins extrêmes. Et se contenter d'essayer de « gratter » 68 millions d'euros au service de l'emploi. Belle leçon d'optimisme et de ténacité !

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FlickR - CC

07 septembre 2011

Medef : Changer les manuels scolaires pour transformer les patrons en super héros ?

Le Medef va lancer une campagne auprès des parlementaires et des ministères concernés par l'éducation nationale. Objectif : Adapter certains manuels scolaires trop négatifs pour les entreprises et valoriser l'image du patron « super héro »

Toute proposition de réécriture des manuels scolaires a forcement une odeur de souffre. Témoin, le récent débat lancé par quelques députés UMP, sur l'identité sexuelle. Mais comme le disait Jacques Chirac, promoteur de la loi sur le rôle positif de la colonisation : « Ce n'est pas à la loi d'écrire l'Histoire » Et pourtant, au Medef, on ne rechigne pas à proposer que la loi puisse éventuellement réécrire l'histoire !

Ainsi, Charles Beigbeder, au nom du Medef, vient d'annoncer la parution d'un livre blanc : « (...) sur la création d’entreprise qui concerne en partie le système éducatif (...) » indiquant au passage vouloir : « (...) que s’instaure un réel dialogue, régulier, entre les enseignants et les chefs d’entreprise, notamment au sein de la Commission des programmes : contre la vision négative de l’entreprise qui transparaît dans certains manuels (...) »

Ni plus ni moins que le retour des censores librorum, només au quinzième siècle, par le pape, qui étaient : « chargés de s'assurer que rien de contraire à la foi ne puisse être publié » ?

Que propose le livre blanc sur la création d'entreprise ?

C'est le site Educpro qui le révèle dans une interview de Charles Beigbeder : « (...) Nous souhaitons que l’entreprise soit un vrai partenaire des enseignants (...) Il faut aussi continuer à développer les témoignages comme nous l’avons mis en place dans une vingtaine d’universités, dans le cadre du plan Etudiants entrepreneurs (...) Nous souhaitons que s’instaure un réel dialogue, régulier, entre les enseignants et les chefs d’entreprise, notamment au sein de la Commission des programmes : contre la vision négative de l’entreprise qui transparaît dans certains manuels (...) Présenté lors d’une conférence de presse, le livre blanc sera diffusé auprès de tous les réseaux et de tous les adhérents du Medef. Il sera aussi porté auprès des parlementaires et des ministères concernés. En cette année d’élections présidentielles, nous espérons qu’une partie de ces propositions sera reprise par différents candidats (...) »

Donc, il s'agirait de gommer dans les manuels scolaires, les éventuelles dernières traces anti capitalistes, probablement installées par des enseignants gauchistes et militants syndicalistes « attardés». Et pourquoi pas, de faire disparaître des livres d'histoire et d'économie : les turpitudes de certains patrons en temps de guerre, les faillites frauduleuses, les patrons voyous, la constitution de caisses noires, les rémunérations «extravagantes», les conflits sociaux dus aux bas salaires et aux mauvaises conditions de travail, les délocalisations et, soyons fous : la responsabilité des banques et organismes financiers dans les nombreuses crises financières et économiques ?

Mais le but final serait, selon Beigbeder, de proposer aux jeunes générations de devenir eux aussi des super héros.

En effet, la partie la plus savoureuse du livre blanc indique comment transformer, aux yeux de ces niais d'étudiants, les patrons, en super héros des temps modernes et leur donner envie d'en devenir un !

Car comme l'indique le livre blanc, l'idée est de : « Témoigner de la réalité de l’entreprise en classe, ce qui nécessite une remise à jour urgente des manuels scolaires et un travail régulier entre les enseignants et les entreprises, à travers une participation active du Medef dans la Commission des programmes (...) » mais aussi de : « (...) Développer les témoignages d’entrepreneurs dans les collèges et les lycées, à l’aide notamment d’un guide d’entretien coproduit avec les enseignants pour préparer ces rencontres (...) »

Pour l'instant, nul ne sait encore si cette proposition d'évangélisation aura autant de succès que la candidature de la France au jeux olympiques d'hiver, dont Charles Begbeider assumait la charge.

Néanmoins, faisons confiance au Comité d'éthique du Medef dont la mission est : « (...) d’apporter des réponses aux nombreuses questions exprimées par la société civile vis-à-vis de l’entreprise et de l’économie de marché (...) » pour nous produire d'autres brillantes idées !

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Première

06 septembre 2011

Pour Dassault : « Les pauvres c'est fait pour être très pauvres et les riches très riches » ?

« Les pauvres c'est fait pour être très pauvres et les riches très riches » disait en 1971, Louis de Funès dans « La Folie des grandeurs ». Serge Dassault vient, quarante ans plus tard de nous en offrir une imitation moins amusante mais plus réaliste !

Ne cherchez pas le nom de Serge Dassault, 6eme fortune française, dans la liste des seize grands patrons qui : « ont demandé à payer une taxe exceptionnelle destinée à les faire participer davantage à l’effort collectif de réduction des déficits » il ne s'y trouve pas !

En effet, comme la quasi totalité des 500 plus grandes fortunes françaises, il ne s'est pas associé au coup de communication réalisé par Maurice Levy, le patron de Publicis. Mais si les titulaires de ces fortunes se sont montrés discrêts sur leur ... non motivation, c'était sans compter sur Serge Dassault, qui a décidé de nous gratifier d'un avis tranché, sur la question !

Le sénateur avionneur et président de la Fédération des métiers de l’Air, de l’Espace et de la Défense de l’UMP : Serge Dassault, dont la diversité des questions au gouvernement peuvent surprendre, allant de la : « Robotisation des entreprises industrielles » à celui de la : « pérennité de la filière cressicole » aime prendre souvent la parole.

Ses sujets de prédilection sont le budget de la défense dont il est ... un des principaux bénéficiaires, la dévaluation de l'Euro pour mieux vendre ses avions, l'interdiction des grèves et la chasse toutes les sortes « d'assistés » et de « parasites chômeurs » qui plombent les finances publiques.

Pour mémoire, nous citerons une de ses déclarations de juin 2008 : « (...) c'est quand même anormal de vouloir donner de l'argent de l'Etat qui n'en a pas beaucoup à des gens qui ne veulent pas travailler parce qu'on les paye trop et coûtent aussi beaucoup d'argent à l'Etat (...) On réduirait carrément les aides aux chômeurs, ce serait quand même plus efficace si on veut les faire travailler que de vouloir donner de l'argent sur denier de l'Etat (...) » insistant au passage sur ce qui relève pour lui du scandale suprême : la Prime pour l'emploi !

Or, pour Serge Dassault, la décision de Nicolas Sarkozy de mettre en place une taxation exceptionnelle sur les plus riches d'entre nous, est une honte !

Il s'en est ouvert aux délégués présents à l'université d'été de l'UMP d'une façon que Louis de Funès, qui disait, dans la folie des grandeurs : « Ne vous excusez pas, ce sont les pauvres qui s'excusent. Quand on est riche, on est désagréable ! » n'aurait pas renié !


Déclaration de Serge Dassault : « ça ne sert à rien, ce n'est pas comme ça qu'on va régler le problème du déficit. C'est idiot et nul ! » avant d'ajouter : « On ferait mieux de supprimer la prime pour l'emploi, on économiserait beaucoup plus d'argent ! »

Jusqu'à aujourd'hui, aucun responsable national de l'UMP ne s'est exprimé sur cette ... généreuse idée. Mais, poussé dans ses derniers retranchements, il se trouvera bien un responsable du mouvement pour affirmer que le sénateur Dassault a voulu « éveiller les consciences par le rire » !

Néanmoins, comme le disait Guy Bedos dans un de ses sketch : « Je crains que ce ne soit pas vraiment un rire de bonne qualité » Qualité qu'il nous faudra subir encore un certain temps, puisqu'à 86 ans, il a annoncé être à nouveau candidat aux sénatoriales. Avis à ceux qui, de la droite populaire à la droite sociale, voudrait lui prendre son leadership !


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Le Media

05 septembre 2011

La « combine » de Xavier Bertrand pour déstabiliser l'intersyndicale ?

Le gouvernement craint les manifestations et grèves, contre sa future politique de rigueur. Comme d'habitude, il tend la main à la CFDT, en proposant de discuter d'une de ses proposition : Les droits au chômage « rechargeables ». Histoire de déstabiliser la fragile union intersyndicale ?

Même si le gouvernement craint la réaction des syndicats de salariés, il sait parfaitement que ceux-ci peinent à trouver un mode unitaire de réponse, aux mesures d'austérité annoncées. En effet, lors de la dernière réunion de l'intersyndicale, la CFDT a refusé de se joindre à l'organisation d'une journée de grandes manifestations avec appels à la grève, au profit d'une une petite journée d'action le 11 octobre. Journée à laquelle ne se joindrons pas FO, la CFTC et la CGC.

Néanmoins, comme nous l'écrivions le 18 août dernier, les organisations représentées dans l'intersyndicale, sont significatives puisqu'elles représentent presque 70% des suffrages exprimés, lors des dernières élections prud'hommales. Il est donc difficile, en ce cas, pour le gouvernement, de s'appuyer sur les organisations « dissidentes ». D'autant que la proposition de Bruno Lemaire sur le chômage des cadres, a braqué la CGC.

Alors, pourquoi ne pas utiliser la bonne vielle méthode, qui marche à tous les coups, qui consiste à mettre en valeur la CFDT en proposant de reprendre l'une de ses propositions ?

Déjà utilisée par François Fillon lors de la demande François Chérèque d'un « sommet social » qui a eu lieu ... à titre individuel, par téléphone, celle-ci reprend du service par le truchement de Xavier Bertrand qui vient d'annoncer dimanche : « (...) qu'il souhaitait discuter avec les syndicats, qu'il va recevoir à partir du 13 septembre, de la possibilité pour les chômeurs de maintenir des droits à indemnisation non utilisés en cas de reprise du travail (...) »

Et d'où vient cette subite idée, qui aurait pu être proposée il y a bien longtemps, compte tenu des chiffres épouvantables du chômage ?

Et bien, de la CFDT qui la proposait en janvier 2011 : « (...) la CFDT souhaite introduire de nouveaux avantages pour les chômeurs. Notamment des « droits rechargeables », qui consisteraient à récupérer ultérieurement, en cas de nouvel accident de carrière, la durée d’indemnisation non consommée. Ce serait une incitation à reprendre un emploi », insiste le secrétaire général, François Chérèque (...) »

Et que dit Xavier Bertrand ?

« Aujourd'hui, il faut travailler quatre mois pour être indemnisé, mais si vous reprenez un emploi pour deux mois, ça s'arrête (...) La tentation peut être d'aller au bout de son chômage indemnisé avant de reprendre un emploi (...) Ce que je propose, c'est un compte avec des droits à indemnisation qui, même si on reprend une activité de courte durée, soient préservés » qui a ajouté vouloir : « en finir avec tout ce qui éloigne de la reprise d'activité »

Beau copié/collé qui devait amener la CFDT à appeler à la modération syndicale en termes de manifestations et permettre à Xavier Bertrand de marginaliser la CGT. Tout en valorisant, bien entendu, son image sociale ... face à Jean-François Copé !

Problème, cette idée : « (...) a été renvoyée à l'unanimité en janvier à un groupe de travail qui doit se réunir dès cette rentrée pour préparer la prochaine convention ... en 2013 (...) » nous dit Marc Landré sur son blog « Les dessous du social »

Puisque, précise t-il : « (...) Personne n'est en mesure d'évaluer le coût de cette mesure qui s'applique déjà aux intérimaires. Elle implique une modification des comportements que l'on est incapable de mesurer », avouait Stéphane Lardy (FO). Et vu l'état des finances de l'Unedic - un déficit cumulé de plus de 10 milliards d'euros - (...) »

Mais, pour Xavier Bertrand et le gouvernement, il suffit maintenant d'attendre que les principaux média relayent l'information, et prouvent par là même, que le gouvernement se soucie de la première préoccupation des français : le chômage. Et maintien le dialogue social avec les syndicats ... réformistes, trop contents de cette aubaine ... médiatique !

Car, Xavier Bertrand et François Chérèque le savent, les « droits rechargeables » ont été rejetée par le patronat, tout comme l'idée de : l'instauration d'un malus de cotisation chômage sur les emplois précaires. Mais, après tout, pour le gouvernement, sur le chômage, comme sur les autres sujets, il suffit de faire illusion ... jusqu'à la présidentielle !


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Le Figaro

02 septembre 2011

Indemnités chômage : Quand l'UMP joue aux gentils et aux méchants ?

Ainsi, d'un côté, il y aurait le « gentil » Lemaire qui voudrait, au nom de la justice sociale et des économies budgétaires, limiter les indemnités chômage des cadres. Et de l'autre le « méchant » Wauquiez qui s'y opposerait ? Décryptage d'une stratégie purement politique, dont les salariés payeront finalement la note !

Si la polémique entre Bruno Lemaire et Laurent Wauquiez sur le montant des indemnités de chômage des cadres ressemble à s'y méprendre à un nanar cinématographique, il ne faut pas s'y tromper, une fois les rivalités de pouvoir arbitrées par Nicolas Sarkozy, tout ce petit monde saura s'entendre pour ramener les salariés plus d'un siècle en arrière !

En prenant connaissance des propos de Bruno Lemaire, on ne peut être qu'étonné. En effet, comment, à quelques mois de la présidentielle, peut-on proposer de s'en prendre aux cadres supérieurs qui, en général, votent très majoritairement pour l'UMP et ... Nicolas Sarkozy. C'est d'autant plus étonnant que toucher aux cadres supérieurs, c'est empoisonner durablement les rapports entre les chefs d'entreprises et leurs cadres supérieurs, habituellement chouchoutés par l'UMP.

Ce qu'expliquait, à demi mots, Laurence Parisot sur France2: « (...) Si jamais on baissait les allocations versées aux cadres en cas de chômage, il faudrait aussi symétriquement baisser leurs cotisations, sinon ce serait tout à fait injuste (...) les cotisations des cadres font partie des recettes les plus importantes du régime. Donc, au total, tout le monde serait perdant (...) »

Mais la réaction la plus vive est venue de Laurent Wauquiez, ex co-responsable avec Nathalie Kosciusko-Morizet du projet pour 2012, lorsque Xavier Bertrand était à la tête de l'UMP. Il a fait part, immédiatement de sa désapprobation : « (...) Le problème ce n'est pas le montant, pour moi, le problème c'est l'accompagnement (...) pour moi la bataille, ce n'est pas de commencer à faire des coupes dans le niveau des aides (...) »


En fin de compte, Bruno Lemaire qualifié « d'opportuniste » par son propre camp, ne fait que prendre le contre pied de Laurent Wauquiez sur le travail gratuit des titulaires des minima sociaux ! En clair : un coup sur les indemnités « extravagantes » des cadres mis au chômage pour essayer de plaire à l'électorat populaire et contrebalancer le coup sur les assistés des minima sociaux de Laurent Wauquiez destiné à plaire à l'électorat le plus à droite.

Le même Wauquiez qui pourtant ne devrait pas prendre ombrage de la proposition de son collègue puisque, lorsqu'il était chargé de la mission classes moyennes voulue par Xavier Bertrand : Il déclarait, se préoccuper uniquement de celles, située : « (...) entre les classes populaires et les classes supérieures (...) »

Mais, comme nous l'expliquait Elysée Blog, en juin 2011, le clan Bertrand a quelques comptes à régler avec le clan Copé qui lui a ravi la direction de l'UMP et surtout, l'élaboration du programme pour 2012 : « (...) Le boulimique Bruno Le Maire, qui a pris l’habitude de communiquer par note avec le président de la République, se débrouille alors pour obtenir, avec l’aide de Jean-François Copé, la responsabilité du programme UMP. Aux dépens de Laurent Wauquiez et Nathalie Kosciusko-Morizet, qui étaient dans l’équipe du secrétaire général sortant Xavier Bertrand (...) »

Or, depuis la nomination de Jean-François Copé à la tête de l'UMP, Xavier Bertrand et Laurent Wauquiez n'appartiennent plus, dans l'organigramme du mouvement à l'équipe dirigeante du mouvement, et doivent se contenter de postes de conseillers politiques. Une bonne raison d'essayer de s'élever systématiquement contre toute proposition du camp adverse !

Même si ce petit jeu devrait continuer jusqu'à la présidentielle, il ne faut, néanmoins, pour les salariés, attendre aucune mansuétude de la part de l'un ou de l'autre camp en ce qui concerne leur avenir.

En effet, le jeu alternatif du gentil et du méchant devrait vite s'effacer devant les solutions que nul dirigeant ou conseiller politique de l'UMP ne conteste et publiées sur le site Projet 2012 : « Alors que la crise économique a détruit de l’emploi, tous nos efforts sont concentrés dans la lutte contre le chômage (...) Pour sauvegarder le modèle français, il n’y a qu’une solution : travailler plus et travailler mieux (...) Comment favoriser le travail par rapport à l’assistanat (...) Comment faire pour que le CDI ne soit pas un « privilège » réservé aux travailleurs les mieux intégrés ? »

La seule différence pour les salariés étant qui, du staff de Copé ou, de celui de Bertrand mettra en place : la suppression de l'horaire légal du travail, rendra encore plus difficile l'accès aux minima sociaux, transformera l'ensemble des salariés en précaires au travers du contrat de travail unique à droits progressifs et diminueront, finalement, le montant ou la durée de l'indemnisation de tous les chômeurs afin de « les inciter à reprendre un emploi » ! Si ça vous tente ...


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France Diplomatie

01 septembre 2011

Monsieur le Président, et si vous nous reparliez des : nominations irreprochables ?

« Je veux que les nominations soient irréprochables » affirmait le candidat Sarkozy. La nomination surprise de l'une de ses conseillères à la présidence du Château de Versailles confirme l'adage : Les promesses n'engagent que ceux qui y croient !

Traditionnellement, vers la fin de leurs mandats, les Présidents de la République se dépêchent de caser leurs plus fidèles collaborateurs, conseillers ou amis politiques dans des institutions publiques. Cette manie détestable, surtout dans une démocratie moderne, avait été fustigée par le candidat Sarkozy en 2007 dans une vidéo toujours disponible sur la page DailyMotion de l'UMP



Depuis, nous avons connu les nombreuses nominations « amicales » au Conseil économique, social et environnemental et les nouveaux parcours de : Rama Yade comme ambassadrice à l'UNESCO (passée depuis à l'ennemi Borloo), Dominique Tibéri nommé contrôleur général économique et financier de première classe, malgré l'avis défavorable à l'unanimité des six membres de la commission chargée d'apprécier l'aptitude des candidats, Pierre Charon aux chasses présidentielles, Roger Karoutchi devenu représentant permanent de la France auprès de l’OCDE après avoir été battu par Valérie Pecresse et Xavier Darcos battu aux régionales qui s'est vu attribuer l'Institut français, après avoir réclamé en vain, la présidence du Château de Versailles

Le Château de Versailles, en voila un bel outil de promotion individuelle !

Dirigé par Christine Albanel de 2003 à 2007, alors plume de Jacques Chirac, avant de devenir ministre de la Culture, puis de rejoindre France Télécom. Il est aujourd'hui sous la responsabilité de Jean-Jacques Aillagon. Devant les prétentions de Xavier Darcos, il fustigeait à l'époque : « le goût trop prononcé pour les mouvements de nomination faisant, parfois à chaque échéance, valdinguer les responsables, comme s'il s'agissait de procéder à des nominations de préfets (...) » Tout en ignorant que ses jours à la direction de l'établissement public ... étaient comptés !

En effet, s'appuyant sur la limite d'âge de 65 ans qui a déjà servi à débarquer Patrick Devedjian de la direction de l'EPAD, le président a décidé de nommer à sa place, une de ses conseillères, la journaliste politique Catherine Pégard, dont le job à l'Elysée était, selon elle de : « Journaliste à usage privé » mais qui, en réalité, consistait à utiliser son vaste carnet d'adresses, pour créer des réseaux favorables au président de la République.

Les français noteront une fois encore, le choix judicieux du président, visiblement dicté par la compétence, à un poste qui en demande beaucoup, notamment en termes de chasse aux sponsors, si on en croit Jean-Jacques Aillagon sur le site du Château de Versailles.

Mais ne soyons pas trop durs avec le Président, puisqu'il aura évité le chômage à une salariée française. Et respecté sa parole de 2007 : « Je veux donner à chacun sa chance »

De plus, la décision de notre Président prouve toute l'attention qu'il porte à ceux qui risquent de perdre leur emploi. C'est d'autant plus méritant qu'au même moment Bruno Lemaire ministre de l'agriculture qui trouve le temps de rédiger le programme de l'UMP pour 2012, s'interrogeait : sur la capacité de la France à « garder un dispositif d'indemnisation chômage parmi les plus généreux au monde », estimant que le redressement des finances publiques suppose des « décisions courageuses »

Courageuses comme les : « nominations irréprochables » ?


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Promenades photographiques

31 août 2011

Dialogue social : Le retour des « casseurs de grèves » rémunérés ?

Comment neutraliser les effets d'une grève ? A la RATP, selon le syndicat SUD, on a sa petite idée : faire appel à des volontaires rémunérés ... même en l’absence de grève !

Les grèves des transports en commun ont toujours été la pire angoisse des gouvernements. Confronté à l'une des plus importantes qu'ait connue la France, Alain Juppé y perdit son crédit de Premier Ministre.

Nicolas Sarkozy soucieux de ne pas se retrouver dans la même situation avait inscrit dans son programme la notion de service minimum des transports en commun. Ce qui lui permettait le 5 juillet 2008, de lancer la fameuse provocation : « Désormais, quand il y a une grève en France, plus personne ne s'en aperçoit »

Même si l'histoire lui a prouvé le contraire, il n'en reste pas moins que la grève dans les transports en commun est soumise à présent à des restrictions. En effet, la loi sur le service minimum dans les transports en commun a créé des obligations. Celle-ci, comporte notamment deux volets importants : « l'un est consacré au dialogue et à la prévention des conflits dans les entreprises de transport terrestre, l'autre traite de l'organisation de la continuité du service en cas de grève »

Néanmoins, la grève reste un droit pour tous les salariés des transports en commun. Or qui dit grève, dit absence de personnel de conduite, qu'il faut bien compenser. A la RATP, jusqu'à présent, on se contentait, nous explique Miroir Social de : « (...) faire conduire d'ex-conducteurs passés cadres ou agents de maîtrise pendant les grèves (...) Lors du dernier conflit sur la ligne du RER A, certains cadres avaient été désignés d'office par leur directeur (...) »

Le problème c'est que cette réquisition peut être mal vécue par les personnels désignés et que leur niveau de compétence peut dans certains cas mettre en danger la sécurité des passagers. Alors comment éviter ces situations surtout dans une période de grogne sociale propice aux conflits ?

Et bien selon Sud RATP, en créant un groupe de volontaires capables de conduire indifféremment métros ou RER et touchant une prime anti grève.

Explications de Sud RATP : « Le 9 aout 2011, les directeurs des départements RER et METRO ont reçu notre organisation syndicale dans le cadre d’une audience pompeusement appelée contribution des agents de l’encadrement de la RATP au plan de transport sur les réseaux RER et METRO

Dans les faits il s’agit de donner une double qualification conduite à certains cadres et agents de maitrise qui devront posséder des autorisations de conduite sur le métro et le RER, afin de « contribuer » au plan de transport de l’entreprise.

La direction souhaite créer une milice d’environ 150 Barbouzards volontaires principalement composée de cadres et maitrises chargés de casser les futures grèves sur le RER et le Métro contre une prime de 100 euros par mois (1200 euros par an), même en l’absence de grève, pour qu’ils roulent sur les trains des grévistes (...) »

Belle interprétation de la notion de dialogue et de prévention des conflits prévue par la loi ! Mais il est clair que cette idée tombe à point, au moment où la grogne sociale et l'exaspération des français, est à la hausse. Et comme on connaît au gouvernement le retentissement d'une grève des transports, sur ces mêmes français ...

Cette idée de la RATP est-elle une « atteinte au droit de grève » ?

Rien ne dit que la justice n'interviendra pour annuler cette mesure. Comme en 2008 lorsque le juge des référés du tribunal de grande instance de Dax a condamné les agissements d'une entreprise qui proposait des primes anti grève à ses salariés, pudiquement baptisée « avance permanente de 1000 euros » Dans le cas contraire, prenons garde que cette « idée » ne devienne pas un best off dans les autres entreprises.

Car n'oublions pas que lors de la grève des salariés de TOTAL, entreprise privée, Frédéric Lefebvre au nom de l'UMP n'avait pas hésité à déclarer : « Le droit de grève n'a jamais été le droit de bloquer. L'Etat a à sa disposition une réponse parfaitement légale qui est la réquisition si c'est indispensable » De quoi rester vigilants !


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My@ngers

30 août 2011

Les sous-préfets nouveaux « outils » de la régulation du chômage ?

Tétanisé par son objectif de 9% de chômeurs à fin 2011, Xavier Bertrand veut transformer les sous-préfets en bras armé de la politique de l'emploi. Une mise sous tutelle pour Pôle Emploi et une nouvelle chasse aux chômeurs « récalcitrants » ?


On aurait pu croire que devant les chiffres calamiteux du chômage, qui risquent de mettre en péril la réélection de Nicolas Sarkozy et de sa majorité, Xavier Bertrand se serait mobilisé pour obtenir un peu plus de moyens humains et financiers, pour Pôle Emploi. Mais rigueur oblige, comme l'écrit La Fusion pour les Nuls : Xavier Bertrand a préféré instituer un nouvel échelon hiérarchique à Pôle emploi: le sous-préfet !

Ce qui est étonnant lorsqu'on connaît le : « profil des candidats souhaités pour le recrutement dans le corps de sous préfets » publié par le Ministère de l'intérieur, auquel ils sont rattachés.

Etonnement confirmé par le discours de Brice Hortefeux, lors du séminaire des sous-préfets, où ils leur assignait pour tâche : « (...) de contribuer à la qualité du diagnostic local sur la délinquance et de proposer des mesures innovantes et efficaces (...) » et de : (...) privilégier spécifiquement le déploiement de la vidéo-protection (...) »

Mais, ce sont donc ces spécialistes du social, que Xavier Bertrand : « (...) réunira en septembre tous les sous-préfets de France « pour mettre en place des plans d'actions dans chaque bassin d'emploi (...) Dès la semaine prochaine, je tiendra une visioconférence avec les directeurs régionaux de Pôle emploi et les préfets de région » - Ouest France

En fait, il s'agit surtout d'un effet d'annonce, puisque la mobilisation des sous préfets a été mise en place le 3 mars 2011 par : « L’instruction DGEFP n° 2011-09 du 3 mars 2011 relative à la mobilisation pour l’emploi au niveau infra-départemental - implication attendue des sous-préfets : objectifs et suivi » dont l'objectif devait être : « de faire de 2011 l’année de la baisse du chômage » avec le succès que nous connaissons, aujourd'hui.

Echec prévu à l'époque par Geneviève Koubi sur le site Droit cri-TIC : « (...) L’instruction du 3 mars 2011 relative à la mobilisation pour l’emploi (...) est de faible intérêt au vu des enjeux sociaux que supposent la politique de l’emploi et les transformations du marché du travail ... Mais elle révèle plus qu’un simple souci pré-électoral. Elle indique par quels moyens l’État approfondit sa stratégie de contrôle des populations « inactives » (...) »

Stratégie définie en mars par Xavier Bertrand : « (...) les sous-préfets devront veiller à ce que soient apportées des solutions aux offres non pourvues de Pôle emploi et de ses cotraitants, avec une identification, avec les acteurs socioprofessionnels et les entreprises, des métiers pour lesquels les offres d’emploi restent vacantes plus longtemps que la moyenne (...) » mais semble t-il, peu efficace jusqu'à présent !

Mais là, le temps presse, et il est nécessaire de montrer, le plus rapidement possible, que le chômage baisse. On peut donc légitimement s'attendre à ce que de nouvelles sanctions tombent sur les demandeurs d'emplois considérés comme trop exigeants au point de refuser des CDD de ... une à deux journées.

Et dans la mesure où nous apprend L'Expansion : « (...) Les radiations administratives des demandeurs d'emploi ont fait un bond inhabituel en juillet, à savoir : +25,1% sur un mois et +7% sur un an (...) » même les moins soupçonneux d'entre nous, peuvent se faire une idée de la manoeuvre.

Mais, comme il est plus que probable que ce traitement du chômage ne permettra pas de présenter des chiffres significatifs à la population, le gouvernement toujours prompt à fustiger l'emploi dans les collectivités locales, comptera pourtant sur elles, pour créer un maximum d'emplois aidés.

Ce qui était d'ailleurs précisé dans les consignes aux sous-préfets de mars 2011 : « (...) il est démandé aux sous-préfets de promouvoir les contrats aidés, notamment auprès des collectivités territoriales et de leurs EPCI pour les inciter à l’embauche et au cofinancement de contrats, dans le cadre des conventions annuelles d’objectifs avec les conseils généraux (...) » et confirmé par Xavier Bertrand le 25 août dernier : « J'attends aussi un engagement significatif des conseils généraux »

Ce qui, en cas de réussite permettrait à Xavier Bertrand de vanter son action, tout en laissant l'UMP, son parti politique, montrer du doigt les conseils généraux de gauche coupables d'augmenter la pression fiscale locale !

Mais que ne ferait-on pour maintenir dans l'emploi en 2012 ... les ministres et députés de la majorité présidentielle ...


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La Provence

29 août 2011

Chômage en France : Le retour des plans sociaux en 2011 et 2012 ?

Au moment où filtre l'annonce de plans sociaux pour 2011 et surtout 2012, Laurence Parisot indique qu'elle souhaiterait se débarrasser des obligations qu'impliquent les « plans de sauvegarde de l'emploi », autrefois appelés plan sociaux !


Il ne fait plus aucun doute que le chômage sera au centre de la présidentielle de 2012. Le Président, son gouvernement et sa majorité parlementaires le savent. Néanmoins, à ce jour, les seules pistes annoncées restent l'apprentissage et les contrats aidés.

On aurait pu croire un instant que le gouvernement mettrait fin à la défiscalisation des heures supplémentaires détaxées, que l'Inspection générale des finances (IGF) qualifie de : « peu efficiente ». Mais le gouvernement voulant encore faire croire au « Travailler plus pour gagner plus » s'est contenté d'une mesurette « usine à gaz », modifiant le mode de calcul des allégements de cotisations patronales.

On pourra d'ailleurs sourire en apprenant que : « (...) selon les statistiques de l’Agence Centrale des Organismes de Sécurité Sociale (Acoss) publiés vendredi 19 août 2011 (...) Sur un an, le volume des heures supplémentaires a progressé de 5,8% au deuxième trimestre de cette année. Cette augmentation est remarquable puisqu’elle s’est produit dans un contexte de croissance nulle (...) »

Laurence Parisot n'en est d'ailleurs pas traumatisée, puisque, lorsque Le Figaro lui demande : « L'intégration des heures supplémentaires dans le calcul des allégements de charges sur les bas salaires ne risque-t-elle pas de renchérir le coût du travail et de détruire des emplois peu qualifiés ? »

Elle répond : « Il y a bien sûr dans ce plan des mesures qui nous plaisent moins que d'autres (...) Mais l'ensemble s'inscrit dans une claire logique de désendettement et cela, nous le saluons »

Pourquoi ce manque de réaction ?

On peut peut être en trouver la réponse, plus loin, dans l'interview. En effet, il semble bien que la présidente du Medef soit focalisée sur un tout autre sujet. Car, lorsque Le Figaro lui demande : « L'emploi se précarise avec la multiplication des temps partiels, des CDD… Comment y remédier ? »

Elle glisse au passage : « (...) Les procédures qui entourent le contrat de travail doivent encore progresser : telles quelles, elles sont bloquantes par leur longueur et leur juridisme excessif. La peur de l'embauche est le problème numéro un des entreprises. Il faudrait réaliser avec les ruptures collectives le travail que l'on a accompli avec les ruptures individuelles. On ne dit pas assez que la rupture conventionnelle a installé pour la première fois en France la « flexisécurité » et que tout le monde y gagne (...) »

En clair, faire passer à la trappe tout ou partie de la procédure dite de plan de sauvegarde de l'emploi, qui : « (...) regroupe un ensemble de mesures destinées à limiter le nombre des licenciements et à favoriser le reclassement des salariés dont le licenciement est inévitable (...) » et notamment la clause de recours des salariés indiquant que : « Le comité d’entreprise, un syndicat mais également les salariés peuvent contester la validité du plan de sauvegarde de l’emploi et pour ce faire, saisir le juge des référés du tribunal de grande instance (...) » ?

Oui, direz-vous, mais il s'agit une fois de plus du traditionnel discours du Medef qui réclame systématiquement à rendre plus rapide les licenciements. Et bien, cette fois-ci, cette demande pourrait bien être corrélée à deux nouvelles stratégies d'allègement des effectifs prévues en 2011 et 2012 !

La première présentée par Pierre Ferracci, (spécialiste de l’accompagnement des demandeurs d’emploi) à Challenge et qui se produirait en 2011 : « (...) Les patrons savent qu’une campagne présidentielle n’est pas un bon timing pour annoncer des plans de départs, qu’ils auront des pressions politiques pour garder leur équipe. Du coup, ils prévoient de le faire avant, à l’automne »

La deuxième, moins pénalisante pour le Président candidat, est beaucoup plus insidieuse. Elle toucherait en premier lieu les salariés précaires, que sont les CDD et les intérimaires, avant de toucher ... les autres salariés. Car comme l'explique le patron d'une importante société de reclassement au Figaro : « (...) Les employeurs préfèrent se séparer de ces salariés (CDD et intérim) plutôt que de leurs CDI », confirme le patron d'une importante société de reclassement qui avoue, sous le sceau de l'anonymat, travailler en secret sur des plans sociaux de grande envergure pour le second semestre 2012, soit après la présidentielle (...) »

Ce qui dans les deux cas, va dans les entreprises concernées par ces plan de sauvegarde, de l'emploi prendre du temps et coûter cher. D'où cette « brillante » idée de Laurence Parisot de : « réaliser avec les ruptures collectives le travail que l'on a accompli avec les ruptures individuelles » Et oui, que de belles économies à réaliser, en obtenant l'autorisation de licencier un maximum de personnel, sans aucune obligation de reclassement : « (...) notamment celui des salariés âgés ou présentant des caractéristiques sociales ou de qualification rendant leur réinsertion professionnelle particulièrement difficile (...) »

Dans l'attente de cette « bénédiction », les dirigeants d'entreprises se consolent en ayant recours à ce que madame Parisot qualifie de : « flexisécurité » puisque comme l'indique au Figaro le patron de la société de reclassement : « (...) en attendant, ils temporisent en multipliant les ruptures conventionnelles et en se séparant en premier de leurs salariés précaires »

En clair le pire reste à venir ! Ce qui n'empêche pas Xavier Bertrand d'afficher « son optimisme » sur l'objectif de faire passer le taux de chômage sous la barre des 9% d'ici fin 2011.

Un vibrant hommage de la part du ministre du travail et de la santé au bon docteur Coué ?


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Plan Social le jeu